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Les légendes du Graal

cosmologie

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26 Octobre 2026 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Métaphysique, #cosmologie

Investir Alfred North Whitehead (1861-1947)

Je vais ouvrir à présent, une recherche ( sur plusieurs articles) à propos de Alfred North Whitehead (1861-1947), en partant de l’expérience qu'Anne-Laure de Sallembier, et Lancelot de Sallembier, ont rapporté dans leurs notes, de documents qu'ils nous ont légué, en particulier leur correspondance, et qu'avec Elaine et Yvain nous avons retrouvé et remis dans leur contexte.

 

Pour ma part, en 2026, je considère Whitehead, comme un penseur incontournable.

Whitehead n’est pas seulement un philosophe : c’est d’abord un mathématicien et logicien, profondément formé dans la science newtonienne Mais il a vécu — intellectuellement et existentiellement — la crise des fondements de la physique classique. Whitehead y a vu une opportunité métaphysique : la nécessité de repenser la réalité elle-même à partir d’un monde en mouvement, relationnel, processuel.

Actuellement, je rapprocherais Whitehead de Michel Bitbol, physicien et philosophe, directeur de recherche au CNRS. Influencé par Kant, Husserl et Francisco Varela, il défend, lui, une approche phénoménologique de la science.

Michel Bitbol

Whitehead pourrait être lu comme le métaphysicien que Bitbol refuse d’être : là où Bitbol s’arrête à la phénoménologie, Whitehead ose une ontologie.

A mon avis, Whitehead est incontournable en 2026, parce que :

- Il réconcilie la métaphysique et la science — en refusant leur séparation héritée du positivisme.

- Il propose un paradigme de la relation et du processus, adapté aux sciences complexes et aux technologies émergentes.

- Il offre une vision cosmologique ouverte, non anthropocentrée, essentielle à l’écologie de la pensée contemporaine.

- Il inspire les nouvelles ontologies (posthumanisme, écologie intégrale, théorie des systèmes).

- Il redonne sens au concept de “Dieu”, non comme être jupitérien, mais comme être-principe de créativité et de cohérence — ce qui permet d’articuler science, éthique et spiritualité.

 

La correspondance d'Anne-Laure, va nous permettre de retracer en partie, l'évolution intellectuelle de Whitehead.

Trinity College Srinavasa Ramanujan (centre) in Cambridge

Je commencerai par les lettres d'Arthur Whitmore, étudiant à Cambridge en 1895. Whitmore y décrit Trinity College en pleine mutation, où Whitehead pressent déjà que la science n'est qu'un cadre limitant pour penser la nature. En 1910, la correspondance témoigne de l'épuisement du logicien face à l'abstraction pure, avant que l'expérience de la compassion n'humanise sa pensée. Anne-Laure documente ensuite leurs rencontres londoniennes (1921), où Whitehead dénonce la « bifurcation de la nature » séparant le perçu du réel. Il y définit l'identité comme une « continuité d'efforts » et le temps comme un réseau de relations naissant de chaque événement.

Son départ pour Harvard en 1924, relayé par les lettres de Vanessa Bell, inaugure une métaphysique où la raison doit « promouvoir l’art de vivre ». En 1928, Anne-Laure salue ''Science and the Modern World'', y voyant une science qui retrouve enfin sa respiration et sa beauté. La lettre d'Evelyn Whitehead de 1929 confirme l'ambition de Process and Reality : « inclure la vie dans ses équations » et consoler l'âme. Ce parcours consacre le concept de « préhension », décrivant un univers organique où chaque entité intègre le monde qui l'a précédée. Cette synthèse aboutit en 2025 à une cosmologie de la reliance, réconciliant science, éthique et spiritualité dans un devenir créatif.

Prêt ? A suivre...

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Au sujet de mon évolution de mon système de pensée 2

21 Octobre 2026 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #sciences, #cosmologie, #Métaphysique, #La Quête du Graal

Je me tiens aujourd'hui à un terme provisoire de ma lignée, tel un héritier de la « Nef de Salomon » dont les planches ont été remplacées siècle après siècle, mais dont le cap demeure inchangé.

Mon point de départ est un étonnement primordial, un cri de l'esprit face à l'énigme de l'existence : « Qu'est-ce qui se passe ? ». Cet éveil n'est pas celui d'un spectateur neutre, mais celui d'un « Graveur d'éternité » qui sent peser sur lui la responsabilité de la qualité qu'il injecte dans le tissu de la réalité. Je reprends là l'analogie d'un bloc de verre immense (la Structure) qui contient tout le temps. L'âme est la pointe d'un diamant qui grave un sillon unique dans ce verre. Ce sillon représente le Phénomène (mon corps, mes actes, ma vie biologique), tandis que le tracé qui en résulte constitue mon Âme. Chacun participe à la cristallisation du Réel... Nous portons la responsabilité de l'information que nous transmettons à l'univers.

