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Des manifs, le vote et la loi sur le "mariage pour tous"
Vote à l'Assemblée nationale: elle est composée de 577 députés dont 278 socialistes et 17
apparentés, 186 UMP et 10 apparentés, 29 UDI, 17 écologistes, 16 radicaux, 15 gauche et 7 non-inscrits (2 sièges
vacants).
Observons le vote du 1er article de la loi sur le « mariage pour tous » : 348 votants, 346 exprimés dont 249 pour et 97
contre. En gros la gauche « pour » a fait le plein de ses voix si l’on excepte les excusés pour cause de grippe ou d’indisponibilité.
Mais où sont passés les députés de « droite » censés voter contre ? 98 votants pour 225 élus. Ridicule ...!
97/577=16.8% ..! En fait l'opposition nationale à cette réforme était très faible ! ou...Est-ce que cela vaut la peine de descendre dans la rue si les députés censés la soutenir sont aussi peu motivés ? ( la Croix: courrier 01/03/2013)
Stéphane Hessel, l'indigné et le prophète
En ces temps aseptisés, nous avons besoin de prophètes qui s’indignent, et nous ré-apprennent l'indignation.
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| « Quand je cesserai de m'indigner, j'aurai commencé de vieillir. » André Gide |
Stéphane Hessel, a été de ceux-là. Stéphane Hessel, ancien diplomate, déporté et résistant et dernièrement auteur d'"Indignez-vous !", est mort dans la nuit du mardi 26 au mercredi 27 février à l'âge de 95 ans...
Après l'abbé Pierre, Martin Luther King ou Mandela ; mais aussi Martin Luther en son temps... S'indigner des prêtres pédophiles, et de cette méprisante vision qu'ont les islamistes de l'Islam ...
Nous retrouvons chez tous ces hommes, la capacité d'indignation des prophètes...
Le prophète c'est celui qui voit avec les yeux de Dieu... Et le Dieu de Jésus-Christ est un Dieu qui s'indigne...
“J’ai vu la misère de mon peuple” (Ex 3, 7). C’est un Dieu qui regarde non pas l’apparence, mais le coeur : “Les hommes voient ce qui leur saute aux yeux, mais le Seigneur voit le coeur” (1 S 16, 7)
Être prophète, c’est ne pas pouvoir supporter qu’un être humain soit méprisé ou abaissé, c’est à la fois le dire haut et fort et en même temps faire tout ce qui est en notre pouvoir pour améliorer les choses.
A voir ICI, au sujet de ce grand petit livre: « indignez-vous ! » de stéphane hessel.
Article - 08/12/10 - « Indignez-vous ! » de Stéphane hessel. - Voilà un sujet, qui à mon avis, ne démérite pas d’être présenté dans le contexte pédagogique… Cet article est ‘engagé ‘,…
Benoît XVI, l'Eglise et l'Esprit Saint
Ce matin, mercredi 13 février, l'édito politique de Thomas Legrand sur France-Inter à 7h45, parle de l'Esprit-Saint … miracle de l'actualité à l'occasion de la « renonciation » du Pape. Intéressant.
Saint-Grégoire le Grand inspiré par l'Esprit, Saint-Registrum-Gregorii
Le journaliste s'interroge sur le fait qu'au moment où Jean-Paul II estimait devoir remplir sa charge, - donnée par l'Esprit Saint - jusqu'au bout; le monde catholique trouvait cela formidable et courageux. Et, aujourd'hui, dans une situation semblable, le pape renonce : et, l'on trouve cela formidable et courageux...
Que s'est t-il passé... ?
Le chroniqueur s'interroge : Soit cette décision est humaine, et l'Esprit Saint n'y est pour rien ;
soit l'Esprit saint se contredit d'un pape à l'autre …
Cette question, semble t-il, est importante, puisque la réforme de l'Eglise en dépend :
Soit comme le pense Olivier Bobineau prof à Sc. Po. Le catholicisme romain ne peut pas se régénérer, restant ( jusqu'à quand …?) - au cœur d'un occident qui s'est démocratisé, et socialement libéralisé - une institution anachronique avec sa structure pyramidale et son magister masculin...
