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Les légendes du Graal

la quete du graal

Les Croisades, les Templiers et le Graal. -1/.-

14 Novembre 2016 , Rédigé par Perceval Publié dans #La Quête du Graal, #Croisades, #Templier, #Moyen-âge

- Les croisades :

La Quête du Graal, est une conséquence des croisades, le fruit de la défaite : la perte de Jérusalem ( reprise par les musulmans en 1187, lancement en 1189 de la 3ème croisade).

« La perte de Jérusalem ébranle toute la Chrétienté et l'oblige à faire une sorte de retour sur soi, à modifier radicalement sa conception de la croisade.

A la conception externe, si l'on peut dire, guerrière et conquérante, va se substituer une conception interne, allégorique et mystique ; Jérusalem ne sera plus un but de pèlerinage lointain et périlleux : la Jérusalem céleste prévaut dorénavant, qui ne se conquiert pas au terme d'une expédition terrestre, mais se trouve au terme d'un cheminement spirituel.

Il va de soi que la notion de « Jérusalem céleste » est bien antérieure à 1187, mais depuis un siècle l'Occident semblait l'avoir quelque peu oubliée, axé comme il était sur la conquête et la défense purement guerrières des Lieux saints. »

Helen Adolf (1895 – 1998) was an Austrian–American linguist and literature scholar.

- La légende arthurienne ( ou Matière de Bretagne) :

Avec 'Joseph d'Arimathie' de Robert de Boron, nous revenons sur nos terres ; le Graal, en effet, part de ''Terre sainte'' pour l'Occident sans espoir de retour.

Nous pouvons ainsi rapprocher de chaque actualité de croisade, une œuvre :

Le ''Perceval'' à la croisade de 1177/78 de Philippe d'Alsace, le '' Joseph d'Arimathie '' à la défaite de 1187, et le '' Parzival '' au traité de paix de 1192 ( fin de la 3ème croisade – Jérusalem reconquise, paix entre Richard 1er et Saladin.)...

    En 1185 environ : Chrétien de Troyes entreprend son Conte du Graal ou Perceval que sa mort laisse interrompu. II écrit ce poème pour Philippe d’Alsace, comte de Flandre, prince dévot qui s’est croisé plusieurs fois ( en 1177, et 1190) et qui détient à Bruges la relique du Saint Sang, ramenée d’Orient peu avant 1150 par son père Thierry d’Alsace.

    Gautier de Montbéliard (mort en 1212, est un fils d'Amédée II de Montfaucon, comte de Montbéliard), s’engage dans la quatrième croisade, en 1199 il est régent de Chypre de 1205 à 1210, connétable du royaume de Jérusalem de 1210 à 1212. Gautier est le commanditaire attesté de la trilogie de Robert de Boron (qui comporte le Joseph d’Arimathie, un Merlin et un Perceval) rédigée autour de 1200. Robert de Boron, à Chypre, découvre la littérature byzantine et syriaque. La famille de Boron pourrait être alliée à celle ''des Barres'', qui comptait des membres ayant commandé en Orient et même un Grand Maître du Temple.

    Enfin, Wolfram d’Eschenbach (v. 1210) écrit  Parzival (source de Richard Wagner). C’est en gros, la même trame narrative que le Conte du Graal, avec peut-être des apports occitans (Wolfram prétend corriger Chrétien grâce au texte – perdu – d’un certain Kyot le Provençal) et orientaux (présence du Sarrasin Feirefiz, éléments doctrinaux peut-être empruntés au philosophe islamique Al Farrabi). Ici, le Graal est devenu une pierre précieuse sur laquelle, chaque jour, une colombe dépose une hostie. Perceval se marie, fonde une lignée (il sera l’ancêtre de Godefroi de Bouillon) et confie le Graal à la garde de l’ordre du Temple.

    Wolfram d’Eschenbach, chevalier franconien, tient secrète l’identité du commanditaire. Le roman de Wolfram est chargé de mysticisme, de référence au Moyen-Orient des croisades... Sa version de la quête du Graal, Parzival, puis son Titurel donnent au mythe une sonorité ésotérique beaucoup plus prononcée que chez Chrétien de Troyes :  le Graal est gardé par des Templiers, et il est réservé à quelques « élus » de s'en approcher, élus liés par une lignée commune.

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    De la chevalerie, à Ignace de Loyola ( 1491- 1556). -1-

    13 Décembre 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #La Quête du Graal

    Perceval, rêve de devenir chevalier. Le chevalier est un être fait de chair et de désir, son idéal prend racine dans la défense du droit et de la paix, dans la défense du faible et du pauvre … Le chevalier exalte les valeurs masculines mise en œuvre dans les « épreuves » auxquelles il lui tarde d'être confrontées :

    • Le voyage et ses dangers. L'errance et la rencontre

    • Le combat : la fureur et la paix. La force et la peur. La beauté et la mort.

    • L'énigme et le savoir. La naïveté et la sagesse.

    • La solitude et le désir. L'amour et la liberté...

    • L'honneur, et le mystère. Le coeur et l'épée.

     

    Cette Quête, le chevalier- même solitaire - ne peut l'accomplir sans la rencontre du féminin.

     

    Ce chemin est profane et sacré, mythique et mystique … Dans la figure d'Ignace de Loyola, la mission du chevalier rejoint les missions de l'Eglise. Ses armes, sont celles de Jésus-Christ, et son épée est la Parole.

     La_Rendicion_de_Granada_-_Pradilla.jpg

          La Rendición de Granada (dos de enero de 1492) por Francisco Pradilla y Ortiz, 1882

    Le parcours que je décris, bien qu'ancré dans la chair d'une époque, est mythique en ce qu'il s'attache à un idéal. Le chevalier est mu par l'idéal. Malheureusement l'histoire est aussi marquée par les dérives des passions humaines...

    Ignace-de-loyola-2.jpg

    Iñigo López de Loyola  est né en 1491, presque en même temps que Luther ( 1483-1546) , un an avant la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. C'est l'aube de nouvelles découvertes et de nouveaux défis...

