foi
L'inutile prière
Il est courant que les agnostiques soupçonnent les chrétiens de choisir l'option « Dieu » pour s'assurer une certaine « sécurité », et pas seulement dans un avenir post-mortem. Ils ont raison de le relever, et c'est pour nous l'occasion de préciser que cette « assurance » se rapporte à une idée de dieu, qui n'est pas chrétienne.
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| Antonello da Messina ( milieu XVe s ) christ at the column |
Le Dieu de Jésus-Christ, n'est pas un assureur.
Il est intéressant de noter que le « tentateur », utilise lui-même ce ressort : « Si tu es le fils de Dieu ...etc » ( Mt 4, 3 et 6 ; Lc 4,3 et 9-11 )
Le tentateur utilise, peut-être le dieu que nous serions tenté de préférer : un dieu dont la puissance serait du même ordre que celle des hommes...
Ainsi Pierre: il a rencontré le Messie, il a mis tout sa foi en lui et en sa puissance…. Et, la première vérité qui doit éclairer sa conduite, c'est que ce Dieu, ce Messie, doit souffrir et mourir.. !... Alors, le prenant à part, Pierre se mit à la réprimander; Jésus réagit :
« Arrière de moi, Satan ! Parce que tes vues ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Le chrétien ne peut échapper à l'insécurité de la vie, et ce qui fait la condition humaine. Dieu ne supprime pas nos motifs d'angoisse... ( celle de la mort, celle du sens de la vie ...)
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| Rembrandt: Tête de Christ |
L'assurance du Christ, c'est l'assurance que l'humain s'enracine dans la relation vivante du Dieu de Jésus-Christ, le Dieu trinité …
« Vous avez accepté joyeusement qu'on vous dépouillât de vos biens, vous sachant en possession d'une richesse meilleure et qui dure. N'abandonnez donc rien de votre assurance ... » Heb 10, 19-22 ; 34-35
Arrêtons de nous tromper de cible ! La prière n'est pas l'occasion de tenter d'échapper, par le bénéfice d'une puissance magique, à nos souffrances. N'est-ce pas manquer à notre foi, que de confesser ainsi un dieu semblable aux idoles ?
Sources: " Dieu n'est pas un assureur " de Marc-François Lacan
Faire Eglise autour du Christ.
Aujourd'hui, il n'y a plus une seule manière ( sociologique...) de communier autour du Christ ressuscité. Certaines logiques, sont même à mon avis assez opposées...
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Une manière « religieuse », est de mettre le rituel au centre, comme une pratique incontournable.
Elle est relativement simple à s'installer. Le rite fédère assez facilement, la seule obligation est de se
retrouver régulièrement... Elle donne l'impression d'avoir fait ce qu'il « faut faire » … Elle semble garantir l’accès à Dieu. L'assemblée est en bas et le rite donne la manière
d'avoir accès à Lui. L'effort réalisé par le fidèle participe à cet accès. La messe dominicale - et quelque soit l'assemblée, chacun n'étant qu'un élément similaire – représente bien ce schéma
religieux.
- Une manière « spirituelle », est de reconnaître que « le divin », n'est en rien semblable à cette statue qui réclamerait une vénération particulière ( du bas vers le haut …) .Ici le divin est en position de « serviteur » ( Jésus ).
Qui fait le chemin... et, Qui rejoint qui … ?
Cette spiritualité, correspond à ce qui peut toucher les cœurs des hommes et des femmes d’aujourd’hui... Si
notre Foi évolue : « ce n’est pas le Dieu en surplomb mais le Dieu "en humble place", qui peut se rencontrer...». N'est-il pas nécessaire, si le christianisme est universel, qu'il
retrouve de cette manière, chacun, sur ce chemin …?
Certains d'entre nous, sentent bien le défi ; mais craignent qu'ainsi leur religion perde de son exclusivité. ( Ce n'est pas vraiment le style de la " Nouvelle avangélisation ..." ). L’accès à Dieu, et en particulier par Jésus-Christ, est pour tous. Il ne peut être réservé aux fidèles d'un certain culte … L’accès au divin, se fait avant tout, par son humanité.
Chacun d'entre nous est à l'image de ce divin : « Qui me voit et voit tout homme, toute femme, voit le
Père », image souvent blessée, défigurée …
Dieu se communique, en chacun d'entre nous, au point que servir chacun d'entre nous, revient à le rencontrer et Le servir …. Dieu est au centre le plus intime de chacun ….
