roger de laron
Roger de Laron et les Templiers – Secrets et Légendes -2/.
Philippe le Bel, monarque toujours en manque de ressources, se met à penser à l’utilité du Trésor des Templiers. S’il ne sert plus à financer les expéditions chrétiennes en territoire musulman à qui pourrait il profiter ?
De plus cette constellation de châteaux, forteresses et couvents dans les mains des guerriers du Christ, forment un empire hors de contrôle du souverain : l’Ordre des Templiers se positionne comme un état au sein d’un état.
Philippe IV commence par lancer une campagne de calomnie contre les Templiers, accusant ces derniers d'être des sodomites, ainsi que de participer à des rituels sataniques...
Avant d'abattre le Temple, Philippe IV doit renverser celui qui en possède l'autorité : le Pape. Par l’entremise de son fidèle Guillaume de Nogaret (1260-1313), il profite de la confusion qui s’abat sur Rome, accuse Boniface VIII d’hérétique, et lui arrache le pouvoir, le bannissant de la cité.
Auparavant, en 1296, Philippe le Bel soumet le clergé français à impôt sans l'aval du pape Boniface VIII ; celui-ci le menace d'excommunication … Le roi lance une campagne de pamphlets, dénonce l'hérésie, le parjure, le mépris des sacrements et même les pratiques sexuelles douteuses de Boniface VIII. C'est Nogaret, qui se rend à Anagni, et au beau milieu d'une insurrection menée par les frères Colonna, deux cardinaux que le pape a spoliés de leurs biens, il signifie au pape qu'une assemblée réunie au Louvre a décidé de déposer et de faire juger le pape Boniface VIII... Pendant deux jours, sous la pression des Français, Boniface est prisonnier en son palais d’Anagni (septembre 1303). Libéré par ses partisans, Boniface VIII, humilié, meurt quelques semaines plus tard.
Ensuite en juin 1305, Philippe le Bel fomente l’investiture d’un de ses sujets Bertrand de Goth, l’archevêque de Bordeaux pour être nommé pape : Clément V (1264-1314) annule tous les actes de Boniface VIII contre Philippe le Bel.
Le 14 septembre 1307, le Roi signe en l'abbaye de Maubuisson, l’ordre d'arrestation de tous les Templiers établis sur son royaume. Des ordres cachetés sont envoyés à tous les baillis et sénéchaux du royaume. Ils ont instruction formelle de ne les ouvrir que le 12 octobre au soir.... On connaît la suite ...
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| Arrestation des Templiers eu octobre 1307 |
A suivre ...
Roger de Laron, les Lusignan et les Templiers -1/.-
( à suivre …)
Dame Margot – Leberou - et la forêt de Laron.
Voici un autre récit, de la mort de Marguerite de Laron : le point commun est la nature diabolique de cette femme. Nous verrons cependant, qu'il existe des histoires, ou Dame Magot partage la nature bienveillante des fées ...On dit la châtelaine et épouse du seigneur de Laron, très belle et son époux très amoureux d'elle. Mais Dame Margot, sous ses abords avenants, est - dit-on – une créature femelle d'une essence diabolique. C'est elle qui commande au château, mène les domestiques, dirige les gens d'armes. Le seigneur de Laron, rongé sans-doute par quelque culpabilité et par les souvenirs d'un passé templier dont il vaut mieux – en ces années - ne pas se vanter ; partage avec cette femme qui le fascine, une relation tempétueuse ; et leurs disputes puis leur retrouvailles sont tonitruantes...
Roger de Laron, a remarqué, que chaque dimanche, la belle disparaît avant la messe, se rend invisible à tous, sans donner d'explication à quiconque, même à lui. Chaque fois qu'il essaie de lui demander raison de sa curieuse absence dominicale, elle se met à l'accuser de ne pas l'aimer, de se méfier d'elle …
Roger de Laron, avec les richesses qui ne lui manquent pas, fait fructifier – pour son salut et celui de sa lignée - un prieuré avec quelques frères et un chapelain installé près de la fontaine Saint-Laurent, au bas de ce qu'on appelle aujourd'hui le Mont-Larron. Geoffroy , le jeune et saint prieur entend régulièrement, les plaintes des villageois, écoute leurs récits où il n'est question que d'exactions, de bêtes égorgées, de loups-garous et d'autres diableries.
