mythe
Satan, Lucifer... Le Diable. Qu'en penser ?
Le sujet est intéressant... Les jeunes adorent … !
Ici, ce que je recherche et qui m'interroge, c'est le mythe, avant les légendes, les contes... Donc, les images... et moins le sens spirituel et théologique … Même si un sens peut s'y faire jour... C'est le propre du symbole...

Nous pourrions commencer par le jardin d'Eden ; sauf qu'on ne parle pas alors de Satan, mais de serpent : « Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs ... » etc …
Dans les cultes anciens, le serpent a un pouvoir guérisseur ( il rajeunit perpétuellement en muant …), il peut être en contact avec le monde divin ; dans la Genèse, il promet à Eve une connaissance supérieure … Pour lutter contre l'attirance des cultes magiques, on en fait une bête maudite ...
* Satan : on en parle dans Job 1 : « 6 : Or, les fils de Dieu vinrent un jour se présenter devant l'Éternel, et Satan vint aussi au milieu d'eux. 7 : L'Éternel dit à Satan: D'où viens-tu? Et Satan répondit à l'Éternel: De parcourir la terre et de m'y promener. »
Dans Zacharie 3, 1 : « Puis, YHVH me fit voir Josué, le grand prêtre, debout devant le messager (ange) de YHVH. Satân se dresse à sa droite pour l’accuser. »
Satan, s'il est 'ange', est messager ...
Satân est le terme hébreu, qui signifie : "l'adversaire, l'ennemi, l'accusateur". En grec, on obtient anti-keimenos : "celui qui est situé en face de, l'opposé". Et on peut y déduire tout l'implicite qui se cache derrière : l'arrogance de celui qui se tient en face de YHVH !
L'Adversaire ( Satân ) est supposé être à l'origine de l'arrestation de Jésus, puisqu'il serait "entré" en Judas l'Iscariote (Lc 22,3). Le prince des démons a-t-il pris possession d’un des proches de Jésus ? Jean n'exploite pas le filon de la possession, mais dit plutôt que l'Adversaire a jeté l'idée dans le coeur de Judas (Jn 13,2).
Judas n’est pas le seul disciple ainsi pointé. Jésus ne dit-il pas à Pierre : « Retire-toi ! Derrière-moi, Satân ! Tu es pour moi une occasion de chute, car tes vues ne sont pas celles d’Elohîms, mais celles des hommes. » (Mt 16,23) Pierre était-il véritablement un « démon » ? Nous lisons simplement ici que Pierre s’opposait, à cet instant précis, aux ''desseins'' de Dieu…
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* Le mot "diable" provient du grec ''diabolos'': "le calomniateur" et traduit souvent le terme hébreu Satân . Alors, la question à se poser est sans doute celle-ci : "peut-on dire que Satân est un calomniateur ?" Si on s'en tient à son passage dans Job, non. Il ne porte pas de fausses accusations. Cependant, il demande à YHVH de mettre Job à l'épreuve (comme Jésus a été mis à l'épreuve). Job supporta ses tourments sans perdre sa foi, clamant son innocence alors que ses amis le pressaient de se repentir, d'après la croyance traditionnelle selon laquelle tous les malheurs sont la punition des péchés.
Ensuite, l'Apocalypse de Jean, propose des images qui feront recette : « Il fut précipité, le grand dragon, l’antique serpent, celui qu’on nomme Diable et Satân, le séducteur du monde entier, il fut précipité sur la terre et ses anges aussi. » (Ap 12,9)
On ne parle pas de ''Lucifer''...
Ce seraient, Origène (185-254) et Augustin (354-430) qui développeraient l’idée que Satân a été créé bon, mais s’est détourné de Dieu. C'est donc selon, cette proposition, que Lucifer est décrit par certains, comme un ange brillant avant sa chute, et qui devient Satân lors de sa chute.
* Lucifer signifie en latin « porteur de lumière (lux) ». Ce nom a pour origine la traduction latine, dans la Vulgate, du Livre d'Isaïe 14;12 par Saint Jérôme, qui traduisit le nom Heylel (nom de la planète Vénus en hébreu) par Lucifer...
