Sur la route Richard Coeur de Lion : Ségur et Coussac-Bonneval– 2/ -
La vicomté de Ségur naquit au IXe siècle, lors de l’éparpillement féodal du Limousin.
En effet, le Limousin est partagé entre plusieurs grandes principautés. Néanmoins, toutes ces entités se situent dans la mouvance des comtes de Poitiers qui ont su, au cours du Xème, faire entrer un grand nombre de comtes et de vicomtes de la France du Centre-Ouest sous leur autorité de "ducs d'Aquitaine". En outre, plusieurs de ces vicomtes - les Aubusson, les Ségur, les Comborn, les Ventadour, puis les Rochechouart - sont issus des Limoges.
Remontant à 876, la vicomté de Ségur se confond avec celle de Limoges par le mariage d'Emma, fille du Vicomte Adhémar avec Guy 1er (998-1025), vicomte de Limoges. Cette lignée est à l'origine d'un premier château-fort à la fin du IXe s. Rattachée au Duché d'Aquitaine, Ségur est reprise aux Plantagenêts en 1177 puis soumise aux pillages des Brabançons et autres routiers à la mort de Richard cœur de Lion.

Prospère tout au long du Moyen-âge, la vicomté de Ségur connaît une grande renommée. Passée par mariage à la maison de Bretagne, elle est la possession de Jean de L'Aigle quand cet ancien compagnon de Jeanne d'Arc, à la tête des troupes royales de Charles VII, remporte la bataille de Castillon ( 1453), mettant fin ainsi à l'occupation anglaise.
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Les '' Bonneval '' sont une vieille famille locale ( Emergence de Bonneval en 930), et ont peut-être fréquenté le duc, puis le roi Richard... Une forteresse existait depuis 930, mais son état actuel date du XIVe siècle. Le château est connu pour appartenir à la même famille depuis sa construction.

Une légende médiévale rapporte que, Guillaume, comte de Bonneval, en 1147, a offert en escorte à l'évêque de Limoges deux lions féroces rapportés de la 3e croisade. Il prend comme blason familial : d'azur au lion d'or, arme et lampasse de gueule.
Lors du démantèlement de la citadelle en 1242, Coussac joue un rôle stratégique. Dès lors, le village devient l'un des enjeux des conflits entre Francs et Anglais de la région. Durant la guerre de Cent Ans, la famille Bonneval s'y implante.

Sur la route Richard Coeur de Lion : Le Vigeois et Pompadour– 1/ -
Notre parcours commence à la sortie 45 de l'autoroute A20, à 70km de Limoges...
Geoffroy le Vigeois, chroniqueur, est reçu moine à Saint-Martial de Limoges par l'abbé Pierre II en 1160. Le 10 juin 1178 il est nommé prieur de Vigeois, ancien monastère de Saint-Martial, jusqu'en 1184 environ. Geoffroy le Vigeois est un historien, il a rédigé une chronique (1183), depuis l'époque du roi Robert, en s'attachant surtout à l'histoire limousine et à celle de ses familles seigneuriales. Son manuscrit était au XIIIème siècle conservé dans la bibliothèque de Saint-Martial de Limoges. On trouve une édition ICI.
C'est donc à Limoges, en la cathédrale Saint-Étienne, que Richard (fils d'Aliénor d'Aquitaine) va être confirmé duc d'Aquitaine. Nous sommes en 1169 et le futur Roi d'Angleterre n'a que 12 ans. Geoffroy le Vigeois, est témoin oculaire, il raconte que « le faste de cette intronisation fut aussi grandiose qu'un couronnement royal et les banquets, les tournois et les danses se sont poursuivis des jours durant dans les rues de Limoges ».

L'abbaye de Vigeois est un des plus anciens monastères limousins. Son origine est liée à l'activité d'Arédieus ( St-Yrieix).
On remarque aujourd'hui, - l'imposant chœur pourvu de trois chapelles rayonnantes, sans déambulatoire, et – le portail à arcatures festonnées ; la porte est logée dans un grand arc brisé sans ornement. Elle est formée de trois voussures en retrait successifs.