Soit, s'il est admis que la décision humaine a pris le pas, alors l'Eglise pourrait se donner les moyens d'emprunter la voie de la réforme...
Pour O. Bobineau, « l'institution Eglise veut encadrer le sentiment des individus depuis son centre
romain », ell ne peut accepter que « la modernité vienne briser les chaînons de tout contrôle centralisé pour faire de l'individu un être libre et souverain... qui deviendrait alors son
propre centre. »
Soit le successeur de Benoît XVI « ajuste l'Eglise - plus que ne l'a fait Vatican II - à la modernité en modifiant son mode "moralisant" de contrôle des sentiments, mais peut-il le faire au point de défigurer ce qui a constitué le catholicisme? », soit « il confirme le repli identitaire au sein de "foyers catholiques de résistance" dans les sociétés modernes et déploie son pouvoir dans les autres sociétés, où les institutions sont encore légitimes à encadrer les consciences. » O. B.
L'idée qu'il fallait que le Pape aille « jusqu'au bout » était une conception monarchique. Avec cette 'démission', « Benoît XVI introduit l'idée que le titulaire de la charge a la possibilité de dire "j'arrête". La fonction de pape devient une aussi fonction comme une autre... Benoît XVI a agi en conscience... A cet égard, on peut dire qu'il est « moderne », alors qu'il est anti-moderne sur tant d'autres points. » Étienne Fouilloux, professeur émérite d'histoire contemporaine à l'Université-Lyon 2, chercheur associé de l'équipe RESEA du LARHRA. Il est spécialiste d'histoire religieuse du XXe siècle ...
« Le pape avait certes été élu par des hommes, mais avec l'intervention de l'Esprit saint ! Dieu devait donc donner au pape la force d'assumer cette charge, quelles que soient ses faiblesses humaines. D'un point de vue théologique, cela change la conception de la papauté, même si cela ne veut pas dire que Benoît XVI n'a plus confiance en un soutien divin... Mais il prend en compte des considérations terrestres. » Étienne Fouilloux
Sources : France Inter, L'Express et Le Monde du 12/02.
Calendrier des religions 2013

Ce nouveau support permettra de mieux connaître ces différentes confessions et contribuera à favoriser le respect mutuel.
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calendrier au format PDF
Le mariage pour tous, et ma religion
Ma religion est celle d'une personne : « Je suis la Vérité ». Aussi, la Vérité ne consiste pas à répéter une « vérité » toute faite... Elle est 'chemin vers...', et à tracer chaque jour...
« Le mariage pour tous » : est-ce une question religieuse ? A Cana, Jésus est présent à une festivité sociale,
sans plus … Pour parler d'amour, les évangiles utilisent le mot d'agapé et, il s'agit d'une manifestation de la grâce...
Ce mariage, dont il est question aujourd'hui est une question civile.
Cependant, ma religion m'aide à penser :
- Ainsi, notre tradition avance la notion d' « altérité ». L'exemple le plus frappant, et le plus riche sur le plan de notre humanité ( pour moi …) est l'altérité hommme-femme... Serais-je tenté de retenir cette image comme essentielle et définitive... ?
- La « nature » est l'espace de la « création », l'enfant est la plus belle image de cette idée... Mais aujourd'hui, « il est » ( et cela est bon ...) que la sexualité n'a pas pour unique but : la procréation; que l'expression moderne du mariage est le mariage d'amour ( Eros … et non Agapé ).
- Aujourd'hui, à coté d'une anthropologie « naturelle », s'inscrit ( et cela est..) une anthropologie « relationnelle » ( qui a aussi
un écho très fort dans le message évangélique...)... Notre identité « ne se définit pas de manière fixe, immuable, et naturelle, mais dans un parcours de vie. »
Pasteur Jean-Marie de Bourqueney. « Qui sont ma mère, mes frères et mes
sœurs … ? » Non pas les membres de ma famille, mais ceux qui font la « volonté de Dieu » … !
