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Les légendes du Graal
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L'homme qui a perdu son ombre... l’histoire de Peter Schlemihl - A. von Chamisso -2/.-

10 Janvier 2019 , Rédigé par Perceval Publié dans #Contes Mythes Légendes, #Diable, #Allemagne, #Littérature, #XIXe

On se rappelle : que Schlemihl poursuivi par le diable, se retient de signer ce fameux contrat … Et, finit par lancer la bourse de Fortunatus dans l’abîme... ! L’homme en gris disparaît, Schlemihl se retrouve seul, soulagé, s’endort et fait un rêve où apparaissent Mina ( épousée par le méchant Rascal...) , puis de nouveau Chamisso...

Peter Schlemihl, est toujours sans ombre et dorénavant sans argent, contraint de fuir à nouveau la compagnie des hommes, erre dans tout le pays, et use ses souliers sur les chemins. Il lui reste à peine de quoi s'acheter une paire de bottes usagées. Très vite il se rend compte que celles-ci ne sont autres que les bottes de sept lieues, qui lui permettent de franchir mers et continents en quelques enjambées... Schlemihl décide alors de s'établir comme anachorète dans la Thébaïde, et de consacrer le reste de ses jours à étudier la faune et la flore de tous les continents.

La vitesse de déplacement, mais aussi la diversité des coutumes, font que ces voyages relativisent la malheur de ne plus avoir d'ombre... Le récit, beaucoup plus rapide, change de ''sens'' …

 

Un jour qu'il est tombé malade après être tombé dans les eaux glacées qui bordent la Norvège, et après avoir erré quelque temps à travers le monde dans un état de semi-inconscience, Schlemihl s'évanouit.

Il se réveille dans un hôpital inconnu, dont il constate avec stupeur qu'il porte son nom. Il s'aperçoit que ses propriétaires ne sont autres que Bendel, qui l'a fait construire avec l'argent que lui avait légué son maître, et Mina, à présent veuve. Ceux-ci ne reconnaissent pas l'homme qu'ils ont aimé dans ce vieil homme hirsute à la longue barbe blanche, mais Schlemihl surprend une de leurs conversations au cours de laquelle ils se demandent si les prières qu'ils adressent quotidiennement pour le bonheur et le repos de ''l'homme sans ombre'' l'ont soulagé de son fardeau.

Schlemihl, une fois rétabli, quitte l'hôpital sans se faire connaître, pour retourner dans la Thébaïde, Il a laissé laissé sur son lit une lettre :

« Votre vieil ami est, ainsi que vous, plus heureux aujourd'hui qu'il ne l'était alors ; et s'il expie sa faute, c'est après s'être réconcilié. »

Adelbert_von_Chamisso

Cette histoire fut écrite par Adelbert von Chamisso, né Louis Charles Adélaïde de Chamisso (1781 – 1838), et qui n’est arrivé en Allemagne qu’à l’âge de 14 ans...

 

<-- Adelbert von Chamisso pendant son voyage autour du monde , par Louis_Choris

Il en est de lui, comme de cet homme, qui s'interroge sur son identité...

Avant ''la révolution'', la famille Chamisso s'ancrait au Château de Boncourt...

« … C’est ainsi, château de mes pères,
Que tu vis toujours en mon cœur
Alors que rien de toi ne reste
Qu’une terre où va la charrue. 
»

 

« Récemment j’ai peint dans ma mémoire le jardin, jusqu’à la plus petite courbe de l’allée la plus éloignée, jusqu’au moindre buisson, et ma force d’imagination était si vive qu’elle me représentait avec la plus grande précision tous ces détails intacts. J’étais hors de moi ! » Lettre à sa sœur,

Et en 1837, (un an avant sa mort) : « Je n’ai fait que rêver du château de Boncourt .. » lettre à son ami Louis de La Foye.

Adelbert von Chamisso (1781-1838)

 

Le père, Louis Marie de Chamisso, intègre l’armée dite « des Princes » aux côtés du maréchal de Broglie, dont il devient l’aide de camp. Le château de Boncourt est bientôt entièrement démoli...


 

''Schlemihl'' est un mot yiddish : « Dans le dialecte juif, on appelle de ce nom des gens malheureux ou maladroits auxquels rien ne réussit… » lettre du 27 mars 1821 à son frère Hyppolyte

Le choix de ce mot explique à lui seul « l’intention d’écriture » de l’auteur, qui dira plus tard à Madame de Staël : « Ma patrie : je suis français en Allemagne et allemand en France, catholique chez les protestants, protestant chez les catholiques, philosophe chez les gens religieux et cagot chez les gens sans préjugés ; homme du monde chez les savants, et pédant dans le monde, jacobin chez les aristocrates, et chez les démocrates un noble, un homme de l’Ancien Régime, etc. Je ne suis nulle part de mise, je suis partout étranger – je voudrais trop étreindre, tout m’échappe. Je suis malheureux… Puisque ce soir la place n’est pas encore prise, permettez-moi d’aller me jeter la tête la première dans la rivière…»

Berlin

 

Après un passage par les Flandres, la Hollande, ensuite l’Allemagne avec Düsseldorf, Wurtzbourg, Bayreuth,... Voici les Chamisso à Berlin. À partir de 1793, Louis Charles y vit modestement avec sa mère Marie-Anne, née Gargam, et ses six frères et sœur. Les revenus sont minces, aussi la plupart des enfants Chamisso sont-ils employés à la Fabrique royale de porcelaine comme miniaturistes, ce qui permet à la famille de subvenir à ses besoins. Contrairement à ses frères et sœur, Louis Charles croise la première grande opportunité de son existence : admis comme page auprès de la reine Frédérique Louise de Hesse Darmstadt, il entre à son service en 1796.

Schauspielhaus am Gendarmenmarkt in Berlin

Il entre au lycée français de Berlin, et en devenant un membre de la Cour, le jeune Chamisso intègre plusieurs cercles, dont d’aucuns lui ouvriront les portes des salons berlinois.

Puis, Chamisso n'a pas d'autre choix que d'entrer dans l’armée prussienne en 1798

Rahel (Levin) Varnhagen_von_Ense

L'allemand est pour lui la langue de l’écrit, alors que le français – qu’il écrit mal – reste la langue dans laquelle il pense, compte et rêve. Pendant qu’il est en garnison à Berlin, il commence aussi à fréquenter les salons littéraires juifs berlinois et notamment le plus célèbre, celui de Rahel Lewin, future femme de son ami August Varnhagen. La question de l’émancipation, de l’assimilation et de la conversion – qui concernent autant Chamisso, bien que non juif, pour d’autres raisons – tourmente au plus haut point Rahel Varnhagen...

 

Mauerstraße, où Rahel levin avait son salon

En décembre 1806, il est à Paris, d’où il écrit encore à Varnhagen : « Je hais la France, et l’Allemagne n’est plus et pas encore. »

 

Il retourne donc à Berlin, sous occupation française. Ses amis allemands sont tous devenus patriotes, animés par un esprit de revanche, le cosmopolitisme est suspect, on lui montre partout une certaine mauvaise humeur critique, on lui reproche son caractère abrupt et taciturne, sa tabagie. Les années 1808-1809 sont pour Chamisso des années difficiles. En octobre 1808, il écrit à Fouqué : « Au demeurant, le monde m’est de toutes parts fermé comme avec des planches clouées, et je ne sais ni d’où partir ni où aller. »

A suivre …

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L'homme qui a perdu son ombre... l’histoire de Peter Schlemihl -1/.-

7 Janvier 2019 , Rédigé par Perceval Publié dans #Contes Mythes Légendes, #Diable, #Littérature, #Mythe, #XIXe

Adelbert von Chamisso (1781-1838)

Peter Schlemihl, un jeune homme sans fortune – qui débarque d'on ne sait d'où – est à la recherche d'un emploi... Il se présente chez un riche, Monsieur John, avec une lettre de recommandation... Il est reçu, alors que son hôte reçoit des invités... Il est invité à se joindre à la compagnie...

