foi
Une alliance d'amour
Dieu n’est pas là où l’homme le convoque .. ! Ma raison de croire est aussi là, dans le paradoxe du dieu qui ne prend pas la place que lui assigne l’homme…
Dès Genèse, c’est Dieu qui cherche l’homme !
Un autre passage biblique m’interroge : L’alliance du Seigneur avec Abraham ( G
enèse 15, 5 …) .
Un ancien rite d’alliance pour lequel des animaux sont coupés en deux, et les moitiés disposées face à face, est décrit. Ce qui est curieux, c’est que ce n’est pas l’homme qui officie ( sacrifice au dieu ) : c’est Dieu, seul, qui s’engage… !
Abraham est pris par un sommeil mystérieux, la frayeur le saisit. L’homme est incapable de saisir le mystère divin…
Dieu s’engage envers Abraham et ses descendants …
Nous serait-il désagréable d’avoir un dieu, qui s’agenouille devant l’homme ?
Au cours des siècles, l'humain ne cesse d'en appeler à un dieu ( une idole ) " tout puissant ", pour résoudre les soucis de "son monde", ( et non du monde .. ). Pour la pluie, contre la peste et pour bien d'autres bonnes ou mauvaises raisons, la religion a joué ce " double-jeu ", niant ainsi le message spirituel de la Bible ...!
Où se situe l'action de Dieu ?
Je répondrai: dans sa Présence. De quelle manière? Par l'intermédiaire de la Foi. Conséquences ? La paix, la Joie ...
J'ai noté cette phrase de Béatrice Oiry ( Enseignante d'exégèse Univ Catho ) : " La foi vit du mystère de cette Présence obscure qui nous tient, sans repos, dans la
quête d'un Dieu qui passe au plus impénétrable de nos nuits."
L’Esprit au cœur de Dieu… Méditation de Joseph Moingt
Je vous présente ci-dessous des ' notes ' de lecture de textes de Joseph Moingt ...
« On se contenterait assez facilement d’une Trinité à deux personnes la troisième, on ne sait trop qu’en dire, ni surtout qu’en faire… »
« L’Eglise n’a pas « inventé » l’Esprit Saint dans un grand délire métaphysique, elle l’a reçu — on peut même dire qu’elle l’a « subi » —, à telle enseigne qu’elle ne pourra jamais plus s’en séparer : elle en était née. »
« Dans ce mystère d’intercommunication se dévoile la singularité de la « troisième Personne », Don de Dieu, non simplement chose donnée, mais acte et relation vivante de Donation de soi. »
« L’Esprit ne prend pas place à la suite des deux, mais entre eux, en excès : il est ce qui surabonde et déborde. »
« Celui qui complète la Trinité », disaient les Pères — comprenons : celui qui l’empêche de se réduire à l’Un, car il est de trop, et de s’enfermer dans la solitude, car il est l’excès qui l’ouvre sur un monde pour y déverser son trop-plein.
« Longtemps la présence de l’Esprit a paru réservée à l’Eglise catholique, et sa jouissance aux personnes « consacrées » à son service ou à un « état de sainteté 2 ». (2. Tel est encore l’enseignement de l’encyclique de Pie XII sur « Le corps mystique du Christ » (1943)).
Vatican II a changé de discours : il a proclamé que tous les baptisés sans exception participent de la surabondance du don de l’Esprit, et il en a tiré la double
conséquence que les fidèles sont tous appelés en toute égalité à la même sainteté, et que les Eglises qui baptisent dans la même foi constituent pareillement (sinon tout à fait au même degré) le
corps indivisible du Christ.
Le rapprochement avec les autres religions du monde inauguré par le Concile a aussi répandu l’idée que l’Esprit est au travail dans les diverses traditions sacrées des peuples pour y révéler Dieu et y opérer le salut. »
« L’Eglise, est « corps du Christ » en tant que ses membres sont unis au Christ par son Esprit et que le Père déverse en eux, pour en faire d’autres fils, la vie qu’il communique à son Unique.
