La croyance religieuse
Croire, est le propre de notre vie : Effectivement, nous vivons sur un réseau de certitudes que nous ne remettons pas en question …
Toute croyance
, propose un horizon d’interprétation globale de ce qui peut-être tenu pour vrai avec de bonnes raisons … Il y a toujours un arrière fond de croyances fondamentales à laquelle aucune pratique de
connaissance ne peut échapper …
Si « Croire », c’est tenir pour vrai : je reconnais la difficulté de ne pouvoir partager cette connaissance, à la manière d’un « savoir »… C’est un peu comme si «
croire » était un « mode déficitaire » du savoir, une conviction mal fondée, puisque je ne peux pas « obliger » quelqu’un à partager cette connaissance.
Cependant, je souhaite comprendre, expliquer et justifier cette démarche croyante…
Croire, c’est trouver dans la « Tradition », des discours à partir desquels je peux donner un sens à mon existence… Je peux ainsi interpréter ma vie, (comme un texte..). Trouver « un sens à sa vie » est une démarche volontariste… Un travail d’interprétation.
Aussi, je reconnais en ce monde, qu’un « croire » ne peut pas être universel, qu’il est propre à une tradition, à un temps donné … Il est facilement reconnaissable, que nous
voyons, chacun, le monde de manière différente : Mon croire, n ‘est en rien transposable au monde musulman, au mode bouddhiste ou hindouiste …
Ainsi, pour moi « Croire en Dieu », c’est me comprendre face à un Dieu, dont je suis « à l’image », et c’est quelque chose de spécifiquement
judéo-chrétien…
Peut-être, est-il universel, de dire que : La religion a toujours à voir avec l’interprétation de soi dans son existence ; parce que nous sommes des êtres
conscients de soi …
Pour ce qui est d’une spiritualité occidentale, n’y aurait-il pas à en fondement, la nécessité de devoir déterminer un point de vue extérieur à soi ( un point de
vue transcendant ), face auquel on peut penser l’intégralité de son existence ?
Le religieux chrétien s’intègre dans un « existentialisme » et n’a pas à voir directement avec le « bien être » de l’individu… Il contraint l’homme à articuler sa
question du sens autour de son mal être, constitutif de son être… Il y a une tension en lui, une non-adéquation à soi et c’est uniquement face à Dieu, qu’elle peut être articulée … Cette
conception n’est pas développée ainsi par d’autres religions … C’est une vision très réaliste de ce qu’est être un homme, cette vision peut être à validité universelle, ce qui ne veut pas dire
qu’elle est universelle …
La Beauté et les mots des poètes
A une passante
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?
Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !
Charles Baudelaire (les fleurs du mal)
"...Ah! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau? Nature, enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi! Cesse de tenter mes désirs et mon
orgueil! L'étude du beau est un duel où l'artiste crie de frayeur avant d'être vaincu..."
Baudelaire Le Spleen de Paris
" ...Il y a plus puissant que les actes et le mots. Ceux-ci ne sont finalement que ce qui nous sert à participer au quotidien commun, ce sont des échelles qui partent de notre fenêtre pour
atteindre à la maison du voisin. Nous n'en aurions guère eu besoin si nous étions restés des solitaires, chacun sur une étoile, et de fait nous n'en usons point dans les instants où nous nous
sentons tellement solitaires. Nous sommes alors tout pleins d'une expérience moins bruyante, nous sommes de retour dans un pays aux usages sacrés et secrets, en toute inactivité nous créons, et
nous sommes au-delà des mots. " Rainer Maria Rilke, extrait de La valeur du monologue (1898)
Ils appellent mystique toute expérience sensible quand elle est réfléchie.
Ainsi une pomme devient mystique quand j'y goûte
l'été et les neiges, le sauvage désordre de la terre
et l'insistance du soleil.
Autant de choses que je puis sans faute goûter dans une bonne pomme
Bien que certaines pommes aient surtout un goût d'eau, humides et acides
et d'autres le goût de trop de soleil, douceur croupie
d'une eau de lagune recuite au soleil.
Si je dis que je goûte ces choses dans une pomme, on me dit mystique et cela signifie menteur.
La seule façon de manger une pomme, c'est de la bouffer comme un cochon
et de ne rien goûter
de ce qui est réel.
Mais si je mange une pomme, j'aime la manger avec tous mes sens éveillés.
La bouffer comme un cochon, j'appelle ça nourrir les cadavres.
