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Les légendes du Graal

Les années 1970s

16 Août 2025 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Etats-Unis, #Energie, #Maritain

J'ai besoin de moments de solitude, et je pars retrouver Lancelot, à Fléchigné.

Après les soubresauts culturels et guerriers qu'il a vécu en ce XXème siècle, Lancelot confirme cette impression d'observer l'émergence d'une nouvelle ère. Cette transition est agitée et marquée par la contestation des valeurs traditionnelles, et toujours sur un fond idéologique exacerbé par la guerre froide et la course à l'espace. Ce sont me dit Lancelot les réactions à notre passage dans un monde nouveau. Il peut se faire dans la douleur. Serait-ce alors ce que nous devons vivre avec la crise pétrolière qui s'annonce ? Qu'allons-nous perdre, ou gagner avec la libéralisation des marchés et la mondialisation ?

Lancelot préfère en rester à la science.

L'électronique, à travers les avancées technologiques et l'informatique, va permettre de réaliser des rêves et des projets qui étaient auparavant inimaginables, me dit-il.

Il aimerait pouvoir se bricoler un ordinateur, comme on peut le faire d'un poste radio. La société R2E Micral, en vendrait un sous forme de kit à assembler, avec des commutateurs pour entrer les instructions.

Lancelot comme nous l'avons déjà vu, s'était passionné pour les équipements de transmission et de réception afin de communiquer. Il avait suivi les débuts de la Télévision en Noir et Blanc, avec la création de la RTF en 1949. Et ce n'est qu'en 1967, qu'eut lieu le passage à la couleur sur la deuxième chaîne de l'ORTF. La France avait adopté le standard SECAM (Séquentiel Couleur à Mémoire) alors que l'Allemagne de l'Ouest préférait le système PAL (Phase Alternation Line) développé par Telefunken. Ils sont tous deux associés à un système de balayage qui est passé à 625 lignes. Les Etats-Unis appliquent le système NTSC.

Plus simplement, en complément de la radio, à partir de 1962-63, Phillips développe la cassette compacte. Il est devenu simple et pratique , aujourd'hui d'emporter sa musique préférée avec soi grâce à la cassette.

 

A mon arrivée dans ma 4L, Lancelot avait remarqué mon auto-collant anti-nucléaire...

Nous parlons énergie. En effet, dans le domaine du chauffage, entre charbon, gaz, électricité et fuel, la concurrence faisait rage. Lancelot croit en l'électricité, et pas seulement parce que ''la cuisine électrique est plus prestigieuse et plus moderne que la cuisine au gaz''. L'installation des '' compteurs bleus'', le passage au 220volts, et à une '' puissance confort '' de 6 kW, a permis aux français de s'équiper.

Petit à petit, toutes les sources d'énergie sont transformées pour la plupart en électricité, d'autres ne sont pas renouvelables ou intermittentes; la recherche scientifique devrait s'orienter vers d'autres sources d'énergie. '' Je pense à l'atome, et sans-doute à d’autres moyens qu'il serait impérieux d'explorer...''

Aujourd'hui, nous exportons du charbon, et possédons un pôle pétrolier public puissant ( Elf-Aquitaine en 1976), mais là n'est pas notre futur. Et, dans la poursuite d'une politique d'indépendance nationale, il est nécessaire de penser un avenir à long terme; et une filière nucléaire française, semble à Lancelot un bon choix.

- Je fais remarquer que lorsque des sources d'énergie produisent d'abord de la chaleur, pour mettre en mouvement une turbine qui produit enfin de l'électricité, forcément nous perdons du rendement...

Lancelot imagine qu'un jour prochain, nous pourrons produire de l’énergie via la fusion nucléaire: c'est à dire reproduire les réactions qui se produisent dans le soleil pour générer de l'énergie de manière efficace et propre.

J'explique que je considère que cette technologie est à trop haut risque, elle peut mettre en danger sur une longue durée les populations environnantes et même éloignées. Elle est vulnérable aux actions terroristes, et entraînera, par sécurité, une société de surveillance. Dès 1971, sont organisées des manifestations à Fessenheim en Alsace, à Bugey.