Dame Margot, n'apprécie pas ce saint voisinage. Malgré les remontrances de son époux, elle refuse toute aide aux moines. On dit qu'elle se livre, dans la tour magne du château, à des manigances secrètes. L'on murmure bientôt que la dame de Laron y concocte philtres et sortilèges. Mais on dit tant de choses...
Pour conjurer le mauvais sort et ces pratiques sataniques, le prieur Geoffroy souhaite construire une chapelle, au cœur de la forêt de Laron... Mais les matériaux manquent. Les bois appartiennent au seigneur, mais Dame Margot s'oppose à ce que l'on donne le bois nécessaire à la construction de l'édifice …Roger de Laron refusant donc de donner à Geoffroy le bois nécessaire à la construction de son édifice ; le moine décide de le convaincre de l'aider.
Un jour que Roger de Laron doit chasser en forêt, Geoffroy se rend sur un chantier d'abattage, où des bûcherons s'activent. Geoffroy leur demande l'hospitalité et, en échange, les prie de lui prêter une cognée afin de les seconder dans leur rude travail. La meute du seigneur surgit, poursuivant un magnifique cerf, et passe fièrement devant les bûcherons émerveillés.
Roger de Laron reconnaît parmi eux le moine. Mécontent de le trouver ici, il stoppe le cortège et vient l'accuser de dévaster ses bois et de venir troubler la chasse. Devant l'assemblée des chasseurs et des bûcherons, Geoffroy ne perd pas son calme. Il reproche au seigneur, sa dureté envers ses sujets, ses ''dérèglements'' passés, et sa passion coupable pour une ''sorcière''... !
Le saint moine ose même le menacer de la vengeance du ciel s'il ne se confesse pas de tous ses péchés. Furieux de cette diatribe, Roger de Laron fait rappeler sa meute et ses piqueurs, bien décidé à effrayer et s'amuser de ce clerc insolent...
Mais, les chiens viennent entourer et se coucher aux pieds de Robert... Puis, le cerf lui-même, surgit pour la seconde fois dans la clairière, il arrête sa course et vient également s'agenouiller aux pieds du ''saint prieur''.... Le plus profond silence s'établit...
Stupéfait par cette scène miraculeuse, Roger de Laron se prosterne à son tour devant le saint moine, et lui demande humblement comment il peut racheter ses fautes.
Geoffroy bénit le chevalier et lui dit:
- Messire! Dieu ne veut pas la mort du pécheur. Il vous prie simplement de nous aider de vos deniers à bâtir une chapelle consacrée à Marie, mère de Jésus. Et, pour votre pénitence, vous viendrez chaque année faire jeune et retraite durant trois jours en ce lieu...
Pour marquer à tout jamais ce lieu d'une protection divine, il frappa le sol et une fontaine se forma et coule toujours...
Les deux photos représentent le lieu des fermes du moyen âge, Saint Julien aux Bois ( Corrèze)
Enragée par la construction de la chapelle qu'elle réprouvait, Dame Margot décide de faire un exemple dans la contrée.
Elle réunit ses hommes d'armes, et chevauchant à leur tête, elle exécute une opération punitive contre ses sujets. Elle saccage quelques hameaux des alentours et bat à mort ceux des manants qui tentent de résister.
Rentrée au château, ses proches terrifiés la félicitent de sa vaillance et de son courage... Pourtant, l'une de ses jeunes demoiselles de compagnie, lui reproche sa férocité.
Margot se met en colère ; outrée que ce soit sa favorite qui la morigène ainsi, elle se met fort en colère, bat sa jolie suivante et la jette dans le puits du château... ! Mais... Elle regrette aussitôt ce mouvement d'humeur. Comme elle aime beaucoup sa jeune suivante, elle veut la sauver et ordonne qu'on la tire de là. Hélas, on ne lui remonte qu'un cadavre.
Inconsolable, Dame Margot s'enferme trois jours durant dans son appartement de la tour magne, sans accepter de nourriture, ni ouvrir la porte à quiconque.