Esprit de communion, il fait communiquer les chrétiens à la fois entre eux et avec le Père par le Fils ; il demeure dans l’Eglise en faisant d’elle la « demeure » historique de la Trinité : il est le troisième anneau qui élargit au multiple l’unité du Père et du Fils, du Même et de l’Autre.
Que l’Esprit soit ici ne l’empêche pas d’être aussi là, à côté et au loin, quoique sous un mode différent, car il est toujours en excès et ne se laisse posséder ni enfermer nulle part, et il ne se tient dans un lieu que pour s’en aller ailleurs, mais sans se retirer d’où il vient. »
L’Esprit fait parler, mais ne prend pas la parole 6 (6. Voir : Matthieu 10,20 ; Actes 2,4 ; 19,6 ; 2 Pierre 1,21). Il ne faut donc pas se laisser abuser par de très rares paroles prononcées par des prophètes et attribuées à l’Esprit, du type Actes 13,2.
Il n’est pas censé parler de son propre chef. Nous en étonnerons- nous ? Il est l’Esprit du Christ, et c’est à ce titre qu’il conduit son Eglise « vers la vérité totale 7 ( 7. Voir : Jean 14,26 ; 15,26- 27 ; 16,12-13.)
Il introduit dans leur intimité en s’effaçant, tel « l’ami de l’époux », si ce n’est qu’il demeure là sous le mode d’être le lien vivant qui nous unit à eux8. (8. Voir : Jean 14,15 ; 3,8 ;2 Corinthiens 3,17 ; Actes11,15 ; Jean 3,29 ; Ephésiens4,3-6.)
qu’il nous fait être, enfants du Père, d’exhaler dans les cœurs des soupirs d’espérance, d’inspirer nos prières, d’insuffler des désirs accordés à ceux du Père 10. Il est l’appel silencieux mais ardent de l’être nouveau qu’il fait naître en nous, la voix qui inscrit dans la chair et fait monter de ses profondeurs insoupçonnées le nom du Père 11, voix de l’Autre qui révèle l’inconnu de notre être le plus intime, ce « Il » qu’est devenu notre esprit pénétré d’Esprit. (10. Romains 8, 16, 23, 26-27.) (11. Voir : Jean 3,6 ; 2 Corinthiens3,3 ; Romains 8,14-15. )»
« L’Esprit en nous : ces témoignages de foi que nous n’aurions pas osé donner auparavant, la persévérance dans une prière jamais consolée, ce dévouement prodigué à une personne que nous ne pouvions pas supporter, la constance dans une foi troublée de tant de doutes, la patience dans une souffrance qui nous a si longtemps révoltés, l’« ouverture » d’une Ecriture qui nous était fermée, le plaisir pris dans une compagnie qui nous laissait indifférents, tout ce que nous n’étions pas et que nous sommes devenus capables de dire et de faire, ces manières inhabituelles de sentir et de vivre, tout ce en quoi nous avons été changés et déplacés, cette nouveauté qui est en nous sans pouvoir en venir, voilà l’œuvre de l’Esprit.
L’étonnement que nous en éprouvons, le sentiment d’être livrés à l’Hôte étranger en même temps que donnés à nous-mêmes, voilà le critère de sa présence, auquel s’ajoute l’attestation que l’Esprit rend à notre esprit, ces fruits de l’Esprit que sont la paix, la joie, l’amour et, par-dessus tout, la conscience d’avoir accédé à l’ordre de la gratuité et de l’excès, de la liberté et de la nouveauté de vie 14. (14. Voir : Romains 8,16 ;Galates 5,22 ; Luc 6,38 ;Romains 6,4.)