 

Lancelot a connu deux grandes guerres, et reste optimiste. L'humain a démontré une incroyable capacité à innover et à s'adapter aux défis. Travaillons à ce que nos dirigeants soient autant philosophes que scientifiques, avec des cadres méthodologiques rigoureux et des outils de pensée critique.

N'oublions pas également de tirer les leçons du passé et en étant ouverts au changement.

- Mais n'y aura t-il pas nécessairement plusieurs vérités qui s'affronteront?

- Oui, et tant mieux. Respectons cela. D'un côté renforçons la rigueur et l'objectivité des pratiques scientifiques. De l'autre apprenons à déceler nos biais cognitifs et nos préjugés, et confrontons-nous aux questions éthiques, avant d'orienter le progrès technique.

- Quelle place pour la spiritualité ?

- Il est nécessaire de lui laisser une grande place. Notre Quête se situe là, dans la recherche de la nature de la réalité, et de la nature de notre existence. Je suis persuadé aujourd'hui que les découvertes scientifiques vont nous fournir des cadres conceptuels, des modèle pour penser la nature du temps, de l'espace, et de la conscience... Et la philosophie, encourage notre esprit critique, elle nous aide en donnant un sens aux scénarios de nos possibles. La philosophie peut encore nous aider à favoriser le dialogue entre les cultures.

Lancelot est fasciné par les avancées de la conquête spatiale, elle incarne dit-il l'esprit d'exploration et d'ingéniosité humaine . Étudier l'univers va nous aider à mieux comprendre les lois fondamentales de la nature, l'origine et l'évolution des planètes, et les conditions nécessaires à la vie. Cette connaissance enrichira notre savoir et peut inspirer de nouvelles théories scientifiques.

- J'espère dit-il – mais ce n'est pas encore le cas – qu'elle incitera à une collaboration internationale, favorisant la paix et la coopération entre les nations.

En 1969, les États-Unis ont réussi à envoyer les premiers humains sur la Lune avec la mission Apollo 11. Cela a été un moment inoubliable, que nous avons pu suivre à la télévision, en direct !

Asterix 1er satellite français Pilote

Pour la France, le général de Gaulle a créé en 1961, le Centre National d'Études Spatiales (CNES).

Le premier tir de la fusée Diamant a lieu le 26 novembre 1965, et lance le 1er satellite français nommé Astérix.

La France, l'Allemagne et l'Angleterre tentent ensemble la construction de la fusée Europa, pour lancer des satellites en mission scientifique. C'est une suite d'échecs. La France reste seule pour la suite du projet Europa III, rebaptisé L3S ( lanceur de 3ème génération )... Finalement, l'Europe accepte de financer une part, et le projet prendra le nom d'Ariane ( 1973).

L'Agence Spatiale Européenne (ESA) ( 1975), vise à coordonner les efforts spatiaux des pays européens. Le 24 décembre 1979, la fusée Ariane 1 réussi avec succès son premier vol.

La France a développé plusieurs satellites de télécommunications, tels que les satellites Symphonie, qui ont été lancés dans les années 1970 et ont contribué à l'amélioration des communications à longue distance.

Pour ce qui est du transport aérien , le premier avion européen d'Airbus ( créé en 1969), est l'A300, qui vole à partir de 1972. Il est mis en service par Air France en 1974

Depuis 1970, le Boeing B747 d'Air France permet de faire Paris-New York en huit heures, alors que le France le fait en 5 jours, ce n'est pas le même plaisir !

 

Elaine et Yvain, de retour des Etats-Unis, confirment le plaisir de la croisière.

Leur court séjour au États-Unis, les a néanmoins fait percevoir le monde de demain. Tout semble plus grand et plus rapide. Les gratte-ciel de New York, les immenses centres commerciaux et les autoroutes sans fin sont impressionnants. Le niveau de vie est élevé et on ressent un véritable dynamisme dans les villes. Les nouvelles technologies sont partout, comme les télévisions couleur dans les foyers et les voitures automatiques. C'est un pays en avance sur nous dans bien des domaines, mais on sent aussi une certaine superficialité et une culture très tournée vers la consommation.

Évidemment, les États-Unis seront considérés comme un modèle économique de prospérité et de croissance. Devons-nous résister en France, à adopter certaines pratiques économiques américaines ?

