foi
Remettre les péchés : chemin (juif et chrétien) vers la guérison.
Premier point :
Jésus a été condamné pour blasphème. En particulier, il s’est arrogé une prérogative divine (Isaïe 1,8) : remettre les péchés :
Luc 5, [20] ( Bible de Jérusalem ) « Voyant leur foi, il dit : «Homme, tes péchés te sont remis.» [21] Les scribes et les Pharisiens se mirent à penser : «Qui est-il celui-là, qui profère des blasphèmes ? Qui peut remettre les péchés, sinon Dieu seul ?»
Dans la liturgie du Temple, en effet, il était prévu des «sacrifices pour le péché» qui, à certaines conditions, permettaient d’obtenir le pardon de ses fautes (Lévitique 4,1-5,17).
Jn 5,18 : « À cause de cela donc les Juifs cherchaient d'autant plus à le faire mourir, parce que non seulement il violait le Sabbat, mais aussi parce qu'il disait que Dieu était son propre Père, se faisant égal à Dieu ».
Deuxième point :
Ce « pouvoir divin » : Jésus le délègue à des hommes ( ! ), après leur avoir soufflé l’Esprit Saint :
Jn 20, 22-23 : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »
Avant de réfléchir, sur ce qui m’apparaît, avec Jésus, une certaine révolution, dans la manière d’aborder cette notion de « péché ». Qu’en est-il, du « péché » dans la religion du Christ, le judaïsme ?
- Comment cela se fait-il que la compréhension de cette notion, soit à ce point différente, alors que nous avons la même origine de pensée ? mais peut-être est-ce une ' fausse idée ' ...
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Qu’en disent aujourd’hui les juifs ? ou : La notion de péché dans le judaïsme :
La Torah (l'Ancien Testament) ne connaît que deux mots pour désigner quelque chose qui ressemble au péché, qui n'ont rien à voir avec les concepts développés par le christianisme.
- La faute est désignée par 'het (plur. 'hattaïm). Ce mot apparaît pour la première fois dans le Livre de la Genèse IV:7. Il est linguistiquement dérivé du concept de manquer la cible. Rien ne laisse supposer dans la sémantique de celle-ci une quelconque séparation d'avec YHWH Elohim. ...
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- Théologiquement, le mal est désigné par Râ. Le mot désigne une imperfection intrinsèque : "kisse rou'a", c'est une "chaise instable", branlante, ne convenant ni à sa condition, ni à sa fonction de chaise. Faire ce qui est râ ne s'applique que dans un seul cas : blasphémer et/ou sacrifier aux idoles (Ishtar, Baal, Belzébuth,...) et à l'idolâtrie; en se détournant du monothéisme.
Ce mal est toujours collectif et concerne soit le chef du peuple (ex. Salomon qui avait suivi certains cultes de ses nombreuses concubines, soit tout le peuple, Israël, dans son ensemble (ex. « Adoration du Veau d'or »).
Exemples :
Livre des Rois (1, 21). Le roi David est sur son lit de mort et sa femme, Bath Chéva', vient lui déclarer : " Si Salomon ne devient pas roi après toi, alors Salomon
et moi serons "'hataïm" ". Salomon et Bath Chéva' seraient-ils des pécheurs ? Cela signifie que Salomon et Bath Chéva' n'atteindront pas leur potentiel, ne réaliseront pas leurs aspirations, ne
répondront pas aux attentes placées en eux.
Le mot hébreu pour l'une des nombreuses offrandes sacrificielles est 'hatoth, de la même racine que le mot 'hett . Cette offrande - généralement appelée en français une " offrande expiatoire " - ne peut être présentée que pour un acte que l'on a fait sans intention. En fait, si l'on a délibérément transgressé une violation, il est interdit de présenter un 'hatoth. C'est donc vraiment une " offrande pour une erreur ", et non une " offrande expiatoire ".
" Mettre à côté de la cible ", " ne pas atteindre son potentiel ", " erreur " et " involontaire " sont tous des indications que le mot 'hett ne signifie pas " péché ".
Il est plus exact de traduire le mot hébreu 'hett par " erreur " ou " méprise ".
Les gens ne " pèchent pas. " Ils commettent des erreurs. Après tout, nous sommes des êtres humains. Et le judaïsme nous demande de tirer la leçon de nos erreurs. Nous présentons nos excuses, nous nettoyons le désordre occasionné, et nous continuons de vivre.
