Comment échapper à ce qui serait " le destin " ?
L'énigme de la Sphinx
" Les mythes sont à la conscience collective ce que les rêves sont à la conscience individuelle. " Campbell
Dans la toile de Khnopff, les deux protagonistes apparaissent réunis dans un destin commun ...
La Sphinx grecque – qu'on ne doit pas confondre avec le Sphinx égyptien – était un monstre femelle : elle avait la tête et la poitrine d'une femme, le corps d'un lion et les ailes d'un aigle. On raconte qu'elle arrêtait les voyageurs pour leur proposer une énigme; et qu'elle dévorait ceux qui ne pouvaient la résoudre... Le peuple souhaitait ardemment que vienne un héros qui les libère de ce monstre redoutable.
Œdipe, à son retour d'exil, fut lui aussi arrêté et interrogé par la Sphinx qui lui proposa la fameuse énigme :
"Quel est l'être doué de la voix qui a quatre pieds le matin, deux à midi, et trois le soir?"
"L'homme", de répondre Œdipe.
L'homme, en effet, marche à quatre pattes quand il est enfant, puis sur deux, et il s'aide d’une canne quand il est vieux... Œdipe avait résolu l'énigme de la Sphinx.
Envahie par le désespoir, la Sphinx se précipita sur les rochers et mourut. Œdipe avait triomphé du monstre, il avait traversé l'épreuve – il était devenu le héros.
Mais on n'est jamais, à vrai dire, que le héros de sa propre vie, qui est le lieu de tous les échecs et de tous les triomphes. La Sphinx représente la dimension du destin de toute vie. L'énigme, c'est l'image de notre propre évolution dans le temps, que chacun doit résoudre pour lui-même. Le monstre, il est en chacun de nous : la libération revient en fait à se libérer de l'état léthargique qui nous empêche de devenir ce qu'on est essentiellement. Il faut donc tuer le monstre, c'est-à-dire mourir à ce niveau de son être pour renaître au niveau du héros, qui est l'aspect supérieur de notre nature.
L'énigme de la Sphinx suggère une évolution du héros, de chacun de nous dans le temps de sa vie, en trois étapes : le départ du héros, l’initiation du héros (l'épreuve et la confrontation avec la mort) et le retour du héros...
Source: Joseph CAMPBELL, La puissance du mythe, et Jacques LANGUIRAND, La vie dont vous êtes le héros,
Je peux être le héros de mon histoire.
Notre tradition occidentale, de la recherche de « Soi », rejette ‘ le parcours collectif à la suite d’un « gourou » ‘ …
Dans « la Quête du Saint Graal » qui incarne le véritable état d’esprit de l’homme occidental, on raconte l'histoire d'un jour quand les chevaliers de la cour d'Arthur se sont réunis dans la salle de banquet avant d’être servi. Il était la coutume qu'aucun repas ne devait être servi sans connaître la nouvelle aventure ... A cette occasion, le Graal apparut, recouvert d'une étoffe, accroché dans l'air puis se retira.
Chacun fut exalté, et Gauvain, le neveu du roi Arthur, propose un vœu. «Que tous se lancent dans la Quête du Graal, afin de le « dévoiler » . Tous s’y engagèrent … mais, et ceci est très important : « Il serait « honteux » d’y aller collectivement… A chacun d’entrer dans la forêt au point le plus sombre et qu’il choisit lui-même… ! 
Cette quête est personnelle : Spirituellement, nous devons tous chercher le Graal , mais chacun pénètre dans la partie de la forêt où personne d'autre n'a frayer un chemin, pour nous.
Avant d’aborder cette aventure, - et nous en sommes le plus souvent à un point où nous n’avons même pas acquis les « outils » ou les « armes » du chevalier – il faut nous préparer… !
Ma tradition, ma religion m’offrent tout ce qui est nécessaire :
C’est à l’intérieur de notre mythologie que nous pouvons trouver le chemin de notre quête.
Sur ce schéma de la « Quête » Quelques personnalités contemporaines ont débroussaillé la réflexion : bien sûr, Carl Gustav Jung, et plus récemment Joseph Campbell ( 1904-1987 ).
Campbell a analysé le parcours des héros mythiques, et il remarque que, quelle que soit l’époque et la culture dans lesquelles ils vivent, ils sui
vent un parcours contenant au moins une partie d’un schéma commun. Egalement, des œuvres plus contemporaines : les trilogies Star Wars, Matrix, et le Seigneur des Anneaux collent de très près à ce schéma archétypal.
