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Les légendes du Graal

contes mythes legendes

Ballade contée au Moyen-âge -6/.-

18 Août 2016 , Rédigé par Perceval Publié dans #Contes Mythes Légendes, #Moyen-âge, #Amour Courtois

Guillaume connaît bien le Château de Hauterive, écuyer il y a fait ses armes, y a été adoubé chevalier. Le seigneur Guy, connaît la situation du jeune homme, et le reçoit parmi ses proches comme s'il résidait toujours au château.
Guillaume, se joint à tous ceux qui fréquente assidûment la cour que Dame Emma anime depuis son mariage avec Guy de Hauterive.

La Dame de Hauterive, lorsqu'elle se fait voir magnifiquement vêtue et parée, surpasse pour la grâce et le brillant, l'épervier qui s'élance dans les airs. Sa robe est de pourpre et son manteau, bien ajusté, constellé d'or, et sa fourrure d'hermine n'est point pelée ni le riche sebelin qui entourdit son cou.
Quand la Dame laissait s'épancher ses cheveux, ils semblent entièrement d'or fin, tant ils sont luisants et blonds. Elle a le front poli et plein, et, sous les sourcils bruns, les yeux clairs et riants, bien fendus et d'un bleu verdâtre. Elle a le nez droit et en proportion avec son visage où le vermeil et le blanc se marient, entre le menton et l'oreille, mieux que ne le font le sinople et l'argent.

Et c'est merveille de sa bouche qui est comme une passe-rose ; et quant à sa gorge, elle a l'éclat de la glace ou du cristal, et deux mamellettes y viennent poindre, semblables à deux petites pommes.
Enfin, que vous dirais-je de la beauté de cette Dame ? Nature qui l'a faite pour ravir aux hommes le coeur et le sens, y a mis toute son application.

Un jour le Châtelain, dans l'espoir de faire apprécier sa valeur, se résout de repartir et de fréquenter les champs de bataille. Il mène avec lui un grand nombre de chevaliers et de sergents, qui tous, en chemin, vont se montrer dignes de louange, car le plus couard devient hardi sous un tel chef. Guillaume n'a point suivi son maître. Il ne songe pas au gain ni à la gloire, mais seulement à la Dame qu'il convoite.

La beauté d'Emma, et la fin Amour l'échauffe et le presse. Guillaume vient devant la salle où la Dame se tient d'ordinaire. Doucement, il pousse l'huis.

Par aventure, la Dame se trouve seule dans la salle ; toutes les suivantes se sont rendues autre part, dans une chambre, pour travailler. Elles mènent grande joie, en cousant un lionceau ou un léopard sur un drap de soie qui doit servir d'enseigne au seigneur, leur maître.

La Dame est assise sur un lit : un homme qui de mère soit né ne vit oncques plus belle Dame.
Après un moment d'hésitation, Guillaume s'avance vers la Dame et la salue fort courtoisement. Elle, sans se troubler d'aucune façon, la salue à son tour, tout en riant.
- Guillaume, dit-elle, approchez.
- Dame, très volontiers, répond Guillaume en soupirant.
- Asseyez-vous ici, bel ami cher, fait-elle.
Guillaume s'assied auprès de la Dame au clair visage et tous deux devisent joyeusement. Ils parlent de mainte chose, et, tout-à-coup, Guillaume pousse un grand soupir.
- Dame, fait-il, écoutez-moi. Je vous supplie de me conseiller sur ce que je vais vous dire.
- Dites, je vous le promets, fait la Dame.
Et Guillaume reprend :
- Dame, écoutez-moi : supposez un clerc ou un chevalier, un bourgeois, un écuyer ou qui que ce soit, épris d'une dame ou d'une damoiselle, d'une reine, d'une comtesse ou de n'importe quelle autre femme, qu'elle soit de haut lieu ou bas endroit ; il aime depuis sept ans entiers et il n'ose faire connaître sa passion. Il aurait pu cependant, plus d'une fois, parler à son aise et découvrir son coeur à celle qui cause son martyre. Or, dites-moi ce que vous en pensez : est-ce folie, est-ce raison que de tant celer son amour ?
- Guillaume, dit la Dame, je vous répondrai franchement. Je ne tiens pas, quant à moi, pour sage, l'homme qui se tait si longtemps ; puisqu'il avait le loisir de parler, il convenait de le faire : on aurait pitié de lui, apparemment. Et si l'on ne voulait pas l'aimer, il fallait chercher des consolations. Enfin dans tous les cas, Amour demande hardiesse.
Guillaume soupire profondément.

- Dame, fait-il, voyez-le devant vous celui qui a tant souffert pour votre amour. Oh ! Dame, je frémis de ma témérité... J'ose enfin vous découvrir la douleur et le martyre que j'ai si longtemps endurés. Ma douce Dame, je me rends à vous, je suis en votre pouvoir, guérissez la plaie que j'ai si grande dans le coeur ; vous le pouvez seule, et il n'y a point de remède pour me porter secours. Je suis tout vôtre, je le fus, je le serai. Personne ne vivra jamais d'une manière plus douloureuse que celle où j'ai vécu sans vous. Dame, je vous prie et je vous requiers de ma pardonner et de m'accorder votre amour par qui je suis dans ce trouble et dans ce tourment.
La Dame écoute la plainte de Guillaume, mais elle ne l'estime pas un denier vaillant.
Elle répond sans tarder :
- Guillaume, vous raillez !... Assez de pareils propos, ou, par ma foi, je vous ferai honte. Quoi ! vous aimer ?... Beau sire, fuyez d'ici, allez dehors ; et prenez garde de paraître là où je me trouve. Certes, mon seigneur sera fort satisfait d'apprendre vos façons. Certes, lorsqu'il reviendra, je lui dirai bien de quoi vous m'avez requise. Vous n'êtes qu'un étourdi, un vrai musard... Beau sire, allez par là !...
En entendant ce langage, Guillaume se sent tout ébahi, et il commence à se repentir d'avoir entrepris cette quête. Cependant, beau désir qui lui commande, l'exhorte à parler encore.
Dame, dit-il, cela me pèse de n'obtenir de vous que de mauvaises paroles. C'est un grand péché et vous ne pouvez pas souhaiter de faire plus mal. Vous m'avez pris et lié, tuez-moi, si vous voulez. Ah ! puisque vous me repoussez si durement, je jure de ne jamais manger jusqu'à l'heure où j'aurai obtenu le don de votre amour.
- Par Saint-Omer, dit la Dame, vous jeûnerez longtemps, si vous ne devez point manger avant d'avoir mon amour.
Guillaume sort de la chambre sans mot dire. Il se fait préparer un lit. Il se couche, mais il ne trouve point de repos.
Trois jours pleins, il gît dans son lit, sans manger, ni boire. De cette manière le quatrième jour arrive, et la Dame n'a point l'air de s'en inquiéter. Toutefois, Guillaume jeûne toujours et ne mange d'aucune chose. Sa fierté l'assaut sans trêve et le pauvre garçon a perdu totalement la couleur. Ce n'est pas merveille s'il maigrit ; il ne mange rien et veille continuellement. Parfois, dans son délire, Guillaume se figure que la Dame, cause de sa perte, est dans son lit ; qu'il la tient entre ses bras et en fait tout son contentement. Tant que cela dure, Guillaume est heureux, car il accole et baise ce qu'il aime ; et quand la vision disparaît, il recommence ses soupirs et ses plaintes. Il étend ses bras et il ne rencontre que le vide, hélas ! Il est transi de froid et de désir.

