art
Pour écrire un seul vers.... RILKE
Extrait tiré du Livre de Rainer Maria Rilke "Les cahiers de Malte Laurids Brigge" conté par Michel AUMONT dans le film "Clara et moi" de Biolay...
Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas ( c’était une joie faite pour un autre ), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers.
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Rainer Maria Rilke (1875-1926) – Les Cahiers de Malte Laurids Brigge (1910)
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la Religion: entre art et philosophie ...
Le philosophe aime Sophia.
Le philosophe est animé d’une passion, quasi exclusive, pour Elle. Sophia, est une beauté, un peu froide, plus séduisante que Vénus, mais
inaccessible. Le philosophe se condamne à l’amour platonique. L’artiste, lui, n’envisage la vérité, que d’un amour charnel.
« Il n'y a réellement ni beau style, ni beau dessin, ni belle couleur :
il n'y a qu'une seule beauté, celle de la vérité qui se révèle. »
Auguste Rodin
Philosopher c'est "engager
une enquête sur le sens de la signification humaine" à partir de soi, et éventuellement "donner un sens à sa vie".
La religion, est un système de croyances déjà organisé, à la manière d’une ‘connaissance’ établie par les « anciens » ; elle répond à la « question du sens ultime des choses"… Parfois réponse véhiculée du fond des âges, comme "un message de l'au-delà, une parole adressée par le Divin"
Il ne s’agit pas là, d’une injonction à « croire » mais à se questionner, à partir d’Autre que soi …
L’art est une manière semblable d’appréhender la réalité. La subjectivité de l’art invite au mysticisme de percevoir la beauté.
Ce qui est beau, est vrai. Mais qu’est ce que la Vérité ?
«Trois opérations : Voir, opération de l’œil.
Observer, opération de l’esprit.
Contempler, opération de l’âme.
Quiconque arrive à cette troisième opération entre dans le domaine de l’art.»
Emile Bernard
La religion en appelle à l’expérience, au risque de l’irrationnel.
La philosophie, tente de ne pas tomber dans la subjectivité de la vérité… au risque de se limiter au scepticisme de la science, qui se borne à l’existence et exclut « l’au-delà » de son champ…
Mort Félix Nussbaum
La mort… La sale mort
Celle de Félix Nussbaum, autour du 2 août 1944 à Auschwitz

La mort, quand… ?
Demain, aujourd’hui peut-être … ?
Et même si tu étais en train de mourir,
quelqu’un de plus serait en train de mourir,
en dépit de ton désir légitime
de mourir un bref instant en exclusivité.
C’est pourquoi, si l’on t’interroge sur le monde,
réponds simplement : quelqu’un est en train de mourir.
Roberto Juarroz (Poésie verticale)
Elle, la Mort
“Ce qui fut entre nous n’était pas distance
L’heure était nue
Ma mort vêtement. “
Adonis (L’égaré)
“Ô Seigneur, donne à chacun sa propre mort
… Et ordonne-lui enfin d’attendre cette heure
où il enfantera la mort, son maître“
Rilke (Le livre de la mort et de la pauvreté) (7)
Chant de mort.
La Fortune aux larges ailes, la fortune par erreur m’ayant emporté avec les autres vers son pays joyeux, tout à coup, mais tout à coup, comme je respirais enfin heureux, d’infinis petits pétards dans l’atmosphère me dynamitèrent et puis des couteaux jaillissant de partout me lardèrent de coups, si bien que je retombai sur le sol dur de ma patrie, à tout jamais la mienne maintenant.

La Fortune aux ailes de paille, la fortune m’ayant élevé pour un instant au-dessus des angoisses et des gémissements, un groupe formé de mille, caché à la faveur de ma distraction dans la poussière d’une haute montagne, un groupe fait à la lutte à mort depuis toujours, tout à coup nous étant tombé dessus comme un bolide , je retombai sur le sol dur de mon passé, à tout jamais présent maintenant.

