foi
Mariage - La Religion ne parle t-elle que d'Amour ?
La question du mariage, de l’Amour, de la morale catholique… agite mon esprit actuellement. J’essaie d’éclairer en moi, ce qui me gène dans le discours traditionnel, répété à longueur de temps dans les homélies… A savoir: « T’en fait pas, si personne ne t’aime : Lui, Dieu, t’aime… » ; « L’Amour de Dieu, véritable Amour, s’exprime au travers du couple, donc quand les époux s’aiment, ils représentent : l’Amour de Dieu »…., Donc …« Le mariage représente l’alliance entre Dieu ( l’amant ) et son Eglise ( l’aimée )… » etc … etc…
Et, aujourd’hui, je retrouve un auteur qui m’avait fortement marqué, alors que j’étais étudiant : Nicolas Berdiaeff, et surprise… ! Je rencontre là, précisément, un peu de ma question …
Sa position envers la famille
peut-être résumée par un passage qu’on trouve dans son livre De la destination de L’homme : « L’amour considéré dans son élément pur, dans son originalité, présente un phénomène
personnel, alors que la famille offre un phénomène social. Là gît tout le tragique de l’amour authentique, qui procède d’un autre monde dans celui-ci. L’amour sexuel, en actualisant dans la
quotidienneté sociale, crée la famille. Les formes de celle-ci sont sujettes à changement, tout comme la quotidienneté, sur laquelle l’esprit d’éternité ne repose pas. Son conservatisme n’est pas
généralement une protection de ce qui est éternel, mais de ce qui est temporaire » ( De la destination de l’homme, p. 305 ).
Berdiaeff oppose l’amour
et la famille, chaque réalité appartenant à un monde différent. N’est-ce pas, au fond, ce que je ressens intuitivement…? L’église pendant 2000 ans , n’a t elle pas menti sur la réalité
sociologique ( et non spirituelle ) de la ‘ conjugalité ‘.. ? Bien sûr, je ne méconnais pas le sentiment amoureux, et je sais qu’il peut être l’icône de l’Amour - ce que nous pourrions
nommer la ‘ nuptialité ‘ - pour la différencier de la conjugalité. C’est je crois, aujourd’hui, reconnu dans notre culture … sauf par l’institution chrétienne… !
Continuons avec Berdiaeff :
Berdiaeff n’hésite pas à reprendre St Augustin, qui ne cherchait peut-être qu’à domestiquer sa sexualité … ( ? ) : « Un homme comme saint Augustin a pu
écrire un traité sur le mariage qui ressemble tout à fait à un traité sur l’élevage du bétail ; il ne soupçonne même pas l’existence de l’amour et ne trouve rien à en dire » (De
l’esclavage et de la liberté de l’homme, p. 254 )
Berdiaeff accuse le christianisme, au long de son histoire, d’avoir nié la liberté de l’amour. Elle n’a fait que se soumettre à la raison sociale, a adapté ses exigences, obéit aux conventions variables de la société. Il reproche au christianisme historique d’avoir été incapable de comprendre l’amour et son esprit créateur, d’avoir même, en exaltant la virginité, de voir un péché dans le désir d’aimer, d’avoir parlé invariablement de l’amour en l’inscrivant dans le seul ordre générique et institutionnel, et non spirituel ou personnel. Selon lui, les réflexions théologiques sur l’amour sont, dans la plus pure tradition chrétienne, envahies par un moralisme, qui pour lui est immoral. Il déclare dans son autobiographie : « Je haïssais la moralité, l’illégitimité, détestais les sermons vertueux »( Essai d’autobiographie spirituelle, p. 94. ).
Tout le monde sait, qu’avant le XXème siècle, l’amour était rarement vivant au sein de la famille, et que la plupart des mariages ont été en réalité malheureux.
« La famille est une institution hiérarchique fondée sur l’autorité et la soumission. En elle, la socialisation de l’amour équivaut à peu près à sa suppression »( Essai d’autobiographie spirituelle, p. 86 )
La Société ne parle pas d’Amour,. Elle régule, règlemente et soumet quelque chose qui ne peut plus être de l’Amour… !
« Aucun amour autre que l’amour libre n’est concevable, et l’amour imposé, déterminé du dehors, est une contradiction dans les termes » ( De l’esclavage et de la liberté de l’homme, p. 253 )
Nicolas Berdiaev [ 1874 - 1948 ]
Philosophe russe, Nicolas Berdiaev fuit la Russie bolchévique et transfère à Paris en 1924 l'Académie de philosophie et de religion qu'il avait fondée à
Berlin. Penseur de la liberté (qu'il oppose à l'ontologie), il fonde une véritable philosophie de la personne qui influencera Emmanuel Mounier et le personnalisme.