Selon Campbell, les héros ont une fonction très importante, car ils permettent de véhiculer des moyens universels pour s’émanciper et pour s’épanouir.
<- Campbell s’est dit inspiré par le personnage principal de « Babbitt » ( de Harry Sinclair Lewis (1885 –1951) : romancier et dramaturge américain majeur des années 20 et 30. En 1930, il fut le premier américain à recevoir le prix Nobel de littérature. ) dans la dernière page du livre, se lamente :
« De toute ma vie, jamais je n’ai fait une seule chose que j’ai réellement voulue ! Je ne crois pas avoir accompli quoi que ce soit si ce n'est d'avoir réussi à subsister. Je me rends compte que je n’ai pas fait la moitié du quart des choses qu'il m'ait été possible de faire. Eh bien, peut-être accomplirez-vous plus de choses. Je n'en sais rien. Mais j'éprouve une sorte de plaisir honteux de savoir que vous saviez ce que vous vouliez faire et que vous l’avez réalisé. Bien, ces gens ici essayeront de vous intimider, et de vous rabaisser. Dites-leur d’aller au diable ! Je vous soutiendrai. Prenez ce travail à l’usine, si c'est ce que vous désirez. Ne soyez pas effrayé par votre famille. Non, ni par les habitants de Zénith. Ni par vous-même, comme je l'ai été. Avancez, vieil homme ! Le monde est à vous ! »
Kafka et Perceval: coupables !
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Kafka, c’est : - le père honni, - un homme qui aime les femmes, mais est incapable d’en choisir une.
Kafka, c’est : - un style de constat d’huissier, - un comique de situation ( grotesque).
Kafka, ce n’est pas sociologique (pas d’argent, de commerce, de pouvoir …) , pas politique (pas d’idéologie, de parti, de religion.. )
Kafka est un homme sportif, énergique, séduisant ( ténébreux, au physique étrange ..) … Il peut être dépressif, douter et choisir la solitude… Il n’est pas malheureux. Il est docteur en droit : études dont il méprise le contenu… Il n’est pas victime, mais « en rage », avec humour… !. Les lectures de ses œuvres ( qu’il n’a pas publié ), entre amis, constituaient des moments de franche hilarité..( Max Brod , en témoigne )
Kafka était un lecteur passionné de littérature médiévale et philosophique, et son œuvre reflète des thèmes proches de ceux du Graal : la quête, l'énigme, et l'incapacité à poser la bonne question.
Certaines analyses littéraires, comme celles de Václav Jamek, établissent un parallèle entre Joseph K. dans Le Procès et Perceval, soulignant leur errance face à une vérité inaccessible. Il met en lumière la quête inachevée des deux personnages et leur incapacité à poser la question essentielle, renforçant ainsi l’énigme qui les entoure. Son analyse souligne une dimension métaphysique commune aux deux œuvres
« L’histoire de Joseph K., rappelle celle de Perceval et du Saint-Graal. Comme lui K. se perd dans les questions qui n’en sont pas, mais il ne pose jamais la question qu’il faut. Et Kafka sait que là réside toute l’énigme. L’étude du manuscrit le prouve : il retranche parfois certains mots qui pourraient rendre l’énigme trop claire. La seule vraie question, qu’il ne pose pas, est celle-là : est-ce qu’il s’agit vraiment de se faire acquitter ? Si chacun en ce monde, est convoqué au tribunal, est-ce que je ne suis pas moi-même membre du tribunal, investi moi aussi du pouvoir d’acquitter ? Toute l’œuvre repose sur cette évidence : il y a quelque chose de simple à dire, qui dissiperait le cauchemar. » Vaclav Jamek
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Le rôle de la "grande" littérature, ou du mythe... est de nous interroger sur nous-même. Ici, il est intéressant de rapprocher deux " héros" qui s'éclairent l'un - l'autre, et nous poussent dans nos retranchement...
Au lieu d'être confortablement une victime, ne suis-je pas coupable ? … de n’avoir pas su dire ce qu’il fallait en face de l’infamie ( du mal ) ?
Pour une vraie obéissance à l'évangile.
