art
Cherchez " La Femme "
En ce 8 mars, dédié aux femmes, je me propose de rechercher ( ICI : lien vers le site " Cherchez La Femme "
)
comment nos grands auteurs et artistes ( hommes ou femmes ) ont vecu leur art au travers de rencontres fondamentales, comme peut l'être la rencontre du masculin et du
féminin. Cette expérience originelle qui va jusqu'au plus intime, se vit essentiellement au travers de la beauté, c'est ainsi que la culture nous enrichit chacun des expériences passées des
artistes qui ont osé l'exprimer par la peinture, l'écriture, la musique ... etc.
Certains livres ont eu pour moi une réelle importance. Elle n’est sans doute pas liée, du moins pas seulement, à une impression due à leur qualité littéraire, mais
- surtout - à la correspondance que j’ai cru lire entre l’attente intérieure que je vivais par ailleurs, et la
proposition d’une réponse formulée par un écrivain. Il se jouait une scène, véritable moment initiatique, dans laquelle les
personnages répondaient, au fil des pages, à une attente que je n’arrivais pas entièrement à formuler, et qui m’ entrainaient plus loin que je n’aurais pu imaginer … Délice de vivre par héros interposé un passage tout existentiel sur un parcours écrit par un auteur, qui devenait plus
proche que le plus fidèle des amis …
Parmi ceux-ci: " Le grand Maulnes " d’Alain Fournier.
Une nuit, lors d'une fête étrange dans un domaine perdu des bois de Sologne, Augustin Meaulnes est ébloui par la beauté d'Yvonne de Galais dont il tombe éperdument amoureux.
« Yvonne de Galais, nous avons reconnu
Glissant près des étangs votre princière image,
Et votre grâce claire, et votre oeil ingénu.
Vous avez eu de nous le plus parfait hommage
Qui naît d’un coeur viril aux soirs du désir pur,
Aux soirs des voeux profonds pour un calme voyage. »
Pierre-Henri SIMON, Recours au poème.
Poésie: Loïc Collet
"Dans le corps à corps des choses et de l'esprit
Naissent les mots.
....
Tu peux les saisir par la peau du cou,
Les épeler, les éplucher, les écorcer,
Les effilocher, les dépiauter...
...
Les conteurs en ont plein leur besace
Et les poètes leur coffre de voyage
Avec eux nous embarquons..."
Loïc Collet: la pierre et la chair.
Poésie: Jean Grosjean, Eugène Guillevic
Vite...! Un peu de poésie ...
La brume est accoudée à des tilleuls,
Un merle chante, une feuille s'égoutte.
Le chemin ne sait pas où il s'en va,
Le temps non plus.
Dieu se cache et se tait.
Arpèges et paraboles
Jean Grosjean
...
Ce n'est pas que j'aie
Quelque chose à dire
De précis, de particulier
Est-ce d'ailleurs
Qu'il s'agit de dire ?
Dire n'est ici qu'un moyen
Pour arriver à quelque chose
...
Eugène Guillevic: Etier
Un violoniste dans le métro ...
Trouvé sur internet, une histoire vraie (1 )
« Par un froid matin de janvier, un homme assis à une station de métro de Washington DC a commencé à jouer du violon. Il a joué six morceaux de Bach pendant environ 45 minutes. Pendant ce temps, comme c’était l'heure de pointe, il a été calculé que des milliers de personnes sont passées par la gare, la plupart d'entre elles en route vers leur travail.
Trois minutes se sont écoulées et un homme d'âge moyen a remarqué qu’un musicien jouait. Il a ralenti son rythme, a arrêté pendant quelques secondes, puis se précipita pour respecter son horaire.
Une minute plus tard, le violoniste a reçu son premier dollar : une femme jeta de l'argent dans l’étui de son violon et, sans s'arrêter, a continué son chemin.
Quelques minutes plus tard, quelqu'un s'adossa au mur pour l'écouter, mais l'homme a regardé sa montre et a repris sa marche. Il est clair qu'il était en retard au travail.
Celui qui a apporté le plus d'attention à la prestation musicale fut un petit garçon de 3 ans. Sa mère l’a tiré vers elle, mais le garçon s’est arrêté pour regarder le violoniste.