A noter qu'il existe d'autres mots en hébreu qui sont aussi traduits - à tort - par " péché, " mais qui impliquent une faute plus grave qu'une erreur. Pour citer deux exemples : 'avone ‘ désigne une transgression volontaire, consciente, de la loi de Dieu où l'on désire prendre le dessus ; pécha' s'applique à une transgression volontaire par laquelle on cherche à contrecarrer spécialement la volonté de Dieu.
Cependant, le mot 'hett est celui que l'on traduit le plus souvent par " péché ". Le " péché " commis par Adam et Eve était un 'hett, une erreur.
C'est ainsi qu'un grand nombre de concepts que nous avons à l'esprit ne sont pas du tout juifs. Jeter un regard nouveau peut nous ouvrir l'esprit et clarifier nos idées, en même temps que cela donnera plus de sens à nos existences.
Pour les chrétiens, qu’y a t-il de nouveau ? ou du moins de différent ?
Au delà de « la cible ratée », il y a l’idée d’une alliance rompue : alliance entre Dieu et l’humain.
Et précisément, Jésus propose une nouvelle alliance entre l’humain et le divin. Cette alliance est la conséquence de l’Amour inconditionnel du Divin pour l’humain. D’ailleurs, même si les apôtres ne sont pas « géniaux », le « Souffle » que reçoivent les disciples - s’il ne les rend pas parfaits - il les constitue membres de la Nouvelle Alliance. Ils deviennent si intimes du Christ que leurs paroles résonnent comme les siennes. Ils ne le remplacent pas - ils n’ont pas l’orgueil de le croire - dans l’imperfection ils poursuivent sa mission. Ils reçoivent une autorité qui vient de Dieu.
Ainsi, la rémission des péchés, passe par Jésus, qui a accompli une fois pour toutes, le salut de tous. Le mouvement de conversion de l’homme n’est pas supprimé pour autant, mais il prend un sens nouveau dans la confiance que le Christ a déjà acquis pour l’humanité la victoire sur le péché.
Pardonner :
Dans le judaïsme, Il y a un pardon qui ne peut être accordé que par Dieu : celui qui efface la faute commise contre lui et contre sa Tora. En effet, ce pardon met en œuvre la puissance créatrice de Dieu…
L’être humain, quant à lui, peut remettre les dettes.
Pardonner, au sens commun du terme, c’est toujours, de quelque manière, renoncer à un dû. Il faut souligner à ce sujet que le « Notre
Père » fait usage de ce vocabulaire : « Remets nous nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs. » (Mt 6,12). Cette formule n’est pas passée dans la traduction française
officielle, alors que les catholiques l’ont récitée pendant des siècles en latin (dimitte nobis debita nostra sicut et nos dimittimus debitoribus nostris) sans que cela pose problème (il est vrai
que beaucoup ne comprenaient pas le latin…). On retrouve la même image dans la grande parabole sur le pardon, à propos du débiteur impitoyable (Mt 18,23-35).
L’exigence du pardon mutuel est fortement affirmée dans le judaïsme, où elle s’exprime de façon particulière à l’occasion de la fête de Kippour. La tradition affirme en effet que Dieu ne peut pas pardonner à celui qui ne pardonne pas à son prochain. Pardonner à ses semblables est le préalable indispensable à la réception du pardon divin.
Il arrive – méconnaissance classique du catho. qui ne connaît en général rien des autres religions - de prétendre que les juifs, à la différence des chrétiens, seraient incapables de pardonner !!!
Source :: http://www.jerusalem-religions.net/...
- Le judaïsme:
La repentance tient une très grande place dans la vie religieuse des Juifs. Elle est enseignée et pratiquée dans une liturgie quotidienne, sobre et significative, dont nous allons admirer la pédagogie. La repentance, en effet, est si importante qu’on doit la faire tous les jours. Vous avez peut-être déjà entendu le conseil austère et humoristique, que Rabbi Eliezer-le-Grand, maître de Rabbi Aqiba donnait à chacun de ses disciples dans la deuxième moitié du premier siècle de notre ère: « Fais repentance un jour avant ta mort » et aux disciples qui s’étonnaient: « Mais l’homme sait-il quel jour il mourra ? », il répondait simplement: «Qu’il fasse repentance aujourd’hui de peur qu’il ne meure demain ! De la sorte, il fera repentance chaque jour »(Mishnah Abot 2,10. T.B. Shabbat 153 a)

- Le christianisme:
Propos d’Olivier Boulnois : « La morale ne fait pas partie du CREDO. Le christianisme n’est pas en son essence une morale, pas même une source transcendante de la morale. Il est une foi, non une loi.
