foi
"Il" est Vivant ...!
Après Noël, commémoration de l’idée chrétienne que ‘ Dieu ‘ ( ce concept de Dieu, forgé depuis la 1ère Alliance …) se fait Homme ( instant historique et ‘de tous les temps’ ). Ma lecture croyante de Noël peut se résumer par : " Croire en l’Homme, c’est croire en Dieu…"
Aujourd’hui, nous commémorons la Résurrection de l’Homme… Jésus donne un sens à une véritable vie d’homme, parcourue jusqu’au scandale de la mort, causée du fait du Mal ( celle de l’enfant tué
violé, celle de l’amour méprisé par la haine…etc ).

Vie assumée par un homme qui atteignant l’idéal d’humanité est divinisé. Cet homme a vaincu la mort (mort historique ), il est ressuscité.
Pour moi, dire que Jésus est ressuscité, c’est dire qu’il est Vivant. C’est tenter de partager mon expérience de relation possible avec Jésus. Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants.
Non pas une relation avec un fantôme, ni avec une apparition… Mais avec une ‘personne’ agissante là où Il fait sa résidence ( non …ce n’est pas au ciel … !) dans le ‘ cœur profond ‘ dans
l’esprit , si le corps et l’âme font la place… Mon esprit peut laisser place à l’Esprit.
N’oubliez pas l’invention ( oui, c’est une invention dans le sens donné en sciences…) de la Trinité : invention géniale qui tente d’exprimer
l’essence de Dieu ( Relation interpersonnelle entre ‘le Père’, l’homme Jésus et l’Esprit …) Comme quoi la Tradition de l’Eglise ( Peuple ), peut nous initier à certaines expériences que nous
n’aurions pas réalisées seul …)
Ma lecture croyante de Pâques pourrait se résumer par: " Croire en Dieu, c'est croire en l'Homme..."
Je crois que l’âme n’est pas immortelle …
Et, en cela je suis catholique !
Ma tradition(1) (= mon maître) m’enseigne la résurrection de la chair à la fin des temps.. ! Ne me demandez pas ce que - à la dimension de notre existence -cela peut signifier… ! Rien,
à pouvoir être représenté… Pas de cadavres qui sortent de leur tombe .. ! Pour ma part le message essentiel, c’est que - la vie relationnelle que j’ai – sera transfigurée en une autre vie,
ce n’est donc pas ‘rien’ … !
L’âme n’est pas immortelle. Je suis tout à fait
incroyant en l’existence d’un petit fantôme, qui quitterait mon corps ( tombeau de l’âme !) , et se promènerait dans l’univers… pour vivre indépendant dans un paradis ( ou un enfer ) pour
fantômes … ! D’ailleurs ce n’est pas catholique … et surtout, ce n’est pas le message de Jésus – ressuscité et vivant…
(1) Ce que j’appelle ‘tradition ‘ avec grand respect et humble critique, c’est cet ensemble d’expériences vécues - sur la foi d’une parole biblique ; qui va des Pères de
l’église aux grands théologiens, en passant par les mystiques – des siècles passés. ( « Nous sommes des nains sur les épaules de géants »)
L’ésotérisme, est-ce bien catholique ?
Tout ce que nous vivons de plaisant ou de douloureux participe à la construction de notre chemin. Nous ne sommes pas sur un axe vertical , avec des expériences qui nous permettraient de progresser ( certes) et ( surtout ) d’autres qui nous feraient décroître. Je suis persuadé que nous avançons en hélice,
mais nous avançons de toute façon…(1) Et, selon le point de vue, nous sommes jugés de ‘tourner en
rond’, ou d’avancer puis reculer…Cette introduction, pour aborder le rôle du conte, et en particulier celui qui m’accompagne ( dans le sens d’accompagnement spirituel ) : le Conte du Graal.
Ce conte m’éclaire dans la compréhension de mon propre chemin spirituel, il a ( pour moi ) une valeur initiatique,, dans le sens où il me permet d’aborder des zones cachées de mon âme ( psychée) , des zones d’ombre… ( l’ésotérisme est l’étude de ce qui est caché, voilé …) (2)
Mon désir n’est pas d’utiliser une connaissance livresque ( je peux être fort dans
cet exercice de synthèse… hélas ! - J’oublie d’ailleurs ensuite assez vite … hélas, aussi .. ! ). Je veux être honnête avec moi-même et n’écrire qu’après introspection… en laissant tomber les
bouquins… ! Sauf !...Sauf… les Evangiles. Ou même certains récits du Premier Testament (je préfèrerais dire la Première Alliance) qui, forcément, se répondent en écho…
Je précise que je ne mets pas sur le même plan, ‘le conte du Graal’ qui parle à l’âme ( la psyché) et l’Evangile, qui s’adresse au cœur profond ( l’esprit) .