Enfin, la mère a tiré plus fort et l'enfant a continué à marcher en tournant la tête tout le temps. Cette action a été répétée par plusieurs autres enfants. Tous les parents, sans exception, les forcèrent à aller de l'avant.
Durant les 45 minutes que le musicien a jouées, seulement 6 personnes se sont arrêtées et sont restées à l’écouter pendant un certain temps. Environ 20 lui ont donné l'argent, mais ont continué à marcher à leur rythme. Il a recueilli 32 $. Quand il finit de jouer et que le silence se fit, personne ne le remarqua. Personne n'applaudit, ni n’exprima quelque reconnaissance que ce soit.
Personne ne savait cela, mais le violoniste était Joshua Bell, l'un des meilleurs musiciens au monde. Il a joué l'un des morceaux les plus difficiles jamais écrits, avec un violon une valeur de 3,5 millions de dollars.
Deux jours avant sa prestation dans le métro, Joshua Bell joua à guichets fermés dans un théâtre de Boston où un siège coûtait en moyenne 100 $.
C'est une histoire vraie. Joshua Bell joua effectivement incognito dans la station de métro
Cet événement a été organisé par le Washington Post dans le cadre d'une expérience sur la perception, les goûts et les priorités des gens. L’énoncé était: dans un environnement commun à une heure inappropriée sommes-nous en mesure de percevoir la beauté?
Nous arrêtons-nous pour l'apprécier? Savons-nous reconnaître le talent dans un contexte inattendu?
L'une des conclusions possibles de cette expérience pourrait être: si nous n'avons pas un moment pour nous arrêter et écouter un des meilleurs musiciens au monde jouant la meilleure musique jamais écrite, combien d'autres choses manquons-nous ? »
Quelques mots, de Jules Supervielle:
Encore, Jules Supervielle:
Chaque âge a sa maison, je ne sais où je suis,
Moi qui n'ai pour plafond que mes propres soucis.
Ce parquet m'est connu, je marche sur moi-même,
Et ces murs c'est ma peau à distance certaine.
L'air s'incline sur moi, son front n'est pas d'ici,
II m'arrive d'un moi qui mourut à la peine.
Allons, mettez-vous là au milieu de mon poème,
Que je m'approche à loisir, loin des regards indiscrets,
Entre des mots qui vous observent, bien qu'il vous
devinent à peine,
Et d'autres mots qui vous éclairent sans parvenir à
vous toucher.
Soucis, vous qui savez toujours me retrouver,
Trouverai-je jamais une cache assez sûre,
Vous me mettrez dessus votre lanterne dure
Pour voir si c'est bien moi, comme si ne saviez..
Photos de Julie de Waroquier, et peinture de Turker Bayram Yildiz
La Parole ( biblique ) , et la Poésie selon Yves Bonnefoy
Pour comprendre l’intérêt de la poésie, dans une recherche spirituelle, il n’est que d’essayer de suivre cette expérience avec Yves
Bonnefoy ( par exemple…, en effet il s’en explique …) :
Si le poète dit refuser l’esthétisme, c’est pour ne pas enfermer le poème sur lui-même : « "La part esthétique, dans le poème, c'est l'occasion qui deviendrait la faute si on lui sacrifiait la vérité"
A lire: Introduction à la lecture de l'oeuvre d'Yves Bonnefoy par Jean-Michel Maulpoix: ici: http://www.maulpoix.net/Oeuvre%20de%20Bonnefoy.htm
Il y a, à mon avis, dans la définition même que fait Yves Bonnefoy de la poésie ; une tentative de réponse sur la spiritualité de la Parole dans le catholicisme :
La poésie « n'est nullement une forme de la pensée, avec comme toute pensée un souci de la vérité. Non, la poésie n'est pas, dans la profondeur des poèmes, la formulation,
soit directement conceptuelle, soit symbolique ou allégorique, d'une vérité de la vie ou de l'être au monde. Et elle n'est même pas la sorte d'écriture qui permettrait de dire mieux que les
autres les pensées de notre vie quotidienne. Il y a bien des pensées, dans les poèmes, c'est l'évidence même, et souvent des pensées de grande portée, mais ce sont là des pensées propres au
poème, à son auteur, non ce que voudrait le poétique en son être à lui. ( …)

« Le langage, c'est assurément pour communiquer, et la parole, cela porte alors de la signification, de la signification conceptuelle, mais la poésie, c'est pour rendre aux mots - dont cet emploi conceptuel prive qui s'y prête d'avoir plein rapport aux choses, disons l'arbre en toutes ses branches, toutes ses feuilles, et en sa place ici, maintenant, à ce détour du chemin - cette capacité de susciter des présences que la signification, et sa pensée, abolissent. Et que fait-elle, alors, la poésie ? Elle tente de réveiller ces présences dormantes sous les concepts, ce qui nous rend présents à nous-mêmes, qui alors ne sommes plus dans l'espace de la matière mais dans un lieu, elle substitue ce lieu au dehors du monde, elle fait de ce dehors une terre. La poésie n'est pas un dire, mais un déblaiement, une instauration. En cela le même silence que dans le maçon d'autrefois qui triait les pierres, les soupesait, les rapprochait les unes des autres dans la courbe du mur s'orientant vers la clef de voûte. » » interview dans l’Express le 22/11/2010
Dans son essai sur Balthus (L'Improbable, 40) Yves Bonnefoy écrit : "Nous sommes des Occidentaux et cela ne se renie pas. Nous avons mangé de l'arbre de science, et cela ne se renie pas. Et loin de rêver d'une guérison de ce que nous sommes, c'est dans notre intellectualité définitive qu'il faut réinventer la présence qui est salut."
