mythe
Les ''Lumières'', la raison et le Mythe.

Il est vrai que des mythes ont pu – à certaines époques – être considérées comme des croyances, voire des savoirs...On ne sait plus bien ce que nous entendons par ''mythe''. Sous-tend-il une religion qui y exprimerait ses croyances ? N'est-il qu'un conte ?
Au XVIIIe siècle, les mythes grecs avant les mythes égyptiens sont reconnus comme tels : on évoque alors les dieux païens, et on les rattache à un genre littéraire qu'on appelle ''fable ''...
On va dire que le mythe est un récit, explicatif sur le monde, nos origines … ( pas le conte...). La légende est, elle, rattachée à un lieu, et même à un temps historique...

Pour ce qui concerne le mythe, il faut aller plus loin; en effet : « L’existence d’un monde invisible qui sous-tend le monde visible est l’objet même du mythe » (Joseph Campbell, puissance du mythe). C'est ce ''monde invisible '' qui nous rattache à la croyance, et à la religion... On ne peut dire si ce monde est vrai ou non …
Le mythe est une chose malléable, mouvante, qui explore des imaginaires et même s'il sous-tend une religion, il ne se fixe jamais définitivement en un dogme.
Le mythe est-il premier ? Non … Car, avant son énonciation en une histoire à transmettre, il n'est peut-être que le reflet d'un rite, ou d'une croyance plus ancienne … !
Peut-il y avoir un usage rationnel du mythe ? Même si le Mythe est considéré, comme un objet provenant de l'imagination, et n'en suppose pas la croyance...
Manifestement, les philosophes font usage eux-mêmes des mythes,

Leibniz note que la ''réminiscence'', « toute fabuleuse qu’elle est, n’a rien d’incompatible, du moins en partie, avec la vérité toute nue ». Nouveaux essais sur l’entendement humain, préface (dans certaines éditions, Avant-propos), GF édition Jacques Brunschwig p. 40.
En note, je signale que la ''réminiscence''dans la pensée de Platon, est le ressouvenir par l'âme de connaissances qu'elle a acquises en dehors de son séjour dans un corps et qu'elle a perdu lors de sa réincorporation.
Idée reprise par Descartes, dans sa cinquième Méditation : « …je conçois une infinité de particularités touchant les nombres, les figures, les mouvements, et autres choses semblables, dont la vérité se fait paraître avec tant d’évidence et s’accorde si bien avec ma nature, que lorsque je commence à les découvrir, il ne me semble pas que j’apprenne rien de nouveau, mais plutôt que je me ressouviens de ce que je savais déjà auparavant… ». Ce qui explique pourquoi la ''démonstration '' nous permet d'accéder à une connaissance... Et aussi, : comment l’accès au mythe, nous permet de réfléchir sur nous-mêmes …

Aussi, même si, le récit biblique devient mythe ( pour le non-croyant), on peut en saisir un sens … Et pour aller plus loin ; je rajouterai que : Croire doit être reconnu comme une manière de penser, comme n'importe quelle autre pensée ! Donc, ''croire'' est aussi manière de raisonner, et la raison ne peut en être exclue ...
Et depuis Kant... Même la raison, je le rappelle, ne peut se faire qu'une idée approximative et fragmentaire de '' la chose ne soi ''. On ne se fait que l'idée ou la perception qu'on s'en fait, de "la chose perçue ou connue".
Jung ( pour en revenir au mythe), écrit que « Dans les 150 années écoulées depuis la critique kantienne de la raison pure, l'idée s'est progressivement imposée que la pensée, la raison, l'entendement, etc., ne sont pas des processus existant en soi, affranchis de toute relativité subjective et soumis seulement aux lois éternelles de la logique, mais des fonctions psychiques ... » (C. G. Jung, Correspondance, tome l, p. 1 72 )...

S'il reconnaît les limites de la raison humaine et son incapacité à appréhender l'essence ultime des choses. Comme nous le savons, il n'en accorde pas moins une importance fondamentale aux Mythes. Sur le chemin de l'individuation, chacun doit répondre à cette question : « Quel est ton mythe ? »
Je reviendrai donc la prochaine fois sur le Mythe du Graal...
Les Lumières et ''les Mondes Possibles''
Les ''Lumières '' du XVIIIe siècle, ouvrent des portes... Même si les grands esprits de l'époque n'ont prévu ni la Révolution, ni ses conséquences, ni le romantisme, ni les idéologies du XIXe s., ni leur application au XXe s...etc ; malgré cela, ces portes ouvertes permettent de rejoindre les questions essentielles sans la censure catholique romaine ou française …
- Pourquoi y a t-il quelque chose, plutôt que rien ? Pourquoi ce monde existe ?
Ce monde a été possible. Mais, est-ce le seul ? Est-il le meilleur des mondes possibles ?