La Fortune encore une fois, la fortune aux draps frais m’ayant recueilli avec douceur, comme je souriais à tous autour de moi, distribuant tout ce que je possédais, tout à coup, pris par on ne sait quoi venu par en dessous et par derrière, tout à-coup, comme une poulie qui se décroche, je basculai, ce fut un saut immense, et je retombai sur le sol dur de mon destin, destin à tout jamais le mien maintenant.

La Fortune , encore une fois, la fortune à la langue d’huile, ayant lavé mes blessures, la fortune comme un cheveu qu’on prend et qu’on tresserait avec les siens, m’ayant pris et m’ayant uni indissolublement à elle, tout à coup, comme déjà je trempais dans la joie, tout à coup la Mort vint et dit : « il est temps. Viens. » La Mort, à tout jamais la Mort maintenant
Henri Michaux « Lointain intérieur : difficultés ». ( 1930).

Des Hommes et des Dieux
C'est dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 qu'un groupe d'hommes arrive au village d'Aïn Elrais, à quelques
kilomètres de la trappe de Tibéhirine et que sept moines, sur neuf présents, sont enlevés.
Quelle route ont-ils ensuite empruntée? On aurait retrouvé des traces de leur passage à Guerraou, un lieu-dit que l'on n'atteint pas sans
traverser l'axe principal Blida-Médéa. A flanc de montagne, un équipage de mulets attendait le cortège. Après, on ne sait plus rien. ... jusqu'à l'annonce de leur exécution le 23
mai.
Des hommes et des dieux – titre inspiré du psaume 82, Et plus particulièrement de ces versets : « Je le déclare, vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très Haut, pourtant vous mourrez comme des hommes, vous tomberez comme les princes. »
Un film Magnifique !
Je retiendrai : - la détermination et la difficulté de Christian de décider ‘ juste ‘, - La colère, les doutes, - l’angoisse de l’un
des frères et enfin, la joie d’être en paix, et en accord avec lui-même et les autres, - la leçon de liberté ‘ humaine ‘ …etc
Quel est le lien entre ce cinéma et la religion ? A mon avis, ce qui est remarquablement montré dans ce film , c’est la Rencontre… Rencontre avec une culture, une religion différente. Rencontre avec la violence, rencontre communautaire, rencontre avec l’Homme, avec Dieu… Il serait ici, même possible de parler de la mystique de la Rencontre. Beauvois ne fait pas du cinéma militant ou idéologique, mais de la ‘matière à penser’ …
« Une mystique ? Si on veut, mais une mystique concrète, matérielle, qui passe par des choix et des actes
quotidiens, à la fois réfléchis et profondément éprouvés – ceux des moines, ceux du cinéastes et de ses compagnons de travail. Dans Des hommes et des dieux, Beauvois ne trouve pas tout
de suite comment faire, il a affaire a
vec le fait divers tragique, l’histoire immédiate, la sociologie et la psychologie, une masse d’informations et un amas de possibilités
narratives. Peu à peu, grâce en particulier aux mots et aux gestes du rituel, il trouve comment se défaire de l’anecdote et du superficiel, il construit sa place, on comprend qu’en se focalisant
sur les pratiques réelles de ses moines il en trouve le chemin. » Henri TINCQ
« Comment montrer la grâce, donc ? La force du film est d'y répondre d'abord par des moyens purement
cinématographiques : Des hommes et des dieux est d'une beauté plastique à couper le souffle. La grâce, c'est peut-être avant tout une question de lumière, celle
qui tombe sur Saint-Matthieu dans la Vocation…
du Caravage). Le film accumule d'ailleurs les références à la peinture religieuse italienne : on aperçoit ici une reproduction de la Vierge de l'Annonciation d'Antonello da Messina, là un Christ à la colonne de Caravage ; certains plans citent directement les tableaux de maître, tel ce soldat
islamiste blessé traité comme le Christ de Mantegna.
Mais l'histoire de la peinture montre bien que le sacré peut se nicher aussi dans des sujets profanes : pour filmer les visages
des moines, la chef-opératrice Caroline Champetier dit s'être inspirée des autoportraits de Rembrandt. L'idée est magnifique : ces visages anguleux (Lambert Wilson), ronds
(Michael Lonsdale) ou burinés (Jacques Herlin), sont autant de facettes d'une seule et même humanité, chacun porte en lui "la forme entière de l'humaine condition".
