actualite
les États généraux du christianisme 2012, à Strasbourg
Aujourd'hui, commencent les "États généraux du christianisme 2012". Je suis à Strasbourg pour y participer.
Réunir
intellectuels, décideurs économiques et politiques, hommes d' Église, personnes de la société civile, artistes, autour de questions volontairement provocatrices, c'est l'ambition de ces États
généraux du christianisme qui souhaitent affirmer avec audace que le christianisme peut répondre aux interrogations et aux aspirations des chrétiens, mais aussi de tous nos contemporains.
Une trentaine de débats pluralistes
Le désir est-il fidèle ? La sécurité au prix de notre liberté ? Peut-on réussir sa vie ? L’entreprise a-t-elle une âme ? Faut-il défendre l'Église à tout prix
?
Psy ou philosophe, homme d'affaires ou femme de lettres, prêtre ou pasteur, dominicain ou jésuite, avocat ou artiste, scientifique ou cinéaste, économiste ou
bibliste, croyant ou athée... En deux éditions, nous avons reçu plus de 200 intervenants d'envergure locale et nationale venant de tous horizons. Ci-contre : Christine Pedotti, Conférence des
baptisés de France et Vincent Ribeton, supérieur de la Fraternité St-Pierre, édition 2010, débat : "Changer l'Eglise oui, mais dans quel sens ?"
3 grands forums, qui rassemblent près de mille participants
Faut-il avoir peur ? Qu'avons-nous fait de l'amour ? Chrétiens, réveillez-vous ! (2011) Quelle présence chrétienne dans le débat public ?
Notre vie a-t-elle un sens ? Évangéliser, annoncer la foi,
est-ce provoquer ? (2010)
Sur les grandes questions de société, de vie humaine et d'Église, ces grandes plénières donnent le ton de chaque édition.
Des ateliers corps et prière, pour s'initier à une pratique en petits groupes
Danse, méditation, sophrologie, gestuelle... La découverte de la prière corps et âme, en puisant aux différentes traditions.
La Nuit du christianisme, dans une église en ville et en lien avec les mouvements
Une grande traversée de la prière chrétienne de 20 h à 8 h du matin : gospel, offices monastiques, prière de Taizé, adoration, office orthodoxe, témoignages, « moment vocation ». Une véritable odyssée de l'âme !

1912...2012... Nous sommes « menacés » … !
Lors de temps troublés, l'opinion publique se satisfait quand les médias pointent précisément certaines
menaces. Il y a cent ans, certains en appelaient au « réveil national », en pointant la menace juive d'une part, et allemande de l'autre …
« L'antisémitisme français à la fin du XIXe siècle est remarquable par son activisme et sa popularité, comme le prouvent le nombre impressionnant et la virulence des publications antisémites en France, dont en particulier le pamphlet d'Édouard Drumont, La France juive (1886, 1892) et son journal La Libre Parole. » ( wiki )
Il y a alors un antisémitisme de droite, .. d'origine religieuse très ancienne (thème du peuple déicide ), juxtaposé à des thèses raciales « fondées sur la science !» ...… et un antisémitisme de gauche chez lequel se mêle de l'anticapitalisme, et de l'anticléricalisme …
Aujourd'hui, des hordes de protestataires musulmans et violents nous menaceraient tous.. !
« On estime que 0,001% à 0,007% des 1,5 milliard de musulmans dans le monde ont participé aux protestations contre le fameux film -– soit une infime proportion des citoyens
pro-démocratie qui ont défilé lors du Printemps arabe.
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La grande majorité des manifestants étaient pacifiques. Les attaques visant les ambassades étrangères ont quasiment toutes été orchestrées ou appuyées par certains membres du mouvement salafiste, un groupe islamiste radical qui vise avant tout à salir la réputation de groupes islamistes modérés plus populaires.
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Les hauts représentants des États-Unis et de la Libye sont divisés sur la question de savoir si l’on avait projeté d’assassiner l’ambassadeur américain en Libye le jour du 11 septembre, auquel cas sa mort serait sans lien avec le film.
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Hormis des attaques de groupes radicaux en Libye et en Afghanistan, un rapport établi le 20 septembre chiffrait à zéro le nombre de victimes tuées par les manifestants.
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Quasiment tous les hauts dirigeants musulmans et occidentaux ont condamné le film, et quasiment tous les responsables musulmans et occidentaux ont condamné les violences perpétrées en réaction au film.
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La visite du Pape au Liban a coïncidé avec le pic des tensions. Cependant, les dirigeants du parti Hezbollah ont tenu à assister à son sermon, n’ont pas protesté contre la vidéo jusqu’à son départ et ont appelé à la tolérance religieuse. Oui, c’est bien ce qui s’est passé.
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Après l’attaque de l’ambassade américaine à Benghazi, des citoyens lambda se sont rendus dans les rues de Benghazi et Tripoli, avec des pancartes, souvent en anglais, pour s’excuser et dire que cette violence ne représente ni leur identité ni leur religion.