En son centre, il proclame un salut et prétend y adhérer ; il n’exige pas la justice mais promet le pardon, il ne condamne pas une faute, mais confesse le péché. Tout le discours de la morale chrétienne ne peut être qu’un discours du croyant sur le bien, sur sa dette envers Dieu, envers autrui, envers lui-même […] La morale est secondaire mais elle n’est pas accidentelle, et le christianisme s’en occupe dans sa secondarité même. Le christianisme encadre la morale mais il n’en dépend pas ; il l’intègre mais il la transforme » (« Christianisme ou morale », dans : Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale, sous la direction de Monique Canto-Sperber, Paris, Puf, 2001, p. 258).
Il n’y a dans les Evangiles, aucune idée de culpabilité ! Pécher, signifie ‘rater sa cible’, et quand conscient d’avoir péché, nous découvrons le résultat ‘ raté ‘, nous ne pouvons en être que malheureux. Jésus vivant, nous rappelle ( comme il l’a fait en de multiples occasions) : que si notre âme nous condamne, le divin, lui nous pardonne. Jésus, nous « relève ». La culpabilité est un « mal », elle nous ronge, Jésus nous en libère. La culpabilité, est souvent l’arme perverse de ceux qui souhaitent imposer leur pouvoir temporel …
Mythe et religion s’enrichissent. 2.
L’expérience religieuse ne peut plus aujourd’hui se penser en termes de « vrai » ou de « faux ». Même si c’est en insistant sur l’aspect historique que la religion chrétienne s’est imposée, il est urgent, à mon avis, de rappeler que le seul langage véritablement religieux ( et universel ) est celui des symboles…
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Et ceci, n’a rien de négatif ou de dévalorisant ( bien sûr, et au contraire … ! ). Par exemple : un motif comme la « vierge qui enfante » ( très répandu …) ne peut pas être relié à un événement historique particulier… C’est un événement « spirituel » ! qui peut et doit enrichir magnifiquement ma Foi ! ( S’il n’était considéré que seulement historique, je retirerai ma confiance, en une telle proposition ! )
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Le mythe, nous pousse dans les retranchements de notre pensée. N’est plus acceptable l’idée que le « transcendant » est un être surnaturel avec lequel l’humain entretient une relation fondée sur l’obéissance à des devoirs, le mérite pour accéder au paradis..etc. …Aujourd’hui, enrichis de nos savoirs ( cf Kant : critique de la raison pure …) , nous pouvons reconnaître dans nos traditions le message essentiel d’une transcendance qui dépasse les catégories de pensée ( bien/mal, beau/laid ) .. C’est un point au-delà des dualités de ce monde.. etc
Le héros en chacun de nous est en quête, avec ses seules armes de sa tradition ( le choix unique est néce ssaire .. ! ) ,de ce « transcendant ». Je le nomme Dieu, pour ma part.
Le mythe offre des
symboles ( sans dogmatique ), et la religion offre un cadre, un rituel, une dialectique malgré tout nécessaire, mais non « absolue ». Il est absolument nécessaire, à mon avis,
d’approfondir ( c’est infini .. !) sa tradition de foi. Egalement, Il est passionnant, et combien éclairant ( pour sa propre religion ) de se reconnaître comme une parmi d’autres.
L’expression de ma tradition, aujourd’hui, n’est pas parfaite, mais pour moi elle est « unique ».
La Foi : Paul Tillich
"Le courage qui regarde le désespoir en face, est déjà une foi, et le fait d'accueillir l'absurdité est un acte raisonnable. (...) Il n'y a pas de preuves valables de l'existence de Dieu, mais il y a des actes de courage ou de foi, dans lesquels, par exemple lorsque nous regardons en face le désespoir ou que nous acceptons l'absurdité, nous affirmons la puissance de l'être et nous témoignons de la présence de Dieu en tout ce qui est."
