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Les légendes du Graal
Articles récents

L'histoire du mythe du Roi Arthur -1/4 -

12 Avril 2016 , Rédigé par Perceval Publié dans #Roi Arthur, #Mythe

 
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Jean de Wavrin (v. 1398-v. 1474), Chroniques d'Angleterre Geoffroi de Monmouth écrivant ; Présentation du livre - Jean de Wavrin écrivant - Hélénos, Anténor et Enée
Le couronnement d’Arthur
 Illustration de l’Histoire des Rois de Bretagne
* L'histoire du Roi Arthur, ne s'attache pas seulement à ce chef Artus ou Artorius qui aurait existé dans la seconde moitié du Ve siècle ( cette période qui voit la chute de l'empire romain d'Occident ) Face aux invasions, la résistance de la population s'organise progressivement : elle souffre au début d'un manque d'union, et c'est dans ce contexte que des chefs de guerre émergent.
A Tintagel  les ruines visibles datent des normands (Xe), certains éléments datant du VIe ont été découverts (fin de l'épopée arthurienne). Camelot, le château mythique du roi Arthur, pourrait correspondre à la ville romaine de "Camulodunum " (Colchester au nord-est de Londres)...
 
** Le Roi Arthur, est d'abord un mythe littéraire.
La légende arthurienne est alimentée dès le VIe par des récits populaires en Pays de Galle et en Irlande, puis les allusions à ce mythe se multiplient dans les textes latins dès le IXe  siècle.
Le roi d'Angleterre Henri I (1100 - 1135) désirant rallier les Celtes de son royaume et pacifier ses nouvelles conquêtes en Pays de Galle utilise à son  profit la légende arthurienne.
L'épopée arthurienne circule alors dans tout le pays sous forme de lais (conte en prose comportant un dénouement lyrique en vers), puis en Europe...
 
Geoffroy de Monmouth (vers 1100 - 1155), est un évêque et historien anglo-normand au service du roi Henri Ier. Il est l'auteur de l' Historia regum Britanniae (1135/1138), en 12 livres. Cet ouvrage, présenté par son auteur comme une traduction d'un livre très ancien, le "Liber vetustissimus",  composé en breton "dans un très bon style" et emporté en Angleterre par le Normand Gautier alias Walter, archidiacre d'Oxford, est l'un des premiers ouvrages de l'histoire britannique et sera la source principale de la légende arthurienne.
 
Roman de Brut
Quelques années plus tard, un clerc normand nommé Robert Wace, est chargé par le roi Henri II Plantagenêt de rédiger à nouveau une histoire d’Angleterre, mais cette fois en anglo-normand, langue pratiquée alors à la cour. Wace dédie son œuvre en 1155, à Aliénor d’Aquitaine, épouse du roi. 
Tout en s’inspirant de  Geoffroy de Monmouth, il développe le portrait d’Arthur et la description de sa cour et l’histoire arthurienne occupe un tiers de son récit, qu’il appelle La Geste des Bretons, mais que nous connaissons sous le nom de Roman de Brut. Arthur est désormais le modèle du souverain idéal, homme de guerre capable de soumettre les peuples d’Occident, mais aussi de réunir autour de lui les chevaliers les plus illustres.
Wace est le premier à dire que c’est Arthur qui a institué la Table Ronde afin d’éviter les querelles de préséance entre ses chevaliers et à mentionner la légende selon laquelle Arthur, après avoir été blessé par Mordred et emporté en Avallon par des fées, reviendra un jour libérer son peuple.
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Le roi Arthur a t-il existé?

8 Avril 2016 , Rédigé par Perceval Publié dans #Roi Arthur, #Histoire, #Moyen-âge

Le roi Arthur ( Vème siècle ...) est généralement associé au Moyen-âge du XIIe, celui des chevaliers en armure étincelante …
Comment cela se fait-il ?
  • Pour les anglais, c'est grâce à Geoffrey de Monmouth  (vers 1100 - 1155) et à Sir Thomas Malory (1405-1471)
  • Pour les français, la référence est Chrétien de Troyes (1135-1185)
  • Pour les allemands, c'est Wolfram d'Eschenbach (1170-1220), repris par Wagner
chacun prêtant - de son époque - costumes, armes, habitudes et moeurs ....
*****
 
 
 
De Nennius: Historia Brittonum (8e s.) 
Pourtant, historiquement, la première mention d'un Roi Arthur, est faite au 8ème siècle par Nennius, dans l'Historia Brittonum. Ensuite, pour prolonger les investigations, il nous faut chercher le personnages au travers de plusieurs chefs guerriers, et de plusieurs hypothèses:
  • Arthur serait né vers 470/475 et serait originaire du Pays de Galles. Il serait un chef breton du nom d'Aurelius Ambrosius, il aurait arrêté les saxons au mont Bodonicus vers 496 ap.JC : Il n'aurait pas été couronné roi.
  • Arthur pourrait aussi relever de Lucius Artorius Castus. Ce préfet romain, installé à York, a commandé (l'épigraphie l'atteste) la VIe Légion Victrix, chargée de combattre les Calédoniens (peuple de l'actuelle Écosse) au-delà du mur d'Hadrien. Il a remporté contre eux (et non contre les Saxons) une suite de victoires entre 183 et 185 après J.-C.
  • Selon Geoffrey Ashe [ historien, spécialiste d'Arthur ], le légendaire Arthur est inspiré du personnage réel de Riothamus, qui aurait porté le titre de « roi des Bretons » entre 454 et 470. Il serait venu par bateau en Gaule vers 468 - 469 pour aider l'empereur romain Anthemius aux prises avec les Wizigoths d'Euric. Il aurait mené son armée jusqu'à Bourges mais aurait été vaincu peu après en 469 ap.JC
L'historique roi Arthur, et ses compagnons, ne portaient pas d'armure étincelante !
Mais, peu importe... Ce que nous retenons, et qui nous "enseigne" ( qui nous fait signe ) ... c'est la Légende...!
 
