Un art jésuite ?
L'art dit « baroque » ne m'est pas esthétiquement et même spirituellement … proche … !
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La multiplication des pains >> Le recueil suit l’ordre des contemplations données par Ignace dans son livret des Exercices. Il en devient ainsi un complément. Il aide le retraitant à se plonger entièrement dans la scène qu’il contemple. Il s’y rend présent comme s’il y était. |
C'est ma raison, qui me questionne; et mon intérêt pour la spiritualité ignatienne, dont sa méthode de contemplation des Evangiles, qui fait appel aux sens.
Déjà, un jésuite compagnon d’Ignace, Jérôme Nadal (1507-1580) , publie ( après sa mort) à Anvers en 1593 (Evangelicae historiae imagines) un ouvrage qui illustre les Evangiles et propose des interactions entre texte et images ; cet ouvrage servit de modèle aux peintres et sculpteurs du monde entier.
Dès la fin du 16ème, « l’art figuratif jésuite obéit aux 6 principes suivants, qui annoncent, par certains côtés, l’esthétique moderne :
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réduction du nombre de personnages pour créer un art didactique ;
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appel aux émotions du spectateur ;
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utilisation du clair-obscur pour renforcer le caractère dramatique de la scène ;
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effets naturalistes de la lumière ;
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goût pour la couleur ;
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effets visionnaires, en vue de créer un état sublime, supraterrestre.
Cette esthétique ira en s’enrichissant à l’extrême, jusqu’à aboutir - sommet de l’art illusionniste et baroque - à l’immense fresque en trompe l’oeil du plafond de la nouvelle église jésuite de Saint-Ignace à Rome, œuvre de Andrea Pozzo (1685-1702).
Tintoret a suivi les Exercices spirituels pour peindre son cycle de la Scuola Grande di San Rocco.
Les expériences des Exercices, mettent l'accent sur la "composition visuelle du lieu" dans la contemplation des Evangiles,
La pédagogie qu'utilisent les collèges jésuites, à partir de l'image pour une éducation humaniste et progressiste met en avant l’implication de l’élève dans l’apprentissage du savoir … ( théâtre …)
L'élan missionnaire exceptionnel : Amérique du Sud, Asie … L’image rend possible la rencontre avec l’autre dans sa culture propre, sa différence, sa mentalité.
Nous sommes aux sources d’une inculturation, qui signifie que chacun abandonne un peu de ce qu’il est pour rejoindre l’autre dans sa vérité ; chacun donne et reçoit.
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Luis de Morales. Pietà. 1565 Luis de Morales, illustra des scènes qu’on peut rattacher directement à la pratique des Exercices. Ainsi, le cadrage resserré dans la Pietà donne à la vision peinte un caractère d’intimité, une immédiateté qui permet au spectateur de participer pleinement à celle-ci. |
Petrus Rubens: Le Christ triomphant de la mort et du péché Outre cette proximité de la scène figurée, directement issue de la vision due à la pratique des Exercices, la peinture jésuite, ou plutôt d’influence jésuite, se caractérise par les sujets représentés. Face à la tradition janséniste du Dieu caché, les peintres affirment la présence de celui-ci, triomphant, comme dans le tableau de Rubens Le Christ triomphant du péché et de la mort où celui-ci apparaît comme un soldat, un conquérant de la foi. |
Plus tard, les libres penseurs condamneront cet art moralisant ( narration pseudo-réaliste, illustration du catéchisme, trompe-l'œil, etc ...), les romantiques valoriseront la « cathédrale gothique » et la piété qui les ont produites …
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Philippe de Champaigne (1602-1674) Saint-Jérôme 1635 Dans un pays profondément marqué par les jansénistes qui proposent, au même titre que les Jésuites, mais dans une direction opposée, un “projet pour la peinture” la rhétorique de la pose (d’inspiration janséniste) s’oppose à la rhétorique du flux (d’inspiration jésuite). |
Il devient membre de l’Académie royale de Peinture en 1648. C’est dans ces année-là qu’il subit l’influence janséniste. Après que sa fille soit miraculeusement guérie d’une paralysie, il peint son œuvre la plus célèbre, Ex-Voto (1662), conservée au Louvre. Elle représente sa propre fille en compagnie de la mère supérieure. La plupart des peintures de Champaigne sont religieuses, influencées par Rubens, mais devenant de plus en plus austères au fil du temps |
Le Christ mort de Philippe de Champaigne: 1654
La meilleure voie spirituelle ?
