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Les légendes du Graal

foi

Traduction ! " le royaume de Dieu est au-dedans de vous "

30 Janvier 2011 , Rédigé par Perceval Publié dans #Foi

 La plupart des versions proposent « le Royaume de Dieu est au milieu de vous » ou même «  parmi vous » ( Luc 17, 21 ). Aussi, est-il toujours incommodant de contourner le sens ordinaire, pour finalement comprendre ‘ autre chose ‘. Certains iraient jusqu’à expliquer, que se cacherait ainsi un  «  sens ésotérique » ( ! ) ..etc. A propos de cet exemple, et de bien d’autres … Je m’interroge sur ce 'malentendu' …

 

Caravaggio jerome BorgheseSaint Jérôme, dans la traduction de la Vulgate, pratiquée par les Pères de l'Eglise, nous donne une traduction de ce verset très explicite : « le royaume de Dieu est au dedans de vous ».

Non venit regnum Dei cum observatione : neque dicent : Ecce hic, aut ecce illic. Ecce enim regnum Dei intra vos est. ( Clémentine Vulgate ) (http://vulsearch.sourceforge.net/html/Lc.html )

et "  neque dicent ecce hic aut ecce illic ecce enim regnum Dei intra vos est (Vulgate de Jérôme de Stridon (Ve siècle) )

En anglais dans la World English Bible la traduction est :
" neither will they say, 'Look, here!' or, 'Look, there!' for behold, the kingdom of God is within you.'"

 

A mon avis, l’enjeu est ici lourd de conséquence, car il s’agit de comprendre et d’appuyer une réalité intérieure : soit « une dimension verticale qui renvoie chacun à lui-même, soit c’est une réalité qui privilégierait une dimension horizontale … » ( Eric Edelmann : Jésus parlait araméen ). regard-interieur-r1-1Un peu, comme si nous hésiterions à privilégier   - le Royaume comme «  à l’intérieur de soi », et le règne de Dieu serait essentiellement spirituel, ou comme : - un Royaume qui serait «  parmi vous », à dimension sociale, ecclésial … Cette réticence à revenir au sens original est avoué par la traduction de la Bible de Jérusalem qui explique en note : «  On traduit aussi par « au-dedans de vous », ce qui ne semble pas indiqué par le contexte» ! ! N’est-ce pas plutôt « que cette traduction gênait sa propre interprétation du contexte » ! E. E.

En effet : C’est exactement le sens de la correction apportée par Jésus aux pharisiens,  « enfermés dans une conception messianique temporelle et matérielle du Royaume de Dieu ». Jésus, invite ses auditeurs à abandonner leur conception sensible et matérielle du Royaume, au profit de sa seule dimension spirituelle. !


«  Il est important de relever qu’à chaque fois que Luc a voulu signifier «  au milieu », il a eu recours à «  en mesô et non pas à « entos »( 2,46 ; 8,7 ; 10,3 ; 22, 27 ; 22, 55 ; 24, 36 ; ..etc

A l’inverse la préposition « entos », ne se trouve ailleurs qu’en Mat. 23,26 à propos de l’intérieur de la coupe …"

Eric Edelmann : "Jésus parlait araméen"

 

Vierge marie graalEntos,  à l'intérieur, est un adverbe rare, unique dans le N.T. Dans les Psaumes (38,4;102,1;108,22) il accentue l'intériorité des sentiments du psalmiste à l'égard de Dieu. Pour signifier le mode de la présence divine à l'intérieur du coeur humain , Jésus se servait d'une métaphore: la royauté de Dieu. En outre, la situation du verbe être en fin de phrase lui confère son sens existentiel.

Bibl.: T. Holmen, The alternatives of the Kingdom: encountering the semantic restrictions of Luke 17, 20-21, dans, Zeitschrift für die Neutestamentliche Wissenschaft und die Kunde der Älteren Kirche, 1996,87,3-4,p.204-29. L'auteur rejette la traduction au milieu de, et traduit entos par à l'intérieur de. Contredisant cette lecture, J. Lebourlier, Entos hymon. Le sens au milieu de vous est-il possible? Dans Biblica, 1992, 73-2, p.259-62.