Dimanche arrive sans que la dame du seigneur de Laron ne réapparaisse ou donne signe de vie. Fort inquiet, son époux décide d'aller rejoindre sa femme par une voie détournée. Il se fait hisser jusqu'au sommet de la tour et, pénètre secrètement par les greniers, dans le refuge de son épouse.
Trahie, son terrible secret découvert, elle court se réfugier dans la forêt... Roger n'a qu'à la suivre ; Lui et la ''louve'' se dirigent vers l'endroit même où ils se sont rencontrés … A l'endroit, où se trouve à présent la chapelle de Dom Geoffroy.
Roger va traquer ''la bête'', jusqu'à sa mort...Étrangement, c'est le corps d'une femme, que l'on va retrouver entouré de la meute ; et c'est le corps de Dame Margot qui sera veillé dans cette chapelle... Nous retrouvons ainsi dans cette version de la mort de Dame Margot, les même éléments que la fin d'une histoire précédente …
Bien sûr, on raconte aussi que depuis, âme damnée et inconsolable, Dame Margot erre autour de son ancien château, apparaissant parfois au voyageur attardé sous l'aspect d'une belle femme nue perchée sur les branches d'un arbre … La nuit, elle se transforme en loup-garou...
Je vous raconterai, plus tard, l'histoire de Robin, bossu et musicien, qui s'était endormi en plein bois près du château de Laron.. Et, qui a eu le privilège de confondre '' Dame Margot '' dans une autre nature, plus bienveillante …
A suivre …
Marguerite de Laron, et les sorcières, en Limousin -2/.-
Toute la campagne, autour du Château de Laron, vit sans terreur excessive le voisinage du « yab » (diable) et ses manigances...
Par exemple, du côté de Laron, et en Limousin, on se méfie du'' Chenaton'', on ne sait ni d'où il vient ni où il se rend ni ce qu'il veut. Il passe dans la nuit comme une ombre blanche et s'évapore entre deux touffes de genêt. On considère qu'il s'agit d'une '' démonstrance '', une manifestation du diable, ou d'un mort réincarné, ou autres ...
Il faut se méfier du 'Drac'. Il est malin comme un singe, toujours prêt à faire des facéties qui n'amusent que lui. Par exemple: il pénètre de nuit dans une étable, par le fenestrou, affole les bêtes, noue la crinière du cheval. Pas facile ensuite de la dénouer ! Aujourd'hui, on dirait que c'est un troll ..
- On aurait surpris Dame Margot, en train d'aller chercher des ossements, à minuit, au cimetière... Magiques sont les os d'un enfant mort-né - ou ce qui longtemps fut équivalent, enterré avant d'avoir été baptisé. Ces restes donnent le pouvoir d'être invisible... Et, on ne compte plus les braves gens, qui ont été '' visités '' la nuit sans apercevoir aucune personne !
Après le dernier récit, où La Dame de Laron ne serait que l'incarnation du Diable, voici une autre histoire qui témoigne d'une nature différente , mais tout aussi diabolique …
Illustrations de Liiga Klavina
A suivre ...
Marguerite de Laron, et les sorcières, en Limousin -1/.-
Histoire et Légendes en Limousin : Roger de Laron se marie avec le Diable - 7/.-
Roger de Laron, va petit à petit se soustraire des yeux de la compagnie de hommes de son temps...
Et pourtant, Roger de Laron, va trouver une épouse... Une jeune femme, qui vient d'Angleterre et de la lignée des Lusignan, que nous connaissons sous le nom de ''Dame Margot''. Je vous raconterai son histoire ''vraie'', un peu plus tard ...
L'histoire ci-dessous a été construite bien après la guerre en Terre Sainte, après les voyages de Roger, son séjour en Angleterre, après son mariage avec Dame Margot qui dure sept ans... Après que Roger de Laron, se soit terré dans son château...
C'est une histoire assez incroyable, et représentative des croyances de cette époque …
Roger de Laron est bien loin de soupçonner la tromperie de l’ennemi, car la beauté de sa jeune protégée, qui pourrait être une fée, s’est insinuée dans son cœur.
À cette époque, tous les gens qui dépendent de cette seigneurie prennent ensemble la résolution d’aller trouver leur seigneur. Ils veulent lui représenter que leur bien, et la sécurité des temps futurs exigent qu’il prenne pour épouse une noble dame qui lui donne des héritiers appelés à lui succéder sur ses terres. Lorsque Roger entend la requête de ses gens, il dit qu’il est prêt à faire ce qu’on demande de lui.