Pour Leibniz, Dieu crée en fonction du Bien, du Beau, du Vrai... Donc, il crée le meilleur des mondes possibles. Notre vison du Monde doit donc satisfaire les nécessités d'une physique mathématisée ( et déterministe) et la présence du Mal ( métaphysique)...
Bien sûr, nous savons avec Kant, qu'il faut distinguer le monde observé du ''monde en soi'' … Limitons notre connaissance à ce qui connaissable … !
Note : Gottfried Wilhelm von Leibniz (1646 1716) est un philosophe, métaphysicien hors pair, esprit baroque, fin diplomate, polyglotte (il écrit aussi bien en français qu'en latin ou en allemand), et bien sûr scientifique, mathématicien en particulier : il invente le calcul infinitésimal (calcul différentiel et calcul intégral) .. Leibniz a marqué son siècle.
Mon objectif serait de faire le lien entre cette possibilité d'autres ''mondes possibles'' ; et la tradition féérique d'un '' autre Monde'' que la mythologie littéraire a décrit dans les contes et la légende arthurienne...

« […] la subcréation féerique promeut à l’existence des mondes possibles qui ne sont pas celui où nous vivons, et que pense la philosophie – mais […] ces mondes manifestent de troublantes affinités avec notre monde, pour peu que nous percevions en celui-ci la suspension de son sens au problème eschatologique. […] la poétique de la féerie autorise […] une herméneutique des dernières choses.
Extrait de « Anges et hobbits : le sens des mondes possibles », par le Père Jean-Yves Lacoste ( agrégé, docteur en philosophie et théologie.). On peut s'interroger :
- Le réel (notre monde) pourrait-il abriter du mythe devenu fait ? Réciproquement, peut-on réécrire sur un mode mythique ou féerique ce qui a eu lieu dans notre monde seul réel ?
- La littérature féerique parle à l'imaginaire. Elle peut aussi avoir la force de structurer l'imaginaire.
Elle peut introduire un travail sur l'imaginaire qui le prépare à faire sien le monde de la Bible...
Ce sont les questions que se posent Jean-Yves Lacoste , aussi professeur invité à l'Université de Chicago...

Il faudrait continuer la réflexion, avec les philosophes du XVIIIe...
Comme nous l'avons vu, en ce siècle, la limite entre imagination et réalité n'est plus sûre... Et l'on attend pas qu'un gendarme ( l'Eglise) nous la définisse... Aussi, les ''faux sorciers ( mages) '' sont une caractéristique de ce siècle des ''Lumières''.
Malgré tout, je tente de prendre une porte ouverte par ''les Lumières'' qu'elles ont semble t-il refermée bien vite... C'est d'ailleurs ce que leur reproche Régis Debray dans ''Aveuglantes lumières'' (2006) :

« les Lumières, en dépit de notre triomphalisme et de notre ethnocentrisme glorieux, ont des zones d'ombre capitales : le religieux, l'imaginaire, le sentiment du collectif, notre rapport à la mort, à l'animalité… » « je crois, avec Merleau-Ponty, qu'il faut inventer un nouveau rationalisme qui permette de penser l'irrationnel, qui donne raison de la déraison »
Irait-il jusqu'à dire que la "raison" est peu de chose, comparée au "mythe" et aux "facteurs émotionnels" de l’action ?: « Ce n’est pas la science, mais une croyance fût-ce en la science elle-même qui soude une communauté de destin. » ?
Pour conclure, provisoirement :
Je passe allégrement du XVIIIe au XXe siècle :
Le Conte fait appel d'abord à notre sensibilité, puis à notre intelligence...

« On voit d’abord le Graal, puis on le cherche » Simone Weil, Cahiers, tome 3, Paris, Gallimard, 1975, p. 282.

« Toutes les légendes sont vraies. Ce ne sont point des faits, ce sont des pensées » d' Alain, Propos, v. 2. ' la Pléiade' 1970), #555, p. 816.

Cazotte et le Diable Amoureux - Des Secrets d'Initié... - 2/,-
En 1772, la publication du Diable amoureux, fait de Jacques Cazotte ( 1719 -1792) un auteur à la mode.
Dans son roman, Cazotte s'amuse à faire étalage de pratiques magiques... Il décrit comment les forces du Bien, peuvent triompher du Mal.

C’est à cette même date qu’il fait la connaissance de la marquise de Coislin (1732-1817) qui, après avoir été maîtresse royale de Louis XV (1757), quitte alors la Cour poussée par Mme de Pompadour et entreprend un voyage à travers l'Europe, durant lequel elle devient, entre autres, la maîtresse du roi Gustave III de Suède (francophile, adepte de la philosophie des Lumières) , ainsi que du tsar Pierre III de Russie.