D.H. Lawrence, 'Derniers poèmes' ('Last poems'), traduits par Lorand Gaspar et Sarah Clair, Gallimard, Paris, 1996.
Voir la Beauté
« Regarder une chose et la voir sont deux actes très différents. On ne voit quelque chose que si l'on en voit la beauté. Alors, et alors
seulement, elle vient à l'existence.
À
présent, les gens voient des brouillards, non parce qu'il y en a, mais parce que des poètes et des peintres leur ont enseigné la mystérieuse beauté de ces effets. Des brouillards ont pu exister
pendant des siècles à Londres. J'ose même dire qu'il y en eut. Mais personne ne les a vus et, ainsi, nous ne savons rien d'eux. Ils n'existèrent qu'au jour où l'art les inventa. »
Oscar Wilde, Le Déclin du mensonge (1928)
Il me semble, que l’on pourrait – par analogie et, pour ceux qui ne comprennent pas l’engagement dans une démarche spirituelle - remplacer Beauté par Divin, remplacer poètes par apôtres, saints, ou maîtres spirituels… Quant au terme invention, je le prends dans le sens de la recherche scientifique : une étoile est inventée par celui qui la découvre …
Van Gogh
L'art est sacré lorsqu'il ne me laisse pas intact, lorsqu'il me fait participer à une vie plus grande: l'Eglise d'Auvers existe toujours, et nous passons
aujourd'hui devant elle comme devant n'importe quel édifice. Mais lorsque Van Gogh la transfigure, elle nous fait revivre une agonie et une résurrection. les murs de pierre grise et les toits de
brique sont devenus chair et sang, sous la poussée d'un ciel d'un bleu torride et noirci de serpents de couleur. Mes muscles se tendent pour résister à cet écrasement, ils sont parcourus par
toutes les tensions de ces murs gémissants, de ces tuiles sanglantes, de
cette église arc-boutée au sol pour résister à la tenaille des chemins reptiles qui l'enserrent déjà et à la pesée du ciel. Je participe tout entier à cet effort vers une impossible victoire.
Roger Garaudy. Avons-nous besoin de Dieu ? DDB, 1993, page 200
" Cette église semble craquer sous les poussées du ciel et de la terre. Elle n'est pas un paysage mais un portrait de l'âme de Van Gogh, que l'angoisse de la fin du XIXe siècle conduisit à la folie et au suicide".
(Roger Garaudy, "Comment l'homme devint humain", Editions J.A, 1979)
Proust et la religion
Proust ( juif par sa mère ) est élevé dans la religion catholique.
S’il est agnostique, il semble gêné par une laïcité qui désaffecterait les églises ( article 1919 : « La Mort des cathédrales » ).
« On peut dire que grâce à la persistance dans l’Eglise catholique des mêmes rites et, d’autre part, de la croyance catholique dans le cœur des Français, les cathédrales ne sont pas seulement les plus beaux monuments de notre art, mais les seuls qui vivent encore leur vie intégrale, qui soient restés en rapport avec le but pour lequel ils furent construits » et encore « Quand le sacrifice de la chair et du sang du Christ ne sera plus célébré dans les églises, il n’y aura plus de vie en elles ».
Dans « La Recherche … » Le narrateur n’est ni juif ni homosexuel. Albert Bloch est l’écrivain israélite assimilé et honteux de ses origines. Charles Swann est le prince des élégances mondaines, juif et dreyfusiste. La religion catholique est rattachée à une France profonde et superstitieuse …
- La religion de la beauté ?
