Amour ou zen...?
L’Amour, dans notre culture, c’est une expérience. Chacun peut reconnaître que ce phénomène a lieu. L’amour c’est l’heureuse expérience de
l’altérité.
Vivre cette expérience n’est pas si simple… Et si je n’en fait pas l’expérience dans ma vie - Suffirait-il de se convaincre que le véritable Amour, celui de Dieu, m’est donné, pour parler de l'Amour ...?
Un peu, comme si la religion de l’Amour, m’épargnerait d’aimer et d’être aimé par l’autre.
Et c’est d’ailleurs, dans l’appréhension de l’altérité ( l’autre étant « celui que je peux aimer » ) que s’exprime les véritables différences entre le bouddhisme et le christianisme…
Chrétien : mon problème est celui de la relation; ce sont mes relations qui sont blessées et qui me font souffrir; donc, ce que je voudrais restaurer c'est l'amour. Et, bien sûr... ( je ne sais pas très bien comment ...) je crois au don de l’Amour , aujourd’hui ( le Royaume c’est ici et maintenant …)
…
Pour le bouddhiste, la souffrance est due à l’illusion de la permanence
; et bouddhiste, je cherche - en priorité - à me libérer des illusions… Le Royaume n’est pas là, il est une promesse de l’expérience
de la non-dualité…
L'altérité chrétienne s’oppose t-elle à la non dualité ?
Non, si c'était le cas, nous ferions de l'altérité - une dualité conflictuelle - … l’Amour est aussi l’expérience de l’Unité … ! Moi aussi, chrétien, j’aspire à être sauvé de cette dualité.
La personne est un « mystère » : quelque chose que l'on ne cesse jamais de découvrir. Dès qu'on le définit, on le tue.
Dans le bouddhisme, « la personne » est l’humain qui a renoncé à être soi et à se saisir lui-même; quelqu'un qui renonce au soi. C'est donc d'une certaine manière un mystère sans cesse à découvrir.
Le christianisme peut aider le bouddhisme, pour découvrir qu'il y a quelque chose au-delà de la vacuité; et le bouddhisme nous aide à découvrir qu'il y a une personne au-delà de l'individu, même quand on parle de Dieu, c'est à dire qu'il faut bien se garder de réduire la personne et son mystère à l'idée qu'on en a, l'individu.
Amour et zen...?
Aujourd’hui, la question religieuse ( existentielle); se pose à partir de l’expérience humaine.
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La véritable religion ... serait celle de « l’Amour ».. ! …Point ! Au diable les doctrines… ! |
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Sauf… qu’à cette « religion là », je n’y crois pas … du tout !
Mon expérience: C’est un peu plus compliqué que cela … Cet « amour là », c’est du même ordre que … ce « Zen là »… |
Le christianisme, et le bouddhisme d’ailleurs, n’ont pas de produits à vendre sur un marché du « bien être ». Ces marchandises alimentent le matérialisme spirituel attaché au corps et à la psyché:
« Lorsque la spiritualité vise à créer une situation de plus grand confort, à nous préserver de la vilolence et des difficultés prpores à toute existence humaine, elle n’est que du matérialisme. » Fabrice Midal, bouddhiste ( lettre IV à Dennis Gira )
Claudel écrivait déjà : "Le chrétien ne vit pas comme le sage antique à l’état d’équilibre mais à l’état de conflit."
Religion et dialogue ...?
« Comment Vatican II développe-t-il la cohérence théologique de cette ré-interprétation positive des
confessions, religions et convictions autres ? À partir d'un modèle de type concentrique.
Au centre, se trouve l'Église catholique romaine: celle-ci est l'unique dépositaire de la totalité de la vérité révélée (et donc finalement de la vérité humaine) et de la totalité
des moyens de salut. Autour d'elle, il y a des cercles de plus en plus larges, et de plus en plus éloignés de ce foyer de vérité : d'abord l'Église orthodoxe et les Églises de la communion
anglicane, avec lesquelles il y a presque unité dogmatique; un peu plus à l'extérieur, il y a les Églises de la Réforme ; puis les grandes religions monothéistes, et ensuite les religions
animistes ; et enfin les humanismes agnostiques ou athées. L'éloignement du centre signifie un progressif dégradé de la vérité : plus on s'en écarte, moins on en possède des
parcelles (...)