« Comment es-tu tombé des cieux, astre brillant ( Vénus, ou Lucifer) , fils de l’aurore ? Tu es abattu jusqu’à terre, toi qui subjuguais les nations ! »
Il est facile ensuite de faire un amalgame entre Satan et Lucifer. Il n’y a dans la bible aucun texte qui laisse à penser que Lucifer soit la diable, la tradition judaïque considère que Heylel est un démon (et pas un gentil), c’est ce démon que St-Jérôme traduit par Lucifer.
Lucifer est devenu par syncrétisme, la personnification de Kali, le Dieu du Mal ( gnostique), ou l'une des anciennes déités mésopotamienne, grecque ou celte... Tous ces parallèles ou analogies étant intéressants
La mythologie païenne et celtique, évoquent Cernunnos, le ''dieu cornu''... Il est à rapprocher de Diane, comme lui, déesse de la chasse. Il est un dieu de la fertilité... Les histoires de sorcières, évoquent souvent Lucifer, les sabbats ...etc. Le diable a des cornes dans l’imagerie traditionnelle... L'inquisition maintiendra le mythe...
** Sur le plan religieux... On peut s'interroger : le Bien absolu est-il capable d'engendrer le Mal ? Pourquoi ce dieu créateur de toutes choses, tout puissant et aimant, avait-il besoin de créer le mal ? Si non, quel est l'origine du mal ?
Sources: abrasax.chez.tiscali.fr
La rencontre du mythe et de l'histoire des hommes... -4/4-
Au cours des Xe et XIe siècles se fait sentir une évolution qui préfigure la grande renaissance du merveilleux au XIIe siècle. La légende d'Alexandre le Grand se répand comme une traînée de poudre. La légende du Prêtre Jean connaît une large diffusion ...
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| Yvain combat le dragon |
Le merveilleux de la Matière de Bretagne, déjà présent chez les écrivains de langue latine (Geoffroy de Monmouth, Giraud de Barri), envahit la littérature vernaculaire, alimentant les œuvres de Marie de France et de Chrétien de Troyes. L'Antiquité et sa mythologie revivent … !
Les VIIIe et IX e siècles marquent la fin d'une période de répression ; les Xe et XI e siècles forment une période transitoire : là se mettent en place des structures, des thèmes et des motifs, là se forme un patrimoine de merveilleux, qui, dès le XIIe siècle imprime fortement sa marque à la littérature de divertissement.
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| Le cerf blanc était the symbol of England's King Richard II as shown in this picture of his heraldry painted in 1396 |
A partir du XIIe s l'Eglise cesse de régir le domaine des lettres, parce que les traditions populaires et orales prennent une place de plus en plus importante, et que l'imaginaire s'affranchit des entraves qui bridaient ses mouvements, s'alliant avec bonheur aux éléments venus de l'Antiquité par le canal de la littérature savante. De nouveaux éléments de merveilleux apparaissent par le travail des école de traduction...
Voilà ce que dit Jacques Le Goff, sur cette perception de la ''religion populaire''
« Les grands ennemis ou concurrents du catholicisme n’ont été ni le paganisme officiel antique qui s’est effondré rapidement, ni le christianisme grec cantonné dans l’ancienne partie orientale de l’empire romain, ni l’Islam contenu puis refoulé, ni même les hérésies ou les religions comme le catharisme qui, avant d’être vaincues par le catholicisme, n’avaient en définitive pu se définir que négativement, par rapport à lui. Le véritable ennemi du catholicisme, ce fut bien l’antique serpent qu’il conjura sans l’anéantir, le vieux fond de croyances traditionnelles, ressurgies sur les ruines du paganisme romain qui tantôt s’enfoncèrent sans disparaître dans le sous-sol du psychisme collectif, tantôt survécurent en s’incorporant au christianisme et en le déformant, en le folklorisant » (1972 : Histoire des religions, II, Paris, Gallimard, coll. « Encyclopédie de la Pléiade », pp. 749-868 ).
La rencontre du mythe et de l'histoire des hommes... -1/4-
Une pause réflexive avant de reprendre la route...
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Mosaïque Otranto Cathedral, Italy
Rex Arturus detail of 12th-century mosaic, .