    La-Reconquista-center.jpgSes parents lui ont appris la foi, mais ce monde en déclin ne le retient pas... Il préfère profiter de ses dons, chérit son épée et les « donzelles ». Inigo (il choisira plus tard de s'appeler Ignace ) est basque, tout pétri de bravoure et de sensualité, il rêve de devenir un héros d'un roman de chevalerie... Il a deux passions, la guerre et les femmes. Sa passion de la guerre le mène à Pampelune. Le 20 Mai 1521, il est frappé par un boulet français projeté dans la place assiégée tenue par Ignace, il lui brise la jambe. Ignace doit alors se rendre aux Français. Fier et courageux, il doit cependant se soumettre. C’est là le début de sa quête et celui de de sa conversion.

    C'est l'apprentissage de la douleur... Trois fois on va rouvrir ses blessures dans d'atroces souffrances. Ignace de Loyola va-t-il rester boiteux? Est-ce possible? Ce serait alors fini ce ton altier et sa prétention d’être quelqu’un. Et, les femmes ; se détourneront-elles en l’apercevant?. Peut-il accepter ainsi de souffrir, de continuer une vie inutile, à commencer par longue période de convalescence ?

     

    Au château familial il n'existe qu'une seule sorte de livres, des vies de saints et la vie de Jésus... . Son père et sa mère sont morts, mais il y a la présence attentive et affectueuse de sa belle et pieuse belle-sœur Magdalena.Ignace-de-loyola-conversion.jpg  Il aurait bien préféré un roman de chevalerie. Qu'importe ! Il en commence un dans sa tête. Il sculpte les nuages du rêve. Il bâtit des châteaux en Espagne. Il monte des coups, surtout le coup qui lui vaudra de devenir le mari fascinant d'une certaine princesse.

    Mais fatigué de rocambolesque, il ouvre des vies de saints: des moines et des ermites du désert thébain et du massif du Sinaï. Son imagination s'enflamme en les voyant braver la faim et le froid avec une si parfaite maîtrise d'eux-mêmes. Il s'émerveille d'apprendre comment ils arrivent à se dominer et à lutter contre des esprits méchants. Il admire les visions glorieuses et les récompenses insignes dont ils sont gratifiés: n'ont-ils pas gagné pour toujours le respect des hommes, en même temps que la félicité et la dignité céleste? ... La citadelle qui résiste maintenant c'est son propre cœur, encore confisqué par la gloire du monde. Il découvre l'histoire de Jésus; surpris, il apprend aussi que c'est une histoire d'amour. Cette histoire d'amour le conduira vers le service d'un « autre » toi : Dieu. 

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    Le Conte du Graal est-il un mythe ?

    14 Juin 2012 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #La Quête du Graal, #Campbell, #Mythe

    Burne-Jones - L’Accomplissement : La Vision du Saint Graal à Sir Galahad, Sir Bors et Sir Perceval

    Pour Campbell, - d'une part : les légendes du Graal expriment exactement ce qu’est, dans son esprit, la spécificité de la spiritualité occidentale par rapport à la spiritualité orientale : le caractère individuel de la démarche... Et - d'autre part : La mythologie ouvre l'humain à sa dimension spirituelle.

    Joseph Campbell (1904-1987) était un mythologue américain qui a révolutionné l'étude des mythes à travers sa théorie du monomythe, ou Voyage du héros. Il a démontré que les récits mythologiques du monde entier suivent une structure universelle, influençant la littérature, la psychologie et même le cinéma. Son œuvre majeure, Le Héros aux mille et un visages, explore cette idée et reste une référence incontournable.

    Il considère la religion comme une forme évoluée de la mythologie... Toute religion, possède ses mythes, ses récits sacrés.

    Qualifier les récits religieux de mythes, c'est s'opposer à une lecture littérale et historique. Ils sont conçus pour évoquer une réalité spirituelle. Si on concrétise la symbolique biblique, elle perd sa référence essentielle et les mythes entrent en conflit avec les connaissances scientifiques les plus élémentaires.

    Pour Campbell, les symboles mythologiques ne sont pas inventés mais jaillissent spontanément des profondeurs de la psyché. Inversement, la connaissance des symboles conduit à celle de l'esprit humain, dont ils révèlent des puissances, des potentialités spirituelles...

     

    Le mythe : langage de l’inconscient , est une ressource supplémentaire à qui veux approfondir sa recherche, sa Foi … Un peu du même ordre que la métaphysique : avec l’avantage que le mythe parle à tous.

    Apparition du Graal

    Revenons à la définition du Mythe et, j’en retiens de la part de spécialistes, quelques unes qui vont dans le sens de ce que j’entrevois…, comme :

    - Mircéa Eliade : « Le mythe raconte une histoire sacrée : il relate un événement qui a eu lieu dans le temps primordial, le temps fabuleux des commencements »

    - Gilbert Durand « Nous entendons par mythe un système dynamique de symboles, d’archétypes et de schèmes, système dynamique qui, sous l’impulsion d’un schème, tend à se constituer en récit ».

    - Marc Eigeldinger « Le mythe n’est pas uniquement récit, mais aussi discours du désir et de l’affectivité. Il ne s’exprime pas à l’aide d’idées ou de concepts et se développe en marge de la rationalité ; il se consacre à dire la vérité psychique […], à suggérer l’affleurement de l’irrationnel et de l’inconscient, à traduire le contenu du désir et ses relations avec le sentiment »

    - Jean-Pierre Vernant : « ...le mythe ne se réfère pas à un genre particulier… Il serait « l’envers, l’autre du discours vrai, du logos »

    Le mythe, « ce n'est pas vrai, même si autrefois, il aurait été retenu pour vrai », je préférerai dire avec :

    - Campbell : « Non, le mythe n'est pas un mensonge. Une mythologie complète est constituée d'une organisation d'images symboliques et narratives, métaphoriques des potentialités de l'expérience humaine, et de l'accomplissement d'une culture donnée à un moment donné. »

    Cycle de Lancelot

    - Quelles sont les fonctions du Mythe ?

