foi
Doute et relativisme: J. ELLUL
Le doute ce n’est pas l’équivalent de « croire n’importe quoi » ! Le doute n’a de vérité que s’il combat à partir de la « Parole » : révélation de La
Vérité.
Il ne s’agit pas d’opérer une salade mixte de tout ce qui se partage dans diverses religions.. ( un
syncrétisme artificiel et de commande…( en rien similaire au syncrétisme ordinaire de l’inculturation …)). Jésus me dit « Je suis La Vérité, le chemin, la vie .. » : Le chrétien rend
témoignage de la vie, de la mort et de la résurrection du Christ. Job ou Jacob, doutent… Mais ils doutent enracinés dans cette foi - plus essentielle que leur vie - et incomparable.
" La foi ne supporte pas les « demi-vérités » … Elle m’amène sans cesse dans la position de l’autre qui récuse et renie cette foi. ( …) Seule et exclusive démarche
de la foi qui ne peut que se référer à la foi d’Abraham. Tout ou Rien.
Mais ce Tout m’oblige à me constater Rien, et c’est en ce faisant que je reçois en effet le Tout.
Dés lors, cette foi intégrant sans cesse le doute, cette foi qui pousse sur le riche terreau du doute, est forcément ouverte ! Qui condamnerait-elle ? C’est lorsque les hommes justes qui s’apprêtaient à lapider la femme adultère laissent tomber leur pierre et s’en vont pensifs, c’est à ce moment là qu’ils accèdent à la foi, et qu’ils accomplissent la loi vivante. Comment juger l’incroyant, quand je suis moi-même cet incroyant, quand ma foi me convainc de mon incroyance ? Comment pourrais-je juger cet hérétique quand ma foi me montre les chemins divers qui ont pu me mener à Jésus-Christ ? Comment pourrais-je tracer des limites, en deçà de la foi, au-delà de la condamnation, quand la foi me montre ce Dieu de Jésus-Christ excédant toutes les limites et choisissant partout celui, ceux qu’il appelle à la foi ! ( P149 )"
Jacques ELLUL : Foi et croyance, à l’opposé… 4/4
Foi et doute :
L’acte de croire est si incertain, si fragile, si évanescent que, s’il a été peut-être à un moment vrai, il est tellement risqué de s’y fier qu’il faut lui
substituer tout le reste. C’est à dire que tout ce « reste » devient d’autant plus monumental, exigeant, que le centre est plus creux, plus fragile, plus incertain. Le croyant a si peu de réalité
intérieure qu’il ne peut vivre et l’exprimer que par et dans un ensemble conventionnel et institué. (…)
Le communiel remplace le vide existentiel. ( …) il ne doit pas y avoir d’incertitude, car cela serait radicalement destructeur. Et par conséquent on ne peut pas tolérer la diversité. La diversité est toujours source d’un autre questionnement, d’une autocritique, donc d’un doute possible. ( …) Ce qui exclut le doute, en même temps que la diversité, c’est la croyance.
Tout au contraire la foi est toute entière sous le signe de la parole centrale : « Je crois,
Seigneur, viens au secours de mon incrédulité ». la foi est
certes comparée à un roc, mais la première démarche de la foi est de prendre conscience de la distance qui existe entre la foi de Jésus-Christ et ce qui, au cœur de moi-même, palpite et demeure
la foi. ( … ) la foi est un décapant terrible. Un acide radical. Elle conduit à passer à l’épreuve tout ce qui constitue ma vie et ma société. Elle conduit inéluctablement à s’interroger sur
toutes les certitudes, toutes le morales, toutes les croyances, toutes les politiques. Elle interdit d’attacher croyance et sérieux dernier à toute expression de l’activité humaine. Elle nous
détache, nous délie de l’argent et de la famille, du métier et de la connaissance… ( …)
L’homme qui vit dans la croyance se sent à l’abri, Dieu lui est un protecteur et un garant. La foi au contraire nous place constamment sur le fil du rasoir. Parce
qu’elle ne minimise pas la
puissance de Dieu tout en sachant qu’il est le Père, elle saisit l’homme de « crainte » …
« qui donc est celui-là qui commande même aux vents et à la mer ? » C’est çà la question de foi. Pour la croyance, les choses sont simples. Dieu est
tout-puissant, donc c’est normal qu’il fasse cela. Mais sitôt que l’on normalise Dieu, la relation est fausse. Sitôt que la puissance de Dieu nous paraît habituelle, c’est la croyance qui nous
trompe. La foi sait mesurer l’incommensurable distance donc le caractère terrible et indicible du Dieu vivant. ( … ). Cependant, en même temps, c’est la foi qui permet de crier « Abba » «
Père » … Les deux ne sont pas contradictoires, amis constituent la trame et la chaîne du tissu vivant de la foi. Ainsi le doute et la crainte font partie intégrante de la foi.
