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Les légendes du Graal

perceval

Lecture de l'épisode de la procession du Graal

27 Juin 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Perceval, #Graal

Porteuse de Graal

L’épisode du Graal est une scène « unique », énigmatique et mystérieuse. Elle fera ensuite l’objet de trois commentaires : celui de la cousine, celui de la demoiselle à la mule fauve et enfin celui de l’ermite. Ils font appel au « péché » de Perceval, il est chassé du château …

 

Cette scène a un caractère merveilleux, un peu comme s’il s’agissait d’un rêve… Elle n’a pas d’emblée un caractère chrétien. Même si elle se présente comme « liturgique » …Il s’agit de guérir le roi blessé ( entre les hanches ) et de redonner fécondité à sa terre. Perceval ne saura pas y prendre part.

 

S’il y a une procession avec des cierges, un calice… La lance saigne, ce ceux sont des jeunes filles qui portent deux des objets sacrés, et l’assistance  est celle d’un repas fastueux. L’explication de l’ermite invite à voir dans le Graal un ciboire dans lequel est portée l’hostie destinée au père du Roi pêcheur. Aussi, sommes-nous invité à donner une signification religieuse à la lance. Elle saigne, et accuse Perceval de son impiété ( Le christ est mort pour racheter les hommes ). Une partie du mystère du Graal, lui est révélée après sa conversion du vendredi saint.

Le conte du Graal, offre dans cette scène un matériaux qui a subi d’autres influences que le christianisme. Ce n’est que plus tard, vers l'an 1200, en particulier avec Robert de Boron, que le Graal est la coupe qui ramassa le sang de Jésus Christ sur la croix et la coupe qui se trouva à la Cène.

 

Un graal entre ses 2 meins / Une damoisele tenoit, (Perceval, 3158-3159)

- Dans la tradition médiévale, Il était absolument interdit aux femmes de prendre un tel rôle dans une procession de l’Eucharistie selon l’église catholique.

 

- La règle du silence, était de bonne éducation… Le récit, cependant en fait la critique, et Perceval ne peut s’empêcher de vouloir comprendre : Il cherche à savoir pourquoi « Tant sainte chose est li Graals » ou « Le Graal est chose si sainte » (Perceval, 6351), et à qui l’on fait son service. Mais, il se tait ! Le modèle religieux consistait, alors, à exiger la foi sans questionner…

 

Par ailleurs, on lit que les aventures de Perceval, vont consister en une exploration de soi :

Au début de sa quête : il savait peu à propos de sa famille jusqu’au moment où sa mère lui explique que son père et ses frères étaient des chevaliers : Perceval rencontre sa cousine à son départ du château du Graal qui lui donne son nom (nous découvrons le nom du Perceval pour la première fois (*)  ). Et, il apprend encore plus de sa famille chez l’ermite, qui lui explique qu’il est son neveu… Le Roi Pêcheur et celui qui est servi par le Graal sont des membres de sa famille.

La quête de Perceval est provoquée par son silence qui lui a fait perdre les mystères du Graal, et c’est alors que commence réellement la quête du Graal…

(*) Il faut trouver, pour le chevalier, la brèche qui conduit d'un monde à un autre. Perceval l'a trouvée et son nom révèle cette découverte. N'est-il pas celui qui a percé le secret du Val ? En fait, il a su obéir au conseil du mystérieux Roi Pêcheur, à qui il rend visite dans le château du Graal :      « Grimpez le long de cette brèche, lui dit-il, qui est taillée dans le rocher, et, quand vous serez arrivé là-haut, vous verrez devant vous, dans une vallée, une maison où j'habite. Dans le roc, symbole de la densité, une brèche s'ouvre et monte : telle est la voie. »

Départ de la Quête

Pour le lecteur du Conte du Graal, il s’agit aussi d’une quête, et l’interprétation de l’histoire lui revient ... !

La scène du Cortège du Graal dans le roman de Chrétien de Troyes est l’un des passages les plus mystérieux et emblématiques du récit arthurien.

Comme Perceval, le lecteur ne comprend pas tout et se trouve face à une énigme.

Chrétien de Troyes ne donne jamais la clé du mystère : ni la fonction du Graal, ni la signification de la lance qui saigne, ni l’identité précise des personnages du cortège ne sont expliquées. Cette absence de réponse laisse le lecteur dans la même situation que Perceval, confronté à un spectacle fascinant mais incompréhensible.

 

Le lecteur doit chercher du sens par lui-même, en mobilisant ses connaissances, son imagination et sa sensibilité.