Il s’aperçoit que chaque fois que quelqu’un exprime un désir, un étrange personnage vêtu de gris sort de sa poche et présente l’objet de ce désir. C’est d’abord un pansement, ensuite une longue vue, ensuite un tapis de plus de cent mètres carrés, puis une tente de même surface avec tous ses accessoires, enfin trois chevaux tout sellés pour la monte.

Pris d’inquiétude, Peter quitte discrètement la compagnie pour tomber, au détour d’une allée, sur ''l’homme en gris'', qui lui dit ceci : « Pendant le court moment que j’ai eu le bonheur de passer près de vous, j’ai plusieurs fois – permettez-moi de vous le dire, monsieur – réellement contemplé avec une indicible admiration l’ombre si belle, si belle que vous projetez au soleil, avec –une sorte de noble dédain, sans y faire attention – oui, cette ombre superbe que voilà à vos pieds. Pardonnez-moi une proposition téméraire sans doute. Répugneriez-vous à me céder cette ombre ?»

 

Parmi les huit merveilles qu’il lui propose en échange, l’homme en gris cite la bourse inépuisable que l'on appelle ''La bourse de Fortunatus '' … Elle permet à son propriétaire d'en tirer des pièces d'or à volonté... Il accepte. L'homme en gris s'éclipse ensuite, en indiquant qu'il retrouvera le jeune homme un an plus tard, jour pour jour....

 

La bourse de Fortunatus est aussi le nom donné à un objet mathématique, similaire au ruban de Möbius mais avec une dimension supplémentaire (ce qui le rend impossible à fabriquer dans notre monde à trois dimensions). Tout comme le ruban de Möbius n'a qu'une face, les faces externe et interne de la bourse de Fortunatus sont confondues (on peut passer de l'une à l'autre sans franchir de bord), ou selon une interprétation plus symbolique, le monde au-dehors de la bourse étant aussi au-dedans, celle-ci contient le monde entier.

 

 

C’est dans les yeux des autres qu’il va s’apercevoir très rapidement de ce qu’il a perdu.

 

Cette nuit- là, Peter Schlemihl en s’endormant sur l’or puisé dans sa bourse, fait un rêve où il voit Chamisso, assis à sa table de travail, mort... !

Je dois préciser que le narrateur est Peter, lui-même, qui écrit à son ami Chamiso ( l'auteur, donc …)

 

Schlemihl, devenu fabuleusement riche, s'aperçoit que le fait de ne plus avoir d'ombre l'isole irrémédiablement de la communauté des hommes, qui éprouvent un violent dégoût vis-à-vis de celui qui est affligé d'une telle infirmité.

Il finit par quitter la ville en compagnie de son domestique Bendel ( serviteur honnête et entièrement dévoué à son maître et qui va être le seul à connaître son secret) et quelques autres dont le coquin Rascal qui fera courir le bruit que Schlemihl est le roi lui-même voyageant incognito. « J’étais flatté, fût-ce dans ces conditions, d’avoir été pris pour le souverain révéré. »

 

Schlemihl va essayer d’organiser sa nouvelle vie. Les dispendieuses largesses de Schlemihl lui gagnent le cœur d'une population à qui il s'est bien gardé de révéler son secret : ne sortant qu'à la nuit tombée, il donne chez lui de somptueuses réceptions...

Il quitte une femme (Fanny) dans les yeux de laquelle il a lu l’horreur devant l’absence d’ombre... Cependant, il tombe amoureux de Mina, la fille d'un notable local.... Elle « éclipse les autres femmes comme le soleil éclipse les astres de la nuit », et grâce à elle « la majesté, l’innocence et la grâce, unies à la beauté », règnent. Il se propose de l'épouser, dès lors qu'il aura revu l'homme en gris et qu'il lui aura racheté son ombre.

 

Une journée avant la date fatidique ( un an s'est passé …).. Rascal quitte avec fracas le service de son maître, dont il fait mine d'avoir récemment découvert ''le secret'', qu'il se hâte de répandre dans toute la ville.

Le père de Mina refuse de donner la main de sa fille à un homme dépourvu d'ombre, et chasse le jeune homme.

Schlemihl retrouve, donc, l'homme en gris... Mais, celui-ci ne lui rendra son ombre qu'en échange de la signature d'un contrat au libellé lapidaire :

« Je soussigné lègue au porteur du présent mon âme après sa séparation naturelle de mon corps. » Comprenant alors à qui il a affaire, Schlemihl refuse.

Le Diable lui montre alors ce qui se passe au même moment chez les parents de Mina : ceux-ci sont en train de négocier la main de leur fille à Rascal, qui s'est considérablement enrichi en volant consciencieusement son maître durant le temps qu'il le servait. Schlemihl est au désespoir, mais il résiste et ne signe toujours pas : la jeune fille est donc mariée contre son gré avec l'ancien domestique de Schlemihl.

 

Rascal épouse Mina, Bendel emporté par le désir de venger son maître poursuit l’homme en gris...

 

Les habitants, peu reconnaissants envers leur bienfaiteur, refusent de compter parmi eux un homme sans ombre. Schlemihl part seul, après avoir donné, la mort dans l'âme, son congé et beaucoup d'or à son fidèle Bendel.

Le diable apparaît sous différentes formes sans jamais être reconnu d’emblée par Schlemihl qui poursuit une ombre sans maître sur la lande.

 

« Une sueur d’angoisse coulait de mon front, de sourds gémissements déchiraient ma poitrine, la démence grondait en moi », dit Schlemihl.

 

Le Diable suit toujours Schlemihl, et lui propose d'être son serviteur, il lui laissera tout le temps qu'il restera à son service la jouissance de son ombre, en attendant que Schlemihl signe enfin le fameux contrat qui lui ferait échanger son ombre contre son âme, ce qui lui permet de retrouver – un temps - la compagnie de ses semblables.

Pourtant, il résiste... D'autant, qu'il voit ce qu'est devenu Thomas John : un fantôme livide et épouvanté que le diable sort de sa poche... Saisi d'horreur, Schlemihl jette la bourse de Fortunatus ( qui le lie au diable) dans un gouffre. Le Diable disparaît alors..

Peter Schlemihl, a tout perdu, la fortune et son ombre …

A suivre ...

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La Quête de Charles-Louis de Chateauneuf, né en 1816 à Limoges...

5 Janvier 2019 , Rédigé par Perceval Publié dans #Quête, #XIXe

Résumé et rappels...

En cette nouvelle année 2019, je rappelle mon propos :

Blason: R. de Laron

Il s'agit d'une quête, commencée - en des temps immémoriaux, mais néanmoins transcrits dans la mythologie Arthurienne – et continuée au XIVe siècle par Roger de Laron, puis au XVIIIe siècle par Jean-Léonard de la Bermondie, et au XIXe, par Charles-Louis de Chateauneuf... Tous trois originaires du Limousin, près de Limoges...

Leur quête personnelle, recoupe – immergée dans la culture de l'époque – la '' Quête du Graal '' contée dans la légende arthurienne ...

Jean-Léonard de la Bermondie, naît en 1739, en Limousin... Ancien page du Roi, officier dans les Gardes Françaises ; il y rencontre le marquis de Lusignan, avec qui il emprunte le chemin de la Franc-maçonnerie... Fort de l'héritage de son ancêtre Roger de Laron, templier...; il découvre diverses routes qui conduiraient au Graal; et comme émigré (pendant la révolution ), la pilosophie... Avant de tourner cette page, il laisse à sa descendance les traces de ce chemin de vie. Le relais va être assuré par Charles-Louis de Chateauneuf, né en 1816 à Limoges... ( Voir note en fin d'article ...)

