Notre vision du monde change !
Le 9 novembre 1989, notre vision du monde changeait.
La démocratie moderne (alors que ce régime est honni depuis la fin de l’antiquité..) est née avec le christianisme dans les monastères, les papes sont élus etc…
Les principes en sont la valeur insigne de la personne individuelle qui la rend digne de ne pas être gouvernée contre son gré et la fait qu’une société humaine puisse s’améliorer, et que le progrès humain est possible.
Aujourd’hui, après l’échec des idéologies collectivistes, et le repli vers l’individualité, comment gérons nous le « bien commun » ? Les notions mêmes de progrès et d’idéal, sont remises en cause … !
Je
m’interroge sur le passage d’une démocratie représentative ( et le pouvoir donné au groupe majoritaire …) à une démocratie participative (la démocratie du consensus )…
Les négociations actuelle entre partis, avant les élections présidentielles, illustrent très bien cette problématique … ( EELV, peut-elle négocier l’arrêt du
nucléaire ? )
Il me semble qu’aujourd’hui, l’opinion, valorise plus la « démocratie participative », que la « démocratie représentative » qui vise plus à la négociation qu’au débat. Clairement le citoyen préfère aujourd’hui parler au nom de ses intérêts, plutôt que des ses idéaux. On ne négocie pas des valeurs ( croyances ), mais on négocie des intérêts .. !
Le consensus recherché cherche à répondre de façon pragmatique à des problèmes concrets. Il ne s’agit plus de parler de « bien » ou de « mal » , mais de bon sens et de prudence, Le quotidien n’a pas à être transformé mais il doit être sauvegardé…
Le « militant » pétri d’idéaux rejette le consensus, qui semble s’apparenter à de la magouille politicienne. Aussi - peut-être – suis-je piégé dans ma
contradiction quand j’idéalise la « démocratie participative » ; d’autant que l’urgence écologique et sociale, nécessiterait une rupture politique … Autre contradiction : Ne
préférons nous pas aujourd’hui « la paix » ( fichez moi la paix ! ), à la « vérité » ? Nous préférons « la sagesse » ( cool, zen, l’instant présent …) au
jugement ( vérité, opposition, combat ..).
A cette condition, y a-t-il encore une « vision de monde » possible… ?
Depuis, son existence, le mouvement écologiste reste extrêmement minoritaire. Dans le système majoritaire actuel, celui qui n’a pas vu prévaloir son opinion ( par l’élection ) la conserve par devers lui et tente de la faire prévaloir au prochain vote...!
Aujourd’hui, peut-être, le citoyen, exclusivement voué à la vie quotidienne, aspire à plus de « connexions » et moins d’opposition …
Il me semble que notre réflexion politique devrait prendre en compte ces nouvelles aspirations …
Crise ou Apocalypse ?
Le lien que nous pouvons faire entre l’actualité et notre intériorité: c’est le titre des quotidiens qui rappelle que nous sommes en « crise » , et le
message spirituel des maitres, et en particulier de Saint-Jean pour le catholique que je suis, avec ce texte de l’Apocalypse
( qui peut être traduit par dévoilement
) : ( Jean à Patmos, voit s’effondrer, ce à quoi il croyait… Les chrétiens sont victimes de la terreur… ).
En aucun cas, il s’agit de prendre les mots dans leur « fondamentalisme », c’est à dire (par exemple) : nous serions arrivés à la « fin des temps » ( menace récurente … ! ), ce serait l’effondrement de notre civilisation, voire la fin du monde … ! Non… ! La véritable lecture d’un texte, consiste à interroger ce qui en nous est éternel, et envisager les crises intérieures que nous vivons, et qui nous font passer d’un stade à un autre ( de la vie à la résurrection )… La vie, le monde, les civilisations ; c’est vrai, passent, et leur valeur ne peut dépasser leur impermanence… Ne peut mourir, que ce qui est mortel ! La spiritualité bouddhiste en a fait son fondement.