 

http://codexbezae.perso.sfr.fr/cb/lk/lk.php?chapter=17&lang=fr

l’annotation ICI

http://codexbezae.perso.sfr.fr/cb/lk/lk.php?chapter=17&lang=b

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La Foi est un choix - Louis Evely

19 Janvier 2011 , Rédigé par Perceval Publié dans #Foi

"La foi est un mélange de lumière et d'obscurité : assez de lumière pour admettre, assez Steven Hauslerd'obscurité pour refuser, assez de raisons pour porter ses objections, assez d'espérance pour endurer son désespoir, assez d'amour pour porter sa solitude et ses frustrations. Seule la foi nous fait avancer. Nous préférons souvent être en pleine lumière ou en pleine obscurité. Mais la condition humaine est de cheminer sans renier dans les ténèbres ce qu'on a vu et ce qu'on reverra dans la lumière."

 

Louis Evely

 

 

"La foi est un choix. Il est possible de vivre sans adhérer à ce dynamisme, en spectateur qui refuse de s'engager. Nous avons cet étrange pouvoir de faire sécession vis-à-vis de cet élan qui s'affirme en nous et de vivre au rabais, dans cette contradiction fondamentale de prétendre profiter de la vie alors qu'on la nie. La foi, l'espérance, l'amour sont inhérents à l'homme, et l'homme ne cesse de les combattre."

Louis Evely

Adoration of the Magi Tapestry

 

 

 

Je vous conseille le site: http://www.paraboles.net/site/sommaire_new.php

 


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Souffrance et rédemption...

16 Janvier 2011 , Rédigé par Perceval Publié dans #Foi

Un enseignant d’histoire de l’art écrit  « Le christianisme possède un atout franchement pratique du point de vue esthétique : tout moment de douleur est un « beau » moment, puisqu’il est rédempteur. » T Schlesser

  Rogier Van Der Weyden Deposition 2

« C’est ainsi que le christianisme a thématisé comme rédemptrice la souffrance du Sauveur crucifié, la considérant comme un sacrifice dont il était aussi bien le Grand-Prêtre que la victime. (…) Faut-il y voir une certaine légitimation religieuse de la violence, comme le font plusieurs qui s’en réclament pour régler les affaires du monde, légitimation dont la théorie du sacrifice serait la matrice religieuse (Lempert 2000) ? …» Jean-Guy NADEAU , Faculté de théologie et de sciences des religions.

 

Bien sûr, aujourd’hui tous les prêtres, ne cessent de rappeler que « Ce n’est pas la souffrance qui donne du sens à la vie, mais la vie qui donne du sens à la vie et éventuellement à la souffrance. » B. Vergely… Bien sûr, il n’empêche que le vocabulaire ( sacrifice, rançon, péché originel ...)  et quelques contradictions par ci par là, font que le chrétien, aujourd'hui, doute du message ecclesial. Les Evangiles, eux sont beaucoup plus clairs.

 

Exemples : pris sur le site SERVIAM ( site catholique ) :

5.- Qu'est-ce que le Mystère de la Rédemption ?

- Le Mystère de, la Rédemption est le mystère de Jésus-Christ souffrant, puis mort sur la croix pour nous mériter le rachat de nos péchés.

6.- Notre-Seigneur a-t-Il vraiment mérité pour le rachat de tous les humains ?

- Oui, Notre-Seigneur a vraiment mérité pour le rachat de tous les humains repentants de leurs péchés ; car, par sa vie, ses souffrances, sa mort et sa Résurrection glorieuse, Il a réparé tous les péchés et nous a mérité les Grâces nécessaires pour parvenir à la Vie Éternelle.

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Hans Küng ... en rapport avec la ' croyance ' ...

14 Janvier 2011 , Rédigé par Perceval Publié dans #Foi

Je lis le dernier livre de Hans Küng, ‘ Faire confiance à la vie ‘. Un ouvrage, facile d’accès, qui est une sorte de ‘ Ce que je crois ‘ de ce théologien catholique allemand, et qualifié de ‘ rebelle’ ou progressiste.

