Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Les légendes du Graal

futur

Vers une Politique du Réel Augmenté

21 Septembre 2026 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Futur, #Ecologie, #Politique

Ma discussion récente avec Elaine sur les enjeux écologiques et sociaux semble, à première vue, nous enfermer dans une opposition binaire insoluble. D'un côté, l'appel à une transformation radicale de notre rapport au vivant ; de l'autre, la fidélité à un ordre hérité et à la responsabilité de transmission. Pourtant, en y songeant, sous le blason sculpté au linteau de la porte à Fléchigné, je sens que les voix de notre Lignée murmurent les prémices d’un dépassement, un « chantier à venir » que nous pourrions nommer la Politique du Réel Augmenté.

Pourquoi le '' Réel Augmenté '' ? - Je m'en explique : je considère que ce que nous appelons '' Réalité '' n'est qu'une version filtrée, réduite et simplifiée du Réel. Elle correspond au cercle de lumière que le faisceau de notre conscience dessine dans l’obscurité. C’est une construction nécessaire à notre survie, mais structurellement appauvrie par nos limites biologiques et conceptuelles. Le Réel, quant à lui, est la totalité englobante, l’obscurité infinie qui précède, contient et déborde ce cercle de lumière.

Nous avons retracé comment nous imaginions l'an 2025 dans les années 1970-1980 ; cela illustre parfaitement cette « réalité simplifiée » : un monde de voitures volantes, d'usines propres et de maîtrise technologique totale. C’est ce que Jean-Luc Marion appelle le « phénomène pauvre » (ou de droit) : un horizon de calculabilité et d'objectivation où l'esprit humain réduit le monde à sa propre mesure pour le dominer.

Cette réduction mécaniste est à la racine de nos crises actuelles (le dérèglement écologique, l'automatisation aliénante). En voulant traiter la Terre ou le travail comme des « objets disponibles », la modernité a produit ce que Marion nomme le « déchet » : cette matérialité sauvage (comme le climat en dérèglement) qui proteste contre son objectivation forcée. La crise écologique est le cri du Réel brisant la clôture de notre réalité utilitaire.

Si le Réel m’apparaît comme une obscurité infinie, je le nomme '' Réel Augmenté'' quand j'élargis mon champ de conscience.

Dès lors, le Réel augmenté ne désigne pas un complément virtuel ou une couche technologique plaquée sur le monde. Il s'agit du dévoilement d'une intensité déjà présente, un élargissement de notre attention et de notre sensibilité qui fissure la prison de nos représentations utilitaires pour nous reconnecter à la surabondance du Réel.

 

Dans notre diagnostic de 2026, la « Terre Gaste numérique » fait rage. Nous errons dans un désert de signes vidés de leur chair, où l'algorithme remplace le jugement. Face aux onze blocs de fractures ( cf article précédent) qui déchirent notre espace politique, nous ne pouvons plus nous contenter de propositions univoques et dogmatiques. Une politique du Réel Augmenté doit habiter ces tensions sous forme d'interrogations fondamentales.

Le Climat et le Réveil Écologique : - Le Constat : nous l'avons vu précédemment. - Mon interrogation : Devons-nous concevoir la nature comme un « partenaire sujet » exigeant la décroissance et le respect des « seuils de convivialité » d'Ivan Illich ? Ou la sauvegarde de notre civilisation repose-t-elle sur la souveraineté technologique, l'innovation décentralisée et la gérance humaine ? Comment articuler la vulnérabilité intrinsèque du vivant avec notre besoin de développement ?

La Technologie, l’Intelligence Artificielle et le Travail : - Mon interrogation : L'automatisation cognitive est-elle une occasion d'émancipation libérant l'humain des tâches répétitives, ou la forme suprême de notre déracinement spirituel ? Le travail doit-il se redéfinir comme une « activité de contribution » gratuite et soignante, ou devons-nous réhabiliter la valeur morale de l'effort, du mérite et du courage individuel ? Comment poser la question de Parsifal — « Quel est ton tourment ? » — dans un monde géré par des algorithmes de boîte noire ?

La Santé et la Sécurité : Mon Interrogation : Ces technologies d'anticipation favorisent-elles notre épanouissement, ou nous enferment-elles dans une surveillance algorithmique liberticide qui abolit le droit à l'erreur et à l'imprévu ? Comment garantir un accès équitable à la santé sans réduire le corps humain à un ensemble d'inputs et d'outputs modélisables ? Où placer la frontière entre la protection collective et l'irréductible liberté de la chair ?