« Quelle est la meilleure voie spirituelle ? », a-t-on un jour demandé au
Dalaï-lama. Réponse du leader tibétain : « Celle qui vous rend meilleur. »
Il conseille également de continuer la voie de sa tradition. C'est à mon avis un argument qu'une véritable théologie du pluralisme religieux doit intégrer.
Jésuites et Jansénistes
L'homme n'est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête », estimait le philosophe Pascal, partisans des jansénistes. « Qui veut détruire les passions au lieu de les régler veut faire l'ange », lui répondait ironiquement Voltaire…
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« Descartes, qui a des amis chez les jésuites, est nettoyé d'un trait de plume par Pascal ( « inutile et incertain » ), amis des jansénistes. Descartes, Pascal : deux géants, deux apôtres d'un radicalisme, celui de la raison, celui de la foi. Ou plutôt : la raison au secours de la foi contre la foi avant toute raison. » Denis Tillinac Dictionnaire amoureux du catholicisme.
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Quelques idées-force de saint Ignace qui inspirent l’action des jésuites
CONFIANCE DANS L’HOMME
ÉDUCATION DE LA LIBERTÉ
RESPECT DES MÉDIATIONS
PRISE AU SÉRIEUX DU MONDE COMME LIEU DE LA PRÉSENCE DE DIEU « En toutes choses, il contemplait la présence de DIEU… si bien qu’il était contemplatif dans l’action même… » (Jérôme Nadal à propos de saint Ignace). |
L'art baroque est un art qui met en scène la gloire de Dieu et le goût instinctif de la vie, en complète rupture avec l'austérité calviniste
Cet art exprime l'exubérance de la vie, la joie d'exister, la lumière, la fantaisie.
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L'opposition entre les jansénistes et les jésuites, relayée par le pouvoir, me donne l'occasion d'observer les points forts qui caractérisent l'influence ignatienne dans la spiritualité chrétienne...
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| Mère Marie Angélique peinte par Philipippe de Champaigne en 1654 |
Le débat entre les deux courants n'est pas nouveau ; L’un plutôt pessimiste, met en avant la nature pécheresse de l’homme, insiste davantage sur la grâce qui, seule, est efficace. L’autre, plus optimiste sur la nature humaine, tente de donner toute sa place à la liberté de l’homme. Rappelons que Saint Augustin et Pélage se sont déjà affrontés : Pélage magnifie la liberté humaine, tandis qu'Augustin insiste sur la grâce divine sans laquelle l’homme, indigne, ne peut rien faire de bien.
A la Renaissance, l’humanisme exalte les capacités humaines de l’individu. Jacques Lainez, successeur de saint Ignace comme Supérieur Général de la Compagnie de Jésus, rédige alors des instructions où il laisse entendre la nécessité d’accommoder la théologie aux idées nouvelles. Il importe, selon lui, de sortir d’une vision trop pessimiste de l’humanité alors prépondérante dans l’Église Catholique. A trop forcer les choses, les théologiens catholiques risquent, en effet, de fournir des arguments favorables à Luther et à Calvin !
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| François de Paris: janséniste |
En 1640, toujours à Louvain, paraît un ouvrage de l’évêque d’Ypres, Jansénius, décédé deux ans plus tôt. Connu sous le nom d’Augustinius, ce livre reprend des textes d’Augustin et expose de nouveau que seule la grâce efficace, donnée gratuitement par Dieu, peut sauver l’homme corrompu depuis le péché originel. La volonté humaine est impuissante. Les jésuites renouvellent leurs accusations. L’ouvrage de Jansénius est condamné par Rome en 1642. En revanche, en France, l’Augustinius est bien accueilli. Dominicains, Oratoriens, quelques docteurs de La Sorbonne, et surtout les proches de l’abbaye de Port-Royal, approuvent l’ouvrage. Les Jésuites, soutenus par Richelieu, le contestent.