Vatican II a profondément changé le regard que les catholiques jettent sur les autres, en
dehors de groupes minoritaires intégristes. Il paraît de plus en plus évident, cependant, que le modèle concentrique est lui-même
insatisfaisant. Les prétentions de l'Église catholique romaine à posséder la totalité de la vérité paraissent exorbitantes, d'autant plus qu'il est devenu évident qu'elle s'est si
souvent trompée dans l'histoire. De plus, on reconnaît bien aujourd'hui que dans la dramatique rupture de la Réforme, Luther avait raison sur un certain nombre de points. En outre, on fait
l'expérience de s'enrichir à la rencontre des autres traditions chrétiennes, celles de l'Orient, entre autres, qu'on connaissait si peu. Et aussi dans la rencontre des grandes religions, et chez
nous dans la rencontre des convictions séculières humanistes, agnostiques ou athées. Il y a certainement une part de vérité dans certaines critiques athées contre l'Église, et en positif
l'expérience morale et spirituelle de l'existence séculière nous apporte aussi son propre éclairage. « La
prétention de l'Église catholique à être le foyer de toute vérité semble de plus en plus insupportable.
Certains affirment que la majorité des catholiques n'y croirait plus — on ne sait s'il s'agit de catholiques
pratiquants ou de ceux qu'on catalogue ainsi parce qu'ils ont été baptisés un jour et ne se sont ensuite jamais soucié de cette religion. Mais alors, est-ce le relativisme total ?
Tout se vaut-il ? C'est en tout cas la plus grande crainte des autorités ecclésiales aujourd'hui. Est-il possible de proposer un autre modèle de compréhension, qui soit radicalement
fidèle à la tradition de foi ? »
Ignace Berten (o.p.) dans ce passage d'une conférence donnée au CIL (Conseil
Interdiocésain des Laïcs de Wallonie-Bruxelles)
Foi et dialogue.
Lorsque nous parlons de spiritualité, nous reconnaissons entre nous que la question décisive est celle de « la vérité de l’humain », « du sens » que nous donnons à la vie … Il s’agit - secondairement – d’un choix de doctrine religieuses.
Aujourd’hui le mot « spiritualité « n’est plus banni au profit de la seule « raison ». Il y a une revendication explicite de spiritualité de la
part d’hommes et de femmes an dehors du champ religieux…
Aujourd’hui le « désenchantement » est du côté des scientistes positivistes …
La croyance sans appartenance, l’adhésion sélective… sont aujourd’hui répandues. Et c’est sans doute dans le domaine du corps, de l’amour, de la famille qu’ont eu lieu le plus grand mouvement d’exculturation ( la contraception, le divorce, l’homosexualité, l’avortement …). L’Eglise a perdu son autorité pour définir les règles de la morale commune…
La spiritualité aujourd’hui compose avec le christianisme, bien sûr, mais aussi avec « la kabbale, les religions anciennes (ou ce qu’on leur attribue), les traditions religieuses orientales, mais aussi l’astrologie, les traditions gnostiques ou occultistes, les perspectives holistiques et cosmiques, en lien souvent avec les multiples propositions thérapeutiques parallèles.
" Cette quête spirituelle, dans toutes ses ambivalences, est liée à la fois au doute posé sur la raison technoscientifique, aux incertitudes et insécurités du présent, et à un impératif culturel très prégnant, étroitement lié à un individualisme relationnel. »
* La question du sens :
- Le travail et le chômage, nous interpellent : En quoi les pauvres ont-ils de véritables droits à faire valoir vis-à-vis des riches ? Sur quoi se fonde cette solidarité ?