La seule
religion célébrée par Proust n’est pas seulement, celle de la Beauté, celle-ci n’étant pas sans ambigüité …( nous en reparlerons ... )
Il semble que Proust affectionnait une certaine « religiosité » :
Voici deux passages:
- Celui-ci est situé juste après le célèbre épisode de la madeleine :
« Je trouve très raisonnable la croyance celtique que les âmes de ceux que nous avons perdus sont captives dans quelque être inférieur, dans une bête, un végétal, une chose inanimée, perdues en effet pour nous jusqu’au jour, qui pour beaucoup ne vient jamais, où nous nous trouvons passer près de l’arbre, entrer en possession de l’objet qui est leur prison. Alors elles tressaillent, nous appellent, et sitôt que nous les avons reconnues, l’enchantement est brisé. Délivrées par nous, elles ont vaincu la mort et reviennent vivre avec nous. »
- L’autre est consacré à la mort de Bergotte ( La prisonnière ): ci-dessous Anatole France
« Certes les expériences spirites pas plus que les dogmes religieux n'apportent de preuve que l'âme subsiste. Ce qu'on peut dire c'est que tout se passe dans notre vie comme si nous y entrions avec le faix d'obligations contractées dans une vie antérieure; il n'y a aucune raison dans nos conditions de vie sur cette terre pour que nous nous croyions obligés à faire le bien, à être délicats, même à être polis, ni pour l'artiste athée à ce qu'ils se croie obligé de recommencer vingt fois un morceau dont l'admiration qu'il excitera importera peu à son corps mangé par les vers, comme le pan de mur jaune que peignit avec tant de science et de raffinement un artiste à jamais inconnu, à peine identifié sous le nom de Ver Meer. Toutes ces obligations qui n'ont pas leur sanction dans la vie présente semblent appartenir à un monde différent, fondé sur la bonté, le scrupule, le sacrifice, un monde entièrement différent de celui-ci, et sont nous sortons pour naître à cette terre, avant peut-être d'y retourner, revivre sous l'empire de ces lois inconnues auxquelles nous avons obéi parce que nous en portions l'enseignement en nous, sans savoir qui les y avait tracées, ces lois dont tout travail profond de l'intelligence nous rapproche et qui sont invisibles seulement - et encore ! - pour les sots. De sorte que l'idée que Bergotte n'était pas mort à jamais est sans invraisemblance. »
La religion de Proust est empreinte de religiosité païenne et chrétienne, elle est dénuée de morale. L’art est son moyen ( médium ) d’expression …
" Je suis allé le voir sur son lit de mort rue Hamelin ... un homme qui donnait vraiment l'impression d'un dépouillement total ... on peut dire que c'était ce qui restait de quelqu'un qui avait laissé son oeuvre le dévorer jour après jour ". François MAURIAC
10 juillet 1871: Naissance de Marcel Proust
Son œuvre principale, À la recherche du temps perdu, est publiée entre 1913 et 1927. Cette oeuvre comprend plusieurs volumes : Du côté de chez
Swann, A l'ombre des jeunes filles en fleurs, Le Côté des Guermantes, Sodome et Gomorrhe, La Prisonnière", Albertine disparue où la Fugitive, le Temps retrouvé.
Dandy et auteur génial, Marcel Proust a marqué la fin du XXe siècle et la littérature mondiale par son oeuvre éblouissante. Elevé dans un milieu bourgeois, cultivé et marqué par un entourage féminin, le jeune Marcel se lance d'abord dans des études de droit, puis de lettres, pour finir par intégrer le milieu artistique et mondain de Paris.
Là, il commence une carrière de journaliste-chroniqueur, voyageant en Europe, travaillant à ses heures à un roman qui semble ne jamais pouvoir s'achever. La mort de sa mère déstabilise encore sa personnalité sensible et inquiète. Son activité littéraire s'intensifie, et c'est dans la solitude de sa chambre aseptisée qu'il crée l'un des romans occidentaux les plus achevés, 'A la recherche du temps perdu'.
Entre temps, il s'insurge contre la méthode critique de Sainte-Beuve, alors très en vogue.
Marcel Proust reçoit en 1919 le prix Goncourt pour 'A l'ombre des jeunes filles en fleurs', le deuxième volet de la 'Recherche'.
Dans l'ensemble de son oeuvre, il questionne les rapports entre temps, mémoire et écriture, tout en suivant les personnages récurrents comme Albertine, Mme de Guermantes... Connu pour la longueur de ses phrases parsemées de relatives au rythme dit 'asthmatique', Marcel Proust reste une référence et un monument incontestable de la littérature française. ( www.evene.fr )
«Nos désirs vont s'interférant et, dans la confusion de l'existence, il est rare qu'un bonheur vienne justement se poser sur le désir qui
l'avait réclamé.»
Extrait d’ A l’ombre des jeunes filles en fleurs
«Une heure n'est pas qu'une heure, c'est un vase rempli de parfums, de sons, de projets et de climats.»
Le temps retrouvé
«Il y a des moments de la vie où une sorte de beauté naît de la multiplicité des ennuis qui nous assaillent.»