L'Amour, n'est pas ce que nous ' croyons ' !
Fabrice Midal est bouddhiste.
Il est aussi philosophe, critique d'art ...
Au travers de ses questions, de son analyse... Nous retrouvons, je pense, le message essentiel de Jésus, le Christ, sur l'Amour...
Fabrice Midal s'étonne: un auditeur lui demande: " Paut-on s'aimer, sans avoir des relations sexuelles..?" Le malentendu est là!
D'abord, F. Midal répond: " je l'espère...! N'aimez-vous pas vos enfants...?
Ensuite, souvenons-nous... et relisons la Bible...:
- L'Amour n'est pas ce sentiment sirupeux qui ferait que nous serions tous attirés les uns vers les autres...
- L’Amour c'est tout simplement une expérience de bonheur, de joie… Cette expérience nous la vivons de multiples façons : dans la nature, en écoutant de la musique … Chacun sa porte!
- Il y bien des façons d'expérimenter " l'Amour ", avant de le ramener au couple ..!
- Lorsque nous souffrons de ne pas aimer, ou de ne pas être aimé, ou de ne pas ' savoir aimer '... Réjouissons-nous, nous dit F. Midal: l’Amour s’appelle à nous, l’Amour est là…. L’Amour est un chemin …
- L’Amour est là… C’est nous qui sommes absent.
Fabrice Midal, revient aux fondamentaux de la Spiritualité:
" ... ce qui anime notre chemin c’est l’amour, et l’amour n’est pas un sentiment. L’amour est inconditionnel, équanime et intime. La vérité de l’amour n’est pas que nous devons aimer, mais que nous sommes aimés : l’amour est déjà là, toujours, -- toujours absolu. Mais il s’agit de se laisser aimer jusqu’en cette part de nous que nous n’aimons pas. D’ailleurs l’amour ne porte aucun fruit et meurt dès qu’on ne se fie qu’à son propre jugement et qu’on se prend pour le centre. Mais quand on se laisse aimer on se découvre plus ample qu’on ne croyait. C’est ce choc qui donne un dynamisme de vie, c’est une révolution absolue. L’amour appelle, et on ne peut se refuser. Cependant il est aussi vrai que cela appelle un travail ardu : l’amour, c’est comme le muscle : ça se développe ! La pratique est simple : il suffit de faire passer ( ' autre chose '... ) les autres avant soi. Mais n’oublions pas que dans le bouddhisme, l’amour et la connaissance sont toujours liés... "
Une des particularités du christianisme ( la plus belle ..! ) est d'avoir personnalisé ( par l'intermédiaire de Jésus...) le divin... Aussi,
peut-être, avons nous exagérément compris les attributs divins, au travers de la relation humaine... Jusqu'à réserver l'Amour à un sentiment inter-personnel ... ?
Jésus: l’homme qui évangélisa Dieu.
"Est-il vrai, selon le mot du dominicain Jean Cardonnel , que Jésus soit le seul qui "évangélise" Dieu ?
Non certes que Dieu ait besoin d'être "évangélisé" mais bien la manière dont nous
parlons de lui et dont nous utilisons son Nom. Que de peuples au cours de l'histoire l'ont annexé au seul profit de leurs ambitions politiques ! Et ce n'est pas fini. Dieu ou ce qu'on en a
fait est partout l'alibi universel. Du coup, nous sommes malades des images de Dieu que nous transmettons de génération en génération sans bien mesurer les désastres qu'elles engendrent. Jésus
parle de Dieu autrement qu'on ne l'avait fait avant lui. Il nous le rend, libre des ambitions et des peurs qu'au long des siècles, nous lui demandons de cautionner. Et en nous révélant un
peu du visage de Dieu, il nous révèle le vrai visage de l'homme."
Dominicain, René Luneau a été pendant plus de vingt ans chercheur au CNRS (sociologie religieuse africaine) et enseignant à l'Institut Catholique de Paris (Cycle du
Doctorat : Unité de la foi, diversité des cultures).
Il a publié, seul ou en collaboration, une vingtaine d'ouvrages dont plusieurs ont été réédités et traduits en langues étrangères (italien, espagnol, portugais, allemand). Il a notamment
publié Tous les chemins ne mènent pas à Rome, Albin Michel, 1995 ; L’enfant prodigue - Bayard, 2005 ; Paraboles nouvelles - Karthala,
2007, L’homme qui évangélisa Dieu - Albin Michel rééd.2009
Ma recherche du bonheur.