- Les biotechnologies : face aux nouvelles possibilités des sciences de
la vie et de la biomédecine, qu’est-ce que la dignité humaine ?
- Le corps, .. : qu’est-ce qui est expression de la dignité humaine ?
- L’environnement …
- Le pluralisme … et les options fondamentales communes qui s’imposent à tous ? ( les droits de l’homme ? )
* Une nouvelle culture de débat :
Le discours religieux a sa place, face au droit du plus fort, à la raison cynique du consumérisme et du plaisir, à la raison d’état… en ce qu’il est porteur d’une
dimension plus intuitive et plus « spirituelle »..
Par contre, oui : l’argument d’autorité ou de tradition est privé de pertinence… Cela n’exclut pas la parole de conviction, mais alors l’argumentation doit laisser place à la
considération de la parole et à l’interprétation… Il ne s’agit pas seulement de convaincre ou de rechercher une vérité ; il s’agit d’ouvrir un débat.
A choisir entre une décision prise à la majorité, nous préférons la recherche d’un consensus, pour ne pas exclure une minorité. Un compromis est toujours provisoire : nous reconnaissons qu’une « évolution » peut faire bouger les lignes … Il s’agit également de faire place à « l’objection de conscience » …
* L’Eglise catholique peut-elle rester « intransigeante » ?
Si l’Eglise s’affirme seule détentrice de la vérité ; si elle affirme de plus que seule une référence à « Dieu » ( lequel ? ) permet d’assurer un fondement moral à la vie. Par là, elle sape toute possibilité de principe d’une recherche commune en vue d’une société plus humaine puisque, a priori, si les autres pensent différemment, c’est qu’ils sont dans l’erreur… Cependant religions, associations philosophiques dialoguent, mais alors quel type de dialogue ?
Que propose donc la théologie ?
Lors du symposium du CCEE
(Conseil des conférence épiscopales d'Europe ) , le cardinal Vlk, dans son intervention de conclusion déclarait que le pluralisme « est un fait social inévitable par rapport auquel personne
ne peut ni ne veut revenir en arrière. Nous trouvons le pluralisme non seulement dans la société, mais aussi dans nos Églises, et même au sein des personnes. Il ouvre la voie à une pluralité et
une pluriformité riches. On ne doit certes pas le glorifier, mais il porte en lui une chance, celle de comprendre l’unité comme plénitude de diversités. »
Cependant, il semble que les théologiens, les évêques ne soient pas « libres » .. ! Parole difficile dans une Eglise crispée et une laïcité qui se méfie de toute parole catholique… ! Certains théologiens comme André Léonard ne semblent appelés qu’à diffuser et argumenter les positions du Magistère.
« La vérité de l’humain n’est pas donnée, mais est en permanence à rechercher concrètement ; de plus, personne ne possède la vérité et dans la complexité des situations et des décisions à prendre, il n’y a pas une seule conception de la dignité humaine qui puisse s’imposer. » Ignace Berten ( Dominicain, théologien et philosophe, membre d'Espaces, enseignant à Domuni)
Dialogue: le bouddhiste centré sur 'soi' ?
" Nous pourrions définir la compassion comme la sensation de l'insoutenable devant la souffrance de l'autre, de tout être sensible.
Par la vraie compassion, nous souhaitons mettre fin aux souffrances des autres et nous nous sentons responsable vis-à-vis de ceux qui souffrent. "
Le XIV° dalaï lama ( actuel )
"L'origine de toute joie en ce monde
Est la quête du bonheur d'autrui ;
L'origine de toute souffrance en ce monde
Est la quête de mon propre bonheur."
SHANTIDEVA (687-763)
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"S'il y a compassion dans le bouddhisme, elle est cependant très différente de la compassion chrétienne, puisqu'elle se vit dans la direction d'un esseulement toujours plus grand et de la recherche d'une vacuité stérile, l'extinction."