« Le Monde » (05.04.2012) fait écho d’un message envoyé par des « cathos contestataires » aux évêques et au pape, et d’un « appel à la désobéissance » …
Il s’agit d’un :
Soutien à l'Appel des Prêtres Autrichiens en France (http://sapafrance.canalblog.com/) ;
en effet, des prêtres du diocèse de Rouen sont solidaires de l'appel à la désobéissance des 320 prêtres autrichiens. « Pour une vraie obéissance à l'évangile » ils veulent une Eglise qui soit à l'écoute des besoins et des attentes des hommes d'aujourd'hui.
1.Nous voulons une Eglise qui, à l’image de Jésus-Christ, soit présente aux souffrances, aux peines, aux échecs et aux espoirs de la vie des hommes. Une Eglise qui révèle que l’amour de Dieu est à l’action dans le coeur et l’intelligence de tous les hommes. Une Eglise faite de pécheurs qui avancent avec tous les autres hommes. Une Eglise qui essaie de réparer ce que les malheurs de la vie ont cassé.
C’est pour cela que nous soutenons les fidèles divorcés-remariés qui demandent à pouvoir recevoir les sacrements de la Réconciliation et de l’Eucharistie. Le sentiment d’exclusion dont ils souffrent ne fait qu’ajouter aux souffrances souvent très dures qu’ils ont endurées.
2. Nous voulons une Eglise qui ne soit pas donneuse de leçon de morale mais qui cherche avec les hommes d’aujourd’hui comment rendre le monde meilleur pour tous ; une Eglise qui montre combien l’Evangile peut être libérateur ; une Eglise présente là où les hommes sont rejetés et humiliés, qui accompagne les immigrés, les sanspapiers, les chômeurs, une Eglise qui ne les enferme pas dans leur passé mais qui participe à leur ouvrir un avenir et une espérance : l’Eglise de Joseph Cardjin, la JOC et des mouvements d’Action Catholique…l’Eglise du Père Wresinski (ATD Quart Monde), de l’Abbé Pierre, de Mère Teresa, de Soeur Emmanuelle, l’Eglise de Nelson Mandela, de Martin Luther-King, Dom Elder CAMARA et les communautés de base en Amérique Latine… Et tous ceux qui luttent partout pour un monde plus juste.
3. Nous voulons une Eglise qui fasse toute leur place aux laïcs, qui sache les écouter, qui sache leur laisser prendre des responsabilités à tous les niveaux, qui leur donne, alors que de plus en plus sont formés, la possibilité de prêcher, d’être responsables de communautés…Déjà des délégués pastoraux sont nommés pour pallier le petit nombre de prêtres. Cette situation ne peut que s’amplifier dans l’avenir. Il ne suffit pas de reconnaître une responsabilité et de les nommer si on ne leur donne pas en même temps la possibilité d’exercer ce ministère : célébrer le baptême, être témoin du mariage, et pour d’autres, pouvoir donner l’onction des malades, serait le signe d’une véritable reconnaissance.
Nous croyons que l’ordination d’hommes mariés, qui donnerait aux communautés les prêtres dont elles ont besoin, transformerait le ministère du prêtre. Ceux-ci, qui garderaient leur vie professionnelle, ne seraient plus le centre de tout, mais agiraient entourés d’une communauté de personnes partageant leurs responsabilités.
4. Nous sommes POUR une Eglise qui dialogue, qui écoute et qui parle à plusieurs voix. Notre intervention a pour but de soutenir les évêques qui depuis longtemps demandent des réformes à Rome et ne sont pas écoutés ;
5. Nous déplorons un retour en arrière par rapport au Concile Vatican II, qui définissait l’Eglise comme peuple de Dieu, avec une hiérarchie au service de ce peuple. Nous avons trop souvent l’impression d’être revenus à une Eglise pyramidale, avec le pape, puis les évêques puis les prêtres et enfin, tout en bas, les fidèles destinés à obéir passivement. Le Concile Vatican II a redonné au corps des évêques d’exercer, en union avec le Pape, le pouvoir sur toute l’Eglise (LG n°22). Ce pouvoir s’exerce notamment par les synodes des évêques. Mais il faut reconnaître qu’actuellement ces synodes sont dirigés et limités dans leurs objectifs par la curie romaine ; leur liberté d’expression est contrôlée. De même, les synodes diocésains ne peuvent transmettre à Rome les propositions des fidèles qui ne pourraient être reçues par la curie. Jean XXIII avait lutté pour que l’Eglise échappe au pouvoir de la curie ; Nous craignons fortement que ce ne soit aussi aujourd’hui la curie qui dirige l’Eglise.