- « Apprenez, cependant, ajoute-t-il, que j’ai ici une jeune fille, et que je ne pourrai jamais trouver une épouse qui soit plus belle ou plus à mon gré ; c’est elle que je désire prendre pour femme. »
Roger de Laron, avec les richesses qui ne lui manquaient pas, s'était offert un prieuré avec quelques frères et un chapelain installé en bas du château le long de la Maulde. Pour en avoir l'autorisation, il dût recevoir l'évêque de Limoges et lui prêter hommage …
C'est ainsi, avec toutes les autorisations, que le chapelain, bénit le mariage de Roger de Laron avec '' le diable '' !
Sept ans se passèrent encore, Roger vécut en tel attachement avec le diable qui était devenu sa femme, que s’il eût épousé la plus gracieuse dame qui vivaient à cette époque. Les sept ans accomplis, le diable-femme conçoit de faire la mourante et fait mander le seigneur auprès d'elle :
- « Sire, dit-elle d’une voix dolente, je me sens bien malade, et je crois que je vais mourir ; c’est pourquoi je vous supplie, par votre merci, de m’octroyer la demande que je vais vous faire.
– Parlez, répond le chevalier, et j’emploierai tout mon pouvoir à vous complaire.
– Sire, reprend alors la fausse épouse, je désirerais être enterrée dans une chapelle qui est située au milieu de la forêt dans laquelle vous m'avez trouvée, et que vous y veilliez pendant une nuit allongé auprès de moi, et de mon cercueil.
– Dame, s’il faut que j’aie la douleur de vous voir trépasser, j’accéderai à votre vœu, et laissez-moi amener mon ami pour me servir de compagnon et nous veiller. »
Roger ayant affirmé de nouveau à sa femme qu’il tiendrait la promesse qu’elle avait exigée, alors cette malicieuse créature se prend à contrefaire la morte ; et Roger, la croyant vraiment trépassée, ordonne qu’elle soit portée, dès le soir même, dans la chapelle de la forêt.
Dès que le corps est déposé dans la chapelle, où brillent maints cierges et luminaires, Roger, pour accomplir sa promesse, s'allonge auprès de la morte, séparés par son épée, et tous deux veillés d'un seul chevalier.
Mais, vers minuit, Roger est pris de sommeil. À peine est-il endormi qu'un cri terrible retentit dans toute la forêt. Roger, sans peur, se redresse, se saisit de son épée, et la pose sur ses genoux. Aussitôt le corps - près de lui - de ricaner :
« Hé quoi ! chevalier, on parle de vous en tout pays pour votre hardiesse, on dit que jamais vous n’eûtes peur d’aucune personne vivante ; et voilà que, pour une femme morte, toute votre chair a frémi.
– Par ma foi ! reprend vivement Roger, vous faussez la vérité... Mais, n’étiez-vous pas morte quand on vous a mise aujourd’hui dans le cercueil ?
– Non, j’étais seulement pâmée par une violente soif qui m’a prise dans la vesprée, et, s’il est vrai que vous m’ayez jamais aimée d’amour, faites ce dont je vais vous prier. À l’issue de cette forêt, il y a une plaine où se trouve une fontaine, ombragée par un grand arbre ; les bergers ont laissé là une coupe avant-hier ; servez-vous-en pour puiser de l’eau, et venez me l’apporter. Mieulx ne me pourrait ma santé avancer. »
Roger obéit à l’instant ; mais c'est folle idée de sa part, car, pendant son absence, le corps se lève et va étrangler le chevalier, qui jette un si fort cri que Roger l’entend et en est tout en émoi. Alors, il se hâte de revenir sur ses pas... En arrivant dans la chapelle, il ne trouve plus ni feu ni lumière ; il s’en va droit au cercueil, mais le malicieux démon s’était déjà enfui. Il trouve son chevalier mort...
Roger, alors, veille jusqu’au jour le corps de son chevalier, qu’il dépose dans la bière vide.
Quand vint l’heure de prime, le clergé arrive à la chapelle pour chanter le service de la morte. Roger s’avance à leur rencontre et conte devant tous sa triste aventure.