Le Château de Pompadour ( Arnac-Pompadour), sera rendu célèbre par le nom de Pompadour portée par la favorite de Louis XV.
Un château est bâti en 1026 par les seigneurs de Lastours, vicomtes de Pompadour, pour défendre leurs possessions convoitées par les vicomtes de Ségur.

En 1010, Gui de Lastours dit ''Le Noir'', chef de file de seigneurs riches et omnipotents, étend son pouvoir jusqu'à Pompadour, en Corrèze et Hautefort, en Dordogne.
Golfier de Lastours, - le fameux ''chevalier au lion '', à la tête d'un contingent limousin, part en 1095 pour la 1ère croisade. Vainqueur à Antioche (1097) et Marrah (1098), il rentre couvert de gloire après la prise de Jérusalem(1098). Après sa mort à Pompadour en 1126, son corps aurait été transféré d'après la légende, d'Arnac au Chalard, auprès de son ami Saint Geoffroy.
Les sires de Pompadour, comme ceux de Lastours, d'Hautefort, barons rebelles, ont guerroyé, contre Henri II et Richard 1er … Richard dépêche ses troupes de mercenaires qui dévastent les environs de Pompadour en 1182-1183. Le château de Pompadour est incendié vers 1200 lors des troubles qui suivent la mort de Richard Coeur de Lion (1199).
Sources: entre autres, le site remarquable du Centre de la Culture du Limousin Médiéval http://www.limousin-medieval.com/
Le Limousin au Moyen-âge. -2/2-
Nous en avons déjà parlé : Henri II, et Richard cœur de Lion, gardiens de l'Aquitaine dès 1152 ( par Aliénor) y font régner l’ordre contre les oppositions locales... Ainsi, de 1176 à1178 : l’aristocratie aquitaine dont les barons limousins se soulèvent. En 1177, l’évêque de Limoges et l’abbé de Saint-Martial s’associent pour combattre les bandes de « brabançons » utilisées par Richard Cœur de Lion pour vaincre ses ennemis et qui ravagent le sud du diocèse. Contre eux, les vicomtes de Limoges et de Comborn gagnent la bataille de Malemort.
En 1199 , Richard Cœur de Lion meurt à Châlus. Et, le comté de la Marche passe aux Lusignan.
Le XIIe siècle voit le développement de la production limousine des émaux: châsses et crosses limousines ; et de la littérature des troubadours, liée à l’apparition de la courtoisie.

Au XIIIe siècle, le Limousin revient vers le roi de France. En 1212, Raymond de Turenne fait hommage d’honneur (non de sujétion) à Philippe Auguste. Et dès 1214 (bataille de Bouvines), la domination anglaise s’achève avec la défaite de Jean sans Terre contre le roi de France et ses alliés (dont des limousins comme le comte de la Marche, Lusignan).
Ainsi apparaissent les premiers sénéchaux, représentants du roi (français ou anglais). La sénéchaussée du Limousin est créée. Les vicomtes de Limoges sont alliés aux Capétiens. En 1242, Hugues X de Lusignan (1219-1249), en tant que Comte de la Marche, prête serment de fidélité à Louis IX. A la même période se développent les ordres mendiants.
En 1247 : Ebles VI de Ventadour rend hommage au roi de France puis part en croisade avec lui l’année suivante.
1259 voit le traité de Paris entre Henri III et Louis IX qui lui restitue le Limousin contre la prestation d’hommage, sauf la vicomté de Turenne qui reste fidèle à la France et l’évêque de Limoges qui dépend directement du roi.
Les premières chartes de commune apparaissent, souvent soutenues par les Plantagenêts, de même qu’une première économie de la draperie (à Tulle notamment).
1261-1277 : guerre de la vicomté, opposant les partisans du roi de France aux partisans du roi d’Angleterre, sous l’épiscopat d’Aymeric de la Serre, qui renforce le pouvoir des vicomtes de Limoges.
