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Les légendes du Graal
Articles récents

La belle dame, avec Chrétien de Troyes

14 Mars 2014 , Rédigé par Perceval Publié dans #femme, #Chrétien de Troyes

La Beauté dans la légende Arthurienne: La beauté de la femme.

Au Moyen-âge, l'idée est que le corps féminin est semblable à celui des hommes, mais les organes sexuels inversés. On perçoit ainsi que la structure de la femme se tient de l’intérieur alors que celle de l’homme vers l’extérieur . En plus du corps des femmes qui est mal compris, leurs images le sont aussi. La beauté féminine au Moyen Âge est prise entre l'image d’Ève ( tentatrice, péché ) et la vision de Marie ( rédemption : beauté sacrée ).

bb2
Heures à l'usage de Rome de Marguerite de Coëtivy. Femme de François de Pons, comte de Montfort. Bethsabée au bain 1490-1500

Sont valorisés : - La chevelure qui doit être blonde. Un large front : les femmes se tireront abusivement les cheveux par en arrière pour répondre à cette norme de beauté. Le front dégarnit, ce sont les sourcils, préférablement bruns qui embellissent la région du haut du visage.

Les auteurs qui décrivent les yeux mettent l’accent sur l’éclat et l’intensité qu’ils doivent projetés. Le nez ne doit être ni trop gros, ni trop petit, comme il est décrit par François Villon « beau nez droit grand ni petit». Les seins doivent être durs et placés haut, suivi de bras longs et d’une taille mince. Un autre critère est aussi très important et c’est la couleur de la peau. Effectivement, les femmes doivent avoir une peau blanche, on dit même que « tout ce qui n’est pas recouvert par les vêtements frappe par sa blancheur». La seule partie du corps qui peut se permettre de la couleur, c’est la bouche qui doit être douche, fraîche et rosée ( voire rouge). Les auteurs du Moyen Âge mettent aussi l’emphase sur la jeunesse du corps. Effectivement, après l’âge de 25 ans, les femmes entreraient dans une période de «désert de l’amour» et ensuite elles deviendraient vieilles.

Yseult détail
Détail: Yseult par Edmund Blair Leighton (1902)

L’héroïne, de Chrétien de Troyes, pourrait répondre aux critères suivants : Le poète décrit d'abord les cheveux "de fin or [d'or fin], sor [brillant] et luisant" ; le front "clerc, haut, blanc et plain [lisse]" ; les sourcils "bien fais et large entrueil [bien dessinés et espacés comme il convient]" ; les yeux "vair [brillant, vif], riant, cler et fendu [bien dessiné]" ; le nez "droit et estendu [fin]"...

La figure d'Iseult la blonde peut représenter le personnage féminin à sublimer : 

« En vérité, je vous assure que la chevelure, si dorée et si fine d'Iseut la blonde ne fut rien en comparaison de la sienne (celle d'Enide). » Erec et Enide, (v.424-426)

L'évocation du corps vient parachever ce tableau qui donne à voir la disposition harmonieuse des traits : 

Il l'admire de haut en bas jusqu'aux hanches :
son menton, sa gorge blanche,
ses flans et côtés, ses bras et ses mains.

(Erec et Enide, v. 1483-1485)
medieval

L'évocation du corps est savamment dosée :

Elle ne possédait aucune autre robe
et sa tunique était si vieille
qu'elle était percée aux coudes
Si ses vêtements étaient bien pauvres
par contre son corps en dessous était très beau

Erec et Enide, (v. 406-410)

Car le portrait de la gente dame doit s'attarder sur son visage, il doit en effet débuter par la "lumineuse" chevelure pour décrire minutieusement, trait par trait, le front, les yeux, le nez, la bouche et le menton.

15e s.Toutes les héroïnes obéissent à ce stéréotype : Nicolette (blonde elle aussi) ressemble à Enide, double magnifié d'Iseult. 