O poésie,
Je ne puis m'empêcher de te nommer
Par ton nom que l'on n'aime plus parmi ceux qui errent
Aujourd'hui dans les ruines de la parole. […]
(…)
Je sais que tu seras, même de nuit (…)
La première parole après le long silence,
Le premier feu à prendre au bas du monde mort. »
Les Planches courbes (2001)
Haïku... Jules Supervielle.
Des extraits de poèmes de Jules SUPERVIELLE, en forme de Haïku: ...
L’oubli me pousse
et me contourne
Avec ses pattes de velours,
Il est poussé par le silence
Et l’un de l’autre ils font le tour.
Dans l’oubli de mon corps
Et de tout ce qu’il touche
Je me souviens de vous.
Le silence cherche un abri
et tout lui semble plein de bruit.
Jules Supervielle
Et nous allons ainsi, parmi les autres hommes,
Les uns parlant parfois à l'oreille des autres.
« Et si nous regardions la vie par les interstices de la mort ? »
À force de mourir et de n'en dire rien
Vous aviez fait jaillir un jour, sans y songer,
Un grand pommier en fleurs, au milieu de l'hiver.
Quand nul ne la regarde
La mer n’est plus la mer.
Elle est ce que nous sommes
Lorsque nul ne nous voit...(La mer secrète).
Sous la peau des ténèbres,
Tous les matins je dois
Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
(La fable du Monde Poésie/Gallimard)
Les peintures sont de Grimshaw John Atkinson, et de
Jakub Schikaneder .
La mer et l'écume, de Djalàl Al-Din RùMI
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Printemps arabe, aussi au cinéma ...
L’actualité est au « printemps arabe » et aux films qui mettent de la gravité et de la joie au cœur…
Vite, ne ratez pas, et « le cochon de Gaza » et surtout « Et maintenant, on va où ?»…
« La réalisatrice libanaise Nadine Labaki s’attache aux femmes d’un petit village perdu dans les collines avec pour seul lien avec la civilisation un pont
qui menace de s’écrouler depuis les derniers conflits. Malgré l’isolement du lieu où chrétiens et musulmans vivent en harmonie depuis des années, arrivent de la ville les échos de tensions
religieuses qui refont surface. Pour distraire leurs maris et leurs fils et leur faire oublier leurs différences, les femmes du village, à l’imagination débordante, sont prêtes à utiliser tous
les stratagèmes possibles, de la troupe de danseuses russes à l’exotisme sensuel jusqu’au space cake version libanaise… ».
Dans ce film, la fable n’est pas féministe, elle est humaniste. Et grâce aux femmes, pleine d’avenir.
Si la religion est à l’origine culturelle de la division, elle peut, influencée par les femmes, convertir tous les messages d’exclusion et de division que les institutions ont nourri depuis des siècles…
C’est un film jubilatoire, un quelque chose d'Emir Kusturica, avec des rires et des larmes.
Du rocambolesque, de l’absurde… décidément « le culte de la virilité » n’est pas bien vu...! C’est dans « le cochon de Gaza »… !