Ajoutez à cela tous les reportages et articles importants qui ont été écartés la semaine dernière pour
laisser place à la Une sur les musulmans “énervés”, et ainsi surfer sur la vague démagogue du "choc des civilisations". En Russie, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans les rues de
Moscou en opposition au président Vladimir Poutine. Des centaines de milliers de Portugais et d’Espagnols se sont indignés lors de rassemblements anti-austérité; et plus d’un
million de Catalansont manifesté en
faveur de l’indépendance. »
Source de la partie 2 : http://www.avaaz.org/fr/7_things_you_should_know_french/?baQVJab&v=18151
Le cardinal Martini : son dernier entretien
Le « Corriere della Sera » du 1 sept. 2012 a publié à titre posthume, un entretien avec le cardinal Carlo Maria Martini, au lendemain de son décès, survenu le vendredi 31 août 2012 à l’âge de 85 ans. Le père Georg Sporschill, le confrère jésuite qui l’avait interwievé dans l’ouvrage « Conversations nocturnes à Jérusalem – Sur le risque de la foi »* et Federica Radice ont rencontré le cardinal Martini le 8 août dernier.
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| Le cardinal Carlo Maria Martini est mort vendredi 31 août à l’âge de 85 ans. |
Le texte de leur entretien, est « une sorte de testament spirituel que le cardinal a lu et approuvé ».
Comment voyez-vous la situation actuelle de l’Eglise ?
L’Eglise est fatiguée, dans l’Europe du bien-être et en Amérique. Notre culture a vieilli, nos églises sont grandes, nos maisons religieuses sont vides et l’appareil bureaucratique de l’Eglise gonfle, nos rites et nos habits sont pompeux. Ces choses, cependant expriment-elles ce que nous sommes aujourd’hui ? […] Le bien-être pèse. Nous nous trouvons là comme le jeune homme riche, qui s’en va triste, lorsque Jésus l’appelle à devenir son disciple. Je sais que nous ne pouvons pas facilement tout abandonner. Au moins, cependant, pouvons-nous rechercher des hommes libres et plus proches des autres. Comme l’ont été l’évêque Romero et les martyrs jésuites du Salvador. Où sont chez nous les héros desquels s’inspirer ? En aucune raison nous ne devons les enfermer dans les contraintes de l’institution.
Qui peut aider l’Eglise aujourd’hui ?
Le père Karl Rahner utilisait volontiers l’image de la braise qui se cache sous la cendre. Je vois dans l’Eglise d’aujourd’hui tellement de cendre sur la braise que souvent un sentiment d’impuissance m’assaille. Comment peut-on libérer la braise de la cendre pour raviver la flamme de l’amour ? En premier lieu, nous devons rechercher cette braise. Où sont les simples personnes remplies de générosité comme le bon samaritain ? Qui ont une foi comme celle du centurion romain ? Qui sont enthousiastes comme Jean Baptiste ? Qui osent le neuf comme Paul ? Qui sont fidèles comme Marie Madeleine ? Je suggère au pape et aux évêques de chercher douze personnes atypiques pour les postes de direction. Des hommes qui soient proches des plus pauvres et entourés de jeunes ayant l’expérience des choses nouvelles. Nous avons besoin de la rencontre avec des hommes qui brûlent pour que l’esprit puisse se répandre partout.
Quels outils suggérez-vous contre la fatigue de l’Eglise ?
J’en suggère trois très puissants.
Le premier est la conversion : l’Eglise doit reconnaître ses propres erreurs et prendre la voie radicale du changement, à commencer par le pape et les évêques. Les scandales de pédophilie nous poussent à entreprendre un chemin de conversion. Les exigences sur la sexualité et sur tous les thèmes qui impliquent le corps en sont un exemple. Celles-ci sont importantes pour chacun et parfois peut-être, sont-elles aussi trop importantes. Nous devons nous demander si les gens écoutent encore les avis de l’Eglise en matière sexuelle. Dans ce domaine, l’Eglise est-elle encore une autorité de référence ou seulement une caricature dans les médias ?
Le second est la Parole de Dieu. Le concile Vatican II a restitué la Bible aux catholiques. […] Seul celui qui perçoit cette Parole dans son cœur peut faire partie de ceux qui contribueront au renouveau de l’Eglise et qui sauront répondre aux demandes personnelles avec une démarche pertinente. La Parole de Dieu est simple et cherche comme compagnon un cœur à l’écoute […] Ni le clergé ni le Droit ecclésial ne peuvent se substituer à l’intériorité de l’homme. Toutes les règles externes, les lois, les dogmes nous sont donnés pour éclairer la voie intérieure et pour le discernement des esprits.