Joseph Marie Verlinde, L'expérience interdite,
Religion naturelle et religion révélée : Paul Tillich ( 2 )
N’est-il pas trop simple de distinguer une « théologie naturelle », qui se suffirait à elle-même , et une « théologie de la révélation » qui ne reconnaitrait, au mieux, en la « théologie naturelle » qu’une infrastructure de départ?
Suffit-il de dire, que la révélation a sa source ailleurs qu’en nous et de souligner sa radicale altérité ? Ne faut-il pas, aussi, expliquer comment elle nous rencontre et
montrer ce qui nous permet de l’accueillir et l’entendre ? Si la Parole divine nous était totalement étrangère, si elle ne répondait pas à une attente, elle ne nous toucherait ni ne
nous concernerait si peu que ce soit. Elle ne nous atteint que s’il y a en nous une interrogation ou un désir qui en rende l’écoute possible. Personne ne la recevrait sans une correspondance
entre ce qu’elle dit et ce que nous sommes.
La Bible utilise largement le langage religieux du monde environnant. Elle le transforme certes, mais pas complètement. Si la Parole de Dieu sauve et révèle, c’est qu’elle se dit au travers de notre culture, sinon elle ne sauverait pas … Elle détruirait. Certes, elle convertit, elle ébranle et retourne…
Il ne faut pas que l’affirmation d’un « crédo » coupe la religion de la culture, la prive de tout enracinement humain et enlève à la révélation son caractère universel pour en faire un impérialisme ou un « absolutisme » particulariste. Bien sûr, une démarche purement intuitive, raisonnée ( « naturelle » ), élimine toute référence à une véritable transcendance et pourrait affaiblir la divinité de Dieu …
Pour éviter les écueils, TILLICH propose une méthode : la méthode de corrélation :
- La théologie puise sa substance, sa matière (ce qu’elle dit) dans la révélation tandis que la culture détermine sa forme (la manière de le dire). Il y a corrélation quand on exprime le contenu de la révélation dans le langage et dans les catégories de pensée qu’analyse la philosophie de la religion.
- La théologie formule les réponses qu’apporte la révélation aux grandes questions qui s’expriment et émergent dans
la culture.
Il y a
corrélation quand on montre que les problèmes de l’homme trouvent leur solution dans la parole que Dieu lui adresse.
N’imaginons pas une révélation à l’état pur, une parole éternelle ou une essence du christianisme qu’on pourrait isoler avant de les traduire dans des langages particuliers et dans des situations diverses. L’évangile (au sens de parole divine exprimée et annoncée) est toujours culturel et contextuel ; « la révélation et la réception de la révélation forment un tout indissociable » ; le divin se manifeste toujours dans une chair…
L’interrogation a quelque chose d’étonnant et de paradoxal. Questionner suppose une précompréhension de ce qu’on quémande. Si on n’en avait aucune idée, aucun pressentiment, aucune expérience, on ne pourrait même pas songer à solliciter… Une révélation obscure amorce la recherche de la révélation ; une présence absente de Dieu conduit à s’interroger sur Dieu et à le désirer. Dieu est la source de notre quête et pas seulement sa visée ; il est la présupposition de la question de Dieu.
À l’inverse, la réponse, celle qu’apporte la révélation transcendante, n’épuise pas ni ne supprime la demande en comblant le vide d’où elle jaillit, mais elle la déplace, la dérange et la relance.
Source : Philosophie de la religion et méthode de corrélation chez Paul Tillich, d’André Gounelle
http://www.erudit.org/revue/ltp/2009/v65/n2/038403ar.html#no38
Conte: La soif
Conte retranscrit d’un conte de Polo Coelho: la soif.