Or se chante. (C'est par cette formule que commencent tous les couplets en vers de la Chante-fable) Que la lune trait a soi.
Nicolete est avuec toi,
Ma petite amie aux cheveux blonds
Je cuit Dieus la vout avoir
Pour que la lumière du soir
par elle soit plus belle

Aucassin et Nicolete

A l'inverse, le portrait de la fée, personnage merveilleux par excellence, débute par le corps afin d'en révéler toute la sensualité : 

La dame était vêtue
d'une chemise blanche et d'une tunique à manches (portée selon la coutume par dessus la chemise)
lacées des deux côtés
pour laisser apparaître ses flancs
son corps était harmonieux, ses hanches bien dessinées
son cou plus blanc que la neige sur la branche ;
ses yeux brillaient dans son visage clair
où se détachaient sa belle bouche, son nez parfait, 
ses sourcils bruns, son beau front,
ses cheveux bouclés et très blonds :
un fil d'or a moins d'éclat
que ses cheveux à la lumière du jour.  

Marie de France, Lai de Lanval, (565-576).

Galahad Leaving Blanchefleur by Edwin Austin Abbey
Blanchefleur,  by Edwin Austin Abbey

Dans l'extrait qui suit, où il est question de Blanchefleur, si le poète s'écarte quelque peu de la rhétorique, il n'en demeure pas moins un exemple dans lequel on trouve toutes les composantes d'une beauté canonique : 

ses cheveux étaient tels, chose incroyable
Qu'on aurait dit qu'ils étaient faits d'or fin,
Tant leur blondeur était éclatante.
Elle avait le front haut, blanc et lisse
comme s'il avait été poli à la main,
exécuté par la main même d'un sculpteur
dans la pierre, l'ivoire ou le bois.
ses sourcils étaient bien fournis et espacés comme il convient,
son visage était illuminé par des yeux
brillants, pétillants, clairs et bien dessinés
son nez formait une ligne bien droite,
Et sur son visage contrastait bien mieux
la couleur vermeille avec le blanc
que le rouge sur l'argent.

Chrétien de Troyes, Le Roman de Perceval 
ou Le Conte du Graal, (v.1811 à 1825).

deJeanBourdichon Bethsabeaubain
 “Bethsabée au bain” de Jean Bourdichon, feuillet détaché des feuillets des Heures de Louis XII. Première peinture représentant une femme nue, “Bethsabée” sous l’oeil du roi David à gauche


La jeune fille (Fénice) arriva

en hâte au palais
tête et visage découverts
l'éclat de sa beauté dispensait
dans tout le palais une clarté plus vive
que n'auraient pu produire quatre escarboucles.

(Cligès, vers 2728-2733.)

La "blanchor" du teint doit trancher avec la couleur "vermeille" des joues et des lèvres (charnues et rouges comme des cerises).  

Les adjectifs : sor, luisan, cler, blan, riant, vair, anluminee et clarté se regroupent dans un même champ sémantique, celui de la lumière. Ces jeux de lumières, qui complètent le portrait, soulignent que l'héroïne doit avoir un visage radieux, signe même de sa beauté et de son noble lignage. En effet au Moyen Age, et jusqu'au début du XXè siècle, le visage hâlé est un signe de vilainie. Une femme de qualité se doit de ne pas exposer son visage aux rayons du soleil.

Dans les romans arthuriens, la beauté physique - signe extérieur de perfection humaine - est la toute première des qualités de l'héroïsme courtois et merveilleux. C'est elle qui conditionne toutes les autres qualités - morales, cette fois-ci - : honneur, sagesse, prouesse, courtoisie ou encore noblesse. Ce n'est donc pas un hasard si Chrétien affirme dans la bouche d'Enide que : 

"Li meillor sont li plus sor [blonds]" (v.968).