 

Le grand-père de Charles-Louis de Chateauneuf, était sans-doute franc-maçon à l'Orient de Limoges... C'est lui qui avait remis à son petit-fils un ensemble de documents ( médiévaux précisait-il ! ) qu'il disait avoir reçu de Jean-Léonard de la Bermondie. Ces documents étaient composés de dossiers sur la philosophie, l'alchimie..., et divers témoignages ; et également quelques objets dont une croix métallique et une bague templière … ! Et il lui avait fait comprendre qu'à partir de ce ''trésor'' ; il devait accomplir sa propre quête et transmettre le ''Tout'' à un descendant qu'il aurait choisi …

 

Le chemin emprunté par C.-L. de Chateauneuf, lui permet de faire des rencontres décisives... Je les résume, en citant quelques-une de ces personnes... ( Ces rencontres sont détaillées dans les articles précédents ...)

- Elie Berthet (1815-1891) , originaire de Limoges, est romancier. Il publie très tôt, un texte écrit au Collège de Limoges : c'est la première version de '' Les Catacombes de Paris ''...

- Charles de la Pomélie ( de sa famille...)

- Louis Richard (1795-1849), professeur de Mathématiques

- Walter Scott, auteur d'Ivanhoé, que Charles-Louis n'a pas vu; mais – comme beaucoup – s'est passionné pour l'Histoire à la lecture de ses récits ... On peut citer encore, pour ce qui est des lectures, celles de Germaine de Staël, Benjamin Constant, E.P. De Senancour et Alfred de Musset ...

- par ses frères de loge, il remonte jusqu'aux templiers, par Emmanuel Swedenborg (1688-1772), Cagliostro, et Wolfram von Eschenbach avec son '' Parzival''...

- des légitimistes, et en particulier: Félicie de La Rochejaquelein (1798-1883), et Félicie de Fauveau (1799-1886)

- Charles Nodier ( 1780-1844) et tous ceux qui fréquentent son salon, et le Cénacle...

- Prosper Mérimée

- Victor Hugo (1802-1885)

- Les ami(e)s de Madame d'A. qui tient un salon du faubourg Saint-Germain...

- Delphine de Girardin (1804-1855)

- L'historien Augustin Thierry, Jules de Rovère (1797-1864), puis Alphonse-Louis Constant (1810-1875).

- ''L'abbé'' Alphonse-Louis Constant (1810-1875)

Et, ....

Quel rapport entretenez-vous avec votre ombre... ?

Je parle de l'ombre que vous traînez sur le sol... Et, dont on se soucie peu... Quelle valeur lui donnez-vous … ?

Pour vous aider à y réfléchir ; je vous parlerai après-demain d'un livre qui, dès sa parution eut un succès immédiat... On ne compte pas moins de 80 éditions allemandes entre 1814 et 1919... !

Le livre fut aussitôt publié en France... La première édition française fut suivie de 33 rééditions …

Il faut dire que l'auteur est français...

Adalbert Chamisso est né au château de Boncourt en Champagne, le 30 janvier 1781....

 

Il a écrit l'un des récits les plus étranges que le romantisme allemand ait engendré : l'histoire étrange de Peter Schlemilh : l'homme qui a perdu son ombre...

Et, d'autant plus étrange : Peter Schlemilh ressemble comme son double, à Adalbert von Chamisso (1781-1838) … !

Je tiens à vous en parler …. C'est un livre contemporain et fétiche de Charles-Louis de Chateauneuf

A suivre ….

 

Note en fin d'article ...

Roger de Laron, Jean-Léonard de la Bermondie, Charles-Louis de Chateauneuf; sont des personnages – en partie - fictifs; mais qui se rattachent à des témoignages qui ont la grande valeur de ces histoires que l'on se racontait autrefois à la veillée ... Par contre, les personnalités rencontrées, les oeuvres culturelles analysées, ont bien participé à cette réalité historique qui ne décrit qu'une partie de la vérité...

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Alphonse-Louis Constant, et le Féminin. -2/2-

31 Décembre 2018 , Rédigé par Perceval Publié dans #Art, #Graal, #Magie, #Mythe, #Perceval, #XIXe, #femme

Sur le plan personnel de la vie d'A.-L. Constant, il est intéressant d'imaginer – d'après ce que l'on sait - son rapport avec des femmes proches de lui...

 

Constant rencontre en 1843, Mle Eugénie Chenevier, sous-maîtresse à l’Institution Chandeau (à Choisy le roi) .

Charlotte Chenevier

Parmi les pensionnaires de l’Institution se trouve la jeune Marie-Noémi Cadiot, à laquelle Eugénie s’est liée d’amitié. Lorsque les deux jeunes filles sortent le dimanche, A. Constant les accompagne et ils passent tous trois de bons moments. Eugénie et Alphonse-Louis, envisagent de se marier; et déjà, Eugénie attend un enfant de lui … Mais Marie-Noémi est tombée amoureuse... Et, elle lui envoie des lettres enflammées, des poèmes...et finit même par fuguer de chez ses parents pour aller se réfugier dans la mansarde de celui-ci. Son père exige alors le mariage, sous la menace d'une accusation de détournement de mineure, car la jeune fille n'a même pas 18 ans. A. Constant doit se résigner. Le mariage a lieu le 13 juillet 1846.

Eugénie a un fils ( Alphonse), en 1846, que son ''père'' ne reconnaît pas … Plu tard, il tentera de se rapprocher de lui...

 

Marie-Noémi prend des cours de sculpture auprès de James Pradier (1790-1852) dont elle est aussi le modèle et la maîtresse...

DAPHNE - CADIOT - Noémie

Marie-Noémi va devenir une femme de lettres, romancière, une sculptrice, une critique d'art et une révolutionnaire qui aura un rôle actif dans le mouvement féministe issu de la Révolution de 1848.

- Vers 1851-52, A. Constant rencontre le mathématicien polonais Josef Hoëné-Wronski (1776-1853), dont l’œuvre fait sur lui une impression durable et l’oriente vers la pensée mathématique et le messianisme... Le 15 août 1803, il eut une révélation de ''l’Absolu'', et jusqu’à la fin de sa vie il ne cessa d’élaborer une théorie générale de « Messianisme », ou de « Paraclétisme », fondée sur cette découverte, et de l’exposer dans de nombreux ouvrages philosophiques et politiques. En avril 1810, Josef Wronski a épousé Henriette Victoire Sarrazin de Montferrier...

 

Marie-Noémi quitte A. Constant pour l'écrivain et mathématicien Alexandre, marquis de Montferrier (1792-1863) et beau-frère d' Hoëné-Wronski. En 1875, elle épousera le député de Marseille Maurice Rouvier (1842-1911) qui deviendra plus tard ministre du gouvernement de Jules Ferry.

 

Noémie_Constant par J.J._Pradier

Elle expose des sujets mythologiques au Salon de Paris à partir de 1852 d'abord sous le nom de Noémie Constant, puis, à partir de 1864, sous celui de Claude Vignon (personnage de "La Cousine Bette", roman de Balzac). Elle fréquente le club des Femmes d'Eugénie Niboyet, écrit dans Le Tintamarre et Le Moniteur du Soir des feuilletons littéraires sous le pseudonyme de « Claude Vignon »

 

A.-L. Constant a pris le pseudonyme d'Éliphas Lévi, ou Éliphas Lévi Zahed (traduction en hébreu de Alphonse-Louis Constant), et va devenir une grande figure de l'occultisme...

 

« La foi n'est qu'une superstition et une folie si elle n'a la raison pour base, et l'on ne peut supposer ce qu'on ignore que par analogie avec ce qu'on sait. Définir ce qu'on ne sait pas, c'est une ignorance présomptueuse; affirmer positivement ce qu'on ignore, c'est mentir. » Eliphas Lévi

 

Eliphas Lévi, se fait connaître par ses connaissances sur l'Esotérisme, en général … Il donne des leçons à l'évêque d'Évreux, Mgr Devoucoux, sur la Qabbale.

