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1912 : Le sanatorium, ou La Montagne magique
Nous sommes exactement à Davos, il y a 100 ans...
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| Katia Mann |
En 1912. Katia Mann fait un séjour médical dans un sanatorium, Thomas Mann lui rend visite... Il va commencer à écrire « La Montagne magique », à partir de cette expérience et des lettres que lui envoie sa femme. Sa rédaction s'étale entre 1913 et 1915, puis 1924 après la grande guerre …
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Helena Dmitrievna Delouvina Diakonova, connue sous le nom de Gala, ( elle est née à Kazan en Russie le 26 août 1894 et morte à Figueras, Espagne, le 10 juin 1982. Elle a eu pour époux Paul Éluard, pour amant Max Ernst, puis s'est finalement mariée avec Salvador Dalí. ..)... Gala, donc, à la santé fragile fait en 1912 un séjour en sanatorium, elle y rencontre Paul Grindel .
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| Gala et P. Eluard en 1913 |
A seize ans - atteint de tuberculose, il doit interrompre ses études - . celui qui deviendra avec Gala - Paul Eluard - est impressionnée par la forte personnalité, l'impétuosité, le charme et la grande culture de la jeune fille... Il prend avec elle son premier élan de poésie amoureuse... Il restera hospitalisé jusqu'en février 1914 au sanatorium de Clavadel, près de Davos.
Devenu majeur( 21ans) le 14 décembre 1916, Paul Eluard épouse Gala dès le 21 janvier suivant.
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| Davos, curistes en chaise longue |
Ici, au sanatorium, à la faveur de la maladie , le temps s'est arrêté. Chacun est comme un autre Hans Castorp, ( le héros de la Montagne magique), qui compte rester quelques semaines, et qui y passera sept ans. Revenu « en bas « , ce sera pour tomber dans le chaudron du suicide collectif européen... commencé en 1914 et, d’étape en étape, terminé en 1945.
Thomas Mann au début de la rédaction du livre ne se doutait pas que la description de ce monde clos, le mènerait là … La Première Guerre mondiale éclate, et de fil en aiguille, il fait de son héros et de ses aventures à Davos un symbole d’une société malade qui rend malades même ceux qui sont sains, et qui préfigure tout ce qui arrivera en Europe par la suite.
Le livre est paru avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir...
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1912: L’exposition du Sonderbund ... 2012
L’événement de l’année 1912 restera sans conteste le naufrage du Titanic et ses 1500 victimes, qui marqua l’esprit de ses contemporains. C'est aussi : l’avènement de la République en Chine et l’indépendance de l’Albanie.
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En 1912,également, se tenait à Cologne l’exposition du Sonderbund, une des expositions les plus importantes du XXe siècle, aujourd’hui entrée dans la légende.
Elle rassemblait un ensemble exceptionnel de plus de 650 œuvres de Cézanne, Cross, Gauguin, van Gogh, Picasso, Macke, Munch, Nolde ou Schiele, l’événement laissait, tant par la quantité que par la qualité des œuvres exposées, littéralement « bouche bée ». A une époque marquée par le conservatisme du régime impérial, l’exposition du Sonderbund s’apparenta à une révolution et devait constituer une étape décisive pour l’art moderne Outre-Rhin.
En 1912, les oeuvres sont évidemment déconcertantes pour des visiteurs qui sont encore, pour certains, attachés au réalisme sombre fin XIXe... Déconcertante aussi, la façon de les montrer, tout sauf pompeuse ; et l'idée même d'une telle manifestation.
Six cent cinquante œuvres... ! Cent vingt-cinq Van Gogh et les trente-six Munch … pour affirmer de la façon la plus appuyée qu'ils sont les inspirateurs des expressionnismes en Allemagne - les groupes Die Brücke à Dresde, Der blaue Reiter à Munich, les peintres de Düsseldorf.
Gauguin et Cézanne sont eux aussi en valeur, la raison est cette fois française : sans eux, impossible de comprendre les nabis et les fauves. Or le " Sonderbund ", très clairement, développe un éloge de l'art contemporain français considéré comme le plus expérimental et le plus audacieux. Cette orientation a suscité des protestations ultrapatriotiques et xénophobes, bien peu surprenantes dans le contexte politique du temps.