Pour qui sont les sacrements ? Ceux-ci sont le troisième instrument de guérison. Les sacrements ne sont pas un instrument de discipline mais une aide pour les hommes tout au long du chemin et dans les faiblesses de la vie. Portons-nous les sacrements aux hommes qui ont besoin d’une force nouvelle ? Je pense à tous les divorcés et aux couples remariés, aux familles recomposées. Ceux-ci ont besoin d’une protection spéciale. L’Eglise soutient l’indissolubilité du mariage. C’est une grâce quand un mariage et une famille réussissent […]. L’attitude hostile que nous portons à l’égard des familles recomposées déterminera les rapports de la génération des fils avec l’Eglise. Une femme a été abandonnée par son mari et trouve un nouveau compagnon qui s’occupe d’elle et de ses trois fils. Le second amour réussit. Si cette famille devient discriminée, non seulement la mère mais aussi ses fils deviennent exclus. Si les parents se sentent en dehors de l’Eglise et n’en sentent pas le soutien, l’Eglise perdra la génération suivante. Avant la Communion, nous prions : « Seigneur, je ne suis pas digne… » Nous savons que nous ne sommes pas dignes […] L’amour est grâce. L’amour est un don. La question de savoir si les divorcés peuvent communier devrait être renversée. Comment l’Eglise peut-elle venir en aide, avec la force des sacrements, à ceux dont la situation familiale est complexe ?
Vous personnellement, que faites-vous ?
L’Eglise est en retard de 200 ans. Comment se fait-il qu’elle ne se réveille pas ? Avons-nous peur ? Peur au lieu de courage ? Pourtant la foi est le fondement de l’Eglise. La foi, la confiance, le courage. Je suis vieux et malade et je dépends de l’aide des autres. Les bonnes personnes qui m’entourent me font sentir l’amour. Cet amour est plus fort que le sentiment de défiance que je perçois parfois vis à vis de l’Eglise en Europe. Seul l’amour est vainqueur de la fatigue. Dieu est Amour.
J’ai encore une question pour toi : que peux-tu faire, toi, pour l’Eglise ?
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Source : texte publié dans le « Corriere della Sera » et transmis par Vittorio Bellavite (Noi Siamo Chiesa, Italie) via le réseau IMWAC (International Movement We Are Church).
Traduction en français par NSAE Lucette Bottinelli – 3 septembre 2012
Le siècle dernier … Le regard de Bernanos sur la crise… ( 2 )
"Il y a dix ans,
la masse catholique penchait dangereusement vers le totalitarisme de droite, avec une élite jeune et dynamique déjà gagnée au fascisme. Aujourd'hui, la même masse penche vers le totalitarisme de
gauche, avec une élite jeune et dynamique déjà gagnée au marxisme. Inutile de dire qu'entre temps le prestige de la force était passé de droite à gauche" Bernanos : (F, Français si vous
saviez, Paris, Gallimard, 1961).

"Le problème qui se pose aujourd'hui, parce que de sa solution dépend le sort de l'humanité, n'est pas un problème de régime politique ou économique (démocratie ou dictature, capitalisme ou communisme), c'est un problème de civilisation" (L, Français si vous saviez, Paris, Gallimard, 1961).
"Les trusts ont concentré peu à peu la richesse et la puissance autrefois réparties entre un très grand nombre d'entreprises pour que l'État moderne, le moment venu, distendant sa gueule énorme, puisse tout engloutir d'un seul coup, devenant ainsi le Trust des Trust, le Trust-Roi, le Trust-Dieu" (L,)
Dès lors, à partir de cette analyse bernanosienne, on voit comment capitalisme, démocratie et socialisme se conjuguent pour précipiter la croissance de
l'État :
le
capitalisme en concentrant la puissance économique dans un petit nombre de mains, la démocratie en poussant l'État à contrôler cette puissance, le socialisme en réalisant ce contrôle. De ce fait,
ce sont bien toutes les sociétés modernes qui sont engagées sur la voie de ce mouvement inexorable vers le développement d'un étatisme totalitaire.
"Quand les machines distribuent à tous la lumière et la chaleur, par exemple, qui contrôle les machines est le maître du froid et du chaud, du jour ou de la nuit. Vous haussez les épaules en disant que je veux en revenir à la chandelle, je désire seulement vous démontrer que les machines sont entre les mains du collectif une arme effrayante, d'une puissance incalculable. La question n'est pas d'en revenir à la chandelle, mais de défendre l'individu contre un pouvoir mille fois plus efficace et plus écrasant qu'aucun de ceux dont disposèrent jadis les tyrans les plus fameux" (L,).
"La technique, prophétise-t-il, prétendra tôt ou tard former des collaborateurs acquis corps et âme à son principe, c'est-à-dire qui accepteront sans discussion inutile sa conception de l'ordre de la vie, ses raisons de vivre. Dans un monde voué à l'efficience et au rendement, il importe que chaque citoyen dès sa naissance soit consacré aux mêmes dieux" (FCR, La France contre les robots, Paris, R. Laffont, 1947).