Avec la guerre de Cent Ans, le Limousin connaît une crise profonde qui fit entrer la région dans une période de déclin économique grave. De nombreuses cités et d'innombrables villages sont pillés par les bandes de routiers ou les soldats des armées française et anglaise. Ainsi, la cité épiscopale de Limoges, qui s'était ralliée au roi de France, fut saccagée en septembre 1370 par les troupes du Prince Noir.
La vicomté de Limoges fut rattachée au domaine royal français en 1607
Le Limousin au Moyen-âge. -1/2-
Cet été, nous serons sur la route de Richard cœur de Lion en Limousin ( déjà commencée, par Limoges1; Limoges2 et Limoges3) ; aussi, voici un résumé de la situation médiévale.
Le système féodal ( suzerain et vassal ) rend la description assez complexe...
Le comté du Limousin était décomposé, au point de disparaître en tant que subdivision administrative, en huit vicomtés et autant de vicomtes belliqueux. Il faisait partie du duché d’Aquitaine, son suzerain était le comte de Poitiers. Indépendamment (!) l’évêque gérait son diocèse, dont les frontières calquées sur des vieilles limites gauloises resteront stables jusqu’à la Révolution.

Le vicomte de Limoges, dès le Xe siècle, s'émancipe, alors que la Marche reste inféodée au Comte de Poitou.
La Province de la Marche est formée au Xème siècle aux dépens du Limousin et du Poitou, sa frontière Sud passant juste au Nord de Limoges. Elle devint Comté frontière du Limousin, et correspondait au département actuel de la Creuse, de la moitié Nord de la Haute-Vienne (région de Bellac), ainsi que de quelques cantons de la Vienne et de la Charente. Charroux devint sa première capitale. Le Comté comprenait la Haute et la Basse Marche. Les Marches étaient des Provinces frontières, chargées de défendre l'intérieur des possessions royales.
La frontière entre le parler d'oïl (Français, Normand, Picard, Orléanais, Bourbonnais, Champenois, Lorrain, Poitevin, etc.) et le parler d'oc (Limousin, Auvergnat, Gascon, Languedocien, Provençal, Catalan, etc.) se situait au nord de Guéret ; le droit coutumier et le droit écrit se chevauchaient plus ou moins.

Quatre vicomtés émergent : Comborn, Aubusson, Ventadour, Turenne ; celui de Limoges déborde en Périgord...
Au IXème siècle, - à Limoges - un vicomte représente donc le comte de Poitiers ; il s’est installé à l’écart de la Cité épiscopale, sur un site de carrefour où il a établi une motte castrale. Une chapelle placée sous le vocable de saint Michel (dite des Lions) est construite dans la basse-cour du château.
C’est la même famille qui se maintint dans cette fonction vicomtale de Limoges, du IXème au XIVème siècle.
Avec l'essor économique de la fin du XIe siècle et le développement des flux humains et notamment des pèlerinages, les nombreuses abbayes limousines déjà existantes s'agrandissent et de nouveaux ordres religieux s'implantent dans la région. Ainsi sont construites les splendides églises abbatiales et collégiales romanes de Beaulieu-sur-Dordogne, de Solignac, Le Dorat et de Saint-Léonard-de-Noblat. La plus important de ces implantations religieuses est sans conteste l'abbaye Saint-Martial de Limoges.
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| Plaque de l'autel majeur de l'abbaye de Grandmont Œuvre originale Vers 1189-1190 - Saint Etienne de Muret apparait à son disciple Hugues de Lacerta | La chapelle Saint-Martial du Palais des Papes d’Avignon |
Au XIe siècle, le culte de Saint-Martial est largement promu... Il draine de nombreux pèlerins dont en premier lieu les seigneurs d'Aquitaine et comtes de Poitiers.
En 1095 : le Pape Urbain II à la noël, à Limoges, appelle à la croisade. En même temps, il consacre l’église abbatiale Saint-Sauveur de l’abbaye Saint-Martial et la cathédrale. Enfin, se développent les abbayes de Vigeois, d’Uzerche, d’Ahun et de Beaulieu, et les établissements canoniaux de Saint-Junien, Saint-Léonard-de-Noblat, Évaux, Le Dorat, Saint-Yrieix, Saint-Martin-de-Brive.