Jacques ELLUL : Foi et croyance, à l’opposé… 3/4
La croyance … La foi, à l’inverse :
La croyance parle, parle, s’abreuve de paroles, elle interpelle les dieux, elle prend des initiatives. La croyance agit. Elle entre au cœur de l’action. Et ne peut
alors jamais rencontrer autre chose qu’elle même.
La foi se situe exactement à l’inverse. Elle attend, elle reste vigilante, recueille les signes, interprète les plus frêles paraboles, elle patente à l’écoute du
silence, jusqu’à ce que ce silence soit rempli de ce qui lui devient indiscutablement parole de Dieu. Après , à partir de l’écoute, peuvent venir : réponses, message, morale, action et
engagement. Mais tout cela épuise la foi, et celle-ci renait et ne se ressource qu’au retour de l’écoute et à la veille en silence.
( …)
Mais si la foi me conduit à écouter la question de l’autre, voici une autre différence de la croyance et de la foi. La croyance rassemble. La foi isole. ( … ) Nous
nous retrouvons dans un même courant, dans une même institution, tous orientés vers le même objet, l’objet de notre croyance, (…) La croyance est bien utile pour faire fonctionner le corps
social, elle est bien nécessaire pour me renforcer dans ma faiblesse. ( … ) et me plonge avec une satisfaction sans nom dans une communion qui me libère de ma propre conscience et de ma
perplexité ( donc de mes questions..) (…)
Nous serions disposés à croire que la foi est du même ordre. La foi en Jésus-Christ ne contient-elle pas le commandement d’aimer son prochain, et la foi n’a-t-elle pas en définitive produit l’Eglise, et bien plus, à la limite, la chrétienté, la société chrétienne, la culture chrétienne ? ( …) La croyance religieuse donne des centres de rassemblement et institue des armatures pour ce rassemblement. Elle est donc bien utile … pas grand chose d’autre !
La foi joue exactement en sens inverse. La foi individualise. Elle est toujours une affaire exclusivement personnelle, et puisque je parle de la foi au Dieu d’Abraham et de Jésus-Christ, non pas du tout en un Dieu abstrait, général, et semblable dans toutes les religions, je dirai qu’elle est la relation personnelle à un Dieu qui lui-même se révèle en tant que personne. (…) la foi isole et rend unique. Et c’est l’expérience centrale de Kierkegaard … (…)
Ainsi la foi ( qui isole ) au Dieu d’amour fonde l’Eglise. Là où quelques individus vivent cette foi, il est inévitable qu’ils se rencontrent et partagent leur pain et leur vin.
Une troisième opposition radicale est relative au doute. ..(…) La foi suppose le doute, alors que la croyance l’exclut…. Et Pierre ? ( marcher sur l’eau …, et
Thomas … ? ) ( …) L’homme de la croyance exécute parfaitement la loi et les commandements. Il est tout d’une pièce dans ses convictions. Il ne tolère aucun écart, aucune déviation …( …) Il
délimite avec exactitude les frontières entre la croyance et l’incroyance. ( ..) Le croyant est une personne efficace.