« Le Jésus des évangiles n’a de cesse de briser les moules identitaires qui enferment l’être humain dans une fonction définie une fois pour toutes : l’aveugle, le pécheur, la Samaritaine, le possédé. « Va, ta foi t’a sauvé-e » peut être entendu comme l’affirmation d’une identité évolutive : « Tu n’es pas que ce que tu es ; tu es appelé-e à un devenir. » En changeant ainsi de paradigme, nous repensons nos identités et nos choix de vie tout différemment. » Pasteur Jean-Marie de Bourqueney
- Le but de l’avenir du couple : est-ce l'enfant, ou le devenir de chacun … ?
- N'existe t-il pas d'autres formes d'altérité, qu'une altérité
« naturelle » ? N'y a t-il pas d'autres modes d’altérité, et d'autres formes de fécondité.. ? De fait aujourd'hui, il existe différentes formes de former une famille
… !
- Pour l'enfant, il est nécessaire de rencontrer les fonctions paternelle et maternelle. Ne s'agit-il pas seulement de « fonctions » , et non pas d'états naturels prédéfinis ?
Attention de ne pas désincarner l'Evangile, de le réduire à une morale et de le rendre inaudible à nos contemporains... !
Les Cathos à Limoges et " le mariage pour tous"
Dimanche 27/01 soir, la communauté chrétienne de St Eloi à Limoges, proposait une
information sur le projet de loi : « le mariage pour tous ». Excellente initiative et appréciée ! La présentation juridique de l'état du projet et les
questions qui en découlent étaient clairement amenées, et précises.
Il est symptomatique du débat chez les « catho. » qu’apparaisse ensuite la présentation de la « Gender Theory » . Par contre, une présentation anthropologique de l'humain avec un regard catholique, et la présentation du sacrement du mariage semblaient légitimes...
Le débat a été volontairement évité, et malheureusement les raisons ( chrétiennes, aussi ) de ceux qui défendent ce projet de loi, n'ont pas été souhaitées ….
1- Je propose que - dans un débat chrétien - nous imaginions que dans la salle se trouve des couples d'homosexuels, que nos enfants pourraient être, là, dans cette configuration... Refuserions-nous d’accompagner leur projet de vie ? Quelle serait aujourd'hui le comportement de Jésus ?
Disciples du Christ, que leur proposons-nous ? Je leur dis, qu'ils seront jugés sur l'Amour. Je leur dis, que l'Etat - laïque - leur doit de les protéger dans une construction d'un projet familial, projet d'adoption, par exemple... Rendez à César, ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu … Ensuite, je me tourne vers mes frères et sœurs catholiques, pour leur demander de quelle manière allons-nous les accueillir dans notre communauté de croyants ? Cette situation est nouvelle, il nous faut lire « les signes des temps », nous rendre compte que la notion même de famille évolue ( divorce, familles mono-parentales, couples divorcés et remariés ...etc). Comment allons nous accueillir ces nouvelles manières de vivre la famille... ?
2- Depuis, la crise moderniste, l'Eglise a peur. Elle s'est opposé à la laïcité, à la loi sur le divorce, à la contraception, au Pacs ; et aujourd'hui, au « mariage pour tous »... Elle choisit délibérément une position partisane et réactionnaire qui divise la communauté croyante. J'aurais imaginé mon Église adopter une attitude d'avant-garde, non partisane, en possession d'un projet d'avenir innovant et respectueux de toutes les manifestations d'humanité... Un catholicisme subversif et innovant, qui ose parler de l'Amour incarné.
Une religion permet à l'homme d'être plus intelligent, par l'expression d'une anthropologie qui
s'appuie sur une tradition, qui ne succombe pas aux modes, et qui lit « les signes des temps » pour proposer un avenir... Aujourd'hui, elle loupe quelques marches
…
3- La « gender theory » : Georgina Dufoix contre le "mariage pour tous" [La Vie], résume et reprend les peurs qui semblent conditionner le refus du texte de loi : « Le "mariage homo" focalise toutes les attentions, mais dans ce projet de loi, il n’est que la partie émergée de l’iceberg. Ce projet de loi se proposerait de transformer en profondeur notre façon de vivre ensemble en essayant d’effacer de notre droit l’altérité entre hommes et femmes pour la remplacer par la théorie du genre. »
C'est dit, et il serait intéressant de se demander d'où vient ce fantasme … ? Ce serait un peu comme, juger le christianisme sur ses propres intégrismes .. !