Cette scène est un moment de suspension où merveilleux, sacré et interrogation se conjuguent. Elle incarne la nécessité du questionnement face au mystère, tout en offrant un carrefour de symboles issus de multiples traditions, et peut-être même, une expérience sensorielle et spirituelle marquante.

Comme carrefour de mythes et de symboles, le sens du Cortège reste ouvert et multiple.

 

Perceval, par fidélité – pense t-il - à l’enseignement reçu, n’ose pas interroger le sens du cortège, alors que c’est précisément cette question qui aurait pu sauver le Roi Pêcheur et restaurer l’ordre du royaume. Le lecteur comprend alors, a posteriori, l’importance de l’audace et du questionnement face au mystère.

 

L’échec de Perceval à poser la question sur le Graal souligne l’importance du savoir et de la parole dans la Quête du Graal.

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Perceval: Le chevalier Vermeil et la chevalerie. 2

28 Mai 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Perceval, #Violence, #chevalier

( suite de l'artcle: Le chevalier vermeil, et Perceval 1 )  -  - Notes de lecture de l'étude " LA LEGENDE DU GRAAL " de Emma Jung et Marie Louise von Frans.

Les contes, de toute part,  nous fournissent des « chevaliers rouges », en général en relation avec l’autre monde… Le chevalier vermeil renvoie à sa composante d’ombre dangereuse (la virilité arrogante pour Perceval) … Mais …méfions nous de trop simplifier : « La mythologie associe souvent la couleur rouge, d’une part, au sang, au feu, à l’amour et à la vie, et d’autre part, à la guerre et à la mort. Cette double signification montre que la figure d’ombre n’est pas seulement destructrice, mais également capable de promouvoir les forces de vie si elle est intégrée par le conscient. »

Voilà pourquoi le Chevalier Rouge est, dans une certaine mesure, une expression de la future totalité intérieure de Perceval… Malheureusement, Perceval l’abat avec une brutalité inconsidérée que rien ne justifie. … D’un point de vue psychologique, le meurtre du Chevalier Rouge (l’ombre) traduit une répression brutale des émotions et des affects et correspond à la première étape de la construction d’une personnalité consciente. Tout jeune être qui grandit en société et qui aspire à devenir un individu responsable, doit traverser cette phase de lutte impitoyable contre ses pulsions primitives avant de s’épanouir plus pleinement. Dans notre histoire, le processus se déroule sans aucune réflexion et résulte du désir que nourrit Perceval de devenir chevalier et d’être reçu à la cour d’Arthur.

 

Après avoir retiré l’armure à son adversaire et l’avoir revêtue, Perceval est appelé, à son tour, le « Chevalier Rouge ». En réussissant à maîtriser les émotions intérieures qui l’assaillaient, il permet à la vitalité et à l’énergie qu’elles contenaient de se mettre au service de la conscience qui gagne ainsi en force et en signification.

Remarquons à la lecture que :

- Perceval, tue le chevalier pour prendre son armure, plus que pour lui reprendre la coupegraal d’or… II la renvoie à Arthur en la confiant à l’un de ses valets, sans se donner la peine de se placer lui-même, et sans se douter qu’il y a là, par hasard, une première allusion à l’objet qui sera plus tard au centre de la quête – le vase, le Graal….

- A ce stade de son développement, Perceval n’est pas conscient de la signification de la coupe.

- L’armure subtilisée à son adversaire et qu’il porte désormais constitue un autre élément important … Le mode d’appropriation est loin d’être chevaleresque, de telle sorte qu’une certaine culpabilité y est attachée. Il y a lieu de souligner que Perceval revêt l’armure par-dessus son habit gallois dont il ne veut pas se séparer. Si l’armure représente une part essentielle de lui-même, cela signifie qu’il n’est pas encore le chevalier qu’il souhaiterait être, mais qu’il n’en possède que l’apparence extérieure. Celle-ci correspond à ce que la psychologie analytique nomme la perceval chevalierpersona (masque).

Le terme « masque » indique qu’il ne s’agit pas de la véritable nature d’un individu, mais d’une enveloppe destinée à produire un effet sur autrui. La persona forme en quelque sorte une façade et elle est généralement construite pour faciliter l’adaptation sociale de l’individu ; c’est pourquoi Jung la considère comme un élément constitutif de la psyché collective.

 

Il est significatif que Perceval ignore son nom et se reconnaît uniquement comme « cher fils », « beau fils » et « beau sire », les mots que la mère utilisait pour s’adresser à lui.