"Inutile d'opposer communisme et capitalisme. C'est la même chose. Tous deux aboutissent à la même croissance de l'État, qui s'est substitué à homme comme un cancer à l'organe qu'il détruit... Bref, des régimes jadis opposés par l'idéologie sont maintenant étroitement unis par la Technique. Et un monde gagné à la Technique est perdu pour la Liberté" (F, 47).
À l'origine de cette
évolution, se trouve donc, selon lui, "la déspiritualisation de l'homme, coïncidant avec l'envahissement de la civilisation par les machines, l'invasion des machines prenant à l'improviste une
Europe déchristianisée" (L, 149). C'est qu'en effet, cette déspiritualisation a entraîné "la défaillance des hautes facultés désintéressées de l'homme au bénéfice de ses appétits" (F, 139), en
orientant les préoccupations humaines vers "l'efficacité sur les choses" (L, 235).
"Il faut une révolution analogue à celle d'il y a deux mille ans, je veux dire une nouvelle explosion des forces spirituelles dans le monde. Il faut d'abord, et avant tout, respiritualiser l'homme. Pour une telle tâche, il est grand temps de mobiliser, en hâte, coûte que coûte, toutes les forces de l'Esprit" (F, 293).
Ce type d'analyse sur les tendances "totalitaires" des sociétés industrielles et de la civilisation technologique moderne s'est rencontré chez d'autres observateurs... Ainsi, les orientations idéologiques dont se réclamait Marcuse. Ainsi ce qu'en disait le sociologue de la technique qu'a été Jacques Ellul...

Peintures de: George Tooker Jr. est né à Brooklyn en 1920 et est décédé dans le Vermont en 2011.
Au siècle dernier… Le regard de Bernanos sur la crise… ( 1 )
Ci-dessous, par des extraits : les orientations originales de la réflexion de Bernanos qui se dessinent progressivement entre 1918 et 1935 …
Pour lui, en effet, la France de la Illème République (1870 à 1940 ) dont il stigmatise les tares est une société qui est fondamentalement bourgeoise, faite
par la bourgeoisie pour la bourgeoisie. Son avènement, accompagné de la répression sanglante de la Commune, a marqué le couronnement et l'achèvement de cette évolution.
Dans « La Grande Peur des bien-pensants» ( GP ) il dénonce le "règne de l'argent", qui lui paraît avoir été une des causes déterminantes de la décomposition de la société française. 1870, c'est, en effet, à ses yeux, "le triomphe des puissances d'argent" et de leur pouvoir corrupteur.
"Qu'on pense ou non du bien de la modération indispensable à la vie en société, il est difficile de s'empêcher de
sourire au spectacle de modérés par système qui, de leurs mains diligentes, déplacent et reculent sans cesse le fameux jalon qui doit marquer la limite des concessions possibles : avant-hier
conservateurs, hier opportunistes, aujourd'hui libéraux, progressistes ou républicains de gauche..." (GP, 98).
"La bourgeoisie défend la propriété... À mesure que s'organisait contre elle le monde ouvrier, on l'a vu s'instituer peu à peu la protectrice des valeurs spirituelles dont l'immense prestige avait l'avantage de couvrir utilement ses privilèges" (Scandale de la vérité).
"Nous n'allons tout de même pas nous casser la figure pour savoir de quel régime, république, dictature ou monarchie, lequel est le plus capable de sauver une société dont nous ne souhaitons nullement le salut" (Corresp.).
A ce moment, il rêve d’une "réforme sociale" qui devrait être fondée sur "la réconciliation du peuple et de l'État, unis contre l'oppression de l'argent" (GP, 181). Quant aux moyens à mettre en œuvre pour restaurer cet ordre chrétien, Bernanos reste sur ce point assez vague.
Il prophétise dans « La Grande Peur », l'avènement d'une "nouvelle forme de barbarie", dans laquelle le règne de l'argent viendrait
confluer avec le développement technique pour donner naissance à un monde matérialiste dans lequel les hommes libres n'auraient plus de place.
"Si le monde que nous voyons naître a quelque chance de durer, cela ne peut être que par l'accord chaque jour plus intime du Capital et de la Science, du Ploutocrate et de l'Ingénieur, d'où va sortir une sorte de déterminisme économique, une loi d'airain seule capable de mettre la multitude à genoux"(GP, 336).
Et La Grande Peur s'achève sur cette proclamation : "La société qui se crée peu à peu sous nos yeux réalisera aussi parfaitement que possible, avec une sorte de rigueur mathématique, l'idéal d'une société sans Dieu. Seulement, nous n'y vivrons pas. L'air va manquer à nos poumons. L'air manque... On ne nous aura pas. On ne nous aura pas vivants !" (GP, 350).
Une des raisons, selon Bernanos, à cette « crise », c’est ce monde déspiritualisé qui, selon lui, "s'organise
pour se passer de Dieu" (EC, 1219).