Sources : en particulier Elisabeth Féghali ( site : Citadelle

 

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Aliénor d'Aquitaine -1/3 -

3 Mars 2014 , Rédigé par Perceval

Timbre alienor_2004Reine de France, puis d'Angleterre, femme de pouvoir et d'intrigue... Aliénor d'Aquitaine (1122-1204), a tout pour fasciner, et alimenter la légende... Ainsi, George Duby qui consacre un ouvrage aux «  Dames du XIIe s ». place Aliénor, entre Héloïse et Iseult... Effectivement, il y a une légende noire autour de la reine : certains chroniqueurs lui reproche : - d'être la petite fille de Guillaume IX de Poitiers (1071-1126), lui-même troubadour aux écrits et aux mœurs libres ; - d'avoir divorcé de son premier mari Louis VII, et - d'Henri II d'avoir dressé ses fils contre leur père, d'avoir causé sa mort tragique ... et surtout d'être une femme : «  une femme incomparable, belle mais pudique, puissante et douce, humble et pleine d'esprit... qualités que l'on trouve rarement chez une femme qui épousa deux rois et enfanta deux rois, travaillant sans relache, et dont les capacités, à son âge, impressionnent.» Richard de Devizes, chroniqueur. Mariage d'Alienor d'aquitaine

 

- Aliénor est le plus beau parti d'Europe. A 13 ans, elle devient l'héritière de l'Aquitaine ( c.à d : la Gascogne, le Poitou et le Limousin ). 1137 en juillet, à 15 ans elle épouse celui qui devient roi dès le mois de décembre : Louis VII.

Elle refuse de rattacher l’Aquitaine à la couronne, et veut gérer seule son puissant Duché.

On rapporte qu'elle se plaint d'avoir «  épousé, non pas un roi, mais un moine ! ». Lors de la 2ème croisade, Aliénor accompagne Louis VII, elle a - dit-on - une liaison avec son oncle, le Prince d’Antioche. Cette rumeur et son attitude frivole annonce la fin de son mariage et précipitera la 2ème croisade vers une cuisante défaite des armées croisées.Aliénor d'Aquitaine et Louis VII priant pour avoir un fils

En 1152, une assemblée d'évêques constate la nullité du mariage... Louis VII, au retour de croisade où l'a accompagnée Aliénor, il prétexte la consanguinité pour se séparer d'elle : en 15 ans, la reine ne lui a donné que deux filles, la succession dynastique est en péril... !

<-- Alienor et Louis VII, priant pour avoir un fils .

- Entre Paris et Poitiers, Aliénor manque de se faire ravir, à deux reprises, par le comte de Blois, et par Geoffroy, duc de Normandie ( et frère d'Henri II)... Arrivée au siège de sa cour, à Poitiers Aliénor écrit à Henri qu'elle est libre..., et qu'il est le seul prince digne d'elle.Alienor d'Aquitaine was one butt-kicking lady. First off, she owned basically all of France during her life (1122-1204)

- Henri II, se presse et leur union est célébrée le 18 mai 1152, à Poitiers. Les chroniqueurs n'hésitent pas à parler de la beauté d'Aliénor, et de l'ardeur et de la jeunesse ( il a neuf ans de moins qu'elle ), d'Henri II qui auraient séduits la duchesse d'Aquitaine.

- En 1154, Henri devient roi d'Angleterre.

Le couple demeure un an en Angleterre, ensuite le roi doit se rendre sur le continent pour assurer son pouvoir … Aliénor représente le roi en Angleterre... Jean de Salisbury, contemporain, dit qu'ils sont interchangeables  

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Gauvain, le chevalier qui séduit les femmes

25 Février 2014 , Rédigé par Perceval Publié dans #Gauvain

Gauvain est le fils du roi Lot d’Orcanie et de Morgause, la sœur d’Arthur. Neveu du roi Arthur, auréolé dès les premiers témoignages littéraires d’une réputation de prouesse, de générosité et de gloire, il incarne dans les romans de Chrétien de Troyes, et dans la plupart des continuations composées au XIIIe siècle, l’idéal de la chevalerie.

Gauvain le chevalier aux demoiselles Messire Gauvain, la fleur de la chevalerie
Gauvain et la damoiselle à la ceinture d'or Messire Gauvain est la fleur de la chevalerie ...

