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Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -1-

La statue de l'abbé Gillard (1902-1979) nous accueille devant son '' église du Graal '' à Tréhorenteuc. Lui-même est arrivé ici en 1942. Démobilisé en 1940 vers Rodez, mal vu de sa hiérarchie, il prend sa nomination ici comme une sanction. L'autorité religieuse ne lui fait pas confiance sur le contenu de ses sermons... Un village mal desservi ; il compte à peine 150 habitants, et très peu fréquentent l'église. Une église en très mauvais état..
Pour l'abbé Gillard... Il n'y a pas d'opposition entre les grands mythes et la Parole qu'il doit enseigner … L'abbé se plonge dans l'étude des légendes du Graal : une relique mythique de la culture chrétienne... N'est-ce pas là la manifestation de l'esprit du lieu ? La forêt de Paimpont, identifiée à la forêt de Brocéliande des romans arthuriens ...
Le prêtre sait que, bien que christianisée, la légende du Graal est, à son origine, païenne.... Comme beaucoup de nos histoires …

Pour redonner une vie spirituelle à sa paroisse l'Abbé Gillard décide de restaurer l’église, et d'en faire un lieu d’art, de beauté, de réflexion intellectuelle... Pour cela, il l'enrichit de signes et de symboles, fruits de sa Quête.
Le prêtre lance les travaux, en mobilisant la population. Il parle la langue des gens : le gallo ; il fait le secrétaire de mairie. Il consolide l'église, la met hors d'eau ; va chercher les pierres nécessaires au chantier...etc.. Trois ans... Il consolide le pignon, le mur du clocher, refait la sacristie, répare la toiture …
Je vais suivre le cheminement de notre guide : Elisabeth Cappelli, et entrer non par le porche sud ( seul ouvert …) mais par le portail ouest ( pour aller vers l'Orient...).

Le narthex nous accueille avant d'entrer dans la nef, et on se retrouve face à une poutre sur laquelle se trouve inscrit ''1,618'', le nombre d'or !
Je vous laisse creuser le sujet, mais Henri Gillard se passionnait pour la numérologie; il est l'auteur d'un ouvrage : '' La Mystique des nombres dans les Beaux-Arts''...
Cette maxime bardique du XIVe siècle : « enfant,, souviens-toi, si ce monde est à toi, l'autre monde est à Dieu. » : 52 lettres (nombre des semaines dans l'année) nous rappellent qu'ici, est figurée la limite entre le sacré et le profane ; et nous rappelle les deux sacrements chrétiens pour entrer dans l'Eglise : le Baptême ( à gauche, les fonds baptismaux) et la Pénitence ( à droite, le confessionnal).
Je passe vite, mais on se rend compte que l'abbé Gillard a mis au point toute une pédagogie de la foi chrétienne à l'aide du langage symbolique … avec pour principal attrait à Tréhorenteuc, l'évocation des légendes de la Table Ronde - et du Graal ( et donc, pour lui, l'Eucharistie...) en particulier -.
Après avoir pénétré dans la nef, nous apercevons face à nous dans le cœur les statues de Sainte Onenne et de Saint Judicaël.

Une femme à gauche, un homme à droite... Composantes féminine et masculine de légendes locales , plus tard christianisées...
Onenne est une figure celtique, en lien avec les oies, et l'eau … Son histoire rejoint celles des princesses inviolables …
Onenne est présentée comme la sœur de saint Judicaël, donc, la fille de Judaël roi de Domnonée, et de Pritelle. A l'âge de dix ans, elle quitte le château royal à l’insu de ses parents, et en chemin échange ses habits de princesse contre ceux d’une pauvresse de la lande bretonne, afin de ne pas être reconnue. En arrivant près de Tréhorenteuc, elle s'installe dans des ruines près d'une fontaine et en fait son ermitage. En sortant dans la campagne voisine, elle croise un jeune seigneur qui tente de l'enlever pour abuser d'elle et l’épouser. Onenne crie. Les canes (ou, selon les versions, les oies) qui se trouvent près d'elle en font autant et alertent des soldats et des paysans aux alentours, qui viennent la délivrer … Des versions plus récentes font intervenir l'attachement d'Onenne au culte de la Vierge Marie …
Henri Gillard, enrichit l'histoire, et Onenne meurt des conséquences de son agression, et est enterrée dans l'église de Tréhorenteuc.
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Plusieurs vitraux dans la nef sont consacrés à Sainte Onenne.
Nous avançons jusqu'au Transept ( trans = par-delà, de l'Autre côté...). A gauche la chapelle de la Vierge ( toujours le féminin) et à droite celle de Saint Eutrope.

A droite, deux ondes, et un croissant de lune, sous le vitrail de la vierge.
A droite, Saint Eutrope est le patron de la paroisse de Tréhorenteuc.. ( et Onenne de l'église …).
