metaphysique
Au sujet de mon évolution de mon système de pensée 1
A la suite de l'enseignement reçu par ma Lignée, je me propose d'élaborer mon propre système de pensée.
Ma Quête s'est nourrie de la transmission de mes ancêtres, éclairée des connaissances actuelles. Ma réflexion est passée d'une architecture tripartite (Phénomène, Structure et Réel) à une analyse de la texture du monde : une quadrature du Réel : Information, Relation, Dynamique, et Excès (par donation), pour retrouver actuellement l'Union Créatrice de Teilhard de Chardin...
Cette cartographie du sens est avant tout un héritage de ma Lignée, que je résume ici :
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Pour Roger de Laron (XIVe s.), le monde sensible ( ou Phénomène) est une « écorce », un ensemble de signes et de couleurs qu'il ne faut pas prendre pour la réalité ultime, mais pour une manifestation voilée du divin. Le monde est organisé selon une structure ternaire (soufre, mercure, sel ) et de proportions qui reproduisent l'ordre de la nature. La Structure s’exprime par l'alchimie et la géométrie sacrée. La « Pierre Philosophale » ou le Graal, est ce point de contact où l'Esprit sature la matière. Le Réel est ici la Présence divine qui irrigue le monde entier et lui donne son sens.
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Léonard de La Breuille (XVIIe s.) a assisté aux démonstrations de Pascal sur le vide au couvent des Minimes en 1647. Là où la physique traditionnelle (et Descartes) affirmait que « la nature a horreur du vide », Pascal prouve expérimentalement son existence. Pour Léonard, cette expérience concrète est capitale : le vide n’est pas un néant, mais le lieu du Possible. En prouvant que le monde n'est pas « plein » (donc pas totalement pré-écrit ou verrouillé), le phénomène du vide devient le symbole d'un univers ouvert à l'imprévisible et à l'irruption de la Grâce. Par son adhésion à la métaphysique de Pascal, il s'oppose au déterminisme d'un mécanisme clos et autosuffisant.
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Jean-Léonard de la Bermondie (XVIIIe s.), considère comme insuffisantes les perceptions sensorielles, car elles peuvent tromper (le scepticisme de Hume) si elles ne sont pas liées à l'esprit. La Structure s'exprime par la « science des correspondances » (Swedenborg), un tissu de liens invisibles où chaque objet terrestre comporte un sens caché concordant avec les cieux. Le Monde Spirituel, est considéré comme plus substantiel et "réel" que le monde matériel, ce dernier n'étant qu'un vêtement ou une image.
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Charles-Louis de Chateauneuf (XIXe s.), travaillant à l'Observatoire de Paris sur les perturbations planétaires, pratique cette science du phénomène (la mesure mathématique), mais il pressent que ces faits ne sont que les « ombres » d'une réalité plus vaste, et que la science ne peut pas tout expliquer, notamment le mouvement de l'âme. Il situe la Structure dans les « mathématiques transcendantes » (calcul infinitésimal) qui permettent d'appréhender l'infini, et dans la nature vue comme un poème à déchiffrer. Le Réel est à l'image de l'Amour et de la Volonté, forces incalculables et souveraines qui transcendent la contingence et unissent le moi au monde.
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Anne-Laure de Sallembier (Début XXe s.) perçoit le phénomène au travers du miroir de l'invisible. Elle dénonce le "bovarysme" qui consiste à prendre les illusions matérielles pour la seule réalité. La Tradition exprime la Structure : cette somme de références vécues et de schémas narratifs (la Quête) qui organisent l'expérience humaine. Elle nomme le Réel : le « Vrai Monde », une dimension atemporelle (la quatrième dimension de Proust) où le passé subsiste éternellement.
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Lancelot de Sallembier (Milieu XXe s.) - sous l'influence de Whitehead, de la physique quantique, et de la cybernétique - comprend que le phénomène n'est pas une « chose » inerte, mais une « goutte d’expérience » (une ''occasion actuelle'' ) qui n'existe que lorsqu'elle est actualisée par une observation ou une interaction. La Structure : c'est l'Information, une force néguentropique qui crée de l'ordre contre le chaos et l'entropie de la matière. Le Réel pourrait être attiré par le Point Oméga (Teilhard) ou par le champ d'information fondamental pur, une source d'auto-organisation qui précède la matière - à la suite de John Wheeler et de son concept « It from Bit » - vers lequel converge toute l'évolution de la conscience.
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Elaine de Sallembier ( Fin du XXe et début XXIe), fidèle à la phénoménologie, voit le Phénomène comme ce qui « s’offre » dans l'expérience vécue, une présence fragile qui appelle une réponse. Elle exprime la Structure par les « Objets Éternels » (Whitehead), des formes de potentiels purs (Beauté, Justice) qui structurent le flux du devenir. Elle appelle Réel, la « Trame du Monde », un réseau relationnel et informationnel où la conscience est une propriété fondamentale et où tout est interconnecté.