 
 
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Robert de Boron et le Graal. -2/2-

2 Avril 2016 , Rédigé par Perceval Publié dans #Graal, #Boron

«La position de Robert de Boron dans la tradition romanesque du Graal est décisive, non pas tant, comme on le dit, par les innovations qu’il introduit dans l’histoire du Graal que par la forme d’écriture et de compilation qui est la sienne. Chacun le sait : il est le premier à faire du Graal le calice de la Cène (encore cette formulation est-elle doublement inexacte, car il ne s’agit pas vraiment de la Cène et le Graal n’est pas essentiellement un calice), dans lequel Joseph d’Arimathie a ensuite recueilli le sang du Christ...»  Michel Zink – Collège de France

 

Christ Graal

On lit généralement Robert de Boron comme le continuateur de Chrétien de Troyes, en effet le Joseph d’Arimathie « christianise définitivement le graal en s’inspirant d’écrits apocryphes » (J.-M. Fritz). « Pourtant rien ne dit, ni que la légende ait connu une évolution cohérente allant vers la christianisation, ni que les étapes de cette évolution au tournant du XIIe et du XIIIe siècles se réduisent à Chrétien et ses continuateurs d’une part, à Robert de l’autre. Le Parzival de Wolfram est même un indice du contraire et accréditerait plutôt l’idée que Chrétien, à sa manière épurée, n’a retenu que le peu qui l’intéressait d’une matière foisonnante. » Michel Zink

 

The Holy Grail with the Blood of Christ

Robert de Boron n'a sans doute pas ignoré qu'à son époque, vers 1229, un moine de l'abbaye cistercienne de Fromont ( qui existait de puis 1141, et il n'en reste que des vestiges …), en Ile de France, non loin de Beauvais, avait écrit, en latin bien sûr, une sorte de chronique historique, et pour l'année 717 (!), s'exprime ainsi :Cisterciens stjacques8 « En Bretagne, un ermite se fit montrer par un Ange, l'histoire de Joseph d'Arimathie, celui qui descendit le corps de Chist de la croix et celle de la Coupe, avec laquelle le Sauveur avait célébré la Cène avec ses disciples et cet objet est connu dans l'histoire sous le nom de ''Grasal'' or, chez les francs il désignait un plat destiné à servir des personnes de haut rang. Ce document a disparu, mais des princes français le font refaire en ce moment... » Ce moine mélangeait tout, bien entendu, et jamais ledit document ne fut retrouvé, et le fait qu'il en fait allusion montre combien à l'époque, le merveilleux était bien accepté...

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Robert de Boron et le Graal. -1/2-

29 Mars 2016 , Rédigé par Perceval Publié dans #Graal, #Boron

Robert de Boron et le Graal. -1/2-

Robert de Boron, né en territoire de Belfort, est au service de Gautier de Montbéliard. Gautier s'embarque pour la Croisade en 1201, et meurt en Terre sainte en 1212. Robert de Boron découvre la littérature byzantine et syriaque... Il a le projet d'une grande synthèse poétique... Il a l'intuition de rattacher les légendes celtiques, avec le mythe du Graal, ramené aux origines du christianisme et écrire une sorte d'allégorie chrétienne de la Rédemption.

 Joseph of Arimathea walks on water holding the holy grail Joseph of Arimathea walks on water holding the holy grail

Ses sources sont dans la Bible, mais aussi dans des textes apocryphes comme l'Évangile de Nicodème et La Vengeance du Sauveur. On nous dit, en particulier, comment Joseph fut maintenu en vie dans sa prison grâce au « vaissel » dans lequel le Christ avait institué l'Eucharistie au cours de la Cène, vase qui est aussi le calice où fut recueilli son sang. Le transfert de cette relique à Glastonbury assure le lien entre les âges et les civilisations : le calice devient le Graal.boron-graal Le ''Merlin'' raconte l'histoire du Graal jusqu'à la fondation de la Table ronde annoncée sous forme de prophétie par ce curieux personnage, décrit précédemment par Geoffroy de Monmouth. C'est à la cour des Plantagenets qu'il écrit son œuvre. Bien au fait des mythes de son temps, des légendes celtiques, Robert de Boron affirme qu'il tient la substance de son récit d'un texte latin appelé le Grand Livre, rattaché à la Table Ronde … Une histoire reliée à celle des roi anglais, puisque par Merlin, le Roi Arthur est reconnu, roi des Bretons...

Le saint Graal et Table ronde Le saint Graal à la Table ronde

Le XIIe siècle, qui abrite le récit est fort agité par les querelles brûlantes autour du dogme de la Transsubstantiation, adopté en 1215 par le Concile de Latran. C'est en vers que Robert de Boron a composé sa trilogie : le ''Joseph d'Arimathie ou Roman de l'estoire dou Graal '', ''Merlin '' et ''Perceval''. Seuls le premier de ces trois textes et le début du deuxième nous ont été conservés dans un manuscrit, mais une ou plusieurs versions en prose (Merlin en prose, Perceval de Modène et Didot-Perceval) nous transmettent le contenu de l'œuvre.

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Qui est Perceval ?

17 Janvier 2016 , Rédigé par Perceval

 Perceval ( le gallois) est aussi nommé : Peredur ou Parsifal, Parsival, Percival, Percifal, Persifal …

Perceval d'Odilon Redon

Enfant, il vit dans une forêt, entouré de femmes, et ne connaît pas son père. Là, il voit pour la première fois des chevaliers et décide de se consacrer à la chevalerie.