Avant l’arrivée de Lancelot du Lac, Gauvain était considéré comme le meilleur des chevaliers, un chevalier d’exception. La magie l’a imprégné dès son plus jeune âge, il se rendit vite compte que ses forces évoluaient en fonction du soleil. Ses forces étaient à leur maximum lorsque l’astre était à son zénith, et diminuaient de façon significative à la tombée de la nuit. Gauvain fut le premier à réussir à battre Arthur en combat singulier, à l’entrainement, ce qui renforça considérablement le lien qui les unissait déjà.gawain-and-wounded-knight chevalier blessé

Gauvain est un chevalier séduisant et disponible, animé par le goût du risque et par une prouesse sans faille. Chrétien de Troyes, dans Le Chevalier au lion, le désigne comme "celui qui était la fleur de chevalerie et dont la renommée l'emportait sur tout autre mérite " : il est l’un des chevaliers destinés à affronter avec succès les plus grandes aventures. C’est lui qui relève le défi lancé par la Demoiselle Hideuse à la cour arthurienne consistant à aller délivrer une jeune fille assiégée dans le château de Montesclaire; c’est lui qui part après Lancelot à la recherche de la reine Guenièvre.

chevalier 5

Modèle de courtoisie, il sait respecter la rêverie de Perceval, accueillir les nouveaux arrivants à la cour ou se faire le champion des demoiselles. Gauvain est sensible à la beauté des jeunes femmes par exemple à celle de la porteuse du Graal ; il parle d’amour avec la jeune suivante de Laudine, Lunete, mais ne s’attache à aucune femme.

Gauvain n’arrive pas vraiment à comprendre l’amour qui peut lier un homme et une femme, comme Yvain – son ami - et Laudine. Il fera tout pour que Yvain n’ait pas l’occasion de retourner auprès de sa femme, l’entraînant aventure après aventure, quête après quête.yvain et Laudine

Avec la christianisation du mythe, sa figure devient moins glorieuse...

Dans la Quête du Saint Graal, il est exclu de la quête parce qu’il est trop attaché aux valeurs "terriennes". Ainsi Gauvain passe-t-il toujours à côté de la quête, mais – ce qui est plus grave – de récit en récit, il devient l’un de ceux par qui la quête se dégrade et par qui est provoquée la ruine du royaume arthurien. Enfermé dans sa mondanité et sa démesure, sourd à l’esprit de l’aventure du Graal, Gauvain, dans La Mort le roi Artu, est définitivement exclu de cette quête.

<-- Yvain et Laudine

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L'histoire du mythe du Roi Arthur - 4/4 -

20 Janvier 2014 , Rédigé par Perceval Publié dans #Légende arthurienne






Thomas Malory 

(1405-1471), prisonnier à la Tour de Londres, y rédige en 1469, Le Morte d'Arthur, considéré comme le premier roman arthurien moderne.







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L'histoire du mythe du Roi Arthur - 3/4 -

18 Janvier 2014 , Rédigé par Perceval Publié dans #Légende arthurienne



Le Codex Manesse

 ,( ou Große Heidelberger Liederhandschrift )  est un recueil de chants médiévaux compilés et illustrés vers 1310. Il contient, sur plus de 700 pages, les portraits des poètes et les textes de chansons d'amour courtois. Par exemple, Henri d'Ofterdingen (1), qui était un troubadour allemand du XIIIe siècle ( fictif) , dit avoir participé au concours des Minnesänger à la Wartburg en 1207. Et, (1) Henri d'Ofterdingen (en allemand Heinrich von Ofterdingen) est un roman du poète romantique allemand Novalis, qui sera publié après sa mort par son ami Ludwig Tieck.


La série d'enluminures ci-dessus est extraite du codex Manesse.
Le codex Manesse est un manuscrit enluminé ayant la forme d'un codex.
Il a été compilé et illustré de 1305 à 1340, à la demande de la famille Manesse, patriciens de Zurich. Le manuscrit fait partie des collections de la bibliothèque de l'université de Heidelberg.