L’Éducation et le Pouvoir d’Achat : Mon interrogation : L'éducation doit-elle être le lieu de la restauration du mérite et de l'autorité traditionnelle, ou une initiation « organique » où l'élève réapprend à relier la physique, la géométrie et la poésie dans un contact charnel avec le vivant ? Le pouvoir d'achat se mesure-t-il par la baisse des charges et la compétitivité marchande, ou par notre capacité à concevoir une économie circulaire et symbiotique valorisant les ressources locales ?

La Nation, l’Immigration et les Frontières : Mon interrogation : Comment penser notre hospitalité sans dissoudre l'hôte qui accueille? Si, à l'image du fleuve historique de Jean-Léonard de la Bermondie, la nation doit renouveler ses eaux pour rester fidèle à son génie, à quelles conditions de réciprocité républicaine un tel métabolisme est-il possible ? Devons-nous opposer l'enracinement local au devoir d'hospitalité mondiale, ou concevoir notre héritage comme un « pont » dynamique plutôt qu'une forteresse close ?

Face à ces interrogations, la tentation de notre époque pourrait être de déléguer notre souveraineté de décision à une puissance technique neutre et automatisée. Mais décider n'est pas calculer. Le calcul cherche l'optimisation froide, tandis que le jugement humain exige le doute, la responsabilité et la confrontation avec le tragique de l'existence. Comme nous l'a enseigné Achille-François Delamarre au XIXe siècle, « les équations ne consolent pas ». L'amour, la douleur et l'espérance échappent structurellement à toute formalisation mathématique.

Le compromis que nous cherchons ne sera ni technique, ni bureaucratique. Il s'inscrit dans un « biréalisme » qui réconcilie le dehors matériel et le dedans conscient du monde. C'est ici que le Graal se dévoile, non plus comme une coupe d'or inerte à posséder (le piège de la substance), mais comme un « Objet Éternel » : un potentiel infini de fraternité, de guérison et de beauté qui attend d'être actualisé par la qualité de notre attention pure au présent.

Pour que la sève de notre passé nourrisse enfin l'avenir sans que notre histoire ne s'ensable dans le désert de l'indifférence, nous devons oser poser les questions fondamentales au cœur de la modernité :

Quelle lumière offrirons-nous à ce monde en quête de sens, pour que la sève de notre culture nourrisse enfin l’avenir sans que notre histoire ne s’efface dans l’indifférence ? 

Lire la suite
Publicité

Comprendre les enjeux du monde d'aujourd'hui, pour 2080

6 Septembre 2026 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Futur

Comprendre les enjeux du monde d'aujourd'hui, ce serait dès maintenant poser un diagnostic. Et, pour demain ( disons, 2080) développer une vision, mais avant : comment en 2026, imaginons-nous 2080 ?

Climat

Sur le Climat, par exemple, les experts prévoient , la montée du niveau des mers. Si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites, les scientifiques estiment que le niveau des océans pourrait s’élever de plus d’un mètre d’ici 2100. Cela menacerait des villes côtières comme Jakarta, Miami ou même Bordeaux, avec des migrations massives à prévoir et des coûts colossaux d’adaptation pour les infrastructures. Egalement au cœur des inquiétudes climatiques de 2026 : hausse des températures : certains seuils (+1,5°C) sont déjà quasiment atteints , fonte du permafrost, Amazonie, courants océaniques comme l'AMOC...

Et alors, comment imaginer 2080 ?

Les digues de Djakarta et de Lagos ont cédé. La montée des eaux a rendu inhabitables de vastes zones côtières. En Europe, on accueille des réfugiés climatiques venus d’Asie et d’Afrique, déclenchant tensions politiques et élans de solidarité. Des “mégaprojets” voient le jour pour créer des villes flottantes autonomes, fonctionnant grâce aux énergies renouvelables. La question n’est plus de “sauver la planète”, mais de réapprendre à y vivre autrement.

En 2080, nous aurons réussi à stabiliser le climat. Grâce aux technologies de captation de carbone, à la sobriété mondiale et à la reforestation massive, la température moyenne se sera stabilisée. La biodiversité aura retrouvé son équilibre, et les écosystèmes urbains seront fusionnés avec la nature.

Réaliste ? Cela suppose une coopération mondiale continue, ce qui reste incertain. Qui va payer l'adaptation, quels pays seront les plus vulnérables (déjà largement documenté aujourd'hui) ?