 

hans et benoitAu travers de nombreux écrits, j’ai ressenti avec lui, une communion d’esprit, dans la plupart de ses propos. Et à quelques semaines, de la publication du livre de Benoit XVI ; je reconnais avoir l’oreille beaucoup plus attentive au message de Hans Küng qu’à celui de Joseph Ratzinger ! Pourquoi ?

 

De ces deux hommes, le témoignage de l’un me fait partager un chemin, sur lequel le questionnement est essentiel.

-          Animé dans sa recherche ( perpétuelle) par des bases culturelles et des doutes, Hans Küng, construit une Foi personnelle, qui se refuse à se conformer à «  ce que l’Eglise me prescrit de croire ».

-          L’autre témoignage, émane d’un homme qui se plie à celui que l’on attend d’une personnalité qui tient un rôle institutionnel. Sa réponse ne peut satisfaire totalement l’esprit de quelqu’un qui lui, ne se démarque pas, de son questionnement existentiel. Une réponse institutionnelle, quelle qu’elle soit, n’a que peu de poids devant une question de vie ( et de mort.. ).

 

Autant, je pourrais me satisfaire en politique (et je la recherche…) de la réponse d’un parti, d’un groupe influent, d’un ministre, d’une institution… puisque ce collectif a la réelle responsabilité des affaires, et là, le témoignage de l’un ou l’autre, n’a que la valeur d’une voix, parmi d’autres. Autant, la réponse spirituelle, que je cherche, n’aura de valeur que si elle entre en parfaite communion, avec ma question, mes doutes, mon attente, mon expérience… à la manière de Jésus, dans le texte des Evangiles… A la manière de divers « maîtres spirituels » croisés dans diverses traditions, et très souvent catholiques…jesus nicodeme

 

Catholique, je souhaiterais rencontrer – dans le cadre religieux – des « maîtres spirituels », et non pas : des managers de paroisse, des préfets de la foi ou des prélats d’un autre âge…

Ces maîtres spirituels, sont des hommes ou des femmes, de ‘notre temps’ et qui sont capables, - parce que eux-mêmes accompagnés ( il connaissent « les cartes »)- , de conduire chacun sur l’une des voie du «  territoire ». Ils sont porteurs de la ‘Tradition’ : elle-même accessible par la voie symbolique et expérimentale du rituel ( les sacrements ).

 

Pour hans Kung, la première démarche de foi, d'un adulte, consiste à faire " confiance en la vie ".

Rester figé en deçà, dans un doute existentiel, oblige la personnalité à se focaliser sur des croyances ‘certaines’ établies, par la religion  ( par exemple ). Bien sûr, cette confiance est la qualité de nombreuses personnes, ‘croyantes’ ou non …

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Le signe renvoie à autre chose ...

12 Janvier 2011 , Rédigé par Perceval Publié dans #Foi

Vierge marie graalDans la revue "Panorama" ( revue 'catholique' ), je relis une nouvelle fois, une traduction qui est peut-être la cause d’un malentendu entre chrétiens : - la virginité de Marie… ( Je cite Panorama, pour insister auprès des non-catholiques qui s'imaginent que nous restons coincés dans notre catechisme enfantin .... )santo graal8

 

Francine Carrillo ( pasteure et théologienne ), parle de Marie, et de la « pentecôte » qu’elle vécut , alors qu’elle était une «  jeune fille » ( Mt 1, 23 ), et la rendit dépositaire de la Vie …  «  Ce terme de ‘jeune fille’ provient d’une citation d’Esaïe ( 7, 14) où la version grecque de la Bible hébraïque a traduit par « vierge », un mot qui –en hébreu- signifie  « nubile », c’est à dire « en âge d’être mariée », sans référence à la virginitè … ».


Cet exemple, montre que la Foi, ne se réduit pas à des éléments scientifiques… L’histoire de Marie et Jésus, ne se réduit pas à des détails physiques, mais s’enrichit d’une compréhension du sens de cette histoire… A traiter de la même façon que les « signes » qui remplissent la vie de Jésus…

 

Le signe renvoie à autre chose que lui-même ....