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Quand je parle de mon intérêt pour le Roi Arthur, on me répond généralement … « Mais, le Roi Arthur n'a jamais existé … ? »
Alors, je réponds … « Alors, tout ce que j'ai vu en Cornouailles... Non plus ? - Ces rois d'Angleterre qui exigeaient la filiation d'Arthur, la chevalerie qui organisaient des tournois sous les couleurs de Chevaliers de la Table Ronde … Les efforts de l'Eglise pour 'continuer ' leurs aventures, par une ''Queste du Graal '' christianisée... ? Si tout cela est bien ''réel'', alors c'est que la légende est devenu 'Mythe', c'est à dire fondatrice d'un élan, de créations artistiques et d'un intérêt qui correspond (toujours) à une attente... »
Il est fascinant de voir, côtoyer, respirer, la rencontre d'un mythe – qui s'assume comme tel - avec l'histoire, avec nos désirs, et finalement avec le réel. Comment le mythe, nourrit notre réel.. ?
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Cette table a été fabriquée autour de 1250-1290,
sous le règne d'Edward I,
passionné par le récit arthurien, à l'occasion d'un tournoi....
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Cette question est pour moi fondamentale, parce que le christianisme, est lui aussi construit sur du mythe... Parce qu'il est aussi une rencontre entre l'histoire humaine, et le mythe.
« Le mythe est à mes yeux la seule voie d’accès possible au secret de l’homme et de l’histoire. La littérature permet d’approcher ce cœur poétique de la pensée humaine qu’est le mythe. » Philippe Walter, né le 12 août 1952 à Metz en Lorraine, est un médiéviste français. Spécialiste des mythologies chrétiennes, notamment de la littérature arthurienne, et de l'imaginaire médiéval.
« Le mythe n’est pas une mystification. Il est le chiffre secret de notre condition humaine. On peut l’analyser à la façon des sociologues : quelles sont par exemple les mythes dominants portés aujourd’hui par la publicité, le cinéma ou la télévision ? Il y a aussi les analyses philologiques et iconographiques, ce qui est mon cas pour le Moyen Âge. Dites-vous bien que toute civilisation construit sa vérité à travers des symboles et des mythes, même si elle refuse de l’avouer. »
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| Image tiré du prochain film sur la légende: '' Knights of the Roundtable: King Arthur'' 2017 |
« Il est indéniable que pendant le haut Moyen Age, aux alentours du Ve et VIe siècle, a commencé un vaste mouvement d’assimilation du paganisme celto-germanique par le christianisme. Ce fut l’effet d’une longue évolution parfois conflictuelle. En Europe, le paganisme populaire n’a pas été aboli par le christianisme. Il a même été partiellement créé par lui (on songe à la « religion » des sorcières), coexistant avec lui beaucoup plus longtemps qu’on ne le croit. Dans une certaine mesure, c’est grâce au christianisme tel qu’il a évolué au Moyen Âge que le paganisme populaire s’est conservé jusqu’à nos jours. »
Le Graal - 3/3 - mythe et christianisation
<-- Joseph d'Arimathie et ses compagnons emportant le Graal de Palestine, détail du manuscrit (1220-1230) conservé à la bibliothèque de Rennes
Le Graal de Chrétien de Troyes (1) est un objet mystérieux et énigmatique dont il ne dévoile ni les origines ni le contenu. Il n’est pas le Saint Graal de Robert de Boron, explicitement lié à l’histoire du Christ par l’intermédiaire de Joseph d’Arimathie.
Chrétien de Troyes se contente, selon le prologue, d’arrimer, de mettre en vers, le livre du Graal que lui a donné Philippe de Flandres et, plus sûrement, il donne une forme poétique à un récit oral qu’on pourrait qualifier de mythe originel. Il doit aussi beaucoup à des récits arthuriens plus populaires, proches du conte de fées (comme les lais de Marie de France), élaborés par des jongleurs continentaux (notamment armoricains) au contact de leurs confrères de Grande-Bretagne (surtout gallois) depuis la conquête de 1066..

C’est dire que les mythes celtiques ont subi, pour arriver jusqu’à lui, une double transformation : 1) d’abord de mythes en légendes et en contes (en Grande-Bretagne après quelques huit siècles de christianisation, 2) ensuite de légendes et de contes en récit déjà littéraires (surtout anglo-normands).
