foi
la Foi: expérience.
Régulièrement, un débat oppose le texte biblique avec l’observation scientifique ou la connaissance historique…
Et régulièrement, il semble que la Foi vacille. A mon avis, elle s’épure, et s’allège d’une argumentation qui ne tenait pas. Après le procès de Galilée, grâce à cet homme, c’est la Foi qui a gagné. Jésus a été accusé de blasphème, il en est mort et c’est La Foi qui est victorieuse !
Qu’entendons nous par « avoir la foi » ? Deux personnes peuvent utiliser cette même expression et sentir ne pas partager l’essentiel !
Ma foi est essentiellement attachée à l’expression : « Christ est ressuscité » .
N’est-ce pas dire qu’il est vivant ? S’il est vivant : il y a ‘relation ‘, il y a expérience d’Etre avec Lui… J’ai la Foi, parce que j’expérimente une relation.
C'est ainsi que la foi peut être
une expérience subite, sans contenu 'catéchétique' réel ( l'Evangile est rempli de cette expérience de foi ) ...
La Bible ( qui vient de ‘bibliothèque’ ) est le récit, selon divers genres littéraires ( poésie, récit, mythes, généalogies, ..etc ) de l’histoire de cette ‘relation ‘ des hommes avec ce Dieu (
qui se révèle jusqu’à Jésus-Christ ).
Mettre en doute l’historicité du contenu ( la rose qui éclot ), n’est pas remettre en doute l’Amour du poète… ? Tous les personnages des premier et deuxième testament, affirment leur expérience de Dieu : expérience complexe faite, comme toute relation, de désamour, de doute envers Lui ( jamais de Lui envers nous), de trahison …etc
Je ne lis rien, ni dans le 1er Testament, ni dans le second, que le foi ne soit autre chose qu’une expérience.
Je dirai volontiers sans ‘ l’expérience de Dieu ‘, « avoir la foi » ne signifie rien !
La foi n’est pas une superstition, la foi n’est pas un pari, la foi n’est pas une attitude culturelle, …etc
la Foi
« Entre deux hommes qui n’ont pas l’expérience de Dieu, celui qui le nie est peut-être le plus proche »S. WEIL
Si vous cherchez un auteur pour vous ‘ faire ‘comprendre ce qu’est la Foi, je ne vois qu’un ' type ' de personne…
Je veux parler de la foi chrétienne, plus exactement de tradition catholique, parce que… je pense à Bernanos, Péguy, Claudel et bien avant eux à Maitre Eckhart, mais bien sûr au moine Luther, à
Pascal et à Teilhard de Chardin et aussi Zundel… Je ne pense pas au pape, n’importe lequel… Non, je pense à une femme :
Je pense à Simone Weil.
Cette religion là, désespère les chercheurs de sécurité, les collectionneurs de superstitions, les idéologues, les idolâtres, les ‘prêtres’, les ‘ croyants ‘…
Voilà ce qu'écrit P. Cormary en parlant de S. Weil: « On dirait du Leibniz : à chaque pensée son cercle, à
chaque point de vue sa part de vérité – non que la vérité ne soit pas unique et l’erreur multiple, mais tous les avis sont bons à prendre quand ils tendent, même contradictoirement, vers la
vérité unique. C’est pourquoi l’on n’aura pas peur de compartimenter notre âme : telle partie de l’âme sera reconnue comme apte au rationnel, telle autre au surnaturel, celle-ci ne sera
bonne que pour la pesanteur, celle-là que pour la grâce. Ainsi des mystères de la foi catholique qui « ne sont pas faits pour être crus par toutes les parties de l’âme », et même de
l’athéisme qui correspond bon gré mal gré à une partie de soi-même – « Je dois être athée avec la partie de moi-même qui n’est pas faite pour Dieu », écrit Simone Weil, consciente que
cela heurtera certains esprits forts du catholicisme. C’est que tout en soi ne peut pas, ne doit pas croire en Dieu. Tout en soi n’est pas fait pour croire en Dieu, et « parmi les hommes
chez qui la partie surnaturelle d’eux-mêmes n’est pas éveillée, les athées ont raison et les croyants ont tort. »
Extrait d’une très belle déclaration en faveur de Simone Weil, de
la part de Pierre Cormary (http://pierrecormary.hautetfort.com/)
Notre ' Bible ' d'aujourd'hui...?