Ainsi, faire Eglise, c'est moins chercher à s'organiser pour avoir accès à Dieu, que chercher ensemble à comprendre comment Dieu a accès à ma conscience …
Le christianisme est un chemin de spiritualité, plus qu'une religion ; et c'est pour cela qu'il s'exprime dans la diversité … Il
est inutile de s'efforcer d'accéder à Dieu. La crainte serait alors de s'imaginer "savoir faire" : source d’orgueil et d’intolérance... Mais plutôt, initiative de Dieu de nous rejoindre,
En conclusion : j'aurais tendance à privilégier - la contemplation de la Parole en petite communauté, que - la célébration collective d'un rituel.
De la mort à la Vie
Je reprends ici, à ma manière, un enseignement oral de Bertrand Vergely ( orthodoxe )

Scientifiquement parlant, et même rationnellement parlant : on ne peut envisager la résurrection …
Pourtant, à entendre les témoins : Jésus est mort, et, ce qui n'empêche : la résurrection de Jésus est un
fait !
Une mort est physique et matérielle, et si le mort se réveille c'est qu'il n'était pas mort ! Ou encore : Lazare est revenu à cette vie ( matérielle et physique ), et Lazare est , ensuite, définitivement mort … !
Alors, de quelle résurrection à la Vie, de Jésus, parle t-on ?
L'anthropologie ( juive et chrétienne ) de l'humain est ternaire : corps, âme et esprit. Ce qui nous permet, nous chétiens, de distinguer la mort physique, la mort morale et derrière la mort spirituelle.
Coupé de nos racines divines, nous sommes dans le monde de la mort...
Et mort également, celui qui : « quand il mange , il ne mange pas … quand il boit, il ne boit pas … » … On peut faire semblant de vivre … !
L’expérience de la résurrection nous la faisons quand nous sommes habités par le Christ... Elle nous annonce dans les profondeurs de la vie future …
La vie en Christ va de la mort à la vie... La vie du « monde » va de la vie à la mort …
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Ainsi que le rappelle Annick de Souzenelle, on ne rencontre son être intérieur que si l’on meure à son être extérieur. Nous avons tous en nous ce que la sagesse indienne et la psychanalyse de Jung appellent le Soi, qui est la pensée profonde et évoluée non seulement de nous-mêmes mais de l’humanité. Encore faut-il être mort au moi pour rencontrer le Soi. Passage douloureux. Le moi a du mal à accepter un autre que lui. Passage étonnant cependant. On est surpris quand, dans la nuit du moi à l’agonie, on voit surgir la lumière du Soi. ***** |
Pour ce qui est de la mort de Lazare, et de l’importance de cet épisode pour comprendre le message de la résurrection :
Marthe a complètement changé d'attitude... Elle est allé dans la profondeur d'elle même.
Avant même, qu'il soit parvenu à la maison de Lazare, c'est Marthe qui accueille Jésus... Si tu avais été là … ! Une femme bouleversée … ! Tu crois qu'il va ressusciter ? Oui, mais quand ?
« Non pas plus tard, mais maintenant ! Tu es déjà dans la résurrection sans le savoir … »
Marie dit la même chose … Si le Christ avait été là, Lazare ne serait pas mort … Marie pleure et le Christ pleure … Le Mystère est en train de faire accoucher … Le Christ reçoit du Père la capacité de ressusciter ( parallèle avec les noces de cana … )
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Extraits : source : Bertrand Vergely.
« Les miracles de l'Évangile ne sont pas des prodiges, mais bien plutôt des retournements d'êtres. Nous ne soupçonnons pas ce qu'il est possible de faire dès lors que nous laissons parler l'Esprit en nous, ce souffle créateur. »
« Le but du Christ n'est pas d'arriver à un « happy end », mais de permettre aux êtres de revenir à eux-mêmes, de retrouver leurs forces pour qu'ils puissent continuer leur chemin dans la vie. Le miracle ouvre un avenir, l'horizon n'est plus limité par la mort et par l'essoufflement. »
Maurice Zundel : « Le vrai problème n'est pas de savoir s'il y a une vie après la mort, mais s'il y a une vie avant la mort. »
« Dieu lui-même s'est risqué dans la Création, et Jésus a vécu la Passion : Dieu prend le risque de l'homme, et le risque de la croix. »
« Dieu lui-même s'est risqué dans la Création, et Jésus a vécu la Passion : Dieu prend le risque de l'homme, et le risque de la croix. le miracle, "c'est que l'esprit c'est du réel, et que le réel c'est du spirituel » B Vergely

Croyance et crédulité. -2-
Pour certains, l'espoir des « siècles des lumières », était d'éradiquer l'expression des croyances, ce fut
l'espoir en une sorte de dictature de la raison. Ensuite, comme Lord Kelvin, on a même pensé que la connaissance humaine arrivait à son terme... !