Technologie

Exemple : L’intelligence artificielle générative : Depuis deux, trois ans, l’IA est capable de rédiger des romans, produire des films ou concevoir des médicaments. Cela promet des avancées fulgurantes, mais soulève aussi des questions éthiques : à qui revient la responsabilité en cas d’abus ou de manipulation ? Que devient la place de la créativité humaine ? L'angle mort est la consommation énergétique et des ressources (eau, terres rares, électricité) que l'IA mobilise déjà massivement en 2026... La concentration du pouvoir technologique entre quelques acteurs (grandes entreprises tech), est un enjeu central du débat de 2026.

Et alors, comment imaginer 2080 ?

Les IA sont devenues co-auteures d’œuvres littéraires, juges assistants dans les tribunaux, et même confidentes personnelles. Une génération de jeunes adultes réclame le droit à l’erreur, à l’imperfection, à la lenteur : on parle alors de “sobriété numérique émotionnelle”. Des lois sont votées pour garantir une zone non-automatisée dans chaque ville, des espaces où les décisions ne sont prises que par des humains. L’humanité redécouvre la joie du non-algorithme.

Nous vivrons en cohabitation constante avec des intelligences artificielles personnalisées, sensibles à nos émotions, capables d’évoluer avec nous au fil de la vie. Certaines personnes préféreront vivre et aimer dans le virtuel. Le transhumanisme sera devenu une pratique courante, avec des implants neurologiques donnant accès direct à Internet.

Réaliste ? Le contrôle des infrastructures IA à l'échelle mondiale (qui possède les modèles, les puces, les data centers) sera déterminant pour savoir vers quel scénario on bascule.

Travail

Exemple : L’automatisation accrue des emplois : De nombreux métiers sont largement transformés, voire remplacés, par des machines : comptables, chauffeurs, employés de bureau… Le sujet dominant est à présent l'automatisation des métiers cognitifs et créatifs eux-mêmes (rédaction, code, design) via l'IA générative. Il faudra repenser la formation, le sens du travail, et peut-être imaginer de nouveaux modèles économiques comme le revenu universel – qui fait déjà l'objet d'expérimentations concrètes depuis plusieurs années - pour faire face à ces bouleversements.

Et alors, comment imaginer 2080 ?

Le salariat classique a largement disparu. À la place, les citoyens se voient confier des “missions” rémunérées et choisies, selon leurs compétences et les besoins de la société : reforestation, médiation sociale, mentorat d’enfants, archivage numérique… Le revenu de base universel garantit la stabilité, mais chacun est invité à contribuer selon ses talents. L’utilité sociale prime sur la rentabilité.

Le concept même de “travail” aura été redéfini. La majorité des tâches répétitives seront accomplies par des systèmes automatisés. Les humains auront des rôles de supervision, de création, ou de soin. Le revenu de base mondial assurera l’accès aux biens essentiels, et le statut social ne sera plus lié à l’emploi mais à la contribution citoyenne ou créative.

Réaliste ? Très spéculatif, car il remet en cause les fondements économiques et culturels actuels. Mais la robotisation pourrait y mener. Rappelons-nous un point aveugle similaire en 1970, sur le partage "équitable" des gains de productivité par les syndicats, qui s'est révélé irréaliste.

Géopolitique

Exemple : La lutte pour la domination technologique, militaire et économique entre les États-Unis et la Chine structure déjà l’équilibre mondial. Demain, cela pourrait redessiner les alliances, fragiliser des régions comme l’Asie-Pacifique, et mettre à l’épreuve la gouvernance internationale.

Le diagnostic devrait s'attacher également à la guerre en Ukraine, la recomposition des alliances européennes, la montée de puissances intermédiaires (Inde, Golfe) et la fragmentation des chaînes d'approvisionnement. Les institutions internationales sont en crise (ONU bloquée, OMC affaiblie).

En 2080 - Le monde s’est fragmenté en quatre grandes sphères d’influence : la technosphère sino-asiatique, la sphère euro-africaine écologiste, l’Amérique néolibérale, et une alliance des pays du Sud. Les tensions sont gérées via un Conseil des Intelligences Artificielles Diplomatiques, chargé de modérer les échanges stratégiques. Paradoxalement, ce sont les machines qui préservent la paix fragile entre des humains toujours prompts au conflit. Cela suppose que des IA échapperaient aux intérêts nationaux de leurs concepteurs, ce qui contredit la fragmentation en "sphères d'influence"...

Les États-nations auront perdu en influence au profit de grandes alliances régionales, de villes globales et de collectifs numériques transfrontaliers. Les décisions majeures seront prises à l’échelle planétaire via des plateformes d’intelligence collective. La guerre physique sera rare, remplacée par des conflits informationnels et systémiques.

Réaliste ? Le retour des nationalismes pourrait freiner cette évolution.