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Dialogue avec un incroyant (2)

10 Janvier 2011 , Rédigé par Perceval Publié dans #Foi

Pour continuer mon échange avec un athée , suite: ICI à l'occasion de ma lecture de F. Savater;  je lui demanderais de tenter de comprendre les phrases ci-dessous : elles sont de France Quèrè eglise-catholique–théologienne protestante et tirées de la revue ( catholique-romaine ) ‘Panorama’ …

Et ceci, pour répondre de, manière « catholique », aux pressantes questions, sur d’éventuelles interventions d’un dieu … qui serait en rivalité avec la science, ou tout simplement, la raison…

 

« Les signes qui nous sont donnés dans les éléments du monde et dans l’histoire des hommes ne sont pas de Dieu, mais Dieu, lui, se fait jour entre ces signes, ou plutôt il se fait nuit, une nuit plus transparente que le jour. »

«  Dieu n’est pas dans l’ouragan, mais dans le calme qui suit. Et Dieu n’est pas dans la violence des hommes, mais dans la paix qu’ils font, dans la paix qu’il fait entre eux. »

«  Il est rapporté qu’une fois Jésus s’étant levé, il se fit un grand calme. Ce grand calme, c’est Jésus en personne. »danube-vertigo


J’ai conscience que cette ‘expression ‘ de dire Dieu, n’éclaire qu’avec insatisfaction mon interlocuteur incroyant…  Pourtant, c’est là – dans cette ‘ ouverture ‘ ( sans doute acceptée après une expérience toute personnelle, et non pas par obéissance ‘ dogmatique ‘ ), que nous pouvons atteindre l’autre rive, où commence l’aventure de la Foi, la Quête …

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Le Dieu de Jésus

2 Janvier 2011 , Rédigé par Perceval Publié dans #Foi

lavementdespieds-Brown« Si Jésus avait seulement enseigné, comme nous le faisons tous, qu'il y a deux commandements bien distincts, qu'il faut honorer Dieu (à Lui le règne, la puissance et la gloire !!!) et aimer son prochain, il n'aurait heurté personne. Il serait mort de vieillesse, décoré, membre du sanhédrin, approuvé par toutes les hiérarchies civiles et religieuses. »

Louis Evely

 

Quelque chose d’important,- à mon avis - est que la Foi catholique, n’est pas compatible avec la crédulité, et le confort individuel… beauvoisEn effet, Elle oblige à revoir complètement, nos croyances innées, primitives et inconscientes d’un dieu jupitérien, tout puissant, qui récompenserait celui ou celle qui le sert ..etc

Le Dieu de Jésus ( selon son témoignage ..) , a horreur des sacrifices et prières dignes d’idoles. La prière du catholique est action de grâce, et communion avec les plus faibles ; manière de faire comprendre que le salut n’est pas seulement individuel…

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Savoir, si je crois ...

28 Décembre 2010 , Rédigé par Perceval Publié dans #Foi

pointinterrogation-vosquestionmesreponseDeux anecdotes, racontées par F. Savater (1) :

- Un pasteur, tente en Espagne, de distribuer des bibles ‘ protestantes ‘ . Un paysan andalou, quand il apprit à qui il avait affaire, lui répliqua : «  Ecoutez, déjà que je ne crois pas en la religion catholique, qui est la vraie; je vais encore moins croire à la vôtre, qui est fausse » !

 

- F. Savater , lors d’une séance de dédicaces, est interrogé par une dame :

«  êtes-vous croyant ? » . Il lui répond :

« Croyant … en quoi ? »

je-n-aime-pas.jpg

 

«  Mais, je ne sais pas, en ce qui est habituel.. »

 

«  Certainement madame, je crois en ce qui est habituel, C’est au surnaturel, que je ne crois pas … »


D’autre part, il est habituel, de dire : «  Je ne sais si je crois … Je crois en «  quelque chose… » , et F Savater de répondre : «  Croire en quelque chose, bien sûr… Ce dont il s’agit, quand nous parlons de Dieu : c’est croire en quelqu’un … ! » Evidemment !