Autre particularité, dans la sacristie, un vitrail avec une croix, qui ne craint pas d'être entourée d'un zodiaque … !
Le recteur de Tréhorenteuc a écrit un livre sur '' Le Secret du Zodiaque ''. Il établit une étude comparative de tous les zodiaques et se passionne pour toutes les ''correspondances '' qu'il peut faire entre mythes, figures, nombres … et littérature médiévale, par exemple... Il décèle une ''écriture idéographique'', sorte de langue qui fait de tout tableau ( en particulier ceux de son église...) une œuvre à déchiffrer...
A suivre ...
Parzival: Wolfram von Eschenbach
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« Parzival » est une œuvre qui comprend 25000 vers, alors que le Conte du Graal de Chrétien de Troyes, n'en compte que 9000. Il en reprend l'agencement, et quelques épisodes. Mais il s'en détache, et reproche – dans son prologue - à Chrétien de ne pas avoir connu « le Conte authentique » repris dans un manuscrit arabe et que Kyot le Provençal avait vu à Tolède. Il semble que utilisation d'une source exceptionnelle, ne soit qu'un artifice, pour susciter la curiosité du lecteur. ( L'exotisme ésotérique, faisait déjà quelques émules …).
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Par contre nous connaissons le « vrai » auteur de Parzival ; il s'agit de Wolfram von Eschenbach, un chevalier franconien peu fortuné de l'entourage d'Hermann 1er ( 1190-1217), landgrave de Thuringe et conte palatin de saxe. Il rédige son « Parzival » vers 1204, années du siège d'Erfurt et du sac de Constantinople, auxquels le roman fait allusion. L'ouvrage connaît un succès considérable, comme le prouvent ses quatre-vingt six manuscrits médiévaux conservés à ce jour. Wolfram commence par l'histoire de Gamuret, fils cadet du roi d'Anjou, qui doit chercher fortune par ses propres moyens. Il part donc pour l'Orient … " De là, il se rendit au royaume de Zazamanc. Il y entendit tous les habitants pleurer la mort d’Isenhart, qui avait péri en combattant pour l’amour d’une dame. C’est Bélacane, la douce et loyale dame, qui avait été la source de son tourment." Cette reine Bélacane, est assiégée au milieu de sa cité circulaire par huit armées noires et huit armées blanches... Ainsi commencent les aventures de Gamuret en orient (Parzival, livre I ).
Après maintes aventures, il épouse Bélacâne, une reine noire et païenne... Qu'il quitte pour vivre en chevalier errant. Revenu en Occident en passant par l'Espagne, Gamuret gagne, dans un tournoi, la main de la reine Herzloïde, qui lui apporte le Pays de Galles. Selon son habitude, il abandonne sa nouvelle femme. Il retourne en Orient, où il est tué au service du baruc. Il laisse deux fils : Feirefiz, du prmeir lit, et Perceval, du second. Dans les chapitres suivants, on retrouve la trame et l'action du Conte du Graal.
- - Isolement de la forêt avec sa mère -
- - Le chevalier vermeil
- - Délivre Condwiramour, une reine, l'épouse, puis l'abandonne...
- - Arrive au château de Munsalvaesche, qui appartient à Anfortas, le Roi Pêcheur infirme.
- - Le Cortège du Graal … ( la lance, l'épée, le silence de Perceval …)
- Rencontre et rejet de sa cousine, et - « Les trois gouttes de sang », - la demoiselle hideuse à la cour d'Arthur...
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![]() Parzival - 1884, par Edward Jakob von Steinle (1810-1886) |
![]() 1884, par Edward Jakob von Steinle (1810-1886) |
![]() Parzival quitte le Château du Graal. Aquarelle,
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![]() Pénitence de Parzival par Edward Jakob von Steinle (1810-1886) |
Comme avec Chrétien, le roman se centre désormais sur les aventures de Gauvain. Perceval – en révolte contre Dieu - rencontre des pénitents. Il rencontre son oncle, l'ermite, qui lui apprend que le Graal est une pierre que des anges ont apporté du ciel, d'où ils ont été bannis en punition de leur neutralité lors de la révolte de Lucifer.
- Combat entre Gauvain et Perceval : le combat est interrompu. Ils se reconnaissent …
- Perceval affronte son demi-frère Feirefiz, l'épée de Perceval se brise... Ils se reconnaissent … et se réconcilient
- Retour au Château du Graal. Perceval devient roi et gardien du Graal. Sa femme Condwiramour le rejoint avec ses fils, Kardeis, roi du Pays de Galles, et Loherangrin. Ce dernier est le chevalier au cygne, qui se marie avec la princesse de Brabant ; il succédera un jour à son père. Feirefiz se convertit et se marie avec la Porteuse du Graal, sœur d'Anfortas, avec laquelle il engendre le Prêtre Jean. Ils s'installent en Inde qu'ils évangélisent.