Dans la plupart des contes il est de naissance noble et le petit dernier d’une fratrie de chevaliers tous morts au combat. Son père est soit le roi Pellinor de Listenois, soit quelque chevalier valeureux. Sa mère, habituellement anonyme, joue un rôle important dans l’histoire. Elle est partie vivre seule dans un manoir au milieu d’une gaste forêt (perdue, isolée) pour empêcher son fils de devenir chevalier.

Sa sœur, porteuse du Saint-Graal, est parfois appelée Dandrane. Dans les versions où Perceval est le fils de Pellinor, ses frères sont Tor, Agloval, Lamorat de Galles, et Dornar.

Perceval et sa mère

 

Perceval, est donc élevé par sa mère, dans l’isolement de la forêt en lui faisant ignorer jusqu’à l’âge de 15 ans comment se conduisent les hommes. Un jour, en jouant au javelot dans la forêt, le jeune Perceval rencontre cinq chevaliers aux armures si étincelantes qu’il les prend pour des anges. Il veut alors devenir lui-même chevalier, et se rend à la cour du roi Arthur ; après être Initié par Gornemant de Goort à la technique et aux règles du combat, et s'’être révélé comme un excellent combattant il est adoubé et invité à se joindre aux Chevaliers de la Table Ronde. En combattant pour défendre Blanchefleur, Perceval découvre la dimension courtoise et morale de la chevalerie. 

Willy Pogany ~ Parsifal by Richard Wagner ~ 1912

Dès les récits les plus anciens Perceval est impliqué dans la Quête du Graal.

Chez Chrétien de Troyes il rencontre le Roi Pêcheur blessé et voit le Saint-Graal, mais s’abstient de poser la question qui aurait guéri le souverain. Ayant appris son erreur il ne cherche plus qu’à retrouver le château du Graal et à terminer sa quête. Perceval accomplit  alors un chemin intérieur. Il est '' tout égaré en lui-même  et il en oublie Dieu ''.

Sir Perceval rencontre un moine

 

Il prend conscience pour la première fois de sa conduite et de la faute qu'il a commise en oubliant sa mère, et il a soudain la révélation de son nom, Perceval le Gallois. Un ermite rencontré le Vendredi Saint lui explique son péché et lui révèle qu'il appartient à un haut lignage, qu'il est le parent non seulement du roi Arthur, mais aussi du Roi-Pêcheur. Il ne lui reste plus qu'à faire pénitence pour obtenir le pardon de ses péchés.

Le parcours de Perceval est donc un parcours d'initiation : il est introduit dans le mystère du saint Graal. L'inachèvement du roman nous empêche cependant d'en connaître la fin.

Perceval par Ian Brown 2002

 

 

Perceval était ''attendu''... Effectivement, à son arrivée à la cour d'Arthur, selon Chrétien de Troyes, une prédiction se réalise : une jeune fille qui n'avait pas ri depuis six ans rit en voyant le jeune homme et reconnaît en lui un chevalier que "nul ne surpassera".

Perceval apparaît alors, sinon comme le libérateur attendu par tout un lignage, du moins comme un chevalier promis à une destinée exceptionnelle. II est différent d'Erec, de Cligès, d'Yvain et même de Lancelot, dont la conduite est surtout commandée par des valeurs courtoises et chevaleresques. Avec Perceval, qui a été confronté à la liturgie du Graal, la chevalerie se confond avec une éthique morale et trouve son couronnement dans la découverte des valeurs religieuses.

Des récits ultérieurs font de Galahad, le fils de Lancelot, le véritable héros du Graal. Mais même si son rôle dans les romans a été amoindri, Perceval est resté un personnage important et il est un des deux seuls chevaliers (l’autre étant le chevalier Bohort) qui ont accompagné Galahad au château du Graal et ont mené la recherche avec lui. Dans des versions précoces, la bien-aimée de Perceval est Blanchefleur et il est devenu roi de Corbénic après avoir guéri le Roi Pêcheur, mais dans des versions postérieures, il est resté vierge et est mort après avoir retrouvé le Graal. Dans la version de Wolfram, le fils de Perceval est Lohengrin, le chevalier au cygne.

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Morgane - 3/3 -

21 Décembre 2015 , Rédigé par Perceval Publié dans #femme, #Morgane

lefay-bydora-curtis-1875- Morgane avec excaliburMorgane avec Excalibur - Lefay bydora curtis-1875-

 

Il est intéressant de constater que la posture rassurante, et maternelle de Morgane, va évoluer vers la figure du pouvoir féminin. Elle règne sur le Val sans retour, au coeur de la forêt de Brocéliande. « La fée incarne bien la menace d’une femme dominatrice et castratrice et le danger des valeurs féminines » ( Laurence Harf-Lancner) . Morgane est une  « fée fatale », elle incarne le destin des humains, jusqu'à leur mort ( mort d’Arthur).

Morgane, est l'inspiratrice d'un type de récit :

  • Un mortel, souvent un chevalier, rencontre une fée dont il tombe amoureux et qui va le ravir du monde des humain. Ce passage dans l’Autre monde, celui des fées, le fait quitter un univers régit par les lois féodales pour un espace tout autre. 

  • Ainsi, c'est la femme surnaturelle qui permet au héros de révéler sa nature humaine. Son véritable pouvoir est de révéler la virilité enfouie. En découvrant l’amour auprès de la fée, le mortel accède au statut d’homme.