C'est dans ces scènes frontales, d'une absolue simplicité, qui voit les moines discuter de la conduite à tenir, et peu à peu se rallier à la décision commune, que le film émeut peut-être le
plus.
A mesure que l'on s'approche du dénouement fatal, Des hommes et des dieux prend un tour
plus lyrique : quand il filme les moines chantant un
cantique pour faire pièce au vrombissement menaçant d'un hélicoptère de l'armée ; ou quand il montre leur communion au cours de ce qui s'avèrera être leur dernier repas.
Certains auront été bouleversés par cette (s)cène, véritable acmé émotionnelle du film ; nous
avouerons y être restés à la surface des choses (des hommes se souriant et pleurant en écoutant Le Lac des Cygnes). Comme si en cherchant à l'objectiver de manière
littérale, Xavier Beauvois laissait finalement échapper cette grâce qu'il avait tutoyé pendant tout son film. Question de sensibilité toute personnelle, sans doute : certains sont
amateurs des éclairages violents du Caravage ; d'autres de la lumière délicate de Giotto. » sur le site ‘ Zéro de conduite.net ‘
« Ce film était à hauts risques. Il aurait pu par exemple heurter les esprits agnostiques ou les anti-religieux en raison , dirait-on aujourd’hui, de la « vision positive » de la foi qu’il présente. Certes, il y aura toujours des spectateurs dogmatiques. Mais il n’échappera pas aux autres que ce que le film raconte avant tout, c’est la manière dont ces moines puisent dans leur foi la résistance morale et le courage dont ils font preuve face au danger de mort. Et le message de paix qu’ils en tirent est non seulement universel, mais aussi, et surtout, universaliste (incluant les islamistes, et en rien prosélyte). Les villageois ne perçoivent pas le discours et l’attitude des moines autrement. C’est pourquoi ils leur semblent constituer, dans ces temps dangereux qui les effraient, leur meilleure protection. » Sur le site POLITIS. Fr
« Le nœud du film tient en une question : faut-il rester ou partir ? La grande
richesse de cette œuvre magnifique est de laisser lentement se déployer la réponse jusqu’à une forme d’évidence individuelle et collective. Une évidence du cœur, pleine de cette densité
venue des profondeurs, nourrie d’un ébranlement intérieur et d’un cheminement douloureux qui en font toute la valeur. » sur le site ‘ La Croix ‘
" Le journal d'un curé de campagne " de BERNANOS
Je relis, avec l'émotion du retour vers le passé de l'adolescent de 15 ans, que j'étais, la même édition de poche:
Mais très vite, je suis happé par la
vertigineuse profondeur de l'observation de l'âme qu'entreprend Bernanos au travers des confidences de ce jeune prêtre...
Il se pourrait que la bigoterie du début du XXème siècle, vous rebute... Méfiez-vous...!
Vous serez plutôt, surpris de la violence de Bernanos... La complexité, l'ardeur des réflexions nous contraignent à nous confronter à la " position intenable de l’homme face à sa conscience,
l’éphémère de l’existence, sa beauté effrayante, sa cruauté confortable, sa solitude... " Et, cette méditation est à la mesure de l'immense ennui qu'évoquent les descriptions du paysage ambiant,
elle en est que plus violente !
A lire, absolument ...
Télécharger l'Ebook Le Journal d'un curé de campagne
"Le ruban blanc", un monde religieux sans Dieu !
Michael Haneke filme le mal qui
rôde, qui sommeille et qui ronge - dans une société centrée autour du religieux: avec un dieu garant de l'ordre, du rythme des vies.Dans " le ruban blanc " , à l'inverse du monde de Bernanos, Dieu est en fait, absent ...
Dans l'un: les croyances et la certitude; dans l'autre la foi et le doute.
Sous le Soleil de Satan
Sous le soleil de Satan - de Georges
Bernanos: Transposé à l’écran par Maurice Pialat en 1987,
Après avoir revu le film, je relis le roman… Ici, le film – même si c’est du bon cinéma – n’a pas le souffle religieux du livre… Bernanos, opère une véritable
descente aux enfers de l’âme… d’un saint !