Le Chapelain tente de réconforter son seigneur : - « Sire, n’ayez frayeur ni doute ; nous savons que l’ennemi a le pouvoir de tenter nuit et jour les chrétiens. »
– Ah ! reprit Roger, je suis tellement déçu que je fais vœu de ne point reprendre femme en mon lit, avant sept ans et plus. »
Et, pour tenir sa promesse, le seigneur de Laron, après avoir fait enterrer très pompeusement son chevalier, se renferme en son château... Il donne congé à toute sa gent, ne gardant avec lui que son queux, son sergent et son économe.
- Illustrations tirées de la BD: ''Complainte des Landes perdues''
Histoire et Légendes en Limousin : Roger de Laron. ( Saint-Julien-le-Petit ) - 5/.-
Le vivant demande à quoi sert ce cheval qu'il mène :
.« Il est pour vous, si vous voulez venir en Terre Sainte avec moi », et il ajoute qu'il peut monter le destrier en toute tranquillité car il sera reconduit vivant pour peu qu'il suive ses avertissements.
Le chevalier accepte malgré les objurgations de son écuyer, et disparaît aux yeux.de celui-ci. Le lendemain, l'écuyer vient attendre son maître là où il a disparu et le retrouve sain et sauf. Le mort a donné à son ami une serviette de salamandre et un couteau dans un fourreau afin qu'il ne s'imagine pas que tout cela ne fut qu'illusion. »
On commence à comprendre pourquoi, des récits anciens dans cette région évoque de nombreuses histoires avec un ''Roger le Diable''...
En effet, j'ai réuni diverses légendes locales qui semblaient sans lien avec notre personnage, et pourtant finissent par dessiner une biographie légendaire de Roger, seigneur de Laron, ancien templier ; dont la trace historique fut effacée par ses descendants ; au point de changer le nom du château ( certains préféreront parler du château de Rochain ou Rochein ) ; et d'abandonner le patronyme ''Laron'' …
A l'origine d'Hellequin, on trouve Herla, le "roi très ancien des Bretons". Le roi du peuple des morts s'invite aux noces de Herla et lui propose en retour de se rendre aux siennes l'année suivante. Aux termes du pacte ainsi conclu, Herla et ses guerriers rejoignent le monde des ténèbres un an plus tard. Cette troupe pourra revenir parmi les vivants, mais à condition de ne jamais descendre de cheval. Elle est ainsi condamnée à une errance éternelle. Simple armée de fantômes dans un premier temps, les légendes feront plus de cette mesnie d'Herla une troupe de chasseurs maudits. Ce thème devient ainsi une déclinaison du cycle des chasses fantastiques que l'on rencontre un peu partout dans nos régions...
Appliqué à la légende d'Hellequin, sa 'mesnie' désigne la troupe d'esprits fantastiques qu'il commande : des démons, ou plutôt des incarnations de défunts, montés sur des chevaux rapides, accompagnés de chiens hurlants, qui chevauchent à travers les airs pendant les nuits d'orage en punition de leur péchés.
"Certain jour en en l'an de grâce mil nonante et unième, Gauchelin de Normandie, prêtre pieux et dévot, vit fantassins et cavaliers défiler par la route. Grande armée c'était, multitude innombrable et moisit en désordre, portant accoutrements noirs et pennons barrés de sable. Y avait croque-morts ayant chargé cercueils sur leurs épaules. Y avait des Ethiopiens. Y avait des nains hauts de sept empans, le chef gros comme muid ou barricel. Y avait routiers et malandrins. Y avait moines et clercs, voire juges et abbés et évêques. Y avait chevaliers en bel arroi, y avait dames chevauchant haquenées. Et soufflait un vent fort et roide, lequel vent soufflant ès-cottes, robes et manteaux, de leurs sièges arrachait les nobles dames, les soulevait la hauteur d'une franche coudée, puis cheoir les laissait en leur selle, laquelle hérissaient de longs cirais au feu rougis. Et voyant icelle foule passer, Gauchelin le prêtre s'émerveilla fort et s'écria – Haï ! ce sont les gens à Herlequin!"