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L'histoire du mythe du Roi Arthur - 2/4 -

16 Janvier 2014 , Rédigé par Perceval Publié dans #Légende arthurienne

Chrétien De Troyes

(1135-1185)  fréquente les cours de Marie de Champagne, Philippe d’Alsace et du Comte de Flandres.
Il écrit plusieurs œuvres en langue d’Oil: Erec et Enide (1170), Cligès ou la fausse morte ( 1176), Yvain ou le Chevalier au Lion (1177), Lancelot ou le Chevalier de la Charrette (1177), et Perceval ou le Conte du Graal (1120) , un roman inachevé par l’auteur mais dont on trouve souvent des Continuations par d’autres auteurs ... Chrétien de Troyes embellit le récit avec les délices de l'amour courtois et la Recherche du Graal
Dans le prologue du Chevalier de la charrette, Chrétien affirme avoir écrit sur le comandemant de ma dame de Champagne, c'est-à-dire de Marie de Champagne, fille d'Aliénor d'Aquitaine et de Louis VII.

Perceval, ou le Conte du Graal
Trois scènes du Parsival de Wolfram d'Eschenbach


Robert de Boron (vers 1190) introduit le Graal comme étant le récipient qui a recueilli le sang du Christ, puis associe le saint sang à une sainte lance.

Wolfram d'Eschenbach ( 1170-1220) s'attache d'abord à adapter un texte français, Perceval, ou le Conte del Graal de Chrétien de Troyes, roman inachevé et, qui plus est, roman à deux personnages : Perceval, puis Gauvain. Dans son roman Parzival (  immortalisé par Richard Wagner, à la fin du siècle dernier) , il conserve la structure générale du récit, mais, de sa propre autorité, il ajoute à la matière qu'il tient de Chrétien : l'histoire des aventures orientales du père du héros, Gahmuret ; elles introduisent un monde nouveau, le monde de la chevalerie païenne... Le Graal est une pierre, à la forme d'un bétyle, la lapsît exillis.
Ce chevalier-poète, franconien, vécut un temps à la Wartburg, cour du landgrave Hermann de Thuringe.





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A Wilhelmsburg, se trouve les plus anciennes peintures murales ( ci-dessous ) profanes au nord des Alpes (1225/30) relatant un épisode de la saga athurienne, avec Iwein, chevalier de la table ronde. En 1227, c’est ici que la future Sainte Elisabeth de Thuringe se sépara du Landgrave Ludwig IV.

Iwein chevalier de la table ronde
Elisabeth_de_thuringe
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L'histoire du mythe du Roi Arthur -1/4 -

14 Janvier 2014 , Rédigé par Perceval Publié dans #Légende arthurienne

*****

Jean de Wavrin (v. 1398-v. 1474), Chroniques d'Angleterre Geoffroi de Monmouth écrivant ; Présentation du livre - Jean de Wavrin écrivant - Hélénos, Anténor et Enée
Le couronnement d’Arthur
 Illustration de l’Histoire des Rois de Bretagne
* L'histoire du Roi Arthur, ne s'attache pas seulement à ce chef Artus ou Artorius qui aurait existé dans la seconde moitié du Ve siècle ( cette période qui voit la chute de l'empire romain d'Occident )
Face aux invasions, la résistance de la population s'organise progressivement : elle souffre au début d'un manque d'union, et c'est dans ce contexte que des chefs de guerre émergent.
A Tintagel  les ruines visibles datent des normands (Xe), certains éléments datant du VIe ont été découverts (fin de l'épopée arthurienne).
Camelot, le château mythique du roi Arthur, pourrait correspondre à la ville romaine de "Camulodunum " (Colchester au nord-est de Londres)...