Robert de Boron: Le Graal, et Merlin
Robert de Boron ( fin du XIIe siècle - début du XIIIe siècle) est un clerc ou un chevalier de Franche-Comté. C’est un écrivain français du XIIe siècle, auteur d’un roman en vers sur le Graal.
Détail de Merlin dictant ses prophéties à son scribe, Blaise; français miniature du 13e siècle de Merlin de Robert de Boron en prose (ca écrite 1200). (Manuscrit illustration, c.1300.).
Son œuvre, s'appuie sur celle de Chrétien de Troyes, il fait évoluer le mythe arthurien par sa christianisation.
C'est lui qui fait du Graal une relique chrétienne: le Saint Calice avec lequel Joseph d'Arimathie aurait recueilli le sang de Jésus sur la croix.
Son œuvre est composée d'une trilogie en prose : Joseph d’Arimathie, Merlin et Perceval. Également, un roman en vers : Estoire dou Graal ( 1190), et des fragments d'un récit sur Merlin.
À la fin de son poème, Robert de Boron indique qu'il est au service de Gautier de «Mont Belyal», que l'on identifie avec Gautier de Montbéliard, seigneur de Monfaucon, mort croisé en Terre Sainte vers 1212.
Le Perceval de Chrétien de Troyes, est resté inachevé. L'épisode du Château et du Roi Pêcheur - blessé et se nourrissant de la seule hostie qu'on lui apportait quotidiennement dans un Graal - a enflammé les imaginations. On ne compte pas moins de quatre Continuations du Perceval. /http%3A%2F%2Fwww.quetedugraal.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F03%2Fboron-graal-300x228.jpg)
A travers, Merlin ( personnage négligé par Chrétien de Troyes ), Arthur, et Joseph d'Arimathie, Robert de Boron raconte l'histoire du Graal, vase sacré transmis du Christ – par Perceval – à toute la chevalerie, en lui donnant une mission sacrée. L'éthique chevaleresque et courtoise devient à la fois, chez les auteurs qui suivront, l'antichambre d'une véritable mystique...
Ainsi, si l'amour courtois calquait en partie la relation du chevalier à sa dame sur celui du vassal à son seigneur ou du croyant à son dieu, les auteurs du XIIIe s. utilisent à leur tour ce code élaboré au siècle précédent pour en faire l'image visible et codifiée de cette réalité invisible ei indicible qu'est une authentique vie de foi …
Merlin : La version de Robert de Boron, sur l'origine de Merlin, est originale : il le fait naître d'une jeune nonne vierge que le Diable aurait séduite. Le personnage peut-être aussi fou que sage./http%3A%2F%2Fwww.quetedugraal.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F03%2FConception-de-merlin-300x276.jpg)
D’après Robert de Boron, la table ronde est une création de Merlin pour Uther Pendragon, en souvenir de la Table de la Cène...
À la mort d’Uther, la Bretagne plonge dans le chaos et la table est donnée au roi Léodagan. Lorsque Arthur arrive sur le trône et se marie à Guenièvre, fille de Léodagan, la table est donnée comme dot au nouveau roi qui installe cette table à sa cour.
Dans cette version, la table accueille 150 chevaliers. Les différents chevaliers appelés à s’installer autour de cette table ont leur nom inscrit sur le siège. Seul un siège ne porte aucune inscription et reste vacant en souvenir de Judas. C’est le « siège périlleux » sur lequel seul pourra s’asseoir le meilleur chevalier, celui qui trouvera le Graal et aura le cœur le plus pur. Ceux qui tentent leur chance mais qui ne remplissent pas ces conditions sont engloutis par la terre.
Son neveu ( plutôt un compagnon de Robert) "Hélie de Boron", serait le second auteur du Tristan en prose. La légende dit qu'il aurait eu une liaison avec Marie de France, la poétesse (1160-1210) et ils auraient eu trois enfants !
A lire aussi:
La Quête du Graal : La Procession du Graal – 21/21 -
* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..) : Le Rétablissement..
- « Que vois-je de ''rétabli'' ?.»
Entrez !
Dans cette procession sont portés, le Graal et les autres objets sacrés, à travers les salles du Temple. Plusieurs des personnages archétypaux, que nous avons rencontrés, sont présents : le Roi Salomon, la Reine de Saba, la Chekhinah, Galaad et le Chercheur …
Galaad, Perceval et Bohort, ont conduit le corps de Dandrane et la Coupe sacrée dans la ville de Sarras, là même où ils ont connu l'expérience de la Révélation des mystères divins.
Galaad est devenu Roi de Sarras pendant un temps, jusqu'à ce qu'il voit les ''choses spirituelles'' : le monde était-il devenu trop lourd... ?