La christianisation a diabolisé Morgane, tout comme elle l’a fait de Mélusine. Elle l’a christianisée en sainte Marguerite, représentée « issourt », c'est à dire "sortant" du dragon, comme à Luceram (Alpes Maritimes), ou avec le dragon à ses pieds, le dragon-vouivre symbolisant alors les énergies telluriques. Dans Histoire et Géographie Mythique de la France, Henri Dontenville précise que dans le Queyras « une centaine de sorcières brûlées entre 1428 et 1447 (…) avaient comme prénom Marguerite » (p. 119).

   
Sainte Marguerite sortantdu Dragon:  BnfSainte Marguerite sortantdu Dragon: Bnf Sainte Marguerite se hissant du dragon ( reliquaire ) Eglise de Luceram (06)Sainte Marguerite se hissant du dragon ( reliquaire ) Eglise de Luceram (06)

Sainte Marguerite fut martyrisée sous le règne de Dioclétien, au IIIe siècle. C'est à la fin du Moyen Âge que son culte devint très populaire et que sa légende s'embellit de nouveaux détails. Marguerite aurait été jetée dans une fosse avec le dragon qui l'engloutit toute vive. Mais par la vertu de la petite croix qu'elle tenait dans la main, le dos du dragon creva et elle sortit indemne

Morgane a perduré sous le nom de fée Margot et l’on trouve un peu partout en France des « Caves à Margot », des « chambres de la fée Margot », des « fuseaux de Margot », des « Roche Margot » (id. p. 119).

On identifie parfois Morgane à la déesse Modron des mythes gallois. Celle-ci était la fille du dieu Avallach et la mère de Mabon. On a aussi suggéré certaines similarités entre Morgane et la déesse irlandaise Morrigan. Cette Morrigan-là est associée à la guerre et survole les champs de bataille en adoptant la forme d'un corbeau. Elle peut se transformer en toute sorte d'animal, en jeune fille ou en vieille sorcière.

En Italie, la fée Morgane donne son nom aux îles magiques des fées qui surgissent hors de l'eau, les Fata Morgana. En Bretagne, on nomme ces mirages « le château de Morgane la fée ».

Morgane pardonne à Lancelot - Lancelot 1286 lancelot prend congé de Morgane - Lancelot
Lancelot en prose de 1286 L'épisode du Val sans retour, avec Lancelot et Morgane
Morgane au Chateau du Val sans retour lancelot retourne chez Morgane - Lancelot 1286

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Morgane - 2/3 -

18 Décembre 2015 , Rédigé par Perceval Publié dans #femme, #Morgane

Une autre version circule : Morgane envoie sa sœur Morgause séduire Arthur devenu roi de l'actuelle Grande-Bretagne. 

Morgane Déesse, reine, fée, amante et demi-soeur du Roi Arthur.

Un enfant nait, et Morgane sait que Mordred (le fils du roi) causera la perte d'Arthur. Son but est de détrôner Arthur afin de devenir la suzeraine de la Bretagne.

Dans le récit rapporté par Marion Zimmer Bradley dans Les Dames du Lac... Morgane a été élevée sur l'île d'Avalon par la grande prêtresse Viviane. Morgane aurait eu un enfant de son demi-frère le roi Arthur au cours du rituel du Grand Mariage devant unir la Vierge Chasseresse (symbolisant la Déesse) au Dieu Cornu (symbolisant le roi de Bretagne) sans savoir qui il était. Cette union eut lieu durant les feux de Beltane.

frise article 2

morgane 3

Morgane, est la représentante de l'ancienne foi à laquelle est fidèle le « petit Peuple », celui-là même qui a reconnu Arthur comme roi et qui lui a confié les objets sacrés de Bretagne comme l'épée Excalibur (Caledbolg en gallois). Elle s'oppose à Guenièvre qui se présente comme très pieuse et partisane de la Chrétienté.

C'est Morgane qui a brodé le fourreau magique de cette épée qui protège Arthur de toute blessure fatale au combat. Elle cherchera par la suite à lui reprendre cet objet sacré car, en ne restant pas fidèle à l'ancienne religion, il a trahi son serment, ses origines celtes et le Petit Peuple. Mordred pourrait reprendre le pouvoir et rétablir l'ancienne religion. Le combat final opposant Arthur à Mordred se passe à Camlan. C'est là où le Jeune Dieu Cornu (Mordred) affronte le Vieux Dieu Cornu (Arthur). Les deux personnages s’entre-tuent, et Excalibur retournera dans le lac qui entoure l'île d'Avalon. La légende veut que la dépouille du Roi Arthur ait été placée dans l'île d'Avalon, et qu'il réapparaîtra en des temps futurs.

morgane la fée 2

Dans La Morte d'Arthur de Malory, alors qu'Arthur gît mortellement blessé après la bataille de Camlann, une petite embarcation remplie de belles dames vient chercher le roi et l'emmène sur l'île d'Avalon. Elles allongent Arthur, il pose sa tête sur leurs genoux et l'une d'elles dit: « Ah, mon cher frère, pourquoi es-tu resté si longtemps loin de moi? » Dans le bateau noir qui s'éloigne vers Avalon se trouvent Nimue, la Dame du Lac, et trois reines : celle de Northgalis, la reine des terres désolées, et la reine Morgane, sœur d'Arthur.

On raconte, également que Morgane aurait volé Excalibur pour la donner à Accolon, qui provoqua alors Arthur en combat singulier. Lorsque Accolon lâcha l'épée, Arthur la reconnut et le chevalier admit sa faute et se rendit.