Perceval a rêvé de gloire et la chance lui a souri...
Après cinq années d'aventures, mais aussi d’errance et d’oubli de Dieu. Ce temps de belles prouesses ne le satisfait plus...
Un ermite, oncle de Perceval, lui fait voir dans quelle nuit spirituelle il a jusqu’alors vécu. Seule la reconnaissance de la foi et l'espérance de la résurrection peut réparer ce manque et lui permettre de retrouver le Graal et de guérir le roi.
Sans doute, recherchons nous à combler divers manques, par une satisfaction matérielle ( et je ne parle pas des besoins élémentaires ) qui
nous laisse insatisfaits… Le répit est bref ,
et le ‘ désir ‘, à nouveau , se fait sentir.
Certes, , au travers, de ces rêves et de la satisfaction de pouvoir les atteindre, je me sens vivant.
Cependant ; avoir ma maison, avoir une ‘ bonne situation ‘, avoir des enfants… Est-ce là les aspirations d’une conditions humaine ? Même si, le génie humain, accompagne cette satisfaction de nos besoins, par une ‘ valeur ajoutée ‘ culturelle et artistique sans limite… Il me semble, encore, que je n’exprime pas ma véritable nature…
A mon avis, il ne s’agit que d’une erreur de cible… Mon ‘ aspiration ‘ est bonne ; mais je dois viser l’Etre plutôt que l’avoir…
Ma véritable nature ,- que je la nomme ‘ véritable nature de bouddha’ ou ‘ divine ‘ – doit m’inciter à ne pas considérer la satisfaction de mes désirs, comme le sens de ma vie. Cette satisfaction est un don, une richesse à disposer, à partager… A l’inverse, en faire une fin en soi, qui justifierait tous les moyens ; c’est véritablement se tromper de cible, c’est la manquer… Jésus emploie ce mot , galvaudé depuis : « pécher ». Peu importe le vocabulaire. Cette reconnaissance de ne pas trouver mon bonheur par cette ‘ erreur de cible ‘, m’amène à rechercher ce qui peut véritablement satisfaire mon aspiration à plus de vie, plus de joie, plus de bonheur…
La Prière et la marée noire ...
Pendant les informations de 20h, sur la chaîne publique ; des catholiques américains s’expriment sur la marée noire et la Prière. Les propos me gênent terriblement… Bien sûr, je pense à la caricature ainsi formulée de la ‘ prière ‘. De plus, j’imagine, ce que peuvent penser tous les ‘ athées ‘, les ‘ agnostiques ‘ et les ‘indifférents’, de la spiritualité chrétienne… ! … Je reformule :
« Les conséquences de cette marée noire, seront terribles sur nos emplois, et la vie ici… Nous prions dieu, pour qu’il nous épargne cette catastrophe.. etc. »
Il ne s’agit
pas, pour moi, de refuser que s’exprime une plainte… Il est normal, que nous puissions le faire, avec nos tripes, dans une conversation intime avec Dieu ( un ‘colloque’, disons-nous avec
St-Ignace… ). Les psaumes expriment bien ces sentiments …
Je pense, que si l’Eglise qui s’exprime ainsi sur une chaîne de grande écoute, limite son message à cette expression, sa communication se limite à une ‘ Bonne nouvelle ‘ de type sectaire ou magique …
En restant limité à cette expression archaïque de la religion, nous sommes en parfaite contradiction avec le message évangélique …
Je reçois aujourd’hui même, ce message de l’association qui promeut les écrits de ce prêtre catholique qu’est Anthony de Mello…
Prêtre, qui n’est pas en ‘ odeur de sainteté ‘ du côté de la curie Romaine,
parce qu’il inculture le message du Christ dans sa propre culture indienne influencée par l’advaïta … Je pense que cette parabole est lumineuse … !
LA PRIÈRE
Le Maître ne cesse jamais d'attaquer les notions
qu'entretiennent les gens à propos de Dieu.
« Si ton Dieu vient à ton secours et te tire d'affaire, dit-il,
il est temps que tu te mettes à la recherche du véritable Dieu. »
Quand on lui demande ce qu'il veut dire, il raconte cette histoire :
« Un homme laisse sa bicyclette neuve sans surveillance
pendant qu'il fait ses courses au marché.