 

Un écuyer, qui devance le seigneur de Hauterive, arrive pour annoncer à sa Dame que son mari revient de bataille et de tournoi, suivi de quinze prisonniers qui tous sont des Chevaliers riches et puissants. Le reste du gain est aussi fort considérable. Cette nouvelle remplit de joie la Dame et la rend plus belle encore. Elle fait faire des préparatifs pour le souper dans la grande salle, et alors, seulement, elle songe à Guillaume. La voici qui monte aussitôt dans sa chambre pour lui apprendre le retour de son seigneur.

Elle demeure assez longtemps devant le lit, mais Guillaume ne la voit point. Elle l'appele par son nom, mais il ne répond pas, tellement il rêve. Alors la dame le pousse de son doigt et lui crie plus haut. Et quand Guillaume l'entend, il tressaille de tout son corps ; et, quand il la sent auprès de lui, il tremble des pieds à la tête ; et quand il l'aperçoit, il la salue :
- Dame, fait-il, venez-vous à mon aide ? Ah ! Dame, pour Dieu, je vous prie d'avoir pitié de moi.
Aussitôt la Dame lui répond :
- Par ma foi, Guillaume, je n'aurai jamais pitié de vous, de la façon que vous l'entendez... C'est mal payer les bienfaits de votre seigneur que d'adresser à sa femme telle requête ! Vous aimer d'amour ? N'espérez point ce don de moi. Mais vous êtes insensé de vous priver ainsi de nourriture. Ne vous tuez pas, malheureux ; il y va de votre salut éternel ! Levez-vous, et laissez vos folies ; mon seigneur et le vôtre revient de bataille. Je jure qu'il saura tout si vous vous obstinez à vous laisser mourir de faim.
- Dame, dit Guillaume, c'est inutile ! On peut me trancher tous les membres, mais je ne mangerai pas. Ah ! Dame, je le vois bien ; rien ne saura me défendre contre votre inimitié, ni le jeûne, ni la mort.
La Dame quitte Guillaume sans se laisser toucher par son désespoir. Elle revient dans la salle qui est déjà ornée fort richement. On y a dressé les tables et les blanches nappes y sont mises dessus ; et l'on commence à apporter les mets : pain et vin et toutes sortes de viandes rôties.

Bientôt arrive le Châtelain avec tous les chevaliers, et ils s'assoient à table où ils sont servis magnifiquement. Et la Dame mange aussi, à côté de son mari.
Le Châtelain regarde dans la salle pour voir si Guillaume et il s'étonne de son absence.
- Dame, dit-il, ne sauriez-vous dire, vraiment, pourquoi Guillaume ne se trouve point parmi nos amis ?
- Je vous le dirai, fait la Dame, sans mentir. Il est devenu trop délicat. Il souffre d'un mal dont il n'aura point remède, d'aucune façon, comme je crois. - Dame, par Saint-Denis, c'est bien dommage que cela soit, fait le Châtelain, qui aime bien Guillaume.
Il ne se doute point du véritable motif de la maladie du jeune chevalier, ni pourquoi il a perdu la tête.
Après avoir soupé, les Chevaliers se lèvent de table et quittent la salle. Alors, la Dame prend son mari par un pan de son manteau. - Mon mari, fait-elle, je m'étonne que vous n'alliez point voir Guillaume. Vous devriez savoir quel est son mal. Qui sait s'il ne feint point ?
Ils vont et trouvent Guillaume triste et pensif.
Le Châtelain s'assied au pied du lit, et commence à parler à Guillaume, doucement :
- Bel ami, dites-moi, comment vous sentez-vous ?
- Seigneur, fait Guillaume, fort mal.
- De quoi souffrez-vous ?
- D'une grande douleur au coeur et à la tête. Jamais je n'en relèverai...
La Dame ne se tient plus ; elle s'adresse à son mari:
- Seigneur, fait-elle, pour Dieu, laissons cela... Guillaume dit ce qu'il veut, mais je connais la vérité. Certes, il souffre d'un mal qui donne de la sueur et du tremblement.

Puis se tournant vers Guillaume :

- Si vous tardez encore à manger, dit-elle, le terme approche où vous ne mangerez plus jamais.
- Dame, fait celui-ci, que voulez-vous ! Dites ce qu'il vous plaira, vous êtes ma Dame et il est mon seigneur. Mais quant à manger, je ne le ferais point.
Et la Dame de s'écrier :
- Or, voyez sire, la fausseté de Guillaume. Lorsque vous fûtes au tournoi, lui qui, maintenant, gît ici malade, vint en ma chambre...
- Et pourquoi y vint-il, Madame ? Et qu'avait-il à vous demander ?
La Dame répond :
- Je vous le dirai, Monsieur. Mais, auparavant, ne mangerez-vous pas, Guillaume ? Sinon, je devrai tout raconter à notre seigneur.
- Non, je ne mangerai jamais plus, fait Guillaume.
- Vous me prenez pour fol ou pour homme de rien, dit le Châtelain à la Dame. Je ne sais ce qui me retient de vous donner du bâton sur les côtes.
- C'est inutile, fait-elle ; je parlerai. Mais Guillaume, avant que je parle, mangerez-vous !
Guillaume soupire et répond tristement :
- A aucun prix je ne mangerai, si le mal de mon coeur n'est pas soulagé.

La Dame en a alors pitié, et touchée de son amour d'elle, elle dit à son seigneur :
- Sire Guillaume que vous voyez là, m'a demandé mon oiseau, mon faucon... Et moi j'ai refusé de le lui donner. Il est mien, mais il est aussi à vous ...

La dame au faucon  par jane.merelle

- J'eusse mieux aimé, dit le Châtelain, que tous nos oiseaux, faucons, éperviers, autours, fussent morts plutôt que de voir souffrir Guillaume.
Cette réponse émeut agréablement la Dame.
- Puisque c'est votre vouloir, Monsieur, donnons-le lui, dit-elle.
Puis, se tournant vers Guillaume, elle ajoute :
- Messire le veut ; je ne lui ferai point cette injure que par ma faute, vous ne l'ayez point.
Guillaume en entendant ces mots se lève, plus joyeux qu'il ne peut exprimer. Il n'a plus ni maux, ni soucis. Sitôt vêtu, il s'en vient à la salle.
En le voyant la Dame soupire. Elle change de couleur, comme surprise par le trait rapide de l'Amour : elle est, tour à tour, pâle et rougissante.
-Je n'en sais pas de plus fous, dit le Châtelain à Guillaume, que ceux qui se laissent, ainsi que vous, prendre le coeur par la possession d'un ''fau-con''. Allez chercher cet oiseau, commande-t-il à un page.
C'est ainsi deux bonheurs qui échouent à Guillaume. Car il a le faucon et l'amour de la Dame.

Plus tard, c'est Guillaume, lui-même, qui viendra dans l'intimité, chercher l'oiseau de sa dame.