Jacques ELLUL : Foi et croyance, à l’opposé… 2/4
Les questions de Dieu :
Et la foi consiste, à l’inverse des croyances, à écouter les questions de Dieu, et à s’aventurer dans les réponses que nous avons à donner. Les Questions ; elle
parcourent tout le champ biblique, avec trois sommets ; l’une est double, c’est la première question posée à l’homme
: « Adam, où es-tu ? » - « Caïn qu’as –tu fait de ton frère ? » ( …)
La seconde question, au centre de notre histoire, est celle que Jésus pose aux disciples : « Et vous, qui dites-vous que je suis. ». Il ne se proclame pas
lui-même … (…)
Et la troisième : à la fin des temps, avec la Résurrection de Jésus-Christ : » Qui cherches-tu ? », et puis : » Si je veux… que t’importe
? » Questions sur la réalité de notre quête, qui cherchons-nous en effet. Que cherchons-nous ? (…). Qu’est-ce qui nous importe vraiment, avec nos petites prétentions … ( …)
Par exemple Job : - dit par Philippe Némo : Job et l’excès du mal 1978 - : « Ce qui est révélé, c’est la question. A la
question « en vue de quoi ?» adressée d’une âme à une âme, il reste à répondre par un engagement… » (… ) « Dieu c’est la question du Bien ou du mal indistincts dans une unique question
»
Il n’y a pas de réponse toute faite dans la Bible. Et, nous avons à apprendre que nos questions ( elles ) sont englobées dans « que t’importe
! » Nos questions sont immédiatement minimisées, réduites par celles posées par Dieu, qui sont déterminantes. Mais, perceptibles pour la foi seulement, et auxquelles seule la foi se sent
tenue de répondre.
Jacques ELLUL : Foi et croyance, à l’opposé… 1/4
Je lis, en ce moment, « La foi au prix du doute » de Jacques ELLUL ( 1980)
. C’est extraordinaire de lire - sur le fond et
la forme - bien mieux que ce que je pourrais écrire, alors que c’est l’expression même de ce dont j’ai la conviction … Aussi, je recopie ci-dessous, les passages qui me semblent les plus
décisifs. ( Ce sera une série de 4 articles ).
Après cela, comment entendre encore les critiques anti-religieuses du type « Onfray » ? Comment justifier les « credo » intégristes… ?
Non pas « mes » questions, mais La question de Dieu :
« La croyance apporte des réponses aux questions de l’homme alors que la foi jamais ». L’homme ne se mesure qu’à ses propres questions ( le mal, la souffrance, l’origine,
la mort …) Il se fabrique des réponses ( croyances, mythes, légendes, vision artistique …)( je résume …) … « L’homme ne se passionne que pour se répondre lui-même. Et voici que la foi
( biblique…) est exactement inverse. La révélation n’est en rien là pour nous donner des explications sur tel point intéressant, mais pour nous poser des questions sur l’homme et sur chacun de
nous, pour nous amener à entendre des questions, ou UNE question. » ( … )
« Tout au long, nous nous trouvons au contraire en présence du refus de Dieu de répondre. »
« Quand on veut le saisir, il déclare « Je suis qui je suis ».
Quand on veut le contraindre par des sacrifices, il déclare qu’il les déteste.
Quand on attend le Roi souverain Messie, il envoie un pauvre homme sans pouvoirs.
Et quand on veut le consulter sur sa volonté, il renvoie à une sorte de jeu de hasard ( Urim et Thummin )…
Non, Dieu n’explique pas et ne répond pas aux curiosités ou aux inquiétudes de l’homme. Et tout particulièrement, il faut rejeter avec la plus grande fermeté ces méchantes habitudes qui consistent à consulter la Bible pour y trouver une réponse aux banales questions de mon existence, et plus encore à l’ouvrir au hasard pour tomber sur un verset providentiel . … » , « et prier indéfiniment en espérant que Dieu va me donner une réponse tonnante pour me sortir de mes difficultés financières ou familiales, pour me faciliter la recherche d’un travail, pour résoudre mes problèmes … Dieu peut aussi le « faire « bien sûr, parce qu’il est Amour … mais ce faisant, nous avons manqué le centre de la Révélation biblique quand elle parle ( et non pas nos bavardages …) à notre foi en posant ses questions. Dieu ne nous apprendra ni l’histoire, ni la physique de nos origines, ni la génétique, ni la cosmologie. Il pose une question. Une série de questions, c’est à dire qu’il rend l’homme responsable ( obligé de répondre ) et le renvoie à sa liberté.
Jacques Ellul (1912 - 1994) est un professeur d'histoire du droit, théologien protestant et sociologue français.
Né à Bordeaux, docteur en droit en 1936, puis chargé de cours dans diverses universités françaises, il fut révoqué par le gouvernement de Vichy. Il devint alors agriculteur pour nourrir sa
famille. Il participa à la Résistance. A la libération, Ellul est nommé adjoint au maire de Bordeaux et devient professeur à la facuté de Droit de cette ville.