Aujourd’hui, notre vision de la naissance du monde ( par exemple ) reste une « croyance », même si nous préférons l'exprimer par une
métaphore à base du « big-bang », plutôt que par un récit sur le combat de deux grands serpents titanesques …
Le progrès de la connaissance entraîne l'augmentation de la connaissance ( ou croyance...) par délégation.
La frontière entre croyances et connaissances n’est pas toujours simple à tracer, G Bronner envisage de montrer que les deux relèvent de la rationalité. Cependant, il ne faudrait pas en conclure qu’il aboutit à un relativisme extrême où l’on considère que « tout vaut tout »
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Il nuance la thèse du désenchantement du monde. Il n’est pas vrai que chaque avancée de la connaissance entraîne un recul des croyances ; bien au contraire, les deux progressent de conserve, d’une part parce que certaines croyances restent utiles dans la vie de tous les jours, d’autre part parce que chaque progrès des connaissances ouvre le domaine des possibles et génère de nouvelles croyances.
A côté de la « croyance » ordinaire et pratique, se répand la « crédulité »... Il serait intéressant d'en connaître la limite entre l'une et l'autre.
Dans « La démocratie des crédules », G Bronner (*) décrit le phénomène du groupe qui a tendance à se ranger derrière une personne qui semble en savoir plus qu'eux... Et là, la connaissance pourrait rompre cette unanimité …La production gigantesque et sans cesse croissante d’informations invérifiables sur l’Internet et leur accès immédiat et universel permettent aux croyances, les plus bizarres parfois, de se répandre en épidémie et de s’ancrer dans bien des esprits.
Bronner voit «le faux» et «le douteux» s’immiscer partout dans l’espace public, comme si nous vivions déjà et, sans le savoir, sous le régime décadent de «la démocratie des crédules» Partout, les explications simples ou plutôt simplistes - «mono-causales» - s’imposent devant l’irruption du réel, comme si nos esprits se laissaient gouverner par des formules rassurantes : «il n’y a pas de fumée sans feu», «tout est lié», «rien n’arrive au hasard», ou encore «cela cache quelque chose»… La théorie du complot – ce «nihilisme mental» - semble régner en maître et avilir nos intelligences. Nul n’est à l’abri, aucune couche sociale, pas même les plus éduquées :«Il n’y a pas corrélation claire, explique Bronner, entre niveau d’études et vision perspicace du monde.»
(*) Gérald Bronner est Professeur de sociologie à l'université de Paris Diderot (Paris 7) et membre de l'Institut Universitaire de France.
Prier ...: de la crédulité à la Foi. -1-
J'ai entendu récemment, sur les « matins » de France-Culture, un échange avec un sociologue : Gérald Bronner (*), dont le travail sur nos « croyances » en général, a rejoint les questions et le malaise qu'il m'arrive de ressentir, quand l'une ou l'autre personne qui m'entourent s'expriment du genre : « Nous allons demander au Seigneur …. », ou « nous allons prier pour untel, qui ... »
Ma première réaction est de penser : - Je ne peux pas demander, tranquillement au Seigneur de combler l'un ou l'autre de ces soucis... Non, je ne peux pas... Impossible … !
Je peux crier dans la détresse..., et prier... Ça, je peux. Je peux - dans certaines circonstances – abandonner toute raison, m'emplir entièrement de la souffrance... Crier, prier.
« Que ta volonté soit faite ! » … Non pas, que les souffrances dont on me parle, sont provoquées ou voulues par Dieu ( Horrible … ! ..), bien sûr ! Je détesterai ce dieu ! qui n'existe pas...! ( heureusement, c'est " hérétique " ..!)