Judith Gautier dessinée par JS Sargent.

 

Comme grand admirateur de Balzac, je note qu'Eliphas Lévi connaît très bien la veuve d'Honoré de Balzac, Ewelina Rzewuska Comtesse Hanska ; elle le reçoit dans son château de Beauregard, à Villeneuve-Saint-Georges, il apprécie la magnifique bibliothèque... Il est très lié également avec Judith, fille de Théophile Gautier et première femme de Catulle Mendès. Quand il tombe malade d'une mauvaise grippe, il quitte Paris et s'installe chez Mme de Balzac... Avec le comte Alexandre Branicki, hermétiste, il aurait réussi quelques expériences probantes du Grand Œuvre dans un laboratoire installé au château... Malheureusement, un an plus tard, Mme de Balzac meurt.

Mlle. Judith Gautier à la Fourberie, JS Sargent.

 

 

Avec Mendès, Judith – elle a 24 ans - rencontre Wagner à Bayreuth. Il s'enflamme pour elle. Judith Gautier inspire à Wagner les « filles-fleurs » de Parsifal. Elle traduira en français le livret...

 

Le_Chevalier_aux_Fleurs_1894_Georges_Rochegrosse

Le tableau représente le moment où Parsifal, héros chaste dont le destin est de reconquérir le Saint-Graal, vient de terrasser les gardiens du château du magicien Klingsor. Il s'éloigne dans le jardin enchanté, sourd aux appels des filles-fleurs, femmes fatales aux corps à peine couverts de fleurs.

Les jeunes filles entourent le jeune homme pour se disputer ses faveurs, mais il se décide finalement à les repousser. Kundry, qui obéit aux ordres du magicien, renvoie les Filles Fleurs et use à son tour de son charme pour tenter de le faire succomber.

L'un des thèmes les plus importants de l'Opéra Parsifal de Wagner est la lutte entre la chair et l'esprit : le magicien Klingsor, incapable de résister à ses pulsions, s'est châtré, et son obsession est de conduire à leur perte les Chevaliers du Graal, par l'intermédiaire des filles-fleurs, les tentatrices.. ( Wiki)

 

Oui... Nous retrouvons Parsifal... Le mythe arthurien revient sur le devant de la scène mythologique du XIXe siècle … Nous en reparlerons ….

Pour le moment, nous faisons connaissance de l'entourage de A.-L. Constant ( E. Lévi) ; qui va impressionner Ch.-L. De Chateauneuf...

El. Lévi - Histoire de la Magie

 

Un climat spiritualiste règne à cette époque...

Gautier en 1866, fait paraître un récit '' Spirite '' ; Mendès en 1869, fait paraître un poème swedenborgien ' Hespérus ' qui évoque des noces spirituelles entre deux âmes complémentaires...

Romantisme et Symbolisme vont faire le lien ; comme dans le salon de Nina de Villard, elle-même passionnée de Kabbale et de spiritisme... Les poètes apparaissent être alors les prophètes chargés de dire l'ineffable, de retrouver la langue poétiques des origines et de hautre Tradition, des correspondances entre '' Ciel et Terre ''… Et, précisément pour E. Lévi, la ''magie'' tente de révéler ces correspondances, et de mettre de l'harmonie dans le monde ...

 

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L'abbé Alphonse-Louis Constant, et le Féminin -1/2-

28 Décembre 2018 , Rédigé par Perceval Publié dans #Amour Courtois, #Expérience chrétienne, #Mythe, #XIXe, #femme

Alphonse-Louis Constant

Je voudrais, parce que c'est important pour la suite de la Quête de Ch.-L. De Chateauneuf, lire ce que dit '' l'abbé'' Alphonse-Louis Constant (1810-1875), du '' Féminin '', situé dans son époque évidemment …

L'avènement de la République, aurait pu signifié – à l'image de la Liberté personnifiée par Marianne – la libération de la femme … La piété mariale ne cesse de s'intensifier. On pourrait se demander si la mariologie sert la cause féministe ? A.-L. Constant, lui, l'affirme … pour lui, le Féminin, peut incarner l'avenir du citoyen, et de l'Eglise catholique ...

Quand le jeune abbé Alphonse-Louis s'éprend d’Adèle Allenbach, il compare son amour, à celui qu'il a pour la Sainte Vierge... Mais, de plus...Il quitte le séminaire huit jours avant son ordination, bouleversé par ses sentiments...

Il écrit ''La Bible de la liberté'', et cause le scandale parce qu'il soutient que Dieu habite d’abord le coeur de chacun avant de régner sur le monde ; et « l’humanité n’a qu’une grande âme qui passe de génération en génération...». Le livre est saisi, et lui est arrêté, jugé (!) , puis incarcéré à la prison de Sainte-Pélagie. Là, il étudie les écrits d’Emmanuel Swedenborg (1688-1772), très en vogue, qui confirme son mysticisme féminin et la sainteté de l’amour.

Il publie ''La Mère de Dieu'' (1844) et poussé hors de l'Eglise, on retrouvera l’abbé Constant dans la société secrète de l’Ordre hermétique de la Rose-Croix universelle de Lausanne, où il obtient vite le grade de Grand-Maître.

Vierge Marie 1850

Pour en revenir aux idées : Constant prévoit que l'ère de l'amour marial succède à celles de l’autorité patriarcale... « Le monde, jusqu’à présent, a connu en Dieu l’idée d’un Père et d’un Fils ; mais il n’est pas encore initié aux secrets d’amour de la mère, sur qui repose le Saint-Esprit. »

Une nouvelle ère marquée par la Liberté de la femme, l'Egalité entre les sexes, et la fraternité ( amour social...). L'humain a face à lui : la Mort ( séparation entre homme et femme) , et la Beauté ( union entre masculin et féminin). L'Amour est donc la voie de déification, car il vainc la mort... Symboliquement, l'homme est motivé par la beauté de la femme, et chacun peut en expérimenter la manifestation divine.

 

Dans le langage de l'époque : Constant écrit dans '' La Bible de la Liberté'' :

Louise Vernet

« L’homme est l’amour de l’intelligence, la femme est l’intelligence de l’amour.

La femme est le repos et la complaisance de Dieu, la fin de sa révélation et la couronne de ses œuvres.

La femme est avant l’homme, parce qu’elle est mère, et l’homme doit l’honorer, parce qu’elle enfante avec douleur.

Dans l’essence de Dieu, l’intelligence est avant l’amour ; mais dans la manifestation, l’amour précède l’intelligence.

C’est pourquoi la femme est plus que l’homme dans le monde.

Elle a aussi précédé l’homme dans le péché et dans la gloire ; elle a donné sa vie pour la liberté, et l’homme a donné sa vie pour elle.

Ainsi elle s’est fait Dieu en absorbant son être dans un rayon de la divinité, et l’homme l’a vue alors si belle, qu’il l’a adorée. »

 

L'âme soeur - A. Robida

Constant, ensuite choque ses contemporains, en considérant le ''péché originel'' comme nécessaire à la libération de l'humain, avec son pendant de ''souffrance''... ''L'intelligence créée a la liberté de nier Dieu... et paradoxalement continue ainsi à ''glorifier '' Dieu...

« L’amour ne connaît ni la loi ni la crainte ; il est fils de la liberté.