** Le Roi Arthur, est d'abord un mythe littéraire. La légende arthurienne est alimentée dès le VIe par des récits populaires en Pays de Galle et en Irlande, puis les allusions à ce mythe se multiplient dans les textes latins dès le IXe siècle.
Le roi d'Angleterre Henri I (1100 - 1135) désirant rallier les Celtes de son royaume et pacifier ses nouvelles conquêtes en Pays de Galle utilise à son profit la légende arthurienne.
L'épopée arthurienne circule alors dans tout le pays sous forme de lais (conte en prose comportant un dénouement lyrique en vers), puis en Europe...
Geoffroy de Monmouth (vers 1100 - 1155), est un évêque et historien anglo-normand au service du roi Henri Ier. Il est l'auteur de l' Historia regum Britanniae(1135/1138), en 12 livres. Cet ouvrage, présenté par son auteur comme une traduction d'un livre très ancien, le "Liber vetustissimus", composé en breton "dans un très bon style" et emporté en Angleterre par le Normand Gautier alias Walter, archidiacre d'Oxford, est l'un des premiers ouvrages de l'histoire britannique et sera la source principale de la légende arthurienne.


Roman de Brut
Quelques années plus tard, un clerc normand nommé Robert Wace, est chargé par le roi Henri II Plantagenêt de rédiger à nouveau une histoire d’Angleterre, mais cette fois en anglo-normand, langue pratiquée alors à la cour. Wace dédie son œuvre en 1155, à Aliénor d’Aquitaine, épouse du roi. Tout en s’inspirant de Geoffroy de Monmouth, il développe le portrait d’Arthur et la description de sa cour et l’histoire arthurienne occupe un tiers de son récit, qu’il appelle La Geste des Bretons, mais que nous connaissons sous le nom de Roman de Brut. Arthur est désormais le modèle du souverain idéal, homme de guerre capable de soumettre les peuples d’Occident, mais aussi de réunir autour de lui les chevaliers les plus illustres. Wace est le premier à dire que c’est Arthur qui a institué la Table Ronde afin d’éviter les querelles de préséance entre ses chevaliers et à mentionner la légende selon laquelle Arthur, après avoir été blessé par Mordred et emporté en Avallon par des fées, reviendra un jour libérer son peuple.

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Le roi Arthur a t-il existé?

12 Janvier 2014 , Rédigé par Perceval Publié dans #Légende arthurienne

Le roi Arthur est généralement associé au Moyen-âge, celui des chevaliers en armure étincelante …

Et,

  • Pour les anglais, c'est grâce à Geoffrey de Monmouth  (vers 1100 - 1155) et à Sir Thomas Malory (1405-1471)
  • Pour les français, la référence est Chrétien de Troyes (1135-1185)
  • Pour les allemands, c'est Wolfram d'Eschenbach (1170-1220), repris par Wagner

chacun prêtant - de son époque - costumes, armes, habitudes et moeurs ....

*****



De Nennius:
  Historia Brittonum (8e s.) 

Pourtant, historiquement, la première mention d'un Roi Arthur, est faite au 8ème siècle par Nennius, dans l'Historia Brittonum. Ensuite, pour prolonger les investigations, il nous faut chercher le personnages au travers de plusieurs chefs guerriers, et de plusieurs hypothèses:

  • Arthur serait né vers 470/475 et serait originaire du Pays de Galles. Il serait un chef breton du nom d'Aurelius Ambrosius, il aurait arrêté les saxons au mont Bodonicus vers 496 ap.JC : Il n'aurait pas été couronné roi.
  • Arthur pourrait aussi relever de Lucius Artorius Castus. Ce préfet romain, installé à York, a commandé (l'épigraphie l'atteste) la VIe Légion Victrix, chargée de combattre les Calédoniens (peuple de l'actuelle Écosse) au-delà du mur d'Hadrien. Il a remporté contre eux (et non contre les Saxons) une suite de victoires entre 183 et 185 après J.-C.
  • Selon Geoffrey Ashe [ historien, spécialiste d'Arthur ], le légendaire Arthur est inspiré du personnage réel de Riothamus, qui aurait porté le titre de « roi des Bretons » entre 454 et 470. Il serait venu par bateau en Gaule vers 468 - 469 pour aider l'empereur romain Anthemius aux prises avec les Wizigoths d'Euric. Il aurait mené son armée jusqu'à Bourges mais aurait été vaincu peu après en 469 ap.JC




L'historique roi Arthur, et ses compagnons, ne portaient pas d'armure étincelante !