« Un article récent de Sciences Humaines (magazine de vulgarisation de référence), intitulé « Masculin – féminin: le genre explique-t-il tout? (question rhétorique s’il en est), est très bien analysé sur le blog Une heure de peine dans « Du genre face à la paresse intellectuelle ». Denis Colombi * montre en quoi il constitue un condensé des idées reçues que l’on retrouve de manière systématique chez les polémistes « anti-genre ». Le même problème se pose avec Le Magazine Littéraire, même si le dossier est globalement de meilleur niveau. » Denis Colombi, agrégé de sciences sociales, professeur de sciences économiques et sociales, doctorant en sociologie
Voir également cet article : « 'La théorie du genre' n'existe pas » ICI :
Personnellement, la différenciation des sexes et des genres me parait essentielle, et ne me semble pas remise en cause... ( seulement sur les marges idéologiques et intégristes … comme toujours.). C'est un peu comme si - dans le débat sur l'inné et l'acquis – nous disions que tout est inné ou tout est acquis... Évidemment, l'idée que nous avons du masculin et du féminin, dépend aussi de nos représentations culturelles... ( les femmes étaient supposées ne rien comprendre aux mathématiques ...etc)... Bref: cela me parait à ce point évident, que c'en est fatiguant ..! :-)
- Bien sûr, et c'est un préalable : aujourd'hui, nous reconnaissons que chrétiens: l'homosexualité n'est plus un péché ; et que français : l'homosexualité n'est plus un délit... Comme quoi, il n'est pas un vain mot de discerner le bien du mal, dans 'les signes des temps' … ! Et je considère que l'inverse : c'est de l'homophobie ! Essayons de clarifier ce point, et affirmons le, pour que les catholiques ne soient pas soupçonner d'homophobie … !
Le christianisme comme religion de l'Evangile
Je reviens sur « les signes des temps », notion qui est – à mon avis – au coeur de la problématique catholique aujourd'hui. A l'opposé, sans doute, de l'islam ( avec le Coran) ; la transmission de la Parole chrétienne ne peut se faire sans interprétation créatrice :
Par exemple, la crise moderniste ( malheureusement, elle ne semble pas s'être terminée ..!) à la fin du XIXème
siècle ( Syllabus …etc) nous montre le spectacle d'une Eglise qui loupe la possibilité d'un
compagnonnage avec les forces créatrices et humaines de cette société moderne, société qui construit sans les catholiques : - l'égalité de l'homme et de la femme, - le respect de la liberté
de conscience, - le droit à la liberté religieuse, - la dissociation de la sexualité et de la procréation, - l’accès à un « mieux-être » spirituel ( développement personnel ), - la
laïcité, - la famille ( accompagné de lois sur le divorce, le mariage …) etc …
Exemples : * « Il est incontestable que la littérature biblique témoigne d'une culture patriarcale et androcentrique. Il faut les relire à partir de notre conscience moderne de l'égalité homme-femme. » Claude Geffré.
* Nous devons tenir compte – à partir du génocide juif – de certains textes anti-judaiques du nouveau testament … De même des textes « guerriers » ..etc ...
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Nous devons aujourd'hui non seulement interpréter
« les signes de temps », mais également chercher « les indices de transcendance » qui témoigne de l'humain véritable, dans notre monde...
Exemple : « L'expérience du beau est nécessairement un espace de transcendnace. Elle s'enracine dans ce qui fait la singularité de l'humain véritable, à savoir la capacité symbolique, et elles est sous le signe de la gratuité. » Cl Geffré. ( cf Yves Bonnefoy )
Dans l'ouvrage : « Le christianisme comme religion de l’Évangile » de Claude Geffré 2012, l'auteur explique magistralement le chemin que nous pourrions prendre pour que le Christianisme – religion de l'Evangile – par ailleurs « religion de la sortie de la religion », puisse aujourd'hui incarner l'une des figures possibles de l'avenir de la religion.