Ne simplifions pas… , la « persona » ne doit pas être considérée uniquement comme un masque destiné à tromper les autres, mais aussi comme un moyen d’adaptation essentiel et indispensable. La vie en société est impossible sans le respect de certaines formes

Parallèlement, la persona offre, tout comme les vêtements, une protection contre le monde, sans laquelle l’homme serait trop vulnérable. Il arrive aussi qu’elle constitue une sorte de modèle ou d’idéal que l’on espère réaliser. Dans ce cas, elle sert de ligne directrice de grande valeur pour l’individu, mais si l’idéal est mal choisi, s’il est trop ambitieux ou mal adapté, il peut conduire à des impasses.
La chevalerie représente pour Perceval un idéal de cette nature. Cependant, il n’est pas encore chevalier, il n’en possède que l’armure, c’est-à-dire l’apparence extérieure, dont il lui faudra prendre la mesure. …

Gregoire-envoie-St-augustin-de-cantorbery.jpg Grégoire le Grand lorsqu’il chargea Augustin d’une mission auprès des Anglo-Saxons. Il lui recommanda de ne pas agir avec brutalité et de ne pas détruire les anciens sanctuaires, mais, au contraire, de les bénir afin que le peuple se réunisse en des lieux familiers, désormais au service du vrai Dieu. « Car, disait-il, il est clair qu’il n’est pas possible qu’un esprit fruste et inculte fasse brusquement table rase du passé, tout comme celui qui se prépare à gravir le sommet le plus élevé doit le faire pas à pas, ou étape par étape, et non en quelques sauts. »
Saint Grégoire le Grand envoyant saint Augustin évangéliser les Angles et les Saxons. Legenda aurea. Bx J. de Voragine.

R. de Montbaston. XIVe.

De ce point de vue, la chevalerie chrétienne eut pour mission de participer à la réalisation de l’idéal chrétien.
 

 

 

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Le chevalier vermeil, et Perceval 1

24 Mai 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Chevalier Vermeil, #Ombre, #Jung, #Perceval

Selon Maître Eckart, « la nature profonde de tout grain, signifie le blé, (..)  de toute naissance, l’homme. » Ce qui existe aujourd’hui, est l’expression incomplète de ce qui adviendra…

Emma et Carl Jung

 

- Notes de lecture de l'étude " LA LEGENDE DU GRAAL " de Emma Jung et Marie Louise von Frans.

L’histoire de Perceval illustre parfaitement l’effort de comprendre et de choisir sa destinée. Au départ, la chevalerie ne constituait pour lui qu’un objet de convoitise. Puis, au travers de nombreuses erreurs, il mûrit lentement et épouse son destin en devenant le meilleur des chevaliers, et peut-être celui qui puisse conquérir le Graal. Le chevalier souhaite correspondre à cet «  homme idéal »

Le '' chevalier vermeil '' par divers aspects ressemble à Perceval ; comme lui, il se conduit mal à la cour du roi. Lorsqu’il dérobe la coupe d’or et qu’il répand son contenu sur la robe de la reine, il commet une offense envers le principe féminin; Perceval a fait et fera de même dans la suite de l’histoire. C’est pourquoi il est possible de le considérer comme le double ou l’ombre de Perceval.

  •  

  • La facilité avec laquelle Perceval tue le chevalier rouge interroge sur la nature de la violence chevaleresque : la prouesse seule ne suffit pas, il faudra plus tard intégrer la compassion et la sagesse (ce que symbolisera la quête du Graal).

 

-" Lorsque le processus d'individuation devient conscient, lorsque le moi fait l'expérience de l'inconscient collectif, il se transforme. Cela se produit le plus souvent lors de la rencontre avec l'ombre..." Jung

 D’un point de vue psychologique, l’ombre désigne des traits de caractère inférieurs, généralement sombres ou secondaires, auxquels le moi conscient accorde peu d’importance, mais dont l’existence est bien réelle. Le plus souvent, il s’agit de traits de nature émotionnelle qui possèdent une certaine autonomie et qui, à l’occasion, débordent le conscient. Ces contenus sont en partie d’origine individuelle et peuvent être pris en compte par un effort moral de connaissance de soi ; ils ne sont pas exclusivement négatifs car ils traduisent une part de vitalité et une parenté avec les instincts, lesquels possèdent également une valeur positive. Par ailleurs, l’ombre contient aussi des aspects obscurs d’origine collective qui se cristallisent dans l’image archétypique d’une divinité destructrice et qui mettent l’humanité en face de problèmes terrifiants.

La figure du Chevalier Rouge peut conduire le Chevalier en Quête dans les sombres abîmes du problème du mal.