Ma lignée agit comme la « Nef de Salomon », qui porte ma réflexion et dont je remplace les planches de connaissance à chaque époque tout en gardant le cap. Ils m'ont transmis l'idée que : - Le sujet n'est pas un spectateur mais le lieu même de l'unification du monde. - Le réel n'est pas fait de choses mais d'événements et de relations (« être = apparaître structuré ouvert sur un excès »). J'ai substitué progressivement l'ontologie de la substance par celle du processus. - La Quête du Graal est un miroir ontologique : elle devient un laboratoire de l'être, transformant Perceval en un témoin recevant l'excès de donation du Réel.
A suivre.... : Au sujet de mon évolution de mon système de pensée 2, le 21 Octobre 2026
Ps/ Vous trouvez l'histoire complète des personnages de ma Lignée, sur ce site.
Nicodème. Prologue
Il existe, à travers l’histoire de la spiritualité occidentale, une Figure qui traverse les siècles, change de visage et de nom, mais garde toujours la même essence. Cette Figure n’est pas un simple personnage, mais l’archétype d’une condition humaine : celle de l’être en quête, limité et fragile, mais habité par une aspiration à la Vérité qui le dépasse.
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Cette Figure, je l'ai rencontrée sous le nom de Nicodème (Évangile de Jean). Maître de la Loi, docteur d’Israël, il eut l’immense privilège d’approcher le Christ incarné. Sa démarche nocturne symbolise l’obscurité de l’intelligence confrontée à la lumière du mystère. Et, il pose la question fondatrice, qui n’a cessé de résonner depuis :
« Comment un homme peut-il naître à nouveau ? »
Cette interrogation inaugure la quête : celle de la renaissance impossible par nos propres forces, mais rendue possible par l’Esprit.
Au Moyen Âge, la même Figure se projette dans le tissu des légendes et des mythes. Sous le nom de Perceval (cycle du Graal), elle s’aventure dans la forêt du monde, en quête du Graal. Mais au cœur de sa quête, Perceval échoue à poser la seule question qui pouvait sauver le Roi-Pêcheur blessé : « Quel est ton mal ? ». Ce silence devient la Cause d’une Quête nécessaire : tant que la question de la souffrance n’est pas formulée, la guérison demeure impossible. Perceval incarne ainsi la transition : la quête n’est pas seulement recherche de vérité, mais responsabilité envers la douleur de l’autre.
Puis vient la modernité, avec ses bouleversements, ses sciences, ses philosophies, ses combats sociaux. Là encore la Figure réapparaît dans mes lectures, sous les traits de Simone Weil (1909–1943). Philosophe, ouvrière, mystique, elle reprend précisément la question oubliée par Perceval : celle de la souffrance. Elle la porte au plus haut degré d’exigence, en cherchant dans l’attention au malheur humain l’espace où Dieu peut se révéler. Pour elle, souffrir et se déposséder de soi, c’est tenter de répondre à la question que l’intelligence seule ne peut résoudre.
Ainsi, à travers Nicodème, Perceval et Simone Weil, une même Figure se déploie :
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Figure spirituelle, car elle désigne la marche de l’âme vers la lumière.
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Figure mythologique, car elle s’inscrit dans des récits qui nourrissent l’imaginaire collectif.
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Figure historique, car elle s’enracine dans des existences réelles et situées.
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Figure de chair et d’esprit, car elle exprime la tension vivante de l’humain face au Mystère.
Et chaque fois, une question est posée ou manquée :
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Nicodème demande : « Comment renaître ? »
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Perceval ne demande pas : « Quel est ton mal ? »
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Simone Weil, à travers le malheur, tente de formuler la question radicale : « Pourquoi souffrons-nous, et comment faire de cette souffrance un lieu de vérité ? »
Cette Figure, celle de l’Humain en quête, est celle qui ne se satisfait jamais du donné. Elle habite la nuit, mais marche vers le jour ; elle interroge, doute, trébuche, mais toujours se relève pour continuer la recherche. Et chaque fois qu’elle croise la Présence du Divin dans l’histoire, elle renaît sous un nom nouveau, pour nous rappeler que la Vérité se laisse chercher plus qu’elle ne se laisse posséder.
Cette figure évoque, la spiritualité du seuil, Tout comme Nicodème est présent lors de la mise au tombeau, assistant Joseph d'Arimathie dans le recueillement du corps et du sang, il représente celui qui se tient au plus près du mystère sans pour autant s'y fondre totalement dans l'institution publique. Pour Simone Weil, cette posture fait écho à sa volonté de rester anonyme et en retrait, privilégiant le secret de l'âme et l'attente plutôt que l'adhésion formelle.
A suivre