 

(1) Fernando Savater, philosophe espagnol athée.

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Comment peut-on encore croire en Dieu ? F. Savater

26 Décembre 2010 , Rédigé par Perceval Publié dans #Foi

Fernando Savater dans son livre : "  La Vie Eternelle, Éloge des Incroyants" la vie éternelle éloge des incrédules20100423s’interroge « Comment peut-on encore croire en Dieu, en l'au-delà, en tout le cirque surnaturel? »


Passant de la sincère incompréhension à l'analyse des mécanismes qui sous-tendent les croyances, l’auteur interroge avec sincérité tout ‘ croyant ‘ … Il part du principe, qu’il interroge « des personnes intelligentes, éduquées, sincères dont les capacités et le courage intellectuel ne peuvent absolument pas êtres mis en doute; des contemporains, avec qui je partage la réalité technologique et virtuelle du 21éme siècle »

De mon côté, je pars du principe qu’il ne s’adresse pas au terrorisme d'Al-Qaida, à l’inquisiteur, à l’intégriste … M. Savater veut prendre la religion au sérieux, « non comme un résidu du passé, mais comme une chose  fiable et  stable qui   chemine depuis nos origines, quelque soit notre culture, jusqu'à maintenant. »

Cosmos« Les croyants, dans la grande majorité. ne considèrent pas leur foi comme métaphorique ou poétique du mystère de l' Univers ou de la vie  (ce qui pourrait être acceptable intellectuellement), mais comme des explications efficaces de ce que nous sommes et pouvons espérer. » 

 

Je n’évoquerai pas non plus la religion : comme le « meilleur fondement des valeurs morales »…

Plus intéressant est cet autre aspect « dont se préoccupent les croyances religieuses, l'univers , le sens de la vie, la mort, les valeurs morales, la liberté etc., qui sont aussi les thèmes de la réflexion philosophique. » . «  À la question rituelle: "Qu'est-ce-que la philosophie?"  Luc Ferry, philosophe français, répond simplement: une tentative d'assumer les questions religieuses sur un mode non religieux, voire antireligieux. »

Il ajoute : « La science et la religion résolvent, chacune à leur manière, les problèmes, tandis que la philosophie parvient au mieux à nous guérir du souci de résoudre ce qui est peut-être insoluble.. ».

C’est vrai que la religion semble donner une réponse, pourtant je ne dirais pas ça …

La religion …-  je préfèrerais dire « la spiritualité », car je suis, ici, hors doctrine, et hors théologie … - étend la question au-delà de nos références rationnelles… Elle admet de naviguer dans un espace non borné par nos connaissance objectives …  Au nom de quoi ? Au nom de la ‘transmission’ ( ma tradition, ma culture, mes rencontres …) , au nom de la connaissance de soi, au nom de l’expérience intime, au nom de la rencontre … Tout cela, qui bien sûr, déjà nous éloigne, l’un de l’autre …

Je remercie F. Savater, de dire que « Dans cet ouvrage, il s'agit de parler des doutes et des tâtonnements, pas de croyances qui dispensent de continuer à penser. »

Moi, je ne crois pas aux « preuves » de l’existence de Dieu …


« L'illusion de croire. »

F.S. admet que « En quelque matière que ce soit, on croit toujours en quelque chose. »

« Richard Feynman nous a laissé ce qui suit:" ce qui n'est pas entouré d'incertitude ne peut pas être une vérité". », Oui, je partage …

Je reconnais, comme F.S., que ‘la foi’ ( en soi, ;etc ;;) est utile pour une action donnée… Au delà, il se rebelle, contre la foi-illusion, celle des crédules, justifiée par ses seuls désirs… On ne parle pas des raisons sociales qui pourraient expliquer le besoin de cohésion sociale , ou la pression du mimétisme social … Par contre, je n’échapperai pas, au reproche que le véritable fondement de la croyance, serait le ‘désir de croire’ .. !