Sont fondés :
* L'ordre de Grandmont (1076) :
Étienne, originaire de Thiers en Auvergne, s’installe au pied des monts d’Ambazac, à 20 km de Limoges, dans le duché d'Aquitaine. Il fonde l’ermitage de Muret, vers 1076
Henri II Plantagenêt s'intéresse à Grandmont. Il s’en sert de base pour contrôler le Limousin et ses vassaux. Lui-même et ses fils participent à la construction des bâtiments à l’essor de l’ordre en Aquitaine, Poitou, Anjou, Normandie, Angleterre. Aux nouvelles implantations Plantagenêt répondent les fondations du roi de France : 159 celles entre 1124 et 1274. Plus de 80 % des actes de fondation se situent entre 1189, date de la canonisation du fondateur, et 1216.

* L'abbaye d'Obazine (cistercienne en 1147). L'église abbatiale commencée en 1156 est consacrée en 1176, et fut l'une des plus grandes églises du Limousin. Au XVIIe siècle, l'abbaye compte près de 300 religieux.
Le Graal - 3/3 - mythe et christianisation
<-- Joseph d'Arimathie et ses compagnons emportant le Graal de Palestine, détail du manuscrit (1220-1230) conservé à la bibliothèque de Rennes
Le Graal de Chrétien de Troyes (1) est un objet mystérieux et énigmatique dont il ne dévoile ni les origines ni le contenu. Il n’est pas le Saint Graal de Robert de Boron, explicitement lié à l’histoire du Christ par l’intermédiaire de Joseph d’Arimathie.
Chrétien de Troyes se contente, selon le prologue, d’arrimer, de mettre en vers, le livre du Graal que lui a donné Philippe de Flandres et, plus sûrement, il donne une forme poétique à un récit oral qu’on pourrait qualifier de mythe originel. Il doit aussi beaucoup à des récits arthuriens plus populaires, proches du conte de fées (comme les lais de Marie de France), élaborés par des jongleurs continentaux (notamment armoricains) au contact de leurs confrères de Grande-Bretagne (surtout gallois) depuis la conquête de 1066..

C’est dire que les mythes celtiques ont subi, pour arriver jusqu’à lui, une double transformation : 1) d’abord de mythes en légendes et en contes (en Grande-Bretagne après quelques huit siècles de christianisation, 2) ensuite de légendes et de contes en récit déjà littéraires (surtout anglo-normands).
Le graal est-il mythique chez Chrétien de Troyes ?
Si oui, reste-t-il mythique lorsqu’il devient chrétien ?
L'écriture du Conte du Graal, est bien une création sur le plan imaginaire, et imaginer un mythe moderne, c'est transformer un « mythe vivant » en récit littéraire.
Le graal n'est pas chrétien pour autant … Il y a christianisation, par exemple d'une corne d'abondance ( mythologie celtique ) en coupe destinée à recevoir une hostie pour le roi pêcheur. Chrétien de Troyes ne nous renseigne pas, et Perceval ne pose pas la question attendue …
Ainsi le Graal porte divers possibles : le chaudron rempli de sang du dieu Lugg, la coupe d'or des jeunes filles des puits, le calice qui a reçu le sang du Christ …
Sources : Catherine Nicolas maître de conf. Montpellier
- Personnellement, je peux actualiser la question posée par Chrétien de Troyes, par celle-ci: y a t-il place chez l'humain à un "vide" que le mystère seul peut remplir … ?
(1) Je rappelle que Chrétien de Troyes (1135-1183) , est un clerc, un copiste, adaptateur de textes. Il écrit sur commande, ainsi pour Marie de Champagne ( 1128-1190) au service de laquelle il reste de 1160 à 1185. Le Conte du Graal est dédié à Philippe d’Alsace ( 1143-1191) ( prétendant éconduit de Marie de Champagne.. ). Chrétien écrit ce roman entre 1182 et 1190, et meurt avant de l’avoir terminé.