Histoire tiré d'un fabliau : '' Guillaume au faucon ''

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Ballade contée au Moyen-âge -5/.-

15 Août 2016 , Rédigé par Perceval Publié dans #Contes Mythes Légendes, #Moyen-âge

Guillaume a donc conquis le cœur (et plus encore) de la belle Ermengarde. Mais son père défend à présent à sa fille de lui parler et a reçu le jeune chevalier d'une froideur si marquée, que le favori de la demoiselle n’ose plus revenir.

Un jour enfin qu’il cherche et rôde autour des murs, Guillaume aperçoit une poterne ''abandonnée'' close par une forte porte de bois, fermée à clé... , à travers laquelle il est possible de se parler, mieux peut-être, un jour de se voir, de se toucher … Il s'agit, vous savez de cette poterne par laquelle nous sommes entrés en cette ballade …
Il trouve moyen de le faire savoir à Ermengarde, et ne manquent pas d’en profiter. Pour lui il peut venir en sûreté au lieu du rendez-vous par de petits sentiers détournés, à travers la forêt, que lui seul connaît. Ce dédommagement léger fait d’abord le bonheur des deux amants : ils en jouissent pendant quelque temps avec transport ; mais quoi ! se parler sans se voir, s’aimer tendrement et ne pouvoir se le prouver ! pas un baiser ! toujours craindre d’être découverts et d’être séparés pour toujours ! Guillaume ne peut tenir à une pareille situation.
Et Guillaume revient de force au défi que son ami Bertran, lui a soufflé... Un défi qui ne le détournera point de sa passion pour Ermengarde, mais qui lui commande de tourner ses ardeurs vers la dame de Hauterive, gagner son cœur pour qu'elle devienne auprès du seigneur de Laron son ambassadrice...


Alors que Guillaume et Bertran, échangent sur le plan de cette bataille... Le troubadour commence à divertir son ami, avec l’idée même du cocuage, souvent raillé et même fêté à cette époque... Le cocu a de nombreux amis : ceux de sa femme sont aussi les siens. Ils ont même leur Saint-patron :  Saint Gengoul assassiné en 760 par un clerc, amant de sa femme (fêté le 11 mai).
Tout homme possède un devenir-cocu en raison du mariage, il s’ensuit que chacun, avant de se marier, a joué le rôle de cocueur. Parfois même, le cocuage est considéré comme unes sorte de ''partage des femmes'', partage qu'affectionne les ''compagnons'' et renforcent le lien d'amitié...

Rabelais écrit les bienfaits du cocuage dans LE TIERS LIVRE, et conseille le mari cocu : n'y fait rien : «  Si tu es cocu, ergo ta femme sera belle, ergo seras bien traité d'elle, ergo tu auras des amis beaucoup, ergo tu seras sauvé.... »

Les deux amis rient beaucoup, et Guillaume s'habitue à l'idée même de s'engager à séduire la jeune et belle Emma, épouse du seigneur Guy de Hauterive.

  Bertran le supplie d'écouter encore, cette histoire qui court avec succès, dans les châteaux :


* La belle épouse du seigneur, brûle de donner à son nouvel amant une forte preuve de son amour. Elle cherche un défi, imagine et trouve le moyen de satisfaire sa passion en présence de son mari. Elle feint pour cet effet d’être indisposée. Sa femme de chambre a instruit Pirrus son amant, du personnage qu’il doit jouer.
Pirrus va voir madame à l’heure de l’après-dîner, en son logis, où le mari est auprès d’elle. À peine y est-il arrivé, qu’elle témoigne une grande envie de prendre l’air du jardin, et les prie tous deux de vouloir l’y conduire.


Son mari la prend d’un côté, Pirrus de l’autre, et ils la mènent ainsi au pied d’un beau poirier, où ils s’assoient tous trois sur un tapis de verdure. Quelques moments après, il prend fantaisie à la belle de manger des poires. Elle prie Pirrus de monter sur l’arbre pour lui en cueillir des plus mûres. Le galant obéit, et n’est pas plutôt monté sur le poirier que, feignant de voir le seigneur caresser sa femme, il s’écrie :
« Eh ! quoi, monsieur, en ma présence ? mais vous n’y pensez pas ; et vous, madame, n’avez-vous point de honte de vous prêter à un pareil jeu ? Mais, finissez donc ; ce sont des choses qu’on ne doit pas faire devant témoins : les nuits ne sont-elles pas assez longues ? Faut-il venir au jardin pour une semblable besogne ? N’avez-vous pas assez de chambres, assez de lits plus commodes ?
- Que veut-il dire, dit la femme à son mari ? a-t-il perdu l’esprit ?
- Non, madame, je ne suis point fou, je vois fort bien ce que je vois.
- Tu rêves assurément, lui dit le mari, qui rit de son idée.
- Je ne rêve point du tout, monsieur, et il me paraît que vous ne rêvez pas non plus. Mais si vous n’avez point d’égards pour moi, vous devriez au moins en avoir pour vous-même et vous éloigner un peu plus, si tant est que vous désiriez vaquer à un tel exercice. Peste ! comme vous vous remuez ! je ne vous aurais jamais soupçonné une si grande vivacité. Si j’agitais aussi fort le poirier, je doute qu’il y restât une seule poire.
- Que peut donc être ceci ? dit alors la dame ; serait-il possible qu’il lui parait que nous faisons ce qu’il dit ?
- En vérité, je monterais bien sur l’arbre, pour voir ce qu’il croit voir lui-même.
- Soyez sûre, madame, ajouta Pirrus, que je n’ai point la berlue, et que ce que je vois n’est point une illusion.
- Eh bien ! descends, dit le mari, descends, te dis-je, et tu verras ce qu’il en est.
- J’avoue, dit Pirrus, quand il est descendu, que vous ne vous caressez point à présent ; mais il n’est pas moins vrai que vous le faisiez tout à l’heure, et que je vous ai vu, comme je descendais, vous séparer de madame, et vous mettre à l’endroit ou vous êtes maintenant assis.
- Mais tu rêves, mon pauvre ami, dit le mari de la belle: depuis que tu es monté sur le poirier, je n’ai pas bougé du lieu où je suis.