Pour le moment, cependant, nous le considérerons comme l’ombre personnelle de Perceval, à savoir une part d’émotivité et de brutalité barbare qu’il doit surmonter avant de devenir un chevalier chrétien.

La suite de cette réflexion: ICI: Perceval: Le chevalier Vermeil et la chevalerie. 2 - Les légendes du Graal

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Kafka et Perceval: coupables !

13 Avril 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Perceval, #Kafka

Kafka, c’est : -  le père honni, - un homme qui aime les femmes, mais est incapable d’en choisir une.

Kafka, c’est : - un style de constat d’huissier, - un comique de situation ( grotesque).

Kafka, ce n’est pas sociologique (pas d’argent, de commerce, de pouvoir …) , pas politique (pas d’idéologie, de parti, de religion.. )

Kafka est un homme sportif, énergique, séduisant ( ténébreux, au physique étrange ..) … Il peut être dépressif, douter et choisir la solitude… Il n’est pas malheureux. Il est docteur en droit : études dont il méprise le contenu… Il n’est pas victime, mais «  en rage », avec humour… !. Les lectures de ses œuvres ( qu’il n’a pas publié ), entre amis, constituaient des moments de franche hilarité..( Max Brod , en témoigne )

Kafka était un lecteur passionné de littérature médiévale et philosophique, et son œuvre reflète des thèmes proches de ceux du Graal : la quête, l'énigme, et l'incapacité à poser la bonne question.

Certaines analyses littéraires, comme celles de Václav Jamek, établissent un parallèle entre Joseph K. dans Le Procès et Perceval, soulignant leur errance face à une vérité inaccessible. Il met en lumière la quête inachevée des deux personnages et leur incapacité à poser la question essentielle, renforçant ainsi l’énigme qui les entoure. Son analyse souligne une dimension métaphysique commune aux deux œuvres

«  L’histoire de Joseph K., rappelle celle de Perceval et du Saint-Graal. Comme lui K. se perd dans les questions qui n’en sont pas, mais il ne pose jamais la question qu’il faut. Et Kafka sait que là réside toute l’énigme. L’étude du manuscrit le prouve : il retranche parfois certains mots qui pourraient rendre l’énigme trop claire. La seule vraie question, qu’il ne pose pas, est celle-là : est-ce qu’il s’agit vraiment de se faire acquitter ? Si chacun en ce monde, est convoqué au tribunal, est-ce que je ne suis pas moi-même membre du tribunal, investi moi aussi du pouvoir d’acquitter ? Toute l’œuvre repose sur cette évidence : il y a quelque chose de simple à dire, qui dissiperait le cauchemar. » Vaclav Jamek

Le rôle de la "grande" littérature, ou du mythe... est de nous interroger sur nous-même. Ici, il est intéressant  de rapprocher deux " héros" qui s'éclairent l'un - l'autre, et nous poussent dans nos retranchement...

Au lieu d'être confortablement une victime, ne suis-je pas coupable ? … de n’avoir pas su dire ce qu’il fallait en face de l’infamie ( du mal ) ?

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L’attention et Perceval

7 Août 2011 , Rédigé par Perceval Publié dans #Perceval, #Simone Weil

Chez Chrétien de Troyes, Perceval échoue dans la première partie de sa quête, par son incapacité à questionner … Certains lient cette faculté à une forme d’attention…

« L’attention est la forme la plus rare et la plus pure de la générosité.

Il est donné à très peu d’esprits de découvrir que les choses et les êtres existent.

Depuis mon enfance je ne désire pas autre chose que d’en avoir reçu avant de mourir la révélation complète. […]

Cette découverte fait en somme le sujet de l’histoire du Graal. Seul un être prédestiné a la capacité de demander à un autre : « Quel est donc ton tourment ? » Et il ne l’a pas en entrant dans la vie. Il lui faut passer par des années de nuit obscure où il erre dans le malheur, loin de tout ce qu’il aime et avec le sentiment d’être maudit. Mais au bout de tout cela il reçoit la capacité de poser une telle question, et du même coup la pierre de vie est à lui. Et il guérit la souffrance d’autrui. » SIMONE WEIL et JOË BOUSQUET, Correspondance, Lausanne: L'Age d'Homme, "Le Bruit du temps", 1982, pp. 18-9.