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Morgane - 1/3 -

16 Décembre 2015 , Rédigé par Perceval Publié dans #femme, #Morgane

Fredéric Sandys- La Fée MorganeMorgane, ne nous laisse pas indifférent... et sa rencontre n'est pas aisée... Fille d'Ygraine, est-elle la fille du duc de Cornouailles, ou d'Uterpendragon ? Est-elle la sœur, la demi-soeur d'Arthur ? Est-elle de notre monde, comme la plupart des proches d'Arthur, ou appartient-elle avec Merlin, au monde des enchanteurs et des fées … ? Est-elle belle, est-elle laide … ? Sa personnalité, même, est ambiguë... est-elle néfaste ? Est-elle avec ou contre le roi Arthur ? Elle n'hésite pas à dénoncer la relation entre Lancelot et Guenièvre, parce qu'elle met en péril la majesté royale d'Arthur ; et s'imaginera aussi, prendre le pouvoir de la Bretagne.... Pourtant, à l'issue de la bataille suprême de Camlan... c'est elle ; qui recueille Arthur blessé à mort dans son île d’Avalon.... Anecdote rapportée par Geoffroy de Monmouth dans sa Vie de Merlin (1150) ; c'est lui qui en parle le premier... Morgane vient du breton Mor, qui signifie « mer » et ganed, qui signifie « né ». Morgane est « née de la mer ».

morgane burne

 

Morgane la Fée par Anthony Frederick Augustus Sandys

par Edward Burne-Jones .

Morgane la Fée a rassemblé des herbes dans un bocal.

Anthony Frederick Augustus Sandys.

Morgane, passe une lampe,et jette un sort sur le manteau du Roi Arthur...

  On parle, alors, de Morgane, comme d'une guérisseuse. Chez Chrétien de Troyes (Erec et Enide, Yvain ou le Chevalier au lion), elle guérit son frère Arthur ainsi qu'Yvain et Lancelot ; chez le chat noir (le Roman de Brut), elle emmène Arthur sur l'île d'Avalon pour le soigner de ses blessures. Thomas Malory reprendra cet épisode dans Le Morte d'Arthur.

morgane bnf

Lancelot prisonnier de la fée Morgane dont il dédaigne l'amour

Manuscrit en quatre volumes réalisés pour Jacques d'Armagnac, duc de Nemours. Atelier d'Evrard d'Espinques. Centre de la France (Ahun), vers 1475. BnF, Manuscrits, Français 114 fol. 341v

© Bibliothèque nationale de France

Après avoir triomphé des épreuves du Val sans Retour, Lancelot rencontre Morgane qui s'afflige de la fin des sortilèges, car les dames et demoiselles du Val perdent leurs amants. Tout à son amour absolu pour Guenièvre, Lancelot résiste aux avances de Morgane qui, furieuse, décide de l'emprisonner. En échange de sa liberté, elle exige l'anneau qu'il porte au doigt. Mais il s'y refuse obstinément car c'est un gage d'amour de la reine. Lancelot menace de se laisser mourir de faim s'il ne part pas à l'assaut de la Douloureuse Tour pour délivrer son ami Gauvain. Morgane y consent contre la promesse qu'ensuite il revienne dans sa prison.

C'est à partir du XIIIe siècle, avec la nette christianisation du récit, que la légende fait d’elle une magicienne, disciple de Merlin, haineuse envers Arthur et Guenièvre, hostile et séductrice vis-à-vis de Lancelot, en contrepoint de la Dame du Lac. Uther Pendragon ( qui épouse sa mère) la marie à Urien qu’elle n’aime pas. Différents récits du cycle lui donneront plusieurs amants et la font bannir de la cour par Guenièvre pour cette raison. Néanmoins, cette dernière n’étant pas elle-même un modèle de fidélité, on voit dans certains contes Morgane chercher à se venger en la prenant en défaut, par exemple en portant à la cour une coupe magique qui révèle l’infidélité (Tristan en prose). Son hostilité s’étend à d’autres membres de l’entourage du roi, en particulier Lancelot. Dans Sire Gauvain et le chevalier vert Morgane est la complice de la belle dame de Haut-Désert, toutes deux recherchant la mort de Gauvain par des actes fourbes et traîtres. Dans Le Morte d'Arthur elle s’empare d’Excalibur et pousse son amant Accolon à tuer Arthur, mais le plan échoue. Dans certains récits, elle s’empare du fourreau - dans lequel réside, selon certains, le pouvoir protecteur de l’épée - et le jette dans un lac. Demie-sœur du roi Arthur, elle devient sa maîtresse lors du rite de "l'ancienne religion" païenne : Beltane. Le fruit de cette union sera Mordred.

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LA LÉGENDE DU ROI ARTHUR.

13 Décembre 2015 , Rédigé par Perceval Publié dans #Roi Arthur

Le cycle arthurien

La légende arthurienne, le « cycle arthurien », ou la « matière de Bretagne » … C'est ainsi que l'on nomme tout un corpus de textes, qui a connu depuis le Moyen-âge un développement considérable. Nous verrons, plus tard,  ce que l'on sait réellement d'Arthur, comme personnage historique … Pour l'instant: Arthur est un roi gallois, il vit en Grande Bretagne au Vème siècle et résiste aux envahisseurs saxons. Il périt vaincu, les armes à la main, son corps ne devait jamais être retrouvé … Chrétien de Troyes, Geoffroy de Monmouth, Wace, Robert de Boron… vont s'emparer d'anciens récits, et populariser la légende. Elle s'enrichira des aventures de multiples héros, les chevaliers Lancelot, Gauvain, Galahad, Tristan, Perceval, et bien sûr d'un personnage 'ambigu ' ( en pays de chrétienté …) : l’enchanteur Merlin. Ce qui est certain, c'est que Les Romans de la Table Ronde ont connu du XIIe au XIVe siècles une prodigieuse carrière. Traduits presque simultanément en français, en anglais, en allemand, en danois, en espagnol, voire en italien, ils eurent pour auditoire la Chrétienté tout entière. Aujourd'hui, nous pouvons admirer de magnifiques manuscrits ( Bnf ) qui ont diffusé ces mythes, à travers toute l'Europe... ( voir le site de la Bnf : ICI site ) 