Histoire et Légendes en Limousin : Roger de Laron. ( Saint-Julien-le-Petit ) - 4/.-
Le 13 octobre 1307, donc, Roger de Laron est arrêté, sans doute au petit jour, avec tous les membres de l’Ordre présents dans la commanderie. Ils furent emmenés sans ménagement à Limoges, semble-t-il, par la milice du Sénéchal du Limousin et entendus par Renaud de la Porte, évêque de Limoges.
L'historique de la lignée et des terres de 'Laron', étant précisée, au mieux que je puisse. Nous pouvons à présent pénétrer dans l'esprit des lieux, qui n'ont d'autre histoire que celles des légendes et des traditions populaires. Ils sont transmis de bouche à oreille, avant d'avoir été, pour certaines, transcrites.
Par définition, la légende tient de faits réels ; une histoire est racontée puis est transmise par oral d'où les modifications. On peut la définir comme un récit qui mêle le vrai et le faux...
Si la légende rencontre l'histoire, nous pouvons encore aujourd'hui la voir, la toucher... L'avoir là, devant nous... ! Il suffit de vous promener sur une colline que l'on aperçoit du bourg de Saint-Julien le-Petit, de l'autre côté de la Maulde qui coule dans le vallon.
"Le seigneur du château de Rochein avant de partir pour la seconde croisade, confia sa femme Geneviève et son fils Manuelou à son régisseur Félon. Au bout de la première année, pensant que son maître ne reviendrait pas il prit sa place, Geneviève se refusa à lui et préférât s'enfuir avec son garçon. Dans les bois la mère et son fils se nourrissent de racines mais l'enfant dépérit... Un soir une biche accompagnée de son faon s'approche d'eux en boitant, une épine piquée dans une patte. Geneviève lui retire délicatement, la bête se couche alors à ses pieds et permet à Manuelou de la téter.
Le site de cette légende se nomme "Le Mont Sainte-Geneviève", il existe sur cette colline une source qui ne tarit jamais et dont les eaux ont des pouvoirs de guérison. Un calvaire y a été installé, outre la croix on peut y voir d'un côté Marie et de l'autre Sainte-Geneviève, à leurs pieds une représentation de la biche.
La colline Ste Geneviève et sa fontaine sont toujours un lieu de pèlerinage. Des morceaux de tissus, des fleurs sont disposés autour des statues...
A suivre ...
Histoire et Légendes en Limousin : Roger de Laron. ( Saint-Julien-le-Petit ) - 3/.-
Après donc, avoir situé dans sa lignée, Roger de Laron... Je m'attache rapidement à la situation géographique du domaine du seigneur de Laron, en ce début du XIVème siècle, alors que l'ordre des Chevaliers du Temple, vient d'être dissous.

Je vous invite également à suivre la Route de Roger de Laron, jusqu'à St Julien le Petit: ICI...
''Saint-Julien-le-Petit '', est le nom de la paroisse où se trouve le château du Laron, elle appartient au bailliage crée par Philippe IV, qui est qualifié de bailliage (ou prévôté) royal de Laron, mais aussi de Laron et Masléon.
Pour atteindre à Saint-Julien le Petit, ce qui devait être l'emplacement du château, on franchit – aujourd'hui - la rivière au '' Moulin de Larron '' puis on grimpe la colline, motte féodale dans la forêt, qui surplombe le barrage sur la Maulde : l'endroit était connu encore au XIXème siècle sous le nom de « butte de Rochein » ou « château de Rochein » ainsi que le prouve le relevé cadastral de 1835 (Saint-Julien-le-Petit, section dite « d’Artigeas », E1).
Des vestiges d’une tour ronde, de nombreuses pierres éparpillées, des restes de murs recouverts par la mousse, et aussi, côté sud, l'entrée d'un souterrain, attirent l'attention.
Sur cette disparition du château, diverses légendes circulent... On dit que le château de Laron aurait été pris par les Anglais , grâce à la complicité d'une servante, et détruit par eux au cours de la Guerre de Cent Ans... Une notice du Cartulaire d'Aureil ( non précisément datée) parle de la "guerre de Laron": "Quidam miles de Larunt, nomine Willelmus de Gemeu '' (cartulaire d'Aureil, fol.2).