Extrait d’ Albertine disparue

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De Maurois à
Proust, en passant par Simone de Cavaillet
André Maurois nous ouvre les portes d’un imaginaire selon Marcel Proust. Pour ce faire, il va jusqu’à épouser l’un des personnages de « la Recherche … » !… Ainsi, d’écrivains en personnage de ... -
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De Proust à Simone de
Caillavet
Léontine Lippmann (1844-1910), par son mariage Madame Arman, dite Madame Arman de Caillavet, amante et égérie d’Anatole France ( 1844 1924 )… MADAME ARMAN DE CAILLAVET (1855-1910) —, née Léontine ...
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La "vérité" de Proust
Entrer dans l'univers de Proust, c'est comprendre ceci: « Il ne s'agissait pas pour Marcel Proust de reconstituer l'histoire de son enfance, de son adolescence et de sa jeunesse avec tous les ...
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Proust dans "La Pléiade"
- Voyager, c’est s’autoriser à se perdre… Partir en recherche d’ « on ne sait quoi », guidé par la seule sensation d’un souvenir, d’une image … "Le seul véritable voyage, le seul bain de Jouvence, ...
En vacances … se reposer et s'émerveiller.
Les synonymes de « vacance » sont disponibilité, suspension, vacuité …
(Matthieu 11, 25-30)
28 Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos.
29 Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble
de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes.
30 Car mon joug est doux, et mon fardeau léger.
Ce « repos », auquel notre environnement nous invite, est également l’occasion de nous « émerveiller »… Il est intéressant de lire que Jésus relie ces deux états…
Moments d’intensité, de lumière… de cœur à cœur...

27 Toutes choses m'ont été données par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si
ce n'est le Père; personne non plus ne connaît le Père, si ce n'est le Fils et celui
à
qui le Fils veut le révéler.
Les vacances pourraient être un temps d’émerveillement :
- S’émerveiller du « Père » « de sa bonté, de sa petitesse qui n'écrase personne… Jésus s'émerveille d'être reconnaissable par les moins que rien, ceux que nous rejetons peut-être parce qu'étrangers à nos manière de vivre »

25 En ce temps-là, Jésus prit la parole, et dit: Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de
la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce
que tu les as révélées aux enfants.
26 Oui, Père, je te loue de ce que tu l'as voulu ainsi.
- S'émerveiller de découvrir qu'e nous sommes appelés à être dans le Père, et le Père en nous … !
- S’émerveiller de ce don de vie… afin de connaître des moments de plénitude, des moments de vrai repos.
Il est curieux, que nous ayons pu imaginer qu’une vie chrétienne puisse être aussi rude qu’un « ensemble d'obligations, de rites à pratiquer, de lois à observer… »!
Le puit de Jacob
Jacob quitte la maison paternelle et s’en va vers l’Orient « Qedem ».
Il arrive à « un puits dans la campagne » (Gn 29, 1-2). C’est là normalement que les jeunes filles sortent pour puiser de l’eau le serviteur d’Abraham « fait s’accroupir les chameaux… près du puits, à l’heure du soir (Gn 24, 11).
C’est là qu’il rencontra Rébecca, la future femme d’Isaac. Et Moïse perdu dans le désert, par crainte de Pharaon, alla en « terre de Madian et s’assit près du puits » (Ex 2, 15). Il épousa Cippora.
Jacob vint auprès du puits. Il demanda : « D’où êtes-vous? » Et la réponse fut : « Nous sommes de Harran » (Gn 29, 4). Une seconde question : « Connaissez-vous Laban, fils de Nahor? »… On lui répond : « Voici sa fille Rachel qui arrive avec les moutons » (vv. 5-6).
Une lourde pierre fermait le puits. Jacob l'a retirée pour Rachel.
Il en tombe amoureux et elle l'amène chez son père Laban qui exploitera Jacob pendant quatorze ans avant de consentir à leur mariage.
Le texte biblique dit : « Jacob embrassa Rachel, il éleva la voix et pleura » (v. 11).
Jésus dit à la Samaritaine : " donne-moi à boire." La situation, auprès du puits, rappelle la rencontre du serviteur d´Abraham avec Rebecca, quand il cherchait une épouse pour Isaac (Gn 24,17) ; elle rappelle aussi la rencontre de Jacob avec Rachel (Gn 29,1-14).
"Mais Seigneur, tu n´as rien pour puiser, et le puits est profond. D´où l´as-tu donc, l´eau vive ? Serais-tu plus grand que notre père Jacob , qui nous a donné ce puits et y a bu lui-même, ainsi que ses fils et ses bêtes ?"