Un autre critère de l’action de l’Esprit, autre forme de son « attestation », est fourni par le
testament
de Jésus, la prière qu’il adressait au Père pour que ses disciples, après son départ, restent unis entre eux : « Que tous soient un comme nous sommes un, toi en moi et moi en toi, et eux aussi en
nous15. » Lien d’unité de la Trinité 16 (16. Une ancienne formule liturgique rendait « gloire au Père et au Fils dansl’unité de l’Esprit Saint ».), de même qu’il l’est du corps
du Christ qui est l’Eglise 17 ( 17. Voir : 1 Corinthiens 12,1-13 ; Ephésiens 4,3-4 ; Colossiens 3,12-16.) , c’est l’Esprit Saint qui forme le
nous commun du Père et du Fils, et le nous des chrétiens sur ce modèle, et qui insère le second dans le premier. Le nous divin, qui maintient la distinction de «
toi et moi », n’est pas fusion mais coexistence du Père et du Fils l’un dans l’autre. Le nous le plus naturel aux hommes n’est pas non plus l’élimination du moi, il est son
extension à d’autres, mais au point qu’un moi envahissant risque d’accaparer ceux auxquels il s’associe, et un nous exclusif de devenir l’expression d’une volonté de puissance
opposée à d’autres nous 18 (18. Le nous est un je amplifié et dilué, dit le linguiste Emile Benveniste. ) . Le nous chrétien que forme l’Esprit requiert, lui
aussi, l’entière et forte implication du je, mais dans la désappropriation du moi, l’engagement du je à laisser croître d’autres je, à se mettre à leur
service19 (19. A les « sup-porter », c’est-à-dire à « se mettre au-dessous » d’eux : Ephésiens 4,2 ; Colossiens 3,13 ) , le dessaisissement de soi sous
l’anonymat d’un je qui, dissimulé dans un pluriel, se laisse dire par d’autres à la façon d’un il. Tel est le nous que la récitation quotidienne du « Notre
Père » devrait aider les chrétiens à former, entre eux et avec d’autres, non seulement dans l’universalité de l’Eglise, mais également et beaucoup plus dans toutes relations interpersonnelles,
communautaires ou sociales. S’habituer à glisser le je dans un tel nous, à la fois en excès et en retrait, non toi comme moi, mais moi comme toi, c’est le signe qu’une «
Troisième personne » s’y est logée.
Ce que me dit le Bonheur:
Le bonheur n’appartient pas aux croyants, cela au moins nous pouvons le partager…
Depuis toujours, il y eut des hommes sages, pour donner les clés d’une existence sereine… Déjà les grecs, puis Montaigne « Quand je danse, je danse ; quand je dors, je
dors.. » qui préconise de jouir loyalement de son être. Spinoza parle de volupté et surtout de ‘ joie ‘. Son livre ‘ Ethica ‘ est un itinéraire existentiel vers la ‘ béatitude ‘. Même
Schopenhauer propose son traité de la vie heureuse ( Aphorismes sur la sagesse dans la vie )… La plupart des méthodes préconisent de vivre l’instant, voir avec un regard sans critère, pour
une joie sans cause… Il me semble que la religion n’apporte pas grand chose de plus, à cette confrontation au quotidien, si ce n’est de confirmer que la ‘ joie ‘ n’est pas
réservée pour un futur éventuel… « Heureux l’homme … » ( Psaume 1 ..) ; « J’ai placé devant toi la vie et la mort, le bonheur et la calamité : choisis la
vie ! » Deutéronome 30,19 …
Le bonheur, n’est pas à penser comme un absolu.
Le bonheur est-il plus fort que la mort … ? C’est une question religieuse, est la réponse négative ne le remet pas en cause, pour autant… Alors, qu’apporte donc la foi ? Rien…
Décidément, il ne faut pas chercher de 'raison ' à la Foi... Et pourtant, une Foi sans raison, sans doute, n'est qu'une croyance .... Il faut admettre qu’il n’y pas de preuves à la foi.
Le bonheur ce peut-être une rencontre, un visage... une ‘ incarnation ‘… ou une joie sans cause.
Ce que Levinas me dit:
Ce que le juif Levinas enseigne me semble toujours au-delà du religieux, ou ce qui serait plus juste parait universel, parce que tout est religieux .. !
« Tout le monde est responsable de tout et de tous, et moi plus que les autres » Dostoïevski .