Nous craignons une perte de l'identité culturelle française, avec une standardisation excessive des produits et des modes de vie... ? Les pratiques économiques américaines sont associées à de grandes entreprises multinationales, si nous voulons les concurrencer, cette course ne va t-elle pas favoriser la délocalisation des industries françaises vers des pays où les coûts de production sont plus bas? Nous avons, après la guerre, mis en place un modèle social qui nous apporte de la sécurité, un modèle beaucoup plus libéral ne va t-il pas accroître les inégalités sociales et économiques.?

Ne deviendrons-nous pas dépendants des Etats-Unis ? Et cette culture de de consommation américaine ne nous semble t-elle pas plutôt superficielle et centrée sur le matérialisme ?

Il a une culture populaire omniprésente au Etats-Unis, et nous la retrouvons en France, quand nous parlons tous des derniers films d'Hollywood et écoutons de la musique rock à la radio, accompagnés par les styles vestimentaires américains qui sont de plus en plus populaires en France.

Les États-Unis sont également en avance technologique, notamment dans les domaines de l'aviation et de l'électronique.

Les banlieues américaines sont largement composées de maisons individuelles avec de grands jardins, reflétant une préférence pour l'espace et le confort. La conception des maisons américaines privilégie souvent les espaces ouverts avec des cuisines américaines et des salons spacieux, contrairement aux espaces plus compartimentés que l'on trouve en France.

Les foyers américains sont souvent équipés de nombreux appareils électroménagers, tels que les lave-vaisselle, les fours à micro-ondes et les réfrigérateurs avec distributeurs de glace intégrés. Ils installent la climatisation centralisée qui offre un confort accru pendant les mois d'été.

L'industrie automobile américaine était florissante avec des marques comme Ford, General Motors et Chrysler dominant le marché mondial.

''All in the Family'' est une série télévisée qui captive les américains. C'est un programme comique qui traite de sujets de société, au travers d'une famille de deux couples – celui des parents, et celui de la fille, qui vivent ensemble pour économiser de l’argent, ce qui leur donne de nombreuses occasions de s’irriter mutuellement. La série explore les conflits entre les valeurs traditionnelles des parents et les idées progressistes de leur fille et de leur gendre.

 

Yvain est enthousiasmé d'avoir vu et fonctionner, à Princeton, le Xerox Alto, le premier ordinateur conçu pour supporter un système d'exploitation basé sur une interface graphique et une souris. Il est expérimental, et utilise un langage de programmation, le BCPL (Basic Combined Programming Language). Princeton est en lien avec le PARC une société de recherche- division de Xerox - qui attire les meilleurs et les plus brillants ingénieurs et informaticiens. Robert Metcalfe y a inventé l'Ethernet en 1973, révolutionnant les réseaux informatiques et posant les bases de la connectivité Internet moderne.

 

Elaine a rencontré un professeur de philosophie de l'Université Notre-Dame ( Indiana), qui suivait des cours à Princeton, et logeait dans la maison des Maritain, au 26 Linden Lane, léguée à l’Université de Notre Dame. De la maison, les Maritain pouvaient marcher sur la courte distance jusqu’à St. Paul’s sur Nassau Street pour assister à la messe quotidienne. Le campus était tout aussi proche. Le Centre Jacques Maritain de l’Université de Notre-Dame a été fondé en 1958, et Jacques était là pour la cérémonie.

Malheureusement, il se trouve que Jacques Maritain est décédé ce 28 avril 1973, à l’âge de quatre-vingt-dix ans, à Toulouse.

Elaine lui rapporte que son père l'a connu, alors qu'il fréquentait les ''dimanches de Meudon''... ( Jacques Maritain – Nicolas Berdiaeff – Un nouveau Moyen-âge - Les légendes du Graal ).