Le Graal - 2/3 -
La relique du Graal, eut, un tel succès, que nous la retrouvons en divers endroits...
Parmi les histoires les plus « sérieuses », retenons :
- Lors de la Quatrième croisade a lieu la prise de Constantinople, la ville aux nombreuses reliques : les croisés font main basse sur les trésors (reliques et pierreries) de Constantinople, butin remis entre les mains de l'évêque de Troyes, Garnier de Trainel, en 1204, dans lequel on trouve un morceau de la vraie Croix, du sang du Christ, et le Saint Calice de la Cène...
Des témoins affirment qu'en 1610 le Graal était encore à Troyes, mais qu'il disparut durant la période de la Révolution Française. /http%3A%2F%2Fwww.quetedugraal.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F02%2FDans-la-cath%C3%A9drale-de-Valence-le-Saint-C%C3%A1liz-le-Saint-Calice.jpg)
- Actuellement, Le Saint Calice, serait conservé la cathédrale de Valence en Espagne …
Le Graal est récupéré par Saint Pierre, et de pape en pape jusqu’à Sixte II qui, sous la persécution de Valérien, est confié en 258 à son diacre Laurent lequel la met en sécurité dans son village près de Huesca (Espagne). En 713 il est transporté par Audebert au monastère bénédictin de San Juan de la Pena qui se trouvera, un siècle plus tard, sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle en Galice. En 1437, le roi Alphonse V d’Aragon remet à la cathédrale de Valencia le calice de pierre (fabriqué entre le IVe s. av. J.-C. et l’an 1), taillé dans une agate verte, sur support d’or et socle d’onyx, portant l’inscription « La Florissante » en arabe, qui est placé sous la garde de la Confrérie du Saint Calice de la Cène et enchâssé dans la chapelle du Saint Calice.
Enfin, la légende arthurienne, selon Joseph de Boron : Joseph d'Arimathie transmet le Saint Calice à son beau-frère (Hébron, ou Bron), époux de sa sœur (Enygeus), qui le transmet à son tour à son fils, Alain, qui le transporte aux Vaux d'Avaron, un endroit inconnu que certains interprètent comme étant l'île d'Avalon, elle-même identifiée à Glastonbury.
Qui est vraiment Guenièvre ? -3/3-
| The Lady Guinevere by Howard Pyle; from The Story of King Arthur and His knights. |
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En effet, les histoires d'amour sont habituelle à la cour ; ce que révèle l'histoire d'un cor et d'un manteau magique qui permet de révéler l'infidélité de quelqu'un. Arthur et Guenièvre sont tous deux démasqués par cet artefact, comme d'ailleurs tous les autres couples à la cour...
La Reine Guenièvre – malgré son amour coupable - représente la première reine chrétienne et s'oppose à sa grande rivale qui est Morgane, la demi-soeur d'Arthur, dernière prêtresse des celtes et qui tente de conquérir Lancelot par la magie et l'enfermement dans son château... Guenièvre, comme reine du royaume de Logres, tient le royaume entre ses mains … D'autant que le roi Arthur entre dans une phase dans laquelle il semble entrer dans un état de langueur...
Dans « Li Hauz Livres du Graal » (*), en l'absence du roi Arthur, c'est Guenièvre qui tient les rênes du royaume, et au retour du roi, il n'a aucun droit de réponse … Ici, l'amour qui lie la reine et Lancelot, est de l'ordre de l'amour Courtois, et cet amour ne les couvre pas de honte … Cependant, par cet amour, Lancelot – chrétien – reste en marge de cette religion qu'il souhaite suivre. Il superpose sans cesse les images de la reine et de la Vierge, mêlant prières à l'une et à l'autre. Il tente de concilier paganisme et christianisme. 
L'amour de la reine pour un autre que le roi n'est pas la cause de la fin de l'univers arthurien. Au contraire, il donne courage à Lancelot de lutter pour ce royaume quand bien même le roi Arthur le trahit en le faisant jeter en prison. Sans cet amour, Lancelot serait-il resté auprès du roi ? Guenièvre est la souveraine et tout, jusque dans sa relation avec Lancelot, fait d'elle la gardienne du royaume arthurien.