L’éthique est une subversion, un retournement ontologique par lequel l’humain cesse
de se préoccuper de son être pour se tourner vers l’autre. Levinas corrige cet absolu par le « tiers » qui rompt cette dualité dangereuse ( je ne peux pas tout céder à l’autre …
que faire alors du ‘ troisième homme .. ? ) Il faut une justice , un Etat… à corriger également par « le visage » : fragilité, autre, qui n’est pas objet de saisie ou
de connaissance… Le visage, l’autre, le tiers - face au visage …etc.
L’Amour selon Levinas, n’est ni fusion, ni accord : mais dissymétrie radicale, l’autre comme mystère et absence …
La mort : On ne meurt que pour les autres. Des dix commandements ( 5 du côté de Dieu, 5 du côté de l’homme ), Levinas fait correspondre le 1er et le 5ème : « Je suis l’Eternel ton Dieu » et « Tu ne tueras point. » Ce visage qu’on ne peut tuer… !
Salomon Malka, que je résume à partir de son commentaire sur Levinas, compare ensuite Levinas et Kierkegaard, en particulier sur cette formule de Tertullien ( Père de l’Eglise ) « Je crois parce que c’est absurde »… et rappelle le geste d’Abraham : est-ce le même Dieu qui arme le bras du père et Celui qui l’arrête ? La foi plus forte que l’absurde ?... Puis, il y a Abraham qui dialogue, s’interpose entre Dieu et les hommes, et lui arrache le pardon pour les pêcheurs de Sodome et Gomorrhe…
Le Royaume
Je lis, sous la plume de A. Conte-Sponville, une formule, que je connaissais, tirée du Nagarjuna :
« Tant que tu fais une différence entre le nirvana et la samsara , tu es dans
le samsara »… Et, je fais également la similitude avec l’éternité et le temps, l’absolu et le relatif, le paradis et l’enfer… Bref, comme nous dit l’Evangile de Jésus le
Christ : le Royaume est déjà là… !
J. MOINGT La mort, la résurrection - la Vie …:
Les notes, ci-dessous, sont retranscrites à partir de ce que j’ai entendu d’un entretien avec Joseph MOINGT, un théologien prêtre jésuite, que j’écoute ou que je lis - avec la joie de comprendre ce dont j’ai l’intuition en lisant les Evangiles… J’adhère à tout ce qu’il exprime…
La résurrection est commencée avec la création : nous sommes appelés à vivre éternellement avec Dieu, à condition d’orienter notre
existence dans le sens de la gratuité , la gratuité d’une vie qui coopère à la création … Dieu donne La vie , en donnant Sa vie.
« Ce que vous avez reçu gratuitement, donnez le gratuitement ». Nous sommes débiteurs de la création, des autres… Grâce à eux nous sommes en lien avec le « Corps de Christ » ; avec eux nous empruntons un chemin vers ce qui se construit : le royaume ( ou le règne ) de Dieu. Le Royaume arrive avec la Résurrection, Saint Paul annonce tantôt l’un, tantôt l’autre …. La Résurrection est un processus : c’est la vie qui se dégage de la mort. Nous entrons dans ce process dès que nous entreprenons de vivre gratuitement, et cela commence avant notre mort… Notre résurrection se fait par notre travail dans le monde, sur le monde, pour le monde… Nous œuvrons pour rendre la terre plus habitable à chacun, plus accueillante…Ce qui impose des actes de dépossession, ce que St-Paul appelle « mourir au vieil homme », c‘est à dire à l’égoïsme… Nous devenons créature nouvelle et semence de nouveauté…
La mort arrivant, elle n’interrompt pas ce don d’une existence gratuite ; nous poursuivons notre résurrection en restant en lien avec cet univers dont nous sommes les ‘ produits ‘… Nous ne sommes des être humains qu’au travers les relations que nous entretenons avec les autres… Nous continuons à rester en lien avec les autres et l’univers… C’est pour moi, ce que signifie la résurrection corporelle …
Ce qu’il reste de notre identité ? Mais... Qu’est ce que notre identité ? C’est notre corps ? ( de qui le tenons-nous ? ) Qu’est-ce ? Un amas de cellules , de la poussière d’univers .. ? Pour moi, nous ressuscitons dans ce que nous recréons de nous-mêmes, dans la liberté, la gratuité, la justice et l’amour… C’est l’être totalement libre qui ressuscite de nous ; cette identité n’est jamais strictement notre individualité.. parce que, nous sommes en constante évolution – création ; nous nous créons nous-mêmes à l’image de Dieu, notre véritable et commune identité .. Vivre gratuitement, c’est vivre pour les autres… Notre ‘personne ‘ se développe dans les autres, elle devient relationnelle .. Nous nous recréons non pas dans une individualité enfermée dans une coque .. mais comme un être ouvert, exposé aux autres : un nœud de relation, c’est cela qui est appelé à ressusciter …
On
ne se fond pas dans le « Grand Tout »… Il y a l’idée que nous nous intégrons dans des tissus d’humanité pour reconstituer un seul Homme dans le Christ : l’Homme nouveau.