-         Le désir, de voir une justice dans l’au-delà ( enfin, punir le méchant ! )

-         Le désir, de ne pas ‘mourir’…

-         Le désir, d’être ‘quelqu’un ‘ : « . Pour lui, nous serons quelqu'un et nous le resterons toute l'éternité durant »

-         Le désir, de trouver un ‘sens’ à la vie ...Jesus

Il est vrai, que ces désirs, en moi, existent … Et ce qui est ‘extra-ordinaire’, c’est que la spiritualité même, s’en méfient … Le bouddhisme, - qui à ce propos, m’enseigne le plus -, appelle à la connaissance et à la disparition de ces « illusions »… De nombreux mystiques chrétiens, le rejoignent ( Thérèse d’Avila, maître Eckhart, …etc ). Croire, c’est se libérer de beaucoup d’illusions … !

« . Le spiritualisme et l'athéisme ne sont pas forcément opposés. » (…) « (Ainsi, des religions dont les dogmes ne font pas intervenir la notion de divinité peuvent, dans une certaine mesure, être considérées comme athées, tel le bouddhisme. Il existe également des personnalités, tels que le théologien John Shelby Spong, qui se définissent à la fois comme chrétiens et non-theistes.) »

A mon sens, je ne sais pas si je serais chrétien, si je ne passais pas par Jésus. Ou, « Croire en Dieu » sans référence à Jésus, n’a pas vraiment de sens… Il y a beaucoup de ‘ figures ‘ de Dieu, qui ne sont que des idoles ; je n’y crois pas… !

Je peux parler de Dieu, parce que Jésus, m’y conduit.

Je n’ai pas fini de lire «  La vie éternelle : Eloge des incrédules », de F. Savater… Sa lecture m’est vivifiante…

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Simone WeilParoles de Simone WEIL:

« Cas de contradictoires vrais. Dieu existe, Dieu n’existe pas. Où est le problème ? Je suis tout à fait sûre qu’il y a un Dieu, en ce sens que je suis tout à fait sûre que mon amour n’est pas illusoire. Je suis tout à fait sûre qu’il n’y a pas de Dieu, en ce sens que je suis tout à fait sûre que rien de réel ne ressemble à ce que je peux concevoir quand je prononce ce nom. Mais cela que je ne puis concevoir n’est pas une illusion. » (L’athéisme purificateur)

« Entre deux hommes qui n’ont pas l’expérience de Dieu, celui qui le nie en est peut-être le plus près. Le faux Dieu qui ressemble en tout au vrai, excepté qu’on ne le touche pas, empêche à jamais d’accéder au vrai. Croire en un Dieu qui ressemble en tout au vrai, excepté qu’il n’existe pas, car on ne se trouve pas au point où Dieu existe. » (Ibid.)

« La religion en tant que source de consolation est un obstacle à la véritable foi : en ce sens l’athéisme est une purification. Je dois être athée avec la partie de moi-même qui n’est pas faite pour Dieu. Parmi les hommes chez qui la partie surnaturelle d’eux-mêmes n’est pas éveillée, les athées ont raison et les croyants ont tort. » (Ibid.)

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Noël, avec maurice Zundel

24 Décembre 2010 , Rédigé par Perceval Publié dans #Foi

" Jésus à genoux devant ses disciples, c'est cela le coeur de l'Evangile, c'est cela qui éclate ce soir dans le mystère de Noël, c'est que Dieu est au-dedans de nous. Non pas là-bas, derrière le ciel étoilé comme s'Il trônait dans une cour pharaonique mais ici, maintenant, au plus intime de nous.

(...)Nativite-2

Reconnaître Dieu comme une présence dans l'homme, c'est découvrir précisément Jésus à genoux devant ses disciples au Lavement des pieds, Jésus qui vient nous libérer à tout jamais d'un dieu idolâtrique. Jamais l'Homme n'a été l'objet d'un pareil acte de Foi. Jamais l'Homme n' a été magnifié, glorifié à ce degré ! C'est donc en nous qu'il faut chercher l'Infini. Il y a en chacun de nous une valeur illimitée qu'il s'agit de découvrir pour atteindre en nous à l'authenticité de l'Homme.  Et pourtant nous en sommes la plupart du temps toujours inconscients...

(...)