La manifestation est en effet et sans la moindre équivoque internationaliste et antinationaliste. Si elle insiste dans son titre sur son côté Westdeutscher (rhénan), c'est pour s'opposer politiquement à Berlin, à la Prusse, à un empereur qui proteste contre la place selon lui excessive faite aux peintres français à la Nationalgalerie de Berlin. A Cologne, le parti pris est exactement à l'inverse : Signac, Cross, Denis, Matisse, Derain, Girieud, Vlaminck, Braque sont présents et la place qui leur est réservée dans le parcours démontre que la modernité est principalement de naissance française. Et qu'elle se diffuse dans l'Europe entière.
La vie artistique du moment est proliférante, sans frontières, indifférente aux patriotismes bellicistes, entraînée dans le flux des avant-gardes. C'est le temps où le Russe Morosov vient acheter des toiles de l'Espagnol Picasso à Paris auprès de l'Allemand Kahnweiler, alors que son compatriote Chtchoukine passe des commandes d'oeuvres monumentales à Matisse.
Chacun est alors absolument convaincu que l'art se trouve au début d'une ère différente et que tout est possible. Deux ans après, le pire devenait réel.
Extraits d'un article de Philippe Dagen « Le monde » sept2012
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Aussi, est-il impressionnant en cette rentrée 2012 que ce rendez-vous organisé par le Wallraf-Richartz-Museum de Cologne .... L’institution s’est donnée pour
mission de reconstituer l’une des plus marquantes expositions du XXe : la légendaire Sonderbund,
qui
s’est tenue il y a pile un siècle dans la ville allemande. Petite révolution muséographique (accrochage linéaire et guide du visiteur) et grande concentration d’avant-gardes, elle reste une
référence dans l’histoire des expositions internationales. Ici, les superlatifs ne sont pas de trop. Le défi est de taille, et semble avoir été remporté largement. Sur les 650 œuvres présentées
en 1912, l’équipe du musée est parvenue à en rassembler 120 appartenant aux divers courants du début du XXe siècle : post-impressionnisme, expressionnisme ou cubisme. Et cerise sur le
gâteau, le musée a pu bénéficier du concours de quelques généreux collectionneurs qui ont bien voulu prêter des œuvres de Picasso, Munch ou Nolde présentées pour la première fois depuis des
décennies. A voir absolument.
C'est à COLOGNE - « 1912. Mission moderne » au Wallraf Richartz Museum, du 31 août au 30 décembre 2012
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A noter, pour l'actualité prochaine des expositions:
- PARIS - Edward Hopper au Grand Palais , du 10 octobre 2012 au 28 janvier 2013
- PARIS - Salvador Dali au Centre Pompidou, du 21 novembre 2012 au 25 mars 2013
- BILBAO - Egon Schiele au Guggenheim, du 2 octobre 2012 au 6 janvier 2013
- LILLE - Bosch, Brueghel, Bles, Bril au Palais des Beaux-Arts, du 6 octobre 2012 au 14 janvier 2013
- BOUSSU (Belgique) - Art et science-fiction au Grand-Hornu, du 18 novembre 2012 au 17 février 2013 ( On y retrouvera les artistes Larry Bell, Lucio Fontana, Dominique Gonzalez-Foerster, João Maria Gusmão & Pedro Paiva, Anish Kapoor, Mike Kelley, Kasimir Malevitch ou Chris Marker. )
On supprimera la Foi ...
On supprimera la Foi
Au nom de la Lumière,
Puis on supprimera la lumière.
On supprimera l’Âme
Au nom de la Raison,
Puis on supprimera la raison.
On supprimera la Charité
Au nom de la Justice,
Puis on supprimera la justice.
On supprimera l‘Amour
Au nom de la Fraternité,
Puis on supprimera la fraternité.
On supprimera l’Esprit de Vérité
Au nom de l’Esprit critique,
Puis on supprimera l’esprit critique.
On supprimera le Sens du Mot
Au nom du Sens de mots,
Puis on supprimera le sens des mots.
On supprimera le Sublime
Au nom de l’Art,
Puis on supprimera l’art.
On supprimera les Écrits,
Au nom des Commentaires,
Puis on supprimera les commentaires.
On supprimera le Saint
Au nom du Génie,
Puis on supprimera le génie.
On supprimera le Prophète
Au nom du Poète,
Puis on supprimera le poète.
On supprimera l’Esprit
Au nom de la Matière,
Puis on supprimera la matière.
AU NOM DE RIEN ON SUPPRIMERA L’HOMME.