Guenièvre n'est pas seulement une reine chrétienne, mais aussi une reine guerrière comme en connaissaient les Celtes.
Après sa mort, Guenièvre est associée à trois objets : la couronne ( fonction royale ), le destrier ( cheval de combat, réservé aux chevaliers...) et la coupe d'or ( de la déesse celte)... Guenièvre représente le passage d'un monde païen, à un monde nouveau, chrétien peut-être, passage brutal et violent qui pourrait rappeler les guerres et le sang avec lesquels s'est imposé le christianisme...
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(*) Perlesvaus, aussi appelé Li Hauz Livres du Graal (Le Haut Livre du Graal), est un roman courtois du cycle arthurien en ancien français. Il est anonyme et date de la première moitié du XIIIe siècle. Il se veut être une suite de l'inachevé du Perceval ou le conte du graal (~1191) de Chrétien de Troyes, et s'inspire des deux premières continuations en vers, celle du pseudo-Wauchier et celle de Wauchier de Denain. C'est le moins canonique des écrits arthuriens du fait de ses différences marquées avec les autres versions, et il fait passer le mythe du Graal de la légende chevaleresque à l'allégorie chrétienne.
Dans les Triades galloises, les trois grandes reines d'Arthur s'appellent Gwenhwyfar
Alors que la littérature postérieure dépeint Lohot comme un preux chevalier et le fils morganatique du roi Arthur, dans Perlesvaus, il est apparemment le fils légitime d'Arthur et Guenièvre
Le Graal - 1/3 -
C'est Chrétien de Troyes, en écrivant Perceval le Gallois ou le Conte du Graal (1181), qui enrichit la légende arthurienne d’un nouveau thème : la quête du Graal. /http%3A%2F%2Fwww.quetedugraal.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F02%2FLe-graal-au-coin-de-l-nigme-150x150.jpg)
'Graal', provient ( XIIe s. ) d'une forme occitane (gré, gréau ou grial en langue d’oc) et une forme provençale (grasal) issues du latin médiéval gradalis qui désignait un « plat large et peu profond »...
Devenu nom propre vers 1200, le mot s’est spécialisé au sens de « plat de la Cène ». Dans Le Roman de l’Estoire dou Graal (1200-1210) de Robert de Boron, le Graal apparaît bien comme la relique précieuse qui a servi au Christ à Pâques, et ensuite à Joseph d'Arimathie pour recueillir le sang du Christ crucifié …/http%3A%2F%2Fwww.quetedugraal.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F02%2FH%C3%A9l%C3%A8ne-ou-Sainte-H%C3%A9l%C3%A8ne-vers-247-250-vers-329-330-est-une-imp%C3%A9ratrice-romaine-%C3%A9pouse-de-Constance-Chlore-et-m%C3%A8re-de-Constantin-241x300.jpg)
Pourtant, dès le IVe s., Hélène, la mère de l'empereur Constantin était à Jérusalem, à la recherche de sites chrétiens. En 327, elle pense découvrir la tombe de Jésus et un morceau de la vraie croix, et trouve divers objets, dont un calice. Une légende de l'époque ( tradition orthodoxe …) dit que Marie-Madeleine avait recueilli la coupe, et c'est ce qu'Hélène pense avoir trouvée. On l'appela la « calice de Marie ». Il est transporté à Rome.
Ensuite, l'historien du Ve s. Olympiodore écrit, qu'il est transporté en Bretagne en 410 pour le protéger, lorsque Rome est est mis à sac par les Wisigoths.