"Il est capital de se passionner pour la lecture des signes de son temps, plus encore que pour ceux du passé. Quand je vois des chrétiens lire la Bible, je leur demande : " Et la Bible d'aujourd'hui, l'histoire sainte d'aujourd'hui, votre histoire sainte, la déchiffrez-vous ? " Qu'ont fait les Hébreux sinon d'apprendre à connaître Dieu dans l'histoire de leur peuple, dans tous ces moments où ils ont fini par découvrir qu'ils n'avaient pas été seuls, qu'un fil conducteur les avait guidés et inspirés ? Mais, cette histoire exemplaire sert souvent à nous dispenser d'écrire la nôtre…"
Louis Evely

Celui pour qui mille ans est un jour, et qui n'a ni début ni fin... ne cesse pas de se révéler.
Lire aujourd'hui Son action dans ma vie, dans l'histoire actuelle... n'est pas chose aisée. A quelle école se mettre ?
- Avant Vatican II, Dieu se révélait dans le écritures et dans la tradition ( cf: Catéchisme ). La révélation y est conçue comme un corps de vérités intemporelles...
L'Histoire précède la Parole, ainsi en est-il dans le premier testament, et le deuxième relis lui-même les évènements passés.
Ainsi, ce n'est pas le texte qui est ' premier ', mais c'est l'expérience d'un évènement.
L'homme ne cesse d'évoluer et son intelligence à comprendre et lire les évènements... Aussi, c'est progressivement que l'Eglise s'approprie La Vérité révélée.
Dieu se reconnait dans l'avenir de l'homme. Jésus est l'Homme accompli, mais la connaissance que nous en avons est provisoire et partielle.
Aujourd'hui l'Eglise fait l'expérience de la pauvreté, la perte du pouvoir; elle s'interroge à peine sur la place des femmes , la question écologique et le pluralisme religieux...
La croix
Curieuse formule ressortie pendant ce temps de consommation, durant lequel le scandale se situe quand je n’ai pas les moyens de m’acheter le dernier produit ‘high-tech’ : pourquoi n’y ai-je pas droit ? Définir ainsi , mon humanité par mes droits, jamais assouvis, jamais limités ; je m’enferme dans les souffrances de mon égo. Une simple éducation me permettrait de concevoir quelques devoirs, pour vivre en harmonie avec mes semblables…
Alors, évoquer l’existence par la nécessité de passer par le Christ, qu’est à dire ?

Le Christ, c’est la croix. L’absurde n’est pas loin… !
L’absurde, c’est justement de se retrouver le regard dans le vide, quand on pensait être en sécurité ( sécurité par la possession, sécurité par la reconnaissance…). L’absurde, un jour ou l’autre, quand le séisme se produit ( accident, chômage, deuil ..). L’absurde, quand on se prend le ‘pire’, comme un coup de poing dans la figure.
Devant l’absurdité de la croix, on peut maudire ce Père vengeur, on peut exterminer les déicides… Ou…
Ou, après s’être senti interpellé, interrogé, pardonné, délivré, regardé, aimé… attendre, espérer, souffrir avec – au pied d’une croix, rechercher, aller le matin tôt, interroger, et rencontrer. Ce sont les témoignages des femmes. Elles furent les premières témoins de la résurrection, avant d’être les premières disciples ( la samaritaine …).
Nous avons besoin d’elles.
Ma Foi, signifie t-elle que je possède La Vérité ?
Ma foi en Jésus – le Christ – Signifie t-elle que je possède la Vérité ?
Non.. !
Notre Dieu : caché, transcendant, nous indique qu’il n’y a pas d’autre Dieu que Dieu ; tout le reste est idolâtrie : que ce soit humain, naturel, cosmique, vierge, roi ou
pape… !
Notre dieu est ‘ personnel ‘, et nul ne peut s’imaginer penser posséder une personne, à moins d’être fanatique, inhumain, diabolique … !
Il n’y a pas de foi, sans interrogation ou inquiétude ( quel beau mot !)
La foi, n’est pas une certitude, ce n’est pas un ‘ savoir ‘. C’est au mieux, une vertu.