ON SUPPRIMERA LE NOM DE L’HOMME:
IL N’Y AURA PLUS DE NOM
NOUS Y SOMMES.
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Armand ROBIN (1912-1961), Ma vie sans moi, NRF Poésie/Gallimard, 1970, pp. 241-242
Hossein Alizâdeh: Setar
Madjid Khaladj: Tombak, Dayre & Daf
Il y a un siècle... le symbolisme.
Manet invente la peinture moderne, et Pierre Puvis de Chavannes en 1881, avec Le Pauvre Pêcheur manifeste un autre point de vue. Huysmans réagit :

« Une figure, taillée à la serpe, pêche dans une barque; sur le rivage, un enfant se roule dans des fleurs jaunes près d'une femme. Que signifie cet intitulé? En quoi cet homme est-il un pauvre ou un heureux pêcheur? Où, quand cette scène se passe-t-elle! Je l'ignore. - C'est une peinture crépusculaire, une peinture de vieille fresque mangée par des lueurs de lune, noyée par des masses de pluie; c'est peint avec du lilas tourné au blanc, du vert laitue trempé de lait, du gris pâle; c'est sec, dur, affectant comme d'habitude une raideur naïve. Devant cette toile, je hausse les épaules, agacé par cette singerie de grandeur biblique, obtenue par le sacrifice de la couleur au gravé des contours dont les angles s'accusent avec une gaucherie affectée de primitif; puis, je me sens quand même pris de pitié et d'indulgence, car c'est l'oeuvre d'un dévoyé, mais c'est l'oeuvre aussi d'un artiste convaincu qui méprise les engouements du public et qui, contrairement aux autres peintres, dédaigne de patauger dans le cloaque des modes. En dépit des révoltes que soulève en moi cette peinture quand je suis devant, je ne puis me défendre d'une certaine attirance quand je suis loin d'elle. »
Huysmans n’est pas alors le « converti », mais ce tableau l'interroge : Où allons-nous ?
- La peinture symboliste française marqua principalement les vingt dernières années du XIXème siècle, et s’exposa en réaction au réalisme et à l’impressionnisme.
Odilon Redon, Pierre Puvis de Chavannes et Gustave Moreau surtout, chacun dans leur style, s’exprimeront contre « le simple travail d’observation du réel qui ne s’intéresse guère qu’au rendu de la lumière sur la toile », il s’agissait pour les Symbolistes de proposer un art idéaliste qui dépasse la simple imitation. « Vêtir l’idée d’une forme sensible » ; c’est-à-dire revenir au monde subjectif, « peindre ce qu’on n’a jamais vu et ne verra jamais ».
En pleine première guerre mondiale Alexandre Séon, autre peintre symboliste, écrivait : « Il faut établir le culte de la Beauté. Crier tous les jours la nécessité du beau en tout, pour la dignité de la vie du citoyen et la grandeur de la Cité. Alors, peut-être les riches se sentiront-ils les frères des pauvres ». Son rêve n’était pas de ce monde.
Il y a un siècle ... Qu'est-ce qu' être moderne ?
Il y a un siècle nous étions au bord du chaos ...
Je viens de lire un article qui relie le déclin des religions, l’avènement de la psychanalyse, et l’avènement de la modernité en peinture…
Cette réflexion commence avec un tableau : Le Christ aux anges de Manet… Manet, c’est le peintre de l’art moderne avec : Olympia ou le Déjeuner sur l’herbe …

Lacan, parlait avec la psychanalyse d’un « nouvel ordre symbolique », et celle-ci d’après lui ( je crois ) n’aurait pas voir le jour sans le déclin des religion… En ce XXIème siècle, effectivement la foi serait une question seulement privée, et la pratique religieuse n’est plus le ciment de la société.
Mais collectivement, ne répondons-nous pas, sans en être conscient, à un « certain ordre » ? Quel est-il ? Où peut-on le déceler ? N’en trouvons-nous pas trace dans l’Art, le cinéma, la littérature… ?
Par exemple:
- Nous sommes en 1864, les artistes ( les modernes ) préparent la fin du siècle, et annoncent ( sans doute ) le XXème … Le Christ de Manet est refusé au salon : on refuse d’y voir un dieu et des anges… peut-être un ouvrier mineur...