C'est pourquoi si Dieu est en nous un Dieu voilé. Il est par là même un Dieu souffrant car Il est voilé par nous, voilé par nos complicités, par notre aveuglement, par la servitude de nos passions. Il est voilé par ce moi que nous avons toujours à la bouche, par ce moi possessif qui nous empêche d'atteindre à nous mêmes et qui constitue le plus formidable écran entre Dieu qui demeure en nous et nous-mêmes. (...) Nous sommes ainsi appelés ce soir à faire cet acte de Foi en l'Homme à découvrir au plus profond de nous-mêmes ce Ciel intérieur. Il n'y en a pas d'autre.

Il est bien clair que si Dieu est au-dedans de nous , Il n'avait pas à descendre d'un ciel imaginaire. S'Il est en nous, il était déjà là. Il ne cesse jamais de nous attendre. C'est nous qui ne sommes pas là ! Il est déjà venu depuis toujours. C'est l'Homme qui doit venir à Dieu. Le mystère de l'Incarnation, c'est justement le mystère de l'Homme qui vient à Dieu. Et l'humanité qui souffre, c'est l'Humanité qui est enracinée dans cet Amour qui n'est qu'un Amour, qui à cause de cela, est désarmé, infiniment pauvre, incapable de jamais s'imposer.

(Le Christ)n'est pas une espèce de personnage mythologique mais un Homme dans la plénitude de sa Grandeur, de Sa Dignité, de Sa Liberté, un Homme dont le Moi est l'autre, un homme qui peut dire d'une manière unique et incomparable : "Je est un autre", préfigurant ainsi notre vocation, puisque finalement nous n'arriverons à réaliser cette grandeur et à faire rayonner cette valeur infinie qui est Dieu en nous, qu'en nous désappropriant de nous mêmes pour que Dieu devienne notre vrai Moi, pour qu'en nous aussi , Il soit un autre.

Jésus est le cas limite de ce à quoi nous sommes appelés. Car finalement on n'est vraiment soi-même, on n'est vraiment source et origine, créateur de soi et de tout l'univers que dans la mesure où l'on fait en soi un vide illimité pour accueillir cette présence infinie qui ne cesse jamais de nous attendre au plus intime de nous.

(...)

C'est par là que Jésus Christ va nous guérir de nous-mêmes, nous guérir de cette possession de nous-mêmes.(...) Dans cette nuit se révèlent à la fois l'Homme et Dieu: l'Homme que nous ne sommes pas encore mais que nous sommes appelés à être et Dieu tel qu' il ne peut qu' apparaître dans une humanité diaphane, totalement désappropriée d'elle-même qui fait passer à travers elle cet Amour qui  n'est qu'Amour, dans sa subsistante et éternelle pauvreté.

lavement piedsNoël, ce n'est pas une légende pour amuser les enfants. Noël qui marque le tournant de l'Histoire universelle, Noël par rapport à quoi s'ordonnent tous les siècles, Noël c'est notre naissance à nous-mêmes, à notre dignité, à notre grandeur, à notre liberté.

Telle est la révélation de Dieu, non plus comme un  maître qui nous domine, qui revendique ses droits sur nous mais comme un Amour caché en nous qui ne cesse de nous attendre parce qu'il ne pourra jamais que nous aimer.

Mais si nous sommes ici, c'est parce qu'au fond de nos coeurs,un certain appel de générosité demeure encore vivant. Si nous sommes ici c'est parce que nous ne voulons pas que Dieu demeure à jamais en nous un Dieu souffrant et voilé, c'est parce qu'aujourd'hui, nous voulons humblement, silencieusement l'accueillir au plus intime de notre coeur

et faire taire tous les bruits qui nous maintiennent à la surface de nous-mêmes dans l'esclavage de nos instincts.

C'est que ce soir, nous venons ensemble nous offrir silencieusement à Celui qui veut naître au plus intime de nous afin que Dieu; le Dieu vivant, le Dieu qui n'est qu'Amour , le Dieu éternel, le Dieu infininement pauvre, le Dieu qui nous attend au plus intime de nous, ne soit plus un Dieu souffrant et voilé."

Père Maurice Zundel.

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