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Les légendes du Graal

Lecture de l'épisode de la procession du Graal

27 Juin 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Perceval, #Graal

Porteuse de Graal

L’épisode du Graal est une scène « unique », énigmatique et mystérieuse. Elle fera ensuite l’objet de trois commentaires : celui de la cousine, celui de la demoiselle à la mule fauve et enfin celui de l’ermite. Ils font appel au « péché » de Perceval, il est chassé du château …

 

Cette scène a un caractère merveilleux, un peu comme s’il s’agissait d’un rêve… Elle n’a pas d’emblée un caractère chrétien. Même si elle se présente comme « liturgique » …Il s’agit de guérir le roi blessé ( entre les hanches ) et de redonner fécondité à sa terre. Perceval ne saura pas y prendre part.

 

S’il y a une procession avec des cierges, un calice… La lance saigne, ce ceux sont des jeunes filles qui portent deux des objets sacrés, et l’assistance  est celle d’un repas fastueux. L’explication de l’ermite invite à voir dans le Graal un ciboire dans lequel est portée l’hostie destinée au père du Roi pêcheur. Aussi, sommes-nous invité à donner une signification religieuse à la lance. Elle saigne, et accuse Perceval de son impiété ( Le christ est mort pour racheter les hommes ). Une partie du mystère du Graal, lui est révélée après sa conversion du vendredi saint.

Le conte du Graal, offre dans cette scène un matériaux qui a subi d’autres influences que le christianisme. Ce n’est que plus tard, vers l'an 1200, en particulier avec Robert de Boron, que le Graal est la coupe qui ramassa le sang de Jésus Christ sur la croix et la coupe qui se trouva à la Cène.

 

Un graal entre ses 2 meins / Une damoisele tenoit, (Perceval, 3158-3159)

- Dans la tradition médiévale, Il était absolument interdit aux femmes de prendre un tel rôle dans une procession de l’Eucharistie selon l’église catholique.

 

- La règle du silence, était de bonne éducation… Le récit, cependant en fait la critique, et Perceval ne peut s’empêcher de vouloir comprendre : Il cherche à savoir pourquoi « Tant sainte chose est li Graals » ou « Le Graal est chose si sainte » (Perceval, 6351), et à qui l’on fait son service. Mais, il se tait ! Le modèle religieux consistait, alors, à exiger la foi sans questionner…

 

Par ailleurs, on lit que les aventures de Perceval, vont consister en une exploration de soi :

Au début de sa quête : il savait peu à propos de sa famille jusqu’au moment où sa mère lui explique que son père et ses frères étaient des chevaliers : Perceval rencontre sa cousine à son départ du château du Graal qui lui donne son nom (nous découvrons le nom du Perceval pour la première fois (*)  ). Et, il apprend encore plus de sa famille chez l’ermite, qui lui explique qu’il est son neveu… Le Roi Pêcheur et celui qui est servi par le Graal sont des membres de sa famille.

La quête de Perceval est provoquée par son silence qui lui a fait perdre les mystères du Graal, et c’est alors que commence réellement la quête du Graal…

(*) Il faut trouver, pour le chevalier, la brèche qui conduit d'un monde à un autre. Perceval l'a trouvée et son nom révèle cette découverte. N'est-il pas celui qui a percé le secret du Val ? En fait, il a su obéir au conseil du mystérieux Roi Pêcheur, à qui il rend visite dans le château du Graal :      « Grimpez le long de cette brèche, lui dit-il, qui est taillée dans le rocher, et, quand vous serez arrivé là-haut, vous verrez devant vous, dans une vallée, une maison où j'habite. Dans le roc, symbole de la densité, une brèche s'ouvre et monte : telle est la voie. »

Départ de la Quête

Pour le lecteur du Conte du Graal, il s’agit aussi d’une quête, et l’interprétation de l’histoire lui revient ... !

La scène du Cortège du Graal dans le roman de Chrétien de Troyes est l’un des passages les plus mystérieux et emblématiques du récit arthurien.

Comme Perceval, le lecteur ne comprend pas tout et se trouve face à une énigme.

Chrétien de Troyes ne donne jamais la clé du mystère : ni la fonction du Graal, ni la signification de la lance qui saigne, ni l’identité précise des personnages du cortège ne sont expliquées. Cette absence de réponse laisse le lecteur dans la même situation que Perceval, confronté à un spectacle fascinant mais incompréhensible.

 

Le lecteur doit chercher du sens par lui-même, en mobilisant ses connaissances, son imagination et sa sensibilité.

Cette scène est un moment de suspension où merveilleux, sacré et interrogation se conjuguent. Elle incarne la nécessité du questionnement face au mystère, tout en offrant un carrefour de symboles issus de multiples traditions, et peut-être même, une expérience sensorielle et spirituelle marquante.

Comme carrefour de mythes et de symboles, le sens du Cortège reste ouvert et multiple.

 

Perceval, par fidélité – pense t-il - à l’enseignement reçu, n’ose pas interroger le sens du cortège, alors que c’est précisément cette question qui aurait pu sauver le Roi Pêcheur et restaurer l’ordre du royaume. Le lecteur comprend alors, a posteriori, l’importance de l’audace et du questionnement face au mystère.

 

L’échec de Perceval à poser la question sur le Graal souligne l’importance du savoir et de la parole dans la Quête du Graal.

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