En 1771, elle perd son mari, le marquis de Coislin, maréchal de camp. Elle est devenue aussi une disciple de Louis-Claude de Saint Martin. Saint-Martin (1743-1803), appelé le '' Philosophe Inconnu '' est de petite noblesse, après un essai dans la magistrature, il choisit la carrière militaire pour avoir le temps de poursuivre ses études ésotériques...
Par l’entremise d’un de ses amis du cercle des officiers, le capitaine de Grainville, Saint-Martin est admis en Franc-maçonnerie et dès 1765 dans '' l'Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coëns ''…
Lors de son séjour à Strasbourg (1788-1791), il y fait la rencontre primordiale de Mme de Boecklin (ou Böcklin) qui lui révèle la philosophie de Jacob Boehme... On voit la place des femmes dans cette aventure théosophique … ! Entre eux naquit d’ailleurs une précieuse relation, où était constamment présente la pensée et les idées de Jacob Boehme. Pendant toute la durée de son séjour à Strasbourg, Saint-Martin ne passera quasiment pas une journée sans s'entretenir avec sa « chère B. » à propos des thèses théosophiques enseignées par leur maître.

C'est donc vers la fin des années 70, que Jacques Cazotte approfondit les idées de Saint-Martin, grâce à une femme encore : Madame de la Croix, jeune épouse du Marquis de La Croix, puis jeune veuve...

Madame de la Croix ( Félicité-Geneviève-Elisabeth de Jarente ) a, comme il est coutume de le dire, un '' certain vécu ''. Elle possède une ''beauté romaine'', née en 1720 et fille du marquis de Sénas , et mariée très jeune au marquis de la Croix, en place à Madrid comme officier général qui la laisse, on ne sait pourquoi à Avignon, où elle devient la maîtresse de monseigneur Acquaviva, vice-légat, par lequel elle gouverne et est reconnue comme ''la despote d’Avignon'', alors enclave pontificale. Comme elle aime à gouverner, elle rejoint son mari, lorsqu’il est nommé Vice-roi en Gallice. Après la mort de son mari, elle vient s’établir à Lyon où elle tombe gravement malade. Elle est finalement sauvée – dit-elle, par les '' opérations magiques'' des disciples de Martinez de Pasqually. Après sa guérison, elle s’installe à Paris, place du Carrousel, où elle ne vit plus, désormais, qu’entourée de magiciens, d’alchimistes et d'aussi autres charlatans… Elle s’exerce également à pratiquer la magie l'occultisme, et des exorcismes....

Madame de la Croix accueille chez elle le Philosophe Inconnu, qui cependant lui refuse l'admission dans l'Ordre ; et lui présente Cazotte...
« Une femme âgée, grande et majestueuse, la marquise de la Croix, veuve d’un grand seigneur espagnol, faisait partie de la famille et y exerçait une influence due au rapport de ses idées et de ses convictions avec celles de Cazotte. C’était depuis de longues années l’une des adeptes de Saint-Martin, et l’illuminisme l’unissait aussi à Cazotte de ces liens tout intellectuels que la doctrine regardait comme une sorte d’anticipation de la vie future. Ce second mariage mystique, dont l’âge de ces deux personnes écartait toute idée d’inconvenance, était moins pour Mme Cazotte un sujet de chagrin, que d’inquiétude conçue au point de vue d’une raison tout humaine, touchant l’agitation de ces nobles esprits. Les trois enfants, au contraire, partageaient sincèrement les idées de leur père et de sa vieille amie. » de Gérard de Nerval '' les Illuminés'' 1852
Ce serait vers 1775, que Cazotte, ses deux fils et sa fille devinrent membres de l'ordre martiniste...
Au bout de trois ans, il donna sa démission et poursuivit sa recherche spirituelle personnelle ; plus soucieux de prières et de réflexions personnelles que de rites magiques, dit-on. De plus il ne partageait pas la sympathie de Claude de Saint-Martin pour le courant révolutionnaire.
A suivre ...
Cazotte et le Diable Amoureux - Des Secrets d'Initié... -1/,-

A présent, sur 3 ou 4 article, je vais vous raconter une réalité du XVIIIe siècle, vécue au travers des expérience de Cazotte, écrivain. En effet, s'y mêlent, autobiographie, rêves, imaginaire... Le surnaturel traverse la vie de Cazotte, et de ceux dont il se rapproche... Il se trouve, que Jean-Léonard de la Bermondie, va croiser ces mêmes personnages et l'accompagner un temps dans sa Quête...
Jacques Cazotte ( 1719 -1792) fut entre autres fonctions: conseiller du roi en ses conseils, commissaire général de la marine (1760), membre de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Dijon (1763) et l'auteur du '' Diable Amoureux '' (1772).

Le Diable Amoureux est un conte allégorique.
La tentation diabolique est celle prônée par la philosophie des Lumières : elle consiste à vouloir atteindre la vérité, non par la foi, mais par la raison.
A l'innocence de l'homme ( Rousseau), Cazotte croit lui, au ''péché originel''. Qu'en est-il du progrès dans les sciences, peut-il s'appliquer à l'art, à la morale, au gouvernement des hommes...?
Biondetta incarne la philosophie; Dona Mencia représente la Tradition, et la famille ; alors que pour les Lumières l'Espagne est le pays du fanatisme religieux, et de l'Inquisition...


En parallèle du rationalisme qui nourrit les Lumières, la fascination de l'irrationnel prend aussi de l’ampleur ( Le Comte de Saint-Germain, Cagliostro, Mesmer..etc.). Le problème du Mal, n'est pas résolu par les philosophes.