Ce n'est que le lendemain qu'il se souvient de l'avoir laissée à cet endroit.
Il se précipite alors vers le marché en se disant que son vélo a été volé.
Mais il le retrouve exactement là où il l'a laissé.
Rempli de joie, il se rend au temple le plus proche
afin de remercier Dieu d'avoir veillé sur sa bicyclette.
Lorsqu'il sort du temple, sa bicyclette a disparu! »
Anthony de Mello
Ma prière du cœur : « Seigneur Jésus-Christ, fils de Dieu, prends pitié de moi ».
Il suffit que je couvre mon esprit de Silence.
Les yeux fermés, ou non, le souffle posé… et ces mots viennent. Avec l’expir : « Seigneur Jésus-Christ fils de Dieu » et à
l’inspir : « prends pitié de moi » . Et ainsi, de suite… Pour des instants de paix, ou pour une méditation .
Ces mots, ne sont pas les miens. Je n’emploierai pas « Seigneur », trop aristocratique. J’éviterai ‘ Dieu ‘, trop de malentendu ! Je ne dirais pas « pitié », trop plaintif, mais surtout … humiliant !
Ces mots, sont attachés à
une tradition. Ils ne sont pas les miens, mais, il le furent bien avant moi, pour d’authentiques chrétiens. Ils sont patinés par les siècles, encore vivants de toutes le prières passées et
présentes.
- Je les fais mien. Ils m’ont apprivoisé.
Seigneur, c’est l’appel au ‘ Maître ‘ ; je n’en ai qu’un et il exclut les autres.
Il est’ Jésus ‘ , il est vivant - et nul autre, ici ne peut être mon maître. Jésus, c’est son nom de naissance : Homme, comme nous pourrions
l’être, et mort pour ‘ ressusciter ‘ – C’est à dire, accéder à La Vie, non pas comme Lazare, mais vivant comme le divin.
Il est ‘Christ’, choisis à la naissance, et dès le commencement, pour être le ‘ Verbe ‘, le Messie, celui qui annonce notre lien divin.
Il est à l’image divine, fils de Dieu. Celui, -l’unique homme - à être en communion de don. Mon frère et mon Père, qui attend avec impatience et Amour mon retour.
Prends ma pitié de moi, et donne Ton Amour. Je ne suis pas digne… J’ai quitté la communion, réclamé mon héritage, oublié l’origine, la source. Je crois jouir de la vie…
A l'origine ... Le Don.
Un « fétu de paille », n’est ce pas ainsi que nous apparaît toute Somme, toutes les encycliques, les thèses… Quand finalement, nous nous posons toujours
la même question…
La question essentielle : Je suis et je pense, mais pourquoi faire ?
Qui est cette … Cette... ? Présence ? Allez, disons : Dieu !
Non pas: dieu existe t-il ? Car ce dieu là, est mort : ces dieux conceptuels : ces idoles philosophiques : horloger, architecte.. Pourquoi Dieu, existerait comme nous ? Pourquoi se soumettrait-il à notre rationalité ?
Non, la Question est plus existentielle que cela! L’homme a une raison d’exister, ou, il n’est que chimère...
Le Dieu, Celui qui est mon horizon, et mon origine ; qui est au plus profond de mon intimité, est tout Autre que moi.
Il est trinitaire, parce qu’il n’est pas un dieu solitaire. Il est trinitaire parce qu’il n’est que ‘ don ‘ ( Amour partagé )
C’est une expérience spirituelle, et ce sont les mots de Zundel : « En Dieu, il y a le don du Père au Fils et du Fils au Père dans la respiration de l'Esprit. En Dieu, il y a l'Amour éternellement communiqué. Dans l'immanence de l'être de Dieu, il y a l'Autre. Je est un Autre: le Père, un regard vers le Fils; le Fils, un regard vers le Père; le Saint-Esprit, un regard vers le Père et le Fils. »
Jésus, Le divin incarné, est la finalité de notre humanité.
« Il est unité, union. Il n’est pas solitude, mais « société ». Dieu n’est pas seulement l’Un mais l’Un et l’Autre, et l’Unité des deux. C’est pourquoi tout ce qu’il fait exister est pluriel…
Dieu est don de soi (Père), accueil de soi (Fils), vie, mouvement et fécondité (Esprit)." Père Doumergue sj ‘croire Aujourd’hui’.
Le don, pourrait-être bien l’explication de notre ‘ existence ‘.