 

Au commencement de ce que j'appelais ma « cartographie du sens », j'ai tenté d'organiser le monde. Il s'agissait d'une tentative idéaliste, celle du « Sujet-Faisceau ». J'imaginais ma conscience comme une lampe de poche dans une pièce obscure : je croyais que c'était mon attention qui, en choisissant où porter son regard, faisait naître l'objet dans l'instant de la rencontre lumineuse. Cette analogie de la lampe était ma première boussole, mais elle cachait, je le perçois maintenant, une tentation de maîtrise que le Réel allait bientôt se charger de briser.

J'ai bâti, ainsi, une architecture tripartite. J'y distinguais trois régions : le Phénomène (le cercle de lumière, ce qui est mesurable par la science), la Structure (la partition invisible, l'organisation métaphysique) et le Réel (la source de sens et d'éternité qui ouvre la boucle). J'utilisais l'image d'une musique : le son entendu est le phénomène, la partition est la structure, mais l'élan créateur qui les anime est le Réel.

Cependant, cette conclusion m'apparut insatisfaisante, l'argument est venu de la science elle-même. La connaissance que 95 % de l'univers est invisible — composé de matière et d'énergie noires — a brisé ma croyance d'un monde « disponible ». Le monde n'est pas vraiment comme un livre ouvert que nous pouvions lire du premier regard....

Le Réel ( qui englobe Tout, le visible et l'invisible...) ne se présente pas non plus comme un décor simple, mais comme une structure à quatre dimensions indissociables :

L'Information : C'est le « plan de montage » invisible qui empêche le monde de s'effondrer dans le chaos.

La Relation : rien n'existe tout seul ; une chose n'est rien d'autre que l'ensemble de ses liens avec les autres.

La Dynamique : le monde n'est pas un stock d'objets fixes, mais un flux permanent, comme une musique qui n'existe que tant qu'elle est jouée.

L'Excès : le monde ne nous « manque » pas, il nous donne trop à voir et à ressentir, dépassant nos capacités de compréhension.

 

Ma vision du ''sujet'' a également changé. J'utilisais l'analogie de la lampe de poche : je pensais être celui qui tient la lampe et choisit d'éclairer tel ou tel objet dans la nuit. Jean-Luc Marion m'a montré que cette posture est orgueilleuse et fausse.

Je ne « pilote » pas le faisceau de lumière. Je suis l'Adonné ( terme forgé par Marion).

Plutôt qu'un explorateur pointant son projecteur sur une chaise. Imaginez-vous plutôt comme un miroir ou comme quelqu'un qui se tient sous une cascade. Le faisceau de lumière ne part pas de vous ; il vient du Réel (la Donation) et vous atteint. Cette lumière peut vous « blesser » car elle interroge vos certitudes et vous « suscite » car c'est elle qui vous fait exister en tant que témoin.

 

Le Réel n'est pas un secret caché derrière un rideau qu'il faudrait tirer. Il est au contraire trop présent.

Le Réel n'est pas une énigme difficile à déchiffrer dans la pénombre ; il est comme un soleil de midi qui vous éblouit. Ce que nous appelons « obscurité » ou « limite de la science » n'est pas une absence d'information, mais notre incapacité à recevoir une telle surabondance de lumière.

En résumé, je ne suis plus celui qui juge l'univers depuis l'extérieur, mais celui qui reçoit l'impact d'un monde qui se donne sans réserve.

 

Je m'en tiens pour préciser ma réflexion à une quadrature du Réel pour rendre compte de l'invisible. Le Réel pourrait se décliner en quatre dimensions inséparables : l'Information (la force néguentropique), la Relation (car « être, c'est être en relation » selon Whitehead), la Dynamique (le changement comme essence) et enfin l'Excès par donation.

Sous l'influence de Jean-Luc Marion, mon « Je » a dû abdiquer sa primauté. Je ne suis plus le pilote de la lampe. Je suis passé du sujet-maître à l'Adonné. Je suis celui qui est impacté par une lumière qu'il n'a pas produite. Le faisceau ne part plus de moi ; il vient de la Donation pure et m'atteint, me blesse et me suscite. Le Réel n'est pas ce que je découvre derrière un rideau, mais ce qui m'éblouit par son « excès d'intuition ».

Sur le chemin de cette quadrature, j'ai rencontré l'exigence de Stanislas Breton. Il m'a prévenu contre la fascination de l'expertise. Si je considère mon système comme une architecture parfaite où « tout s'emboîte », je transforme ma Structure en idole. Pour que le Réel nourrisse le monde, la Structure doit devenir un « schème de passage », un tamis qui relie mais ne retient rien.