6. Avec d’autres églises chrétiennes et plusieurs théologiens catholiques, nous pensons qu’il n’y a pas d’opposition à l’ordination de femmes au ministère presbytéral ; cette ordination serait le signe d’une Eglise qui entre dans la modernité et accepte de se transformer sous le souffle de l’Esprit, plutôt que celui d’une forteresse assiégée et qui cède à l’intégrisme par peur du monde d’aujourd’hui.
Il semble que « Les évêques belges ont « pris attentivement connaissance du manifeste », reconnaissant que l’Eglise n’a plus « la position sociale ni l’impact » qu’elle avait auparavant. « Nous sommes nous aussi à la recherche de renouvellement et d’une plus grande authenticité, fidèles aux Ecritures et à la tradition de l’Eglise », ont-ils précisé, alors même que les signataires de la pétition demandent une rupture dans la tradition sacerdotale. Ils ont aussi rappelé que la question du "sacerdoce et des ministères dans l'Eglise" se réglait "au niveau de l'Eglise universelle". »
Le pape, s’est aussi exprimé et évidemment conteste le fait que la désobéissance puisse renouveler l’Eglise … : « Ce qui est demandé, c'est une configuration au Christ, et en ceci nécessairement un dépassement de nous-mêmes, un renoncement à la si vantée autoréalisation." Et de prendre l'exemple de l'ordination des femmes soutenu par le mouvement autrichien : "Jean-Paul II avait déclaré de manière irrévocable que l'Eglise n'a reçu aucune autorisation de la part du Seigneur. ». Benoît XVI, par ailleurs se défend de faire de l’immobilisme, et de vouloir durcir la tradition, en se référant au Concile de Vatican II ( 1962-65).
Le " détour " par le tombeau vide
"Le récit du tombeau vide n'est pas un récit de résurrection, car le texte est bâti autour d'un vide.
Le tombeau est vide mais il y a aussi
une lacune dans le temps : entre le vendredi soir et le dimanche matin, le récit est suspendu. Signe d'un vide, d'un manque... qui contient un appel.
Jésus était mort, et il se manifeste, il est reconnu comme vivant. Il est absent et pourtant sa présence est sensible, elle est reconnue. Absence qui n'empêche pas cette présence mystérieuse ; présence qui ne supprime pas l'absence avec laquelle il faut apprendre à vivre." Claude Perron
"Eh bien, nos églises aujourd’hui ne sont rien d’autre que ce tombeau vide, et la pierre où repose le Corps est là dans notre église, en plein centre, c’est l’autel, avec ses linges, ordonnés..." Frère David, En-Calcat.

Eve, et Adam.
Adam n’aurait-il pas pu croquer « la pomme" en premier … ?
Sans doute que non, si les rédacteurs ( conteurs ) ne l’ont pas voulu ainsi … !
Au début, donc, Eve est sur le devant de la scène. La première femme, et mère du « genre humain » dans sa totalité… !
Avant ce début, l’Adamah ( l’humain ) n’est pas sexué. Il n’est pas bon pour cet humain d’être seul. Selon le mot hébreu, « Elle » n’est pas une aide, mais un « secours ». Ensuite le mot utilisé n’est pas « la côte » , mais le « côté ». Enfin, celle qui deviendra Eve, est similaire à l’homme, tout en étant autre ; aucun ne maitrisant leur origine. Elle est ’iShaH’ tandis qu’il est ‘YSh’.
“... En la voyant, l'homme s'écrie :
«os de mes os, chair de ma chair,
celle-ci, on l'appellera femme
car c'est de l'homme qu'elle a été prise.»”
(Genèse 2,23)
Catherine Billu Santenoise
Il serait intéressant de réfléchir sur la manière dont se passe la première rencontre entre ces deux humains… ? Un seul parle, et semble accaparer l’autre ! Comment découvrir l’autre, sans en faire un autre soi-même… ?
Le serpent, même s’il s’adresse à la femme, parle aux deux… Serait-ce parce que la femme nourrit ? Enfin, c’est ensemble que leurs yeux s’ouvrent. L’homme
n’est pas solidaire, dans ce qui apparaît être une faute!
La limite transgressée, finalement, aboutit à faire de l’humain ce qu’il est. Voir dans notre situation « un chute » du Paradis, n’a pour fonction, à mon avis, que de nous faire entrevoir notre véritable place, et notre origine … La liberté et la responsabilité, nous différencient fondamentalement des animaux, et c’est là notre grandeur, non pas, notre disgrâce
La femme est nommée par Adam, Eve, ‘ HaWaH ‘ dans une forme ancienne de l'hébreu, ‘ HaWaH ‘ c'est-à-dire « la vivante » par l'homme.