Et si le Mal, c'était ''Quelqu'un'' ? Cette question rejoint bien sûr la question sur Dieu ; mais aussi celle du Réel.
Si chaque homme possède sa propre lumière et ses propres ténèbres. Il existerait une correspondance entre le monde matériel et le monde spirituel. Le monde spirituel serait le seul réel, et le monde matériel serait privé d'existence propre, ou aux mains du Mal... !
D'autres diraient que ce monde matériel est impermanent, voire illusoire ; ce qui serait la caractéristique de la réalité du Diable … !!

Heureusement, l'homme trouve en soi la source divine qui lui permet de parvenir à la connaissance... Et pour parvenir à cette vision spirituelle, il lui faut la Lumière ( non celle des ''Lumières'', mais celle de l'Esprit...
Au XVIIIe siècle, ce raisonnement est élaboré dans des cercles ''ésotériques'' qui s'intéressent à l'alchimie spirituelle, et même à l'occultisme... On les appelle ''Illuministes'' et certains demeurent fidèles à l'enseignement des Eglises, mais d'autres s'en détachent …
Sociétés secrètes, loges et confréries vont se multiplier dans toute l'Europe, et en France en particulier. Elles vont précipiter certains lettrés dans la Révolution française, et vont inspirer de grand écrivains ( Schiller, Goethe, Nerval, Baudelaire, Balzac...) qui illustreront l’irruption de l'irrationnel dans un monde apparemment bien ordonné.
A l'époque de Jean-Léonard de la Bermontie, c'est Cazotte qui joue et convoque le Diable.

Jacques Cazotte est né en 1719, en Bourgogne : élèves chez les jésuites, il retient le ''merveilleux'' de la Bible... Il découvre la liberté d'expression dans les salons parisiens... Sans naissance, sans fortune, il entre au Ministère de la Marine et commence à écrire … Il ira jusqu'en Martinique, découvre les rites du Vaudou cherchant à dominer les forces bénéfiques et maléfiques … On dit qu'une vieille sorcière antillaise l'a conduit à révéler son don de clairvoyance...
Il épouse Elisabeth Roignan, fille du premier juge de la Martinique; il a 40 ans, elle en a 30. Ils auront trois enfants.
A Paris, il fait du négoce, exploite du vin de Champagne, continue à écrire, et s'en prend aux philosophes des Lumières...
En 1772, la publication du Diable amoureux, fait de lui un auteur à la mode. Son aventure ne fait que commencer ...
A suivre ...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
A partir du XVIe siècle, la fiction chevaleresque est dévalorisée... Rabelais place parmi les damnés qui peuplent l'enfer : « Alexandre, Xerxès et Darius ; Hector, Achille et Priam ; Scipion l’Africain, Pompée et César ; ainsi que Lancelot et les chevaliers de la Table ronde, Charlemagne et les douze pairs de France, ou encore Fierabras, Morgant le géant, Ogier le Dannois et Galien Restauré...»
On dénonce l’incohérence des croyances des contemporains, pour qui tous ces personnages constituent le panthéon héroïque de la chevalerie...

Les ''humanistes'' y dénoncent ces narrations qui se parent du lustre de l’histoire sans répondre aux règles antiques de la poésie. L'idée chevaleresque devient l’objet d’un débat qui traverse les siècles suivants... On y aborde les problèmes de l’authenticité et du caractère subversif du récit...
Au XVIIe, on parle de ''roman de chevalerie'' et on dénonce leur influence...
Étienne Jodelle ( poète né en 1532 à Paris où il est mort en juillet 1573) reproche aux romans de promouvoir sciemment l’image mensongère d’une vie parfaite, inspirée de celle des chevaliers errants afin de soustraire la noblesse à la crainte de Dieu, à l’étude et aux conditions utiles...
L’idéal chevaleresque et l’humanisme s’attachent à deux conceptions différentes de la « vérité » :
L’une héritée du Moyen Âge, privilégiant un ordre de vérité spirituel, universel et supérieur à la réalité matérielle,
l’autre, nouvelle, même si elle fonctionne par allégorie, privilégie la raison...
- « C'est l'idéal qui est la vérité ». Au Moyen-âge, le fait pour être '' vrai '' ne doit pas être nécessairement authentique ; il lui suffit d'être ''reconnu'' approuvé par une autorité dont on ne mat pas en doute la valeur.
Depuis le XIIe s. ''roman'' et ''histoire'' ont fait cause commune, et en ce début du XVIe siècle, l’histoire comme le roman relèvent de la poésie.
![]()
| ![]()
|
| Portrait de Erasme de Rotterdam par Hans Holbein le jeune (1497-1543). | De la Recherche de la vérité... Par Nicolas Malebranche - 4e édition, -- 1678 |
Les humanistes vont tenter d'extraire l'histoire de la poésie et du dogme religieux.
- La vérité est d'abord celle des faits .
C’est cette confrontation des ordres de réalité que Cervantès met en scène dans son Don Quichotte à la fin du XVIe siècle où s’affrontent l'idéal chevaleresque et réalité du quotidien...
Au XVIIe siècle, l'histoire commencera à être reconnue comme art et différenciée de la fiction poétique. Mais l'histoire reste encore illustrative, et rejoint le roman... L'histoire reste une école de formation morale et spirituelle, et on va accorder à la culture chevaleresque qu'elle conserve une conception vraisemblable et exemplaire de la vérité...
L’exclusion définitive de la fiction du champ de l’histoire ne pourra se faire qu’à partir de la fin du XVIIe siècle avec la diffusion de la philosophie cartésienne.
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Pour Roger de Laron, cet héritage antique ( culture essentielle...) nous est parvenu par la médiation des arabes, qui affectionnent les énigmes chiffrées, tout comme la kabbale juive... On retrouve un carré SATOR dans la Chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe ( de style mauresque) au Puy en Velay.
![]() Temple de Diane Carré magique Le Puy en Velay | ![]()
|
De même, la pierre visible aujourd'hui dans la crypte Saint-Dagobert II de Stenay, est reconstituée ; mais elle donne un exemple de l'esprit qui entoure ce genre d'Ecriture : elle aurait été découverte dans les fondations de la basilique St-Rémi, antérieure à l'église St-Dagobert qui l'a remplacée au IXème siècle.