Bernanos va devenir de plus en plus solitaire, se définissant, au-delà des partis, comme un chrétien et un homme libre : "Démocrate ni républicain, homme de gauche non plus qu'homme de droite, que voulez-vous que je sois ? Je suis chrétien » ( dans Marianne, 17 avril 1935..) Ainsi s'annonce, au milieu des années 30, l'attitude qui va être désormais la sienne jusqu'à sa mort, celle d'un homme seul, refusant toutes les annexions, assumant face à un monde bouleversé une sorte de mission prophétique.
Oeuvres de Martin Lewis:
Il est né en Australie en 1881... A quinze ans il quitte sa famille et parcourt la Nouvelle Zélande. Il travaille dans la marine marchande et se fixe ensuite à Sidney, où il publie ses dessins dans un journal progressiste, The Bulletin. Il étudie parallèlement à l'Ecole des Beaux-Arts de Sidney, avec la célèbre peintre Julian Ashton, qui participa au renouveau de la gravure dans ces années.
Lewis gagne les Etats-Unis en 1900.
On connait mal ensuite ses activité. On le retrouve travaillant à New-York en 1910, où il passe le reste de sa vie.
Il gagne le Japon en 1920, un tournant capital. Pendant huit mois il pratique l'aquarelle et le peinture à l'huile en extérieur.
Il y a un siècle... Bernanos.
Je fais le choix, tout personnel, et que je trouve judicieux, de prendre Bernanos, comme observateur du XXème
siècle :
Biographie : (Sources : http://www.georgesbernanos.fr )
- Né le 20 février 1888 à Paris, Georges Bernanos grandit dans une famille monarchiste.
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Lecteur précoce de la Libre Parole, il s’engage très vite chez les Camelots du roi. A l’époque, l’Action française et Charles Maurras tentent d’établir des ponts avec le syndicalisme révolutionnaire, et parlent de « coup de force ». |
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Bernanos fut élevé dans une ambiance idéologique très particulière, qui devait le marquer profondément. Une ambiance idéologique caractérisée, sur le plan politique, par l'hostilité aux institutions républicaines établies et, sur le plan religieux, par la méfiance à l'égard des catholiques libéraux, partisans d'un rapprochement avec la République et d'une certaine acceptation des principes de la société moderne, qui s'organisaient alors autour du mouvement du Sillon. En contrepoint, cette éducation développa chez lui des fidélités qui devaient l'accompagner durant toute sa vie : d'une part, fidélité à une vision plus ou moins idéalisée de l'ancienne France monarchique, d'autre part, fidélité à un catholicisme traditionnel et intransigeant, à tendance mystique. |
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- Réformé après une période militaire en 1911, Bernanos s’engage et fait toute la guerre au 6ème Dragon. Blessé plusieurs fois au champ d’honneur, il survit aux tranchées. Il devient inspecteur d'assurances.
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" " Il n'y a qu'une seule tristesse, c'est de n'être pas des saints." Léon Bloy |
L'écœurement au lendemain de la guerre s'accompagne d'un certain éloignement à l'égard de l'Action française… Cette épreuve est aussi pour lui l'occasion d'un approfondissement spirituel, notamment sous l'influence de l'œuvre de Léon Bloy qu'il découvre alors. |
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"Une nouvelle invasion moderniste commence. Cent ans de concessions, d'équivoques ont permis à l'anarchie d'entamer profondément le clergé... Je serai fusillé par des prêtres bolcheviks qui auront Le Contrat social dans la poche et la croix sur la poitrine" (Correspondance). « Dieu, c'est révolution, démocratie, assurances sociales, que sais-je ? Au front de l'Église, ils écriront un jour : « On est mieux nourri ici qu'en face », et ils s'étonneront de ne recueillir que des ventres » (Ecrits de Combat). |
fra-angelico-Christ-aux-outrages |
- Son premier roman, Sous le soleil de Satan, publié en mars 1926 (il a alors 38 ans), remporte un succès considérable qui le convainc de se consacrer exclusivement à l'écriture.
- Lorsque la guerre civile espagnole éclate, l'écrivain, acteur de son temps, ne tarde pas à prendre le parti des victimes dans le violent pamphlet antifranquiste Les Grands Cimetières sous la lune (1938), qui préfigure déjà la tragédie universelle de la Seconde Guerre Mondiale.