Le Graal est retiré du monde des hommes par une main sortie des nuages, qui le monte au ciel. ( cf Texte ci-dessous )
D'autres disent que le Graal est resté sur terre, confié aux bons soins de Perceval et, après lui, de son frère Feirefis, puis du Prêtre Jean... Que sont devenus les gardiens du Graal … ?
On raconte que longtemps après l'époque du Roi Arthur, lorsque la Quête du Graal n'était plus qu'un vague souvenir, deux jeunes chevaliers étaient partis à sa recherche... Lorsqu'ils avaient fini par revenir après une très longue absence, ils avaient beaucoup changé. Aux questions à propos de ce qu'ils avaient vu, ils s'étaient contentés de répondre : « Allez où nous sommes allés et vous verrez. »
Ensuite ; ils auraient dit que, pour eux, « les choses ne faisaient que commencer »...
Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews
La mort de Galaad et la disparition du Graal : extrait de '' La Quête du Graal '' (anonyme)
La Quête du Graal, écrit par un anonyme du XIIIe siècle, propose une fin à cette longue quête et une réponse à ce que pourrait être le Graal.
Dans cette histoire, le Graal est le Saint-Vase dans lequel Joseph d'Arimathie a recueilli le sang du Christ. Cette relique permet de communiquer directement avec le Tout Puissant. Tout au long de cette geste chevaleresque, l'auteur présente les différentes aventures des chevaliers de la Table Ronde qui ont prêté serment de retrouver le Graal, à la suite d'une apparition du Saint-Vase à la cour du roi Arthur. Un seul sera digne de le retrouver dans une chapelle près d'Avalon : il s'agit du fils de Lancelot, Galaad le prude.
L'extrait ci-dessous est l'accomplissement de la Sainte Quête. Galaad est mis en relation avec Dieu. Après un tel événement il ne désire que mourir pour rejoindre le Paradis. L'auteur, par cette fin, montre que la Grâce divine n'est accessible qu'aux plus purs des hommes. Il veut faire de Galaad un exemple pour la chevalerie ainsi qu'un modèle de piété.
La mort de Galaad se retrouvera dans d'autres ouvrages comme celui de Sir Thomas Malory intitulé La Morte d'Arthur. Cette fin symbolise la voie sacrée à suivre. Elle a donc un but avant tout édifiant. Beaucoup d'auteurs chrétiens suivront cet exemple en faisant de la Quête du Graal, la recherche du bon chrétien.

Quand Galaad fut le maître du pays, il fit mettre sur la table d'argent une arche d'or et de pierres précieuses, dont il couvrit le Saint-Vase. Et tous les matins, dès qu'il était levé, il venait avec ses deux compagnons faire prières et oraisons devant le Saint-Graal.
Au bout d'un an, au jour anniversaire du couronnement de Galaad, il se leva de bon matin avec ses compagnons. Et, venus au Palais Spirituel, ils regardèrent le Saint-Vase. Ils virent alors un bel homme vêtu comme un évêque, qui battait sa coulpe, à genoux devant la table. Il était entouré d'une foule d'anges, comme s'il eût été Jésus-Christ lui même. Après être resté longtemps agenouillé, il se leva et commença la messe de la glorieuse Mère de Dieu. Lorsqu'il en fut au secret de la messe et ôta la patène de dessus le Saint-Vase, il appela Galaad et lui dit : « Viens, sergent de Jésus-Christ, et tu verras ce que tu as tant désiré voir. »
Galaad s'avança et regarda dans le vase. Aussitôt qu'il y eut jeté les yeux, il se mit à trembler, car sa chair mortelle apercevait les choses spirituelles. Il tendit les mains au ciel et dit : « Sire, je t'adore et te remercie d'avoir accompli mon désir, car je vois à découvert ce que langue ne saurait décrire ni cœur penser. Je contemple ici l'origine des grandes hardiesses et la raison des prouesses. Je vois ici les merveilles de toutes les merveilles ! Puisqu'il en est ainsi, beau doux Sire, et que vous m'avez octroyé de voir l'objet de tous mes désirs, je vous supplie de me faire passer en cet état et en cette joie où je suis présentement, de la vie terrienne à la vie du ciel. »
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Dès que Galaad eut prononcé cette requête, le prud'homme qui se tenait devant l'autel en ornements épiscopaux prit ''Corpus Domini'' sur la table et le tendit à Galaad qui le reçut en grande humilité et dévotion.