Ces pierres, réemployées dans les fondations, étaient des stèles funéraires... A noter que Stenay appartenait à la maison d'Ardenne; elle devint ensuite la possession des ducs de Bouillon. En partant pour la Croisade, Godefroy de Bouillon vendit la ville avec le château qu'il avait fait construire en 1077 à l'évêque de Verdun qui l'engagea au comte de Luxembourg en 1110.
Les lettres exposées à Stenay sont : '' SRNPR '', à côté un signe '' > '' et une croix
Si nous reprenons le carré SATOR : ces lettres SRNPR, dessinent dans le carré exactement le chevron gravé sur la pierre... Cette stèle aurait exprimé une conviction chrétienne, à une époque ( Ve ou VI e s.) où ce n'était pas facile …
Pourtant, nous savons aujourd'hui que ce carré SATOR, n'est pas exclusivement chrétien …
Sa signification peut parler différemment selon la personne qui le reçoit... L'interprétation varie nécessairement, selon l'époque, la culture et les croyances du lecteur ...
Comment Roger de Laron, féru de sciences ( donc d'alchimie), reçoit, lui, ce message... ?

Un premier niveau de lecture, donne SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS.
« Le semeur (SATOR) -Arepo ( ? ) - conduit (TENET) - par son œuvre (OPERA) - les roues (ROTAS). »
Une deuxième lecture, remarque la croix formée par TENET, cette croix évoque pour Roger, celle des croisés et du Royaume perdu de Jérusalem...

SATOR, pourrait faire référence à Saturne, ou au Créateur ( Dieu ...)
AREPO, un ''instrument aratoire'', comme une charrue, un soc...
TENET : conduire, maintenir... Forme une croix au milieu de ce carré...
OPERA : le travail, l'oeuvre ; et par extension, la Création
ROTAS : signifie ''tourner'' donc la roue... On peut y voir aussi les Astres...

Un troisième niveau de lecture part de la croix TENET, et la rapporte – non plus – à cette vaine croisade – mais à une quête plus personnelle – Le Grand-Oeuvre... La Quête, le Graal …
SATOR, est le le jardinier, le laboureur... : l'Alchimiste. Celui qui œuvre lentement ( donc, modestement) par la voie humide, dépendant des saisons … En parallèle ( et en complément …) du Créateur.
AREPO : évoque en une racine celtique, l'outil du laboureur … pour travailler la terre, ou la '' Matière ''…
TENET : reste la Croix, tenue, comme en architecture, elle dessine et soutient l'Edifice... La croix, pourrait signifier aussi le ''creuset''
OPERA, c'est le travail du Maçon, l'oeuvre, la Pierre à tailler …
ROTAS, évoque la notion de cycles … On pense aussi à l'Athanor ...
A suivre …
Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -2-
Le choeur est éclairé par 3 vitraux, qui présentent le Graal sous chacune des fameuses ''Tables du Graal ''.
Et mur nord, la Table de la Cène...
Mur sud : La Table Ronde autour de laquelle sont rassemblés le Roi Arthur et les chevaliers, lors de l’apparition du Saint Graal.
Il faudrait parler de tous les détails qui se répondent d'un vitrail à l'autre …
![]()
| ![]()
|
Le Graal est représenté au centre de la Table autour de laquelle se sont réunis le Christ et ses disciples, une place reste vide, celle de Judas... Le Graal est de couleur verte, l'abbé Gillard le situe dans la tradition d'une coupe taillée dans une émeraude, tombée du front de Lucifer... | Le Graal apparaît aux chevaliers de la Table Ronde. Le siège périlleux (vide) est occupé. La Quête du Graal est ici achevée, avec Galaad... |
Enfin, le vitrail central, un chef d'oeuvre des ateliers parisiens Grubeër, qui a coûté au prêtre le prix d'une ferme ( un héritage..). Là, il faut prendre le temps de scruter cette forêt de symboles...