La chronologie des romans de la Table ronde

  • avant 1138 – Geoffroy de Monmouth, Histoire des rois de Bretagne
  • vers 1155 – Wace, Le Roman de Brut, dédié à Aliénor d’Aquitaine
  • vers 1170-1185 – Romans de Chrétien de Troyes ; Marie de France, Lais ; Béroul, Tr istan
  • vers 1200 – Œuvres de Robert de Boron ; Gottfried de Strasbourg, Tristan ; Wolfram von Eschenbach, Parzival

Les premiers romans de la Table ronde sont apparus en français, à la fin du XII siècle. Le Roman de Brut, de Wace, les œuvres de Chrétien de Troyes, les Lais de Marie de France, les romans de Tristan de Béroul et de Thomas étaient écrits en vers de huit pieds. Cette forme s’est imposée jusqu’aux années 1280 environ.

Mais les romans en vers ont progressivement été supplantés par de grands cycles en prose : le cycle de Robert de Boron, puis l’énorme Lancelot-Graal, bientôt imité par le Tristan en prose et enfin, Guiron le Courtois et Perceforest, qui racontent la préhistoire du royaume d’Arthur. La prose semblait plus adaptée à l’histoire, réputée vraie, d’Arthur que les romans en vers, faciles à mémoriser par les saltimbanques, mais constamment interprétés et modifiés au fil des représentations

  • vers 1220-1230 – Cycle du Lancelot- Graal
  • entre 1325 et 1350 – La Tavola ritonda (en italien) et vers 1330-1340 – Perceforest
  • avant 1471 – Thomas Malory, Le Morte Darthur
  • 1605 – Miguel Cervantès, Don Quichotte
  • 1691 – John Dryden et Henry Purcell, King Arthur (opéra)
  • 1882 – Richard Wagner, Parsifal (opéra)
  • 1948 – Julien Gracq, Le Roi-Pêcheur
  • 1953 – Richard Thorpe, Les Chevaliers de la Table ronde (film)
  • 1975 – Monty Python, Sacré Graal ! (film)
  • 1978 – Eric Rohmer, Perceval le Gallois (film)
  • 1981 – John Boorman, Excalibur (film)

L’histoire du royaume d’Arthur. ( Sources: Le Roi Arthur : expo Bnf ) Il existe plusieurs versions de l’histoire du royaume d’Arthur. La plus connue est celle que donne, vers 1220, le grand cycle romanesque appelé le Lancelot-Graal. Elle est présentée ici en 16 séquences.

1 – Le Graal

Tout commence à l’époque du Christ, 500 ans avant le règne d’Arthur. Un homme pieux et bon, Joseph d’Arimathie, récupère l’écuelle dans laquelle Jésus a mangé son dernier repas :la Cène. Il y recueille un peu du sang qui s’écoule des plaies du Christ mort sur la Croix :l’écuelle devient alors le Graal. Le fils de Joseph, Joséphé, évangélise le royaume païen de Sarras, en Palestine, puis la Grande-Bretagne. C’est sur cette île qu’il invente la Table ronde, autour de laquelle les chevaliers peuvent siéger à égalité. Une seule chaise est destinée à demeurer vide : c’est le Siège Périlleux, où seul pourra prendre place le plus pur des chevaliers, élu pour achever la Quête du Graal. Ce siège est hautement symbolique puisque Jésus l’occupait lors de la Cène. La dynastie des rois du Graal se poursuit jusqu’au temps d’Arthur.

2 – Naissance de Merlin

Plusieurs siècles ont passé. La Grande-Bretagne est devenue un royaume celte et chrétien.Voyant que le Christ est descendu aux Enfers, après sa Passion, pour en délivrer les justes, les démons tiennent conseil et décident de créer un Antéchrist, en fécondant une jeune vierge qui s’est momentanément éloignée de la religion. Leur créature, Merlin, petit être difforme et poilu est doué d’une intelligence hors du commun. Les diables espèrent qu’il utilisera ses pouvoirs magiques pour entraîner les hommes à leur perte. Mais Merlin choisit d’œuvrer pour le bien.

3 – La vie de Merlin

Le Diable a doté Merlin de la connaissance du passé, tandis que Dieu lui a fait don de celle de l’avenir. L’enchanteur devient le conseiller des rois de Bretagne, en particulier d’Uter Pendragon. Grâce à ses pouvoirs magiques, il dresse les mégalithes de Stonehenge en une seule nuit, il change d’apparence, il se rend visible et invisible à son gré. Il retourne régulièrement dans les sombres forêts du nord de l’Angleterre, où il fait rédiger ses aventures par son maître, Blaise. Il finira enfermé par Viviane, la Dame du Lac, à qui il a enseigné la magie.Merlin donne au roi Uter Pendragon l’apparence du duc de Cornouailles pour qu’il puisse séduire son épouse, Ygerne. De leur union naît un fils, Arthur, que Merlin fait élever en secret loin de la cour.

4 – Arthur est désigné comme roi

Les envahisseurs Saxons viennent de remporter la victoire sur l’usurpateur Vortiger. La situation est grave et les barons se déchirent. A l’occasion d’un tournoi, à Londres, le jeune Arthur cherche une épée pour son frère de lait, Keu. Il retire par hasard et sans effort celle que Merlin avait fichée dans une enclume, et que seul l’héritier légitime du trône pourrait enlever. Arthur réitère son exploit devant les barons rassemblés, et il est couronné par l’archevêque. Cette épée sans nom n’est pas Excalibur, qu’une main merveilleuse sortie d’un lac lui remettra plus tard.