Une autre éventualité a refait surface au cours du XIXème siècle, entretenue par les histoires que se transmettaient ''les anciens'', elle évoque un chevalier Templier qui se serait ici terré ; et rendu fou par la possession d'un fabuleux trésor …
Saint-Julien le Petit est dans l'orbite de Saint-Léonard de Noblat...
- Les premières mentions qu'on connaisse d'un ''Léonard'' au cours du VIème siècle, se trouvent dans la chronique d'Adémar de Chabannes écrite vers 1028 et dans la correspondance de l'évêque Fulbert de Chartres mort cette même année. Par l'intermédiaire du chroniqueur, c'est surtout Jourdain de Laron, évêque de Limoges de 1023 à 1051 qui semble être le véritable inventeur du culte de saint Léonard. Jourdain de Laron était en effet précédemment dévôt laïc du chapitre collégial de l'église de Noblat où était conservé la dépouille de Léonard. Devenu évêque au moment où prends corps la légende de l'"apôtre" Martial et qui favorise le sanctuaire de l'abbaye de Saint-Martial, il va naturellement s'attacher à organiser le culte de saint Léonard, lieu dont il était le seigneur laïc. Adémar commence donc par relater que vers 1017, plusieurs saints, dont le saint confesseur limousin Léonard, se signalèrent par d'éclatants miracles.
Parmi, ces grands barons, il ne faut pas oublier les prélats et, en premier lieu, l'évêque qui dispose d'un episopium substanciel. Ce domaine épiscopal sur lequel il "règne" en seigneur ne le distingue pas des autres potentats. Il y possède des châteaux qu'il confie à des chevaliers vassaux...
Dès le XIème siècle, les évêques sont maîtres de la Cité, l'ancien chef-lieu de la civitas du Limousin, fortifiée depuis le IVème siècle. Ils contrôlent aussi les domaines constitués autour de Saint-Junien, d'Eymoutiers, de Chateauneuf, de Laurière, de Razès, de Nieul et de Noblat, il se font reconnaître suzerains des castra d'Alassac, de Donzenac et de Voutezac et, vers 1210 seulement de Malmort.
A Noblat, quoique seigneur éminent du castrum puisque ses partiaires lui devaient hommage, l'évêque n'était que médiocrement le maître : il devait partager avec trois autres co-seigneurs la jouissance de la tour-maîtresse à raison d'un trimestre chacun.
Au cours du XIIIe siècle, les rois de France donneront des privilèges aux habitants de la cité ; c’est ainsi qu’ils élisent, tous les ans, huit consuls.

Les terres du seigneur de Laron, font partie de des terres relevant du temporel de l'évêque de Limoges entre la Haute-Marche et les vicomtés de Limoges et de Bridiers (Bénévent et le Grand-Bourg de Salagnac dans la Creuse actuelle) et d’autres relevant directement du Poitou (Peyrat-le Château, Haute-Vienne) et Bourganeuf (Creuse).
Signalons que c'est à l'époque de notre Roger de Laron, que vécut Raynaud de la Porte (1260-1325), évêque de Limoges. Raymond fut un des huit juges au procès des templiers. On peut voir son tombeau dans la cathédrale de Limoges.
Raynaud de la Porte, ancien évêque de Limoges. C'est le plus ancien tombeau de la cathédrale de Limoges, datant du premier tiers du XIVe siècle. Nommé cardinal en 1320, il mourut à Avignon en 1325.
Au XIII et XIVe siècles, en Limousin, 6 grandes villes sont prépondérantes : Felletin, Saint-Léonard-de-Noblat, Tulle, Brive-la-Gaillarde et surtout Limoges-Cité et Limoges-Château. Les ensembles Brive-Tulle et Limoges-Saint-Léonard forment deux pôles principaux.
-- Je rappelle enfin :
Jean de Bretagne devient vicomte de Limoges, en 1301. En 1308, les provinces d'Aquitaine retombent dans les mains des Plantagenêts, le prince de Galles ayant épousé Isabelle, la fille de Philippe le Bel (1285-1314).
En 1309, les papes, à la demande de Philippe le bel, s'installent à Avignon jusqu'en 1376.