    * Nous réconcilier avec la vie :

    Nous pourrions refuser d’entrer plus avant dans « le monde », refuser le corps, refuser les épreuves, refuser ce qui fait la vie … La mythologie prône la capacité de l’homme à améliorer « le monde ».

    La mère de Perceval ( qui avait déjà perdu son père, son mari ) , voulait mettre son fils à l’écart...!

    Le chevalier affirme la vie, et s'affronte à tous ses aspects aussi bien monstrueux, que magnifiques, le mythe n'effectue pas de de tri.

    L’héroïsme c’est d’agir sans ressentiment envers la vie et sa part de violence inaliénable. Le bouddhisme rappelle, en préalable, cette vérité essentielle : « Toute vie est souffrance ». Et, la sagesse (de toutes les traditions ) est d’accepter et d’aimer cette vie.

    * Représenter l’univers :

    Le passage par le mythe permet de mettre en récit une expérience personnelle complexe : par exemple celle de passer d’un bonheur à un malheur soudain, « sans explication ». De même, tous le mythes racontent qu’il existait un temps de l’unité avant le temps de la dualité ( de la séparation ). Il y a « la chute », puis la résurrection.

    * Donner des règles et des valeurs :

    Souvent le mythe justifie à sa manière les lois contingentes ( droits et devoirs ). Le héros les respecte, mais ne vit pas par elles. Elles ne l’angoissent pas. Les valeurs priment sur les lois, et portent parfois le héros jusqu’au sacrifice.

    * Franchir des seuils psychologiques :

    Le mythe peut nous aider à traverser les différentes périodes de notre vie…

    Toute la quête du héros correspond à une amplification des rites de passage ( mort et résurrection ..). L’objectif est d’arriver à l’autonomie, à être les seuls garants de notre vie, les seuls à diriger notre pensée ; afin, d’accéder à notre vocation :

    * Entrer dans le 'troisième âge' ...

    Le mythe personnel nous aide à accepter l’inévitable déclin physique qui accompagne le retrait de cette « course aux illusions »…, et donne sens à cette période de vie.

    Toute mythologie prépare au passage ultime, celui de la vie à la mort. Elle présente l’image d’une deuxième vie, comme une vie que nous avons déjà en nous ; aussi, explorer notre propre mythologie personnelle peut nous aider à traverser ce stade ultime : à vivre pleinement ! Plutôt que d’imaginer un futur après la mort, les mythes se concentrent sur notre présent et les richesses de notre vie imaginaire. L’autre vie est déjà là au fond de nous-mêmes.

    Notes de lecture, d'un ouvrage de Laureline Amanieux que j'ai savouré: ''Ce héros qui est en chacun de nous''. Voir aussi, ''La quête du héros'', Joseph Campbell.

     

    Citer ''Perceval '' ( et la Quête du Graal ), comme un mythe, est peut-être un raccourci, que des universitaires pourraient contester… ? Cette histoire étant rattachée à une œuvre littéraire, peut-être est-il plus exact de parler de « mythe littéraire » .. ? L’histoire est de plus relativement récente …

     

    Pour ce qui est du « mythe de Perceval », il nous est donc parvenu tout enrobé de littérature », il ne nous est accessible qu’en tant que '' mythe littéraire ''. Il a cette particularité que sa première rédaction est caractérisée, par l’absence de clôture. Le « Conte du Graal » de Chrétien de Troyes est inachevé… !

    Ensuite, ce corpus est à l’image d’un arbre dont le tronc serait constitué de la tradition médiévale, à partir de laquelle les multiples ramifications modernes s’élanceraient vers le ciel, toujours plus éloignées de la souche première, mais puisant leur sève dans un réseau de canaux toujours plus vaste et plus complexe….

    Effectivement, si le mythe de Perceval est extrêmement présent dans le demi-siècle qui suit son entrée en littérature, le XIIIe siècle ; il est plus discret ensuite, du moins en France... Pourtant, la suite de ma quête personnelle grâce aux personnages qui m'ont précédé ( et mon objectif est de vous les présenter …) ; ils montrent que la Légende arthurienne reste là... A la différence de la Grande-Bretagne, ou de l'Allemagne ; il faudra véritablement attendre, en France, la vogue wagnérienne. Au cours du XXème siècle, elle va inspirer et alimenter bien d'autres sagas...

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    "Perceval ou le Conte du Graal ", est-il un mythe ?

    14 Juin 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #La Quête du Graal

    Citer «  Perceval » ( et la quête du Graal ), comme un mythe, est peut-être un raccourci, que des spécialistes pourraient contester… ? Cette histoire étant rattachée à une œuvre littéraire, peut-être est-il plus exact de parler de «  mythe littéraire » .. ? L’histoire est de plus relativement récente …

      Parsifal-Odilon-Redon.jpg

    Revenons donc à la définition du Mythe et, j’en retiens de la part de spécialiste, quelques unes qui vont dans le sens de ce que j’entrevois…, comme :

    - Mircéa Eliade :  « Le mythe raconte une histoire sacrée : il relate un événement qui a eu lieu dans le temps primordial, le temps fabuleux des commencements »

    - Gilbert Durand « Nous entendons par mythe un système dynamique de symboles, d’archétypes et de schèmes, système dynamique qui, sous l’impulsion d’un schème, tend à se constituer en récit ».