Les jésuites, rejettent ce qu'ils considèrent comme deux erreurs : une prédestination exclusive qui risque d'entraîner la
passivité de l'être humain et l'illusion humaniste sur les capacités de la seule raison humaine à choisir le Bien.
La dimension de ce débat devient politique, quand en vallée de Chevreuse, le jansénisme a trouvé un foyer d'influence avec le monastère de Port-Royal et la mère Angélique Arnauld dont la famille compte des relais de poids chez les parlementaires en butte au despotisme royal. Entamée par le cardinal de Richelieu, la persécution de ce foyer janséniste s'aggrave avec l'affirmation du pouvoir absolu de Louis XIV.
Sources, le site : jesuites.com
« Quoi qu'on pense du pessimisme noir des jansénistes, on se doit d'admirer la force d'âme d'Angélique Arnault ( Saint-Cyran était son directeur de conscience), de son frère, de sa fille, de Sacy, de cette bourgeoisie austère et rebelle, à peine moins radicale que Calvin... (…) Même si on a le droit de préférer le don de soi plus humble de saint Jean-François Régis (1597-1640) jésuite, qui évangélisa les paysans des Cévennes, en deuil d'un catharisme résiduel. » Denis Tillinac Dictionnaire amoureux du catholicisme.
Rubens
(1577-1640)
Résumé d'une chronologie entre 1540 et 1640 :
Approuvé par Paul III en 1540 : l'ordre des Jésuites, -vers 1640 - gérait plus de 500 collèges en Europe, ( plus de 650, un siècle plus tard ).
Le 13 décembre 1545, c'est l'ouverture du Concile de Trente : Les jésuites Diego Laynez et Alonso Salmerón sont envoyés comme théologiens du Pape et Claude LeJay comme théologien du Cardinal Otho Truchses.
22 février 1564 : A Paris malgré une forte opposition un collège est ouvert. Sous le nom de Collège Louis-le-Grand, démarre l'histoire d'un des plus grands collèges de l'histoire de la Compagnie de Jésus. Il est devenu aujourd'hui le Lycée public Louis-Le-Grand, du nom de son protecteur qui ne fut autre que le Roi Louis XIV.
3 juillet 1580 : La Reine Elisabeth I publie une loi interdisant aux Jésuites toute entrée en Angleterre.
5 octobre 1582 : La Calendrier grégorien est mis en oeuvre. C'est le jésuite Christopher Clavius SJ qui a contribué à cette modification.
20 avril 1586 : Le premier Ratio Studiorum est édité sous le généralat du Père Claudio Aquaviva. Le document qui définit les fondements du système éducatif jésuite, dont le titre complet est Ratio atque Institutio Studiorum Societatis Iesu, est l'œuvre d'un groupe de pédagogues réunis au Collège Romain qui était à l'époque le collège jésuite de Rome.
27 juillet 1609 : Paul IV béatifie Ignace de Loyola, et le 3 décembre 1622 : Canonisation d'Ignace de Loyola et de François Xavier par le pape Grégoire XV.
26 décembre 1637 : Le cardinal Richelieu, le Premier ministre français, a banni le Jésuite Nicolas Caussin, le confesseur de Louis XIII, qui avait encouru sa colère de ministre omnipotent pour avoir donné au roi des scrupules vis-à-vis du traitement cruel et de l'isolement de la reine mère, le traitement de sa femme et une taxation excessive.
23 janvier 1656 : Blaise Pascal a publié sa première Lettre Provinciales contre la Compagnie de Jésus. D'autres lettres ont suivi par intervalles. Bien que condamnées à Rome et publiquement brûlées selon l'ordre du Roi français, elles ont influé par le fait qu'elles donnaient des Jésuites une description très défavorable.
14 juin 1670 : Mort du Père François Annat, confesseur du roi Louis XIV durant seize années.
Calendrier des religions 2013

Ce nouveau support permettra de mieux connaître ces différentes confessions et contribuera à favoriser le respect mutuel.