« Aucun individu, aucune institution, ne peut prétendre, dans ces domaines, posséder la vérité. C’est ce qui permet à chacun de la chercher, de la poursuivre, de l’aimer, s’il le veut, mais sans jamais pouvoir se l’approprier. C’est l’esprit de la laïcité. La vérité est une, sans doute, mais n’appartient à personne. C’est l’esprit tout court, qui n’est pas possession mais quête » A. Comte-Sponville.
« Le dogmatisme est une idéologie de propriétaires. C’est prendre son âme pour un compte en banque. La vraie spiritualité, croyante ou incroyante, est à l’inverse : non richesse mais pauvreté, non possession mais dépossession. Heureux les pauvres en esprit, qui aiment cela qui les possède – Dieu, la vérité –, et qu’ils ne possèdent pas ! »A.C-S
Qu’est ce qui produit la certitude ?
On dit « c’est évident » ! Et pourtant cette opinion n’est pas généralement admise ! ? C’est la différence des ‘ esprits ‘ ? Y a t-il des jugements admis par tous ? Il y a des certitudes scientifiques … Et morales .. ? L’évidence physique est produite par les faits …
- Jésus :
Jésus dit
« Je suis la Vérité », non par statut ( il est fils de Dieu ), mais parce qu’il a été vrai en toutes choses et envers tous. Il a été vrai envers lui-même : il n’a pas
voulu ce que nous voulions qu’il soit _ un roi, un chef politique, un juge, un exorciste, un révolutionnaire, un guérisseur, un chef religieux…
Jésus n’a pas dit ce que les hommes voulaient lui faire dire, ni sur Dieu, ni sur lui-même, ni sur les autres ; bien sûr, il a dit des choses sur Dieu, sur lui-même et sur les autres, mais il les a dites de lui-même et non pour satisfaire la curiosité, le pouvoir ou l’égo de chacun .
Jésus est resté fidèle à ses convictions et à sa mission sans pour autant les imposer, tout en payant le prix de cette authenticité profonde envers lui-même.
Jésus a dit certaines vérités pas faciles à entendre à ceux qui n’étaient ni vrais envers eux-mêmes, ni vrais envers les autres, ni vrais envers Dieu.
La vérité vous affranchira dira encore Jésus. Est libre celui qui est vrai. C’est une liberté qui se gagne et qu’il faut défendre sans cesse.
- L’Eglise :
L’Eglise s’est positionnée contre le positivisme , par le dogmatisme, pour des raisons de ‘ pouvoir ‘.. L’Eglise a prétendu posséder la vérité comme un savoir.
Aujourd’hui, nous différencions : vérité et exactitude, vérité et savoir. Bien sûr, il s’agit alors d’une théologie, qui n’est plus ‘ anti-moderne ‘
, qui n’a plus comme unique source, le thomisme…
Le père Marie-Dominique Chenu, parle de passer d’une theologia perennis à une théologie historique, « qui pense la foi comme l’affaire de sujets et sa vérité comme une vérité à faire ».
Si l’Eglise catholique se reconnaît comme « non plus au dessus du monde, mais au milieu du monde », elle peut renouveler son propre rapport à la Vérité qu’elle professe…
Les bons apôtres me font peur...!
N’est-il pas intéressant de se rendre compte que les personnes qui font le choix d’affirmer ostensiblement et avec force persuasion, leur foi - ne peuvent que se
heurter à une réaction de crainte et au mieux, à la perplexité… Personnellement, ils me font peur si leur langage est trop différent du mien, ou ils m’attristent si le message s’apparente à ce
que je cherche. Quelle caricature, dans cet étalage…Quelle indécence, si cela prête à la moquerie.. ! Ne parlez pas d’Amour… chut ! Vivez…
Là, faute de pouvoir devenir chrétien, je suis bouddhiste : j’aspire à zazen, ne plus bouger, inspir-expir, ne pas suivre l’égo qui va et vient, s’agite autour d’une pensée… Descendre plus bas, où il ne se fait rien… IL est là au présent, sans attachement.
Il me faut, peut-être du ‘ vide ‘, pour creuser le désir… Il me faut du ‘ doute ‘ pour avoir confiance.