    - Marc Eigeldinger « Le mythe n’est pas uniquement récit, mais aussi discours du désir et de l’affectivité. Il ne s’exprime pas à l’aide d’idées ou de concepts et se développe en marge de la rationalité ; il se consacre à dire la vérité psychique […], à suggérer l’affleurement de l’irrationnel et de l’inconscient, à traduire le contenu du désir et ses relations avec le sentiment »

    - Jean-Pierre Vernant : le mythe ne se réfère pas à un genre particulier… Il serait « l’envers, l’autre du discours vrai, du logos »

    Le mythe, serait ou aurait été retenu pour « vrai », je préfèrerai dire avec

    - Campbell : "Non, le mythe n'est pas un mensonge. Une mythologie complète est constituée d'une organisation d'images symboliques et narratives, métaphoriques des potentialités de l'expérience humaine, et de l'accomplissement d'une culture donnée à un moment donné."

    parsifal_Odilon-Redon.jpgEt forcément, je dirai que le mythe littéraire, contrairement peut-être au mythe ethno-religieux, ne fonde ni n’instaure plus rien. Les oeuvres qui l’illustrent sont d’abord écrites, signées par une (ou quelques) personnalité singulière. Évidemment, le mythe littéraire n’est pas tenu pour vrai.

    - Jean Pouillon ajoute, que « ni l’opposition du vrai et du faux, ni celle du croire et du ne pas croire ne sont pertinentes pour situer le mythe ».. !

     

    Sans doute, pouvons nous admettre que la littérature, si elle ne le crée pas, et un « conservatoire des mythes ». De plus, comme le dit Véronique Gély, « la littérature n’est pas seulement le conservatoire des mythes, elle est leur laboratoire, et le lieu de leur épiphanie »

     

    Pour ce qui est du « mythe de Perceval », il nous est donc parvenu tout enrobé de littérature », il ne nous est accessible qu’en tant que « mythe littéraire ». Il a cette particularité que sa première rédaction est caractérisée, par l’absence de clôture. Le « Conte du graal » de Chrétien de Troyes est inachevé… !

     

    Odilon-Redon-17.jpgEnsuite, ce corpus est à l’image d’un arbre dont le tronc serait constitué de la tradition médiévale, à partir de laquelle les multiples ramifications modernes s’élanceraient vers le ciel, toujours plus éloignées de la souche première, mais puisant leur sève dans un réseau de canaux toujours plus vaste et plus complexe….

     

    Effectivement, si le mythe de Perceval est extrêmement présent dans le demi-siècle qui suit son entrée en littérature, c’est le silence presque total du début de la Renaissance à la fin du siècle des Lumières. Après un timide renouveau au tournant des XVIIIème et XIXème siècles, c’est le drame wagnérien qui le ramène sur le devant de la scène artistico-littéraire. Au cours du XXème siècle également, la fortune de ce mythe varie considérablement : après avoir connu une certaine vogue jusqu’à la seconde guerre mondiale, il se fait beaucoup plus discret pendant les années qui suivent, pour resurgir avec une vigueur inattendue dans les années 1980.

    Odilon-redon-2.jpeg

     

    Sources: en partie Thèse de doctorat présentée par Christophe Imperiali " En quête de Perceval - Étude sur un mythe littéraire ", et le peintures sont d'Odilon Redon.

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    L'histoire résumée du Chevalier Vermeil

    24 Mai 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #La Quête du Graal, #Chevalier Vermeil

    Rappel de ce qui s'est passé précédemment :

    Dans la Gaste Forêt, Perceval a rencontré des chevaliers pour la première fois : il est très intrigué et les somme de questions toutes plus naïves les unes que les autres ( exemple : " Êtes-vous Dieu ? / - Non, certes / Alors, qui êtes-vous donc / Un chevalier / Chevalier ? Je ne connais personne ainsi nommé / ). Il décide de tout quitter et de se rendre chez le roi Arthur pour être fait chevalier, malgré les objections et la douleur de sa mère. Avant son départ, sa mère lui donne trois recommandations : 

        1) Servir et secourir les dames et les demoiselles
        2) Fréquenter des prudhommes
        3) Prier Dieu

    Il aperçoit sa mère qui est "tombée comme morte", mais ne s'en soucie pas et poursuit son chemin.
    La première rencontre de Perceval, est celle d'une jeune fille sous une tente. Il met en pratique de manière très exagérée et inopportune le premier conseil donné par sa mère ( la jeune fille n'est pas en danger) : il lui vole un baiser, lui prend son anneau, signe d'appartenance à un jeune homme, il se "goinfre" des victuailles qu'il trouve et tout ceci malgré les protestations, les cris et les pleurs de la jeune fille qui redoute la jalousie de son ami.

    Perceval ( à l’allure de « paysan » ) arrive à la cour du roi Arthur. Il croise un chevalier à l'armure vermeille (rouge) qui lui demande de transmettre un message au roi : il veut que le roi lui rende ses terres qu'il revendique comme sienne ou qu'il envoie un homme pour les défendre. Il est celui qui vient de voler une coupe, défier, humilier le roi, et bafouer la reine .. !

    Le jeune homme entre à la rencontre du Roi Arthur, qu’il recherche pour qu’il le fasse chevalier.

    Perceval, contre tous les usages, sur son cheval, interroge le roi qui est plongé dans la mélancolie. Le jeune homme lui demande de le faire chevalier …

    Le sénéchal lui dit que s'il désire les armes du chevalier vermeil, il n'a qu'à aller les chercher lui-même, et que le roi le fera aussitôt chevalier. Une jeune fille se met à rire. Keu, en colère, la frappe au visage et pousse dans une cheminée un fou qui avait coutume de dire que la jeune fille (qui n'avait pas rit depuis dix ans) rirait le jour où elle verrait un chevalier supérieur aux autres.

     

    Le jeune homme, parti à la rencontre du Chevalier Vermeil, lui demande de retirer ses armes, mais celui-ci veut livrer combat. Le Chevalier vermeil blesse le jeune homme à l'épaule, et Perceval ( qui ne connaît pas encore son nom .. ! ) lui lance son javelot à l'œil et atteint le cerveau du chevalier.

     

    Avec l'aide d'Yvonnet, Perceval s'empare des vêtements du chevalier Vermeil. Dés lors, le but de Perceval est de retourner auprès de sa mère et sans plus tarder, il se met en route. Le roi regrette qu'il soit parti.  