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Méthode de prière ignatienne -1-
Désirer :
« Dans le cas où quelqu'un, en raison de notre faiblesse humaine et de notre misère, ne ressentirait pas en lui
de tels désirs si enflammés dans le Seigneur, on lui demandera s'il ressent en lui le désir de ressentir de tels désirs » Constitutions 102
En début de toute prière, demander : « E48 .. ce que je veux et ce que je désire.... » Exercices
« Que veux-tu que je fasse pour toi » Lc 18,41
Se disposer à recevoir :
«E18 Il faut adapter les exercices spirituels à la disposition des personnes qui veulent les faire ... »
Un certain nombre de moyens sont proposés au candidat à la vie spirituelle pour faciliter ses
dispositions... ( exemples )
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la posture du corps dans la prière : E252 « à genoux ou assis, selon la disposition du corps et l'attrait de l'âme, les yeux fermés ou fixés en un même endroit, sans les laisser errer de côté et d'autre, on dira la première parole du Notre Père, et on s'arrêtera sur cette parole autant de temps que l'on trouvera de significations, de comparaisons, de goût et de consolation intérieure dans la considération du titre de Père... »
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la sobriété, E213 : « Pourvu que l'on ne s'expose pas au danger de tomber dans quelque infirmité, plus on retranchera de ce qu'on pourrait convenablement prendre, plus on parviendra promptement à connaître le juste milieu ... »
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le retrait, E20 : « Mais, si quelqu'un est plus libre d'affaires, et désire retirer des exercices spirituels tout le fruit qu'il peut en recueillir, ( …) il en retirera d'autant plus de profit qu'il sera plus séparé de ses amis, de ses proches et de toute sollicitude terrestre, quittant, par exemple, son habitation ordinaire et choisissant une autre maison ou une autre chambre pour y habiter le plus à l'écart qu'il pourra..."
Se représenter la foule subjuguée par la parole de Jésus : « Nul n'a jamais parlé comme cet homme ! »
Chercher Dieu :
La recherche est une exigence, la communion à Dieu est un don.
E189 « .. il faut que chacun sache qu'il avancera dans les choses spirituelles à proportion qu'il se dépouillera de son amour-propre, de sa volonté propre, et de son propre intérêt. »
C'est « en toutes choses » qu'il faut chercher et trouver la présence de Dieu.
« Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux ; puis viens, suis-moi. » Mat 19,16-23.
Apprendre à prier :
E54 Le dialogue dans la prière consiste à « parler, comme un ami parle avec son ami, ou d'un serviteur avec son seigneur. Tantôt il lui demande quelque grâce, tantôt il s'accuse d'une mauvaise action; il lui communique ses propres affaires, il lui demande conseil. Réciter en finissant: Notre Père, etc. »
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la mise en présence : E75 : « Avant de commencer, je me tiendrai debout le temps de réciter
le Notre Père, à un ou deux pas de l'endroit où je dois méditer, l'esprit élevé vers le ciel, et considérant comment Dieu, notre Seigneur, me regarde; puis je me
prosternerai ... »
-
E252 : « à genoux ou assis, selon la disposition du corps et l'attrait de l'âme, les yeux fermés ou fixés en un même endroit, sans les laisser errer de côté et d'autre ... »... Prier n'est pas uniquement de l'ordre de la raison, mais de l'ordre du cœur : E2 « mais de sentir et de goûter les choses du dedans. »
- Ignace mobilise toutes les facultés humaines pour l'activité de la prière, y compris les facultés corporelles : E47 Voir Jésus au travers de la « composition de lieu », cela consiste à « à voir avec la vue de l'imagination le lieu matériel où se trouve la chose que je veux contempler »
« Parle, Yahvé, car ton serviteur écoute... » - « Yahvé vint et se tint présent » ( 1er Livre de Samuel 3, 1-14)
Relecture :
E77 : « L'exercice terminé, assis ou en me promenant, j'examinerai pendant un quart d'heure quel en a été le succès: s'il n'a pas été heureux, je regarderai la cause d'où cela provient, afin de me corriger dans la suite; s'il a été heureux, j'en rendrai grâces à Dieu, notre Seigneur, et me conduirai une autre fois de la même manière. »
Si Ignace de Loyola, accepte que les hommes d'action ne s'adonnent pas à de longues oraisons, il insiste pour que tous demeurent fidèles à la relecture de la vie quotidienne, qui devient une pièce maîtresse de sa spiritualité...