Un homme, sa femme et sa fille marchent sur une route. Quand passant près d’un chêne énorme, la foudre tombe de manière fortuite et tous trois foudroyés, passent le saut de la mort…
Ce fut si brusque, qu’ils ne se sont pas aperçus qu’ils avaient abandonné le monde d’ici-bas… Et il continuent comme si de rien n’était, leur chemin…
La route était très longue, le chemin élevé. après l'orage, le soleil est brûlant : ils sont en sueur, donc assoiffés…

Dans un virage, surprise… Un palais comme on en voit à Rome, puis ils voient un magnifique couloir de marbre qui conduit à une place pavée d’or. L’homme s’adresse à celui qui en garde l’entrée :
- Bonjour, Monsieur !
- Paix sur Toi, répond le Gardien
- C’est incroyablement joli ! Où sommes-nous ?
- Ceci est le Ciel, chercheur d’absolu !
- Comment est-ce possible !! S’exclame-t-il avec allégresse. J’ai trouvé l’entrée ! Magnifique ! Nous sommes sauvés, et nous avons si soifs…
- Bien sûr, lui répond le gardien. Vous pouvez entrer et boire tout ce qu’il vous plaira !
Et le gardien indique la source mais en prenant soin de rajouter que seuls les hommes ont le droit à l’accès.
- Mais … ! Ma femme, ma fille …elles ont aussi soifs ! C’est ma compagne de vie, et notre fille…
-Désolé cher Ami ! Telle est la loi de notre Ciel ! Les femmes n’ont pas accès à La source… C’est très compliqué C’était ainsi autrefois, et cela a toujours été …
Alors le marcheur déçu, se lève car même s’il a très soif, il ne veut pas être le seul à se désaltérer. Il refuse d’entrer et remercie le gardien, et reprennent le chemin.
Epuisés, assoiffés, à la sortie d’une grosse côte, les trois pèlerins arrivent à un autre endroit, dont l’entrée est marquée par une porte si vieille qu’elle en est rongée de partout.. Mais cette porte donne sur un joli sentier de terre parsemé d’arbres centenaires.
A l’ombre de l’un de ces arbres, il y a un homme couché, tête couverte par un chapeau de paille. Il doit certainement dormir sous ses brises de fraîcheur.
- Bonjour, dit le marcheur.
L’homme toujours couché répond par un geste de la tête.
- Nous avons très soifs, ma fille, ma femme, et moi-même.
- Il y a une source entre ces roches au carrefour, lui dit l’homme couché en indiquant du doigt le chemin. Vous pouvez boire toute l’eau que vous voulez.
L’homme, et les deux femmes s’en vont à la source et apaisent leur soif. Ils retournent alors remercier cet homme.
- Vous pouvez
revenir si vous le souhaitez quand vous voulez, lui répond-il.
- Mais où sommes-nous au fait ?
- au CIEL.
- Encore le Ciel ?! Mais il y a quelques heures, nous avons rencontré un gardien protégeant une allée de marbre et d’une place d’or qui m’a dit que c’était le Ciel là-bas ! Je ne comprends pas ?
- Mensonge ! dit l’homme en se redressant. C’était l’Enfer !
Le marcheur reste perplexe et pensif… Il prend à nouveau la parole :
- Vous devriez interdire qu’ils utilisent votre nom ! Cette fausse appellation est une tromperie et doit provoquer hélas de grandes confusions pour tous les gens perdus sur les sentiers !
- Au contraire ! reprit l’homme de l’arbre. En réalité, ils nous font une grande faveur ! Parce que tous ceux qui sont capables d’abandonner les êtres qu’ils aiment, quelque soit leur nature, restent là-bas…
Ici, nous vivons, en Esprit et vérité, quelque soit notre nature …
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Pourquoi: La Beauté ?
Réflexions sur la Beauté, à partir de textes de François CHENG
La beauté n’est pas nécessaire… Elle existe, alors qu’elle n’est pas nécessaire…
Dans le même ordre, il y a le beau, le bien et le vrai …
A l’ opposé le Mal. Sauf, peut-être que le mal n’est que l’absence de bien … ?

La beauté est-elle superflue ?
Elle semble répondre à mon « désir », à moins que ce soit mon désir qui se représente la beauté ?