Le graal est-il mythique chez Chrétien de Troyes ?
Si oui, reste-t-il mythique lorsqu’il devient chrétien ?
L'écriture du Conte du Graal, est bien une création sur le plan imaginaire, et imaginer un mythe moderne, c'est transformer un « mythe vivant » en récit littéraire.
Le graal n'est pas chrétien pour autant … Il y a christianisation, par exemple d'une corne d'abondance ( mythologie celtique ) en coupe destinée à recevoir une hostie pour le roi pêcheur. Chrétien de Troyes ne nous renseigne pas, et Perceval ne pose pas la question attendue …
Ainsi le Graal porte divers possibles : le chaudron rempli de sang du dieu Lugg, la coupe d'or des jeunes filles des puits, le calice qui a reçu le sang du Christ …
Sources : Catherine Nicolas maître de conf. Montpellier
- Personnellement, je peux actualiser la question posée par Chrétien de Troyes, par celle-ci: y a t-il place chez l'humain à un "vide" que le mystère seul peut remplir … ?
(1) Je rappelle que Chrétien de Troyes (1135-1183) , est un clerc, un copiste, adaptateur de textes. Il écrit sur commande, ainsi pour Marie de Champagne ( 1128-1190) au service de laquelle il reste de 1160 à 1185. Le Conte du Graal est dédié à Philippe d’Alsace ( 1143-1191) ( prétendant éconduit de Marie de Champagne.. ). Chrétien écrit ce roman entre 1182 et 1190, et meurt avant de l’avoir terminé.
L'histoire du mythe du Roi Arthur - 3/4 -
L'histoire du mythe du Roi Arthur - 2/4 -
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| Perceval, ou le Conte du Graal |
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| Trois scènes du Parsival de Wolfram d'Eschenbac |
Robert de Boron (vers 1190) introduit le Graal comme étant le récipient qui a recueilli le sang du Christ, puis associe le saint sang à une sainte lance. Wolfram d'Eschenbach ( 1170-1220) s'attache d'abord à adapter un texte français, Perceval, ou le Conte del Graal de Chrétien de Troyes, roman inachevé et, qui plus est, roman à deux personnages : Perceval, puis Gauvain. Dans son roman Parzival ( immortalisé par Richard Wagner, à la fin du siècle dernier) , il conserve la structure générale du récit, mais, de sa propre autorité, il ajoute à la matière qu'il tient de Chrétien : l'histoire des aventures orientales du père du héros, Gahmuret ; elles introduisent un monde nouveau, le monde de la chevalerie païenne... Le Graal est une pierre, à la forme d'un bétyle, la lapsît exillis.
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A Wilhelmsburg, se trouve les plus anciennes peintures murales ( ci-dessous ) profanes au nord des Alpes (1225/30) relatant un épisode de la saga athurienne, avec Iwein, chevalier de la table ronde. En 1227, c’est ici que la future Sainte Elisabeth de Thuringe se sépara du Landgrave Ludwig IV.
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Iwein chevalier de la table ronde
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Elisabeth_de_thuringe
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Élisabeth de Hongrie vécut de 1211 à 1228 au Château de Wartbourg auprès de son époux le Landgrave Louis IV de Thuringe et de leurs trois enfants mais aussi de sa belle-mère l'impérieuse Sophie.
Des franciscains allemands lui font découvrir l'esprit de saint François d'Assise et elle décide alors de renoncer à une vie de luxe et de frivolité pour se mettre au service des pauvres. Sa piété la fait juger extravagante voire indigne par la cour et notamment sa belle-mère, la landgravine Sophie. Ainsi entrant dans une église, la jeune souveraine dépose sa couronne au pied de la croix; Sa belle-mère la critique et lui fait remarquer publiquement que son attitude est indigne d'une princesse. Elisabeth lui rétorque qu'elle ne saurait porter une couronne d'or quand son Dieu porte une couronne d'épine... Son époux meurt de la peste en 1227 mais elle refuse d'être remariée, sa belle-famille la chasse avec ses trois enfants. Son oncle, évêque, calme la famille. Les trois enfants seront élevés par la famille ducale.