Perceval, en effet, ne prête que rarement attention aux autres,

« ni aux chevaliers qui l’interrogent dans la forêt et auxquels il ne répond pas ; ni au désespoir de sa mère et à l’histoire familiale qu’elle lui conte ; ni à cette mère, tombée devant le pont-levis ; ni aux larmes de la demoiselle de la tente ; ni à la mélancolie du roi Arthur ; ni à la détresse de Blanchefleur ; ni au regard que pose sur lui le Roi Pêcheur, à la langue et aux membres liés. Voilà la cause de son échec. » ZINK, "Le Graal, un mythe du salut", pp. 79-80.

 

Il est à noter que Perceval, ne connaissait pas son nom ( non-connaissance de soi ). Et, pour comprendre les « signes », il est évidemment nécessaire de « se connaître ». ( cf Ricœur ).

Devant le cortège du Graal, deux questions s’entrechoquent : «  Qui l’on sert ?», «  A qui est-il parlé ?». «  Car si celui à qui on sert l’objet graal est peut-être un vieux roi « esperitaus », celui à qui on sert le signe graal, en revanche, est assurément le questionneur lui-même. Et s’il avait vraiment fallu que la question de Perceval restaure un ordre perturbé, sans doute est-il plus fondé de supposer que la réponse l’aurait concerné lui plutôt que le vieux roi, et que c’est de sa propre transformation que le geste rédempteur aurait pu venir. » thèse de Christophe Imperiali : « En quête de Perceval. Étude sur un mythe littéraire »

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Autres figures ( sur ce site) de la Quête du Graal

3 Mars 2010 , Rédigé par Perceval Publié dans #La Quête du Graal, #Perceval

Rapidement, je vous présente les autres figures de Perceval ; que vous rencontrerez sur ce site :

Roger de Laron, serait né vers 1272 et mort en 1342, d'une lignée de seigneurs limousins ... Chevalier ou servent, il fut au service des templiers, et à quelques grands de ce monde. Il parcourut Chypre et ce qui restait des états latins, le Royaume de Sicile, l'Angleterre, le Comté de Toulouse et l'Aragon...

A Saint-Jean d'Acre, un autre personnage, entre dans la vie de Roger de Laron : il s'agit de Hugues de Clairavaux (1274- 1356), chevalier du Temple, puis de l'hôpital, commandeur de Paulhac.

A Chypre, Roger de Laron entend parler de la première fois de la science du ''Grand Oeuvre'' ...

Le 13 octobre 1307, Roger de Laron est arrêté. Il est finalement relâché, fin 1312...

On dit que le testament de Hugues de Clairavaux, destiné au grand prieuré d'Aubusson, signalait l'endroit où était caché une partie du ''trésor'' des Templiers...

D’Angleterre, il revient accompagnée d'une femme, Marguerite de Laron ; que les légendes locales - peut-être du fait de sa beauté et de son ''étrangeté'' -préféreront voir venir du monde féerique... n passé templier dont il vaut mieux – en ces années - ne pas se vanter ; partage avec cette femme qui le fascine, une relation tempétueuse ; et leurs disputes puis leur retrouvailles sont tonitruantes...

Blason

Après la guerre en Terre Sainte, après ses voyages, son séjour en Angleterre, après son mariage avec Dame Margot ( sa ''Mélusine'' ) qui dure sept ans ; Roger de Laron, se terre dans son château. Quelques pages, tirées de ses chroniques, reprennent des anecdotes de sa vie, en un roman de chevalerie... Il se met en scène, et cette histoire recoupe les étapes d'une recherche alchimique...

Dans les chroniques rapportées dans les documents familiaux, Roger de Laron est présenté assis au coin du feu ( philosophe par le ''feu''), et il réfléchit sur le sens de l'or(hors) du temps, l'éternité...

Il médite sur ses rencontres avec sa Dame Margot ;Mélusine ; la Dame, reine et fée ; l'Amour Courtois, le Roman de la Rose, Dante et Béatrice, Le Grand-Oeuvre, Bacon, Les Trois Tables ; le Carré magique (SATOR) ; Sainte-Barbe ( en Limousin), etc ...

Ainsi, un chevalier lettré peut rencontrer l'alchimie, l'amour courtois et la légende du Graal ( par exemple) et comprendre ce qui les lie...

Quatre siècles plus tard, nous retrouvons Jean-Léonard de la Bermondie, né en 1739, en son ''château'' de St Julien le Petit de Laron, en Limousin...

Enfant, il connaît par cœur, les coins et recoins jusqu'au souterrain sous la butte, où se trouve les ruines de l'ancien château de Laron ; que la plupart, ici, appelle le Château de Rochain ( ou rochein)...