Rester prisonnier, dans la lecture de n’importe quel texte spirituel, d’une interprétation matérielle, sociétale, fondamentaliste… consiste à faire régresser notre conscience.
Jean Yves
Leloup, à la suite de nombreux autres auteurs, propose une lecture archétypale des textes ( méthode employée déjà par les « Pères » comme Philon d’Alexandrie, Origène…)…
L’archétype biblique, c’est dire: Job, Judas, ou Myriam de Magdala … c’est moi !. Le Christ étant l’archétype de la synthèse ( le Soi , dans ma tradition : Dieu ).
Espérer dans un retour triomphant du Christ, à la fin des temps,
c’est : non pas s’attendre à voir de mes yeux pour une date précise dans le calendrier, une irruption - du fond de l’univers - de catastrophes
planétaires, pour annoncer un retour sur terre de Jésus … ! ( Spielberg … ! ).
Intérioriser l’Apocalypse, c’est vivre, avec l’urgence d’un appel existentiel, la venue de la présence de Dieu en moi, par la médiation de Jésus. L’apocalypse, qui signifie dévoilement, se rapprocherait plus - selon Jean-Yves Leloup, du mot accouchement. D’ailleurs, il s’agit bien de cela dans le texte de Saint-Jean -.
Ce n’est pas au dehors, que je dois chercher les signes de la venue de Dieu, mais en moi. Il s’agit d’un dévoilement en toute intériorité de Dieu qui grandit en moi, et qui pourrait, effectivement, même avant ma mort physique, causer une « mort – résurrection » de mon être !
La mer et l'écume, de Djalàl Al-Din RùMI
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Dieu ne craint pas le blasphème.
Le blasphème ne concerne pas
Dieu, éventuellement celui qui pense blasphémer, et souvent celui qui s’approprie l’outrage, de même qu’il s’approprie Dieu en « jugeant » quelques paroles ou dessins en lieu et place
de Dieu !
Dieu, ne se limite pas aux croyances de celui qui crie « au blasphème » !
Le blasphème peut être salutaire, en particulier s’il se glisse dans des textes d’humour ( voir l’humour juif, profond et spirituel …). Le blasphème peut être existentiel, s’il exprime la révolte contre le mal, l’injustice … Job demande des comptes à Dieu, et ses amis l’accusent de blasphémer. La révolte de Job, est bénéfique.
Jésus a été
condamné pour blasphème« il a blasphémé » (Matt. 9:3 ; 26:65).
Etienne sera exécuté pour ce motif : « Nous l'avons ouï proférant des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu » (Actes 6 : 11)
La rencontre avec Dieu se situe au-delà des certitudes…
Nb/ " Ou bien Dieu existe et il n'a rien de commun avec ce vieillard grognon et infantile qu'on nous présente, et par conséquent le blasphème n'a aucune importance ; ou bien Dieu est réellement ce vieillard infantile et grognon, et alors le blasphème devient presque un devoir philosophique ! " citation de Pierre Gripari ( écrivain et 'anarchiste' de droite ... )
Entre l'esthétique mystique et la perversité de la ‘real-politic' ..?
Je reprends
dans cet article, une réponse que je viens de faire à ‘Orion Gps’ en commentaire :
Que pourrions-nous retirer de ‘bon’ d’une attitude qui refuserait de se positionner, entre « l'esthétique mystique ou la perversité du
‘real-politic’ » ? …
Cette question ne m’est pas étrangère… Souvent, je préfère me réfugier, ( au plus fort de mes doutes… ) dans une esthétique religieuse plutôt que dans un combat perdu d’avance contre le 'libéralisme' ( et qui dans ses excès, me touche, plutôt moins que d’autres …) … !!!