Désormais elle consacre toute sa vie et son argent aux pauvres pour qui elle fait construire un hôpital. Élisabeth revêt l'habit du Tiers-ordre franciscain et prend pour directeur spirituel Conrad de Marbourg. Celui-ci la traite sans ménagement voire avec une cruauté à laquelle elle répond par une douceur exemplaire. Elle meurt à 24 ans à Marbourg. ( Source: Wiki )
L'histoire du mythe du Roi Arthur -1/4 -
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| Jean de Wavrin (v. 1398-v. 1474), Chroniques d'Angleterre Geoffroi de Monmouth écrivant ; Présentation du livre - Jean de Wavrin écrivant - Hélénos, Anténor et Enée |
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| Le couronnement d’Arthur Illustration de l’Histoire des Rois de Bretagne |
La légende arthurienne est alimentée dès le VIe par des récits populaires en Pays de Galle et en Irlande, puis les allusions à ce mythe se multiplient dans les textes latins dès le IXe siècle.
Le roi d'Angleterre Henri I (1100 - 1135) désirant rallier les Celtes de son royaume et pacifier ses nouvelles conquêtes en Pays de Galle utilise à son profit la légende arthurienne.![]() |
| Roman de Brut |
Wace est le premier à dire que c’est Arthur qui a institué la Table Ronde afin d’éviter les querelles de préséance entre ses chevaliers et à mentionner la légende selon laquelle Arthur, après avoir été blessé par Mordred et emporté en Avallon par des fées, reviendra un jour libérer son peuple.
Le Conte du Graal est-il un mythe ?
Pour Campbell, - d'une part : les légendes du Graal expriment exactement ce qu’est, dans son esprit, la spécificité de la spiritualité occidentale par rapport à la spiritualité orientale : le caractère individuel de la démarche... Et - d'autre part : La mythologie ouvre l'humain à sa dimension spirituelle.
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Joseph Campbell (1904-1987) était un mythologue américain qui a révolutionné l'étude des mythes à travers sa théorie du monomythe, ou Voyage du héros. Il a démontré que les récits mythologiques du monde entier suivent une structure universelle, influençant la littérature, la psychologie et même le cinéma. Son œuvre majeure, Le Héros aux mille et un visages, explore cette idée et reste une référence incontournable. |
Il considère la religion comme une forme évoluée de la mythologie... Toute religion, possède ses mythes, ses récits sacrés.
Qualifier les récits religieux de mythes, c'est s'opposer à une lecture littérale et historique. Ils sont conçus pour évoquer une réalité spirituelle. Si on concrétise la symbolique biblique, elle perd sa référence essentielle et les mythes entrent en conflit avec les connaissances scientifiques les plus élémentaires.
Pour Campbell, les symboles mythologiques ne sont pas inventés mais jaillissent spontanément des profondeurs de la psyché. Inversement, la connaissance des symboles conduit à celle de l'esprit humain, dont ils révèlent des puissances, des potentialités spirituelles...
Le mythe : langage de l’inconscient , est une ressource supplémentaire à qui veux approfondir sa recherche, sa Foi … Un peu du même ordre que la métaphysique : avec l’avantage que le mythe parle à tous.
Revenons à la définition du Mythe et, j’en retiens de la part de spécialistes, quelques unes qui vont dans le sens de ce que j’entrevois…, comme :
- Mircéa Eliade : « Le mythe raconte une histoire sacrée : il relate un événement qui a eu lieu dans le temps primordial, le temps fabuleux des commencements »
- Gilbert Durand « Nous entendons par mythe un système dynamique de symboles, d’archétypes et de schèmes, système dynamique qui, sous l’impulsion d’un schème, tend à se constituer en récit ».
- Marc Eigeldinger « Le mythe n’est pas uniquement récit, mais aussi discours du désir et de l’affectivité. Il ne s’exprime pas à l’aide d’idées ou de concepts et se développe en marge de la rationalité ; il se consacre à dire la vérité psychique […], à suggérer l’affleurement de l’irrationnel et de l’inconscient, à traduire le contenu du désir et ses relations avec le sentiment »
- Jean-Pierre Vernant : « ...le mythe ne se réfère pas à un genre particulier… Il serait « l’envers, l’autre du discours vrai, du logos »
Le mythe, « ce n'est pas vrai, même si autrefois, il aurait été retenu pour vrai », je préférerai dire avec :
- Campbell : « Non, le mythe n'est pas un mensonge. Une mythologie complète est constituée d'une organisation d'images symboliques et narratives, métaphoriques des potentialités de l'expérience humaine, et de l'accomplissement d'une culture donnée à un moment donné. »
- Quelles sont les fonctions du Mythe ?