En 1314 : Jacques de Molay, grand-maître des Templiers est condamné à brûler vif. Les Templiers avaient été arrêtés, dans tout le royaume de France, le 13 octobre 1307 par le roi Philippe IV le Bel.
Histoire et Légendes en Limousin : Roger de Laron. ( Saint-Julien-le-Petit ) - 2/.-
On connait Adhémar ( ou Aimar) comptor de Laron, en ce qu'il était proche parent de Jourdain de Laron, évêque de Limoges mort fin 1051,et petit-fils de Adhémar de Laron et de Rocile sa femme. Adhémar était présent en 996 avec ses parents et son oncle Vivien à la donation faite à l'abbaye d'Uzerche. Le 15 juillet 1028, il était avec sa belle-famille à la consécration de St-Pardoux. Il fit des donations en 1040 et 1052. Après son veuvage, (Aolaarz était de faible santé, elle mourut le 2 des ides de juillet 1035 et fut inhumée auprès de sa mère), il se remaria avec Damoiselle Flamenc soeur d'Ithier du Chalard, évêque de Limoges et fille d'Adhémar Flamenc prince du Chalard. Il mourut avant 1063.
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| Alooarz De Laron (née De Lastours) |
- En 1180, Guillaume de Gimel est qualifié de Chevalier de Laron, c'est sans doute pour cela d'après les mêmes archives qu'Auriat appartint ensuite à une branche de la puissante famille des seigneurs de Laron.
- 1201 : Donation par Roger de Laron, consistant en divers Mas situés près de Grosmont et de Melcam. Description du sceau de Roger de Laron appliqué au bas de cet acte : une tour ajourée dans le haut de deux fenêtres au-dessus d’un mur crénelé.
- 1266 : Donation par Roger de Laron et Ahelis, sa femme, soeur de Gaucelin de Châteauneuf, d’une rente de vingt sous aux moines de l’Artige à prendre dans la manse de Cheyre. (Dom Estiennot frag. hist. aquit. t. II, p. 208).
L'Eglise d'Arnac-Pompadour est consacrée par l’évêque Jourdain de Laron, en 1028, statue de St-Martial.
Les seigneurs de Laron ont fait dans tous les temps de nombreuses fondations religieuses ( dont l'abbaye de Dalon...) , et plusieurs d'entre eux sont allés combattre les infidèles en Terre-Sainte.
* Si le nom de Laron, continue d'être porté, le château d'origine et les terres qui s'y attachent, ne sont plus cités. Aussi, j'imagine la situation suivante : Guy de Lastours, remet à Adhémar, son demi-frère et ''bâtard'', la propriété du Château de Laron. Adhémar de Laron, maintient ainsi en toute discrétion la lignée... Jusqu'à Roger, seigneur de Laron, né en 1272, en ce château limousin …
Même si après 'notre' Roger de Laron, certains n'hésitèrent pas à marquer leur appartenance à cette lignée, en affichant ce nom.... par exemple, et ce n'est pas sans intérêt...
Plusieurs autres branches de l'illustre maison des Laron ont subsisté longtemps en Limousin, et jusque au 15e siècle. Par exemple : Jeanne de Laron, fille de Pierre, et d'Isabeau des Molins ou de Moulins, sœur de Jean et de Nicolas de Laron, fut mariée, en 1405, à Jean Adémar de Lostanges, damoiseau, co-seigneur de Loslanges et de Beynac, en Limousin, dont descendent les seigneurs de Sainte-Alvère, en Périgord.
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| Eglise de Sauvagnac (87) |
A Sauvagnac, il fait ouvrir deux chapelles proches du portail et met ses armes au-dessus des deux petites portes: deux lions rampants et le chef de Malte, de gueules à la croix d’argent. Il fait don à la chapelle de la statue à laquelle les populations d’alentour ont voué un culte traditionnel, en particulier les futures mamans et les familles dont un membre est en danger... Pendant des siècles, Sauvagnac fut un lieu de pèlerinage très fréquenté. Pour ce qui est de la Commanderie des Templiers de Paulhac : à la suppression de cet Ordre par Philippe le Bel en 1312, le bien revient aux chevaliers de St Jean de Jérusalem. Ils y installeront une maladrerie.




