Santé – Vers une médecine préventive et personnalisée

En 2080, grâce aux progrès de la génomique, des nanotechnologies et de l’IA, chacun aura un jumeau numérique médical permettant de détecter la moindre anomalie bien avant l’apparition des symptômes. Les maladies chroniques seront gérées de façon automatique, et l’espérance de vie dépassera les 110 ans dans certains pays.

Réaliste ? Et la question de l’accès équitable, de la vieillesse, et des assurances … ?

Sécurité – La surveillance intelligente ou liberticide ?

En 2080, des systèmes d’analyse comportementale prédiront les infractions avant qu’elles ne se produisent. Les drones assureront la sécurité des villes et des frontières. Les cyberattaques seront les guerres du futur, et chaque citoyen disposera d’une “identité numérique sécurisée” inviolable.

Réaliste ? Sur le plan technologique, oui. Mais les tensions entre liberté et sécurité seront plus vives que jamais. Et puis… qui contrôlera les algorithmes ?

Éducation – Apprendre tout au long de la vie connectée

L’école de 2080 ne sera plus un lieu fixe, mais un écosystème d’apprentissages en réalité mixte, adapté au profil cognitif de chaque élève. L’IA jouera le rôle de tuteur personnalisé, et les enfants apprendront avec des camarades du monde entier, en temps réel. Les diplômes seront remplacés par des “portefeuilles de compétences”.

Réaliste ? Très crédible technologiquement. Mais le rôle du professeur, la socialisation, l’inégalité d’accès au numérique, Et, ne pas oublier : apprendre à vivre ensemble.

Lire la suite

En 1970-80 - Les enjeux du monde de demain (2025)

1 Septembre 2026 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #1970, #Futur, #2025

Il suffit que je me retrouve à Fléchigné et dès l'entrée dans le logis, par les odeurs et la vue familière du mobilier, je me sens interpellé par tous ceux qui m'ont précédé.

Nous sommes en 2026, je ne marche pas seul. Je porte en moi les espoirs et le tracé de Roger de Laron ( Vers 1300), la rigueur de Jean-Léonard de la Bermondie ( vers 1760-1790), les élans de Charles-Louis de Chateauneuf ( vers 1840-1850), l'attention d'Anne-Laure de Sallembier ( vers 1920), la modernité de son fils Lancelot ( vers 1940...), et de sa petite-fille Elaine (fin du XXe s.). Leur Quête s'égrène tout au long d'articles de ce blog ( ou des 8 tomes...).

Riche de leurs recherches et de leur histoire, je formule mes propres questions. Après m'être appuyé sur leur héritage, j'écris désormais sous l'étiquette de mon propre blason.

Je commence cet article avec ces années 1970-1980. À l'époque, je me reposais sur les épaules de Lancelot, d'Elaine et d'Yvain pour imaginer ce que serait 2025 .

Voici les grands enjeux du monde de demain tels qu’ils pouvaient être perçus vers 1970, et comment nous imaginions 2025. Ensuite, dans de prochains articles, je proposerai un nouveau récit, pour 2080 ...

 

Climat (1970) – Le réveil écologique

L’environnement commence à entrer dans les préoccupations mondiales. En 1967, eut lieu la marée noire du Torrey Canyon... Le rapport du Club de Rome (1972) s’apprête à tirer la sonnette d’alarme : croissance infinie et ressources limitées ne font pas bon ménage. J'assiste à une prise de conscience naissante face à la pollution, la surconsommation, et l’épuisement des ressources. La question démographique, est centrale dans les peurs de l'époque (La Bombe P de Paul Ehrlich, 1968) et dans le rapport du Club de Rome lui-même, qui articule croissance démographique et épuisement des ressources, pas seulement croissance économique.

Le mot "écologie" devient politique, et des mouvements verts émergent.

Comment imaginions-nous 2025 ?

- En 2025, grâce au progrès scientifique, nous espérions avoir dompté la pollution. Des usines propres, des voitures électriques volantes, et des villes-jardins abriteront des citoyens respirant un air pur. L’énergie nucléaire, sûre et bon marché, aura remplacé les énergies fossiles ; sauf pour les écologistes qui défendaient l'idée que: - aucune civilisation n’a le droit de léguer à ses descendants des déchets ingérables pendant des millénaires. - la société devait changer de logique et le besoin énergétique de 2025 devra être inférieur à celui de 1970. Ivan Illich parlait déjà de « seuils de convivialité », au-delà d’un certain niveau d’énergie par habitant, la technique cesse de servir l’homme et commence à l’asservir.