Mais, dans ce Tout : nous gardons notre liberté. Notre liberté ne s’aliène pas, nous gardons notre subjectivité et nous gardons l’identité que nous nous sommes donné, mais c’est une identité
ouverte. Ce n’est pas l’identité du moi, le moi qui ne sait dire que moi, et qui finalement est vide, vide si ce n’est de choses que nous avons accumulé et que nous perdons dans la mort… .
Notre identité se reconstruit de tout ce que nous abandonnons à la mort, tout ce que nous abandonnons de nous-mêmes pour nous occuper des autres … Ce qui ressuscite de nous : c’est un être
neuf, que nous reconnaitrons dans le Christ , à la lumière de la révélation ; ce ne sera pas notre stricte individualité, nous ressusciterons dans une plénitude d’humanité, dans laquelle,
actuellement, nous ne vivons jamais … L’homme est un être essentiellement ‘ historique ‘… Nous vivons l’histoire du monde, de l’humanité en créant notre propre histoire ; nous récapitulerons
la totalité de notre histoire, ce que nous ne pouvons jamais faire … ! Si ce n’est pas quelques souvenirs, et encore … Suis-je l’enfant que j’étais à 10 ans ? On ne peut sauver que ce
qui meurt. Il faut être mort, en donnant sa vie librement …
Dans quelle mesure un homme est-il capable de liberté, est-il capable d’Amour .. ? Je crois dans, ce qu’on appelle dans le catholicisme, la communion des saints… Ce qui veut dire que l’on peut s’aider mutuellement, même après la mort, à conquérir la plénitude d’humanité qui nous aura manqué dans cette vie. Dans la communion des saints, nous vivons une communion relationnelle plus intense que celle que nous pourrions vivre ici … et nous en aurons conscience .. Nous récupèrerons une individualité relationnelle , tissée de tous les liens que nous avons connectés aux autres … Comme une toile informatique
Le salut : une Humanisation de l’Homme qui se poursuit après la mort… La fin du monde ? A retenir chez Teilhard de Chardin : l’idée de la ‘noosphère’ ou ‘l’hyper-personne’ = un univers spiritualisé dans lequel l’être matériel et corporel se réalise. Nous fabriquons notre corps spirituel à mesure que nous vivons … C’est notre histoire qui ressuscite
Le salut de l’humanité, intégré dans l’immensité de l’univers … ? Cela dépasse l’imagination, et toute pensée constructive… Je résonne dans la Foi, la foi qui n’est pas un savoir… Je réserve la possibilité que tout retombe dans le néant, c’est par la foi que je crois que nous échappons au néant, par ma foi en la résurrection de Jésus, à cet égard, ma foi propose un modèle d’humanité différent pour celui qui y croit et pour celui qui n’y croit pas ; et donc une fin de l’histoire différente…
La rationalité de la foi chrétienne s’exprime beaucoup plus facilement dans l’engagement de vie auquel elle nous conduit … Le seul témoignage de vérité de notre foi, c’est de nous faire agir en vérité.