Mais, à l'échelle de l'univers et de l'éternité, je ne sais rien de ce qui est bon ou mal pour moi.... Je ne sais rien de mon destin …, et donc au mieux, ma prière peut consister à ce que Dieu m'accompagne sur ce chemin... Et, que je sois, moi, capable - d'accompagner la personne qui souffre, et de soutenir " le divin " pour qu'il puisse continuer à vivre en moi … C'est tout ! Ce que je sais, c'est : quand l'humain souffre, Dieu souffre...

Autour du témoignage tout personnel que je viens d'émettre, il y a la question de la croyance – je préférerais le mot « Foi » ( qui inclue le doute ) , et de la crédulité … Et bien souvent, dans l'univers d'une religion, il est difficile de faire la part de l'une et de l'autre ….
* Je reviens à G Bronner : déjà il y a dix ans il avait ausculté la genèse intime de nos croyances et expliqué pourquoi les progrès de la science n’avaient nullement domestiqué notre «rationalité subjective»(l’Empire des croyances, PUF)
« Croire » est connoté négativement : Qualifier de croyance une opinion, une idée ou une thèse, c'est en général vouloir lui ôter toute crédibilité et présupposer l'incertitude voire le manque de sérieux. La croyance interroge la Vérité, parce qu'elle n'est pas « garantie », Nous croyons faute de savoir... Parait-il ...?
Les croyances ne disparaissent pas avec les progrès de la science. Les sociétés contemporaines ne croient pas moins
qu'hier. Certaines croyances perdent du terrain et parfois meurent, mais d'autres naissent.
« La science alimente la croyance », souligne la sociologue Romy Sauvayre, auteur de Croire à l’incroyable (Puf). Chaque découverte ne faisant que nourrir de nouvelles questions et ouvrir le champs des possibles. « Je me souviens, raconte-t-elle, d’un reportage télévisé lors de l’ouverture de l’accélérateur de particules en Suisse. Le journaliste parlait de la possibilité de découvrir une 9e dimension (sic) ! ». Autre exemple, la recherche sur le clonage, qui a fait le bonheur de la science-fiction et de la secte des raëliens pour qui cette technique conduirait à l’immortalité. Pas moins. Les incertitudes, la crise économique et sa cohorte d’effets anxiogènes profitent aussi aux croyances qui rassurent, d’autant qu’elles assènent des vérités là où règne le doute » article sur ' La Vie ' 06/03/201
( à suivre ...)
(*) Gérald Bronner est Professeur de sociologie à l'université de Paris Diderot (Paris 7) et membre de l'Institut Universitaire de France.
Ne suis-je qu'une "illusion" qui doute?
Je pars d'une « sentence » envoyée par Orion gps :
"Je ne doute de rien sur l'existence d'un Jésus,
Il m'a même rencontré une foi ;
par contre, moi, je ne suis qu'une illusion"
-auteur inconnu-
Je ne touche pas à cette citation, même si elle me semble provenir d'une traduction imparfaite …
- Dire « je ne doute pas de l'existence de Jésus », est une « croyance par délégation », comme la plupart de ce que je pense parfois être du « savoir » : par exemple la théorie du Big-bang... entre savoir et croyance la limite est tenue !
Ces évidences, j'ai parfois, la nécessité de les poser comme telles, pour tenter de construire autre chose … d'aller plus loin
...
J'ai besoin de questionner, comme un gamin irritant « Oui, mais pourquoi..., et pourquoi …, etc …)
Je pense qu'il est nécessaire de tout interroger, jusqu'à -même- déstabiliser … ... Commencer par un acte qui pose la Foi, comme une certitude globale, n'est pas – pour moi – le meilleur moyen d'accéder à la foi. Ce n'est qu'une pétition de principe qui tente de supprimer La question.... Or, la question est fondamentale !
Au regard du passé, notre époque est formidable pour cela ! Aujourd'hui, qui ne craint d'être « athée » ? Nous avons, même, la chance, d'avoir dépassé le temps du scientisme, et ses tentations de la dictature de la raison...
Et après avoir questionné le divin, nous questionnons avec la même force, grâce sans doute à l'influence des spiritualités orientales, notre « moi », l'égo … et cette remise en question me semble passionnante, et à découvrir …
- « par contre, moi, je ne suis qu'une illusion. »
Je reconnais qu'il existe en moi, un « égo » qui s'observe, se juge, se compare, se blesse, souffre... sur des
critères qui n'ont rien d'absolu, mais au contraire relatifs à mes occupations du moment, à mes appartenances. Ils n'ont d'autres valeurs que celles du moment, et que je me donne … et qu'il
convient d'interroger .