* Nous réconcilier avec la vie :
Nous pourrions refuser d’entrer plus avant dans « le monde », refuser le corps, refuser les épreuves, refuser ce qui fait la vie … La mythologie prône la capacité de l’homme à améliorer « le monde ».
La mère de Perceval ( qui avait déjà perdu son père, son mari ) , voulait mettre son fils à l’écart...!
Le chevalier affirme la vie, et s'affronte à tous ses aspects aussi bien monstrueux, que magnifiques, le mythe n'effectue pas de de tri.
L’héroïsme c’est d’agir sans ressentiment envers la vie et sa part de violence inaliénable. Le bouddhisme rappelle, en préalable, cette vérité essentielle : « Toute vie est souffrance ». Et, la sagesse (de toutes les traditions ) est d’accepter et d’aimer cette vie.
* Représenter l’univers :
Le passage par le mythe permet de mettre en récit une expérience personnelle complexe : par exemple celle de passer d’un bonheur à un malheur soudain, « sans explication ». De même, tous le mythes racontent qu’il existait un temps de l’unité avant le temps de la dualité ( de la séparation ). Il y a « la chute », puis la résurrection.
* Donner des règles et des valeurs :
Souvent le mythe justifie à sa manière les lois contingentes ( droits et devoirs ). Le héros les respecte, mais ne vit pas par elles. Elles ne l’angoissent pas. Les valeurs priment sur les lois, et portent parfois le héros jusqu’au sacrifice.
* Franchir des seuils psychologiques :
Le mythe peut nous aider à traverser les différentes périodes de notre vie…
Toute la quête du héros correspond à une amplification des rites de passage ( mort et résurrection ..). L’objectif est d’arriver à l’autonomie, à être les seuls garants de notre vie, les seuls à diriger notre pensée ; afin, d’accéder à notre vocation :
* Entrer dans le 'troisième âge' ...
Le mythe personnel nous aide à accepter l’inévitable déclin physique qui accompagne le retrait de cette « course aux illusions »…, et donne sens à cette période de vie.
Toute mythologie prépare au passage ultime, celui de la vie à la mort. Elle présente l’image d’une deuxième vie, comme une vie que nous avons déjà en nous ; aussi, explorer notre propre mythologie personnelle peut nous aider à traverser ce stade ultime : à vivre pleinement ! Plutôt que d’imaginer un futur après la mort, les mythes se concentrent sur notre présent et les richesses de notre vie imaginaire. L’autre vie est déjà là au fond de nous-mêmes.
Notes de lecture, d'un ouvrage de Laureline Amanieux que j'ai savouré: ''Ce héros qui est en chacun de nous''. Voir aussi, ''La quête du héros'', Joseph Campbell.
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Citer ''Perceval '' ( et la Quête du Graal ), comme un mythe, est peut-être un raccourci, que des universitaires pourraient contester… ? Cette histoire étant rattachée à une œuvre littéraire, peut-être est-il plus exact de parler de « mythe littéraire » .. ? L’histoire est de plus relativement récente …
Pour ce qui est du « mythe de Perceval », il nous est donc parvenu tout enrobé de littérature », il ne nous est accessible qu’en tant que '' mythe littéraire ''. Il a cette particularité que sa première rédaction est caractérisée, par l’absence de clôture. Le « Conte du Graal » de Chrétien de Troyes est inachevé… !
Ensuite, ce corpus est à l’image d’un arbre dont le tronc serait constitué de la tradition médiévale, à partir de laquelle les multiples ramifications modernes s’élanceraient vers le ciel, toujours plus éloignées de la souche première, mais puisant leur sève dans un réseau de canaux toujours plus vaste et plus complexe….