La ‘ Voie ‘ – elle, se pratique avec l’être entier ( corps, âme et esprit ).
(1) Avec les cathos, ce point me permettra, une autre fois, de réfléchir sur le sacrement du pardon… qui - pour ma part -, me questionne sur certains plans ….
(2) Sens à ne pas utilisé, pour dire que cette ‘connaissance’ ne serait accessible qu’à une élite… ! C’est évident, - et malhonnête dans la critique, si on en restait là ….
Dieu est-il une personne?
- Le Bouddha Sakyamuni n'est pas un dieu, il n'a jamais réclamé la divinité; au contraire, son enseignement ne comporte aucune notion d'un dieu suprême et
personnel.
- Le Dieu ‘personnel’ du christianisme, me permet d'envisager une relation personnelle avec ‘ Dieu ‘, à l’image de la relation entre deux personnes sur terre, parent-enfant, homme-femme, toute
autre ‘vraie’ relation….
Cette possibilité et la réalité de cette relation
personnelle répond à un besoin essentiel de toute être humain. Après la pratique de la méditation avec mantra ( son ) hors du christianisme ; revenir à cette relation a été pour moi, une
véritable ouverture…
Lanza del Vasto : « Si Dieu n'était personne, d'où viendrait la Personne? Les vivants ne naissent pas des morts, mais des vivants. (...) Si Dieu n'était personne, personne ne serait personne. La suprême personne est Présence infinie. » (Principes et préceptes du retour à l'évidence, p.157).
Dire ‘Dieu’ ou se taire ?
Dialoguer avec le bouddhisme me fait re-découvrir le
caractère paradoxal de la connaissance de ‘Dieu’. Pour le bouddhisme qualifier le divin de ‘personne’ est incompréhensible,
puisque la personne offre espace et vie à l’illusion, et le divin ne pourrait qu’être sorti du samsara… Dennis Girra, tente d’expliquer ce paradoxe en précisant : « Dieu est une
personne, non un individu, une relation plutôt qu'une substance, ‘ Il est ‘, il existe sans formes (en ce sens, vide) … » On revient à Maitre
Eckhart » Dieu est néant … »!
Du côté de l'Evangile, nous sommes encore dans un discours au caractère paradoxal, non discursif, à des invitations comme celles de devenir un petit enfant, de tendre l'autre joue, de pardonner 77 fois 7 fois, de renaître ( Nicodème ). Et nous pourrions voir comme des koans des phrases comme: ‘'En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père et que vous êtes en moi et moi en vous ‘'(Jn,14 : 40).
Prenons-les plutôt comme des koans, à première vue incompréhensibles, irrationnels sans être fous, des paroles que l'on porte en son coeur sans d'abord les comprendre, mais dont on croit qu'elles nous ouvriront peu à peu le coeur.
Les bouddhistes zen pensent qu'il faut renoncer aux paroles et estiment que plus on comprend et moins l'on parle.
Ma culture, au contraire s’est forgé autour de la Parole, de livres… L'humain
est un être parlant. "Peut-être faudrait-il plutôt souhaiter que, du choc des paradoxes, jaillisse, dans le silence d'un instant, une lumière, une parole, qui, comme celle de l'amant, du poète,
du psychanalyste, du Maître, est tellement vraie que jamais plus elle ne saurait nous quitter. "
Une partie du texte est inspirée du philosophe Pierre
Pelletier
Heureuses paroles d’un évêque !
Le père Albert Rouet évêque de Poitiers partage une parole qui m’enseigne et me réconforte. Je retiens ces quelques
passages ( en italique):
«Toute parole est sujette à interprétation. Sinon ce n’est plus une parole humaine. »
Toute parole : celle des transcripteurs des paroles de Jésus, celle du Pape, celle du Dalaï-lama… Bien sûr.. !
« On se rend compte que toute parole qui vient d’en-haut, qui n’est pas engagée dans un dialogue, après avoir écouté et entendu l’autre, ne peut plus être une parole crédible. »
Le dialogue signifie que les deux protagonistes sont prêts à changer…
« Tant que l’Eglise va se contre-distinguer de ce monde, tant qu’elle va vouloir vivre dans une nébuleuse ou en état d’apesanteur, elle perd toute crédibilité. ... Notre monde n’écoute que ce qui est prononcé à hauteur de visage d’homme »
Oui, n’est-ce pas la qualité essentielle des Evangiles.. ?