    Pour une interprétation de cet épisode, selon Emma Jung: c'est ICILe chevalier vermeil, et Perceval 1 - Les légendes du Graal

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    Fonctions du mythe

    12 Mai 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #La Quête du Graal, #Mythe

      Comme nous le voyons ci-dessous, le mythe ne s’oppose en rien, au message religieux… Au contraire, il peut le porter ; c’est même l’un des objectifs du récit christianisé de la Quête du Graal. Le mythe, est même, le moyen le plus vieux du monde pour exprimer une spiritualité… Aujourd’hui, en préférant la théologie, ou le métaphysique ( porteurs également d’immenses découvertes …) , nous estimons, - sans doute imbus de notre science -,  qu’il est malsain de lier mythe et religion… Le pire, c’est qu’au nom même d’une certaine rationalité ( !) , nous préférons imposer dogmatiquement la matérialité de certains faits, même s’ils contredisent cette même rationalité… ! ( à n’y rien comprendre .. ! ). Bien sûr, alors les symboles, les mythes – dans cette optique – signifient : histoires pour enfants ( je n’utilise pas le mot de «  conte » dans ce cas.. ! ) , fictions, fantaisies…etc.

    Quelles sont les fonctions du Mythe ?

    -      Nous réconcilier avec la vie :

    Esprit-reenchanter-le-monde.jpgNous pourrions refuser d’entrer plus avant dans « le monde », refuser le corps, refuser les épreuves, refuser ce qui fait la vie … La mythologie prône la capacité de l’homme à améliorer « le monde ».

    La mère de Perceval ( qui avait déjà perdu son père, son mari …) , voulait mettre son fils à l’écart...! 

    Le chevalier affirme la vie, et tous ses aspects aussi bien monstrueux, que magnifique, sans effectuer de tri. L’héroïsme c’est d’agir sans ressentiment envers la vie et sa part de violence inaliénable. Le bouddhisme rappelle, en préalable, cette vérité essentielle : «  Toute vie est souffrance ». Et, la sagesse ( de toutes les traditions ) est d’accepter et d’aimer cette vie.

    -       Représenter l’univers :

    Voici-Le-temps-De-Construire.jpgLe passage par le mythe permet de mettre en récit une expérience personnelle complexe : par exemple celle de passer d’un bonheur à un malheur soudain, «  sans explication ». De même, tous le mythes racontent qu’il existait un temps de l’unité avant le temps de la dualité ( de la séparation ). Il y a «  la chute », puis la résurrection.

     

     

    -       Donner des règles et des valeurs :

    Souvent le mythe justifie à sa manière les lois contingentes ( droits et devoirs ). Le héros les respecte, mais ne vit pas par elles. Elles ne l’angoissent pas. Les valeurs priment sur les lois, et portent parfois le héros jusqu’au sacrifice.

     

    -       Franchir des seuils psychologiques :

    Le mythe peut nous aider à traverser les différentes périodes de notre vie…

    Toute la quête du héros correspond à une amplification des rites de passage ( mort et résurrection ..). L’objectif est d’arriver à l’autonomie, à être les seuls garants de notre vie, les seuls à diriger notre pensée ; afin, d’accéder à notre vocation :

    Entrer dans le 'troisième âge' ...

    -       Le mythe personnel nous aide à accepter l’inévitable déclin physique qui accompagne le retrait de cette « course aux illusions »…, et donne sens à cette période de vie.

    -       Toute mythologie prépare au passage ultime, celui de la vie à la mort. Elle présente l’image d’une deuxième vie, comme une vie que nous avons déjà en nous ; aussi, explorer notre prpore mythologie personnelle peut nous aider à traverser ce stade ultime : à vivre pleinement ! Plutôt que d’imaginer un futur après la mort, les mythes se concentrent sur notre présent et les richesses de notre vie imaginaire. L’autre vie est déjà là au fond de nous-mêmes.

     

    Sources: Ces lignes sont des notes de lecture alors que je savoure l’ouvrage de Laureline Amanieux : «  Ce héros qui est en chacun de nous ».

    La quête du héros, Joseph Campbell. from laureline amanieux on Vimeo.

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    Le mythe, qu'en faire ?

    6 Mai 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #La Quête du Graal

    Mais, le mythe ne propose t-il pas une concurrence au christianisme, et pire une sorte de religion païenne ? Psychanalyse, ésotérisme… cela n’est-il pas réservé à une élite ?

     

    Les clercs du catholicisme, craignent sans doute que l’enseignement, la transmission ne leur échappent.. ! Benoît XVI, est un remarquable théologien ; sans doute connaît-il moins les progrès des autres sciences humaines… ? Icare.jpgPeut-être s’agirait-il de faire un peu plus confiance aux laïcs et en particulier aux femmes qui ont d’autres formations, d’autres espaces de pensée …etc

     

    Je reviens sur cette peur et je continue, au travers de la lecture de Joseph Campbell, à traduire l’histoire de Perceval et y reconnaître les caractéristiques de la vie de l’âme…

     

    Le mythe, langage de l’inconscient , est une ressource supplémentaire à qui veux approfondir sa recherche, sa Foi … Un peu du même ordre que la métaphysique : avec l’avantage que le mythe parle à tous.


    Le mythe pour Campbell est une métaphore… Il est un récit imagé pour représenter ce qui ne peut pas s’expliquer rationnellement. Le mythe n’explique pas le monde.

    Le mythe n’est pas relié à un temps historique.

    Le mythe raconte, avec des images, ce dont on ne possèdera jamais le sens.