Il est créateur comme Dieu, et veut tout donner à ce qu’il aime... » Constant, La Bible de la liberté,

 

« La confiance de l’amour fait naître la foi. L’enfant croit à sa mère, parce qu’il se sent aimé d’elle, et ainsi la foi est raisonnable. Mais où il n’y a pas d’amour, la foi ne peut être que superstitieuse et servile, parce que sans amour il n’y a pas de liberté, comme sans liberté il n’y a pas d’amour. »

Abbé Constant, Le testament de la liberté

 

Le couple, par l’union amoureuse, reconstruit l’androgyne primordial du Banquet de Platon. Pour Constant, la femme est appelée à occuper a fortiori une place centrale dans la société et à y exercer son autorité empreinte de douceur et de tolérance, des qualités qui lui sont naturelles : « Car tout enfant obéit à sa mère, et la femme est mère de Dieu. Aussi je vous dis, en vérité, que la femme est reine du monde. » Constant, L’assomption de la femme.

Constant appelle de ses vœux un mariage libre, résultant de la liberté de l'amour … « La fille de famille riche est vendue et exploitée comme une terre... Les prostituées, ne sont que les fruits malheureux d’une société perverse et hypocrite... » etc …

Pour lui, la connaissance, à l’origine du péché (Genèse 3,6), est l’acte sacrilège nécessaire à la fondation de la civilisation qui n’a pas pu ne pas être prévu par Dieu. Et, la sexualité n’est pas la violation d’un interdit, mais un interdit désiré qui affranchit l’humanité...

La Vierge du Sacré Cœur, 1821 - Eugène Delacroix,

Constant pense que la piété mariale, peut rassembler le peuple... Marie, porte une réflexion mystique sur '' l’Éternel féminin''. Et, en ce milieu du XIXe siècle, Constant envisage sur ces bases une religion universelle, qui serait le socialisme … !

Il appelle l’État français à se féminiser et soutenir son peuple, à l'image de Marie qui accompagne son fils... !

 

En cette période romantique, Constant pense que le ''sentiment religieux '' - produit d’images, de légendes » et de miracles merveilleux et glorieux - est une voie intuitive conduisant à la connaissance.

 

Sources : Larangé, D. (2010). Théologie mariale et discours féministe. La foi romantique en l’avenir du pouvoir féminin selon l’abbé Alphonse-Louis Constant. Tangence,

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Conte de Noël : Gauvain et le Chevalier Vert. -2/2-

25 Décembre 2018 , Rédigé par Perceval Publié dans #Contes Mythes Légendes, #Gauvain, #Légende arthurienne, #Moyen-âge, #Roi Arthur

Gauvain, est le fils du roi Lot d'Orcanie et de la reine Morgause son épouse, il est aussi le neveu du roi Arthur et malgré la rudesse de son caractère, il est l'un des plus fidèles compagnons d'Arthur.

Dans les romans français il n'occupe pas une place prépondérante, il laisse le premier rôle à Perceval ou à Lancelot alors que dans la tradition anglaise il très souvent le héros principal comme dans "Sire Gauvain et le chevalier vert".


Donc....

Dix mois plus tard, Gauvain, monté sur son fidèle destrier Gringalet,se met en quête du chevalier décapité.

C'est alors que commence une aventure extraordinaire où son courage et sa loyauté seront mis à l'épreuve.

Gawain and the Green Knight by Emily Cheeseman

A quelques jours de Noël, alors qu'il erre dans une forêt... Comme par enchantement, un château apparaît à la lisière de la forêt. Il se nomme le château de Hautdésert, et appartient au seigneur Bertilak qui accueille Gauvain avec chaleur et joie. Étant donnée la fatigue du chevalier, le seigneur lui propose de rester et de se reposer quelques jours avant de repartir. Gauvain décline l'offre, car il doit avant tout retrouver la Chapelle verte et le chevalier vert. Bertilak le rassure aussitôt et lui apprend qu'elle n'est située qu'à quelques milles de là. Gauvain accepte donc de rester durant trois jours. Ils s'en vont à la messe de Noël où Gauvain rencontre la femme du seigneur, jeune et d'une grande beauté...


Du fait des festivités, Bertilak propose un jeu à Gauvain, connu sous le nom d'« échange des gains » : ce que, durant trois matins, Bertilak gagnera dans une chasse à coure, Gauvain l'aura en échange de ce que lui, resté à se reposer au château, aura gagné dans sa journée.

Bertilak ordonne à son épouse de le divertir, en fait de le séduire. Tous les matins, tandis que le seigneur Bertilak quitte le château de bon matin avec ses chiens et s’en va chasser, elle rend visite à Gauvain dans sa chambre. Gauvain ne veut accepter d'elle que des baisers, le chevalier refuse tout autre chose, à la fois il ne veut pas l'insulter en refusant ses avances et ne veut pas trahir la l'hospitalité de son mari.

Tous les soirs, le seigneur et le chevalier annoncent ce qu’ils ont obtenu de la journée. Sincère, Gauvain rend ce que la jeune femme lui a offert dans la journée, pas plus qu'un baiser …

Le dernier jour, de plus en plus insistante, la jeune femme réussit à donner trois baisers à Gauvain. Mais elle ne s'arrête pas là, et veut lui offrir un gage de son amour. Après avoir refusé une bague, Gauvain se voit offrir une ceinture verte aux pouvoirs magiques importants, qui protège celui qui la porte de la mort. Après avoir considéré la terrible épreuve qui l'attend le lendemain, Gauvain accepte la ceinture, mais ayant promis à la belle dame de n'en toucher mot au seigneur, il ne donne à Bertilak que trois baisers...

Le lendemain, alors que Gauvain est conduit par un homme de Bertilak jusqu'à la Chapelle verte, ce dernier lui propose de garder la vie sauve et de s'enfuir, sans que personne ne s'en aperçoive. Gauvain refuse catégoriquement une telle issue, et s'approche de la Chapelle verte.

L'endroit ressemble davantage à un sanctuaire païen qu'à une chapelle, et Gauvain entend le bruit d'une faux que l'on aiguise. Le Chevalier vert apparaît enfin, et lui demande de se préparer à recevoir son châtiment.

Gauvain retire alors son heaume et se met en position, attendant sa mort. Mais le Chevalier vert donne trois coups légers de sa hache. Au dernier coup de hache, seules quelques gouttes de sang s’échappent la nuque de Gauvain.

À peine a-t-il reçu la dernière entaille que Gauvain bondit vers son adversaire, estimant avoir tenu sa promesse jusqu'au bout. C'est alors qu'il se retrouve face à son adversaire souriant, qui lui explique qu'il est l'un des meilleurs chevaliers sur cette terre, car son seul péché a été de vouloir rester en vie. Il lui avoue ensuite qu'il n'est autre que Bertilak, et la seule épreuve qu'a passée Gauvain se trouvait dans l'enceinte même du château, quand sa femme l'a tenté.

Les deux premiers coups de hache valent pour les deux soirs où Gauvain a remis à Bertilak les présents reçus dans la journée; le troisième a puni Gauvain d'avoir gardé -pour lui seul la pièce d'étoffe donnée par la belle épouse.

Ayant par trois fois repoussé ses avances, il n'avait accepté que la ceinture verte, d'où l'entaille du dernier coup de hache.

 

Dès cet instant, Gauvain se fit la promesse de toujours porter la pièce d’étoffe afin de se remémorer cet instant de faiblesse.

 

On dit encore que c'est la fée Morgane qui aurait contraint, par enchantement, Sir Bertilak - en le changeant en chevalier vert - à toute cette aventure pour effrayer la Reine Guenièvre ( et la faire mourir de peur...) et mettre Camelot à l'épreuve.... On dit tant de choses … !

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Conte de Noël : Gauvain et le Chevalier Vert. -1/2-

23 Décembre 2018 , Rédigé par Perceval Publié dans #Conte de Noël, #Contes Mythes Légendes, #Gauvain, #Légende arthurienne, #Roi Arthur, #Moyen-âge

Source:  ''The Sphere magazine'' : the Knights of the Round Table

Source: ''The Sphere magazine'' : the Knights of the Round Table

En ce temps de solstice d'hiver ; il était de coutume au Moyen-âge, de faire la fête...