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Il quitte le Figaro en 1932. À partir de ce moment, jusqu'en 1936, la réflexion de Bernanos s'éloigne de la politique. D'autant plus qu'en 1933, un grave accident de motocyclette le laisse en partie infirme, tandis qu'il se débat dans de graves difficultés financières qui l'obligent à se consacrer à son œuvre littéraire pour survivre. C'est au milieu de ces difficultés qu'il écrit, cependant, son chef-d'œuvre, Le journal d'un curé de campagne, qui sera publié en 1936. En tout cas, au point de vue politique, son non-conformisme, qui l'a progressivement éloigné de l'AF, fait à ce moment de lui un homme seul. |
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il est amené à défendre contre l'Action française les œuvres de Claudel, de Péguy ou de Léon Bloy. Ce décalage entre une Action française qui, selon ses propres termes, lui semble "manquer déplorablement de vie intérieure", et les tendances profondes de sa pensée et de sa sensibilité a sans nul doute joué un rôle important dans l'évolution de Bernanos |
- Le 20 juillet 1938, deux mois avant Munich, indigné par la lâche impuissance de l'Europe face à la montée du nazisme en Allemagne, Georges Bernanos quitte la France pour le Paraguay, puis le Brésil.. Il y passera la guerre, défendant sans cesse la cause de son pays déchiré et devenant l’un des grands animateurs spirituels de la Résistance française.
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En 1931, paraît son premier pamphlet, la Grande Peur des bien-pensants. Cet ouvrage tonitruant vitupère un certain clergé compromis avec le siècle et soumis à la pression des forces de l’argent : Puis, visionnaire, Bernanos met en garde contre le risque d’un enchaînement à une technique dépersonnalisante dont le mode de vie américain offre, d’ores et déjà, l’exemple : « L'activité bestiale dont l'Amérique nous fournit le modèle, et qui tend déjà si grossièrement à uniformiser les moeurs, aura pour conséquence dernière de tenir chaque génération en haleine au point de rendre impossible toute espèce de tradition. N'importe quel voyou, entre ses dynamos et ses piles, coiffé du casque écouteur, prétendra faussement être lui-même son propre passé et nos arrière-petits-fils risquent d'y perdre jusqu'à leurs aïeux. » Selon lui, le capitalisme va réaliser la visée communiste de la « table rase du passé ». |
Otto Dix |
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Otto Dix |
Dans son dernier essai, la France contre les robots (1946), il résume son propos en une formule décisive : « On ne comprend absolument rien à la civilisation moderne si l’on n’admet pas d’abord qu’elle est une conspiration universelle contre toute espèce de vie intérieure. » |
- En 1941, il écrit la Lettre aux anglais. Ses fils s’engagent dans les Forces françaises libres.
- De retour en France, en juillet 1945, à la demande du Général de Gaulle, il est terriblement déçu par l’atmosphère politique de la libération et l’opportunisme qui, à ses yeux, la caractérise. Il refuse le ministère de la Culture et, pour la troisième fois, la Légion d’Honneur.
- Bernanos s’exile à nouveau, cette fois pour la Tunisie (1947). ..Ses tous derniers textes expriment également la quintessence de sa foi chrétienne et de sa spiritualité.
- Victime d’un cancer du foie, Bernanos est rapatrié. Il meurt à l’hôpital américain de Neuilly le 5 juillet 1948. Lui qui avait tant médité sur la mort s'éteint en murmurant : « À nous deux maintenant ».
Il y a 100 ans, le XXème siècle s'installait et ...
... se préparait à commettre au nom d'idéaux, les pires atrocités ...:
Les artistes, prophétisaient...
Comment avons-nous réagi ?
| Alors que s'ouvre le siècle, deux figures de la pensée s'éteignent: John Ruskin, chez lequel Marcel proust admirait " le directeur de conscience de son temps", et le philosophe allemand Friedrich Nietzche, agé de 56ans, dont l'influence sera immense sur le siècle qui s'annonce... |
Maurice Denis, Hommage à Cézanne, 1900 De gauche à droite, donc, Redon, Vuillard, Mellerio, Vollard, Denis, Sérusier, Ranson, Roussel, Bonnard et Marthe Denis, |
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Picasso 1901 et 1938 |
Léon Bloy ( 1846-1917): A travers ses romans où se décèlent une insatisfaction permamnente, une mystique de la douleur, on peut décrypter sa haine de la bourgeoisie et sa pitié pour les opprimés. Inclassable, entrepreneur en démolition, pèlerin de l'Absolu, son oeuvre marquera Georges Bernanos, Graham Greene, Pierre Emmanuel ...etc
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Au début du siècle, Léon Blum ( 1872-1950 ) est critique, essayiste: proche de Paul valéry et Marcel Proust Léon Blum se lance réellement en politique durant l'affaire Dreyfus ... Il rompt avec Maurice Barrès, qu'il considérait jusqu'alors comme son maître en littérature et surtout, rencontre Jean Jaurès en 1897. Dès lors, son action militante à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) commence vraiment. C'est en compagnie de Jaurès qu'il participe à la fondation de L'Humanité en 1904. |
KLIMT: La Vie et la Mort, (1916) |