Cet « égo », ne pourrait être qu'une construction, que moi, avec le regard des autres, décidons de sa réalité, puisqu'il me permet d'être reconnu... Une sorte de convention, qui ne résiste pas ( il me semble...) si on décidait réellement de la relativiser ...
Les illustrations sont les reproductions d'oeuvres de Michael Cheval, artiste contemporain né en 1966 en Russie.
Quelle traduction pour "la Genèse" ?
Avec l'espoir de pouvoir, un jour, raconter l'histoire du jardin d'Eden ( Conter la Bible …), j'ai lu et ' travaillé '
les deux livres de Paul Nothomb
: Ça ou l'histoire de la pomme, éd. Phébus, Paris, 2003, et Ève dans le jardin, éd. Phébus, Paris,
2004...
La question qui occupe mon esprit à présent est : Est-il possible de revenir et retraduire un texte aussi fondamental que la Genèse ? Est-il possible de revoir cette fameuse histoire d'Adam et Eve avec une autre traduction et une autre interprétation … ?
Paul Nothomb, mais aussi Annick de Souzenelle, nous y incite fortement ; au moins par justice envers un texte hébreu.
Je n'ai pas les compétences, pour affirmer ma conviction que Paul Nothomb puisse enfin nous permettre de lire le texte de la Genèse dans un interprétation « vraie » ; et d'ailleurs que pourrait signifier que cette interprétation soit vraie et les précédentes fausses ? La vérité d'un mythe, n'est-ce pas plutôt la version qui hante nos inconscients qui porte la vérité d'un mythe, en ce qu'elle porte en elle une construction mentale élaborée dans les temps anciens jusqu'à nos jours … ?
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George Frederic Watts(1817-1904) «Chaos» est l'état sans forme avant la création de l'univers dans de nombreuses croyances, y compris la mythologie classique et le judaïsme. Watts trace ici la voie de l'évolution. La confusion primitive est représentée par des géants qui luttent pour se libérer du feu et de la vapeur. La mise en place du temps mesurable et de l'espace est signalée par la chaîne de figures féminines à droite. |
Par contre, le renversement de perspectives que nous offre la traduction, et l'interprétation de Paul Nothomb, nous permet d'en finir avec une anthropologie qui ne fait plus sens aujourd'hui...
Dieu n’est plus un monarque sourcilleux et jaloux, qui rejette violemment et voue aux gémonies ses créatures après qu’elles l’ont "trahi". Adam, pas plus que Ève ne sont uniques : tous deux incarnent le "un multiple", c’est-à-dire l’humanité dans son ensemble. De même le serpent perd son rôle de sournois tentateur, pour celui de catalyseur. Et le fruit ( la pomme) cesse d’être cause de la déchéance.
La chute se situerait plutôt dans le comportement d'Adam vis-à-vis d’Ève. En la nommant « Ève » comme étant objet de sa connaissance à lui, "celle-là" … La chute procéderait de la façon dont Adam a perçu Ève au tout début de leur rapport, et de la perception que tous deux ont du divin … leur propre vision des choses les chasse de ce jardin d’Éden.
La « chute » n'est plus ce que l'on nous faisait croire ; l'homme y a gagné liberté et responsabilité, et sa nouvelle nature de « mortel » a le sens d'un retour à l'infini des origines...
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La main de Dieu ou la création d'Auguste Rodin: 1896
« L’Adam Un et multiple de l’origine « conçu » par Dieu entièrement libre et doué de pouvoirs démiurgiques décide de se séparer de sa part féminine qui lui est consubstantielle, mais pas assez soumise à son gré. Il invente la Femme pour la dominer. Ce faisant il se vide de sa substance et s’effondre. C’est la « Chute », la vraie, dans la « adama » contre laquelle Dieu l’a mis en garde. »
La Femme, (…) Bravant l’interdit divin concernant l’Arbre de l’Omniscience, elle en mange et associe son compagnon expirant à sa transgression délibérée mais mineure au regard de celle de l’Adam désormais déchu à commise. Dans un dernier sursaut il l’appelle la « vivante ». La vivante intégrale. « Car elle sera la mère de tous les vivants » mortels que nous sommes dans la condition humaine, lui passant ainsi le flambeau de l’avenir de l’humanité qui grâce à elle et par le détour des générations, retrouvera peut-être l’intégrité et l’immortalité de son origine, comme Dieu le lui laisse espérer, en condamnant l’Adam seul à l’exclusion de la Femme, qui n’est pas chassée de l’Éden, où l’attend l’Arbre de Vie.