« L’idéal, comme l’horizon, est invivable. Car lorsqu’on pense l’approcher, il apparaît toujours plus loin. Le problème n’est donc pas la question de l’idéal, ni même des repères. Tous repères sont forcément dans un environnement donné. Ils ne peuvent être en suspension dans l’air, autour de rien du tout. Si on ne recherche pas un accord commun de sens, à ce moment-là on isole l’Eglise de sa participation à l’histoire humaine. Elle en sera réduite à se parler à elle-même. »
Cet accord commun de sens peut prendre appui sur l’expérience de chacun… Le point de départ du Bouddhisme.. !
« Le véritable problème est « qu’est-ce qui fait vivre ? Qu’est-ce qui met debout ? Qu’est-ce qui rend responsable de son existence ? » Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’exigence à poser. Au contraire, je suis persuadé qu’il faut en poser, mais pas sous forme manichéenne du tout noir-tout blanc, du permis et du défendu. Regardons l’Evangile. »
Tout simplement … ! Merci frère évêque . C’est pas sorcier, frère pape… !
Vous pouvez trouver le texte original: ici
«Tu crois en Dieu ? … »
Quelques secondes pour évaluer, selon la personne qui me pose la question, - si je répondrai « oui » ou « non » et puis…, je demande: «Tu as le temps… ? »
Ou bien « Dis moi d’abord de quel Dieu tu parles… »
Ou alors : « Je pense ne pas croire au Dieu que tu conçois… »
Peut-être même, n’est-il pas possible de répondre à cette question, … !
Le Premier Testament, évoque le Dieu, d’Abraham, le Dieu d’Israël, le Dieu d’Isaac…
Pour ma part, je ne peux qu'associer à Dieu, le nom de Jésus. Le « Dieu de Jésus-Christ ». Celui à qui Jésus a donné un visage… Voilà !
Mais par commodité je dirais sans doute encore « Dieu »…
Il me semble que, je suis moins « croyant » qu’un athée…
Par contre, je me sens très proche de l’agnostique, que j’ai été…
Aime...! ?
J'agis, comme je suis et non pas comme je voudrais être… ou pas longtemps !
Je caricature : Ma Foi me ‘commande’ d’Aimer… ! Je suis sincèrement convaincu qu’il est bon et raisonnable pour moi d’Aimer…. Mais, voilà, je n’agis pas ainsi…. Mon prochain peut - plus ou moins - le constater…
Qui me juge ?... Moi-même…
Mais que faire ?
« Il suffit d’aimer ! »
Bien … Je me tais … Et reviens, seul, vers mon inaptitude à aimer… Voire, ma culpabilité ; à moins, - et c’est plus actuel ( heureusement .. !) de chercher ailleurs une piste pour être heureux, sans m’entendre conseiller ce que manifestement je ne peux faire… !
Un commandement d’Amour.. ! C’est paradoxal !
Un chrétien agit-il en chrétien ?
Est-ce que j’agis comme chrétien ?
Non…
Ce que je suis agis ; et « je suis » n’est pas encore chrétien, il n’est pas évangélisé ; « je suis » est tourné vers ce que ‘je pense’ et qui me donne un sens;
« je suis » est un « égo », « je suis » n’est pas dépouillé de lui-même. « je suis » pense à lui !
Je pense chrétien mais pas toujours ….
Le «je suis » de Jésus est divin ; Le « je suis » de Jésus est tout au ‘ Père ‘…
Le « je suis » de Perceval est en quête, celle de La Rencontre – Rencontre d’une Parole, à laquelle il faudra répondre, ne pas se taire… !
Je suis depuis de longues années ‘encarté’ chez les Verts ; j’ai participé au bureau, j’ai manifesté, soutenu et soutient quelques causes qui me semblent justes… J’avais commencé à m’engager ( et bien plus activement qu’aujourd’hui ) avant - de revenir vers ma foi chrétienne. J’ai milité avec des personnes dont la majorité s’opposent à la pensée chrétienne ; j’y ai rencontré parmi eux des gens qui continuent de témoigner du souci du prochain, bien mieux que je ne le fais … !
