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Les légendes du Graal

Le Monde expliqué par A. N. Whitehead - 1

23 Avril 2025 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Whitehead, #Aristote

Whitehead

Avec Bertram Sinsernin, nous retrouvons avec un grand intérêt, Alfred North Whitehead (1861-1947).

Nous restons sur cette question de l'âme. Bien-sûr, lui et Aristote ne parlent pas spécifiquement de la même chose. D'autant qu'entre les deux s'est imposé Descartes, avec sa conception qui fait encore autorité, à savoir: l'âme est une substance immatérielle distincte du corps, c'est à dire que l'esprit est séparé de la matière. L'âme est immatérielle, indivisible et immortelle, tandis que le corps est matériel, divisible et soumis aux lois de la physique.

C'est ce que Whitehead nomme: une bifurcation de l'esprit et de la matière. Le terme de bifurcation est utilisé en sciences, pour décrire des transitions critiques, ou des divisions dans une évolution.

 

Reprenons cela et tentons de nous mettre dans les pas de A N Whitehead, pour comprendre son explication du Monde, sa cosmologie.

- Nous partons de la critique d'une vision classique des choses: celle de la distinction entre substance et accident d'Aristote qui perdure.

Selon Aristote: « La substance est ce qu'une chose était destinée à être, son essence. »

« Un accident est ce qui n'est ni nécessaire ni éternel. »

Pour Substance, nous pouvons dire: Essence, Noyau, Base, Identité, Fond, Substrat ...

Pour Accident, nous pouvons entendre Attributs, Propriétés, Modifications, Traits, Aspects, Manifestations...

Pour comprendre cette distinction, nous pouvons l'imager par l'Arbre et ses propriétés, ou la Statue, l'oeuvre et la texture, l'acteur et ses costumes, le texte ou le message et le style, le vaisseau ( de Thésée) et ses pièces de bois remplacées...

- Comment cette division classique a t-elle façonné notre compréhension du monde en influençant plusieurs aspects de notre pensée et de notre culture ?

+ Cette distinction nous permet de séparer ce qui est essentiel de ce qui est contingent.

+ Mon identité personnelle est vue dans la persistance à travers le changement, elle définit l'essence de mon être.

+ Je me méfie de ma perception, en distinguant ce que je perçois directement (accidents) de ce qui est supposé être la réalité sous-jacente (substance).

+ En science, elle oriente l'étude vers les propriétés observables et mesurables des objets (accidents) tout en cherchant à comprendre leur essence sous-jacente (substances). Nous isolons et manipulons les accidents afin de comprendre les substances.

+ En théologie, je comprends le concept de la transsubstantiation et la nature divine, en-deçà de l'apparence.

+ En éthique, je différencie l'entité responsable (substance) de ses actions ou états (accidents).

 

Whitehead entend corriger une confusion de la pensée occidentale: ainsi celle de la séparation traditionnelle entre la matière et l'esprit. Descartes sépare la réalité en deux substances distinctes : la matière (res extensa) et l'esprit (res cogitans). Cette séparation crée une vision du monde où l'esprit et la matière sont considérés comme fondamentalement différents et indépendants.

La science moderne, selon Whitehead, a tendance à réduire la réalité à des phénomènes purement matériels. En accord avec la méthode phénoménologique, Whitehead rejette le dualisme rigide entre sujet et objet, et propose une vision intégrée où l'expérience est toujours une relation entre un sujet et un monde vécu.

 

Finalement, Whitehead insiste sur une erreur qu'il considère comme commune, et qu'il appelle: "fallacy of misplaced concreteness" c'est à dire le paresse de notre esprit à prendre une interprétation pour la réalité...

Par exemple, quand nous prenons des concepts comme des représentations complètes de la réalité.

En Sciences, les équations mathématiques ne sont que des approximations, des modèles de la réalité. En philosophie, des catégories métaphysiques ne sont que des abstractions utiles...

En règle générale, nous avons tendance à simplifier des situations complexes.

Whitehead veut pointer: - l'importance de reconnaître la nature processuelle et dynamique de la réalité, qui ne peut pas être pleinement capturée par des abstractions statiques.

Whitehead propose une approche holistique qui prend en compte la totalité des relations et des processus dans la réalité.

Déjà, Emmanuel Kant, estime que les catégories de l'entendement organisent notre expérience, c'est à dire que notre connaissance du monde est façonnée par les structures de notre propre esprit, et ne reflète pas une réalité objective.

Heidegger critique la métaphysique traditionnelle, y compris la distinction substance-accident, elle néglige, dit-il, l'unité de l'être et l'expérience humaine.

 

- A présent, commençons de remettre en cause cette distinction '' substance/accident '' , et pour quelles conséquences?

+ Abandonner la distinction entraîne une vision plus dynamique et relationnelle de la réalité, où les entités sont définies par leurs interactions et processus plutôt que par des essences fixes.

+ Il s'agit: en sciences de mettre l'accent sur les processus évolutifs et les réseaux de relations plutôt que sur des objets isolés avec des propriétés fixes.

+ Encourager l'adoption de théories des systèmes complexes et de l'analyse des réseaux, modifiant notre compréhension des phénomènes naturels.

+ Insister sur l'interaction dynamique entre le sujet percevant et l'objet perçu.

+ En éthique, mettre l'accent sur les relations et les responsabilités interpersonnelles.

+ En théologie, percevoir le divin, comme interagissant de manière dynamique avec le monde.

+ Encourager une approche plus collaborative et intégrative.

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