Une tentative de réponse se trouve dans la pensée de Zundel … En effet, on ne peut pas le suspecter de ne pas Vivre le Christ en intériorité :
« L’Eglise apparaît à travers [les apôtres] immédiatement comme une société mystique, comme une société sacramentelle où l’homme est totalement effacé dans la présence de Jésus-Christ. »
Zundel va jusqu’à écrire « Je ne crois pas en Dieu, je le vis. » On comprend mieux alors pourquoi « La vie mystique est consubstantielle à la vie chrétienne »
Zundel découvre Dieu essentiellement à travers la relation qu’il a avec les hommes. Dieu transparaît à travers le visage des hommes. Chacun de nous est une transparence de Dieu. Finalement, pour découvrir qui est Dieu, il y a l’Evangile, l’Eglise, les sacrements et puis il y a les hommes et les femmes…
La spiritualité ignacienne ( vous parlez des jésuites …) , insiste sur la fréquentation très personnelle de la Parole ( lecture de vie …).
« La Parole de Dieu que nous vous faisions entendre, vous l'avez accueillie, non comme une parole d'hommes, mais comme ce qu'elle est vraiment, la Parole de Dieu. Que cette Parole reste active en vous, les croyants » (1 Th 2, 13).
Cette Parole vivante, est l’énergie nécessaire à une vie qui a trouvé son sens ( espérance ).
« Quand Tes paroles se présentaient, je les dévorais. Ta Parole est mon ravissement et l'allégresse de mon cœur » (Jr 15, 16).
Sur ce chemin - de
combat ( la politique ? ) - mais assuré vers le bonheur, Jésus a vécu cet évangile le premier. Il en est le chemin qui ne s'arrête qu'en Dieu. Le prendre, c'est mourir à nos désirs de
possession, de pouvoir, de puissance à la manière de ce monde pour mener une vie qui tend à être « à la mode de Dieu ».
Attention …! Ces mots, ne sont pas les miens, ils sont habités de la Parole, mais ils me dépassent… Les faire miens, c’est intérioriser une Parole, pour qu’elle m’inspire, dans le concret de ma vie ...
Exode (22, 20-26) :
" Quand Moïse transmettait au peuple les lois du Seigneur, il disait : « Tu ne maltraiteras point l’immigré qui réside chez toi, tu ne l’opprimeras point, car
vous étiez vous-mêmes des immigrés en Égypte. Vous n’accablerez pas la veuve et l’orphelin. Si tu les accables et qu’ils crient vers moi, j’écouterai leur cri. ...
Si tu prêtes de l’argent à quelqu’un de mon peuple, à un pauvre parmi tes frères, tu n’agiras pas envers lui comme un usurier : tu ne lui imposeras pas
d’intérêts. Si tu prends en gage le manteau de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil. C’est tout ce qu’il a pour se couvrir ; c’est le manteau dont il s’enveloppe, la seule
couverture qu’il ait pour dormir. S’il crie vers moi, je l’écouterai, car moi, je suis compatissant ! »
Crise financière : les propositions de l’Eglise.
C’est un document important que vient de publier le Conseil pontifical Justice et Paix, sous le titre « Pour une réforme du système financier et
monétaire international dans la perspective d’une autorité publique à compétence universelle ».
- Taxant d’ «idéologies» aux effets dévastateurs les doctrines libérales qui ont dominé les vingt dernières années du siècle dernier, le document de Justice et Paix rappelle que la visée du «bien commun » et l’exigence de solidarité, tâches propres du politique, exigent que les activités financières soient régulées. Trois mesures concrètes sont envisagées, pour l’immédiat :
- instaurer une taxe sur les transactions financières, dont le produit pourrait « promouvoir le développement mondial et durable ».
- recapitaliser les banques, mais pas sans condition : le texte ne fait pas l'apologie d'une recapitalisation comme celle qui a été pratiquée fin 2008. Il précise que les banques doivent s’engager à adopter des comportements « vertueux », c’est-à-dire à orienter leur activité vers le développement de l’économie réelle et non de la spéculation.