Etre, ne se revendique pas. Etty Hillesum n’avait que faire des
‘bons apôtres’ qui l’eurent volontiers baptisée :
« Il faut oublier des mots comme Dieu,
la Mort, la Souffrance, l’Eternité.
Il faut devenir aussi simple et aussi muet que le blé
qui pousse ou la pluie qui tombe.
Il faut se contenter d’être. »
Je reçois son témoignage, que je comprends à la lecture de sa vie et de sa mort.
Je saisis, sensiblement, cette « intimité d’être » présente dans le ‘ moment de vie ‘. Intuition toute orientale, toute poétique, peut-être … mais, c’est là, en cet instant que se joue le contact avec l’Etre…
Je suis chrétien, et je comprends ce que veut dire Fr. Varillon « Si ce monde n’est pas le symbole d’autre chose, s’il est la seule réalité, quelle que soit la manière dont on l’explique, on ne peut échapper au désespoir. » (François Varillon Beauté du monde et souffrance des hommes)
Ce désespoir, échappe au ‘ bon apôtre ‘ ; ou peut-être en a t-il si peur, que son témoignage s’accompagne d’une déclaration de sa disparition. Sa tentative de persuasion
est à ce prix, elle ne sert qu’à l’en convaincre, lui… Quant à son auditeur, manifestement, il ne l’aime pas… ! Parce qu’il est important d’aimer ce désespoir là, celui qui habite l’autre.
Jésus, fatigué, au bord du puits, sait l’écouter chez la samaritaine
A la différence du ‘bon apôtre ‘ :
"Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance.
Il n’est même pas venir l’expliquer.
Mais il est venu la remplir de sa Présence." Paul Claudel.
La Vérité n’est pas un pays sans chemin...
"La Vérité est un
pays sans chemins, que l'on ne peut atteindre par aucune route, quelle qu' elle soit: aucune religion, aucune secte. …
La Vérité, étant illimitée, inconditionnée, inapprochable par quelque sentier que ce soit, ne peut pas être organisée. On ne devrait donc pas créer d'organisations qui incitent les hommes à suivre un chemin particulier. …
Une croyance est une question purement individuelle, et vous ne pouvez ni ne devez l'organiser. Si on le fait, elle devient une religion, une secte, une chose cristallisée, morte, que l'on impose à d'autres. C' est ce que tout le monde essaie de faire. La Vérité est ainsi rétrécie et transformée en un jouet pour ceux qui sont faibles, pour ceux dont le mécontentement n'est que momentané.
La Vérité ne peut pas être rabaissée au niveau de l'individu, mais c'est bien plutôt l'individu qui doit faire l'effort de s'élever jusqu' à elle. On ne peut pas amener dans la vallée le sommet de la montagne."
Je pense comprendre
la teneur de ce texte; cependant, il n'exprime pas mon ' intuition ', ni mon expérience... Bien sûr, il évoque un danger, auquel, tout pèlerin doit être particulièrement attentif: le
dogmatisme, la perte de liberté, le conformisme ...etc
Il me semble que la Foi, est ce chemin, c’est à dire – à la fois, la décision et la confiance de partir à la suite de quelqu’un… Bien sûr, la Vérité est inaccessible, mais elle
donne un sens à la vie, qui pourrait sinon n’être que gesticulations instinctives au milieu d’autres. Cette quête se personnalise, s’ordonne, se relie… Elle s’est manifestée au travers de la
vie d’un Autre ( Jésus ), qui est devenue mon chemin.
Le disciple et le maître
Jésus était dans le désert, conduit par l'Esprit, pendant quarante jours, et il était tenté par le diable » (Lc 4, 1-2).
Un homme désireux d'atteindre le stade de l'illumination décida de se mettre sous la direction d'un grand maître spirituel. Celui-ci l'invita d'abord à prendre le thé avec lui. Le néophyte en
profita pour lui décliner ses grades universitaires et lui décrire ses expériences spirituelles.
Pendant qu'il parlait, le maître continuait de lui verser du thé, même lorsque sa tasse se mit à déborder. Étonné de ce geste étrange, le futur disciple lui demanda ce qu'il faisait. Et le maître de lui répondre : « Ne voyez-vous pas qu'il n'y a plus de place en vous pour mes enseignements? » (Jean Monbourquette, À chacun sa mission, Ottawa, Novalis, 1999, p. 59).