Sur la question de "la religion à la lumière de la science et de la philosophie", j'ai choisi, écrit Paul Tillich, " comme sujet un point vers lequel converge tout
un ensemble de problèmes théologiques, sociologiques et philosophiques : le concept de "courage". Peu de notions peuvent rendre autant de services pour analyser la situation
humaine. Le courage, sans doute, appartient à l'éthique, mais il s'enracine dans la totalité des dimensions de l'existence et, en dernière analyse, dans la structure de l'être lui-même. Il faut
donc l'examiner d'un point de vue ontologique afin de le comprendre du point de vue ethique. ( ...)
( ...) Le courage de Socrate mourant qui fut un courage rationnel et démocratique, et non plus un courage héroïque et aristocratique, le courage comme caractéristique essentielle de la noblesse médiévale, et, bien entendu la conception stoïcienne du courage : le courage d'être, c'est le courage d'affirmer notre propre nature rationnelle en dépit de tout ce qui en nous s'oppose à la réunion avec la nature rationnelle de l'être lui-même"
(...)
Nietzsche a décrit cette ambiguité de façon tout à fait typique dans le dernier fragment de La Volonté de Puissance. Le courage est cette puissance qu'à la vie de s'affirmer en dépit de son ambiguité, tandis que la négation de la vie en raison de sa négativité est une expression de lâcheté. Partant de là, Nietzsche développera une philosophie et une prophétie du courage contre cette médiocrité et cette décadence de la vie qu'il voyait s'annoncer dans la période à venir."
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Paul Johannes Tillich (20 août 1886, Starzeddel, Allemagne - 22 octobre 1965, Chicago) est un écrivain et théologien protestant. D'origine allemande, il fut chassé de l'Université parce qu'il avait pris la défense d'étudiants juifs molestés par les nazis, et s'exila alors aux États- Unis. Paul Tillich est l'un des plus grands théologiens du XXe siècle. Il participa en 1928 au premier cours universitaire de Davos, avec de nombreux autres intellectuels français et allemands. Son œuvre maîtresse est sa théologie systématique. Elle comporte une importante "Introduction" méthodologique et cinq parties intitulées "Raison et révélation", "L'être et Dieu", "L'existence et le Christ", "La Vie et l'Esprit", "L'histoire et le Royaume" (trois volumes dans l'édition américaine, cinq, un par partie, prévus dans la traduction française). Tillich exercera une forte influence sur de nombreux penseurs de la seconde moitié du XXe siècle, parmi lesquels Paul Ricoeur et René Girard. |
| Albert Einstein (à gauche,debout derrière la fille) and Paul Tillich (à droite, avec de lunettes) lors d'une conference à Davos, Switzerland on March 18, 1928. |
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La foi n’est pas l’affirmation théorique de quelque chose d’incertain, elle est l’acceptation
existentielle de quelque chose qui transcende l’expérience ordinaire. La foi n’est pas une opinion mais un état. Elle est l’état d’être saisi par la puissance de l’être qui transcende tout ce qui
est et à laquelle participe tout ce qui est. Celui qui est saisi par cette puissance est capable de s’affirmer parce qu’il sait qu’il est affirmé par la puissance de l’être-même. [...]
La foi qui rend possible le courage du désespoir est l’acceptation de la puissance de l’être, même dans l’étreinte du non-être. Même dans le désespoir concernant le
sens, l’être s’affirme lui-même à travers nous. L’acte d’accepter l’absence de sens est en lui-même un acte plein de sens : il est un acte de foi. Nous avons vu que celui qui possède le courage
d’affirmer son être en dépit du destin et de la culpabilité ne les a pas supprimés : il demeure sous leur menace et il subit leurs coups. Mais il accepte d’être accepté par la puissance de
l’être-même à laquelle il participe et qui lui donne le courage d’assumer les angoisses du destin et de la culpabilité. Il en est de même de l’angoisse du doute et de l’absurde. La foi qui crée
le courage de les intégrer n’a pas de contenu spécifique : c’est la foi, tout simplement, sans direction précise, absolue. Elle ne se définit pas, puisque tout ce qui se définit se
dissout dans le doute et l’absurde. Néanmoins, même absolue, la foi est autre chose qu’un surgissement d’émotions subjectives ou une disposition sans fondement objectif.
Paul Tillich,
Le courage d’être
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André Gounelle:
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Qui était Paul Tillich from Meromedia on Vimeo.
Le " détour " par le tombeau vide
"Le récit du tombeau vide n'est pas un récit de résurrection, car le texte est bâti autour d'un vide.