- rétablir la distinction entre banque de crédit aux particuliers et banques d’investissement.
Aux politiques... d’expliciter les conditions politiques de leur mise en œuvre...
Imposer aux banques un « comportement vertueux », par exemple, est-ce possible sans prise de participation de l'Etat dans le capital des banques ? L’élimination des « paradis fiscaux » aurait pu être mentionnée, puisque c’est une des conditions essentielles de la « réforme du système financier et monétaire international »...
Autre intérêt de ce document : il rappelle, dans son titre même, un point trop méconnu de la doctrine sociale de l’Eglise, formulé par Jean XXIII dès 1963, bien avant que l’on parle de « mondialisation ». Constatant que bon nombre de problèmes ont désormais des dimensions mondiales, il affirmait que leur solution exige la création d’une « autorité publique dont le pouvoir, la constitution et les moyens d’action prennent eux aussi des dimensions mondiales et qui puisse exercer son action sur toute l’étendue de la terre (Pacem in terris, 137).
En conclusion, il est heureux que l’Eglise redise aux chrétiens que le « bien commun universel », celui de la « famille humaine » tout entière, doit toujours prévaloir sur les intérêts particuliers ou nationaux.
Source: Equipe du Ceras , « Crise financière : les propositions de l’Eglise », La fabrique de la doctrine sociale, Ceras - revue Projet. URL : http://www.ceras-projet.com/index.php?id=2554.
Egalement: Campagne "les paradis fiscaux" CCFD
ENSEMBLE CREUSONS UN PUITS
Histoire(vraie) contée par le PèreChristian de Chergé (Le frère Christian de Chergé était un des 7 moines enlevés et assassinés par le GIA en 1996 en Algérie ).
L'esprit des rencontres d'Assise ou « ENSEMBLE CREUSONS UN PUITS »

« Depuis qu’un jour, il m’a demandé, tout à fait à l’improviste, de lui apprendre à prier, Mohammed (garde-champêtre à Tibhérine) a pris l’habitude de venir
s’entretenir régulièrement avec moi. C’est un voisin. Nous avons une longue histoire de partage ….
Un jour, il trouva la formule pour me rappeler à l’ordre et sollicité un rendez-vous.
- Il y a longtemps que nous n’avons pas creusé notre puits !
L’image est restée. Nous l’employons quand nous éprouvons le besoin d’échanger en profondeur. Une fois par
mode de plaisanterie je lui posais la question :
« Et au fond de notre puits, qu’est-ce que nous allons trouver ? De l’eau musulmane ou de l’eau chrétienne ?
Il m’a regardé mi-rieur, mi-chagriné :
Tout de même, il y a si longtemps que nous marchons ensemble et tu me poses encore cette question ?…
Tu sais, au fond de ce puits-là, ce qu’on trouve, c’est l’eau de Dieu »
Une Église peut-elle détenir la vérité ?
Sans doute, partageons nous aujourd’hui l’idée que la possession de la Vérité, conduit inévitablement à la violence… !
Le scepticisme, le
nihilisme ne nous en protègent pas non plus, à commencer par Pilate qui pose à Jésus cette question:« Qu’est-ce que la vérité? » (Jn 18,38), ce à quoi Pilate, représentant du
pouvoir impérial, ne trouve aucune autre réponse que celle de le faire fouetter et torturer.
Rationnellement, nous pouvons proposer que : la vérité est la conformité qui doit exister entre - ce qui est - et ce que l'- on peut en dire- .
Ce qui, en spiritualité, est insatisfaisant, puisque « ce qui est » est indéfinissable … !