La famille garde dans les greniers des coffres dans lesquels s'amoncellent des antiquités recueillies avant l'abandon du vieux château...

Jean-Léonard de la Bermondie, élève au Collège jésuite de Limoges, puis résident dès 15ans à Versailles comme page du Roi de la Petite écurie...

Officier dans les Gardes Françaises ; il y rencontre le marquis de Lusignan, avec qui il emprunte le chemin de la Franc-maçonnerie...

C'est l'expérience des histoires de Roger de Laron ; qui vont le pousser à retrouver la trace des Templiers, à découvrir la résurgence d'une nouvelle chevalerie sur les chemins de la '' Rose-Croix'' ; la survivance de l'alchimie ; et la réalité d'une nouvelle société rêvée en Franc-maçonnerie

Il nous fait découvrir : les salons et le libertinage, Cagliostro, l'écossais Sinclair, la survivance templière et la piste du Graal en Écosse ; les Rose-croix ; et tout simplement le Limousin au XVIIIe siècle....

En 1791, il émigre en Suisse, où il rencontre Germaine de Staël et le groupe de Coppet; il va en Allemagne pour découvrir la nouvelle philosophie allemande ...

Fort de l'héritage de son ancêtre, Jean-Léonard de la Bermondie découvre diverses routes qui conduiraient au Graal; et comme émigré (pendant la révolution ), la pilosophie... Avant de tourner cette page, il laisse à sa descendance les traces de ce chemin de vie.

Le relais va être assuré par Charles-Louis de Chateauneuf, né en 1816 à Limoges... Sans doute enfant adultérin, de la fille de J.L. de la Bermondie...

Charles-Louis rencontre un camarade de son âge avec qui partager sa passion, il se nomme Elie Berthet. Etudes de mathématiques... Légitimiste, il sert la Duchesse de Berry), traverse la monarchie de juillet entre la bohème et les salons intellectuels... Il traverse les salons comme celui de la Bibliothèque de l'Arsenal, ou de Madame d'A. qui tient un salon du faubourg Saint-Germain...

Il connaît, les sociétés secrètes, les complots, le Voyage en Orient ... Il suit la piste du Graal, avec l'aide d'historiens, comme Augustin Thierry, Gaston Paris le spécialiste du Moyen-âge redécouvert, ou des personnalité, telles Edgar Quinet'; 'L'abbé'' Alphonse-Louis Constant; le scientifique Arago; ou des allemands comme Friedrich de la Motte Fouqué, qui se passionne pour l'épopée du Graal...

Il va être marqué par Walter Scott, auteur d'Ivanhoé, que Charles-Louis n'a pas vu; mais – comme beaucoup – s'est passionné pour l'Histoire à la lecture de ses récits ... On peut citer encore, pour ce qui est des lectures, celles de Germaine de Staël, Benjamin Constant, E.P. De Senancour et Alfred de Musset; et bien sûr des philosophes allemands...

Par ses frères de loge, il remonte jusqu'aux templiers, par Emmanuel Swedenborg (1688-1772), Cagliostro, et Wolfram von Eschenbach avec son '' Parzival''...

Toujours de la même lignée, mais d'une autre branche familiale - normande – c'est Anne Laure de Sallembier (1875-1951) qui prend la suite...

Anne-Laure, unique héritière d'une riche famille de négociants qui a fait fortune dans le commerce des tissus au long du XIXe siècle, épouse un vieil aristocrate qui a su monnayer son titre, le Comte de Sallembier, ''orléaniste'' proche de Victor de Broglie… Quelques années après son mariage, Georges de Sallembier, meurt subitement d’une fièvre typhoïde, à Paris...

Nous pouvons suivre le parcours intellectuel de cette femme , immergée dans la ''Belle Epoque''.. Femme du monde, elle fréquente la société aristocratique et intellectuelle... Elle est particulièrement liée avec Julia-Gabrielle Renaudot, la seconde épouse de Camille Flammarion.

En relation avec les cercles d'Albert de Mun, elle va progresser vers la République, et fréqenter des cercles bien plus libéraux... Elle devient l'une des amies d'Élisabeth de Gramont...

Elle sera marquée par la rencontre avec Judith Gautier (1845-1917), la fille de Théophile, et rejoindra les amis du '' Mercure de France''...

Elle peut échanger sur ses recherches autour du Graal, avec de nombreux wagnériens, et croise des personnalités comme Joséphin de Péladan, Huysmans, l'abbé Mugnier... Elle va rencontrer Remy de Gourmont, le philosophe Jules Gaultier avec qui elle va compléter ses notions sur Schopenhauer – auteur à la mode – et s'initier à la lecture de Friedrich Nietzsche.. Elle sera comme beaucoup de femmes du monde une habituée des cours de Bergson, au Collège de France...