Plan d'une relecture de sa vie selon le schéma des E.S. d’Ignace, au N° 43.
1° « Sors vers toi » : entrée en prière
2° « Rendre grâce à Dieu Notre Seigneur pour tous les bienfaits reçus » : 1er point d’Ignace.
3° Demander l’Esprit pour ouvrir notre vie, spécialement le plus difficile, à l’amour et à la
miséricorde de Dieu. 2e, 3e et 4e points d’ Ignace
4° Discerner comment repartir. 5e point d’Ignace.
« Mon âme exalte le Seigneur... Il a fait pour moi de grandes choses. » Luc 1, 46
- Le signe Exx, avec un numéro, fait référence aux éditions des Exercices.
- Sources: Prier 15 jours avec Ignace de Loyola par François Bécheau s.j.
Les Exercices spirituels d'Ignace de Loyola:
Ce livre a une particularité : il ne s’agit pas d’un livre qu’il suffirait de lire
pour en saisir le contenu ! La Préface rédigée pour la première publication en 1548 précise : ” ce n’est pas pour ceux qui doivent seulement lire les exercices, mais pour ceux
qui doivent les faire, ou plutôt, qui doivent les donner à d’autres, qu’une telle peine et un tel soin ont été dépensés. ” Les Exercices spirituels sont donc un livre d’expérience et de
pratique, un livre destiné à un maître d’exercices. Ce livre ne peut donc en aucune façon se comprendre en dehors de la relation singulière qui s’établit entre celui qui donne les exercices et
celui qui les reçoit.
L'Evangile aujourd'hui.
Les illustrations et leurs commentaires visionnent une réflexion sur " les ruines " ( ce temps qui n'est plus ), selon les époques ... Cela n'aurait-il pas un rapport avec notre vision de l'avenir, et la lecture des signes des temps ...?
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Les ruines témoignent de la vanité de toute entreprise, même des œuvres d'art. Rien n'échappe à l'impermanence. Elles traduisent un nouveau sens de l'Histoire, un processus qui n'est plus le temps immobile du moyen-âge. Elles signifient un état de déréliction : les ronces ou divers végétaux y poussent : c'est la décrépitude chère aux maniéristes comme à des peintres du XVIIIe siècle : Marco Ricci, Magnasco ou Canaletto. |
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Ce débat sur le mariage, est à mon avis, du fait même de la mobilisation de l'institution ecclésiale, une étape importante dans le catholicisme français... Hier soir, j'entendais sur la chaîne parlementaire Christine Boutin, qui affirme son catholicisme, et engage avec elle toutes les personnes qui se rattachent à cette tradition …
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La ruine d'une abbaye sert alors une vision empreinte de mysticisme en même temps qu'elle suggère le retour du sentiment religieux. Ruines d'un cloître, par C.D. Friedrich, 1823. La neige et les troncs d'arbre à contre-jour accentuent l'image macabre déjà proposée par les croix des tombes. |
Finalement, elle répond que cela fait plus de quinze vingt ans, qu'elle voit se « dérouler la pelote de la famille »... Elle annonce pour bientôt une catastrophe anthropologique … !
Me vient alors la pensée, que s'affrontent aujourd'hui deux visions, celle d'un passé qui change, et celle d'un futur inconnu... La Parole évangélique : est-elle ce message qui doit mobiliser sur le retour ( ou le maintien) d'une forme de société qui - manifestement - se transforme, ou est-ce cette Parole qui cherche à reconnaître dans un futur en gestation, une avenir d'humanité ?
A mon avis, il y a dans les textes bibliques, et surtout dans le témoignage de vie de la personne même du Christ, un appel à construire le monde de demain, sans nous attacher aux vestiges de celui qui disparaît …
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Albrecht Dürer réalisant en 1504 cette Adoration des Mages montre des bâtisses en ruines qui contrastent avec la promesse d'une ère nouvelle annoncée par Jésus. |
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L'Evangile est ( étymologiquement ) une Bonne Nouvelle: l'annonce du Royaume. Il n'est pas une suite de prescriptions morales, mais un appel au discernement; essentiellement parce que le monde bouge... Le Christ, est-il une figure du passé, ou une réalité vivante ? Si c'est une réalité il faut savoir le retrouver dans ce qui est, et non pas dans ce qui n'est plus … Les Evangiles sont l'incarnation d'une vie spirituelle en évolution, en mouvement... Ils ne sont pas la description d'une réalité pour les morts. Les Evangiles s'accomplissent aujourd'hui.