Comme au Moyen-âge, sont représentés deux donateurs ( Louis Thétiot et sa mère : cousins de l'abbé Gillard)
Au centre du vitrail, le Christ ressuscité, debout et à ses pieds Joseph d'Arimathie. Selon les évangiles, il a récupéré le corps du Christ et l'a enseveli dans son propre tombeau.
On dit qu'il a recueilli le sang du Christ, dans une coupe ( Le Graal ). Il est l'un des gardiens du Graal ; jusqu'à Galaad...

Ici, est représentée la scène où emprisonné, Joseph d'Arimathie, put se nourrir et survivre grâce au Christ Ressuscité et au Graal …
On note à gauche, l'emblème du Royaume de Jérusalem, qui évoque l'Ordre du temple, et qui est associé à la garde du Graal, par Wolfram von Eschenbach, dans son Parzifal ( 1210).
Bien d'autres symboles sont dissimulés, dans ce vitrail... Peut-être le chemin à trouver qui conduit au Graal …
Voir les deux lapins à gauche …; le phénix...
Les deux personnages, nouvel Adam et nouvelle Ève, sont recueillis autour d’un arbre arborant un unique fruit, une mystérieuse pomme bleue. Ce fruit de la Connaissance du bien et du mal ne semble pas être mangé !... ; Les quatre symboles des évangélistes... les quatre signes du zodiaque … Le bouquet de chardons ...Etc ...
Les neuf Preuses, ou chevaleresses -1/2-
Dans le premier livre de La morte d'Arthur de sir Thomas Malory, le roi fait prêter un serment solennel le jour de la Pentecôte à ses chevaliers de la Table Ronde.
Ce serment, qui entend résumer toute l'éthique chevaleresque, comprend la ladies clause: chaque chevalier s'engage à porter secours aux gentes dames, demoiselles et veuves et à défendre leurs droits et à ne jamais les violenter sous peine de mort. La communauté chevaleresque dépeinte par Malory, se construit donc sur une nette distinction des sexes. Pour devenir un homme, le chevalier a littéralement besoin d'une femme en détresse.
Les neuf Preux - Cologne -
Le thème littéraire des « neuf Preux » connut pendant les XIVe s. et XVe siècles, un grand succès. Le Preux, - incarnant les valeurs chevaleresques, comme la prouesse et l'honneur - est une idée qui remonte au XIe siècle .

Elle trouve une forme quasi définitive au début du XIVe siècle, sous la plume d'un poète lorrain, Jacques de Longuyon, dans les Vœux du Paon vers 1310-1312. La notoriété du roi Arthur, lui vaut d'être compté parmi les Neuf Preux aux côtés de Josué, David, Judas,Macchabée, Hector, Jules César, Alexandre, Charlemagne et Godefroy de Bouillon. C'est dire surtout, l’extraordinaire diffusion et faveur dont jouissent les textes relatifs à la matière de Bretagne tout au long du Moyen Âge …
![]() |
| Les neuf Preuses au château de Pierrefonds |
C'est à la fin du XIV° siècle, sous la plume du procureur au parlement de Paris, Jean Le Fèvre, qu'apparaissent les Neuf Preuses, dans son ouvrage "Le Livre de Lëesce" (1385) , véritable défense et illustration des femmes, modèles de vertu, de vaillance et de courage. Toutes sont issues de la mythologie de l'Antiquité païenne. Elles sont reines.
|
Penthésilée, reine des Amazones, et Preuse |
Sémiranis, reine de Babylone. Sinope, Hippolyte sa sœur ; Ménalippe, Lampeto et Penthésilée souveraines des Amazones. Tomirys, qui a vaincu l’empereur perse Cyrus. Teuca reine d’Illyrie. Déiphyle, femme de Tydée roi d’Argos, qui a vaincu Thèbes. Dans les pays germaniques, on substitue aux Amazones et reines de l’Antiquité une triade juive avec Esther, Judith et Yael, une triade païenne avec Lucrèce, Veturia et Virginie, et une triade chrétienne avec Sainte Hélène, Sainte Brigitte, et Sainte Elisabeth.
|
| Portrait de Jeanne d'Arc, selon une miniature du XV° siècle, musée de Rouen |
Au début du XVème siècle, Christine de Pizan évoque les Preuses dans son Livre de la Cité des Dames.
La facilité étonnante de l’accueil fait à la pucelle de Donrémy à la cour de France avait été préparée par les décennies de succès du thème des Preuses et la mode de la ' egregia bellarix ' . De son vivant, Jeanne d’Arc est qualifiée de "dixième Preuse".
Sources : articles de Sophie Cassagnes-Brouquet, professeure d’histoire médiévale à l’Université de Limoges
Voir aussi: LE ROI ARTHUR, L'UN DES NEUF PREUX.
Thomas Malory