Lutte avec le Mal sur toute trace de désespoir, d’orgueil… Sans doute, seul l’Amour peut faire face… mais l’abbé Donissan, comme beaucoup ( non .. ?) souffrent de ne pas en être …trop doté…
Paradoxe, pour un saint ; mais pas pour chacun de nous …
« Sa haine ( celle de Satan) s'est réservé les saints. l'homme qui défend sa vie dans un combat désespéré
tient le regard ferme devant lui, et ne scrute pas le ciel d'où tombe la lumière inaltérable sur le bon et sur le méchant.
Notre pauvre chair consomme la souffrance, comme le plaisir, avec une même avidité sans mesure.
Souvenons-nous que Satan sait tirer parti d'une oraison trop longue, ou d'une mortification trop dure.
O fous que nous sommes de ne voir dans notre propre pensée, que la parole incorpore pourtant sans cesse à l'univers sensible, qu'un être abstrait dont nous n'avons à craindre aucun péril proche
et certain !
Mais celui-ci - pauvre prêtre ! - s'il doute, ne doute pas seulement de lui mais de son unique espérance. » extrait de Sous le Soleil de Satan
Je rappelle ci-dessous le plan du film
Maurice Pialat reprend fidèlement le climat de l'époque (costumes, lampe à pétrole et bougie du presbytère, voiture à cheval), les constantes du paysage - la campagne de l'Artois et du Pas-de-Calais - les trois principaux personnages : Donissan (Gérard Depardieu), Mouchette (Sandrine Bonnaire), Menou-Segrais (Maurice Pialat lui-même), enfin les épisodes essentiels d'une fiction centrée sur une problématique de Satan…
Le film lisse les trois partie du roman, qui –pourtant- suivent le sacerdoce de Donissan qui s'exerce pendant environ quarante ans…
1) "Histoire de Mouchette" ou le désespoir du pêcheur (de l'humanité souffrante) ;
2) "La tentation du désespoir" ou les souffrances du "saint" dont la portée s'affirme rédemptrice, à la façon de la mort du Christ, puisqu'en définitive le suicide de Mouchette s'ouvre sur la révélation de Dieu et le désir d'expirer à l'église ;
3) "Le saint de Lumbres" ou la vocation du "saint". Par rapport à l'ensemble du roman, cette deuxième partie joue, en quelque sorte, le rôle d'un microcosme et donne au lecteur l'intuition de ce que furent les épreuves, les combats et les tentations d'une vie sacerdotale vouée à la lutte contre le Mal par amour du Christ.
Dans le roman de Bernanos, il y avait, en réalité, deux Satan. Incarné dans le maquignon, le premier revêtait l'apparence d'un "jovial garçon", très charnel, à la fois compagnon de route et bourreau de Donissan dans la nuit. Ses bonds, son rire, sa parodie de la Cène, ses spasmes éprouvés dans la boue en faisaient l'héritier du romantisme, ange déchu, être "magnifique et vil", "étoile reniée du matin"10, vaincu par l'esprit de prière du prêtre. Ce personnage de fiction relève du fantastique romanesque et du mythe. C'est lui que l'on rencontre, transposé, dans le film de Maurice Pialat. Mais le "saint de Lumbres", en particulier à propos de la mort du petit enfant, affronte au cours du récit du roman un second Satan qui n'apparaît jamais dans le film. Personnage invisible mais réel, évoqué dans la tradition des Pères de l'église, beaucoup plus redoutable que le premier, "ingénieux ennemi" qui pèse de toutes ses forces sur le prêtre, à la fois "voix" tentatrice du mensonge, "maître de la mort", "voleur d'hommes", menteur par excellence, faussaire qui égare les sens et le jugement, mêle "le vrai au faux" - en un mot le "Prince de ce monde" toujours avide d'attaquer Dieu dans le coeur de l'homme11. Ce Satan s'insère dans une perspective théologique méconnue par le cinéaste.