Effectivement, si le mythe de Perceval est extrêmement présent dans le demi-siècle qui suit son entrée en littérature, le XIIIe siècle ; il est plus discret ensuite, du moins en France... Pourtant, la suite de ma quête personnelle grâce aux personnages qui m'ont précédé ( et mon objectif est de vous les présenter …) ; ils montrent que la Légende arthurienne reste là... A la différence de la Grande-Bretagne, ou de l'Allemagne ; il faudra véritablement attendre, en France, la vogue wagnérienne. Au cours du XXème siècle, elle va inspirer et alimenter bien d'autres sagas...
Fonctions du mythe
Comme nous le voyons ci-dessous, le mythe ne s’oppose en rien, au message religieux… Au contraire, il peut le porter ; c’est même l’un des objectifs du récit christianisé de la Quête du Graal. Le mythe, est même, le moyen le plus vieux du monde pour exprimer une spiritualité… Aujourd’hui, en préférant la théologie, ou le métaphysique ( porteurs également d’immenses découvertes …) , nous estimons, - sans doute imbus de notre science -, qu’il est malsain de lier mythe et religion… Le pire, c’est qu’au nom même d’une certaine rationalité ( !) , nous préférons imposer dogmatiquement la matérialité de certains faits, même s’ils contredisent cette même rationalité… ! ( à n’y rien comprendre .. ! ). Bien sûr, alors les symboles, les mythes – dans cette optique – signifient : histoires pour enfants ( je n’utilise pas le mot de « conte » dans ce cas.. ! ) , fictions, fantaisies…etc.
Quelles sont les fonctions du Mythe ?
- Nous réconcilier avec la vie :
Nous pourrions refuser d’entrer plus avant dans « le monde », refuser le corps, refuser les épreuves, refuser ce qui fait la vie … La mythologie prône la capacité de l’homme à améliorer « le monde ».
La mère de Perceval ( qui avait déjà perdu son père, son mari …) , voulait mettre son fils à l’écart...!
Le chevalier affirme la vie, et tous ses aspects aussi bien monstrueux, que magnifique, sans effectuer de tri. L’héroïsme c’est d’agir sans ressentiment envers la vie et sa part de violence inaliénable. Le bouddhisme rappelle, en préalable, cette vérité essentielle : « Toute vie est souffrance ». Et, la sagesse ( de toutes les traditions ) est d’accepter et d’aimer cette vie.
- Représenter l’univers :
Le passage par le mythe permet de mettre en récit une expérience personnelle complexe : par exemple celle de passer d’un bonheur à un malheur soudain, « sans explication ». De même, tous le mythes racontent qu’il existait un temps de l’unité avant le temps de la dualité ( de la séparation ). Il y a « la chute », puis la résurrection.
- Donner des règles et des valeurs :
Souvent le mythe justifie à sa manière les lois contingentes ( droits et devoirs ). Le héros les respecte, mais ne vit pas par elles. Elles ne l’angoissent pas. Les valeurs priment sur les lois, et portent parfois le héros jusqu’au sacrifice.
- Franchir des seuils psychologiques :
Le mythe peut nous aider à traverser les différentes périodes de notre vie…
Toute la quête du héros correspond à une amplification des rites de passage ( mort et résurrection ..). L’objectif est d’arriver à l’autonomie, à être les seuls garants de notre vie, les seuls à diriger notre pensée ; afin, d’accéder à notre vocation :
Entrer dans le 'troisième âge' ...
- Le mythe personnel nous aide à accepter l’inévitable déclin physique qui accompagne le retrait de cette « course aux illusions »…, et donne sens à cette période de vie.
- Toute mythologie prépare au passage ultime, celui de la vie à la mort. Elle présente l’image d’une deuxième vie, comme une vie que nous avons déjà en nous ; aussi, explorer notre prpore mythologie personnelle peut nous aider à traverser ce stade ultime : à vivre pleinement ! Plutôt que d’imaginer un futur après la mort, les mythes se concentrent sur notre présent et les richesses de notre vie imaginaire. L’autre vie est déjà là au fond de nous-mêmes.
Sources: Ces lignes sont des notes de lecture alors que je savoure l’ouvrage de Laureline Amanieux : « Ce héros qui est en chacun de nous ».
La quête du héros, Joseph Campbell. from laureline amanieux on Vimeo.




































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