En 1941-1942, Jacques Maritain (1882-1973) vint à Princeton trois jours par semaine pour donner un cours de troisième cycle en philosophie médiévale. Après la guerre, et avoir été ambassadeur de France au Vatican de 1945 à 1948, Maritain est revenu à Princeton en 1946 pour participer à une conférence intitulée « La tradition humaniste dans le siècle à venir » et pour accepter un doctorat honorifique lors de la célébration du bicentenaire de l’université. L’année suivante, il reçut une invitation à rejoindre la faculté de Princeton, dans des circonstances inhabituelles qu’il rappellera plus tard dans son livre Refections on America (1958). « En décembre 1947, de retour à Rome de Mexico, écrit-il, je me suis arrêté à New York pendant quelques heures pour changer d’avion. Le président Dodds était là ; il avait eu la gentillesse de venir à New York pour m’offrir, si je démissionnais de mon poste diplomatique au Vatican, une chaire à l’Université de Princeton, précisément en ma qualité de philosophe dévoué à l’esprit et aux principes de Thomas d’Aquin. Le fait que Princeton soit une université laïque d’origine presbytérienne ne l’a rendu que plus intéressé par un tel poste d’enseignement. Maritain a accepté et est venu à Princeton en tant que professeur de philosophie en 1948. Ses années à Princeton furent heureuses. « Dans aucune université européenne, écrit-il, je n’aurais trouvé l’esprit de liberté et de sympathie que j’ai trouvé à Princeton en enseignant la philosophie morale à la lumière de Thomas d’Aquin. »

En plus d’un cours d’études supérieures en philosophie morale, il a également contribué au programme spécial de premier cycle en sciences humaines. Il prit sa retraite en 1952 à l’âge de soixante-dix ans et commença à jouir, selon ses propres termes, du « statut élyséen d’un émérite ». Il continua à vivre à Princeton et à contribuer à sa vie intellectuelle jusqu’à la mort de sa femme en 1960, date à laquelle il se retira dans un monastère de Toulouse. C’est là qu’il meurt le 28 avril 1973.

Maritain était un homme chaleureux et doux. Il était admiré, a dit l’un de ses collègues, même par ceux qui avaient des convictions philosophiques différentes, « pour son zèle de toute une vie pour la vérité et son engagement passionné pour la liberté [...] son humilité, sa charité, son attitude fraternelle envers tout ce qui est.

 

Jacques Maritain commença à enseigner la philosophie morale à Princeton. Elaine a eu la patiente de nous expliquer quelques point de la philosophie morale de Maritain.

Maritain explore les fondements et les principes de la philosophie morale, en s'inspirant largement des enseignements de Thomas d'Aquin et défend l'idée que la morale doit être fondée sur la vérité et la volonté de Dieu.

- Maritain croit que la capacité de la raison humaine à connaître la vérité et à distinguer le bien du mal est un indicateur que la moralité est inhérente à la nature humaine.

Pour lui, la loi morale naturelle est inscrite dans la nature humaine par Dieu.

Il soutient que les principes moraux fondamentaux, tels que la justice, la bienveillance et le respect de la dignité humaine, sont universels et indépendants des différences culturelles ou historiques.

- Qu'appelle t-il '' la loi naturelle '' ?

- La loi naturelle est une expression de '' l'ordre cosmique '' ( l'ordre de la création) , la moralité humaine en est une expression.

Elle est accessible à tous les êtres humains par l'usage de leur raison...

La loi naturelle représente un ordre moral objectif, indépendant des opinions ou des conventions humaines. C'est une manière pour les êtres humains de connaître et de suivre la volonté de Dieu.

La loi naturelle est universelle et immuable. Elle s'applique à tous les êtres humains.

 

De nombreux penseurs et diplomates qui ont participé à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'homme adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948 ont dit avoir été influencé par Jacques Maritain, d'ailleurs, il était chef de la Délégation française lors de la deuxième session de la conférence générale de l’Unesco, à Mexico, le 6 novembre 1947.

Jacques Maritain reconnaissait que les fondements théoriques de la morale peuvent varier grandement entre les perspectives théistes et matérialistes. Cependant, il croyait fermement en la possibilité de parvenir à un consensus pratique. Les finalités morales peuvent être similaires. Certaines valeurs, telles que la justice, la compassion et la liberté, transcendent les différences philosophiques et culturelles. Chacun peut reconnaître la nécessité de protéger les individus contre la souffrance et l'injustice. Maritain préconisait le dialogue interphilosophique et la tolérance.

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