Le tombeau est vide mais il y a aussi
une lacune dans le temps : entre le vendredi soir et le dimanche matin, le récit est suspendu. Signe d'un vide, d'un manque... qui contient un appel.
Jésus était mort, et il se manifeste, il est reconnu comme vivant. Il est absent et pourtant sa présence est sensible, elle est reconnue. Absence qui n'empêche pas cette présence mystérieuse ; présence qui ne supprime pas l'absence avec laquelle il faut apprendre à vivre." Claude Perron
"Eh bien, nos églises aujourd’hui ne sont rien d’autre que ce tombeau vide, et la pierre où repose le Corps est là dans notre église, en plein centre, c’est l’autel, avec ses linges, ordonnés..." Frère David, En-Calcat.

Christian Bobin: la Foi, la vie ....
J’ai écouté, en podcast : Christian Bobin. Bien sûr, également, je l’avais lu …
Sans prendre des notes, j’ai envie de reprendre ce que je pense avoir mémorisé… C’est donc une réécriture non fidèle, peut-être également avec un peu de moi … J’assume le tout.
La Foi, à mon avis dit Christian Bobin, c’est la vie à la plus grande intensité. Ce n’est pas une affaire de gestionnaire, d’un appareil
bureaucratique … Ce n’est pas une banque, qui demande des comptes …
La Foi, c’est toucher par moment le brulant de cette vie, le plus dense de l’expérience humaine … Une attention portée au vivant. Et, si l’amnésie ronge tout, la Foi, elle ne disparaît pas …
C’est comme un bond enfantin par dessus le petit ruisseau de la mort …
La Bible, c’est un grenier empli de l’expérience humaine…
Encore faut-il que le meilleur soit transmis… C’est le rôle de l’institution …
Il n’y a pas de plus belle expérience humaine que celle du Christ, elle nous a été léguée de mains en mains …
Les institutions sont juste des traces de doigts … sur ce qu’il y a de plus pur, l’expérience d’un homme ..
On peut oublier les institutions, mais on ne peut pas oublier l’espérance … Aujourd’hui, on entend un bruit de tiroir caisse …Il n’y a plus dans le monde que des marchandises… Et pourtant, notre vie est pleine de richesses…
Le bonheur facile, c’est la version Walt Disney …
Enlevez la mort, c’est enlever toutes ses chances à la la vie… Il est possible que les épreuves soient une chance, elles avivent les sentiments de vie … Un bonheur qui serait chewingommisé serait terrible …
Plus je regarde cette vie, avec tout : plus je l’aime, et plus je suis d’accord qu’elle nous quitte un jour … la mort va tous nous prendre, aussi innocemment qu’une petite fille qui cueille des fleurs dans un près… Et c’est bien, il n’y a pas de peur …
Silence et parole... avec Benoît XVI
"Silence et parole sont deux moments de la communication qui doivent s'équilibrer, se succéder et se compléter pour parvenir à un dialogue authentique et à une profonde proximité entre les personnes (... )
Le silence fait partie intégrante de la communication et sans lui aucune parole riche de sens ne peut exister. Dans le silence nous écoutons et nous nous
connaissons mieux nous-mêmes ; dans le silence, la pensée naît et s’approfondit, nous comprenons avec une plus grande clarté ce que nous voulons dire ou ce que nous attendons de l'autre, nous
choisissons comment nous exprimer. Se taire permet à l'autre personne de parler, de s’exprimer elle-même, et à nous de ne pas rester, sans une utile confrontation, seulement attachés à nos
paroles ou à nos idées. ( … ) le silence devient essentiel pour discerner ce qui est important de ce qui est inutile ou accessoire.
Parfois, ( le silence )
peut être bien plus éloquent qu’une réponse hâtive et permettre à qui s’interroge de descendre au plus profond de lui-même et de
s'ouvrir à ce chemin de réponse que Dieu a inscrit dans le cœur de l'homme.