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Franz von Stuck (1863 - 1928): peintre allemand symboliste et expressionniste. Salomé dansant la danse des sept voiles, 1906 |
1901: Mort de Victoria, reine d'Angleterre et impératrice des Indes, après 60 ans de règne. Election de Theodore D.Roosevelt. Affaire Dreyfus... et Liane de Pougy, danseuse et courtisane, triomphe à l'Olympia... |
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Henri Bergson, né en 1859 . Entra à l'Ecole normale supérieure en 1878, dans la même promotion que Jean Jaurès . Sa thèse principale (1889) était intitulée : "Essai sur les données immédiates de la conscience ". Bergson poursuit ainsi une carrière exemplaire qui le conduit à un poste de maître de conférences à l'Ecole normale supérieure, puis à une chaire au Collège de France ( 1900). Il exercera, par ses cours du Collège, un prodigieux effet de fascination : Péguy, Maritain et bien d'autres, ... Il obtient le prix Nobel de littérature en 1928. En 1932, il publie Les deux sources de la morale et de la religion. Célébré, puis oublié ...! Il put affirmer une dernière fois ses convictions à la fin de sa vie, en renonçant à tous ses titres et honneurs, plutôt que d’accepter l’exemption des lois antisémites imposées par le Régime de Vichy. Bien que désirant se convertir au catholicisme, il y renonça par solidarité avec les autres Juifs. Il meurt le 4 janvier 1941. |
S Pie X - 1903 - : serment anti-moderniste |
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1905: année fondatrice de la modernité ( ligne de partage entre le musée d'Orsay et le centre G Pompidou...) avec l'explosion du fauvisme et celle de l'expressionnisme en Allemagne. L'Art Nouveau s'épuise, Albert Einstein publie ses premiers travaux sur la Relativité ... Le sénat vote la loi sur la sépération de l'Eglise et de l'état, alors que Sigmund Freud , à Vienne, entame la rédaction de ses Cinq Psychanalyses ... |
Des femmes à l'honneur...
Alors que Annie Thébaud-Mony ( directrice de recherche honoraire à l'Inserm )
, refuse publiquement la légion
d'honneur ... Deux jeunes femmes sont , à juste titre , célébrées pour leurs travaux mathématiques ... !
Annie Thébaud-Mony, a réussi à porter au grand jour son combat : celui contre les crimes industriels, et la faiblesse de la justice et des politiques publiques à leur égard.
Son geste, écrit-elle, est destiné à attirer l'attention sur « l'impunité qui, jusqu'à ce jour, protège les responsables de crimes industriels ». Dans sa lettre à Cécile Duflot, elle dénonce le « drame des accidents du travail et maladies professionnelles, mais aussi l'accumulation des impasses environnementales, en matière d'amiante, de pesticides, de déchets nucléaires et chimiques »...
Militante associative depuis 30 ans, présidente de l'association Henri-Pezerat, Annie Thébaud-Mony dénonce: «... la mise en danger d’autrui, par l’amiante ou les pesticides, à la mort annoncée de milliers d’intouchables indiens chassés de leurs terres pour l’installation d’une usine chimique polluante de fabrication de pneus, les crimes industriels se perpétuent ».
Si l'amiante est l'un de ses principaux chevaux de bataille, un autre des ses autres combats concerne le nucléaire.
.... lundi soir, Cécile Duflot
répond à ce refus, en le reprenant à son compte. La ministre « exprime son profond respect de l’engagement déterminé et désintéressé de Mme Thébaud-Mony ». Nous sommes dans le même
camp, explique en substance Cécile Duflot. En donnant à la chercheuse rendez-vous à la rentrée pour un entretien sur les thémes soulevés par son courrier de refus.
La lettre d'Annie Thébaud-Mony et celle de Cécile Duflot sont à lire sur le site du
ministère.
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"Pour la première fois, le prix Henri Poincaré est décerné à deux femmes ; deux jeunes Françaises. Attribué tous les trois ans depuis 1997, ce prestigieux prix récompense des scientifiques pour leurs « contributions remarquables » dans le champ de la physique mathématique ainsi que de jeunes scientifiques ayant déjà apporté des contributions exceptionnelles.
Les deux Françaises - Nalini Anantharaman du laboratoire de mathématiques d'Orsay (CNRS/Université Paris-Sud) et Sylvia Serfaty du laboratoire Jacques-Louis Lions (CNRS/UPMC) - ont été récompensées lundi 6 août au Congrès international de physique mathématique (plus d'informations sur leurs travaux sur le site du CNRS)."
Sylvia
Serfaty, est spécialiste des mathématiques à l’interface avec la physique, son travail consiste à analyser grâce aux mathématiques les modélisations et équations posées par les
physiciens. Spécialiste de la supraconductivité, Sylvia Serfaty travaille sur l’équation de Ginzburg-Landau depuis une quinzaine d’années.
Nalini Anantharaman
étudie l’équation de Schrödinger, qui est une des équations de base de la mécanique quantique. Elle collabore avec des physiciens théoricienset
essaie de comprendre les phénomènes de dispersion. Une onde se propage dans une cavité fermée. Elle va rebondir sur les parois. Il s'agit de comprendre la manière dont elle va se disperser :
va-elle rester cloisonnée, confinée dans une partie de la cavité ou va-t-elle se disperser dans toute la cavité ...