Ainsi, quelques dizaines d'années plus tard, le Roi Arthur est censé pouvoir le rencontrer. /http%3A%2F%2Fwww.quetedugraal.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F02%2FThe_Damsel_of_the_Sanct_Grael_or_Holy_Grail-239x300.jpg)
Le Graal est décrit comme une coupe d’abondance dans le Lancelot-Graal ( 1225) lorsque, les Chevaliers de la Table Ronde étant réunis le jour de la Pentecôte, apparaît un vieillard en robe blanche tenant un jeune chevalier vêtu d’une armure couleur de feu, Galaad, qui annonce au Roi et à ses compagnons la venue du Graal, lequel, se manifestant dans les airs, remplit la palais de parfums et charge les tables de mets succulents.
Qui est vraiment Guenièvre ? -2/3-
La personnalité de Guenièvre, s’étoffe à partir du XIIe siècle dans la littérature proprement dite, chez Chrétien de Troyes par exemple, qui répond peut-être aux attentes d’un public de dames nobles de la cour de Marie de Champagne ...
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| Alienor d'Aquitaine |
Au XIIIe siècle, Guenièvre est le fille du roi Leodegrance. Ce fait est mentionné pour la première fois dans Estoire de Merlin (vers 1215-1235), puis dans les adaptations ultérieures comme Le Morte d'Arthur de Malory (vers 1470), où la première rencontre entre Arthur et Guenièvre a lieu lors d'un banquet que le père de la jeune fille donne en l'honneur d'Arthur, pour le remercier de l'avoir aidé à vaincre le roi Royns.
À l'époque du Morte d'Arthur, Guenièvre était devenue la belle et glorieuse reine de la plus belle cour médiévale d'Europe.
Dans le cycle arthurien, développé sur quelques siècles par de nombreux auteurs, elle apparaît tantôt comme un personnage entièrement négatif, faible ou opportuniste, tantôt comme une dame noble remplie de qualités mais victime de la fatalité. La relation adultère de Guenièvre avec Lancelot est le thème récurrent du cycle arthurien.
Vous trouverez, sur ce site même, le récit de cette relation.
Pour résumer (wiki) : A l'arrivée de Lancelot, à la cour du Roi Arthur, c’est le coup de foudre immédiat... Cette relation ne sera découverte que plus tard par le roi – avec beaucoup d'incrédulité ou de naïveté de sa part -... Ainsi, - en toute fin du cycle - à l’issue d’un festin il constate l’absence simultanée des amants. Agravain et Mordred, fils du roi Lot, témoins du forfait, pression est faite sur Arthur pour qu’il fasse périr Guenièvre sur le bûcher.
Il s’y résout à contrecœur. Lancelot ayant promis de sauver la reine avec l’aide de sa parentèle, Arthur fait protéger le site de l’exécution par les autres chevaliers. Lancelot a le dessus, Gaheris et Gareth, frères de Gauvain, sont tués au combat. Gauvain pousse Arthur à poursuivre Lancelot en France où il s’est réfugié. En prévision de sa campagne française, Arthur laisse Guenièvre, semble-t-il amnistiée, à la garde de Mordred. À peine le roi parti, Mordred révèle ses intentions de s’emparer du trône et d’épouser Guenièvre. Celle-ci, selon les versions, accepte ou s’enfuit pour se réfugier à la tour de Londres et enfin dans un couvent. Ayant appris les nouvelles, Arthur retourne en Bretagne, confronte Mordred à Camlann et le tue, mais lui-même est mortellement blessé. Il est emmené par Merlin à Avalon. Quant à Guenièvre, après une dernière rencontre avec Lancelot, elle se retire à l'abbaye d'Amesbury pour y finir ses jours.
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| Premier baiser de Lancelot et Guenièvre (Elum: entre 1404 et 1460) | Guinevere envoie sa bague à Lancelot |
Selon la plupart des traditions, Guenièvre est une femme très « convoitée » - elle est enlevée par Mordred, Melwas, Meleagant, Meljakanz, Melianz etc. ( notez la proximité étymologique …) - et aurait eu de nombreux amants …
Parmi eux, Yder ( le Roman de Yder (~1210)), Il est vrai, que Guenièvre fait originellement partie des reines symboles de souveraineté: les enlever revient à s’emparer du royaume de leur mari...