Eve la compagne est célébrée par Adam, avec euphorie. « Elle » est l’altérité pour « Lui » . Ils se découvrent homme et femme, et sans cette différence, il n’y aurait pas de véritable « relation » , c'est-à-dire l’accés au mystère de l'autre pour moi ?
<- peinture de Suzanne Valadon
La seule "real" politique, c'est l'Ecologie politique !
Si je prends comme définition de l'écologie politique :
C'est un mouvement de recherche permanent de la meilleure autorégulation ( autogestion …) pour gérer la diversité ( des espèces, des gens,..), nos ressources, et la finitude de nos vies … ( et si … sans réflexion sur le « sens de la vie » il manque l’essentiel .. ! )
Alors il apparait clairement que les modalités d'autorégulation ne relèvent pas seulement de décrets et de mesures, …. mais de l'implication du plus grand
nombre - donc de la chose éducative dans son aspect le plus noble au sens d' " être créateur de son existence" ( pour reprendre l'esprit du dernier livre de Jean Marc Fert sur "apprendre à penser complexe"…).
Tout est interdépendant, tout me concerne… dans l’éternité …
La seule Politique qui peut m'intéresser, situe ses objectifs dans l'avenir.
L' Ecologie politique, portée par Eva Joly et Europe Ecologie Les Verts, est cohérente et voit à long terme... Ce devrait être les seuls critères d'une "real politic " ... Amen ! :-)
Pensée occidentale et pensée chinoise ...
La lecture de François Julien ( spécialiste de la pensée chinoise ) me donne à penser sur la relation que le christianisme peut développer avec le bouddhisme, par exemple…
En effet, le XXIème siècle va nous permettre de nous confronter avec un cadre de pensée extérieure au nôtre, et ceci enfin en toute « égalité » et équilibre ; afin de sortir de la contingence de nos références grecques, hébraïques …
Aujourd’hui déjà, nos « références » ne se limitent plus à la culture occidentale… ( Quelle richesse … ! )
Au départ nos deux pensées sont indifférentes l'une à l'autre.
Elles ne se connaissent pas… L’homme Jésus n’a eu aucune idée, des connaissances auxquelles aujourd’hui nous avons accès … !
Jésus ne pouvait avoir aucune intelligibilité à ce que notre raison aujourd’hui peut accéder … Ceci m’interroge directement par ce que j’entends par « Vérité » … !
« .. la vérité, c'est une notion très européenne. » D’autres notions qui nous sont familières ne sont peut-être que des "particularités occidentales", et ne sont pas encore ( ? ) universelles :
« … comment la pensée chinoise est passée à côté de la notion d'être, de l’ontologie, alors que la notion d'être est au départ de la philosophie chez nous ; ou comment la pensée chinoise n'est pas passée par la tension entre mythe et discours, muthos-logos, qui est au départ de la tradition grecque ; ou comment la pensée chinoise est passée à côté de Dieu... enfin, des grands objets de la philosophie. »
Et si il y a « eu une certaine idée de Dieu en Chine, il est certain qu'elle a été très tôt évacuée, transformée, mise de côté. La pensée chinoise est passée à côté. »
Par contre, ce qui nous est beaucoup moins familier : « La pensée chinoise est une pensée essentiellement relationnelle. Pour dire paysage, on dit " montagne et eau ", shanshui ou shanchuan »
« Un des aspects essentiels de la pensée chinoise classique, c'est la pensée par polarités. C'est très intéressant parce que notre pensée par rapport à cela paraît très isolante ou monopolisante. On a pensé l'être, on a pensé l'atome, on a pensé Dieu, donc des instances isolées, alors que la pensée chinoise, elle, pense par relations, c'est à dire par polarités : chaud et froid, haut et bas, ciel et terre, yin et yang, etc. Et donc toujours par un couplage. Qu'est-ce que c'est qu'une polarité ? C'est quand on a à la fois des termes opposés et complémentaires, donc une interaction. Et c'est pour ça que la pensée chinoise pense en termes de processus. Processus par interaction, entre deux pôles.. »

« Notre métaphysique, au fond, dédouble le monde entre deux plans, deux ordres du réel : le sensible et l'intelligible, ou le sensible et le spirituel, comme étant deux ordres incommensurables. C'est Platon, mais c'est aussi toute la tradition philosophique qui s'inspire de lui, et dont on n'est jamais complètement sorti. »
« Cet ordre commun de la réalité, c'est ce qu'on appelle Qi : souffle, énergie. Soit l'énergie, disons, coagule, se rigidifie, se densifie, ça fait des choses ; soit elle s'anime, elle reste fluide, communicante, ça forme l'esprit. Vous n'avez pas cette sorte de clivage initial, radical, entre un monde de la chose, du concret, et puis un monde de l'esprit, du spirituel, ou de l'intelligible. Il y a bien l'idée que le réel est à différents niveaux, et que l'un est plus précieux que l'autre, mais il y a transition du concret au spirituel. Il suffit de voir la peinture chinoise. »
Tous les textes en "italique" sont de François Julien.