Ce flux incessant de questions manifeste, au fond, l'inquiétude de l'être humain toujours à la recherche de vérités, petites ou grandes, qui donnent un sens et une
espérance à l'existence. L'homme ne peut se contenter d'un simple et tolérant échange d’opinions sceptiques et d’expériences de vie : tous, nous sommes des chercheurs de vérité …
( …) Il n'y a pas lieu de s'étonner que, dans les différentes traditions religieuses, la solitude et le silence soient des espaces privilégiés pour aider les
personnes non seulement à se retrouver elles-mêmes mais aussi à retrouver la Vérité qui donne sens à toutes choses. Le Dieu de la révélation biblique parle également sans paroles (…)
Le silence de Dieu prolonge ses paroles précédemment énoncées. Dans ces moments obscurs, il parle dans le mystère de son silence »
Si Dieu parle à l'homme aussi dans le silence, de même l'homme découvre dans le silence la possibilité de parler avec Dieu et de Dieu. « Nous avons besoin de ce
silence qui devient contemplation et qui nous fait entrer dans le silence de Dieu pour arriver ainsi au point où naît la Parole, la Parole rédemptrice. ( …) La contemplation silencieuse
nous immerge dans la source de l’Amour, qui nous conduit vers notre prochain (…)
S'éduquer à la communication veut dire apprendre à écouter, à contempler, bien plus qu'à parler.
MESSAGE DU PAPE BENOÎT XVI POUR LA 46ème JOURNÉE MONDIALE DES COMMUNICATIONS SOCIALES [Dimanche 20 mai 2012]
Le christianisme n’est pas la religion d’un livre :
Pierre
Gibert, jésuite, est un exégète. Cela fait des dizaines d’années qu’il étudie « l’ancien testament » et qu’il est toujours passionné.
Et, ce qui m’a frappé, c’est cette insertion sur ce qu’il nomme une difficulté chez les chrétiens : ( article « Le monde de la Bible N°196 » )
… Accepter la Bible dans sa véritable nature, dans ses exigences
intellectuelles et théologiques. « Je suis très intrigué, explique t-il, par cette récurrence, chez l’homo
religiosus, à résister à l’histoire et à la relativité, qui demande à la Bible d’être in livre « sacré ». Les chrétiens seraient-ils nostalgiques du Coran ? Comment faire
admettre ces beaux acquis de l’exégèse critique qui ont pourtant produits du sens ? »
Selon l’exégète, cet homo religiosus refuserait la condition humaine : « Il voudrait une parole d’éternité fixée à un point X derrière nous, alors que l’Evangile nous dit que la plénitude de la vérité est devant nous. Même au Moyen-âge, Thomas d’Aquin, relativisait les premiers récits de la Genèse par rapport à ce qu’Aristote disait. Le retour du créationnisme m’inquiète. »
Parce que Dieu a tout dit, Dieu peut se taire...
Quand
je dis mon désir de « connaître » Dieu ( ou le divin …), je m’empresse de justifier mon ignorance en avançant qu’Il est mystérieux ou incompréhensible…
Quel serait donc ce « savoir » adapté à cette connaissance.. ? Je ne connais pas Dieu, comme je connais les mathématiques, ou la géographie…
Je connais Dieu par la Foi…

Le savoir est adapté à l’objet à connaître, c’est là, la limite même de l’humain …
Ainsi, je peux me demander si le cosmos m’apparaitrait « ordonné » , si le type de connaissance utilisé pour l’appréhender, n'était pas rationnel … ? Ma méthode de connaissance ( lois mathématiques ) ne correspond elle qu'à des "lunettes" ...?
Aussi, et cela est peut-être plus sûr: je ne peux parler du Dieu de Jésus-Christ, que dans la mesure où il s’est fait connaître, où il s’est révélé.
Cette révélation ( dans un homme) est totale, complète …
- J’ai parfois l’impression que Dieu est « absent », alors que s’il se tait, c’est qu’il a déjà tout dit … !
Cette dernière reflexion, entendue lors d'une conférence de Christoph Theobald sj, à Limoges sur le Concile Vatican 2, est tout à fait " catholique " ( Dieu a tout dit en son Verbe ) ...
Ci-dessous, regardez cette vidéo, qui fait le lien entre les motifs vivants et évolutifs de la nature, et l'inspiration humaine ...
Le catholique est un anticonformiste.
Dans
« La Croix » du 12 février, à propos de "Sexy Lamb" de Fréderic Boyer.
« Croire est à cette articulation de ce qui est littéral et de ce qui ne l’est pas. On ne peut jamais dire ‘ je crois ‘ sans trahir. »
« Croire ne devrait jamais signifier que je me mette dans l’état d’esprit qu’une chose que je tiens pour impossible peut arriver. Mais plutôt exiger d’opposer à l’impossible tout le réel comme contradiction. De toute évidence, croire ne peut être possible qu’en acceptant les coups, les épreuves qui nous conduisent au bord le plus vacillant de l’existence. » ... Ne pas essayer de faire du christianisme « une officine de défense des valeurs quelles qu’elles soient : la famille, la vertu, la fidélité, la bonté, l’humanisme… » En effet, rappelle l’écrivain, Dieu a choisi les faibles, les rejetés pour confondre les forts, les puissants. Il n’y a pas là de quoi tirer gloire pour soi-même.