Jacques Ellul a d'abord été attiré par les thèses marxistes avant de devenir l'un des acteurs et des penseurs du christianisme. Ces nombreux écrits (plus d'une quarantaine de titres) ont eu un
grand retentissement, principalement aux Etats-Unis. Dans son ouvrage le plus important, Le système technicien, il a démontré que la technique constitue un système. Voilà pourquoi, aux États-Unis
notamment, où il est mieux connu que dans son propre pays, la France, Ellul est au centre du débat et de la réflexion sur la technique.
L'attention à Dieu
Lorenzo Lotto (1480 – 1556) est un peintre italien ...
« Les dernières années de sa vie lui procurèrent bonheur et tranquillité d’âme, et qui plus est, lui apportèrent la vie éternelle. Ce qui ne lui serait peut-être pas arrivé s’il avait été impliqué autrement dans les choses de ce monde, lesquelles trop pesantes à qui place en elles sa fin dernière, ne laissent jamais l’esprit s’élever vers les biens véritables de la vie, que sont la béatitude et la félicité. »
- Giorgio Vasari, Vie des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes, 1568.
" plutôt que de fixer le personnage tel qu’il est objectivement, Lotto préfère le montrer à l’instant où il se qualifie, où il s’adresse à un autre, et se prépare à un rapport humain sincère. Il ne dit pas : « admire-moi, je suis le roi, le pape, le doge, je suis le centre du monde » ; il dit plutôt : « voilà comment je suis fait à l’intérieur, voilà quels sont les raisons de ma mélancolie ou les fondements de ma foi, voilà quelles sont mes sympathies ». ( Wiki..)
Rainer Maria Rilke – Livre d’heures
Un jour, si tout faisait enfin silence,
si l'à-peu-près et si le contingent
Se taisaient, et comme eux le rire du prochain ;
Si la rumeur que font mes sens
Essaient de m’entraver à mon réveil.
Alors, et sous les mille aspects de la pensée,
Je pourrais Te penser jusqu’au bord de Toi-même,
Te posséder ( l’espace d’un sourire )
Pour t’épancher à travers toute vie
En un remerciement.
Par l’attention la psyché ( l'âme ) aborde la spiritualité ( le "pays" de la vérité ... ); par la réflexion elle progresse; par la méditation elle pénètre dans les profondeurs.
«L’attention de l’esprit n’est que son retour et sa conversion vers Dieu» Malebranche
« Le regard vers l'intérieur ne nous isole pas du monde […],
il nous fait rejoindre le vaste univers, si bien qu'on peut parler d'une vision, d'une ouïe, d'un tact qui vont de
l'intérieur à l'extérieur, d'un enracinement dans le monde, dans la réalité, la vraie, par la vertu même du recueillement. "Fermez les yeux et vous verrez." » L'attention à Dieu, aux autres
« n'est pas crispation mais présence et détente, calme et accueil, présence avec amour. L'attention s'apprend » "Le chemin du
vrai bonheur" par ' Un chartreux ' .
" Mon Dieu, si vous êtes partout comment se fait-il que je sois si souvent ailleurs ?" Madeleine
Delbrel
En Soi: la rencontre du Ciel et de la terre
Les congés permettent ( avec délectation...) de grapiller sur mes étagères, au hasard d'un ou deux livres, quelques mots qui résonnent ensemble..:
- Ainsi, Rilke: ... telle une prière ( dans les poèmes du "livre des heures" ) qui commence dans le bonheur d'une proximité obscure et qui semble divine... quelque chose comme Dieu, qui se devine; attendant d'être découvert, et si l'on peut dire , recréé ...
Je retiens comme une définition de la Foi, ce mouvement de chaque instant, qui consiste à re-découvrir, et recréer l'image que je me fais de Dieu...
Aucune image ne pouvant être reconnue comme absolue. C'est le génie du ' judéo-christianisme ' qui des prophètes jusqu'à Jésus, insiste sur le caractère "personnel" du divin... Aussi, le seul lieu de connaissance du divin ( l'âme : la psyché ) , passe par l'intimité de la rencontre ... Et son fruit ( la spiritualité ) ne peut-être ' dogmatisé ' ...
C'est à dire, encore, - ce qui relève de l'âme ( terre ) du psychique ( rapport entre foi et raison ) convient d'être " disputé ", et " dogmatisé " ( catéchisé, débattu, et reconnu ) ... - ce qui relève de l'esprit ( le ciel ... en contact avec l'Esprit ) relève de l'intimité de la rencontre ...