A quel type de réflexion, ou d’attitude, appelle en moi « Le Christ aux anges » . Se prête t’il au recueillement… ? Une vierge de Van Eyck ( actuellement au musée Groeninge de Bruges) dans l’église où elle était destinée avait un rôle à jouer dans le rituel qui rassemblait les fidèles, ce fait n’est pas étranger non plus à l’aura du tableau.
Du Christ de Manet n’émane pas la ferveur religieuse mais plutôt la compassion humaine. Manet peignit son tableau pour le Salon de I864. Contrairement au Déjeuner sur l’herbe, l’année précédente, il ne fut pas refusé. Manet a t-il lu Renan ? Ce tableau montre un Christ humain plus que divin, un Christ à la double nature … Est-il alors nécessaire de « croire » en ce Jésus pour que soit reconnue sa valeur … ?
Dieu est mort, semble dire Manet avant Nietzsche, et son tableau est un Ecce homo, mais post mortem. A cette mort de Dieu, le XXème siècle a failli répondre par la mort de l’homme .. ! ( génocides, guerres mondiales et locales …).
La peinture moderne, comme la culture… fut-elle donc anti-humaniste ?
Il paraît que Cézanne peignait le visage de sa femme comme s’il eût été une pomme ou une chose, et ce n’est pas seulement la critique qui l’en accusa, c’est lui-même qui le revendiqua. Voulait-il donner à la chose la dignité d’un visage.. ? Cela ne me semble pas très clair … !
Ici, s’agit-il d’un christ mort, un christ aux anges, un Christ ressuscitant, assisté par les anges… ? ou d’un Christ touché par la perte de la foi et la désespérance et que seul le regard du spectateur a le pouvoir de ressusciter. »
« J’ajouterais seulement, c’est un christ qui ouvre un œil, c’est un regard nu qui se dévoile, et qui nous regarde. »
Source: Texte reconstruit à partir d’un dialogue trouvé sur http://disparates.org/escapades/
Comment perçoit-on la beauté ?
Le grand violoniste français Renaud Capuçon a joué ( incognito..) sur la ligne 6 du métro parisien.
Dans le cadre d’un film intitulé 7:57 AM-PM. Il y interprète La Mélodie d’Orphée de Gluck.
“Dans un environnement ordinaire, à une heure inappropriée, pouvons-nous percevoir la beauté?”
Arvo Pärt , musique et mystique.
Arvo Pärt est né en Estonie le 11 septembre 1935
Für Alina, date de 1976, ce morceau marque le tournant des créations d’Arvo Pärt, qui s’illustrera désormais comme compositeur majeur du minimalisme, dans sa branche « mystique ».
« Ici, je suis seul avec le silence. J’ai découvert qu'une seule note suffit quand elle est bien jouée. Cette note, ou un moment de silence me réconforte. Je travaille avec très peu d’éléments (...). Je construis avec les matériaux les plus primitifs - avec l’accord parfait, dans une tonalité spécifique. Les trois notes de l'accord résonnent comme des cloches. Et c’est pourquoi j’appelle cela tintinnabulation. »
On retrouve dans ce court morceau cette grandeur dans la simplicité, cette fraîcheur et luminosité des sonorités détachées, et une subtilité des silences qui nous conduit vers une calme et douce extase.
Pour mieux saisir sa pensée il faut ici un texte du compositeur écrivit à l'occasion de la création de son œuvre Lamentate de 2002 : « Quand,
lors du vernissage dans le Hall des turbines de la Tate Modem à Londres en octobre 2002, je découvris le Marsyas d'Anish Kapoor
, la première
impression fut écrasante : Moi, cet être vivant, je suis debout devant mon propre corps et je suis mort - comme dans un décalage temporel où le futur et le présent prennent place en même
temps. Tout à coup, je me voyais déplacé dans une situation d'où ma vie m'apparaissait sous un autre jour. À ce moment j'éprouvai la vive sensation de pas être encore mûr pour mourir. Et
jaillissait cette question : que pourrais-je encore accomplir durant le temps qui me restait à vivre ? La mort et la souffrance sont des problèmes qui préoccupent tout être humain, une
fois précipité dans ce monde. Son attitude face à la vie dépend alors de la façon dont il résout (ou ne résout pas) ces problèmes - consciemment ou inconsciemment. La taille de la sculpture
d'Anish Kapoor dynamite non seulement nos conceptions de l'espace, mais aussi, selon la perception que j'en ai, les dimensions temporelles. La frontière entre le temporel et l'intemporel tend à
s'estomper. C'est la sphère thématique de ma composition Lamentate (Plaignez). J'ai de la sorte écrit une plainte, une lamentation, non pour des morts, mais pour nous, les vivants, qui devons
résoudre ces problèmes, chacun pour lui seul - pour nous qui peinons à traverser la souffrance et le désespoir dans le monde. »
<br>..."> Qu'est-ce qui met la mer en colère ?