- Si cela est, reprit Pirrus, il faut que ce poirier soit enchanté ; car je vous jure que j’ai vu, mais bien vu, ce que je viens de vous dire. »
Le seigneur du logis, étonné de plus en plus, et persuadé de la vérité du récit de son jeune compagnon par l’air sérieux dont il l’a accompagné, veut voir par lui-même si le poirier est réellement enchanté et l’effet que cet enchantement produit à son égard.
- « Je vais y monter, » dit-il. Il y monte en effet, mais à peine est-il sur les branches, que Pirrus et la dame commencèrent leur jeu.
- « Que faites-vous donc, madame ! et toi, Pirrus, est-ce ainsi que tu respectes ton seigneur ? »
Les amants ont beau lui répondre qu’ils sont assis, il se hâte de descendre, en les voyant ainsi se trémousser ; mais il ne descend pas si vite, et ils ont le temps d’achever à peu près la besogne et de reprendre leur place.
- « Quoi ! madame, me faire cet affront à mes yeux ! et toi, maraud…
- Oh ! pour le coup, dit Pirrus en l’interrompant, j’avoue que vous avez été sages l’un et l’autre pendant que j’étais sur le poirier, et que ce que je croyais voir n’était qu’un enchantement. Ce qui achève de me le persuader, c’est que monsieur croit voir lui-même ce qui n’est pas.
- Tu as beau vouloir t’excuser, reprend le mari, ce que j’ai vu ne saurait être l’effet d’un enchantement.
- Vous êtes, en vérité, aussi fou que Pirrus, dit la dame : si je vous croyais capable d’avoir réellement de pareilles idées sur mon compte, je me fâcherais tout de bon.
- Quoi ! monsieur, dit Pirrus, vous feriez cet outrage à madame, qui est l’honnêteté, la vertu même ! Quand à moi, je ne chercherai point à m’excuser : Dieu m’est témoin que je souffrirais plutôt mille morts avant qu’une pareille chose m’entrât jamais dans l’esprit, à plus forte raison avant de l’exécuter en votre présence. Je vois à présent clair comme le jour que la faute en est au poirier. Il a fallu que vous y soyez monté vous-même, et que vous ayez cru voir ce qui vous met de si mauvaise humeur, pour me faire revenir sur votre compte et sur celui de madame. J’aurais juré vous avoir vus l’un et l’autre dans la posture la plus indécente.
- Est-il possible, dit ensuite la dame en se levant et faisant un peu la fâchée, pour mieux dissuader son bonhomme de mari ; est-il bien possible que, me connaissant depuis si longtemps, vous ayez pu me croire capable de m’oublier à ce point ? Me jugez-vous donc assez dépourvue de raison pour oser vous faire cocu en votre présence ? Soyez persuadé que, si j’en avais la moindre envie, les occasions ne me manqueraient pas, sans que vous en sussiez jamais rien. »

 Nicostrate se rend à ces raisons. Il ne peut effectivement se persuader que sa femme et ce chevalier aient osé se porter à un tel excès d’insolence. Il leur fait des excuses, et se met ensuite à discourir de la singularité de l’aventure et des effets de la vue qui ne sont pas les mêmes quand on se trouve sur le poirier. Mais la dame, qui feint toujours d’être fâchée de la mauvaise opinion que son mari a eue de sa fidélité :
- « Puisque ce maudit poirier, dit-elle, fait voir de si vilaines choses, je ne veux pas qu’il me nuise davantage, ni à aucune autre femme. »
Puis, s’adressant à Pirrus : - « Allez chercher une cognée et jetez-le à bas pour le brûler ; quoiqu’il serait beaucoup mieux d’en donner sur la tête de mon mari, pour lui apprendre à mieux penser de la fidélité de sa femme et de la votre. Oui, monsieur, continue-t-elle, vous mériteriez d’être châtié pour l’injustice que vous m’avez faite. Je ne reviens point de votre aveuglement. Quand il s’agit de mal penser de votre femme, vous ne devez pas en croire vos yeux. »
 Pirrus, ayant pris une hache, abattit incontinent le poirier. Alors la belle, se tournant vers son mari: « Puisque je vois à terre, lui dit-elle, l’ennemi de ma vertu, je perds toute espèce de ressentiment. Je vous pardonne, ajouta-t-elle avec douceur, et vous recommande, sur toutes choses, d’avoir désormais une meilleure opinion de votre femme, qui vous aime mille fois plus que vous ne méritez. » Le mari s’estime trop heureux de ce que sa femme veuille bien oublier l’outrage qu’il lui a fait. Il fait des excuses à Pirrus d’avoir soupçonné sa bonne foi ; et tous les trois satisfaits, ils rentrent dans le château.

C’est ainsi que ce bon mari est maltraité, trahi et plaisanté par sa femme. A présent, elle vit familièrement avec Pirrus, qui lui fait souvent goûter les plaisirs de l’amour avec plus d’agrément et de liberté qu’ils n’en ont certainement eu sous le poirier.
Guillaume applaudit, et les deux amis jugent ridicule et mérité la situation du mari cocu... Le jeune chevalier se dit que la chose se présentera peut-être moins facilement ...

Histoire tirée du Fabliau ''Le Poirier enchanté ''.

A suivre ...

 

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Ballade contée au Moyen-âge -4/.-

12 Août 2016 , Rédigé par Perceval Publié dans #Contes Mythes Légendes, #Moyen-âge

Avertissement : Dans les fabliaux, lorsque le thème de la sexualité est abordé, c’est d’une façon crue, en utilisant particulièrement la métaphore ...


Je rappelle, qu'il s'agit de l'histoire de Guillaume, chevalier riche en bonnes qualités, mais pauvre d’avoir. En quête de l'amour d'Ermengarde, il va arriver sans doute à force de ''courtoisie'' et d'astuce – comme vous allez vous en rendre compte - à se faire remarquer de la fille du seigneur de Laron...
Je reviens donc en arrière, pour vous expliquer l'astuce 'courtoise' utilisée par Guillaume, pour ne pas effaroucher la belle damoiselle...


En effet, si le père est grincheux mais de grande fortune, sa fille – la plus belle – de la Vicomté, semble très difficile, et nombre de prétendants s'y sont cassés les dents...
Il semble qu'il y ait une sorte d'épreuve que tous les chevaliers précédents n'ont pu réussir. La demoiselle refusant subitement de les revoir... !
Guillaume se met en chasse de rencontrer les malheureux chevaliers qui l'ont précédé dans cette quête... Il apprend de l'un que la demoiselle est orgueilleuse, inhumaine, dédaigneuse … D'un autre, que la demoiselle serait une sorte de nonne recluse par son père... Et enfin du suivant qu'elle ne peut entendre parler de ''foutre'' ou de coucherie à aucun prix …

De fait, demoiselle Ermengarde est d'une telle pruderie qu'elle ne peut supporter que soient prononcé devant elle ces mots crus qui désignent l'entrejambe et leur voisinage immédiat. Elle va jusqu'à refuser la proximité d'un quelconque domestique de peur qu'un de ces rustauds-là ne lâche étourdiment , un jour, en sa présence un de ces mots que les jeunes d'aujourd'hui adorent prononcer …

Aussi, ce dimanche d'août, le malicieux Guillaume, demande à la porte du château de Laron, l'hospitalité au pèlerin qu'il est devenu par un travestissement assez habile pour ne pas être reconnu et découvert trop vite...
Le maître le reçoit, et tente de le dissuader de rester, puis enfin le prie sans aucune politesse de surveiller alors son langage, et surtout d'éviter de conter ou chanter ces textes de troubadours qui effraient tant sa fille, en particulier s'ils évoquent quelque foutrerie... !

Guillaume essuie sa bouche, et puis aussi il crache et se mouche, comme s’il avait avalé une mouche. Il dit au prud’homme : « Arrêtez, cher seigneur ! Vous ne devez pas prononcer de mot si grossier ! Taisez-vous, pour l’amour du Dieu céleste, car c’est un mot du diable :
S'il vous plaît, ne le dites jamais plus devant moi ! Si quelqu'un en parle ou prononce le mot de coucherie, une grande douleur me saisit le cœur!»
La fille qui surveille, sans se faire voir, en entendant ces mots ; se presse et fini d’apparaître pour souhaiter la bienvenue au visiteur....
Guillaume est invité à dîner. Il dit le bénédicité, mange la soupe, le gigot, les pommes cuites au four, et boit même l'alcool de cerise réservé aux amis ...
Après cette soirée fort sage. Le père tranquillisé laisse sa fille se charger du coucher de cet honnête homme.