Christmas at the Court of King John

Jouer à des jeux, chanter, boire et manger autour d'un feu, décorer sa maison avec des conifères, et même s'offrir des des cadeaux, sont en effet, quelques-unes des traditions appréciées en ville au Moyen-âge.

Dans la légende arthurienne, le conte de Sire Gauvain et du Chevalier vert est présenté comme une histoire de Noël, remplie de célébrations et réjouissances... Le motif de Noël est facilement observable dans la personne même du Chevalier Vert...

 

Les activités décrites à la cour du roi Arthur lors de Noël dans le célèbre roman du XIVe siècle Sire Gauvain et le Chevalier vert offrent un bon aperçu de la fête dans une cour médiévale tardive:

 

Le roi est à Camelot au moment de Noël et, avec les meilleurs chevaliers de la noble confrérie de la Table ronde, dûment assemblés, ils s'adonnent aux réjouissances et aux plaisirs insouciants de la fête. Auparavant, ils avaient participé à des tournois... Ces célébrations s'étalent sans interruption pendant quinze jours, alternant toutes sortes d’activités festives et de la danse la nuit, pour le plus grand contentement des seigneurs et des dames de la cour …

Alors que la Nouvelle Année est toute jeune - ce jour même la splendeur de la table est redoublée – le roi après la messe rejoint la grande salle avec tous ses chevaliers... Noël est célébré à nouveau, chacun apportant des présents …

 

Le récit relate l'arrivée d'un mystérieux géant vert, monté sur un cheval vert, à la cour d'Arthur se préparant à fêter Noël. 

Ce chevalier vert rappelle la figure rituelle du Feuillu lié au folklore saisonnier, et dont le sapin de Noël est l'emblème. Cet homme ''à moitié ogre'' arrive tout de vert vêtu... Il brandit une branche de houx...

 

Le mystérieux chevalier lance un défi au roi et à ses preux : que celui qui en aura le courage accepte de le frapper avec sa propre hache de forestier ; en retour, le chevalier lui impose seulement d'accepter le même traitement un an et un jour plus tard. Arthur serait prêt à relever le défi, mais par souci de le protéger, c'est Gauvain son neveu qui aura finalement cet ''honneur''. Pensant éviter toutes suites désagréables, Gauvain décapite à la hache son adversaire tout de vert vêtu, mais ô surprise, le géant ramasse sa tête qui avait roulé par terre dans des flots de sang. La tête se met à parler, donnant à Gauvain rendes-vous à la Chapelle Verte, avant que le chevalier portant sa tête sous le bras et chevauchant son destrier aussi vert et superbe que lui ne s'éloigne au galop.... L'aventure ne fait que commencer …. !

 

On connaît le premier récit de cette histoire dans un poème arthurien du XIVe siècle.. La majeure partie du poème (37-197, de 750 à 2479) se situe pendant la saison de Noël. Le défi du chevalier vert a lieu le jour de la Nouvelle Année.

 

Un an plus tard, Gauvain arrive au château de Bertilak la veille de Noël; il y reste pour être ''testée'' par Lady Bertilak pendant trois jours, et répond au défi du chevalier vert, le jour de l'An. Ainsi, les principaux éléments de l'intrigue se produisent lors de la Veillée de Noël et au cours de ses douze jours.

A suivre … la fin de cette histoire: le 25 décembre, c'est promis ... 

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Rencontres dans le salon de Delphine de Girardin

19 Décembre 2018 , Rédigé par Perceval Publié dans #femme, #XIXe, #Salon, #Littérature

La princesse de Belgiojoso - 1832 par Francesco Hayez

Au cours de ces années 1830, c'est le salon de Christine de Belgioso (1808-1871) qui servit à C.-L. De Chateauneuf d’initiation à l'entrée dans le ''monde''.

La ''princesse'' merveilleusement belle, charmait tous ceux qui l'approchaient. Elle a de nombreux amants ; mais peu peuvent revendiquer son amour... Trois hommes cherchent à être ainsi reconnu d'elle : A. de Musset, H. Heine, et Mignet se disputent cette reconnaissance. Finalement, c'est François Mignet historien, le père de sa fille, qui s'impose …

Mais, Christine de Belgioso, n'aurait eu qu'une passion : sa patrie. Contre l'Autriche, elle défend l'unité italienne, et soutient Charles-Albert de Sardaigne ( dynastie des Savoie). De 1848 à 1860, elle deviendra en Italie une héroïne...

 

Son salon, outre ses ''artistes '' proches - le poète allemand Heinrich Heine, le compositeur hongrois Franz Liszt, l'historien François Mignet, le poète Alfred de Musset... - est fréquenté de très nombreuses personnalités...

Le comte d'Apponyi - attaché à l'ambassade d'Autriche à Paris - ironise : « Outre la prétention d'être une seconde Sapho ou Corinne, elle se plaît à prendre la physionomie d'un spectre : elle est blême et blafarde. » et à propos de Musset : Il « se roule sur les canapés, met ses jambes sur la table, se coiffe d'un bonnet dans le salon, fume des cigares. » Rodolphe d'Apponyi, Vingt-cinq ans à Paris (1826-1850).

 

Échappant à l'emprise de la princesse, mais infiniment reconnaissant... Ch.-L. De Chateauneuf réussit à entrer dans un autre salon en vue qui, avec le mariage d'Emile de Girardin avec Delphine Gay, va attirer toutes les gloires littéraires...

Portrait de Delphine de Girardin 1824

Delphine de Girardin (1804-1855) va exercer son influence par son salon régulièrement fréquenté, entre autres, par Théophile Gautier, Honoré de Balzac, Alfred de Musset, Victor Hugo, Laure Junot d'Abrantès, Marceline Desbordes-Valmore, Alphonse de Lamartine, Jules Janin, Jules Sandeau, Franz Liszt, Alexandre Dumas père, George Sand et Fortunée Hamelin...

Delphine Gay, est la fille de Sophie Gay, femme de lettres connue, dans les milieux parisiens de l’Empire, pour ses romans sentimentaux. En juin 1831, Delphine – reconnue pour ses poèmes - et que courtisait Vigny, épouse Emile de Girardin qui va transformer la presse: quotidien bon marché, roman-feuilleton etc …


 

Charles de L'Escalopier, conservateur de la Bibliothèque de l'Arsenal, va faire rencontrer Charles-Louis avec des passionnés de l'histoire médiévale. Ainsi, il va rencontrer l'historien Augustin Thierry, qui est d'ailleurs un fidèle ami de Christine de Belgioso...

L'histoire médiévale va conduire Charles-Louis sur la voie de l'occultisme, qui se fait alors reconnaître, avec la rencontre de Jules de Rovère (1797-1864), puis celle d' Alphonse-Louis Constant (1810-1875)...

Les Belles femmes de Paris

A l'époque où Charles-Louis rencontre Alphonse-Louis Constant, celui-ci quitte le séminaire...

Il n'est pas anodin, d'en expliquer la raison : il vient de rencontrer le féminin... Il a en charge l'éducation religieuse d'une jeune fille, Adèle Allenbach... Il va alors ressentir, selon ses propos, « un besoin impérieux d'aimer ». « Elle fut mon initiatrice à la vie », affirme t-il. Son attachement effraie la fille ; et s'écarte de lui … Il préfère quitter ce qu'il avait construit depuis des années, le sacerdoce...