Elle pratiquera une vie mondaine intense entre Paris, Dauville, et sa propriété de Fléchigné, où elle finira par s'établir, après la grande guerre, le plus souvent...

De son mariage, elle eut un fils: Lancelot, qui signe Lancelot de Fléchigné (1900-1975); et qui tout naturellement va se passionner pour tout ce qui concerne le Graal... Pour l'heure, je ne peux vous en dire plus, n'ayant pas eu le temps de parcourir les documents, les objets et toutes sortes de vieux papiers, encore stockés dans des malles à peine explorées; mais que mon grand-père m'a léguées; et que j'ai récupérées, alors que la propriété était vendue...

 

Depuis..... la Lignée s'est agrandie ....

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Trois gouttes de sang sur la neige: Perceval et Blanchefleur

15 Février 2010 , Rédigé par Perceval Publié dans #Perceval

 

 

" C'est l'hiver, Le roi Arthur et ses chevaliers viennent de quitter le château de Carlion , la nuit venue, ils s'arrêtent et dresse leur camp dans une prairie près de la forêt. Perceval qui se trouve à proximité regarde un vol d'oie sauvage, l'une d'elle est attaquée par un faucon, blessée elle gît à terre, Perceval est subjugué par la vue du sang sur la neige.

 

 

Les femmes sont très présentes autour de Perceval. Mais la sexualité de Perceval, reste cachée, taboue. Ici, objet de la rêverie, Blanchefleur, est fantasmée autour d’un récit érotique, mais voilé : images de chasse, et d’oie blessée. Résultat et rencontres manquées, et image trinitaire : qui annonce un ‘autre monde’, autour du temps suspendu …

Image du portrait de la femme, qui ouvre sur l’expression métaphorique du désir interdit .

L’image sensuelle crée le désordre dans son esprit, et il devra la remplacer par ‘  la blanche lance, de laquelle goutte le sang ‘

 

Au matin la neige était bien tombée,
car la contrée était très froide.
Perceval, au petit jour,
S'était levé comme à son habitude,
car il était en quête et en attente
d'aventures et d'exploits chevaleresques.
Il vint droit à la prairie
Gelée et enneigée
où campait l'armée du roi.
Mais avant qu'il arrive aux tentes,
voici venir un vol groupé d'oies sauvages
que la neige avait ébouies.
Il les a vues et entendues,
car elles fuyaient à grand bruit
devant un faucon qui fondait
sur elles d'un seul trait.
Il atteignit à toute vitesse
l'une d'elles, qui s'était détachée des autres
Il l'a heurtée et frappée si fort
Qu'il l'a abattue au sol.

Mais il est trop matin et il repartit
sans plus daigner se joindre ni s'attacher à elle.

Perceval cependant pique des deux,
dans la direction où il avait vu le vol.
L'oie était blessée au col.
Elle saigna trois gouttes de sang,
qui se répandirent sur le blanc.
On eût dit une couleur naturelle.

 

L'oie n'avait tant de douleur ni de mal
qu'il lui fallût rester à terre.
Le temps qu'il y soit parvenu,
elle s'était déjà envolée.
Quand Perceval vit la neige qui était foulée,
là ou s'était couchée l'oie,
et le sang qui apparaissait autour,
il s'appuya sur sa lance
pour regarder cette ressemblance.
Car le sang et la neige ensemble
sont à la ressemblance de la couleur fraîche
qui est au visage de son amie.
Tout à cette pensée, il s'en oublie lui-même.
Pareille était sur son visage
cette goutte de vermeil, disposée sur le blanc,
à ce qu'étaient ces trois gouttes de sang,
apparues sur la neige blanche.
Il n'était plus que regard.
Il lui apparaissait, tant il y prenait plaisir,
que ce qu'il voyait, c'était la couleur toute nouvelle
du visage de son amie, si belle.


 

  Chrétien de Troyes, Perceval.
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3 * L’âme de Perceval : Blanchefleur et le chevalier vermeil.

15 Avril 2009 , Rédigé par Perceval Publié dans #Perceval, #Blanchefleur

    Voir aussi: * 1 * L'histoire de Perceval
                            et * 2 * La " Quête " du Graal ...