La belle Ermengarde pour la première fois a plaisir à choyer ce pèlerin, chevalier, jeune et bien fait de surcroît. Conformément, aux règles chevaleresques, elle propose dans une chambre avenante et belle, de le baigner elle-même... Puis de le coucher.

Enfin, elle s'allonge à côté de son hôte, et chacun de rester immobile. Enfin, la chandelle s'éteint.

« Oh, qu'est ceci ? Dit le jeune homme, la main sur son sein rondelet.
C'est l'une de mes deux collines. Voici l'autre, Guillaume. Est-ce doux ?
- C'est ma foi vrai. Oh, et ce duvet, sous le nombril ?
C'est ma prairie, mon herbe tendre.
- Seigneur Jésus, quel beau pays ! Et là, au milieu, cette fente ?
C'est ma fontaine, elle est profonde. Vous pouvez y risquer un doigt... Là, un peu plus haut, le perron, clé de tous mes plaisirs...
- Jeune fille, comme il y fait chaud.
C'est qu'au fond est un soleil noir. Mais, vous, qu'avez-vous là qui pousse. Oh, Guillaume, c'est si raide, si dur... ?
- Belle amie, c'est mon cheval rouge ! Il piaffe, il a faim, il a soif... !
Amenez-le donc à mon pré, il faut bien que tout être vive ! Qu'il broute et boive tout son saoul !
- Ainsi soit-il ! Voyez ma mie, comme il va et vient à sa guise !

Qu'il aille donc et vienne, et plus encore...
- Dame, c'est que je redoute le sonneur de cor, dit Guillaume, et que mon cheval ne rue ...
Oh foutre oui ! Répond-elle dans un irrépressible élan... ! »

Quatre fois leurs corps s'entre-burent de minuit au soleil levant.

Le seigneur de Laron reconnaît l'avantage du jeune chevalier ; mais s'inquiète ensuite de l'attachement entre les deux jeunes gens. Il reconnaît son jeune voisin, lui pardonne son travestissement, mais n'excuse pas son manque de fortune...

Sa décision est prise, et exige d'interrompre toute communication entre lui et sa fille !
L’âge ne permet plus au père de monter à cheval, ni de sortir ; ainsi on ne peut espérer aucune absence ... Le vieux renard, d’ailleurs, ayant eu dans sa jeunesse plusieurs aventures, avait appris par son expérience à devenir défiant et rusé. Guillaume ne demande seulement qu’à voir sa mie, mais cette faible consolation lui est désormais interdite !
A suivre ...

Cette histoire reprend le célèbre fabliau : ''La Damoiselle qui ne pooit oïr parler de foutre'', repris aussi par Henri Gougaud.

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Balade contée au Moyen-âge -3/.-

9 Août 2016 , Rédigé par Perceval Publié dans #Contes Mythes Légendes, #chevalier, #Moyen-âge, #Amour Courtois

Gui de Hauterive, est un fidèle d'Aliénor.. Il l'a rencontrée pendant la 2ème croisade, alors qu'elle accompagnait son mari , Louis VII, le roi de France...
Gui de Hauterive est revenu vivant, donc couvert de gloire... !
Quelque temps après son retour, dans son pays limousin, Aliénor se remarie avec le futur roi d'Angleterre, Henri II Plantagenêt...
Et, Gui de Hauterive affirme sa loyauté au Roi d'Angleterre ; et comme il doit assurer sa lignée, il souhaite se marier... Il demande à ses suzerains, de lui proposer une épouse... Comme son lointain cousin Adémar V, Vicomte de Limoges vient de le faire... En effet, Henri II, lui fait épouser Sarah, sa propre cousine, fille de Renaud, Comte de Cornouailles.
 
Gui de Hauterive, en présence d'Aliénor, épouse à Poitiers, Emma de Crèvecœur ( Seigneurie de Leeds dans le Kent). La jeune femme ( elle a bien vingt ans de moins que lui...), est très belle … A cette époque, être belle : c'est être blonde, le teint clair, diaphane et avoir un long cou ...
Elle a grandi dans l'environnement d'Aliénor... Elle aime danser, écouter de la musique …
Aussitôt installée dans son château, elle organise une vie bien différente de celle qui régnait jusqu'à présent …

 

Gui de Hauterive est un guerrier aguerri, qui n’apprécie vraiment que la bataille et la chasse... Sa maison est commandée par un capitaine des gardes, son ancien écuyer, celui-là même qui l'accompagnait pendant la croisade … Et le soldat n'apprécie guère le changement d'ambiance …

 

 
Dame Emma, invite les troubadours, reçoit les hommages de jeunes chevaliers en quête d'aventure, tel notre Guillaume. Elle fait organiser des tournois... Tous se disputent, pour porter ses couleurs …
Et, grande nouveauté : Dame Emma préside une cour d'amour... Comme Aliénor, comme Marie de France...
On y discute poésie, mais surtout on soumet à ces réunions des questions de morale chevaleresque, puis des questions de personnes ; ainsi la Dame de Hauterive a traduit l'une de ses voisines dont l'ami de cœur était parti, voilà deux ans, en croisade et songeait à le remplacer … La cour statua '' qu'une amante ne doit jamais abandonner son amant pour cause d’absence prolongée "… Un seigneur, était fort jaloux et empêchait son épouse de remettre sa manche à un chevalier afin qu'il se batte pour elle... Et bien, belles dames, jongleurs et troubadours de la région ont boycotté les fêtes données par ce seigneur, jusqu'à ce qu'il cède …
 
Dame Emma voyage.. Par exemple, elle se déplace jusqu'à Limoges pour visiter sa compatriote Sarah de Cornouailles... Elle se déplace protégée par des chevaliers... Les valises d'aujourd'hui sont remplacés par un coffre ; meuble indispensable dans la chambre d'une dame ….
Guy de Hauterive a du mal à suivre et à apprécier les désirs de sa jeune femme … Il ne manque pas de lui exprimer sa mauvaise humeurs quand des jeunes chevaliers attirent son attention …
Son seigneur est jaloux, mais la dame n'en a que faire … !
 
Et bien ce jour là, alors que la belle Emma est de retour de Limoges... Le capitaine des gardes, le fidèle compagnon de Gui de Hauterive, lui demande dans l'urgence de pouvoir l’entretenir, en privé .. !
- Il soupçonne sa femme, la dame de son seigneur, d'avoir caché dans le coffre, son amant... !
 
Gui de Hauterive est sonné... Puis, la colère monte... Il veut en avoir le cœur net ; et se rend dans la chambre de sa femme.
Elle y est seule, surprise par cette entrée fracassante … Le coffre est là...
Emma n'a pas de peine à se rendre compte que son mari est rempli de colère... Une colère de jaloux … , qu'elle finit par bien connaître!
« Dame Emma, ouvrez ce coffre... »
 
Emma, retire la clef qu'elle porte autour de son cou …
« Mon ami, votre colère vous fait imaginer qu'un homme est caché dans ce coffre … N'est-ce pas... ? … J'imagine, que la parole de votre dame, ne vous suffit pas … ?
 