Pour le monde anglo-saxon, la saga arthurienne est ce qu'elle est grâce à Thomas Malory (1405-1471).
C'est encore aujourd'hui la référence incontournable...
Alfred Tennyson (1809-1892), T.H. White (1906-1964) qui reprend la légende pour en faire un texte plaisant, chevaleresque, iconoclaste et foisonnant qui inspirera Walt Disney, John Boorman ( le film Excalibur ), se sont tous inspirés prioritairement de sa version de la matière de Bretagne. Sa grande fresque arthurienne est achevée en 1470 : la neuvième année du règne d'Edouard IV( 1442-1483) ( en France Louis XI (1423-1483)).
![]()
|
![]()
|
| Morte d'Arthur - Illustrator Aubrey Beardsley | Sir Lancelot et la sorcière Hellawes - Aubrey Beardsley |
On ne connait pas bien la biographie de Thomas Malory. Il a été soldat ( chevalier) et a combattu avec Richard Beauchamp, comte de Warwick, à Calais. Il aurait été 'lancastrien' pendant la Guerre des Deux-Roses... Il se pourrait aussi qu'il ait été prêtre... Il aurait été anobli en 1142 et élu au Parlement. Dans les années 1450, il aurait été accusé de viol, meurtre, vol et braconnage mais il est possible que ces faits ne soient que des calomnies. Evadé à plusieurs reprises... Il aurait écrit son roman pendant qu’il était emprisonné à Londres ( 1470), mais son œuvre n’a pu être publiée qu’après sa mort, en 1485, sous le titre : The Morte D'Arthur .
![]()
|
![]()
|
|
Arthur-and-the-strange-mantle - Aubrey Beardsley
|
The Lady of the Lake Telleth Arthur of the Sword Excalibur - Aubrey Beardsley |
"Le Morte Darthur" a été écrit en anglais et se compose de huit contes en 507 chapitres de 21 livres. Son texte comprend beaucoup de mots français, dont le titre... L'auteur s'est inspire des récits réunis dans « La Vulgate » datant des années 1230-1240... A la différence de ses prédécesseurs, au lieu de développer, Malory résume, élague... Sa version est cohérente et très aboutie.
Voir ici: LA LÉGENDE DU ROI ARTHUR SELON THOMAS MALORY, MANUSCRIT DE 1469
La Mort d'Arthur – La fin du Mythe...
La ''mort d'Arthur'' frappe les esprits ; la scène qui l'oppose dans un combat final à son fils Mordred est édifiante...

Le départ d’une nef vers l’ouest signifie la fin des Jours Anciens ; la fin de la beauté, de la magie, et du sacré présent sur terre. Cette fin de règne marquée par la ''mort'' du roi et son départ pour l’île d’Avalon : un ailleurs inaccessible, cette fin, donc, représente donc plus que jamais la fin des temps mythiques, le définitif désenchantement du monde.

Est-ce que, le Graal une fois trouvé, la Table Ronde a accompli sa mission terrestre et n’a plus qu’à disparaître... ?
Est-ce la découverte, de l’adultère de la reine et de Lancelot, comme si il y avait depuis le début quelque chose de pourri dans le royaume de Bretagne, ou encore de la liaison incestueuse du roi qui engendre Mordred, celui qui causera sa perte ?
De Lancelot, ou de Mordred : qui est le coupable ?
Je défendrai l'idée que celui qui a détruit le royaume et avec lui l’idéal de la Table ronde n’est pas le héros adultère mais le bâtard intransigeant, trop soucieux de faire régner l’ordre, qui dénonce les amants à la vindicte publique...
Il est certain que :l’inceste engendrant Mordred, la passion coupable de Lancelot et de Guenièvre, l’achèvement de la quête du Graal et la disparition de Merlin sont fortement reliés par des liens de cause à effet, et contribuent tous à provoquer la fin du règne d’Arthur
Je rappelle l'histoire ( cette version plus détaillée est absente des romans français, elle se lit dans la compilation anglaise de Malory) : Si Lancelot et Guenièvre cèdent à leur passion et ''trahissent'' le Roi ; Morgane dénonce et prouve à Arthur la liaison de Guenièvre, elle vole les pouvoirs de Merlin.
Morgane profite de ses nouveaux pouvoirs pour prendre l’apparence de Guenièvre auprès d’Arthur désespéré par la trahison de sa femme : c’est l’inceste qui fait naître Mordred. Le péché d’Arthur, ou peut-être son désespoir, font de lui un Roi Pêcheur paralysé, d’où la Quête du Graal seul capable de le guérir. L’achèvement de la Quête fait qu’Arthur retrouve la plénitude de lui-même, et peut-être davantage, ce qui le rend capable d’affronter Mordred dans la dernière bataille.
Il faut rappeler, qu'une génération plus tôt : Merlin avait accepté de réaliser le désir d’Uther Pendragon ( le père d'Arthur) ; en effet Merlin se rendait compte que ce dernier n’était pas destiné à être lui-même le roi ''attendu'', mais à engendrer ce roi. Il lui a donc conféré l’apparence du duc de Cornouailles ; Uther peut ainsi retrouver Ygraine, la femme de celui-ci dont il est épris, la nuit même où le vrai duc meurt dans une embuscade. Morgane – fille du duc de Cornouailles - apparaît alors comme une petite fille qui se réveille en pleurant d’un cauchemar, disant « mon père est mort » ( film ''Excalibur ''). Voyant entrer Uther sous l’apparence du duc, qui appelle à lui Ygraine et lui fait l’amour sauvagement presque sous les yeux de l’enfant, on sent qu’elle devine l’imposture. Plus tard, en volant ses pouvoirs à Merlin, Morgane lui rappelle qu’il a trahi sa mère !
Pour en revenir à la ''Mort d'Arthur'' : Arthur blessé à mort, charge Bedivere ( ou Girflet) de jeter à l’eau l’épée Excalibur... ainsi née la prophétie qu'un jour un roi reviendra et l’épée ressurgira...
Malgré cette espérance, Avalon est présenté depuis le commencement de la légende comme un monde païen qui s’éloigne ; un monde en perte de vitesse, qui s’enfonce dans ses brumes et se coupe de plus en plus de l’évolution historique d’une Bretagne virile et chrétienne. Une telle mort est inéluctable : il a bien fallu que tout cela disparaisse pour en arriver au monde désenchanté dans lequel nous vivons. L’opposition entre temps mythique et temps profane est radicale... A la fin du Moyen-âge, peut-être pouvait-on penser que la sortie du temps mythique s’opérait vers la simplification et le manichéisme, aux dépens de la complexité du monde... ?!
Sources : Isabelle Cani, « « Le roi qui ne peut pas mourir » - et le film Excalibur