Non, je n’agis pas en chrétien, mais en humain…
D’ailleurs cet engagement athée, que je trouve exemplaire, me questionne… Sur ce point, je reconnais - ce qu’ils estimeraient comme une faiblesse- que j’ai besoin – vraiment, besoin – de me nourrir de la présence de Jésus-vivant, de faire place à l’Esprit pour donner du sens à ce que j’arrive à faire, même si peu, de ma vie …
Je voudrais être chrétien , mais je ne fais pas le chrétien. Je n’agis pas, en raison de ma foi. Aussi, mes actes peuvent porter un contre témoignage de la foi que j’exprime ; c’est très regrettable ; mais ce sont ces actes qui sont condamnables… Moi et ma foi, sont en eux-mêmes à ‘ juger ‘ autrement que ces actes…. ( si ‘ juger ‘ semble nécessaire … !)
Etre chrétien c’est choisir une méthode
Etre chrétien c’est choisir un but
Etre chrétien c’est choisir d’être disciple
Etre chrétien c’est choisir Jésus comme Chemin
Etre chrétien c’est être en devenir…
Au présent, je suis autant croyant que chacun d’entre nous, juste croyant pour être en vie, et pour espérer que le ciel ne me tombera pas sur la tête…
La pratique du Chemin, ne me rend pas forcément meilleur, mais elle m’aide à progresser, à m’accepter, à tenter d’être heureux ….
La liberté du catholique
Un article sur le net titre « A tous ceux qui veulent que le Pape ne soit plus catholique » et développe l’idée : « Que Benoît
XVI soit catholique n’est pas une nouveauté, ni un scandale. Et qu’il soit contre le préservatif parce qu’il est catholique n’est ni nouveau, ni scandaleux. Ce serait même le contraire qui
le serait. Mais personne n’est obligé de croire ce que raconte le Pape ! » Puis l'idée est développée de mettre pape et cathos dans un même panier...!
Calligraphie « Liberté » de Karim Jaafar
L’amalgame entre le pape et ceux qui
suivent ‘ un chemin spirituel sur la voie catholique ‘, me gène. Je n’aime pas que l’on caricature ce qui pour moi est au cœur du ‘ sens de la vie ‘ : la Foi. L’Eglise n’est pas une secte,
qu’elle soit mystique ou institutionnelle… La primauté de l’évêque de Rome est déjà discutable, elle facilite la visibilité (enfin,… devrait !) et l’efficacité et puis, il y le poids de
l’histoire… Par contre, moi –en 2009, qui tente de m’appuyer sur ma raison, mon expérience et la tradition ; je pense être assez ‘ homme ‘ pour discerner sur ce qui fonde mon espérance et ma
foi…
Ecrire que les catholiques ne devraient être que de moutons, donne une piètre idée de ce que ceux-là pensent de la foi et de la spiritualité… !
Je lis dans les commentaires à cet article : « Du fait de la croyance à une Révélation, il est dans la nature des principes religieux d’être considérés
comme immuables. Il y a là un des principaux arguments contre les religions, qui ignorent le progrès des connaissances. »
La foi catholique ne repose pas que sur les ‘ Ecritures ‘ ; mais aussi sur la ‘ tradition ‘ élaborée au cours des siècles avec le pire et le meilleur … ! De plus le statut même de la Bible (à la différence, peut-être, du coran) a évolué ; au point que l’on puisse dire que le christianisme n’est pas une religion du livre ; mais une religion centrée sur l’Homme ( Jésus Homme et Dieu, étant la figuration divine de l’homme en devenir…. ( voir M. Zundel : prêtre catholique ).
Quelqu’un ajoute : « Soit l’on est catholique sans être hypocrite et l’on est pratiquant de ses dogmes, soit on change de prêt à penser, voire on devient
athée »
Catholique, je n’ai pas de « prêt à penser » ! Il suffit de lire les Evangiles pour se rendre compte que Jésus lui-même n’en avait pas et témoigne de la véritable liberté à laquelle il appelle …
Et pour en revenir à Benoît… Pour ces raisons, je
me désolidarise...!
Cependant, Il est, je crois (ambiguïté du verbe ‘croire’.( voir note(1). !) de son rôle de faire réfléchir - celui qui emprunte cette ‘voie’- sur l’implication de notre foi dans la vie
actuelle, de poser les bonnes questions, d’appeler à évangéliser notre pratique quotidienne…etc. Jésus, - et au mieux chacun d’entre nous, ne condamne personne, ne juge personne. Il condamne des
pratiques, et appelle à la conversion.
« Aime, et fais ce que tu veux » dit St Augustin… En d’autres termes : du moment que tu aimes, ce que tu fais est bien … ! Saint-Paul ajoute
(de mémoire), je traduis : « Tu est libre de tout faire, mais tout n’est pas bon pour toi … » Etre catholique c’est être libre et responsable.
Note (1): Je crois que je sais et je sais que je crois...!