Nous espérons échapper au Mal… mais, la souffrance est bien là !
Pourquoi la phrase de Dostoïevski : « C'est la beauté qui nous sauvera. » ?

Que possède donc la beauté, pour être plus que son apparence ?
Son essence est faite de mon désir du beau…peut-être, mais aussi dans son « être ». Il ( Elle ) est là, et j’aspire à partager la plénitude de sa présence …
La beauté advient, elle est un événement, une épiphanie… Comme le divin.
La beauté implique une rencontre… Il y a au minimum, le beau et le regard qui le capte. Au mieux, dans la rencontre, il y a une révélation comme un tableau est le fruit de la rencontre entre le paysage et le peintre…
La beauté est le résultat d’une composition : « Je cherche les notes qui s'aiment » Mozart :
La beauté est singulière.
« C'est la grâce qui se lit à travers la Beauté et c'est la bonté qui transparaît sous la grâce. Car la bonté, c'est la générosité infinie d'un principe (de vie) qui se donne. Les deux sens du mot grâce n'en font qu'un. » Bergson
Religion naturelle et religion révélée : Paul Tillich ( 1 )
Le christianisme se renie t-il et se dénature t-il quand il s’écarte si peu que ce soit, dans sa réflexion sur lui-même et sur son message, d’une démarche fondée sur la seule révélation ?
La
« religion naturelle » désignerait une religion où la « nature humaine » n’est pas « réceptrice », comme dans une religion révélée, mais
« productrice ». Cette religion trouverait en l’être humain sa source et ses contenus. Ainsi, la réflexion autour de « la divinité », correspondrait à une catégorie de la
raison humaine...
Dieu ne se révèle pas uniquement en un point : Jésus-Christ, mais en une ligne : l’histoire… Bien sûr, " l’Un " ne craint pas le paradoxe d’être point et droite… ! L’homme a accès à une dimension historique de la révélation.
L’humain découvre hors de lui, dans le cosmos, un Dieu étranger à son être propre ; et tout à la fois, il rencontre en lui, dans les profondeurs de son être,
un Dieu qui ne lui est pas extérieur, mais intérieur et intime.
Y aurait-il une sorte de « théologie naturelle » qui serait inférieure, ou ne serait-elle qu'une introduction à la théologie de la révélation ?
A l’inverse, un exemple chez Rousseau, la religion naturelle du vicaire savoyard affirme l’inutilité et la nocivité de toute référence à une révélation…
La première ne pourrait-elle pas être un point d’attache, un ancrage qui permet à la Parole de Dieu, de nous atteindre ?
A suivre ....
Lecture de l'épisode de la procession du Graal
L’épisode du Graal est une scène « unique », énigmatique et mystérieuse. Elle fera ensuite l’objet de trois commentaires : celui de la cousine, celui de la demoiselle à la mule fauve et enfin celui de l’ermite. Ils font appel au « péché » de Perceval, il est chassé du château …
Cette scène a un caractère merveilleux, un peu comme s’il s’agissait d’un rêve… Elle n’a pas d’emblée un caractère chrétien. Même si elle se présente comme « liturgique » …Il s’agit de guérir le roi blessé ( entre les hanches ) et de redonner fécondité à sa terre. Perceval ne saura pas y prendre part.
S’il y a une procession avec des cierges, un calice… La lance saigne, ce ceux sont des jeunes filles qui portent deux des objets sacrés, et l’assistance est celle d’un repas fastueux. L’explication de l’ermite invite à voir dans le Graal un ciboire dans lequel est portée l’hostie destinée au père du Roi pêcheur. Aussi, sommes-nous invité à donner une signification religieuse à la lance. Elle saigne, et accuse Perceval de son impiété ( Le christ est mort pour racheter les hommes ). Une partie du mystère du Graal, lui est révélée après sa conversion du vendredi saint.