LIEN: Tu pars à la recherche de Dieu. Tu ne sais pas sous quel visage il se montrera à toi. Il n'aura probablement aucun visage, il n'aura pas de nom, tu ne pourras trouver aucune définition qui
puisse s'appliquer à lui quand tu le verras... Pars plein d'un immense désir, mais libre de tous ces noms, représentations, définitions, visions... Dieu est Dieu, il est au-delà de tout ce qu'on
peut en dire ou en penser, au-delà de tout ce qu'on peut en voir. Nous l'appelons Dieu, mais en fait il n'a pas de nom. Quand Moïse lui demanda son nom, il ne donna pas son nom, il dit simplement
: « Je suis ». [...] C'est dans ce lien de l'être que tu le saisiras... au-delà de ce qui se peut concevoir et dire, dans l'être, dans la communication qu'il te fait de son être (Yves Raguin,
Chemin de contemplation. Éléments de vie spirituelle).
Interbible.org
Quelques réponses sur les ' Noces de Cana '
« Observe chaque détail de l’Ecriture, car en chacun, pour qui sait creuser profond, il y a un trésor, et peut-être même que c’est là où l’on y pense pas que se cachent les joyaux précieux des mystères » (Origène – Homélie sur la Genèse)
J'interroge... En clair et en obscur, certaines pierres me parlent ...
Jean place ce
signe au début de la montée de Jésus, de Galilée vers Jérusalem. Jésus est suivi de ses disciples, tel un ‘ maître ’, un rabbi.
L'indication du " Troisième jour " expression presque toujours en lien avec la résurrection, est elle-même signe de la voie symbolique ( et spirituelle ...) à prendre, pour
lire la suite ... et que les évènements qui vont se produire sont indicatifs d'un temps nouveau.
Eau changée en vin, avant d’être transformé lui-même en sang.
« Jésus utilise les miracles physiques pour démontrer des vérités spirituelles. Il guérit des malades
pour démontrer qu’Il avait le pouvoir de pardonner les péchés. Il maudit le
figuier comme signe du jugement prochain qui s’abattrait sur le temple. Il fit des guérisons le jour du sabbat pour montrer Son autorité sur le sabbat. Il ressuscita des gens pour montrer qu’Il
était la résurrection et la vie. Il nourrit des milliers pour montrer qu’Il était le pain de vie. Et dans le récit qui nous intéresse, Il fut la source d’une abondante bénédiction lors d’un repas
de noces, pour montrer qu’Il sera l’hôte du banquet messianique dans le Royaume de Dieu. »
« Imaginons un instant ce qui se serait produit si les invités présents aux noces avaient voulu se relaver les mains.
Ils se seraient dirigés vers les vases de purification, pour réaliser soudainement qu’ils étaient remplis de vin. Il n’y aurait pas eu d’eau pour pratiquer leur rituel. Un tel changement, d’état
sur le plan physique, symbolise une transformation spirituelle dans le judaïsme en rapport avec le symbolisme des rites de purification La purification spirituelle par le sang de
Christ supplante les rituels de purification. Jésus a accompli la signification symbolique des rituels en se substituant Lui-même à eux. »
« Jésus a accompli totalement les rituels et les a rendus obsolètes. A l’ère messianique, il n’y a pas de place pour les rituels de purification. Les serviteurs puisèrent donc ensuite du vin, et en apportèrent au maître de cérémonie qui confia à l’époux que : « Tout homme sert d’abord le bon vin, puis le moins bon après qu’on s’est enivré ; toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent » (verset 10).
Pourquoi pensez-vous que Jean rapporte de tels propos ? S’agit-il tout simplement de conseils en vue de prochaines noces ? Ou encore pour montrer que Dieu peut produire un vin de grande qualité ?
Non, Jean veut nous faire comprendre le symbolisme spirituel rattaché à ce miracle.