Puis le prud'homme lui dit : « Sais-tu qui je suis ?- Non, sire, à moins que vous ne me le disiez.- Sache donc que je suis Josèphe, fils de Joseph d'Arimathie, et que Notre Sire m'a envoyé à toi plutôt qu'un autre. Parce que tu m'as ressemblé en deux choses : tu as comme moi, connu les merveilles du Saint-Graal, et tu es resté vierge comme je le suis. Et c'est justice qu'un homme vierge fasse compagnie à l'autre. » À l'ouïe de ces paroles, Galaad vint embrasser Perceval, puis Bohort, et dit : « Bohort, saluez de ma part monseigneur Lancelot, mon père, dès que vous le reverrez. »
Il revint à la table, et se prosterna, coudes et genoux à terre ; mais il n'y était pas depuis longtemps qu'il tomba la face sur les dalles, car déjà son âme était sortie du corps. Et les anges l'emportèrent, faisant grande joie et bénissant Notre Seigneur.
Dès que Galaad fut mort, il advint une grande merveille : ses deux compagnons virent distinctement une main qui descendait du ciel, sans qu'on aperçût le corps auquel elle appartenait. Elle alla droit au Saint-Vase, le prit, saisit aussi la lance, et les emporta au ciel, en sorte que, depuis lors, nul homme ne pût être si hardi qu'il prétendît avoir vu le Saint-Graal. »
Anonyme, La Quête du Graal , XIIIe siècle.
Perceval et la Quête du Graal
Les aventures individuelles où les chevaliers mesurent leur valeur à force d'exploits et de gloire se poursuivent jusqu'au jour où Perceval arrive à la cour du roi Arthur. Perceval est un jeune homme rustre et naïf dont la bêtise peut faire sourire, mais il est promis à un grand destin. L'enfance de Perceval gagne à être comparée à celle de Finn ( fils de Cumhal).
Perceval est le premier témoin du Graal, et cela se passe dans le roman de Chrétien de Troyes : le Conte du Graal ( 1182)...
Le Graal est une coupe magique et sacrée qui a le pouvoir de guérir et d'apporter la prospérité. En revanche, s'il n'est pas retrouvé par celui qui doit être son gardien et protecteur, de grands malheurs peuvent s'abattre et dévaster un pays tout entier, comme celui du Roi-Pêcheur.
Perceval reste sous l'emprise d'une « faute » qui l'empêche de poser deux questions salvatrices devant la lance qui saigne et le Graal.
Dans les continuations du Perceval, il poursuit une quête de chevalier errant après avoir été marqué par la fatalité saturnienne de la Mélancolie ( gouttes de sang dans la neige et révélation christique du vendredi saint par un ermite).
Ensuite, la Quête du Graal est proposée aux chevaliers de la table Ronde, et tous vont alors se lancer dans cette quête mystique.
La quête du Graal n'est pas pour les chevaliers le moyen de réaliser une nouvelle prouesse personnelle. Ceux qui le croient sont d'ailleurs rapidement disqualifiés. Il s'agit d'une quête collective au départ, puis individuelle parce que spirituelle.
Les hommes doivent oublier leur vanité et leur ambition pour se mettre au service d'une cause commune qui les dépasse. Retrouver le Graal, c'est permettre à toute la société Arthurienne de s'élever au dessus du plan humain, de s'ouvrir à des valeurs spirituelles et morales, d'accéder à une dimension héroïque et sacrée.
Après une longue errance, trois chevaliers seulement parviennent à s'approcher du Graal : Perceval, Bohort et Galaad.
Seul Galaad, le fils de Lancelot pourra, grâce à sa pureté exceptionnelle regarder à l'intérieur de la coupe et observer son mystère, mais il n'y survivra pas et sera emporté par les anges dans un moment d'extase.
La Quête du Graal : La Chute du Temple - 16/21 -
* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..) : Lucifer...
- « Qu'est-ce qui me retient.. ? »
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Cette image, lie l'histoire du Graal à la tradition templière avec la Chute du Temple (1307).
- Dans la tradition du Graal, le ''désordre '' est créé par un chevalier fougueux qui manque de jugement et de discipline.
Ici, sur la carte N°16 ( La Maison Dieu), la Chapelle du Graal tombe en ruine, et les Terres entourant le château sont dévastées … Le Chercheur est agenouillé les mains croisées au-dessus du Graal, pour le protéger...
L'histoire de Balin ( ou Balain – le sauvage - ) rejoint celle du ''coup douloureux'' : acte fatal et néfaste porté par l'une des armes appartenant aux ''objets sacrés'' ( ou talismans merveilleux). Ce coup frappe le roi du château féerique du Graal lui-même , qui devient le Roi blessé ou méhaigné. Le coup peut tuer sa victime ou l'estropier, particulièrement en l’atteignant dans ses parties viriles.
Une des plus curieuses version du '' Coup Douloureux'' est donc celle de Balin – le chevalier au deux épées - , que nous trouvons dans un roman du XIIIe s., le Huth-Merlin. Balin a tiré l'épée « aux estranges renges », c'est à dire au baudrier étrange, contre l'avis de Merlin qui lui avait prédit les effets désastreux de ce geste. C'est Balin qui portera le Coup Douloureux qui mettra les trois royaumes en « deuil et misère »...