Une âme en recherche, tel est déjà le sens de la première rencontre de Perceval avec les chevaliers … Je ne peux faire sans la prédominance du corps, des instincts… mais je reconnais derrière le désir, un principe actif de nature spirituelle puisqu’il me pousse vers la quête et la recherche de réponse aux questions «  qui-suis- je » ?, « quel est le sens de ma vie » ? Questions primordiales …

A noter : au début du Conte, Perceval ne connaît pas son nom… !

Sa mère tente de lui donner un savoir : « ne jamais s’en tenir à l’extérieur, mais de chercher le sacré qui y est caché »

Perceval part sans autre savoir, que le souvenir de sa mère… Perceval, « se lève » prend ses armes, puis tel un pèlerin, demande le Chemin,  '' la voie ''. Avec lui, pour nous, pour moi, le conte a marqué le parcours de signes : « afin que nul ne s’égare » ( vers 6255).


Lors de la première rencontre du Féminin

Perceval, élevé à l’écart du monde chevaleresque par sa mère et peu après avoir quitté la forêt, aperçoit une tente richement décorée au milieu d’une clairière. Ne connaissant rien des réalités du monde, il assimile cette tente à une église, car il n’a jamais vu de telles constructions et associe ce qui est beau et orné à un lieu sacré.

Perceval entre alors dans la tente avec respect, comme il entrerait dans une église. À l’intérieur, il trouve une jeune femme endormie. Il la réveille, la prend pour une sorte de statue ou de sainte, et agit avec une maladresse qui provoque la surprise, puis la colère de la jeune femme...

 

En entrant dans l’espace sacré de la tente vermeille, il reproduit un comportement religieux : mais un rituel sans signification… A la demoiselle il vole un baiser et un anneau. Il ne s’agit pas d’Amour courtois !

De plus, par cette violence symbolique, il ne reconnait pas à la psyché sa véritable fonction : celle de se découvrir être complet ( corps, âme et esprit). Dans les Ecritures, la femme représente souvent l'âme humaine, la psyché (pensée, sentiments, volonté). Dieu crée l’humain, homme et femme .

Aussi pour l’homme, la quête est aussi de rechercher sa complémentarité, au travers du féminin symbolique…

Ici, dans la vie de Perceval, la place de la femme, peut représenter celle de l’âme dans sa quête.

 

La rencontre avec Blanchefleur est nécessaire pour accéder à un au-delà dans lequel l’Esprit prendra l’entière place …

Au départ, la méprise de Perceval, est à l’image d’une spiritualité prise au mot, à la lettre … !


De plus, le chevalier vermeil ( son double) représente une force destructrice, assimilé au vieil homme dans toute spiritualité. Ce meurtre, symbolise une première victoire sur les instincts et les appétits primitifs. Perceval devient le chevalier vermeil, ou il croit l’être.


Est-ce la véritable identité, de Perceval.. ?

Pour reprendre la suite des aventures de Perceval, et rencontrer le '' Chevalier Vermeil '': C'est ici: L'histoire résumée du Chevalier Vermeil - Les légendes du Graal

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2 * La " Quête " du Graal ...

21 Mars 2009 , Rédigé par Perceval Publié dans #chevalier, #Perceval

Perceval, devant le fameux cortège, est incapable de poser la question libératrice. c'est plus tard sa cousine, puis son oncle l'ermite, qui lui donnent l'explication de son manquement : Perceval a tué sa mère en partant...

La malédiction se prolonge d'ailleurs avec Perceval lui-même : en lui offrant une épée qui se brise quand on veut s'en servir, symbole évident d'impuissance sexuelle, le Roi Pêcheur lui transmet sa stérilité . La faute concerne le lignage ......


Le " silence " de Perceval est une des clés de compréhension ...

La quête du Graal est celle de la Parole perdue, un trésor que révèle Jésus...


Ce graal , que l'on porte en soi, et qui nous est obscur, est l'objet d'une quête qui , loin d'être une tranquille balade, est une chevauchée fantastique sur la Voie du dépassement de soi, pour y découvrir le Soi, ou pour « naitre à nouveau », selon les mots de Jésus...

 

Quête aux multiples épreuves, au travers de la "forêt périlleuse" que le chevalier doit traverser pour arriver au château (l'esprit).

La coupe passe comme une tempête, nous dépouille du vieil homme que nous étions , et file vers l'être que nous n'aurions jamais du cesser d'être...
 

Le chevalier est en recherche de ''gloire''  et, dans la tradition chrétienne, la « gloire » (du latin gloria, du grec doxa) renvoie à la manifestation éclatante d’une présence, notamment la présence divine.

 

suivre.... : 3 * L’âme de Perceval : Blanchefleur et le chevalier vermeil.
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