JL Marion philosophe, écrit « absolument rien n’est, n’advient, ne nous apparaît ou ne nous affecte, qui ne s’accomplisse d’abord, toujours et obligatoirement sur le mode de la donation »
Quand je lis, chez ce philosophe que la « donation produit le donné, s’inscrit en lui, mais ne subsiste pas en elle-même, elle «ne se montre ni ne se fait voir» : c’est pourquoi elle est un vrai don, échappant à la logique de l’échange. Une telle donation est-elle «le propre de Dieu» ? » Il me semble que s’éclaire ma question existentielle, autrement que strictement religieuse, et encore moins dogmatique …
Le Don. L’Œuvre d’art, qui dépasse «ce que les organes de
la perception peuvent recevoir et traiter, provoquant l’éblouissement visuel ou sonore». La «Chair», qui excède toute relation. Le Visage d’autrui… Tout ces mystère d’être,
participent à la vision d’une transcendance …
Dieu se donne , mais on ne le prend pas !
Définir Dieu, autre qu’au travers le mystère d’une personne ( Jésus …), c’est s’imaginer le saisir… Et alors, on ne saisit au mieux que sa propre pensée ( ce que je suis en train de faire. Aussi, ce que j’écris, n’est que verbiage, poésie, ou prière …). Capter Dieu pour son désir, c’est poser une idole !
Ainsi, les deux fils du père prodigue. Chacun veut disposer du ‘ don ‘ pour lui-même… Le Père, à tout prix désire restaurer le lien ( gratuit) et tente par deux fois, à chacun, de se faire comprendre : « on ne peut gagner que si l’on reste dans la communauté de don »
L'homme intérieur
« Un homme noble s’en fut en un pays lointain pour s’y gagner un royaume et revenir ensuite ».
Evangile selon Saint Luc, chap 19
; verset 11
Je commencerai avec M. Zundel, ( L’Evangile intérieur ) parce qu’il est une ‘ référence ‘ qui fait autorité et parce qu’il dit 'simplement' l’essentiel :
« L’humanité est en péril de mort, parce que tous les problèmes – pédagogiques, économiques, sociaux, politiques – sont posés dans l’abstrait, en l’ignorance systématique de la question qui les éclairerait tous : Qu’est-ce que l’homme ?...
Chacun porte en soi quelque chose d’unique, avec la soif de connaître, de vivre et d’aimer. Chacun à sa manière est une fin : « Agis, dit Kant, de manière à traiter toujours l’humanité, soit dans ta personne, soit dans celle d’autrui, comme une fin et jamais comme un moyen » ( P20)
….
« Quelque chose de meilleur que nous, vit en nous. Quelqu’un nous accueille au plus intime de l’âme, et c’est une immense douceur de nous perdre en la lumière
qu’Il diffuse en nous » ( P27)
« Comment reconnaître François d’assise ou Vincent de Paul, Catherine de Sienne… sans reconnaître Celui qui les remplit, sans tressaillir de joie en présence du Dieu vivant ?( P28)
Dieu est une rencontre que chacun doit faire en soi. Et, en vérité, tout être est croyant qui s’efface devant cet Autre en soi, qui vaut infiniment mieux que soi et qui lui est plus intime que son âme : quelque nom d’ailleurs qu’il donne à la Présence lumineuse qui l’habite.
« Dieu dit admirablement Louis Massignon, Dieu n’est pas une invention, c’est une découverte. »
" Tes sens ne peuvent pas le saisir, mais tu pressens que son Esprit est «le coeur de ton coeur et l’âme de ton âmeþ», disait saint Jean Eudes. Le mystique Maurice Zundel aimait répéter que Dieu est présence.
Cette présence invisible jaillit du contact de la prière et non d’un raisonnement. Pour Zundel, le grand homme est celui qui n’est pas accroché à son moi, mais qui
gravite autour d’une Présence et se dépasse dans les autres. Il donnait souvent cette prière en pénitence aux personnes qui venaient se confesser: «Mon Dieu, cachez-moi dans votre lumière,
rendez-moi transparent à votre présence et apprenez-moi à être le sourire de votre bonté.» Comment ne pas entendre le cri de ce grand priant qui a compris que Dieu n’existe qu’en se donnant:
«Quand comprendrons-nous que Dieu est une présence
brûlante au fond de nous-même ? Quand comprendrons nous que Dieu est la Présence la plus actuelle et la plus réelle, la Présence hors de laquelle on ne peut rencontrer personne»?