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A l'origine, survient à la cour une dame qui porte une épée qu'elle ne peut ni tirer ni ôter du baudrier autour de sa taille. Seul le chevalier Balin parvient à l'en délivrer ( le pouvoir de 'délier' ), mais refuse de rendre l'épée à la dame. Et ce chevalier peu galant, lorsqu’il est accusé par la Dame du Lac en personne d'avoir tué son frère, décapite celle-ci. Arthur furieux, le fait chasser de Camelot. Il n'en participe pas moins à la guerre d'Arthur contre le Roi Lot, au cours de laquelle c'est le seigneur Pellinore qui tue ce dernier.

Plus tard … Balin prend sous sa protection un chevalier qui est tué par un ennemi invisible ; qui est Garlon le Rouge, fils du roi Pellam. Balin se rend au château de celui-ci, tue Garlon, et quand Pellam se lance à sa poursuite, blesse ce dernier avec la première arme qu'il trouve. Cette arme n'est autre que la ''Lance qui Saigne'' ( de Longin), et la blessure qu'il inflige à Pellam, devenu le Roi Pêcheur, est ce fameux ''Coup Douloureux''... A la suite de cela, Balin et son frère Balan s’entretuent – chacun ignorant l'identité de l'autre - … Merlin prend alors l'épée du chevalier défunt, la fiche dans une dalle de marbre, et l'envoie flotter dans les airs jusqu'à ce que Galaad ( Galahad), le plus pur des chevaliers, la réclame.
Pour la tradition templière, cette carte fait référence à la destruction du Temple de Salomon et à la chute même de l'Ordre, le fatidique vendredi 13 Octobre 1307. Quelque chose de l'Ordre a t-il subsisté ? Son pouvoir a été brisé à tout jamais, et ses ''secrets'' - quels qu'ils fussent – perdus, jusqu'à … ?
Cette image parle de destruction, de ruine...
Lorsque dans nos vies nous installons les choses de manière permanente, immobile, la ''Maison Dieu'' nous rappelle l’ouverture. Nos principes installés sont remis en question (l'écroulement), on a besoin de sortir, on a grandi et la maison est trop petite.
Pour continuer le Chemin : - Préparez votre question...
Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews
La Quête du Graal : Lucifer - 15/21 -
* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..) : Sarras...
- « Comment, je vois mon but, après la Quête? »
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Le personnage de Lucifer est beaucoup plus ambigu que celui du Diable, auquel il est associé... Lucifer était un ''ange de lumière'' révolté contre Dieu. La conséquence est sa chute sur terre ; au cours de sa chute, son épée d'émeraude s'est modifiée en coupe : autre aspect du ''Graal''...
le ''Parzifal'' de Wolfram von Eschenbach décrit le Graal comme une pierre verte tombée du front de Lucifer - par un coup d'épée de l'archange Michel - pendant cette guerre céleste. Cette pierre avait le pouvoir de prolonger la vie et de transformer de façon mystérieuse ceux qui venaient en contact avec elle.
« Jadis cette pierre ornait le front de Lucifer, le plus lumineux des anges aimés de Dieu. Lors de sa chute elle tomba aussi et jusqu’à ce qu’il la retrouve, Lucifer devra errer, soumettant à la tentation les malheureux et les faibles. » NELLI, Lumière du Graal p. 18. VANSITTART, dans Parsifal,
On raconte également que cette pierre serait tombée au Paradis terrestre et emportée par Adam et Ève en signe d'espoir. Cette pierre aurait été transmise de génération en génération à Moïse, Salomon, et transformée en coupe ; jusqu'à Jésus et Joseph d'Arimathie ( par l'intermédiaire de Ponce-Pilate...!) .
A noter aussi, ce que Le Coran (7.10-17) dit de Lucifer : il ne voulut pas se prosterner devant Adam... Dans l'Islam, il parait que l´émeraude est représentative de l´Âme tandis que la couleur verte, l´est de l´Illumination. Avec Lucifer, le bien et le mal sont peu délimités...

Parmi les accusations portées contre les Templiers, l'une concerne un culte rendu au ''Baphomet''... Cela pourrait être une référence à l'amitié qui se serait développée entre des templiers et certains musulmans... Cela pourrait être également une suspicion de sympathie pour des groupes gnostiques qui se référeraient à Lucifer comme un émissaire divin …
Dans la légende arthurienne, le '' Chevalier Vert '' peut être rapproché de cette figure.. Il représente celui qui met au défi tous les chercheurs dans leur quête. Il répond aux questions, donne des conseils, et pose aussi des énigmes. Ceux qui pensent tout savoir, il les égare et les tourmente...