Ainsi, le récit biblique du mythe de l’Éden, loin de stigmatiser la Femme comme pécheresse et responsable de la perte de l’Humanité, la glorifie comme son recours possible contre la mort définitive, où l’a précipitée la « chute » catastrophique de l’Adam dans la « adama » Paul Nothomb, Eve dans le Jardin,
Lucas Cranach, Adam
et Eve, 1624
De manière méthodique, Paul Nothomb épluche les phrases. Il reprend, précise, traduit semble-t-il les expressions au plus juste, confronte les interprétations, souligne les erreurs, pointe les imprécisions qui ont généralement affecté les commentaires traditionnels.
« Je suis entré à la Sorbonne à 58 ans pour passer, sept ans plus tard, un doctorat d’hébreu. J’ai peut-être vécu là les plus belles années de ma vie. Je suis amoureux de cette langue. L’hébreu me passionne plus encore que la Bible. C’est une langue ouverte, en ce sens que celui qui la lit doit décider lui-même du sens du texte, dans les limites qu’elle impose. Elle renvoie donc l’homme à sa liberté. » Paul Nothomb
"Je m’intéresse aux neuf premiers chapitres de la Genèse, ceux de la Bible existentielle. Je suis comme un braconnier sur la chasse gardée de la Tradition, sans nul besoin de commentaires. A la limite, toutes les intuitions sont déjà dans la langue hébraïque." Paul Nothomb
Lecture: réflexions d'un catholique limousin
Le christianisme n'a pas fini de nous étonner... Ancré dans la tradition catholique, les Evangiles sont au cœur de la méditation de " ce chrétien limousin" dans cet opuscule : « Libres propos d'un chrétien limousin ». Je ne veux pas résumer un propos dense, mais seulement relever quelques idées qui me paraissent riches de sens et de questionnement : Merci à lui.
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« Jésus est né homme avec une potentialité de divinisation totale ». Jésus est le prototype d'une humanité parfaite...
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« La source et le support de la 'transsubstantiation s'originent dans le travail de l'homme. Sans le secours de l'être humain, Dieu est impuissant ... »
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Dieu n'est pas ( n'est plus ... » dans un univers parallèle... Dieu s'est incarné en l'homme. Nous sommes le projet de Dieu... projet résumé en Matthieu 25 ( « Chaque fois que vous l'avez fait ...etc ) :Croyant ou non ; tout acte d'Amour a le même sens ! « Transcendance et immanence se joignent »
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Ce message est universel : « sans égard aux milieux sociaux ou confessionnels : en somme pour Jésus, toutes le religions se valent. »
Le christianisme est devenu une religion comme les autres, s'enfermant dans des schémas de pensée religieux : exemples : la virginité de Marie autrement que « spirituelle »...
Jésus n'est pas fondateur d'une religion nouvelle … !
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La résurrection de
Jésus, ne signifie pas une réanimation d'un corps physique, mais la continuité entre vie terrestre et vie ressuscitée. La chair, pour un hébreu signifie la totalité de l'humain ( corps, âme,
esprit) . Ascension, transfiguration.. : Jésus ressuscité est désormais identifié à Dieu...
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Les Évangiles ne sont pas un « livre d'histoire » ( faits événementiels ), mais une catéchèse.
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« L'actualisation des récits évangéliques est donc tout entière inscrite dans le sens à donner, aujourd'hui, ... »... « Que ferait Jésus en ce début du XXIème siècle ? »
Perception d'une Église séparée de ceux qui la composent : structure pyramidale, hiérarchique, masculine …
« Les catholiques sont trop souvent spectateurs de leur propre église ... »
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Constats d'une autre époque : l'ordination qui exclue les femmes, l'infaillibilité pontificale …
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Eglise repliée sur ses clercs, et son « problème » de recrutement. Repli traditionnaliste, liturgique ….. « On met le vin nouveau dans de vielles outres. »
Le célébrant n'est
que le porte-parole, le simple représentant de l'assemblée : cf en début de consécration « consacre toi-même les offrandes que nous apportons » …
« Le cœur du massage de Jésus est affranchi de tout ritualisme comme de tout dogmatisme... » Jésus pratique le judaïsme, mais n'hésite pas à le transgresser.. »
Notre Église, décentralisée, pourrait s'établir « une » dans la diversité, et non plus dans l'uniformité
Il y a nécessité de revoir, et actualiser notre vocabulaire liturgique : ex : « est monté aux cieux... », ex : saint, ange, satan ..etc
Où en est notre recherche théologique ? Qu'a t-elle produit de nouveau … ?