/image%2F0551881%2F20250609%2Fob_670e75_procession-du-graal.jpg)
Le conte du Graal, offre dans cette scène un matériaux qui a subi d’autres influences que le christianisme. Ce n’est que plus tard, vers l'an 1200, en particulier avec Robert de Boron, que le Graal est la coupe qui ramassa le sang de Jésus Christ sur la croix et la coupe qui se trouva à la Cène.
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Un graal entre ses 2 meins / Une damoisele tenoit, (Perceval, 3158-3159)
- Dans la tradition médiévale, Il était absolument interdit aux femmes de prendre un tel rôle dans une procession de l’Eucharistie selon l’église catholique.
- La règle du silence, était de bonne éducation… Le récit, cependant en fait la critique, et Perceval ne peut s’empêcher de vouloir comprendre : Il cherche à savoir pourquoi « Tant sainte chose est li Graals » ou « Le Graal est chose si sainte » (Perceval, 6351), et à qui l’on fait son service. Mais, il se tait ! Le modèle religieux consistait, alors, à exiger la foi sans questionner…
Par ailleurs, on lit que les aventures de Perceval, vont consister en une exploration de soi :
Au début de sa quête : il savait peu à propos de sa famille jusqu’au moment où sa mère lui explique que son père et ses frères étaient des chevaliers : Perceval rencontre sa cousine à son départ du château du Graal qui lui donne son nom (nous découvrons le nom du Perceval pour la première fois (*) ). Et, il apprend encore plus de sa famille chez l’ermite, qui lui explique qu’il est son neveu… Le Roi Pêcheur et celui qui est servi par le Graal sont des membres de sa famille.
La quête de Perceval est provoquée par son silence qui lui a fait perdre les mystères du Graal, et c’est alors que commence réellement la quête du Graal…
(*) Il faut trouver, pour le chevalier, la brèche qui conduit d'un monde à un autre. Perceval l'a trouvée et son nom révèle cette découverte. N'est-il pas celui qui a percé le secret du Val ? En fait, il a su obéir au conseil du mystérieux Roi Pêcheur, à qui il rend visite dans le château du Graal : « Grimpez le long de cette brèche, lui dit-il, qui est taillée dans le rocher, et, quand vous serez arrivé là-haut, vous verrez devant vous, dans une vallée, une maison où j'habite. Dans le roc, symbole de la densité, une brèche s'ouvre et monte : telle est la voie. »
Pour le lecteur du Conte du Graal, il s’agit aussi d’une quête, et l’interprétation de l’histoire lui revient ... !
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La scène du Cortège du Graal dans le roman de Chrétien de Troyes est l’un des passages les plus mystérieux et emblématiques du récit arthurien.
Comme Perceval, le lecteur ne comprend pas tout et se trouve face à une énigme.
Chrétien de Troyes ne donne jamais la clé du mystère : ni la fonction du Graal, ni la signification de la lance qui saigne, ni l’identité précise des personnages du cortège ne sont expliquées. Cette absence de réponse laisse le lecteur dans la même situation que Perceval, confronté à un spectacle fascinant mais incompréhensible.
Le lecteur doit chercher du sens par lui-même, en mobilisant ses connaissances, son imagination et sa sensibilité.
Cette scène est un moment de suspension où merveilleux, sacré et interrogation se conjuguent. Elle incarne la nécessité du questionnement face au mystère, tout en offrant un carrefour de symboles issus de multiples traditions, et peut-être même, une expérience sensorielle et spirituelle marquante.
Comme carrefour de mythes et de symboles, le sens du Cortège reste ouvert et multiple.
Perceval, par fidélité – pense t-il - à l’enseignement reçu, n’ose pas interroger le sens du cortège, alors que c’est précisément cette question qui aurait pu sauver le Roi Pêcheur et restaurer l’ordre du royaume. Le lecteur comprend alors, a posteriori, l’importance de l’audace et du questionnement face au mystère.
L’échec de Perceval à poser la question sur le Graal souligne l’importance du savoir et de la parole dans la Quête du Graal.