Voici un bref extrait du film "Océan" réalisé par Jacques Perrin et Jacques Cluzaud qui nous entraîne au milieu d'une mer déchainée ne laissant pas de répit aux navires qui osent la défier.
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A voir ci-dessous, une vidéo plus complète : MAGNIFIQUE !
Le chalutier est de Guilvinec:
http://www.wimp.com/angryseas/
La mer en colère
Qu'est-ce qui met la mer en colère?
Ce ne sont pas les poissons
Dans le fond
Ce ne sont pas les bateaux
Sur les flots
Alors c'est sûrement
Le grand vent
Qui, dans un accès de rage
Hurle au large.

Eve, et Adam.
Adam n’aurait-il pas pu croquer « la pomme" en premier … ?
Sans doute que non, si les rédacteurs ( conteurs ) ne l’ont pas voulu ainsi … !
Au début, donc, Eve est sur le devant de la scène. La première femme, et mère du « genre humain » dans sa totalité… !
Avant ce début, l’Adamah ( l’humain ) n’est pas sexué. Il n’est pas bon pour cet humain d’être seul. Selon le mot hébreu, « Elle » n’est pas une aide, mais un « secours ». Ensuite le mot utilisé n’est pas « la côte » , mais le « côté ». Enfin, celle qui deviendra Eve, est similaire à l’homme, tout en étant autre ; aucun ne maitrisant leur origine. Elle est ’iShaH’ tandis qu’il est ‘YSh’.
“... En la voyant, l'homme s'écrie :
«os de mes os, chair de ma chair,
celle-ci, on l'appellera femme
car c'est de l'homme qu'elle a été prise.»”
(Genèse 2,23)
Catherine Billu Santenoise
Il serait intéressant de réfléchir sur la manière dont se passe la première rencontre entre ces deux humains… ? Un seul parle, et semble accaparer l’autre ! Comment découvrir l’autre, sans en faire un autre soi-même… ?
Le serpent, même s’il s’adresse à la femme, parle aux deux… Serait-ce parce que la femme nourrit ? Enfin, c’est ensemble que leurs yeux s’ouvrent. L’homme
n’est pas solidaire, dans ce qui apparaît être une faute!
La limite transgressée, finalement, aboutit à faire de l’humain ce qu’il est. Voir dans notre situation « un chute » du Paradis, n’a pour fonction, à mon avis, que de nous faire entrevoir notre véritable place, et notre origine … La liberté et la responsabilité, nous différencient fondamentalement des animaux, et c’est là notre grandeur, non pas, notre disgrâce
La femme est nommée par Adam, Eve, ‘ HaWaH ‘ dans une forme ancienne de l'hébreu, ‘ HaWaH ‘ c'est-à-dire « la vivante » par l'homme.
Eve la compagne est célébrée par Adam, avec euphorie. « Elle » est l’altérité pour « Lui » . Ils se découvrent homme et femme, et sans cette différence, il n’y aurait pas de véritable « relation » , c'est-à-dire l’accés au mystère de l'autre pour moi ?
<- peinture de Suzanne Valadon
Comment dire ...?
Comment dire
Où trouver les mots pour broder l’indicible
Broder sur tes yeux la trame du non-sens
Te dire comment le vent m’a emportée
Et mon cœur tournoyant
Mon être en cerf-volant dans le jour éclaté
D’ or
Comment t’offrir l’instant
Où je suis
Autrement et semblable
Mon essence oriflamme sur l’horizon flambant
Ecartelée de chair et de souffrances folles
Je me suis éperdue
D’amour
Mon centre palpitant
Cœur
Fleur indécente
Organe cramoisi
D’ivresses
Battantes
Sauvages
O ma main racine
Qui empoigne la nuit
Floraison d’étoiles aux ramures du temps
J’ai humé l’absolu aux bordures de l’esprit
Qui dansait comme un feu
Derrière mes yeux d’aveugle
Comment leur dire ma mort
A eux qui ne sont pas vivants
Illustration: Hugo Simberg - The wounded Angel