5 – Les victoires d’Arthur

Durant les premières années de son règne, le jeune Arthur doit combattre les barons rebelles. Sur les conseils de Merlin, il fait alliance avec deux rois de Petite-Bretagne, Ban de Bénoïc et Bohort de Gaunes. Puis, secondé par son neveu Gauvain, il aide le roi Léodagan de Carmélide à lutter contre les Saxons. Il part ensuite défendre les terres de Ban et de Bohort contre leurs ennemis, Claudas de Gaule, Frolle d’Allemagne et l’empereur romain Lucius. Cet activisme guerrier impose son autorité. Son mariage avec Guenièvre, la fille de Léodagan, inaugure douze années de prospérité et de paix dans le royaume.

6 – Lancelot enlevé par la Dame du Lac

Lancelot est le fils du roi Ban de Benoïc, mort de douleur lorsque son ennemi Claudas a conquis son royaume. Il est enlevé peu après sa naissance par Viviane, la Dame du Lac, une fée à qui Merlin a enseigné la magie. Elle veille à son éducation à l’écart du monde dans son château aquatique, et lui enseigne les principes de prouesse, de générosité et de charité chrétienne auxquels doivent obéir les chevaliers. Une fois jeune homme, Lancelot se rend à la cour d’Arthur et tombe amoureux de Guenièvre dès l’instant où il l’aperçoit.

7 – Lancelot conquiert la Douloureuse Garde

La première aventure de Lancelot est la conquête du château de la Douloureuse Garde, défendu par des automates qu’on croyait invincibles. Vaillant et impétueux, il triomphe des enchantements du château, désormais nommé la Joyeuse Garde. Lancelot gagne alors le titre de «meilleur chevalier du monde». Second exploit, il libère le royaume d’Arthur de la menace du géant Galehaut, le seigneur des Îles Lointaines, qui vient de débarquerpour l’envahir. Galehaut devient alors son ami le plus fidèle.

8 – Premier baiser de Lancelot et Guenièvre

Galehaut est subjugué par la vaillance de Lancelot. Mais il se rend compte également que son ami dépérit d’amour pour Guenièvre. Il organise donc un rendez-vous, et pousse la reine à donner un premier baiser à Lancelot. L’amour est plus fort que tous les serments de fidélité au roi!

9 – Le chevalier de la charrette

Un jour de Pentecôte, Arthur tient cour à Camelot. Méléagant, le fils du roi de Gorre Baudemagu, vient le défier. Si l’un de ses chevaliers le vainc, les habitants de Logres emprisonnés dans le sinistre royaume de Gorre, dont nul ne revient, seront libérés. Si Méléagant l’emporte, il emmènera la reine avec lui. Keu relève d’abord le défi. Il est battu et Méléagant enlève la reine. Lancelot attaque alors Méléagant : son cheval est tué et le ravisseur prend la fuite. Survient un nain, conduisant une charrette d’infamie, celle qui était réservée aux condamnés. Lancelot accepte d’y monter pour rejoindre la reine, malgré le déshonneur qu’il y a à voyager de la sorte. Pour pénétrer au royaume de Gorre, Lancelot se rend jusqu’au Pont de l’Epée, dont la lame tranchante le blesse profondément. L’aventure s’achève, après de nombreuses épreuves, par la victoire de Lancelot sur Méléagant et la libération de la reine.

10 – Apparition du Graal

Dans son errance, le chevalier Lancelot s’arrête au château du roi Pellès, à Corbenic, où il voit passer un cortège portant le Graal. Durant la nuit, il engendre, sans être conscient, un fils, Galaad, avec la fille du roi Pellès. Puis il est fait prisonnier par la demi-sœur d’Arthur, la fée Morgane. Il peint alors sur les murs de sa cellule des scènes évoquant ses amours avec Guenièvre. Plus tard, lors d’une fête de Pentecôte, Galaad est amené par sa mère à la cour d’Arthur. Il s’assoit au Siège Périlleux et le Graal apparaît miraculeusement au milieu de la Table ronde. Les chevaliers font alors serment de partir pour la Quête du Saint Graal.

11 – Les mystères du Graal

Seuls Perceval, Bohort et Galaad triomphent des aventures de la Quête du Saint Graal. Un soir, à Corbenic, les anges apportent le Saint Graal et la Lance qui saigne (celle qui a percé le flanc du Christ sur la Croix). Joséphé, descendu du ciel, célèbre alors les mystères du Graal. Le Christ donne lui-même la communion à Galaad. Les trois compagnons embarquent ensuite jusqu’à Sarras, en Orient. Un an plus tard, avant de mourir, Galaad contemple enfin le mystère qui se déroule dans le Graal (l’incarnation de la transsubstantiation du Christ dans l’hostie ...). Bohort revient alors raconter ces aventures à Arthur.

12 – Arthur découvre l’adultère de Lancelot et Guenièvre

Lancelot est retombé dans le péché avec la reine. Lors du tournoi de Winchester, il porte les couleurs de la demoiselle d’Escalot, ce qui éloigne les soupçons d’Arthur tout en suscitant la fureur de Guenièvre. Un peu plus tard, alors qu’Arthur séjourne chez Morgane, la fée lui fait visiter la cellule où Lancelot a représenté ses amours avec la reine. Arthur ne peut plus se cacher la vérité. Il rentre déshonoré à Camelot, où une nouvelle épreuve l’attend.