Mélusine, ou la question de la place du féminin. ( 3 )
« Le mythe de Mélusine joue de la curiosité et de la peur du sexe féminin : le comte de Lusignan,
transgressant le pacte conclu, épie sa femme un fatal
samedi pour découvrir qu’elle a une énorme queue de poisson, qui lui inspire peur, dégoût, colère et rejet. Cette ambivalence de l’image féminine, qui engendre fascination émerveillée et
répulsion horrifiée, comporte plusieurs aspects. Mélusine est à la fois une certaine forme de la nature: elle est fée de la nature, elle en incarne la fécondité, elle est mère nourricière,
bâtisseuse et défricheuse. Cette position a pu être interprétée au départ comme représentation matriarcale, puisqu’elle est celle qui fonde la lignée, qui apporte la gloire, la richesse, la
force, une interprétation que l’anthropologie contemporaine nie dans sa réalité, puisqu’elle affirme qu’il n’existe pas de société matriarcale. Mais le problème n’est pas là : nous nous
intéressons à l’imaginaire et à ses représentations ; nous voyons qu’il y a avec Mélusine l’image d’une femme originelle, qu’elle incarne comme femme et comme mère
l’origine. »
La femme apparaît comme celle qui va éduquer et maîtriser les passions absolument violentes de l’homme. Elle est bâtisseuse et défricheuse, mais surtout civilisatrice. Cette fonction est, en filigrane, une fonction menacée. La violence de l’homme va reprendre le dessus. Si Mélusine apporte ses pleurs de deuil et revient la nuit pour éduquer ses enfants, c’est qu’elle a été victime de cette violence.
Le destin mélusinien présente, en effet, une allégorie de la femme, incomprise, maltraitée pour la part de mystère qu’elle possède et son pouvoir incommensurable, de mettre au monde l’homme, comme Mélusine Raymondin, et par dessus tout, pour sa capacité à donner la vie.
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| MELUSINE par Philippe Jamet-Fournier (1987) |
À cette première impression stéréotypée d’une Mélusine matriarcale… se présente et s’impose encore aujourd’hui l’image d’une société patriarcale… en particulier dans l’Eglise « romaine », l’homme est seigneur et maître et où l’espace réservé à la femme est une place spécifique.
Sources : en particulier - Alain Montandon ,Université Blaise-Pascal, Centre de recherches sur les littératures modernes et contemporaines
Prêtre, jeune et jolie.... C'est possible! Merci!
À l’occasion des JO, « La Croix » ( 1er août ) a rencontré dix personnalités britanniques qui incarnent un certain esprit
britannique, à la fois classique et excentrique.
Prêtre de l’Église anglicane, Joanna Jepson est devenue aumônière du monde de la mode.
Anglicane plutôt libérale, favorable à l’ordination des femmes et à la bénédiction des couples homosexuels, elle ne s’est jamais vue comme une « farouche militante pro-life », mais ressent soudain la nécessité de « réveiller les consciences » : « Dans les années 1960, quand l’avortement a été dépénalisé, il fallait protéger les femmes, mais désormais ce sont les enfants à naître et les handicapés qui sont devenus les plus vulnérables de notre société et dont il faut défendre les droits », plaide-t-elle.
Aujourd’hui prêtre de l’Église anglicane, toujours réputée pour son franc-parler et sa liberté de ton, Joanna Jepson,
36 ans, vit désormais à Portsmouth auprès de son mari, prêtre anglican lui aussi…
La jeune femme en clergyman frappe un beau jour à la porte du prestigieux London College of Fashion, l’école de mode la plus en vue outre-Manche ? Toujours est-il qu’elle en devient en 2006 la première aumônière, pour accompagner les étudiants face à « la pression de l’hédonisme de notre société, à l’impératif de la perfection physique ». « L’Eglise doit être présente dans cet univers : après tout, nous croyons en un Dieu créateur qui passe son temps à dessiner de belles choses ! », affirme-t-elle, confessant du reste pouvoir « passer des heures devant les créations du styliste Alexander McQueen ».
Depuis deux ans, elle se sert aussi de la mode dans les
écoles pour aider les jeunes à réfléchir sur leur identité et leurs aspirations profondes, au sein du « Empty Hanger Project » (« Projet penderie vide »). Elle a ainsi été
invitée par des écoles musulmanes dont les élèves étaient voilées des pieds à la tête. « À la fin de la semaine, elles ont découvert qu’elles jugeaient beaucoup à l’apparence et qu’on
pouvait être une croyante fervente tout en portant une robe légère. »
Enfin, des jeunes « ordinaires », homme ou femme, qui représentent l’Eglise… C’est rafraichissant… Merci !