« Le mot hébreu 'emet’ est un dérivé de la racine 'aman’ qui signifie ce qui est solide, constant et sûr. C'est à cette racine qu'appartient l'acclamation liturgique Amen. L'homme biblique considère « vrai » ce sur quoi il peut se fier pour l'orientation de sa vie. » Yves Guillemette, prêtre
« C'est en Jésus que le chrétien trouve l'appui dont il a besoin pour orienter sa vie: « À qui irions-nous, Seigneur, proclame Pierre, tu as les paroles de la vie. » (Jn 6,68) Jésus se définit lui-même comme « le chemin, la vérité et la vie ». (Jn 14,6) » Y.G.
Dans la Bible on ne dit jamais
« avoir la vérité ». Il est question d’agir selon la vérité (Jn 3,21)
« Celui qui dit "J’aime Dieu" et déteste son frère ment. » (1 Jn 4,20). C’est alors que nous sommes dans la vérité.
Personne ne peut posséder Jésus, aucune Église ni même le christianisme.
Peut-on parler au nom de la Vérité ? Nous pouvons interpréter la Parole de Vérité ; et un « maître » peut-nous montrer le chemin à suivre … Nous n’avons pas la vérité mais nous laissons l’Esprit nous la dire, par l’Évangile .. Cette Vérité, ne se sait pas… au mieux, elle se connaît ( se vit, se pratique, s’éprouve …).
Dieu, l'homme et l'Eglise.
Dieu avait besoin d'un père pour Son peuple.
Il choisit Abraham (un vieillard !). Abraham se leva.
Dieu avait besoin d'un porte-parole.
Il choisit un timide, qui bégayait ! Moïse se leva.
Dieu avait besoin d'un chef pour conduire Son peuple.
Il choisit le plus petit, le plus faible ! David se leva.
Dieu avait besoin d'un roc pour poser l'édifice.
Il choisit un renégat ! Pierre se leva.
Dieu avait besoin d'un visage pour dire aux hommes l'amour.
Il choisit une prostitué ! Ce fut Marie de Magdala.
Dieu avait besoin d'un témoin pour crier Son message.
Il choisit un persécuteur ! Ce fut Paul de Tarse.
Dieu avait besoin de quelqu'un pour que Son peuple se rassemble
Et qu'il aille vers les autres !
Il t'a choisi, même si tu trembles, même si tu vieillis....
Pourrais-tu ne pas te lever ?
Extrait de l'allocution prononcée à la fin du Concile de Vatican II le 8 décembre 1965 par le Cardinal Franz König
Que l'Eglise du Christ soit : une Eglise qui accueille, une Eglise des portes ouvertes.
Une Eglise qui réchauffe, une Eglise maternelle.
Une Eglise pleine de compréhension et de compassion, qui accompagne toute pensée, toute joie et toute souffrance.
Une Eglise qui rit avec les hommes et qui pleure avec eux.
Une Eglise pour qui rien n'est étranger et qui ne se comporte pas comme une étrangère.
Une Eglise humaine, une Eglise à notre mesure.
Une Eglise qui sait attendre ses enfants comme une mère.
Une Eglise qui cherche ses enfants et marche à leur suite.
Une Eglise qui va chercher les hommes là où ils sont : au travail et dans leurs loisirs, aux portes des usines et sur les terrains de foot-ball, entre les quatre murs de leurs foyers.
Une Eglise des jours de fêtes et une Eglise du traintrain quotidien.
Une Eglise qui ne se livre pas au commerce et qui ne marchande pas, qui n'impose pas de conditions et n'exige pas de garanties.
Une Eglise qui ne s'enferre pas dans la politique. Une Eglise qui ne fait pas de morale.
Une Eglise qui n'exige pas et ne délivre pas des attestations de bon comportement.
Une Eglise des petits, des pauvres qui n'ont pas connu le succès, de ceux qui ploient avec peine sous leur fardeau, de ceux qui connaissent ou ont connu l'échec dans leur existence, dans leur profession, dans leur vie de couple.
Une Eglise de ceux qui restent dans l'ombre, de ceux qui pleurent et connaissent le deuil.