Le regard sur l’homme : l’homme est capable du pire, surtout si nous l’examinons en grande société… Individuellement, beaucoup d’entre nous sommes capables du meilleur, qui peuvent faillir, mais aussi se relever .. Nous voyons qu’il y a dans l’homme une ressource de changement , de liberté … Nous pouvons espérer dans l’humanité … avec ce conflit en chacun de nous, entre le vieil homme et le nouvel homme… La foi en la résurrection n’est pas un optimiste beat, la foi ne donne par l’orgueil du savoir.. La Vérité de ma foi, c’est d’abord ce qu’elle me fait vivre. Dans la résurrection , je puise l’espérance dans l’humanité, l’Evangile rend capable de vivre autrement … L’espérance n’est pas une certitude …
Voir de J. Moingt : « L’homme qui venait de Dieu »
La fin de la religion ?
En Occident, le christianisme annonce et prépare depuis plusieurs siècles la fin de la religion. Il ne tient qu’à elle ensuite d’être La religion de la fin des
religions… !
Au risque, à mon avis, que
l’occident perde son âme, coupée de l’Esprit…
En effet : les causes du déclin de la religion sont :
- le mysticisme et cette recherche d’une relation directe à Dieu sans passer par le prêtre ( l’histoire de l’Eglise est jalonnée de ce désir spirituel de liberté …
- Ensuite, cette promotion humaniste de la personne prend son essor avec la modernité et la philosophie des lumières…
- Enfin, le chrétien ‘ moderne ‘ veut mettre son christianisme dans la vie, et non pas seulement dans les rites ( qui deviennent ensuite des objets culturels , vidés de leur sens..). Il est souvent amené à rechercher l’esprit originel des Évangiles à la marge de l’institution…
Le danger est qu’un humanisme qui serait
purement naturaliste et rationaliste, ne puisse survivre, faute de sens … Ce courant, légitime et non religieux a des sources chrétiennes et ce sont ces sources chrétiennes qui peuvent
encore sauver notre monde… Actuellement, l’eschatologie est encore très chrétienne, la morale communément partagée est dans son idéal assez évangélique, mais sans ‘ la Foi ‘, la notion de progrès
ne va se traduire que par les données quantifiées d’un bonheur matériel ( beaucoup d’argent, de profits, ..). La personne est essentiellement relationnelle . Cependant, la vision de
l’ultralibéralisme conçoit son progrès : chacun indépendamment de l’autre, voire de l’Etat … Et si s’enrichir revient à appauvrir d’autres gens, la notion de mérite adaptera ce salut
matériel à des raisons individualistes ( travail sur soi essentiellement… ( motivation, désir de vaincre, …) .. ) Le rôle de la religion serait alors de réagir, et de garder le sens de l’infini,
de l’absolu ( lié au sens de l’existence ..), et de l’altruisme ( compassion, souci de l’autre comme membre d’un même corps ( St-Paul…) )
Il serait nécessaire de revenir aux origines du christianisme… Jésus n’a jamais manifesté son désir d’une religion nouvelle, mais il nous a donné des Évangiles, une nouvelle manière de vivre… Il faudrait plus parler de foi que de religion .. ! Dans ce contexte le prosélytisme, n’a pas de sens ; le Royaume de Dieu n’est pas un ‘ temps à venir ‘ auquel il faut se préparer. Le Royaume de Dieu, s’inscrit dans une Parole qui se vit, qui prend racine ici et maintenant, dans l’interaction du personnel et du collectif. Cet idéal d’humanité se fonde sur la création ( toujours active ) de l’humain à l’image de Dieu et sur sa destinée à partager la vie même de Dieu.
Le puits vers la source de notre véritable nature.
Il est souvent utilisé l’image du puits que chaque spiritualité creuse, pour atteindre le fleuve souterrain unique que serait la Vérité. Chacun peut s’imaginer posséder la seule eau qui désaltère… Jésus devant la samaritaine n’oppose pas le temple de Jérusalem à celui du Mont Garizim… Non, Juif, il répond à la question: « Femme, ce n'est ni sur cette montagne, ni à Jérusalem, qu'il faut adorer, mais en esprit et en vérité. »
Lors de cette rencontre, l’eau d’abord demandée au bord du puits s’est chargée de significations successives ( de l’eau pour ne plus venir au puits jusqu’au prophète reconnu et à « Je te donnerai à boire de l’eau qui fait que tu n’auras plus jamais soif », pour désigner la réalité divine qu’est la vie éternelle, et qui n’a de sens que selon la foi.