Christian Bobin: la Foi, la vie ....
J’ai écouté, en podcast : Christian Bobin. Bien sûr, également, je l’avais lu …
Sans prendre des notes, j’ai envie de reprendre ce que je pense avoir mémorisé… C’est donc une réécriture non fidèle, peut-être également avec un peu de moi … J’assume le tout.
La Foi, à mon avis dit Christian Bobin, c’est la vie à la plus grande intensité. Ce n’est pas une affaire de gestionnaire, d’un appareil
bureaucratique … Ce n’est pas une banque, qui demande des comptes …
La Foi, c’est toucher par moment le brulant de cette vie, le plus dense de l’expérience humaine … Une attention portée au vivant. Et, si l’amnésie ronge tout, la Foi, elle ne disparaît pas …
C’est comme un bond enfantin par dessus le petit ruisseau de la mort …
La Bible, c’est un grenier empli de l’expérience humaine…
Encore faut-il que le meilleur soit transmis… C’est le rôle de l’institution …
Il n’y a pas de plus belle expérience humaine que celle du Christ, elle nous a été léguée de mains en mains …
Les institutions sont juste des traces de doigts … sur ce qu’il y a de plus pur, l’expérience d’un homme ..
On peut oublier les institutions, mais on ne peut pas oublier l’espérance … Aujourd’hui, on entend un bruit de tiroir caisse …Il n’y a plus dans le monde que des marchandises… Et pourtant, notre vie est pleine de richesses…
Le bonheur facile, c’est la version Walt Disney …
Enlevez la mort, c’est enlever toutes ses chances à la la vie… Il est possible que les épreuves soient une chance, elles avivent les sentiments de vie … Un bonheur qui serait chewingommisé serait terrible …
Plus je regarde cette vie, avec tout : plus je l’aime, et plus je suis d’accord qu’elle nous quitte un jour … la mort va tous nous prendre, aussi innocemment qu’une petite fille qui cueille des fleurs dans un près… Et c’est bien, il n’y a pas de peur …
La dignité de penser
L’humain se fait rare …
Ma petite entreprise est florissante, elle est à l‘image de ce qu’elle doit être : une micro-entreprise… Je suis une micro-entreprise qui ne faiblit pas, je suis en
« concurrence », mais je gère … !
J’évite de rêver… Ma religion : c’est l’Economie, le rationalisme des chiffres et de la performance.
Le monde est un ensemble de marchandises et de produits ( financiers … ). Quand je parle : j’informe ! Je mesure, je compare … J’ai des objectifs. Je technocratise, j’objectivise … !
Nous pensons nous débarrasser des mythes et de l’idéologie. Nous nous méfions quand la pensée semble être du côté de « La Parole », et préférons les chiffres. D’un côté une expérience, de l’autre une « tendance », d’un côté « un je », de l’autre un sondage.
Il n’y a pas de « pensée », sans « parole ».
Il n’y a pas d’avenir possible, sans la voix du rêve et de l’idéal…
Il faut libérer la parole pour libérer la pensée.
« Face à cette déshumanisation et à cette “réification de l’homme”, Roland Gori nous rappelle que, s’il est bon de s’indigner, “la dignité humaine provient de la pensée, de la capacité de penser”, et que celle-ci est subordonnée à la parole “sans laquelle il n’y a pas davantage de singularité que de démocratie” : “penser, c’est transgresser les frontières de l’évidence, et ne pas s’attarder à l’ornière des résultats”. Roland Gori fait tout d’abord le constat que “le cours de la parole a inexorablement chuté”, au profit de sa composante la plus technique : l’information, une langue qui “prétend faire fi de la dimension fabulatrice”. »