/image%2F0551881%2F20180115%2Fob_ef5bc2_les-principales-avantures-de-l-admirab.jpg)
/image%2F0551881%2F20180115%2Fob_cd61e3_engravings-after-coypel-s-don-quixote.jpg)
/image%2F0551881%2F20180115%2Fob_4cfea1_print-after-coypel-don-quixote-at-the.jpg)
/image%2F0551881%2F20180115%2Fob_54582b_engravings-after-coypel-s-don-quixote.jpg)
/image%2F0551881%2F20180115%2Fob_0b3b9d_engravings-after-coypel-s-don-quixote.jpg)
/image%2F0551881%2F20180115%2Fob_e9f33c_don-quichotte-supposant-que-les-marion.jpeg)
/image%2F0551881%2F20180115%2Fob_4e70e5_don-quichotte-surnomme-chevalier-erra.jpeg)
/image%2F0551881%2F20180115%2Fob_7f4062_basile-defendu-par-don-quichotte-172.jpeg)
/image%2F0551881%2F20180115%2Fob_9a3884_charles-antoine-coypel-lady-dolorida.jpeg)
/image%2F0551881%2F20180115%2Fob_567fee_charles-antoine-coypel-don-quichotte.jpeg)
/image%2F0551881%2F20180115%2Fob_a5b947_charles-antoine-coypel-sancho-panza.jpeg)
/image%2F0551881%2F20180115%2Fob_908438_don-quichotte-part-a-la-recherche-d-a.jpeg)
/image%2F0551881%2F20180115%2Fob_fbe98d_works-after-charles-antoine-coypel-in.jpeg)


/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_4d9c90_sator-san-pietro-ad-oratorium-3.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_1bc9c0_carre-sator-magique-long-lost-friend.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_d0146c_sator-arepo-the-seal-of-solomon-the-w.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_29fdeb_carre-sator-magique-romano-british-ac.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_75e6e9_carre-sator-magique-oppede-france.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_356555_carre-sator-magique-2.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_8753cf_chiesa-di-s-maria-ester-rotas-ope.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_0149b1_sator-une-plaque-de-marbre-gravee-est.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_344cfc_carre-sator-the-magic-opera.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_063b8d_sator-duomo-di-siena.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_1cd130_sator-arepo.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_1860fc_chateau-de-tarascon-tarascon.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_5033da_carre-sator-bonaguil-01.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_fedea4_carre-sator-dit-magique-de-valbonnais.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_e1b057_sator-capestrano.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_697173_sator-rochemaure.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_9e8cdf_bergolo-cn-it-carre-sator-grave.jpg)
/image%2F0551881%2F20171209%2Fob_a11569_carre-rotas-02-sator.jpg)


/http%3A%2F%2Fwww.quetedugraal.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F04%2FGauvain-vole-au-secours-de-la-demoiselle-%C3%A0-la-ceinture-dor-Manuscrit-en-quatre-volumes-r%C3%A9alis%C3%A9s-pour-Jacques-dArmagnac-duc-de-Nemours.-Atelier-dEvrard-dEspinques.-Centre-de-la-France-Ahun-vers-1475-263x300.jpg)
/http%3A%2F%2Fwww.quetedugraal.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F04%2Fles-neuf-preuses-2-mini-300x225.jpg)
/http%3A%2F%2Fwww.quetedugraal.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F04%2FPenth%C3%A9sil%C3%A9e-reine-des-Amazones-et-Preuse-216x300.jpg)