« Les traditionalistes postulent l'immuabilité des choses, qui ont en réalité été construites dans le temps : bricolage
cocasse... »
« L'Eglise ne sera vraiment catholique que lorsqu’elle aura intégré toutes les richesses spirituelles et culturelles de l'univers » Jules Monchanin (1895-1957)
Je retiens de cet ouvrage, l'idée exprimée ci-dessous qui sous-tend ensuite l'espoir que l'Eglise puisse trouver en elle-même, l'esprit du renouvellement …
« Il y a désormais connaturalité entre Dieu et l'être humain, l'un ne pouvant être séparé de l'autre. Vénérer un Dieu extérieur et supérieur à l'homme n'a plus de sens »
La Foi, obscurité et lumière, avec Louis Evely
"La foi est un mélange de lumière et d'obscurité : assez de lumière pour admettre, assez d'obscurité pour refuser, assez de raisons pour porter ses objections, assez d'espérance pour endurer son désespoir, assez d'amour pour porter sa solitude et ses frustrations. Seule la foi nous fait avancer. Nous préférons souvent être en pleine lumière ou en pleine obscurité. Mais la condition humaine est de cheminer sans renier dans les ténèbres ce qu'on a vu et ce qu'on reverra dans la lumière."
Louis Evely Je vous conseille le site: http://www.paraboles.net/site/sommaire_new.php
On dirait que le Christ est pris d'un spasme au moment de se révéler. L'un des disciples a basculé sa chaise et s'est précipité aux pieds de Jésus. Il n'est plus qu'un tas de noir confondu à la base de Jésus, bloc de ténèbre dont le torse émerge en silhouette devant la lumière d'une bougie cachée. L'autre disciple, que nous voyons de face, ébahi, sa vieille face ridée, taillée à la hache, ne peut exprimer de sentiments ordinaires. Il bascule de côté, une main sur la nappe. Dans le noir épais qui envahit la moitié gauche du tableau, misérable effort de lumière humaine, une femme à genoux, minuscule, anime des braises dans l'âtre …
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Article - 12/06/10 - Evely L'Homme pour rencontrer Dieu - Louis Evely est né à Bruxelles le 5 novembre 1910. Il est ordonné prêtre en 1938. Tout en restant professeur au collège, il rejoint la Résistance…
Ecoutez louis evely
Article - 04/05/10 - Ecoutez Louis Evely - "Actuellement, je me sens partagé entre deux mondes : celui des incroyants, qui me passionne et pour lequel je suis trop chrétien, et le monde des croyants ; mais…
La Bible , le Credo , ne sont pas « La Vérité »
Ces paroles ne sont pas les miennes, mais celles du père Matthieu Villemot, ICI, lors des conférences du Collège des Bernardins
Cette affirmation, que je ne cesse de reprendre dans ce blog, est à mon avis, le fondement même d'une théologie du pluralisme religieux, et qui place la recherche de la Vérité hors du « Relativisme » : système qui se met lui-même hors d'un chemin vers la Vérité... et cette conférence le montre avec évidence …

La Bible affirme être vraie, mais elle déclare en toutes lettres ne pas être la Vérité intégrale
Jésus déclare : « J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous n'avez pas la force de les porter, quand il viendra lui l'Esprit de Vérité, il vous guidera vers la Vérité toute entière... »
et surtout la finale de St-Jean, deux fois répétée par lui :
« C'est ce même disciple qui rend témoignage de ces choses et qui les a écrites; et nous savons que son témoignage est vrai. Jésus a fait encore beaucoup d'autres choses; si on les rapportait en détail, je ne pense pas que le monde entier puisse contenir les livres que l'on écrirait ainsi. » J 21, 24
La Bible dit d'elle même qu'elle ne comporte pas toute la Vérité... Elle est elle-même un immense dialogue avec les autres systèmes ( à l'époque de Jésus : la philosophie grecque, le judaïsme …)
La Vérité n'est pas un discours, pas même la Bible … Le logos ne s'est pas fait discours, il s'est fait chair...