Elle illustre parfaitement l’affirmation de H. de Lubac, pour lequel « le passage de la lettre à l’esprit est le mouvement même de la metanoia », c’est-à-dire de la conversion.
C'est à cette femme, et non aux apôtres, que Jésus va décrire la véritable religion de l'Esprit! C'est en elle qu'Il va construire et susciter le sanctuaire éternel, le seul Temple de
Dieu, le seul Sanctuaire du Nouveau Testament qui est nous-même, dans notre esprit, dans notre coeur, dans cet échange total de nous-même avec Dieu qui se communique infiniment à nous. ( Zundel
)
Cette liturgie au bord du puits, que me donne Jésus, avec sa parole et les outils nécessaires pour m’abreuver à sa source, n’est pas moins vitale pour moi que ne peut l’être le ‘dharma’ pour un bouddhiste. Et cette constatation n’enlève rien à ma foi en Jésus le Christ, fils de Dieu, mort et ressuscité. Dieu - lui même Trinité -, est au cœur de la relation. Il est là, au cœur de ma liberté et de ma recherche vers ma véritable nature ( … de Bouddha… :-) ).
Critique, croyance et Foi.
La critique religieuse de Jésus, ne porte pas sur une religion. Jésus est tout à fait juif. Sa critique porte sur les ‘croyances’ établies de la religion.
« La croyance ne supporte pas la critique, alors que la foi ne peut que la désirer » Maurice Bellet. La ‘critique’ ( ou le questionnement, ou le paradoxal, ou la libre pensée …) est au cœur de l’Evangile. D’ailleurs Maurice Bellet, situe le théologique en rapport avec la philosophie et la psychanalyse qui n’existeraient pas sans la critique .. !
Ce que la science m’apprend, c’est que la réalité est à la rencontre de plusieurs disciplines : l’astronomie, la biologie, mais aussi les sciences humaines, avec leurs méthodes différentes. De même la Vérité, n’exclut aucune religion même si la pratique de l’une n’inclut pas la démarche d’une autre. L’une peut et doit éclairer l’autre. Cependant, l’homme ou la femme dans ses limites, se doit de bien connaître sa voie, pour s’enrichir d’une autre… au risque d’un syncrétisme que même les méthodes scientifiques rejettent.
Et pourtant, les biologistes ne considèrent pas qu’ils possèdent - à l’exclusion des psychologues, et d’autres disciplines – les seules vraies méthodes ; et ce « relativisme » ne met pas en cause la vérité des découvertes en Biologie … !
Autre point sur lequel, il serait bon de s’interroger quand on propose à quelqu’un d’une autre culture, de se convertir : c’est ce qu’il advient de ce qui, chez cette personne, ne s’est pas directement exprimé et qui pourrait le faire au travers de son inconscient… ? Je pense aux archétypes et au symbolisme qui continuent souvent de s’exprimer dans l’ancienne culture.. ?
Ce que me dit Spinoza :
Comme les premiers chrétiens, Spinoza
fut accusé d’être athée, et rejeté de sa communauté juive d’Amsterdam.
- Spinoza pense que tout ce qui est, est en Dieu. Ainsi, il dénonce la spéculation de ceux qui adressent des prières, des offrandes pour une cause, et qu’ainsi ils bafouent l’Amour divin, qui implique de ne pas « faire effort pour que Dieu [nous] aime à son tour » !
- Que de fois, chez les chrétiens, j’entends non sans mal, l’affirmation de la volonté de Dieu qui s’exprimerait là ou ailleurs… Comme si - et maintenant je cite Spinoza - « à interroger sans relâche sur les causes des évènements, jusqu’à ce que vous vous soyez réfugié dans la volonté de Dieu, cet asile de l’ignorance » ( Ethique : 1677 ). C’est bien dit …