Voici une œuvre de l'américain John Armstrong, Phoenix, (Leeds Museums, 1938). Bien entendu le phénix renaît de ses cendres...
Sources pour les peintures, et leurs commentaires: MAPERO, http://wodka.over-blog.com/
Le mariage pour tous, et ma religion
Ma religion est celle d'une personne : « Je suis la Vérité ». Aussi, la Vérité ne consiste pas à répéter une « vérité » toute faite... Elle est 'chemin vers...', et à tracer chaque jour...
« Le mariage pour tous » : est-ce une question religieuse ? A Cana, Jésus est présent à une festivité sociale,
sans plus … Pour parler d'amour, les évangiles utilisent le mot d'agapé et, il s'agit d'une manifestation de la grâce...
Ce mariage, dont il est question aujourd'hui est une question civile.
Cependant, ma religion m'aide à penser :
- Ainsi, notre tradition avance la notion d' « altérité ». L'exemple le plus frappant, et le plus riche sur le plan de notre humanité ( pour moi …) est l'altérité hommme-femme... Serais-je tenté de retenir cette image comme essentielle et définitive... ?
- La « nature » est l'espace de la « création », l'enfant est la plus belle image de cette idée... Mais aujourd'hui, « il est » ( et cela est bon ...) que la sexualité n'a pas pour unique but : la procréation; que l'expression moderne du mariage est le mariage d'amour ( Eros … et non Agapé ).
- Aujourd'hui, à coté d'une anthropologie « naturelle », s'inscrit ( et cela est..) une anthropologie « relationnelle » ( qui a aussi
un écho très fort dans le message évangélique...)... Notre identité « ne se définit pas de manière fixe, immuable, et naturelle, mais dans un parcours de vie. »
Pasteur Jean-Marie de Bourqueney. « Qui sont ma mère, mes frères et mes
sœurs … ? » Non pas les membres de ma famille, mais ceux qui font la « volonté de Dieu » … !
« Le Jésus des évangiles n’a de cesse de briser les moules identitaires qui enferment l’être humain dans une fonction définie une fois pour toutes : l’aveugle, le pécheur, la Samaritaine, le possédé. « Va, ta foi t’a sauvé-e » peut être entendu comme l’affirmation d’une identité évolutive : « Tu n’es pas que ce que tu es ; tu es appelé-e à un devenir. » En changeant ainsi de paradigme, nous repensons nos identités et nos choix de vie tout différemment. » Pasteur Jean-Marie de Bourqueney
- Le but de l’avenir du couple : est-ce l'enfant, ou le devenir de chacun … ?
- N'existe t-il pas d'autres formes d'altérité, qu'une altérité
« naturelle » ? N'y a t-il pas d'autres modes d’altérité, et d'autres formes de fécondité.. ? De fait aujourd'hui, il existe différentes formes de former une famille
… !
- Pour l'enfant, il est nécessaire de rencontrer les fonctions paternelle et maternelle. Ne s'agit-il pas seulement de « fonctions » , et non pas d'états naturels prédéfinis ?
Attention de ne pas désincarner l'Evangile, de le réduire à une morale et de le rendre inaudible à nos contemporains... !
Les Cathos à Limoges et " le mariage pour tous"
Dimanche 27/01 soir, la communauté chrétienne de St Eloi à Limoges, proposait une
information sur le projet de loi : « le mariage pour tous ». Excellente initiative et appréciée ! La présentation juridique de l'état du projet et les
questions qui en découlent étaient clairement amenées, et précises.
Il est symptomatique du débat chez les « catho. » qu’apparaisse ensuite la présentation de la « Gender Theory » . Par contre, une présentation anthropologique de l'humain avec un regard catholique, et la présentation du sacrement du mariage semblaient légitimes...
Le débat a été volontairement évité, et malheureusement les raisons ( chrétiennes, aussi ) de ceux qui défendent ce projet de loi, n'ont pas été souhaitées ….