13 – Guenièvre enlevée par Lancelot

Un chevalier, Mador de la Porte, accuse Guenièvre d’avoir donné une pomme empoisonnée à son frère. En réalité, le fruit dont elle ne connaissait pas le funeste pouvoir, était destiné à tuer Gauvain. Lancelot, déguisé se porte au secours de la reine et vainc Mador. Peu après, les deux amants sont dénoncés à Arthur et Guenièvre est condamnée au bûcher. Lancelot la délivre une nouvelle fois, mais en tuant les trois frères de Gauvain, qui lui vouera désormais une haine inextinguible.

14 – Arthur en Gaule

Le pape oblige Arthur à reprendre son épouse et Lancelot doit s’exiler en Gaule. Quelques mois plus tard, le roi organise une expédition pour envahir la Gaule et confie la garde du royaume à son neveu Mordred (qui est en fait le fils qu’il a eu avec sa demi-sœur). Mais Lancelot résiste aux troupes d’Arthur et tue Gauvain. Pendant qu’Arthur poursuit la guerre sur le continent contre les Romains, Mordred, amoureux de Guenièvre, annonce qu’Arthur est mort et prend le pouvoir. La reine se réfugie alors dans la tour de Londres et appelle le roi à son secours.

15 – Mort d’Arthur et de Mordred

Arthur revient en Angleterre. La bataille décisive entre le roi et l’usurpateur Mordred se déroule dans la plaine de Salisbury. Presque tous les chevaliers de la Table ronde trouvent la mort au combat et Arthur tue Mordred d’un coup de son épée Excalibur. Cependant, le roi lui-même est blessé à mort.

16 – Girflet jette Excalibur dans le lac

Arthur, mourant, ordonne à Girflet de jeter son épée Excalibur dans un lac, d’où une main merveilleuse surgit pour la saisir. Pendant ce temps, Morgane, accompagnée de fées, emporte Arthur dans l’île d’Avalon, pour le soigner. Mais, au bout de trois jours, Girflet découvre sa tombe. Lancelot, Bohort et Lionel reviennent de Gaule et remportent la victoire de Winchester sur les fils de Mordred. Lancelot, devenu prêtre, meurt quatre ans plus tard et est enseveli auprès de Galehaut, son fidèle ami. « Messire Gautier Map cesse maintenant de raconter l’Histoire de Lancelot, et achève maintenant son livre si complètement que tout ce qu’on voudrait y ajouter ne serait que mensonge. »

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La Légende du Roi Arthur selon Thomas Malory, manuscrit de 1469

3 Avril 2014 , Rédigé par Perceval Publié dans #Littérature, #Malory, #Moyen-âge, #Roi Arthur

 

 

Cette page ouvre le troisième livre. Il commence, « In the begynnyng of Arthure, after he was chosen kynge by adventure and by grace…" [Au début d'Arthur, après avoir été élu roi par l'aventure et par la grâce '] La vision du chevalier Malory (1405-1471) , est écrite au travers de ce qu'il vit, et en particulier ce que l'on nomme la Guerre des Roses... Malgré les bouleversements de cette époque, il y avait un fort regain d'intérêt pour la chevalerie et le passé de la Grande-Bretagne. Les aventures des chevaliers d'Arthur semblaient représenter toutes les anciennes et nobles valeurs, érodées à présent par la guerre. La fidélité est devenue une vertu en voie de disparition. Dans son récit Malory compare le comportement des seigneurs et dames, de la cour d'Arthur, à celle de la noblesse contemporaine. Il critique la réticence actuelle à récompenser un service fidèle - une injustice qu'il ressentait particulièrement vive, alors qu'il languissait en prison.

 Les noms des personnes et des noms de lieux sont présentés avec des lettres rouges. Malory poursuit en décrivant le mariage d'Arthur et de la reine Guenièvre. Arthur dit à Merlin, "“I love Guenever the king's daughter, Leodegrance of the land of Cameliard, the which holdeth in his house the Round Table that ye told he had of my father Uther.”."

 

Malgré les bouleversements de l'époque de Malory, il y avait un fort regain d'intérêt pour la chevalerie et le passé de la Grande-Bretagne. Les aventures des chevaliers d'Arthur ont incarné les valeurs aristocratiques auto-même qui ont été érodés par l'opportunisme politique de la Guerre des Roses. 

Jusqu'en 1934, l'édition de William Caxton imprimé de 1485 a été considérée comme la plus ancienne version survivante du texte de Malory. Cette année là, le bibliothécaire de Winchester College, Walter Oakeshott, organise une exposition des livres les plus intéressants de l'université, quand il a découvre ce manuscrit dans un coffre-fort. Il détermine que le texte a été transcrit entre 1471 et 1483, par deux copistes qui travaillaient ensemble.

 

 

Pour ne pas les confondre, je cite à présent un autre texte:

La Mort du roi Arthur. Giflet jetant Excalibur dans le lac. Roman du XIIIe siècle 

" La mort le roi Artu" : Ecrit ainsi, il s'agit d'un roman du XIII°s qui, bien que formant un tout, n'est pas indépendant. Il s'inscrit dans la continuité de La Queste del Saint Graal, et se présente comme la conclusion du Lancelot en prose. Il appartient au cycle de la Vulgate, appelé également Lancelot-Graal.

Les premières lignes de ce roman déclarent que l'auteur de ce roman est Gautier Map. La dernière phrase le nomme encore, cette fois, comme l'auteur de tout le Lancelot en prose.

Cependant, cette attribution à l'archidiacre d'Oxford, auteur du De Nugis Curialium et familier du roi Henri II Plantagenet, est une supercherie, comme l'indiquerait sa date de décès, 1209. Or, la composition du Lancelot en prose est estimée être entre 1215 et 1220 et celle de La mort le roi Artu, vers 1230. Les auteurs sont inconnus, et quelques minces détails prouveraient qu'ils seraient d'origine champenoise.

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