    Le mythe n’est en rien ( ce que l’on dit pourtant … !) une quête d’explications.. Le poème n’explique rien, le mythe non plus …

    Le mythe ne «  donne pas de sens » à laParzival.jpg vie. Le mythe me donne des clés pour comprendre les difficulté sur  mon chemin de foi… Le mythe n’est pas « magique », le mythe raconte que :  si j’avais « le courage » ( cf Tillich ), je pourrais changer des orientations de ma vie ; et, autrement que par une injonction - par exemple : l’homélie catholique va insister une fois de plus sur le « commandement ( ! )  » de l’Amour… Tu dois aimer ! Je sais … et … je culpabilise, parce que je ne sais pas comment faire …

    Le conte de la quête du Graal, me prend là où j’en suis, et sous le couvert des évangiles ( pour ce qui me concerne ), me propose ( à moi : mais … à chacun son mythe .. ! ) un chemin de «  courage », de vie … et d’épreuves …

     

    Le mythe, utilise les symboles, et nous connaissons aujourd’hui leur valeur et leur nécessité, comme trousse à outils, pour persévérer dans notre quête …

     

    Nous pourrions, par exemple, visiter la richesse du symbole représenté par le « roi pêcheur » que rencontre Perceval. Un roi, blessé, « à la hanche » ( dans sa sexualité ..  ) occupe ses journées en allant pêcher ( et non plus combattre … )… N’a t-il pas, d’ailleurs, lui-même péché ( au sens catholique ..) , ce qui a plongé son royaume dans le chaos ( gaste pays ). Dans la mythe grec, Orphée aussi est pécheur…

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    Joseph Campbell: le mythe, le héros , et moi ...

    2 Mai 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #La Quête du Graal

    Les textes ci-dessous sont des extraits d’un mémoire ( Univ. De Montréal ) de « Sciences des religions » de Claude Harvey., et d'un article de Anne-Marie Bilodeau.

     

    Né le 26 mars 1904 à New York, Joseph Campbell joseph campbell 1904-1987étudie d’abord la biologie et les mathématiques au College Dartmouth en 1921. Ensuite, à Columbia, il complète une thèse dans le domaine des légendes arthuriennes. Il part pour l’Europe en 1926-7. Il y étudie la littérature, le vieux français à la Sorbonne et fait la connaissance de Joyce. L’année suivante, il part pour l’Université de Munich où il étudie le sanskrit et la philologie indo-européenne. Cela lui donne l’occasion de découvrir les penseurs allemands tels: Jung, Freud, Goethe, Thomas Mann.

    Son séjour en Europe et la rencontre qu’il fait avec les traditions françaises et allemandes lui ouvrent tellement l’esprit, que, lorsqu’il revient à l’Université Columbia, deux semaines avant le crash boursier de 1929, il déclare à ses professeurs à propos de sa thèse doctorale en cours sur les légendes arthuriennes: «this whole thing has opened out.». Mais ses professeurs ne partagent pas cet enthousiasme à voir son esprit s’élargir et avec lui le rayon de l’interrogation du jeune chercheur. Ils refusent catégoriquement que celui-ci change de direction dans son analyse, et c’est ainsi qu’il décide de quitter Columbia… ( …)

     

    Campbell étudie les mythes aussi bien en général qu’à des niveaux plus particuliers. Comme nous l’avons souligné précédemment, il s’intéresse plus spécifiquement au personnage du héros mythique dans son livre intitulé The Hero with a Thousand Faces. Georges dragonC’est à partir de cet ouvrage qu’il établit principalement sa crédibilité et sa notoriété. Soulignons ici que l’intérêt manifesté par Campbell pour les récits d’Arthur, des Chevaliers de la Table ronde et du Graal est vraisemblablement une des origines de sa propension à l’aventure du héros ou, du moins, ce qui contribue entre autres choses à lui donner la forme que nous connaissons aujourd’hui dans ses travaux. À cet effet, voyons comment Campbell peut faire cette association entre la mythologie arthurienne et l’aventure du héros.

    Selon Campbell, «avant l’introduction du christianisme en Europe», il y a quatre grandes traditions mythologiques: la grecque classique, la romaine, la celtique et la germanique. Ces traditions reconnaissent à la personne le statut d’«individu» et non pas seulement celui de membre de la société, contrairement à celles de l’Orient: le cheminement de chacun y est très valorisé.

    Pour Campbell, à l’intérieur de ces quatres traditions, les légendes du Graal expriment exactement ce qu’est, dans son esprit, la spécificité de la spiritualité occidentale par rapport à la spiritualité orientale, i.e. le caractère individuel de la démarche:

    Sir GalahadChaque chevalier pénétra donc dans la forêt à l’endroit qu’il avait lui-même choisi, et où ne s’ouvrait aucun chemin. S’il apercevait un chemin, c’était forcément celui de quelqu’un d’autre. Le suivre aurait signifié ne pas s’aventurer dans la quête. Sachant cela, qu’en est-il de l’instruction que vous devez recevoir? Si ceux qui ont suivi un chemin avant vous vous transmettent des indices, vous devez passer outre, adapter cette information à vos choix. Il n’y a pas de mode d’emploi. Cette magnifique légende des chevaliers qui vont chacun leur chemin relate une quête merveilleuse, car si quelqu’un découvre le chemin de quelqu’un d’autre et, songeant qu’il mène au but, choisit de l’emprunter, il s’égare totalement, même si l’autre réussit. Quelle belle histoire, n’est-ce pas? Ce que nous cherchons, notre cheminement, notre but, tout cela est une réalisation qui n’a encore jamais eu lieu sur terre, c’est l’épanouissement de notre potentiel personnel. (...) Chacun doit résoudre sa propre énigme et glaner çà et là ses propres indices. 

    La démarche occidentale, pour Campbell, est donc simple: il s’agit, en quelque sorte, de réfuter les valeurs de la «religion», du «système», i.e. de l’idéologie dominante au nom de laquelle, et pour sa survivance, on sacrifie les individus. Cette démarche nous invite plutôt à résister à l’appel uniformisateur de l’idéologie, afin de trouver et d’accomplir sa propre voie. Nous ne pouvons que remarquer la similitude entre la démarche occidentale, dont la quête du Graal illustre très bien la nature, et l’aventure du héros, que Campbell forge par la suite. Cependant, d’autres outils importants l’aidèrent à forger sa grille de lecture des mythes, qu’il nous importe ici de souligner.