« Si le christianisme est fidèle à la religion de Jésus, alors il est une religion d'avenir parce qu'il rejoint en tout
être humain l'aspiration à se libérer de toute violence, y compris la violence du sacré. » Cl Geffré
Le christianisme a une vocation prophétique de « contre-culture », et « elle doit œuvrer avec d'autres instances à la recherche et à la promotion de ce que j'appelle l'humain authentique, le vere humanum dont parle la constitution Gaudium et spes. » Cl G.
Ps: le dernier ouvrage de Claude Geffré, me semble récapituler tous les enseignements de ce dominicain: je pense que la théologie du Pluralisme religieux permettra au catholicisme de ne pas louper le prochain train vers notre futur ...!
Le sens de la famille d'aujourd'hui -1-
Rainer Maria Rilke, « nos traditions ne sont plus que branches mortes que n’alimente plus l’énergie des racines »
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| La famille Maccabée, Wojciech Stattler - 1844 |
Nous avons la chance extraordinaire d'être ainsi interrogé, comme chrétien et face au « monde », nous avons ainsi une responsabilité devant la société dans laquelle nous vivons, dans laquelle nous sommes immergés... Et que nous ne pouvons refuser, rejeter ...A moins d'être sectaire, intégriste … enfermés dans toutes ces formes de rejet de l'autre, de l'autre qui est différent.
La famille est un espace où une relation primordiale a lieu et où se tisse tant bien que mal, la loi et l'amour. La loi dans le sens où elle nous donne un ordre des choses, qui n'est pas notre seule volonté, limitée et égocentrique … et l'amour , comme un don pur. Ces qualités familiales, ne nous sont pas données, au travers d'une seule manière de faire famille ...
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| Abraham, Agar et Sarah. |
La famille en 2013, n'est plus celle des précédents siècles... La famille qui se vit aujourd'hui, et c'est une donnée sociologique, est multiple, et ne peut être réduite à un slogan « un papa et une maman », cela ne dit rien des familles recomposées, des situations des divorcés, des femmes ou hommes seuls avec leurs enfants, de l'adoption, des couples homosexuels ...etc... Et je ne balaie pas ainsi qu'une fraction marginale de la population ! , et même encore le ferais-je … ?
Cette question sur la famille, est fondamentale parce qu'elle nous permet de nous interroger sur la filiation, sur la transmission... Et le fait d'être chrétien, à mon avis, en rajoute … Parce que je suis d'avis – véritablement - d'être constitué d'un « ailleurs »... Je suis porteur de quelque chose qui me dépasse, et dont la famille, et plus encore autour ( puisqu'il s'agit d'éducation, de transmission …) est au cœur …
Nous aurions bien envie – aujourd'hui - ( c'est sans doute un reste de quelque utopie mal digérée, mal résolue … et ce
pourrait être un parmi nos prochains fascismes .. !) - penser que nous pouvons nous auto-constituer !
Le « post-humanisme » - que certains appellent de leurs vœux en travaillant sur la génétique, sur les nano-technologies, sur toutes les formes de prothèses physiques et mentales, - est la folie de penser pouvoir pré-déterminer ou contrôler le destin la personne et accroître sa compétitivité... avec le plus profond mépris pour tout ce qui est différent, fragile, inefficace …
L'intégrisme, rêve également d'un tel contrôle, également sur le corps et ses capacités, mais à partir de la vie spirituelle...
Etre libre, c'est pouvoir répondre à quelque chose qui nous habite, mais comme serviteur, à l'opposé d'une auto définition, d'une auto proclamation. Nous avons à répondre de ce que nous sommes...
« Après ,Auschwitz on ne peut plus se contenter d’opposer la raison des instincts, le premier étant garant de notre humanité. » Fabrice Midal.