Mais, peu importe... Ce que nous retenons, et qui nous "enseigne" ( qui nous fait signe ) ... c'est la Légende...!

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Foi et intuition -2-

20 Avril 2013 , Rédigé par Perceval Publié dans #Foi

Dans le langage courant, croire évoque les « croyances », et s'oppose à savoir... Croire serait adhérer à des croyances plus ou moins croyables du point de vue rationnel ; les croyants seront donc plus ou moins crédibles ( plus ou moins fondés sur la raison )

Croire n'est pas «  avoir » un savoir irrationnel, qui donnerait un pouvoir de maîtriser le monde et même d'asservir les esprits à une idéologie ...etc

L'acte de « croire », est une acte de connaissance et un acte de confiance...


Croire : le verbe latin credere, dont il vient, réunit au mot « coeur » : cred ( cœur en latin, c'est le principe intérieur de la pensée ), le mot « donner » dare. Croire, c'est donner son cœur.

 

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Poser l'acte de croire, c'est sortir de l'impersonnel : avec un « je » et un « tu » … C'est la reconnaissance d'une altérité, et signifie que la personne à qui je parle demeure insaisissable par le seul savoir.

« Je crois », et je suis en un mouvement, je suis au cœur d'une relation. Interpellé : j'ai un choix à faire : croire ou ne pas croire. Il y a un risque à prendre face à l'autre, à cet autre qui est unique. Croire, c'est accepter une recherche par la médiation d'un dialogue …

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S'ouvrir à du nouveau, c'est reconnaître en soi-même un manque... ( « Manque » différent de « besoin » ; car ce manque en moi, n'est pas fait pour être comblé...).

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Je peux parler de « Foi », de « croire » ; sans évoquer « Dieu » .. Cependant, à partir du moment, où j'accepte de faire confiance, à cette manière de penser... La Parole de Jésus ( au travers des Évangiles...) me semble cohérente :

Pour un chrétien, une Parole a retentit ( rattachée à un fait historique …).

Dieu se révèle dans une relation : entre un « père » et un « fils ». Et c'est à un dialogue que Dieu nous invite quand il nous parle.

 Monica-Fagan-7.jpg

      *****

 

Michael-Parkes---Tutt-Art---30-.jpg" Il faut renoncer au savoir, se laisser faire par l'intuition. Dans le rien, il y a un abandon de la volonté. C'est comme ça qu'on avance. "

Claude Régy:  metteur en scène de théâtre français qui a contribué au renouvellement du jeu de l'acteur et de l'esthétique du théâtre contemporain.

 

Jean Paul Sartre ; « Il n’est d’autre connaissance qu’intuitive. La déduction et le discours, improprement appelés connaissance, ne sont que des instruments qui conduisent à l’intuition. »

C’est la saisie de l'esprit par lui-même au sein de la durée, que Bergson définit comme « la sympathie intellectuelle ou spirituelle par laquelle on se transporte à l’intérieur d’un être pour coïncider avec ce qu’il a d’unique et par conséquent d’inexprimable »

 

Les illustrations ( un peu décalées ...! ) sont des peintures de Monica Fagan. D'origine irlandaise par son père, Monica Fagan est née en Angleterre, dans une région du Yorkshire. Boursière de la ville de  Sheffield, elle vient en France à l'âge de 18 ans pour suivre des cours de dessin et de peinture à l'école des Beaux-Arts de Rennes.

Sa peinture, à travers une solide technique fine et précise, fait transparaître un monde onirique troublant peuplé par un bestiaire mythologique, des femmes mystérieuses et masquées qui évoluent entre les symboles telles des déesses romantiques. Ces femmes ... évoluent dans un monde différent, à la fois proche et inespéré... dans lequel la femme serait l’avenir de l’homme. 

 

 

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