« Alors, Mon Seigneur, puisque tel est votre volonté... Prenez la clef et ouvrez ce coffre ….
Mais, avant réfléchissez bien … »
 
« - Si ce coffre contient un homme, vous serez blessé dans votre amour-propre, vous devrez le punir, peut-être le tuer ; et moi, vous me perdrez à jamais... Et peut-être aussi, votre alliance avec les Plantagenêt...
 
- Si ce coffre est vide d'homme, vous aurez blessé mon amour-propre, tué mon amour pour vous, et bafoué la parole de votre dame ; vos chevaliers - même vous le reprocheront...
 
Le seigneur hésite...
Peut-être aime t-il sa belle et jeune femme.. ? Peut-être pense t-il à la puissance de son suzerain... ?
Il ne prend pas la clef...
Il regarde le coffre... Il sourit à sa femme
« Vous avez raison ... »
 
Le seigneur sort de la chambre ; et donne des ordres pour que l'on en surveille portes et fenêtres …
Il réfléchit, puis il donne l'ordre
« Que l'on prenne le coffre de la chambre de ma femme, et qu'on l'enterre dans le fond de ma propriété. »
Ce que l'on exécute dans l’instant …
« Ma bien aimée femme, je trouve que ce coffre ne vous méritait pas … Je vais à l’instant vous l'échanger par un bien plus précieux ... »
 
De ce jour, chacun semble en avoir tiré la leçon. Le seigneur Guy à décidé de prendre en avantage les hommages des chevaliers à sa femme. Et Dame Emma, reste discrète et dévouée au service de la gloire de son époux...


Guillaume décide lui de relever le défi lancé par son ami troubadour...

A suivre ....

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Ballade contée au Moyen-âge -2/.-

2 Août 2016 , Rédigé par Perceval Publié dans #Contes Mythes Légendes, #chevalier, #Moyen-âge

C'est l'histoire de Guillaume, chevalier riche en bonnes qualités, mais pauvre d’avoir. En quête de l'amour d'Ermengarde, il arrive bientôt sans doute à force de ''courtoisie'' et d'astuce à se faire remarquer de la fille du seigneur de Laron... ( histoire édifiante que je vous raconterai une prochaine fois...).

Ensuite, ...Quand le père voit les visites du chevalier devenir trop fréquentes, il défend à sa fille de lui parler et le reçoit lui-même avec une froideur si marquée, que le favori de la demoiselle n’ose plus revenir.


Guillaume s'en ouvre à son ami, Bertran, compagnon de ripailles, et expert dans l'art de séduire les plus belles dames … Pour cela Bertran trouve les mots et la musique, et se fait donc appeler ''trobador''. Il se vante d'affoler les amants, les femmes et les époux et va, disant que si les maris deviennent jaloux et que les dames sont dans l'angoisse, c'est que l'amour va de travers... Et le mieux à faire, c'est de l'écouter et l'entendre.
Aussi, fort de son expérience, Bertran, déconseille à Guillaume de poursuivre cette aventure.

Car enfin … ! Pour un chevalier, la belle aventure, le haut fait dont aujourd'hui on peut se vanter, c'est : - plus que d'avoir remporté le prix d'un tournoi – plus que d'encliner ( fotre) une demoiselle.. C'est … C'est attirer dans ses bras... une fée !
Une fée ? Oui, le haut fait : c'est de s'emparer de la femme, de toutes la plus sévèrement interdite, c'était bravant les terribles châtiments promis à l’adultère et au félon, ravir la dame, l'épouse du seigneur. Double forfait certes. Mais éclatante démonstration de hardiesse, le plus envié des titres de gloire... !

Lui-même Bertran, a rencontré récemment, le bel écrivain chargé d'écrire l'éloge du fameux Guillaume le Maréchal ( 1145-1219) , et ce lettré rapporte que les rivaux de son héros l'ont accusé d'avoir séduit l'épouse de leur commun seigneur, Henri de Plantagenêt, le roi.

Cette épouse n'est rien de moins que la belle Aliénor. L'auteur de la chanson ne cherche pas à disculper Guillaume, il ne confirme pas non plus le fait. Mais ce que Bertran a retenu c'est que Le Maréchal, ce parfait chevalier, alors célibataire, a laissé lui-même planer le doute, fier que cette insigne prouesse ait pu lui être attribuée.
Guillaume n'en croit pas ses oreilles... Il doute encore.
Bertran lui fait entendre, que la dame est l'honneur de son seigneur. Elle fait sa gloire. C'est pourquoi il la couvre d'ornements et l'expose.

Dans le lai de Graelent, que Bertran se promet de lui conter ce soir même ; le grand roi Arthur, chaque année, le jour de la Pentecôte, fête du printemps et de la chevalerie, avait établi une coutume bien singulière. Il faisait monter la reine sur une estrade; puis on lui ôtait son manteau, afin de pouvoir admirer à son aise l'élégance de sa taille et de ses formes. Le monarque s'adressant ensuite à l'assemblée, leur disait : Seigneurs barons, que vous en semble? Avez -vous jamais vu sur terre une aussi belle reine?
La beauté de la reine, la séduction qu’elle peut exercer sur les vassaux, est simplement l’un des attributs, l’un des modes d’exercice de la puissance royale.

«Ne crains pas Guillaume, Le désir et le service d'amour ne viennent-ils pas ricocher sur la personne de la dame pour se porter sur celle du seigneur. ?
Je sais, mon ami, combien grande est la reconnaissance que tu dois au seigneur de Hauterive... Aussi, mon conseil serait de garder tes passions, pour les tourner vers sa dame, Emma de Hauterive … On la dit belle, gentille, gaie, plaisante et très désireuse de prix et d'honneur ; elle n'a pas grandi dans la cour d'Aliénor pour rien … !
Crois-moi, mon ami, il vaut mieux traiter avec un mari même jaloux, qu'avec un père gardien de sa fille … !  Ensuite quand tu auras fait tes armes, et gagné le cœur de celle dont tu auras fait ta reine. C'est elle qui portera jusqu'au grincheux seigneur de Laron, ta demande pour marier Ermengarde. Et lui, sera tout honoré de te prier d'accepter la main de sa fille …

Guillaume est convaincu par ce dernier argument, et le passage par la quête de la dame de Hauterive, ne lui déplairait pas s'il ne connaissait pas l'histoire que l'on raconte à son propos … C'était l'année passée, alors qu'il venait d'être adoubé chevalier par Guy de Hauterive, et qu'il le servait encore...

Vous ne connaissez pas l’histoire du coffre de Dame Emma ?
A suivre ...

 

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Ballade contée au Moyen-âge -1/.-

30 Juillet 2016 , Rédigé par Perceval Publié dans #Contes Mythes Légendes, #Moyen-âge, #Amour Courtois

Nous allons commencer cette série, plus exactement cette ballade contée, en passant sous la Poterne, une ancienne porte fortifiée du château médiéval du seigneur de Laron,
Quand nous l'aurons passé, nous serons loin … Nous serons il y a plus de huit cent ans ...
Mais, soyons attentifs … Cette porte, discrète, que nous voyons encore aujourd'hui, était en cette époque éloignée du grand passage, et un lieu de rendez-vous des amoureux ...
 