L'idée d'un dérèglement climatique mondial était encore peu connue, et le rôle du CO₂ dans le réchauffement n'était pas pleinement saisi. A noter cependant que, dès les années 1970, des modèles internes (notamment chez Exxon) alertaient déjà sur le réchauffement.

Technologie (1970) – L’éveil numérique

Nous vivons le début de l’informatisation : les premiers ordinateurs personnels sont à l’horizon, Arpanet (précurseur d’Internet) vient d’être créé. L'informatique lourde (mainframes) structure déjà l'industrie, la finance et l'armée. L’homme a marché sur la Lune un an plus tôt (1969), ce qui nourrit un fort imaginaire technologique et spatial. Les télécommunications par satellite (Intelsat), sont opérationnelles, et préfigurent la mondialisation des flux d'information.

Nous nous interrogeons sur : quelles frontières l’humanité franchira-t-elle grâce à la science ( fusées, avions, robots...), et jusqu’où ira l’automatisation ?

Comment imaginions-nous 2025 ?

En 2025, nous pouvions imaginer que nous aurons des ordinateurs dans chaque foyer, que les communications se feront en visiophonie, et les voitures seront presque toutes autonomes... Nous pensions que les humains voyageraient régulièrement sur la Lune, et que les robots ménagers seraient multipliés.

La plupart d'entre nous n'avions pas réellement anticipé l’explosion du numérique, et la mondialisation accélérée... Pourtant, la science-fiction, la culture populaire de l'époque (2001, l'Odyssée de l'espace et HAL, 1968) imaginait déjà une intelligence artificielle conversationnelle...

Travail (1970) – Les Trente Glorieuses et leurs promesses

C’est une période d’expansion économique. Le modèle du salariat à vie, des grandes entreprises et des syndicats puissants, structure la société. On assiste aussi à l’entrée progressive des femmes sur le marché du travail. La productivité augmente, mais on commence à se demander si le travail rend vraiment libre... Mai 68, à peine deux ans plus tôt, a profondément questionné le rapport au travail salarié et à l'autorité en entreprise...

Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 arrivent immédiatement et vont brutalement clore les Trente Glorieuses. Il faut donc relever la fragilité déjà perceptible du modèle (dépendance énergétique, premiers signes d'essoufflement).

Nous nous interrogeons sur comment répartir les fruits de la croissance, réduire le chômage, et améliorer les conditions de travail sans casser le modèle social ?

Comment imaginions-nous 2025 ?

- Grâce à l’automatisation, nous travaillerons moins : 20 heures par semaine suffiront. Le travail deviendra une activité choisie, presque ludique. Les femmes auront conquis l’égalité salariale, et les syndicats géreront le partage équitable des gains de productivité.

Travailler moins... ? Mais la mondialisation et les délocalisations industrielles, sont la clé de la transformation réelle du travail occidental, pas seulement la précarisation en général.

On s’attendait à une société de loisirs, avec du temps libre accru. On voyait le progrès technique comme libérateur… sans forcément anticiper la précarisation de l’emploi ou les effets d’un monde hyperconnecté. Nous n'avons pas anticipé le vieillissement démographique et la question des retraites...

Géopolitique (1970) – Le monde bipolaire

C’est l’époque de la guerre froide entre les États-Unis et l’URSS. La menace nucléaire est bien réelle, les conflits idéologiques structurent le monde. En parallèle, de nombreux pays d’Afrique et d’Asie fraîchement décolonisés cherchent leur voie. On parle de Tiers Monde et de non-alignement. La Chine, en 1970-72 avec la normalisation Nixon-Mao, amorce déjà sa réémergence.

Nous nous interrogeons sur : comment éviter une guerre totale ( nucléaire), tout en repensant les rapports Nord-Sud et les équilibres planétaires. Se pointent, les enjeux géopolitiques (guerre du Kippour 1973, chocs OPEP) du Moyen-Orient.

Comment imaginions-nous 2025 ?

- Le monde sera devenu multipolaire. Après la fin de la guerre froide, une gouvernance mondiale plus unifiée garantira la paix. Peut-être que l’ONU deviendra un véritable gouvernement planétaire ? Pourtant les blocages du Conseil de sécurité par les vetos américain et soviétique rendaient cette utopie déjà peu crédible sur le plan institutionnel. L’Europe sera fédérale, l’Afrique riche et pacifiée, et les conflits obsolètes.

Il existait un fort espoir dans l’universalisation de la paix après les horreurs du XXᵉ siècle. On imaginait que les progrès diplomatiques et économiques mèneraient à un monde post-conflit… Nous n'imaginions pas les fractures nouvelles (terrorisme, cyberconflits, populismes).

Lire la suite