Le ''Diable ''-'' Chevalier Vert '' représente le défi, les obstacles dont je dois venir à bout... Il matérialise mes peurs, mon ignorance, ma stagnation ...etc
Nb/ Le personnage de Mordred, pourrait aussi faire penser à l'ange déchu...
Pour continuer le Chemin : - Préparez votre question...
Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews
Voir ----> Articles sur …...
La "Queste del Saint Graal": Roman du XIIIe s.
*' Illustration tirée d'un manuscrit du 15e siècle du Cycle de la Vulgate ( appelé aussi cycle du Lancelot-Graal ) Cette section propre au Graal est nommée: La '' Queste del Sant Graal "
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La "Queste del Saint Graal" est un roman qui forme la quatrième partie du cycle de la Vulgate et a été écrit dans les années 1225-1230.
Le roman commence un jour de Pentecôte, au moment où les chevaliers du roi Arthur se trouvent réunis autour de la Table Ronde, et une série de présages annonce l’arrivée du meilleur des chevaliers : il s’agit de Galaad qui s’assied sur le Siège Périlleux, réservé depuis l’époque de la Passion au chevalier parfait.
Le Saint Graal apparaît au-dessus des chevaliers et, lorsqu’il disparaît, tous se disposent à partir à sa recherche et à mener à bien la quête du Saint Graal.
Le roman s’attache ensuite aux aventures des principaux chevaliers de la cour arthurienne. Gauvain s’égare dans des entreprises étrangères à la quête et est couvert de reproches par des ermites à cause de ses péchés et de son impénitence.
Lancelot expie son péché (ses amours adultères avec la reine Guenièvre) et lutte désespérément contre les puissances qui l’empêchent de poursuivre la quête jusqu’au bout, mais son repentir et sa confession sincère, suivie d’une dure pénitence, transforment le chevalier amoureux d’antan en une sorte d’ascète.
Un autre chevalier, Bohort, part lui aussi à la recherche du Graal en ascète, admire les ermites pour la pureté de leur âme et triomphe des fallacieuses tentations ourdies par le diable.
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La soeur de Perceval, et la nef de la foi...
Galaad, Perceval et Bohort, les trois chevaliers élus, se trouvent finalement réunis dans une nef merveilleuse qui fut construite par Salomon avec des arbres du Paradis terrestre et qui renferme un certain nombre de symboles de l’attente messianique, en particulier l’épée du roi David. Celle-ci ne se laisse empoigner que par Galaad, dernier descendant du roi et n’admet, en fait de baudrier, que les blondes tresses de la soeur de Perceval ; cette dernière a rejoint les trois chevaliers dans le vaisseau, les accompagne dans leurs aventures terrestres et ne tarde pas à mourir après avoir offert son sang pour guérir une lépreuse. Son corps est porté dans la nef mystérieuse que les élus ont quittée et que rejoindra bientôt Lancelot. Celui-ci, naviguant seul avec la jeune morte, débarquera au château de Corbénic, où il ne pourra qu’entrevoir les merveilles du Graal, car sa confiance en Dieu n’est pas absolue.
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Galaad, qui erre avec Perceval pendant cinq ans accomplissant des exploits prophétisés bien des siècles auparavant (guérison du roi Mordrain, aventure de la fontaine bouillonnante), rejoint Bohort et tous trois parviennent au château e Corbenic.
En compagnie de neuf autres chevaliers inconnus, ils célèbrent une sorte de répétition de la Sainte Cène au cours de laquelle apparaît Joseph d’Arimathie entouré d’anges et portant le Saint Graal ; Galaad guérit le Roi Mehaignié.
Obéissant à un ordre divin, les trois élus s’embarquent de nouveau sur la nef de Salomon et cinglent vers Sarraz où se trouve le Palais Spirituel. Escorant, le roi païen de Sarraz, emprisonne pendant un an les trois chevaliers qui subsistent grâce à la présence du Graal. Le roi mort, une voix divine ordonne à ses sujets d’offrir la couronne à Galaad, qui l’accepte.
Un an plus tard, les secrets du Graal lui sont révélés et, après avoir reçu la communion des mains de Joseph d’Arimathie, il meurt. A l’instant même, une main mystérieuse emporte au ciel le Saint Graal.
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Perceval se fait ermite et meurt au bout d’un an; Bohort l’enterre au côté de sa soeur et de Galaad et revient à la cour du roi Arthur pour y raconter toutes ces aventures. Celles-ci, mises en écrit par des clercs d’Arthur, seront bien plus tard, translatées en latin par Gautier Map, puis en français.
L’auteur, qui n’est évidemment pas Gautier Map, est sans doute différent de celui du Lancelot propre et de celui de la Mort le Roi Artu, mais l’oeuvre n’a de sens que par rapport à ce qui la précède et à ce qui la suit dans le cycle.