* On aime raconter que Janeton, une jeune bergère, pressée de rencontrer le prince charmant pria la ''Bonne Mère'' d'exaucer sa prière, mais la vierge ne répondît pas. Rouge de colère, Janeton lança des cailloux vers la statue, le cinquième resta coincé, la Madone s'anima et réprimanda Janeton :
« Tu as envoyé 5 cailloux contre moi, tu attendras 5 ans pour te marier ».
 
Aujourd'hui les amoureux du pays qui désirent connaître le nombre d'années qui les séparent du mariage tentent d'y loger des pierres. Chaque coup manqué représente une année d'attente avant le mariage.
 
Ma ballade commence gentiment, mais je préfère vous prévenir : les gens d'ici, les médiévaux, ne sont pas si 'convenables' que vous pourriez le pensez …
 
De l'autre côté de cette porte, nous sommes dans le château de Laron. Observez bien à présent cette paterne, elle semble condamnée, close d'une forte porte de bois, fermée à clé... ! 
 

Voilà mon histoire :

Non loin de là, sur un fief qui ne vaut pas plus de deux cents livres, vit un brave chevalier nommé messire Guillaume, riche en bonnes qualités, mais donc pauvre d’avoir. Obligé de subsister par sa valeur, qu'il a grande, courage, honneur, probité ; il coure les tournois ; mais contraint à l'humilité il ne s’amuse pas à faire aux dames de beaux saluts ou des signes de galanterie ; il s’élance, tête baissée, à l’endroit où la foule est la plus forte, et ne se retire que quand il a terrassé ou vaincu ses adversaires. Aussi, malgré tout devient-il connu et considéré.

Voisin, de Guillaume notre chevalier, demeure un très riche seigneur, veuf et père d’une fille belle comme le jour, nommée Ermengarde . Son château , qui n'est autre que celui de Laron à la belle poterne..., ainsi que celui du chevalier, situés dans les bois du pays limousin, ne sont distants l’un de l’autre que d’une grosse lieue.

Mais le château du vieux seigneur de Laron est bâti sur un monticule fort escarpé ; il se trouve en outre défendu par un fossé profond et par de fortes haies d’épines, de sorte qu’on ne peut y aborder que par le pont-levis. C’est là que s’est retiré le prud’homme ; il y vit tranquillement avec sa fille, faisant valoir sa terre qui lui rapporte annuellement mille bonnes livres de rente.
Avec une pareille fortune, vous jugez bien que la demoiselle, si bien gardée, mais si belle et aimable comme elle l’est, ne doit pas manquer de soupirants.
De ce nombre Guillaume a le projet de s'y associer et réfléchit aux soins de se faire remarquer et tenter de lui plaire...

Y arrivera t-il ?
A suivre ...

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Que peut-on demander à " Dieu " .... ?

8 Avril 2013 , Rédigé par Perceval Publié dans #Contes Mythes Légendes

Un petit conte de sagesse...

 


La boutique du Bon Dieu par supervielle

 

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Le jardin d'Eden: Conte biblique -1-

7 Mars 2013 , Rédigé par Perceval Publié dans #Contes Mythes Légendes

Cette narration, est écrit pour un conte biblique; elle est discutable et son intérêt est de conduire au texte. elle est influencée par les dernières exégèses de la traduction de l'hébreu ( cf: Annick de Souzenelle et Paul Nothomb ...)

 

C’était au temps de « l’Avant-monde », avant le temps. Du règne des Elohim. Il y a le jardin, le jardin d’Eden duquel jaillit un fleuve qui se déverse dans quatre pays.

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Jan Bruegel

En ce temps, avant le temps, le seul gardien du jardin, était l’ange.

Garder le jardin..?  Le garder – peut-être - des champs plus sauvages où habite le serpent.

Il faut aussi cultiver ce petit coin de Paradis... Ce jardin est un verger, de la terre duquel poussent toute espèce d’arbres séduisants « à voir, et bons à manger »(Gn 2,9).

Chacun est une essence différente, il y a comme aux Rameaux, le myrte qui sent bon et qui évoque la prière, le saule qui guérit, le palmier actif qui donne aux autres ses fruits, la vigne féconde, l’olivier fertile, le cyprès toujours vert... Tous ces arbres sont bons, mais pour qui ne sait pas les voir, il peuvent devenir des buissons d’épines…

Le troisième jour, Dieu dit :Que la terre verdisse de verdure : des herbes portant semence, et des arbres fruitiers donnant à la terre des fruits portant leur semence(Gn 1,11).

Avant que le jardin ne soit clos, « un flot montait de la terre et en arrosait toute la surface »(Gn 2,6).

Le Seigneur fit pousser de la terre... l’Arbre de vie au milieu du jardin, et l’Arbre de la Connaissance du bien et du mal(Gn 2,9).

 

En ce temps immobile, l’ange veille indéfiniment… jusqu’au jour où… !

L’Elohim surprend, et crée le temps, mais surtout..., et l’ange peut en témoigner : L’Elohim place dans le jardin un être : ce n’est ni un homme, ni une femme, au mieux peut-on dire qu’il est ‘homme et femme’… Cet être pétri de poussière et agité du souffle divin, doté d’une conscience d’être… Il est bien plus grand que les anges, il est semblable à un dieu… Il est un et multiple…

Cet être est-il un dieu, un dieu égal à Elohim … ? Cet être est-il doté de liberté… ?

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Jake Baddeley, homo universalis

L’Elohim met l’Etre ainsi conçu, dans le jardin. Il y a fait pousser, toutes sortes d’arbres beaux à voir et bon à manger d’un côté, et de l’autre deux arbres à part, qui portent eux un nom – au milieu du jardin - l’arbre de la connaissance et l’arbre de vie.

Pour ce qui est de l’arbre de la connaissance: L’arbre du bien et du mal,  L’Elohim déconseille fortement à l’Etre, de ne point l’amputer, sous peine de devenir mortel…

Elohim dit : " l'Homme coupé de lui-même ne peut s'accomplir "   (verset généralement traduit par : " il n'est pas bon que l'homme soit seul ").

«  Il n’est pas bon que l’Etre soit seul pour lui-même» Aussi, l’Elohim lui donne la parole, et lui offre un jardin qui l’entoure dont il peut prendre conscience, en nommant les arbres, et les animaux…. mais… il souhaitait appeler également un être semblable à lui… il n’y en avait pas !

Alors l’Elohim fit tomber une torpeur sur l’être, qui s’endormit. Il prit un de ses côtés et referma la chair à sa place. Puis, de ce côté qu’il avait tirée de l’être, l’Elohim façonna un autre être et le présenta au premier. Alors celui-ci s’écria :

« Pour le coup, c’est l’os de mes os et la chair de ma chair! Celle-ci sera appelée Isshah, c’est à dire “ femme ”, et lui se nomme : Issh , c’est à dire ' homme ' » (Genèse, II, 18, 24).

La « Chute » est peut-être aussi là, en effet: lui, son premier réflexe est de se l’approprier : " os de mes os, chair de ma chair… ! et surtout, il va la" nommer" ( se l'approprier ...! ), et lui donne un nom Eve.