Agnostique - comme Alain Cavalier, dont on n'a pas oublié Thérèse -, Maurice Pialat ne croit pas en effet à ce second Satan
« On n’oubliera pas de sitôt le corps ambulant et bancal de Gérard Depardieu qui traverse les campagnes, franchit les obstacles, mais toujours essoufflé ou au bord de l’évanouissement. Donissan, c’est le prêtre qui non content de porter sa croix est appelé à porter celle des autres et pour ce faire en viendra à vouloir se damner pour sauver autrui. Mais le sacrifice est plus orgueilleux qu’amoureux « et Dieu ne se donne qu’à l’amour ». D’où l’incertitude toute bernanosienne d’ailleurs qui se dégage du film. Chez Pialat comme chez Bernanos, Dieu brille par son absence et l’on n’est jamais sûr de rien – si le maquignon était le diable ou si l’enfant est vraiment ressuscité (il ouvre les yeux certes mais retombe inerte). « Dans ce film, Dieu ne se révèle qu’en négatif du mal, mais non en tant qu’affirmatif du bien. On ne le voit qu’à contre-jour ou qu’à contre-temps » dit encore André Frossard dans un des autres bonus. »
Ashes and Snow- Feather to Fire
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Gregory Colbert est un artiste ayant photographié d'une façon poétique les relations entre hommes et animaux. Une belle et douce sensualité ressort de son travail, nous faisant ressentir une grande tendresse. La plupart de ses photos montrent des animaux se trouvant en compagnie d'hommes paisibles, leurs yeux souvent clos. La distinction entre hommes et animaux ne se fait pas, la beauté des images et des scènes nous invitant à pénétrer dans son monde de sensualité. Entre la danses des lamantins, les baisés de l'orang-outan et la lecture de l'éléphant, les animaux rendus artistes s'expriment devant l'objectif. |
Nisi Dominus et Stabat Mater de VIVALDI
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Psaume 126 Si l’Éternel ne bâtit la maison, ceux qui la bâtissent travaillent en vain ; si l’Éternel ne garde la ville, celui qui la garde veille en vain. On ne connaît pas la date exacte et la destination précise des motets Nisi Dominus et Stabat Mater, mais leur formation - une voix de contralto, un orchestre à cordes et le continue - semble indiquer qu'ils étaient très certainement destinés à être interprétés par les musiciennes de la Pietà (1 ) . Les paroles du motet Nisi Dominus (Si le Seigneur ne bâtit la maison) sont tirées du psaume 126, l'un des plus poétiques, généralement chanté aux fêtes de la Vierge Marie. Le prophète y « exhorte le peuple juif à mettre sa confiance dans le Seigneur en lui assurant qu'ils ne doivent attendre que de Lui le succès de son entreprise » . |
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Du Stabat Mater (La Mère douloureuse se tenait en pleurs près de la Croix), poème chanté lors de la fête des Sept Douleurs de la Vierge, Vivaldi n'a retenu que seize des vingt
strophes. Il en a fait une grande page de méditation pour contralto et orchestre, pièce simple et profondément émouvante où ne se succèdent que des épisodes mesurés en forme d'arioso, avec
vocalises sur certains mots-clés. Seul mouvement brillant du motet, l'Amen mène à une péroraison de virtuosité vivifiée par cet enthousiasme qu'avait relevé Marc Pincherle, même si le
sentiment religieux de Vivaldi « qui n'est pas celui de Bach, n'en a pas l'intériorité, ni l'austérité ». |
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Regrets musicaux
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La fameuse septième corde, dont Sainte-Colombe a doté sa viole « d'une possibilité plus grave et afin de lui procurer un tour plus mélancolique », résonne comme un chant profond sur la misère d’exister, seul, en communion avec sa création. « Ce sont tous les plaisirs du monde qui se retirent en nous disant adieu. » |
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Comme le dit Sainte-Colombe à Marin Marais, alors qu'ils écoutent deux actrices: "La musique aussi est une langue humaine" ... |
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« Quand je tire mon archet, c'est un petit morceau de mon coeur vivant que je déchire. Ce que je fais, ce n'est que la discipline d'une vie où aucun jour n'est férié. J'accomplis mon destin. » |
| « Tous les matins du monde sont sans retour. » |
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Enluminure de Yves GACK