(Bernard de Boissière, France-Marie Chauvelot,Maurice Zundel, Presses de la Renaissance, 2004, p.29). "
Je continue en donnant la parole à Bertrand Vergely dans un petit livre qui est un bijou : « la Foi ou la nostalgie de l’admirable » :
« Dans la tradition chrétienne, le Christ exprime une double signification. Il est, d’une part, ce personnage historique, dont on nous conte la vie et la mort. Il est également ce que l’on appelle l’homme intérieur.
N’est-ce pas une forme de récupération chrétienne ? Si l’on ramène tout au Christ historique, en exigeant que le monde entier s’identifie à lui, certainement. Si, en revanche, on entend par Christ, le Dieu vivant, l’infini incarné dans l’homme, il en va différemment…
Chaque être humain est capable de découvrir l’infini qui se trouve en lui, pour peu qu’il rentre en lui-même. Alors, il fait l’expérience de découvrir non seulement sa propre personne, mais une personne infinie, incarnant la rencontre entre l’infini et la vie.
La rencontre de l’homme intérieur n’
est pas un vain
mot. Toutes les sagesses ont en parlé…
Selon Maître Eckart, l’œil par lequel je me vois et l’œil de Dieu sont une seule et même chose. En nous approfondissant, nous découvrons Dieu. Non pas que nous soyons Dieu. Celui-ci n’est pas une projection de nous-m êmes. Il est au contraire, librement, face à nous.
.. En faisant croire qu’il fallait devenir moral pour accéder au Christ, la m orale chrétienne a dramatiquement inversé notre rapport à la morale. Comment accéder au Christ sans le Christ ?...
Ce n’est pas le Christ qui est un effet de la morale, mais la morale qui est l’épanouissement de l’homme intérieur.
Il est vivant !
Il est vivant ! C’est un message essentiel pour ma Foi.
Cela signifie, que la relation avec le divin est possible.
Bien sûr, cela était déjà vrai, avant l’annonce historique de la présence du divin dans l’homme ; mais à partir du moment ( c’était, il y a deux mille ans ) où le témoignage direct de Dieu incarné s’inscrit dans une Parole, Cela est manifesté, présent..
La Présence de Dieu, n’est plus dans une Lettre, serait-elle la Thora… Elle est dans l’Esprit !
C’est une véritable libération, c’est une Expérience… Quoiqu’en diront, les scribes, les prêtres et les légistes.
Spiritualité laïque ... et christianisme
Je lis cette phrase sur le Blog :http://bernard-romain.over-blog.com/article-bon-manager-46100053.html ; Site, que j’apprécie beaucoup par son esprit…
"- Un bon manager doit toujours se montrer humble, réceptif aux observations de ses collaborateurs.
Il doit reconnaître ses limites et les performances des autres.
L’ennemi à abattre, c’est le mépris.
La valeur à honorer, c’es la confiance."
C'est clair, c'est simple.... C'est vrai .
Comme chef d’établissement, j’essaie de pratiquer ce conseil.
Pour aller plus loin dans la réflexion ( pourquoi faire ?... certains me demanderaient … ! ) ; je m’interroge moi-même :
- Dirais-je : « Comme chrétien, j’essaie de pratiquer ce conseil. »..? et je dirais « non ! »
Il me semble que
cette ‘ résolution ‘ rejoint des valeurs humaines que je partage avec tout ‘ homme ‘. Ces valeurs appartiennent à une spiritualité laïque qui met l’Homme en idéal.
Mon christianisme me soutient, mais ne fonde pas cela. Ou, plutôt : je reconnais en moi , un ‘ Esprit ‘ qui rejoint, partage, ces valeurs humaines… Ma foi, me dit que cet Esprit est à l’origine de tout ce qui existe, et que son Etre explique que l’homme soit ainsi … Mais, avant cette conscience de ces choses, c’est l’homme, ( en tant que co-créateur : ça c’est mon explication personnelle ), qui se grandit en affirmant des valeurs universelles. C’est en ce sens qu’il est légitime de parler de ‘ spiritualité laïque ‘ et ceux qui la présentent ( comme A. Comte-Sponville ) sont convainquants.
Le christianisme, n’est pas fondateur de ‘ La civilisation humaine ‘. Il est attaché à l’histoire, à une ou des cultures. Il progresse, il accompagne ‘ le progrés ‘ des connaissances, il se trompe et se corrige … Le christianisme n’est qu’une religion. Le christianisme est ma famille. Mon christianisme est catholique, culturel. Il peut être universel, il ne l’est pas encore…