" Croire, ce n’est jamais adhérer. C’est poursuivre, pourchasser, traquer … ( …) Croire, c’est en effet ne pas s’en tenir au seul spectacle des évènements mais recourir à une hypothèse ou à un possible qui devient récit de ce que nous ne voyons pas. »
Le ciment de l’ancien régime, peut se résumer au principe : « une foi, une loi, un roi ». La contestation de la monarchie de droit divin a entrainé le déclin de l’Eglise catholique. Aujourd’hui encore, la France laïque est « anti-catholique »…
Mais aujourd’hui, le conformisme a peut-être aussi changé de camp … !
J’apprécie beaucoup la lecture de « La Croix » … Récemment, en janvier 2011 (15e
Journées d’études François de
Sales) :
Jean-Claude Guillebaud soulignait : « Dans le conformisme de la presse généraliste, la presse catholique apparaît comme une vraie alternative, plus libre dans ses contenus. » Dans le même sens le philosophe André Comte-Sponville disait : «Vous êtes plus indépendants des capitaux, des financiers et du marché. Plus indépendants des politiques : vous n’êtes en principe ni de gauche ni de droite car vous êtes d’abord catholiques. Plus indépendants vis-àvis de l’opinion publique, du politiquement correct. Bien que parfois, vous succombiez à la tentation du bon sentiment.» …
Les homélies du dimanche … ? Et bien, le 7 Nov 2011 ( Zenith ) le cardinal Gianfranco Ravasi, responsable de la culture au Vatican, dénonçait les prêches des prêtres catholiques qui sont devenus souvent "incolores, inodores et sans saveur, au point d'être désormais tout à fait insignifiants"… !
Enfin, le 15 février 2012 ( Zenith ), Benoît XVI, appelait les catholiques à « ne pas se conformer à ce monde »
« ne vous modelez pas sur le monde présent, mais que le renouvellement de votre jugement vous transforme »( Romains 12 )
Le pape continue:
« Le monde de la finance ne représente plus un instrument pour favoriser le bien-être, pour favoriser la vie de l’homme, mais il devient un pouvoir qui l’opprime, qu’il faut quasiment adorer, c’est mammon, la fausse divinité qui, en réalité, domine le monde. Face au conformisme de la soumission à ce pouvoir, nous sommes non-conformistes : ce qui compte, ce n’est pas ce que l’on a, mais ce que l’on est ! Ne nous soumettons pas à ce pouvoir, utilisons-le comme un moyen, mais avec la liberté des enfants de Dieu »,
Parlez-moi de votre Foi… Que pensez-vous pouvoir m’en dire ?
« Supposez quelqu’un qui croie au Jugement dernier alors que je n’y crois pas, cela signifie-t-il que je croie le contraire, c’est-à-dire que précisément une telle chose ne saurait
exister ? Je répondrais : « Pas du tout, ou pas toujours. » »
La question du « jugement dernier » prise en exemple par Wittgenstein, me permet de réfléchir à ce que je pourrais, ici, dire de la Foi…
Wittgenstein dit ne pas savoir ce que « croire au jugement dernier » veut dire… Autrement dit : puis-je comprendre une croyance que je ne partage pas ?
- Il ne s’agit pas de penser cette’ croyance ‘ comme improbable, ou très peu probable. La réponse ne serait-elle pas ici « scientifique » ?
- Il ne s’agit pas non plus de savoir ce qui se passe dans l'esprit de mon interlocuteur lorsqu'il affirme qu'il croit de façon inébranlable au Jugement dernier et que rien ne saurait le convaincre du contraire…. Ce n’est alors qu’une question d’ordre psychlogique.
- ni d’étudier l’aspect anthropologique – à savoir le rôle que joue cette croyance dans l'image du monde de mon interlocuteur…
La question existentielle serait, peut-être, de comprendre le rôle que joue le concept de Jugement dernier dans la vie de mon interlocuteur, car je ne saisirais pas l’intérêt de ce concept. ?