Une Eglise de ceux qui vivent avec dignité, mais également des gens indignes, des saints mais aussi des pécheurs.
Une Eglise qui cherche non pas de pieuses paroles, mais l'action discrète qui apporte une aide.
Une Eglise du Peuple.
Cardinal Franz König (1905-2004) : Extrait de son allocution prononcée à la fin du Concile de Vatican II, le 8 décembre 1965.
L'avenir de l'Eglise...
" Voilà des siècles que l'Esprit semble souffler davantage hors des Eglises que dedans,
chez les
philosophes, les humanistes, les savants, les artistes, les sociologues et les politiques plutôt que chez les responsables de nos Eglises. Pendant que nous nous occupions de nos problèmes
internes, de nos cultes, de nos modes liturgiques, de nos exégèses, de nos querelles ecclésiastiques, le monde inventait, souvent malgré nous et contre nous, la
démocratie, la laïcité, la tolérance, le socialisme, l'évolution, la psychologie des profondeurs, l'égalité des droits, l'instruction obligatoire, la décolonisation, l'émancipation des femmes,
des Noirs, l'éducation sexuelle et la contraception. Les Eglises ont fini par suivre le mouvement après la résistance et avec retard, tous en se proclamant " expertes en humanité "
!
Louis Evely ( milieu du XXème siècle )
En
décalage avec la plupart des centres d’intérêt de nos contemporains, Catholiques, nous sommes depuis quelques siècles en retard d’une révolution… Paradoxalement ( comme notre Dieu …) cette
position ( que je n’ai pas choisie…) nous assure d’un avantage certain. Je vais y venir.. Auparavant, il nous faut reconnaître également que la question de la morale ( respect d’autrui, règles de
vie…) n’est plus une question religieuse, mais une question que la société laïque, s’est appropriée… Notre morale, aujourd’hui, reconnue par tous, c’est celle des « Droits de
l’homme ».
« Nos sociétés ont développé de fort belles morales du respect de l’autre, elles ont en plus la liberté d’entreprise, mais en terme de spiritualité, elles en sont quasiment au niveau zéro. » L. Ferry
Le XXème siècle, fut le siècle de la déconstruction ( la tonalité en musique, la figuration en peinture, le roman, la morale bourgeoise …etc. Aujourd’hui, le
résultat en est l’individualisme, le libéralisme… ( après le marxisme, le nazisme … encore des
« ismes » …) …
Une autre caractéristique - propre à notre époque moderne – c’est le mariage d’amour. Et, c’est l’utilisation, sans retenue, de ce mot « amour »
.. ! Il est assez récent que le mariage soit devenu une institution qui valorise et généralise le sentiment, et non pas l’économie. Quand on ne s’aime plus, on se sépare… !
La famille contemporaine est devenue un noyau resserré sur elle-même ( un
clan ), sacralisant l’enfant et rejetant le vieillard. Si on ne meurt plus pour Dieu ou la patrie, on peut se sacrifier pour son enfant …
Le constat est qu’aujourd’hui, devant un deuil, devant une dégradation sociale, une rupture, la maladie, la mort …nous sommes désorientés… ( C’est ( dans le langage chrétien ) la question du salut ).

Alors, malgré cette situation ( mais qui est aussi un « signe des temps » ), l’avantage que me procure mon catholicisme, c’est sa « Tradition ». Elle échappe à toute révolution ; elle reste vivante et reliée aux hommes et aux femmes du passé. Elle est la sève d’un arbre, l’Eglise. Il produit toutes sortes de fruits… Il participe à la forêt du vivant…
A hauteur de l’univers et de l’infiniment complexe, nous apprenons et expérimentons que le salut ( message christique ) est plus vaste que les réponses qu’attend notre égo, mais il est à la mesure de l’homme, dans une perspective ( fin des temps ) de divinisation, ou d’humanisation ( ce qui se rejoint…).