1- Je propose que - dans un débat chrétien - nous imaginions que dans la salle se trouve des couples d'homosexuels, que nos enfants pourraient être, là, dans cette configuration... Refuserions-nous d’accompagner leur projet de vie ? Quelle serait aujourd'hui le comportement de Jésus ?
Disciples du Christ, que leur proposons-nous ? Je leur dis, qu'ils seront jugés sur l'Amour. Je leur dis, que l'Etat - laïque - leur doit de les protéger dans une construction d'un projet familial, projet d'adoption, par exemple... Rendez à César, ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu … Ensuite, je me tourne vers mes frères et sœurs catholiques, pour leur demander de quelle manière allons-nous les accueillir dans notre communauté de croyants ? Cette situation est nouvelle, il nous faut lire « les signes des temps », nous rendre compte que la notion même de famille évolue ( divorce, familles mono-parentales, couples divorcés et remariés ...etc). Comment allons nous accueillir ces nouvelles manières de vivre la famille... ?
2- Depuis, la crise moderniste, l'Eglise a peur. Elle s'est opposé à la laïcité, à la loi sur le divorce, à la contraception, au Pacs ; et aujourd'hui, au « mariage pour tous »... Elle choisit délibérément une position partisane et réactionnaire qui divise la communauté croyante. J'aurais imaginé mon Église adopter une attitude d'avant-garde, non partisane, en possession d'un projet d'avenir innovant et respectueux de toutes les manifestations d'humanité... Un catholicisme subversif et innovant, qui ose parler de l'Amour incarné.
Une religion permet à l'homme d'être plus intelligent, par l'expression d'une anthropologie qui
s'appuie sur une tradition, qui ne succombe pas aux modes, et qui lit « les signes des temps » pour proposer un avenir... Aujourd'hui, elle loupe quelques marches
…
3- La « gender theory » : Georgina Dufoix contre le "mariage pour tous" [La Vie], résume et reprend les peurs qui semblent conditionner le refus du texte de loi : « Le "mariage homo" focalise toutes les attentions, mais dans ce projet de loi, il n’est que la partie émergée de l’iceberg. Ce projet de loi se proposerait de transformer en profondeur notre façon de vivre ensemble en essayant d’effacer de notre droit l’altérité entre hommes et femmes pour la remplacer par la théorie du genre. »
C'est dit, et il serait intéressant de se demander d'où vient ce fantasme … ? Ce serait un peu comme, juger le christianisme sur ses propres intégrismes .. !
« Un article récent de Sciences Humaines (magazine de vulgarisation de référence), intitulé « Masculin – féminin: le genre explique-t-il tout? (question rhétorique s’il en est), est très bien analysé sur le blog Une heure de peine dans « Du genre face à la paresse intellectuelle ». Denis Colombi * montre en quoi il constitue un condensé des idées reçues que l’on retrouve de manière systématique chez les polémistes « anti-genre ». Le même problème se pose avec Le Magazine Littéraire, même si le dossier est globalement de meilleur niveau. » Denis Colombi, agrégé de sciences sociales, professeur de sciences économiques et sociales, doctorant en sociologie
Voir également cet article : « 'La théorie du genre' n'existe pas » ICI :
Personnellement, la différenciation des sexes et des genres me parait essentielle, et ne me semble pas remise en cause... ( seulement sur les marges idéologiques et intégristes … comme toujours.). C'est un peu comme si - dans le débat sur l'inné et l'acquis – nous disions que tout est inné ou tout est acquis... Évidemment, l'idée que nous avons du masculin et du féminin, dépend aussi de nos représentations culturelles... ( les femmes étaient supposées ne rien comprendre aux mathématiques ...etc)... Bref: cela me parait à ce point évident, que c'en est fatiguant ..! :-)
- Bien sûr, et c'est un préalable : aujourd'hui, nous reconnaissons que chrétiens: l'homosexualité n'est plus un péché ; et que français : l'homosexualité n'est plus un délit... Comme quoi, il n'est pas un vain mot de discerner le bien du mal, dans 'les signes des temps' … ! Et je considère que l'inverse : c'est de l'homophobie ! Essayons de clarifier ce point, et affirmons le, pour que les catholiques ne soient pas soupçonner d'homophobie … !