     

    - Premièrement, selon Campbell, la psychanalyse est l’outil qui nous permet de lire la grammaire des symboles mythiques… (…)

    - En second lieu, l’homme n’est pas maître des symboles, selon le professeur du College Sarah Lawrence. Graal apparitionSi Campbell postule l’existence des archétypes, il n’endosse pas exactement la définition que Jung donne de ceux-ci. En effet, ce dernier voit dans le contenu des archétypes le produit de l’hérédité, tandis que Campbell y ajoute les «expériences “significatives”» des êtres humains. Par ailleurs, Campbell ne généralise pas la théorie du développement parallèle pour fonder son postulat des archétypes. Pour lui, une bonne partie des similitudes entre les mythes et les symboles religieux sont imputables au phénomène de la diffusion. Mais par-dessus tout, ce qui différencie Jung et Campbell est la fonction que l’un et l’autre donnent respectivement à la mythologie Campbell ne limite pas la fonction de la mythologie à celle d’une rééquilibration intérieure de l’individu; il lui donne aussi la tâche d’ouvrir ce dernier sur la dimension spirituelle. C’est pourquoi Campbell dépeignit les deux perspectives dans son ouvrage sur les héros. Mais avant de regarder ces deux composantes de la mythologie, regardons maintenant la structure que Campbell identifia à travers l’ensemble des mythes qu’il étudia: le monomythe.

     

    - Campbell, à travers l’ensemble des mythes de l’humanité, dégage un cheminement-type, un structure initiatique récurrente qu’il nomme «monomythe» : ( … ) En résumé donc, le monomythe se présente comme suit: Un héros s’aventure hors du monde de la vie habituelle et pénètre dans un lieu de merveilles surnaturelles; il y affronte des forces fabuleuses et remporte une victoire décisive; le héros revient de cette aventure mystérieuse doté du pouvoir de dispenser des bienfaits à l’homme, son prochain.

     

     

    De  Anne-Marie Bilodeau: ( ci-dessous )

     

    Le héros qui, pour conquérir un royaume ou une princesse, se lance dans une aventure semée d'embûches, est le prototype de toute personne qui, s'éveillant à des valeurs spirituelles jusque-là insoupçonnées, entreprend un voyage intérieur vers ses propres sources, à la recherche de son identité réelle. Ce voyage, qui constitue pour Carl G. Jung le «processus Gauvain vole au secours de la demoiselle à la cei-copie-1d'individuation», une maturation psychologique, acquiert, dans la perspective de Campbell, une valence spirituelle.

     

    La fonction principale du mythe — qu'il qualifie de fonction mystique — consiste à nous mettre en relation avec cette énergie, avec le mystère du monde, qui est aussi, ajoute-t-il, le mystère même de notre être.

     

    Campbell considère la religion comme une forme évoluée de la mythologie, son prolongement dans l'histoire: elle est simplement, à son avis, l'intégration de la mythologie dans les différentes cultures. Toute religion, possède ses mythes, ses récits sacrés. Les religions dites «primitives» sont fondées sur de tels récits. Quant aux «grandes religions», elles ont aussi leurs récits religieux — leurs mythes — mais se réclament principalement de la parole d'un prophète, d'un visionnaire ou d'un dieu; elles se disent «révélées». Les religions dites «du Livre» s'inscrivent dans l'histoire mais aussi la transcendent car elles revendiquent une création divine, une Révélation et chacune proclame son universalité. S'il ne rejette pas cette dimension, qui à son avis relève de la théologie, Campbell ne l'intègre cependant pas à son discours sur le mythe et la mythologie car son approche se veut scientifique et non théologique.

     

    À plusieurs reprises dans ses écrits, Campbell s'élève avec véhémence contre une interprétation trop littérale des mythes et des symboles, en particulier dans la tradition judéo-chrétienne. Une lecture littérale et historique des récits sacrés du christianisme dépouille, à son avis, les mythes de leur vrai sens et de leur dynamisme. Alors qu'ils sont conçus pour évoquer la réalité spirituelle, les symboles bibliques, si on les concrétise, perdent leur référence essentielle et entrent en conflit avec les connaissances scientifiques les plus élémentaires. Un exemple suffira à illustrer ce propos: celui de la notion de virginité mariale. Qui donc peut croire aujourd'hui qu'une vierge puise donner naissance à un enfant ? (À l'époque de sa jeunesse, dans les années 20, dans le milieu catholique irlandais américain dont il est issu, la Bible était souvent interprétée de façon littérale, comme elle l'est encore d'ailleurs dans certains milieux fondamentalistes.)

     

    Pour Campbell, les symboles mythologiques ne sont pas inventés mais jaillissent spontanément des profondeurs de la psyché. Inversement, la connaissance des symboles conduit à celle de l'esprit humain, dont ils révèlent des puissances, des potentialités spirituelles ou, pour citer de nouveau Huxley, «des processus à jamais déployés dans le coeur de l'homme». La pensée de Campbell rejoint ici celle de Lévi-Strauss, qui considère que la connaissance des mythes peut donner accès à «des structures fondamentales de l'esprit humain: des processus cognitifs/symboliques sous-jacents à toute la pensée humaine»

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    Je peux être le héros de mon histoire.

    15 Avril 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #La Quête du Graal

    Notre tradition occidentale, de la recherche de « Soi », rejette  ‘ le parcours collectif à la suite d’un « gourou » ‘ …

    graal-table-arthur-copie-1.jpgDans «  la Quête du Saint Graal » qui incarne le véritable état d’esprit de l’homme occidental, on raconte l'histoire d'un jour quand les chevaliers de la cour d'Arthur se sont réunis dans la salle de banquet avant d’être servi.  Il était la coutume qu'aucun repas ne devait être servi sans connaître la nouvelle aventure ...  A cette occasion, le Graal apparut, recouvert d'une étoffe, accroché dans l'air puis se retira.