Guenièvre, par Sophie Busson
(*) Dans Le Morte d'Arthur, le roman de Thomas Mallory qui sert de base à de nombreuses adaptations de la Légende Arthurienne, Guenièvre aurait eu même, deux fils de Mordred .. !
Qui est vraiment Guenièvre ? -1/3-
Guinevere (Lord Alfred Tennyson)
Une chose est certaine, Guenièvre est fille du seigneur Léodagan, roi de Carmélide. Sa mère (elle pourrait être la Reine Seli ...( Kaamelot) ) serait morte à sa naissance. Très vite son père, décide de l’envoyer en Gwynedd, là où vit la soeur de sa mère : un pays de forêts et de montagnes, où l'ombre de la terrible prophétie prononcée à sa naissance semble s'éloigner. Epouse de roi, qu'elle trahira; elle sera la cause de la chute du Royaume …
Selon Nancy McKenzie, qui a visité sa biographie, Guenièvre y vit avec sa cousine, Elaine, sa tante, la Reine Alise et son oncle, le Roi Pellinor. En grandissant, les deux jeunes cousines s'enflamment pour les exploits d'Arthur, le fils d'Uther Pendragon, mais le roi n'est encore qu'une figure lointaine... Elle adore monter à cheval, et prend peu de plaisir à parfaire ses points de broderie, petits et serrés... Païenne, elle se convertit au christianisme, mais elle reste toujours et avant tout fille de Galles et de Bretagne.
Léodagan était un serviteur d’Uther Pendragon, père d'Arthur et futur roi de Grande Bretagne, et gardien de la Table Ronde. Pour devenir légitime sur le trône, le roi Arthur cherche à créer des alliances avec les seigneurs. Son salut provient de Léodagan, qui livre bataille avec une troupe romaine du duc des Alémans et de Claudas de la Terre Déserte depuis plus de sept ans.
Le roi Arthur lui vient alors en aide, accompagné de quelques chevaliers mais suivant le conseil de Merlin, il ne divulgue pas son identité et met en défaite la coalition ennemie. Léodagan invite alors les chevaliers dans son château en guise de remerciement autour d’un banquet.

Queen Guinevere’s Maying, by John Collier, 1900
C'est à ce moment qu’Arthur rencontre Guenièvre et tombe immédiatement amoureux d’elle. Léodagan découvre que son sauveur n’est autre que le roi Arthur, il lui offre alors la main de sa fille et la Table Ronde et ses chevaliers. /http%3A%2F%2Fwww.quetedugraal.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F11%2FCeltic-Art-Autumn-Queen-by-Cristina-McAllister-150x150.jpg)
Guenièvre apparaît dans Historia Regum Britanniae, l'Histoire des rois de Bretagne, rédigée vers 1136 par Geoffroy de Monmouth. À la suite de cette première mention, le personnage et l'histoire de Guenièvre se sont développés et ont évolué, pas nécessairement de façon cohérente, au gré des adaptations des différents auteurs, qui se concentraient sur tel ou tel attribut pour ignorer tel ou tel autre.
Dans l'Histoire de Geoffroy, par exemple, Guenièvre s'appelle Guenhumare. Elle est noble, d'origine romaine, elle n'est pas élevée par ses parents mais devient pupille de Cador de Cornouailles, son cousin dans le Roman de Brut ; elle est célèbre pour sa grande beauté. En revanche, dans la tradition galloise, elle est la fille du roi Ogrfan Gawr, et son nom, Gwenhwyfar en gallois, peut se traduire par « le fantôme blanc » ou « la fée blanche ». Dans les Triades galloises, les trois grandes reines d'Arthur s'appellent Gwenhwyfar, et il est dit que Gwenhwyfar est plus infidèle que les Trois Femmes Infidèles de l'île de Grande-Bretagne. Par ce nom, "Gwenhwyfar", la reine inspire la féérie, la magie, un monde mystérieux…Ce qui sous-entend, sa beauté, son éloquence, et son prestige auprès de tous... Aucun texte ne mentionne le nom de sa mère et on ne lui connaît pas d’enfant.










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