( à suivre )

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Paul Nothomb : Le mythe d'Adam et Eve

3 Mars 2013 , Rédigé par Perceval Publié dans #Contes Mythes Légendes

Héros de « l'Espoir » de Malraux, résistant, torturé ... écrivain et exégète...

Paul-Nothomb.jpgPaul Nothomb est mort en 2006 , « emporté à 17 ans par l’illusion stalinienne, combattant en Espagne de la mythique escadrille Malraux, auteur de dizaines d’actes de sabotage pour le compte de la Résistance dans la Belgique occupée, Paul Nothomb était appelé à un destin d’apparatchik. Mais sa première vie a pris fin le 13 mai 1943. Arrêté par la police allemande, torturé, il parvint à ne pas livrer le secret du trousseau de clefs qu’il portait sur lui ce jour-là. Il menait à son domicile, à son épouse enceinte, et à tous les renseignements nécessaires aux Allemands pour détruire son réseau. Le prisonnier réussit à faire croire à ses tortionnaires que, comme ancien propagandiste du pacte germano-soviétique, il était toujours leur allié. Jusqu’à s’en convaincre lui-même. Au prix de sa raison.
Plusieurs semaines après son arrestation, estimant que ses compagnons avaient eu le temps de se mettre à l’abri, il donna des noms. Le 24 janvier 1944, son épouse, sous le prétexte de lui présenter leur fille nouvellement née, lui apporta, au siège même de la Gestapo à Bruxelles, un revolver chargé. Paul Nothomb s’évada. au lendemain de la guerre, il fut accusé de "trahison" par le parti communiste, jugé, condamné – deux ans ferme, huit en appel –, puis rapidement réhabilité par la justice. Son premier roman, le Délire logique, au fil duquel il évoque cette terrible expérience, fut accueilli en 1948 avec froideur. "Tu auras contre toi l’union de tous les menteurs et des gens qui veulent qu’on leur mente. Ça en fait beaucoup", l’avait prévenu son ami Malraux, qui jamais ne douta de lui.
Rares sont les hommes qui peuvent, avec une telle légitimité, pour les avoir expérimentés et médités une très longue vie durant, évoquer les thèmes essentiels. La haine. Le pouvoir. La souffrance. La folie. L’espérance. L’homme et la femme. Dieu. La solitude. Leçon de vie et de mort. » La Vie 2004

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Jan Brueghel et Rubens, Le jardin d’Eden, Mauritshuis

« Paul Nothomb montre qu'il n'a pu arriver à une lecture entièrement neuve de la Bible que parce qu'il avait connu, sous l'Occupation, une révélation négative. Ce fut la perte de la liberté qui lui fit sentir à quel point la liberté le constituait. Il comprit que sa vie n'avait été qu'une sous-vie, manipulée, instrumentalisée par des idéologies porteuses de mort, déterminées par l'odieux principe : « la fin justifie les moyens ». Chez Nothomb, l'érudition n'eut jamais rien de gratuit. Elle participa à une quête éperdue de vérité essentielle, elle répondit à un besoin vital.

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Lucas_Cranach: le jardin d'Eden

Aujourd'hui plus que jamais, elle sert à dénoncer les mensonges d'un monde où les hommes s'aveuglent en refusant d'admettre que l'objectivité n'existe pas, que la réalité n'est qu'une construction mentale et que tout dépend du cerveau humain. Précisément, la Bible des origines parle de tout cela, de nos auto-aliénations, de nos auto-incarcérations, de notre incapacité à sortir des limites de la raison abstraite. La Chute originelle ne ressemble en rien à la caricature qu'ont imposée au fil des âges toutes ces lectures culpabilisantes en vertu desquelles un Dieu jaloux punissait sa propre créature.

C'est Adam lui-même qui s'est mis en sommeil en se détachant de l'Éden inouï où il avait part à l'immortalité et à la quatrième dimension. De cet état ancien, nous devons encore avoir une idée, sinon pourquoi demeurons-nous incurablement optimistes ? N'est-ce pas parce que notre première nature, l'originelle, l'immortelle, même si nous n'y pensons plus jamais, nous rend naturellement optimistes ? Interprète assidu, entêté, infatigable, du génie de l'hébreu, Paul Nothomb est prêt à affronter le grand passage, parce qu'il sait qu'il va, enfin, retourner à ses vraies origines. » MICHEL GRODENT



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Qui es-tu Mélusine..? ( 2 )

6 Août 2012 , Rédigé par Perceval Publié dans #Contes Mythes Légendes

Comme fée, tu est l’image d’une femme idéalisée, inaccessible et perdue… A l’intérieur de cet espace magique du rêve ( inconscient en partie …) ton histoire commence par la rencontre merveilleuse d’un chevalier et d’une fée dans un décor médiéval.


melusine_by_hagge.jpgCréature surnaturelle : ta nature semble être mi-femme mi-animal, ne serais-tu  qu'une "femme-serpent" ?

Si tu es une fée rassurante, féconde et civilisatrice , tu possèderais également une nature plus inquiétante…

 


Précisément, Mélusine est un être « spirituel » ( notre part spirituelle inconnue ou mystérieuse ) qui aspire au mariage avec un être humain afin d’acquérir une âme ( la psyché… à ne pas confondre avec l’esprit) … Cela m’interroge sur l’identité de l’humain … Mélusine pourrait être « une figure spectrale, qui, n’arrivant pas à s’incarner, reste le fantôme d’un vide hantant les lieux désolés »…


Mélusine, à l’inverse de Morgane (, l’histoire la place dans la famille de Morgane, car il est écrit que sa mère est la sœur de la Dame de l’île d’Avalon et cette dame, c’est Morgane… ! ) n’est pas une ravisseuse d’hommes. Non seulement elle épouse et s’établit avec Raymondin au royaume des mortels, mais elle fonde une famille. Melusine-et-son-bebe.jpgMélusine devient un exemple de fécondité ( 10 garçons …) et allie à la procréation une vocation de bâtisseuse qui va faire d’elle la pierre angulaire d’une lignée. une créature.

 

Mélusine est bonne chrétienne, une épouse dévouée à son mari et mère attentive.. mais c'est une femme-serpent, liée aux forces de la nature, une fée dotée de pouvoir magiques.. C'est une figure païenne en même temps qu'une bonne catholique. Elle questionne l’ordre spirituel et initie certaines …valeurs. La fée Mélusine apporte la gloire, la puissance et la fortune à ceux qui lui font confiance ; et elle abandonne ceux qui trahissent leur serment.

 

Melusine-revient-la-nuit-allaiter-son-enfant.jpg

 

 

Cette légende devient mythe, en ce qu’elle se pose en mythe des origines, en mythe fondateur… En effet, elle s’interroge sur l’identité féminine comme l’image d’un mystère… Le féminin ne serait-il qu’une monstruosité ou quelque chose d’inappréhendable, qui se dérobe à l’univers masculin (l’envol de Mélusine, son départ). La femme est à l’image de cet « autre » la part de mystère irréductible, qui restera toujours chez l’homme dans sa représentation de l’altérité … Mystère toujours actuel, bien sûr, dans lequel s’inscrit la différence des sexes comme le non représentable…

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