     

    Chacun fut exalté, et Gauvain, le neveu du roi Arthur, propose un vœu. «Que tous se lancent dans la Quête du Graal, afin de le « dévoiler » . Tous s’y engagèrent …  mais, et ceci est très important : «  Il serait « honteux » d’y aller collectivement… A chacun d’entrer dans la forêt au point le plus sombre et qu’il choisit lui-même… ! Marcheur-foret.jpg

     

    Cette quête est personnelle : Spirituellement, nous devons tous chercher le Graal , mais chacun pénètre dans la partie de la forêt où personne d'autre n'a frayer un chemin, pour nous.

     

    Avant d’aborder cette aventure, - et nous en sommes le plus souvent à un point où nous n’avons même pas acquis les « outils » ou les « armes » du chevalier – il faut nous préparer… !

    Ma tradition, ma religion m’offrent tout ce qui est nécessaire :

    C’est à l’intérieur de notre mythologie que nous pouvons trouver le chemin de notre quête.

    Sur ce schéma de la «  Quête » Quelques personnalités contemporaines ont débroussaillé la réflexion : bien sûr, Carl Gustav Jung, et plus récemment Joseph Campbell ( 1904-1987 ).

    Campbell a analysé le parcours des héros mythiques, et il remarque que, quelle que soit l’époque et la culture dans lesquelles ils vivent, ils suijoseph-campbell-1904-1987.jpgvent un parcours contenant au moins une partie d’un schéma commun. Egalement, des œuvres plus contemporaines : les trilogies Star Wars, Matrix, et le Seigneur des Anneaux collent de très près à ce schéma archétypal.

    Selon Campbell, les héros ont une fonction très importante, car ils permettent de véhiculer des moyens universels pour s’émanciper et pour s’épanouir.

    <- Campbell s’est dit inspiré par le personnage principal de « Babbitt »  ( de Harry Sinclair Lewis (1885 –1951) : romancier et dramaturge américain majeur des années 20 et 30. En 1930, il fut le premier américain à recevoir le prix Nobel de littérature. ) dans la dernière page du livre, se lamente :

    « De toute ma vie, jamais je n’ai fait une seule chose que j’ai réellement voulue ! Je ne crois pas avoir accompli quoi que ce soit si ce n'est d'avoir réussi à subsister. Je me rends compte que je n’ai pas fait la moitié du quart des choses qu'il m'ait été possible de faire. Eh bien, peut-être accomplirez-vous plus de choses. Je n'en sais rien. Mais j'éprouve une sorte de plaisir honteux de savoir que vous saviez ce que vous vouliez faire et que vous l’avez réalisé. Bien, ces gens ici essayeront de vous intimider, et de vous rabaisser. Dites-leur d’aller au diable ! Je vous soutiendrai. Prenez ce travail à l’usine, si c'est ce que vous désirez. Ne soyez pas effrayé par votre famille. Non, ni par les habitants de Zénith. Ni par vous-même, comme je l'ai été. Avancez, vieil homme ! Le monde est à vous ! »

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    L'accés au " monde du sens ", par le mythe

    6 Février 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #La Quête du Graal

    Prométhée, apporte « la connaissance » aux hommes, et c’est – parmi les conséquences – le contenu de la boîte de Pandore qui se répand … !

    Nous avons, pour la gloire du dieu «  Raison », raillé toute croyance et brisé la fragile construction de sens, que les traditions avaient fondée… Corail

    Il est vrai et c’est facile de le constater au procés de l’histoire, que la bêtise s’était propagée sous le couvert du religieux, mais aujourd’hui notre monde consumériste et matérialiste a relégué l’ensemble du monde spirituel, dans les fosses de l’obscurantisme … Etc …

     

    Aujourd’hui, ce qui nous sauve, c’est que cet «  espace-temps » spirituel ( le monde du sens ) , ne se dissoudra jamais totalement ( malgré le marché du développement personnel, les dérives sectaires …etc ), dans le monde gouverné par les lois du marché, et sa forme de rationalité … En effet, ce désir de sens, cette recherche de l'entrée dans le " monde du sens" caractérise l'humain, et s'observe tout au long de l'histoire au travers de l'exploitation des archétypes ... ( j'ai du mal à trouver la bonne formule ...! )

     

    Le christianisme, lui-même, a longtemps « collaboré » au pouvoir d’une pensée unique, à tel point qu’aujourd’hui encore  - religion et spiritualité - paraissent pour beaucoup opposés … ! Ce n'est pas sans raisons qu'aujourd’hui encore, le monothéisme ( en général ) est accusé d’être à la source de la violence …  !

     

    Dépassons, ces constats historiques, et reconnaissons en chaque homme, le désir de sens… Ce «  monde du sens », n’est pas «  illusion » ; à l’inverse, et c’est le cœur du message bouddhiste, c’est de ce monde qui semble si réel, qu’émane les illusions que nous plaçons au centre de nos vie … !

    Dragon Perceval

    Pour explorer ce «  monde du sens » , il est nécessaire, pour les occidentaux et les cartésiens que nous sommes - en tout cas pour ce que je suis moi - … de commencer l’aventure par un voyage dans nos mythes … En effet, mon esprit a besoin de réveiller son cœur…

     

    Le « symbole » est la pierre angulaire » de cette méthode par les mythes ( "la Mythode" : selon Luc Bigé ) .

    « Lors de cette exploration l’espace intérieur du chercheur se substitue au laboratoire de recherche ; le sens esthétique remplace le sens pratique, la subtilité se substitue à la force ; le non-effort et l’acceptation de l’inconnu priment sur l’effort et l’accomplissement d’objectifs assignés ; le lâcher prise marque la victoire alors que la conquête est l’indice de l’échec ; la coopération devient de plus en plus une évidence naturelle alors que les restes de l’esprit de compétitivité marquent l’inaccomplissement de l’unité du réel. » Luc Bigé.

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