Certains Juifs étaient comparables à des personnes « qui avaient bu du vin » pendant si longtemps (en accomplissant les rituels de purification) qu’ils en étaient devenus
incapables de reconnaître un vin de qualité supérieure. Lorsque Marie s’est exprimée en disant : « Ils n’ont plus de vin », cela symbolisait le fait que les rites de purification étaient devenus
dénués de leur sens spirituel. Jésus les remplaçait par quelque chose de nouveau et de meilleur. »
« Le récit du miracle ajoute la dimension de l'accomplissement. Le vin représente probablement l'enseignement nouveau dispensé par Jésus : cf. Pr 9,4b-6 ou Is 55,1-3. Ce vin remplace l'eau destinée aux purifications et qui était présent dans six (symbole d'imperfection) jarres. »
« Qu’en est-il, pour nous-mêmes, de certaines de nos traditions ? Ne sont pas t-elles pas devenues aussi caduques que les eaux de purification ?
Jésus ne voudrait-il pas les changer en quelque chose de beaucoup plus stimulant ? »
Marie n'adresse pas une véritable demande à Jésus. Elle dit simplement: "Ils n'ont pas de vin" (Jn 2, 3).
« En effet, à Cana, Jésus reconnaît non seulement la dignité et le rôle du génie féminin, mais en acceptant l'intervention de sa Mère, il lui offre la possibilité de participer à l'œuvre messianique. »
« Les deux fois il appelle sa mère : " femme ".
Il ne faut pas y voir une attitude irrévérencieuse. Au Calvaire au contraire ce mot a une résonance de solennité. Car à ce moment suprême, où Jésus est
sur la Croix, il proclame le rôle spécifique de Marie. Jésus donne à sa mère l’appellation de "femme ", en faisant allusion à la première femme Eve. L’homme l’appelle Eve parce
qu’elle est la mère de tous les vivants.
Je cite, ci-dessous: Benoit XVI…
« Marie remet tout au jugement du Seigneur.
"Femme, voici ton fils - Fils, voici ta mère" (cf. Jn 19, 26-27). Il indique donc à l'avance l'heure où Il fera devenir la femme, sa mère, mère de tous ses disciples. D'autre part, ce titre évoque le récit de la création d'Eve: Adam, au milieu de la création et de toute sa richesse, se sent seul, comme être humain. Eve est alors créée, et en elle, il trouve la compagne qu'il attendait et qu'il appelle du nom de "femme". Ainsi, dans l'Evangile de Jean, Marie représente la femme nouvelle, définitive, la compagne du Rédempteur, notre Mère: l'appellation apparemment peu affectueuse exprime en revanche la grandeur de sa mission éternelle.
"Que me veux-tu, femme?". Ce qu'au plus profond ils ont à voir l'un avec l'autre, c'est ce double "oui", dans la concomitance duquel a eu lieu l'incarnation. C'est ce point de leur très profonde unité que le Seigneur vise à travers sa réponse. C'est précisément là que renvoie la Mère. Là, dans ce "oui" commun à la volonté du Père, se trouve la solution. Nous devons nous aussi apprendre toujours à nouveau à nous acheminer vers ce point; là apparaît la réponse à nos interrogations.
"Mon heure n'est pas encore venue". Jésus n'agit jamais seulement de lui-même; jamais pour plaire aux autres. Il agit toujours en partant du Père, et c'est précisément cela qui l'unit à Marie, car c'est là, dans cette unité de volonté avec le Père, qu'elle a voulu elle aussi déposer sa demande.
Il ne "produit" pas simplement du vin, mais il transforme les noces humaines en une image des noces divines, »
Autre interprétation:
"Après la remarque/intercession de Marie, Jésus s'adresse à elle en l'appelant "femme" : signe supplémentaire que Marie représente l'Eglise comme on le verra dans le commentaire du texte sur la
Croix. La B.J. remarque fort justement : "Cette appellation semble s'adresser à la nouvelle Ève,
mère des vivants (Gn 3,15.20)". Boismard de son côté note : "C'est le terme que
Jésus emploie pour s'adresser à n'importe quelle femme (..) Ce n'est donc pas un terme de mépris (..) Mais Jésus évite le terme de mère, parce qu'il veut faire abstraction du lien qui l'unit à
Marie (..) Il agit maintenant en Messie". Mais l'interpellation est rude : "Quoi de toi à moi ?" On va voir que cette rudesse est justifiée par le fait que Marie fait d'une certaine manière
sortir Jésus de son rôle : Boismard a peut-être tort d'écarter a priori toute idée d'hostilité comme en Jg 11,12 ou 2 Ch 35,21.