- Apaise-toi toi-même
et le ciel et la terre te combleront de paix.
Efforce-toi d'entrer dans le trésor de ton coeur ( âme )
et tu verras le trésor du ciel,
car l'un et l'autre sont le même.
Entrant dans l'un, tu contemples les deux.
l'échelle de ce royaume est en toi,
cachée dans ton âme.
Parole des pères du désert , cité par Jean-Yves Leloup ( Paroles d'ermites )
La "question" vue par Marc-Alain Ouaknin
Ce
que tente d’expliquer M. A. Ouaknin (1), rejoint ce que je tente d’exprimer au travers de ce que je nomme « la quête du Graal » ; quête dont le sommet « terrestre » en
est l’entrée dans le « château » ( ce qui n’est pas donné à tous … ! ), et l’impossibilité humaine ( pour Perceval ) de poser la bonne question. Ouakin, tente avec beaucoup de
subtilité de proposer « sa réponse » sachant, bien sûr, qu’il s’agit de la sienne, mais - qui me permet et là avec délectation - d’affiner ma propre question …
Je reprends ce que j’ai compris de son intervention ( ci-dessous) :
La religion ne peut être une réponse à un besoin ( puisqu’on ne peut pas posséder « la réponse » , pour s’en satisfaire .. ! )…
La religion permet de poser la « bonne question » et de l’approfondir – dans une certaine tradition – . Le Zohar, qui utilise la valeur numérique de
certains mots pour les comparer :
rapproche Dieu et Adam : même valeur que « Quoi ? ». Ouakinn ajoute que « Dieu est une hypothèse … ». Je rajouterai pour ce qui me concerne : Après
avoir fait la démarche d’admettre la possibilité d’un Dieu personnel, mon expression de Dieu est une hypothèse …
Cette expression ( catholique ) s’exprime au travers de ce que nous appelons « la révélation ». Pourquoi ce mot « révélation » ? Parce qu’elle est portée ( révélée) dans un livre : La Bible, et dans un homme : Jésus. Et c’est précisément, en contemplant l’un et l’autre, que nous sommes invités : non pas à trouver La réponse, mais – notre question… ! La « croyance » n’est pas une bonne réponse, la réponse : c’est la question .. Et l’ensemble de - l’hypothèse + la question – est ce que je nomme " Foi "… Au delà de la question de l’être et du non-être, la tradition religieuse pose la question du « peut-être » …
Pour avancer sur le chemin de la Quête, je dois passer d’une question à une autre… Par exemple : « Pour vous, qui suis-je ? », et c’est en répondant ( dans l’intimité de la prière …) « Tu est le chemin, la Vérité, la vie …» que je peux passer à une autre question… Ces questions sont personnelles et collectives… Mes outils sont la Tradition et le symbolisme portés par l’Eglise ( prostituée … ! ) qui en a fait l’objet – non pas d’un ésotérisme – mais d’un exotérisme … Une « connaissance » ouverte à tous, aux cœurs purs …etc
(1) “Docteur en philosophie, Professeur associé de l’université de Bar-Ilan, Marc-Alain Ouaknin travaille depuis plus de 20 ans à commenter et à approfondir la pensée d’Emmanuel Lévinas en la mettant en dialogue avec les textes de la pensée juive et en particulier, les textes de la Kabbale et du Hassidisme, ainsi qu’avec la psychanalyse et la phénoménologie.” Source
Attendre le Messie
Attendre un enfant est une promesse. Nous attendons le Messie, comme l’on attend un enfant.
Attendre le messie, ce n’est pas compter sur la venue prochaine d’un grand personnage.
Attendre le Messie, aujourd’hui, c’est Lui faire la place…. Et reconnaître Dieu en soi.
La question du " sens de la vie "
La question du " sens de la vie " , me semble être la question primordiale, avant même celles auxquelles répondent la science et la morale…
Aussi, également, en matière de connaissance : je privilégierais tout ce qui est de l’ordre de l’amour et de la beauté, de la poésie, de la spiritualité, avant tous les savoirs encyclopédiques et rationnels …
Cependant, il serait « impensable », pour qui veut vivre « dans le monde », d’ignorer les savoirs et de ne pas les confronter, par la raison, à la Foi.
- Giorgio Vasari, Vie des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes, 1568.