Il vit alors la ''bohème'' : dans des '' hôtels borgnes ( sans restaurant) garnis ( meublé) '' pour les étudiants, ou les grisettes ; des chambres parfois sans feu, avec la faim pour tenaille … Deux femmes vont l'aider à sortir de là … La première c'est Flora Tristan ; elle vient de fuir son violent de mari, et se bat pour garder ses enfants... Elle va le soutenir et l'inciter à développer ses dons de dessinateur. Il participe aux côtés de Alphonse Esquiros ( rencontré au petit-séminaire) notamment, à une éphémère publication mensuelle, ''Les Belles Femmes de Paris''. Pour sa revue, il parcourt les salons et rencontre Delphine de Girardin... Il soupire alors auprès de son cœur, et c'est elle qui initie le jeune ''abbé'' à l'occultisme …

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Robert Houdin, le Roi, et Cagliostro

16 Décembre 2018 , Rédigé par Perceval Publié dans #XIXe, #Magie, #Robert Houdin, #Cagliostro

Robert Houdin est invité, en ces premiers jours de novembre 1846, à Saint-Cloud pour se rendre devant le roi Louis-Philippe et sa famille...

Le jour fixé un fourgon attelé de chevaux de poste vient de très bonne heure prendre ses bagages et le conduire au château. Un petite scène est montée, et le ''magicien '' installe ses tables, consoles et guéridons, ainsi que les divers instruments de sa séance...

R. Houdin, enchaîne les expériences, qui reçoivent un accueil très favorable : exclamations de surprise, et démonstrations plus expressives encore...

Puis, une expérience composée pour la circonstance acheva de lui concilier tous les suffrages....

En voilà l’explication :

« J’empruntai à mes nobles spectateurs quelques mouchoirs, dont je fis un paquet que je déposai sur ma table. Puis, à ma demande, différentes personnes écrivirent sur des cartes les noms d’endroits où elles désiraient que les mouchoirs fussent invisiblement transportés.

Ceci terminé, je priai le Roi de prendre au hasard trois de ces cartes et de choisir ensuite, parmi les trois endroits qu’elles désignaient, celui qui lui conviendrait le mieux.

—Voyons, dit Louis-Philippe, ce qu’il y a sur celle-ci: «Je désire que les mouchoirs se trouvent sous un des candélabres placés sur la cheminée.» C’est trop facile pour un sorcier; passons à une autre carte. «Que les mouchoirs soient transportés sur le dôme des Invalides.» Cela me conviendrait assez, mais c’est beaucoup trop loin, non pas pour les mouchoirs, mais pour nous..... Ah! ah! fit le Roi en regardant la dernière carte, je crains bien, Monsieur Robert-Houdin, de vous mettre dans l’embarras; savez-vous ce qu’elle propose?

—Que Votre Majesté veuille bien me l’apprendre.

—On désire que vous fassiez passer les mouchoirs dans la caisse de l’oranger qui est au bout de cette avenue, sur la droite.

—N’est-ce que cela, Sire! Veuillez ordonner et j’obéirai.

—Soit! je ne suis pas fâché de voir un pareil tour de magie. Je choisis donc la caisse d’oranger.

Le Roi donna à voix basse quelques ordres, et je vis aussitôt plusieurs personnes courir vers l’oranger pour le surveiller et empêcher toute fraude.

J’étais enchanté de cette précaution, qui contribuait à l’éclat de ma réussite, car le tour était déjà fait et la précaution devenait tardive.

Il s’agissait de faire partir les mouchoirs pour leur destination. Je mis le paquet sous une cloche de cristal opaque, et, prenant ma baguette, j’ordonnai à mes voyageurs invisibles de se rendre à l’endroit désigné par le Roi.

Je levai la cloche: le petit paquet n’y était plus, et une tourterelle blanche se trouvait à sa place.

Le Roi s’approcha alors vivement de la porte, à travers laquelle il porta ses regards vers l’oranger, pour s’assurer que le comité de surveillance était à son poste. Cette vérification faite, il se mit à sourire en hochant légèrement la tête.

—Ah! Monsieur Robert-Houdin, me dit-il, avec une teinte d’ironie, je crains bien pour la vertu de votre baguette magique. Voyons, ajouta-t-il en se retournant vers le fond du salon, où se tenaient quelques serviteurs; que l’on aille prévenir Guillaume (c’était, je crois, un des maîtres jardiniers) de faire immédiatement l’ouverture de la dernière caisse qui se trouve sur la droite de l’avenue; qu’il cherche avec précaution dans la terre et qu’il m’apporte ce qu’il y trouvera,... si toutefois il y trouve quelque chose.

Guillaume ne tarda pas à arriver près de l’oranger, et, bien que très étonné des ordres qui lui étaient donnés, il se mit en mesure de les exécuter.

Il enleva soigneusement un des panneaux de la caisse, en gratta la terre avec précaution, et déjà l’une de ses mains s’était avancée vers le centre de l’oranger sans avoir rien découvert, quand tout-à-coup un cri de surprise lui échappa, en même temps qu’il retirait un petit coffret de fer rongé par la rouille.

Cette curieuse trouvaille, nettoyée de la terre qui la souillait, fut apportée et déposée sur un petit guéridon qui se trouvait près du Roi.

—Eh bien, Monsieur Robert-Houdin, me dit Louis-Philippe dans un mouvement d’impatiente curiosité, voici un coffret. Est-ce que par hasard les mouchoirs s’y trouveraient renfermés?

—Oui, Sire, répondis-je avec assurance; ils y sont et depuis fort longtemps.

—Comment depuis fort longtemps? cela ne peut être puisqu’il y a à peine un quart d’heure que les mouchoirs vous ont été confiés.

—Je ne puis le nier, Sire; mais où serait la magie si je ne parvenais à exécuter des faits incompréhensibles? Votre Majesté sera sans doute plus surprise encore, lorsque je lui prouverai d’une manière irrécusable que ce coffre, ainsi que ce qu’il contient, a été déposé dans la caisse de l’oranger, il y a soixante ans.

—J’aimerais assez vous croire sur parole, reprit le Roi en souriant, mais cela m’est impossible; dans ce cas, il me faut des preuves.

—Que Votre Majesté veuille bien ouvrir cette cassette, et elle en trouvera de très convaincantes.

—Oui, mais j’ai besoin d’une clef pour cela.

—Il ne tient qu’à vous, Sire, d’en avoir une. Veuillez la détacher du cou de cette charmante tourterelle, qui vient de vous l’apporter.

Louis-Philippe dénoua un ruban qui soutenait une petite clef rouillée, avec laquelle il se hâta d’ouvrir le coffret.

Le premier objet qui se présenta aux yeux du Roi fut un parchemin sur lequel le monarque lut ce qui suit:

 

'' AUJOURD’HUI, 6 JUIN 1786, Cette boîte de fer, contenant six mouchoirs, a été placée au milieu des racines d’un oranger par moi, Balsamo, comte de Cagliostro, pour servir à l’accomplissement d’un acte de magie qui sera exécuté dans soixante ans, à pareil jour, devant Louis-Philippe d’Orléans et sa famille. ''

—Décidément, cela tient du sortilège, dit le Roi de plus en plus étonné..... Rien ne manque à la réalité, car le sceau et la signature du célèbre sorcier sont apposés au bas de cette déclaration qui, Dieu me pardonne, sent fortement le roussi.

A cette plaisanterie, l’auditoire se prit à rire.

—Mais, ajouta le Roi, en sortant de la boîte un paquet cacheté avec beaucoup de soin, serait-il possible que les mouchoirs fussent sous cette enveloppe?

—En effet, Sire, ils y sont; seulement, avant d’ouvrir ce paquet, je prie Votre Majesté de remarquer qu’il est également scellé du cachet du comte de Cagliostro.

Ce cachet, qui a joué un grand rôle sur les fioles d’élixir de longue vie et sur les sachets d’or potable du célèbre alchimiste, avait une certaine célébrité.

—Certainement, c’est bien le même, répondit mon Royal spectateur en regardant à deux fois le sceau de cire rouge.