Ce texte 'personnel' est inspiré des propos de Fabrice Midal, à propos de son dernier livre : Auschwitz, l’impossible regard.
- Mon opinion sur " le mariage pour tous" est: - 1 ICI, et - 2 ICI
Une leçon du maître rabbin : Gilles Bernheim.
Intervention de Gilles Bernheim lors de la Rencontre des religions pour la paix, le 27 octobre 2011, organisée par la Communauté de Sant’Egidio et l’évêché de Paris.
Gilles BERNHEIM ( grand rabbin de France ) dit « volontiers que la grandeur d’une religion réside dans sa capacité à donner à penser ». C'est exactement là le plaisir que j'ai d'être catholique... Si, aujourd'hui, il semble difficile à beaucoup de comprendre cela ; c'est que le concept même d'éthique est de venu incohérent. L'exercice de « vivre » est avant tout une question d'éthique …
« l’effet corrosif de la domination du marché n’a pas agi sur le seul paysage social. Il a également érodé notre vocabulaire moral, qui est indiscutablement la ressource la plus importante dont nous disposons pour penser notre avenir … ( …) nous en sommes arrivés à ne plus penser qu’en termes d’efficacité – comment obtenir ce que nous voulons ? – et de thérapie – comment ne pas nous sentir frustrés par rapport à ce que nous voulons ? »
La mentalité du marketing, c'est – la stimulation et la satisfaction du désir –
La morale, c'est « savoir ce que nous devrions désirer », pour être heureux... question très prégnante, quand on veut "transmettre" un message à ses enfants ...!
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Gilles Bernheim ajoute que cette « exigence de légitimation générale » ( il pense au « mariage pour tous » ) semble traduire a une permissivité générale, donc le retrait de tout jugement. Il ajoute que cette « permissivité très forte procède du manque de courage, de l’incertitude ou de l’indifférence. ». Personnellement, cette légitimité me semble d'ordre exclusivement juridique, puisque les « couples d'homosexuels » existent déjà... Ensuite, en ce début du XXIème siècle il ne me parait pas immoral de vivre son homosexualité en couple...
Cependant, les religions n'exigent pas, en leur sein, l'unanimité ; elles provoquent un débat, et cela est sain …
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Le « libéralisme » - technocratique et gestionnaire – ne s'occupe pas de morale. Quand il se
soucie de « pauvreté » par exemple, il le fait par l’intermédiaire de « mécanismes qui marginalisent les considérations morales. » Laïcité.. !
? Les notion du
« bien », et même du « bien partagé », n'auraient plus de fondements juridiques, au point qu'il semble plus simple de dire que : « Le mieux que nous puissions
faire, est d’offrir aux individus le plus de liberté possible afin qu’ils soient en mesure d’exercer leurs propres choix. L’instrument le mieux adapté à cette fin est le libre marché, où nous
pouvons en effet faire l’acquisition du mode de vie qui nous convient cette année, ce mois-ci. »
Qui, si ce n'est plus le rôle des politiques de parler « de solidarité humaine, de justice, et de la dignité inaliénable des existences individuelles. » ; qui peut le faire … ?
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Enfin, Gilles Bernheim, touche une question strictement religieuse, mais fondamentale, qui alimente ma
conviction en ce qui concerne le pluralisme religieux :
« l’antijudaïsme chrétien ne sera dépassé que lorsque les chrétiens seront parvenus à percevoir dans un sens positif le « non » des juifs à Jésus. » Extraordinaire !
Nous serons vraiment « catholiques » (universels) , quand nous serons capable de comprendre le sens, l'intérêt, la justesse de chacune des religions. En d'autres mots, quand nous aurons compris le dessein de Dieu, qui s'exprime dans la pluralité des religions...
Merci monsieur le Rabbin, pour cette leçon religieuse et sociologique ...
Source: Quotidien " la Croix" du samedi 05 janvier 2012.
Meilleurs voeux pour 2013
Un tableau d'Edouard Vuillard ( 1868-1940 ): C'était, il y a une centaine d'années... Le XXème siècle était encore en gestation...