On a depuis longtemps mis au jour l’originalité de cet écrivain au sein de la production romanesque du XIII° s. : proche de Cîteaux, sans pour autant être lui-même cistercien, l’auteur de la Queste del Saint Graal dresse dans une prose sobre et fine un tableau de la vie chrétienne et, à travers Galaad, un tableau de la vie ascétique et mystique selon Cîteaux.
Romancier original qui semble à la fois être rompu aux méthodes de l’exégèse biblique et connaître parfaitement la matière arthurienne, il nous offre le miracle d’un récit où se côtoient jusqu’à se fondre des réminiscences évangéliques (Pentecôte du Graal) et des données mythiques (le siège périlleux, l’épreuve de l’épée du perron). De plus, il ne s’agit pas d’une quête traditionnelle, puisque le Graal s’offre en ouverture à tous les chevaliers de la Table Ronde réunis à Camaalot, en cour plénière.
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La tâche des quêteurs n’est pas de prendre possession de l’objet, mais d’en affiner et d’en intérioriser la vision jusqu’aux deux ultimes théophanies : celle de Corbenic où le corps ensanglanté du crucifié surgit du Saint Vessel aux yeux des trois élus, celle de Sarras où le seul Galaad se trouve en présence de l’indicible et des grandes merveilles.
La linéarité habituelle de la quête est ici constamment brisée par l’entrelacement - plusieurs personnages affrontent au même moment différentes aventures liées au Graal - et par les ’senefiances’ des ermites ou autres, qui resituent les aventures dans un cadre historique (biblique ou pseudo-biblique), ou eschatologique. Techniques narratives qui confèrent au récit une double épaisseur : hiérarchie des quêteurs, de Galaad à Gauvain, en passant par Perceval, Bohort et Lancelot ; profondeur historique depuis Adam (légende de l’Arbre de Vie) jusqu’à la fin prochaine du monde arthurien. En fait, la Queste del Saint Graal dessine moins un parcours linéaire que circulaire : le Saint Graal retourne dans son lieu originel à Sarraz, figure de la Jérusalem Céleste, tout comme Galaad revient sur la terre de ses ancêtres David et Joseph d’Arimathie. Seul Bohort accomplit le chemin traditionnel, lui aussi circulaire : cour d’Arthur - aventures extérieures - cour d’Arthur.
Sources: Charles RIDOUX
La Quête du Graal : Sarras - 14/21 -
* Quelle est votre Question ? ( en conclusion de l'étape précédente..) : Le Saint-Sépulcre...
- « Que dois-je laisser ''mourir'', pour passer ce cap ? »
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Sarras est mentionnée pour la première fois dans la ''Queste del Saint-Graal'' du XIIIe siècle, qui en parle comme d'une île, située apparemment en Arabie ou quelque du côté de Jérusalem. Sarras, pourrait être la ville des Sarrasins, terme générique qui désigne au Moyen-âge tous les ''infidèles'' ( païens) qui combattent les chrétiens... Après leur défaite, les habitants de Sarras se convertissent au christianisme...
La dernière partie du voyage entrepris sur la nef de Salomon par les trois chevaliers ayant survécu à la Quête du Graal ( Galaad, Perceval et Bohort ) les a conduits à Sarras, décrit plus en termes d'état d'existence que de lieu réel.
Ici, dans une grande basilique bâtie par les anges, est gardée le Graal. Lors de la célébration des mystères suprêmes, il en sera retiré et monté au ciel par une main désincarnée. Galaad avait brièvement été roi de Sarras avant de mourir après avoir jeté un regard à l'intérieur du Graal.
Dans le ''Morte d'Arthur'', Thomas Malory l'appelle le ''palais spirituel''. Dans certaines variantes du mythe, Sarras renfermait les tombes de Galaad et de Perceval.

La place où le Graal trouve un abri et les chevaliers se reposent est grandement associée à la paix intérieure, au calme et à la sérénité. Le nom traditionnel de cette lame du Tarot est la Tempérance :
Tempérance est l'arcane de l'échange, de l'écoulement serein de la vie. Cette carte représente un ange qui fait circuler de l’eau entre deux amphores. Cette carte symbolise le passage d’une situation à une autre. Elle est synonyme de soulagement, de guérison, et d’harmonie.
La Tempérance fait le pont reliant inconscient personnel et collectif. Entre le Divin et l'homme, se situe l'Ange. Pour aller vers l'unité du Divin, il faut avoir fait sa propre unité interne.
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Sources : Le Tarot du Graal de John Matthews
La Quête du Graal : Melchisédech – 5/21 -
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| Le Sacro Catino ( graal) exposé à la cathédrale Saint-laurant de Gênes |



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