Notons qu'à la fin de notre texte, il nous est dit que "les disciples crurent en lui" : jusqu'alors, ils le suivaient. Quelque chose de fondamental s'est donc produit, en lien avec la Passion/Résurrection."
Questionner La Parole : Jean 2, 1-11 : Les noces de Cana
A propos de la lecture de l’Evangile, se dire qu’aucun mot, n’est là par hasard. Tendre vers une lecture spirituelle,
c’est à dire traverser les interprétations, qu’elles soient
littérales, historiques, symboliques ou religieuse ; et ne garder que ce qui nous ‘con-vient’ pour une compréhension spirituelle de la Parole.
Dans cet objectif, et selon le témoignage de Perceval : Questionner, interroger…
Bien entendu, il s’agit de précéder cette rencontre avec le Graal, par une traversée de ses ombres. Il s’agit de porter ‘ attention ‘ aux signes, aux rencontres, de séparer l’ivraie du bon grain…etc. C’est le but même de la quête. Mais, la différence entre le mythe et ma vie ; c’est qu’ici et maintenant tout est lié… Il s’agit quotidiennement de ‘délier’, de tailler pierre après pierre, alors que l’œuvre est déjà faite en partie… Alors que la pierre d’angle est déjà posée, en pleine gloire ; j’en suis, moi, aux fondations …
Apprenti, j’interroge le Maître. Je suis rempli d’inquiétude, la voie est remplie d’embûches, mes frères me soutiennent. Frappe, et l’on t’ouvrira. Interroge et l’on te répondra.
Je taille en direct ma planche, avec un texte célèbre : les noces de
Cana.
Lors de cette rencontre, s’approcher avec respect et Ecouter … Une ‘ lectio divina ‘ avec le corps, à voix haute…
Trois jours, le sens ? La suite, est-elle sur le même mode de compréhension ? Une noce, le
sens ?, en Galilée.. ? La mère de Jésus : elle est là ; à quel moment aussi ? Le lien ? Jésus indépendant de Marie, mais avec ses disciples.. Ses disciples,
ici?
Le vin manque… Quelle importance ? Ce n’est pas une histoire de vie ou de mort ! J’ai parfois entendu noter « Marie sait que Jésus ne peut rester insensible à l’embarras de ceux qui l’ont invité avec ses disciples…etc » Pas convainquant ! la famille est aisée.. Pas de grand enjeu ?
Le langage de Jésus, n’est pas anodin : «Que me veux-tu, femme ? Mon heure n’est pas encore venue». Sens littéral ? Pourquoi :« Femme » ? « Mon heure .. » Jésus connaît donc, déjà, la fin ? Marie répond… Le dialogue n’est pas convenu…
Six jarres ! Il y a la
quantité ! Pourquoi Jésus utilise t-il des jarres pour les ablutions ? Les remplir d’eau, toutes… Pourquoi une telle quantité ? Du bon vin ! Après le moins bon ?
Pourquoi, pourquoi ?
Est-ce une démonstration de la puissance de Jésus… ? Non ! ( se souvenir des tentations …). Et pourtant, il s’agit bien d’une certaine ‘manifestation’ de la ‘gloire ‘ ( mon heure n’est
pas venue ..)
Ce n’est pas l’obéissance de Jésus qui est louable, ici… D’autant que le miracle va assurément conduire les invités à l’enivrement ! Pourquoi Jean, nous rapporte t-il cette anecdote ?
Pourquoi, est-il noté que le miracle de Cana s’achève par l’adhésion des disciples qui « crurent vers lui »… Nous savons que leur foi n’est pas sûre… En
quoi étaient-ils donc, avant, disciples ?
Voilà... C'est ainsi, avec toutes ces questions, que le pèlerin que je suis, arrive, au rituel eucharistique... J'attends avec impatience, l'homélie ( réservée au clerc..!) pour saisir le message
qui m'est lancé au travers de cette Parole... Il est peu de dire, que je suis si souvent déçu...: une récitation convenue d'un catéchisme moralisant . Certes, tous les prêtres ne sont pas
Zundel...!
Malgré tout, je lance un avis: ' Recherche maître spirituel '. Amen.