Jésus demande un geste d´accueil et d´hospitalité, chose insolite entre Juifs et Samaritains ; il se situe au-delà des préjujés, de la division, de la
discrimination ; c´est à la personne qu´il s´adresse.
" Je la conduirai au désert et je parlerai à son coeur " (Os 2,16).
Nous vivons endormis dans un Monde en sommeil.
Présence, absence ...
Le Seigneur lui dit :
"Marie !"
Elle se retourna, et lui dit en Hébreu :
"Rabbouni !" c'est à-dire : "Mon Maître !"
" Un être existe par le Monde, qui vous est inconnu et, soudain, en une seule rencontre, avant de le connaître, vous le reconnaissez. Dans la nuit un dialogue s'engage, un dialogue qui, par un certain ton, engage à fond les personnes : "C'est toi, Michel? ..."
(...)
Nous vivons endormis
dans un Monde en sommeil.
Mais
qu'un "tu" murmure à notre oreille, et c'est la saccade qui lance les personnes :
le "moi" s'éveille par la grâce du "toi".
L'efficacité spirituelle de deux consciences simultanées, réunies dans la conscience de leur rencontre, échappe soudain à la causalité visqueuse et continue des choses.
La rencontre nous crée: nous n'étions rien - ou rien que des choses - avant d'être réunis.
Gaston BACHELARD (1884-1962), Préface à JE et TU de Martin Buber ( 1878-1965 )
Proximité, distance et
séparation
Dieu ( La Présence ...) est-il Absent ?
" Et ils prirent le large. Et comme ils voguaient, Jésus s'endormit; et un vent impétueux fondit sur le lac, et la nacelle s'emplissait, et ils étaient en péril. " Luc 8, 23 darby bible
"Au secours, Seigneur, nous périssons !" Il leur dit : "Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ?" Alors, s'étant levé, (...) il se fit un grand calme…
" Et nous, pourquoi sommes-nous à toute heure en péril? " 1 Cor. 15:30
Nostalgie d’un futur promis…Héritage d’une Parole
Psaume 77
Je pense aux jours d’autrefois, aux années des siècles passés.
Je me souviens, de nuit, de mon cantique; je médite en mon cœur, et mon esprit cherche diligemment.
Le Seigneur rejettera-t-il pour toujours? et ne montrera-t-il plus sa faveur?
Sa bonté a-t-elle cessé pour toujours? Sa parole a-t-elle pris fin de génération en génération?
*Dieu a-t-il oublié d’user de grâce? A-t-il enfermé ses miséricordes dans la colère? Sélah.
Et je dis: C’est ici mon infirmité; — [je me souviendrai des] années de la droite du Très haut,
Je me souviendrai des œuvres de Jah; car je me souviendrai de tes merveilles d’autrefois,
Et je penserai à toute ton œuvre, et je méditerai tes actes.
Hébreux 11
Or la foi est l’assurance des choses qu’on espère, et la conviction de celles qu’on ne voit pas.
Catholique, c’est à dire Universel.
Je suis « catholique », parce que je crois qu’il est possible de construire une théologie de l’Universel. Il ne sera bientôt plus possible de penser le
Divin, sans être en communion avec ceux qui en vivent.
Si ma religion est universelle, elle est audible par tous et elle aspire à être comprise et à partager ce qu’elle a encore à vivre avec tous.
Dès à présent, je connais déjà par le Christ que le plan divin du salut est ouvert à tous. Ouvert, à chacun, grâce à ce qu’il est, et non pas malgré ce qu’il est … !
Le « Royaume de Dieu » est bien plus vaste que tous les concepts humains. Aussi mon identité catholique aspire à recevoir, à la lumière des Evangiles,
plus encore que ce que ma
tradition m’a révélé… Il m’est impossible, aujourd’hui de vouloir mieux connaître le Christ sans recevoir des autres traditions leur lumière
spirituelle.
Puisque la vocation catholique est par définition un appel à l’universel, cela m’aide à vivre plus concrètement ce que nous appelons la communion de l’Eglise.
Le dogme du Christ se révèle dans la kénose, et le silence… Si la Parole s’est faite à ce point humble afin que chacun – qui il soit – puisse la recevoir, c’est sans doute qu’elle touche plus profondément dans son effacement.
Si c’est se faire humble que de se plonger dans d’autres traditions, aujourd’hui cela me paraît être une disposition fondamentalement chrétienne. Notre monde pluraliste a d’ailleurs conscience de l’urgente nécessité de s’ouvrir aux autres cultures.