Toutefois, impatient de connaître le contenu du paquet, le Roi en déchira vivement l’enveloppe, et bientôt il étala devant les spectateurs étonnés les six mouchoirs qui, quelques minutes auparavant, étaient encore sur ma table. »

** Texte extrait de : '' Confidences et Révélations: Comment on devient sorcier par Jean-Eugène Robert-Houdin.'' 1868

 

Ch-L de Chateauneuf, sera d'autant plus interpellé par cette expérience que Cagliostro, lui semble être un personnage incontournable dans sa recherche... Beaucoup de frères maçons se réclame de l'Egypte... Et le ''rite égyptien '' alors avancé se rattachait de près ou de loin au Rite Egyptien de Cagliostro (1743-1795) de 1784...

La science ainsi professée n’est pas exempt de diverses manipulations, et l'esprit est fortement sollicité pour discerner – non pas le vrai du faux – mais l'esprit de la lettre... La lettre ne décrit que le sensible ; et ce n'est déjà pas rien … L'ésotérisme n’apparaît alors n'être que l'expression de l'indicible ; et le prendre à la lettre est du même ordre que de prendre une illusion pour de la science … !

 

On retrouve Cagliostro, en Allemagne, obtenant un certain succès avec le Rite Egyptien...

En 1779, Cagliostro fonde en Allemagne une loge maçonnique égyptienne... Il sera au cœur de ce qu'on appelle la querelle du crypto-catholicisme... A la faveur de l’Aufklärung qui se veut un mouvement émancipateur, des intellectuels dénoncent l'imposteur Cagliostro, mais aussi à ceux qu’ils appellent indistinctement « martinistes » ou « illuministes »... Certains suspectent, même, Cagliostro d'être un agent catholique ( et même jésuite …) opposé à un protestantisme défenseur d'une religion raisonnée.

Le contexte maçonnique défend une autre interprétation … : en Allemagne, la Stricte observance templière, alors dominante, se rattache à la communauté chrétienne primitive... Elle maintient vive le souvenir des Croisades, l'influence musulmane et les persécutions des chevaliers templiers par le pape....

La légende dit que Cagliostro, en visitant un souterrain, dans le sud allemand, a trouvé un parchemin vieux de cinq siècles : c'est un manuscrit des Templiers ! Il donnerait au comte la mission de venger l'ordre du Temple et de contribuer au renversement de tous les souverains absolus...

Cagliostro peut devenir ainsi un héros révolutionnaire, comme dans le Joseph Balsamo (1849), d’Alexandre Dumas, où il apparaît comme l’artisan philanthrope, pour la France, d’une révolution démocratique européenne.

 

Ce séjour en Allemagne de Cagliostro ; et son rapport avec les Templiers ; nous le retrouverons avec Wolfram von Eschenbach et son '' Parzival'' dans un prochain article …

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Un jeune romantique en ces années 1830 - 3-

13 Décembre 2018 , Rédigé par Perceval Publié dans #Histoire, #Moyen-âge, #XIXe

Pascale Laîné - Miniatures et maquettes médiévales

Pascale Laîné - Miniatures et maquettes médiévales

Le père de la jeune Anaïs Bosio était sculpteur, et il en avait fait le buste ….

Jean Bernard Duseigneur (1808-1866) dit Jehan Du Seigneur est aussi sculpteur, il étudie sous Bosio... Et, vers 1830, il déserte l'école classique, cherchant dans le Moyen Âge chevaleresque et chrétien des inspirations nouvelles. Il fait partie du cénacle qui se groupe autour de Victor Hugo.

Il rencontre Charles-Louis de Villeneuve et lui fait connaître quelqu'un qui fait partie de ce cercle médiéviste qui est en train de se former …

A noter que Jehan fréquente le salon d'Alfred Tattet (1809-1856). Son salon était fréquenté par Charles Nodier, Vigny, Lamartine, Félix Arvers, Roger de Bauvoir, D'Althon Shée, (dont la fidèle épouse fut la maîtresse de Musset, puis du peintre Paul Chenavard qui avait exécuté son portrait), et Ulrich Guttinguer, le plus fervent propagateur du romantisme...

 

Ainsi, Charles-Louis rencontre, Charles de L'Escalopier (1812-1861), qui en 1840, devient conservateur à la bibliothèque de l'Arsenal sous la direction de l'académicien Charles Nodier (1780-1844),  et membre de plusieurs sociétés savantes...

Passionné par le Moyen-Âge, il décore sa maison en gothique flamboyant et installe un musée médiéval de pièces d'orfèvrerie, d'ivoire, de bronze. Il acquiert des émaux très rares et des reliques pour la plupart douteuses … C'est lui, qui avance à Robert-Houdin, le Magicien– devenu son ami - la somme nécessaire pour ouvrir un théâtre de magie à Paris. Le 3 juillet 1845 a lieu la première des '' Soirées fantastiques de Robert-Houdin '', rue de Valois, au Palais-Royal. C'est le succès immédiat.

 

En 1835, le comte Charles de l'Escalopier fait donc construire "à la campagne" une maison entourée d'un vaste terrain (à l'époque jusqu'à la rue Joseph de Maistre) ; elle vaut la visite... :

 

L'Annuaire de Paris et de ses environs de Leblanc de Ferrière décrit la demeure : « La façade sur la cour présente une tour en saillie crénelée en son sommet ; à gauche un avant-corps carré, surmonté d’une terrasse et d’un balcon ; les formes et les ornementations de l’édifice sont dans le style du Bas Moyen Âge, des années 1450, règne de Louis XI ; les encadrements des ouvertures, le balcon, les clochetons et les culs-de-lampe sont d’un gothique plein de délicatesse et de goût dans le choix et la réalisation ; le cadre d’une fenêtre au rez-de-chaussée est une copie fidèle de la porte de Jeanne d’Arc à Domrémy. »

 

L'Hôtel était agrémenté d'un vaste jardin, d'un gymnase et de serres remarquables : « Contiguës au bâtiment, elles sont exposées vers le sud, sur une ligne de cent vingt pieds de long et de douze pieds de large ; elles sont construites en fer ; ornées de roches et de bassins elles sont chauffées à la vapeur et renferment une collection remarquable de végétaux à propriétés historiques, les plus rares et les plus précieuses. On y entre par le salon dont la glace sans tain au-dessus de la cheminée offre une vue sur ces serres au centre desquelles un pavillon, de vingt-huit pieds de haut avec des colonnes ornées de chapiteaux dorés, est consacré à la culture des bananiers.

Les serres contiennent des bambous, des papayers, des arbres à pain, des cocotiers ; tous ces arbres sont en pleine terre. Dans la quatrième serre se trouvent les plantes qui exigent le plus de chaleur : orchidées, bois de santal, muscadier, cacaoyer, copayer, mangoustanier, mancenillier, vanille… » Leblanc de Ferrière.

L'Hôtel de l'Escalopier fut détruit en 1882.


 

Le comte va constituer une prestigieuse collection de livres. Les serres vont être remplacées par une bibliothèque riche de cinq mille neuf cents ouvrages dédiés à l'Archéologie, à l'Histoire et à la Théologie. Il crée un musée destiné à ses amis et aux visiteurs de passage où l'on peut admirer des bois sculptés, des émaux, des ivoires, de l'orfèvrerie ou encore des verres médiévaux...

Et ce qui est fascinant, pour Charles-Louis de Villeneuve, c'est que cet érudit médiéviste va entreprendre un voyage en ''Terre Sainte'' et se faire adouber chevalier de l'Ordre du Saint-Sépulcre de Jérusalem ( le 21 juillet 1837) ; en effet, depuis le XVe siècle, la Custodie de Terre sainte a le privilège exclusif de créer des « chevaliers du Saint-Sépulcre »

Existerait-il donc des templiers en ce XIXème siècle ?

A suivre ...

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