J'ai trouvé dans la Quête du Graal le laboratoire de cette transformation. Le Graal n'est pas un objet que l'on possède — ce serait rester dans la fascination du Phénomène, comme Gauvain. Le Graal est un miroir ontologique : il révèle si notre structure intérieure est un mur ou une fenêtre. Pour approcher la source, Lancelot doit se dépouiller de sa gloire ; sa structure doit devenir vide.

C’est ainsi que j'ai corrigé ma propre langue : j'ai cessé de parler de « substances » ou de « briques » pour adopter le terme de « Vibration » ou de « Synthèse vivante ». L'identité n'est pas un stock de souvenirs, mais un événement de donation continu. Ma structure doit accepter sa propre kénose (son effacement) pour laisser passer l'Esprit. Comme le Christ disant « Il vous est bon que je m'en aille », mon système doit accepter de disparaître pour que le Sens puisse advenir.

L’étape suivante de ma progression a été un redressement de nature chrétienne, sous l'égide de Teilhard de Chardin et Henri de Lubac. J'ai compris l'erreur fondamentale de ma proposition précédente : j'avais fait du Divin un « mode » du Réel parmi d'autres. Or, Dieu n'est pas une strate ou une profondeur de l'univers ; il est l'Ipsum Esse Subsistens, l'acte d'être lui-même dont procède tout ce qui est.

Mon système a alors opéré un redressement, passant d'une « ouverture indéterminée » — qui risquait de n'être qu'un horizon passif — vers un Réel « aimanté ». J'ai compris que le Réel n'est pas seulement un flux ou un processus aveugle, il est une Christogénèse : une totalité indivise en devenir vers une Union Créatrice.

Dans cette vision, l’univers n'est plus poussé par le passé, mais littéralement « tiré » par une énergie d'attraction personnelle : le Point Oméga. La transcendance change alors totalement de visage pour moi. Elle n'est plus un « ailleurs » spatial ou une profondeur inatteignable, mais le « Milieu Divin ». C'est la présence d'un « Quelqu'un » (le Christ Cosmique) qui, en habitant la matière depuis son « dedans » le plus profond, la transfigure pour la porter vers son accomplissement ultime.

J’ai également dû redéfinir le Surnaturel, et cette correction est cruciale pour la cohérence de mon témoignage. Je ne peux plus le considérer, comme je l'ai cru un temps, comme du « naturel non encore compris » par la science — ce qui serait une erreur de catégorie. À la lumière de Henri de Lubac, je le comprends désormais comme la transfiguration finale du naturel par la Grâce. C’est un don gratuit qui répond au désir naturel de mon esprit (desiderium naturale) sans lui être dû. Le Surnaturel n'est pas une strate cachée de la nature qu'il suffirait de dévoiler, mais l'achèvement du Réel par un Amour qui excède toute capacité naturelle.

Enfin, la Résurrection n’est plus, dans ma pensée, une simple donnée de mon système ou une modalité de l'être parmi d'autres. Elle est l'irruption eschatologique de l'accomplissement final au cœur même du temps. Elle est le signe et l'anticipation de ce que le Réel tout entier est appelé à devenir par la Grâce : un don totalement reçu. J'y reviendrai....

 

Aujourd'hui, il me semble nécessaire d'assumer sa fêlure. Cette fêlure n'est pas un défaut de mon être, elle est l'ouverture nécessaire par laquelle l'Inouï s'inscrit. Le Réel n'est plus ce qui est, mais ce qui arrive comme une Parole vivante adressée à un sujet qui se personnalise en s'unissant au Christ Cosmique.

Ma responsabilité de « Graveur d'éternité » a changé de nature : il ne s'agit plus de construire un savoir solide, mais d'entretenir une herméneutique de l'accueil. Chaque acte de Beauté et chaque décision de Vérité participent à l'Union Créatrice. Ma « vibration » personnelle n'est pas vouée au néant ; elle aspire à devenir une donnée immortelle dans la Nature Conséquente de celui qui nous a « aimés le premier ». Pour l'instant : je ne le vis pas, je le considère...

Le Réel est entier, il n'y a pas d'arrière-monde, mais il est infiniment profond. Et dans cette profondeur, je n'ai plus peur du vide, car j'ai compris qu'il n'est pas absurde, mais l'excès d'une Présence qui m'envisage. Je n'inclus pas ''Dieu'' dans le Réel, puisqu'il est créateur du Réel. Il est transcendant. Je ne peux en parler qu'en analogies, ou par ses manifestations dans le Réel, puisqu'il est Présence.

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