Le contraire du « dialogue œcuménique » :
Etre invité à s'intégrer à l'Eglise Romaine, et pour cela créer « l’équivalent d’un diocèse sans attache géographique, mais avec une orientation théologique particulière, et une personne nommée par Rome à sa tête », est la proposition de Benoît XVI, pour réaliser « l'unité de l'Eglise »... Les réformés pourraient être tentés de proposer aux catholiques le même schéma …!
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Le pape, Calvin et Luther priés par La Paix de s'entendre, 1600 |
Je préfère la démarche protestante qui offrent aux Églises réformées, luthériennes, méthodistes, anglicanes - régulièrement - des déclarations de communion réciproque... « En d’autres termes, elles se reconnaissent comme Église du Christ, sans pour autant établir un lien avec l’évêque de Rome. C’est une reconnaissance mutuelle dans l’altérité. » André Birmelé Pasteur, professeur de dogmatique à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg, membre du Groupe des Dombes
De plus, savoir que cette initiative est tournée vers (en particulier) des églises luthériennes nord-américaines, particulièrement conservatrices... Elles n'augurent pas une lecture moderne des « signes des temps » .. !
Il reste la question : « peut-on être Église autrement que dans le système romain ? »
Source La Croix du 26/01/2013
Le christianisme comme religion de l'Evangile
Je reviens sur « les signes des temps », notion qui est – à mon avis – au coeur de la problématique catholique aujourd'hui. A l'opposé, sans doute, de l'islam ( avec le Coran) ; la transmission de la Parole chrétienne ne peut se faire sans interprétation créatrice :
Par exemple, la crise moderniste ( malheureusement, elle ne semble pas s'être terminée ..!) à la fin du XIXème
siècle ( Syllabus …etc) nous montre le spectacle d'une Eglise qui loupe la possibilité d'un
compagnonnage avec les forces créatrices et humaines de cette société moderne, société qui construit sans les catholiques : - l'égalité de l'homme et de la femme, - le respect de la liberté
de conscience, - le droit à la liberté religieuse, - la dissociation de la sexualité et de la procréation, - l’accès à un « mieux-être » spirituel ( développement personnel ), - la
laïcité, - la famille ( accompagné de lois sur le divorce, le mariage …) etc …
Exemples : * « Il est incontestable que la littérature biblique témoigne d'une culture patriarcale et androcentrique. Il faut les relire à partir de notre conscience moderne de l'égalité homme-femme. » Claude Geffré.
* Nous devons tenir compte – à partir du génocide juif – de certains textes anti-judaiques du nouveau testament … De même des textes « guerriers » ..etc ...
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Nous devons aujourd'hui non seulement interpréter
« les signes de temps », mais également chercher « les indices de transcendance » qui témoigne de l'humain véritable, dans notre monde...
Exemple : « L'expérience du beau est nécessairement un espace de transcendnace. Elle s'enracine dans ce qui fait la singularité de l'humain véritable, à savoir la capacité symbolique, et elles est sous le signe de la gratuité. » Cl Geffré. ( cf Yves Bonnefoy )
Dans l'ouvrage : « Le christianisme comme religion de l’Évangile » de Claude Geffré 2012, l'auteur explique magistralement le chemin que nous pourrions prendre pour que le Christianisme – religion de l'Evangile – par ailleurs « religion de la sortie de la religion », puisse aujourd'hui incarner l'une des figures possibles de l'avenir de la religion.
« Si le christianisme est fidèle à la religion de Jésus, alors il est une religion d'avenir parce qu'il rejoint en tout
être humain l'aspiration à se libérer de toute violence, y compris la violence du sacré. » Cl Geffré
Le christianisme a une vocation prophétique de « contre-culture », et « elle doit œuvrer avec d'autres instances à la recherche et à la promotion de ce que j'appelle l'humain authentique, le vere humanum dont parle la constitution Gaudium et spes. » Cl G.
Ps: le dernier ouvrage de Claude Geffré, me semble récapituler tous les enseignements de ce dominicain: je pense que la théologie du Pluralisme religieux permettra au catholicisme de ne pas louper le prochain train vers notre futur ...!
