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Les légendes du Graal

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Questions sur le Temps. Au Moyen-âge

4 Mars 2025 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Temps, #Saint-Augustin

Notre conscience du temps s'appuie naturellement sur les cycles jour-nuit, les saisons. Notre cerveau joue un rôle primordial dans la perception et la mémoire du temps. Nos rythmes circadiens ( sommeil, hormones...) contrôlés par une horloge biologique, et influencés par la lumière, la température, nous aident à mesurer le passage du temps. Notre capacité à se souvenir du passé et à anticiper l'avenir y contribuent; nous situons les événements dans le temps. Nous sommes familiers des notions de passé, présent et avenir.

La direction, le sens du temps, nous semblent naturels: Casser un œuf est un processus irréversible; je ne peux pas remettre l'œuf cassé dans sa coquille intacte.

 

Ceci dit; le concept ''Temps '' me paraît profondément métaphysique, et physique.

Nous pouvons nous interroger sur la réalité du temps; certains considèrent qu'il est une illusion, d'autres une propriété de l'Univers.

Le temps nous renvoie à la conscience, à la subjectivité; à ce que nous en percevons et qui influe sur notre présent.

Le temps nous confronte à l'infinité, à l'éternité, à l'origine, à la permanence et bien d'autres choses sans-doute...

Enfin, le Temps joue un rôle central dans les lois de la nature et les théories scientifiques.

Peut-on détacher du présent, le passé et l'avenir ? Le présent détermine-t-il ce qui va arriver ? Peut-on revenir sur ce qui est passé?

Le mouvement d'une planète en orbite, un pendule qui oscille, leurs équations de mouvement sont réversibles... Mais, selon la thermodynamique, des processus comme la diffusion de la chaleur, sont intrinsèquement irréversibles.

Aujourd'hui les avancées de la Physique nous interrogent : notre modèle du temps doit-il changer ?

 

Depuis l’Antiquité, nous nous interrogeons sur la nature du temps... "Qu'est-ce donc que le temps? Si personne ne me le demande, je le sais; mais si je veux l'expliquer à quelqu'un qui me le demande, je ne le sais plus." Saint-Augustin

Elaine Sallembier ( la fille de Lancelot..) professeur d'histoire et de philosophie médiévale, m'interpelle en historienne: le temps n'est-il pas sa matière première?

Elle rappelle que le temps individuel s'inscrit dans celui de la société dans laquelle nous vivons. Jacques Le Goff ( 1924-2014) médiéviste, fait entrer dans le champ de la recherche historique, ''le temps'', comme une catégorie essentielle de compréhension des sociétés médiévales.

Au Moyen-âge, particulièrement, nous avons adapté le sacré au profane, nous passons du temps biblique de l'Ancien Testament au temps humain. Comment ? - Avec une conception chrétienne d’un temps qui a eu une origine, sa création par Dieu, une coupure essentielle ( l'an 0) avec l’Incarnation, et qui se déroule selon un sens orienté vers une fin. Une conviction, est que tout ce qui était arrivé, tout ce qui arrivait, tout ce qui allait arriver était le résultat de la volonté divine.

Au Moyen-âge, on rajoute le rythme quotidien monastique des ''heures'', le dimanche comme jour du Seigneur, et même l'astronomie qui permet de calculer les dates des fêtes religieuses ... On pourrait y inclure également '' l'après-mort '' avec le jugement dernier, le purgatoire formalisé au XIIIe siècle.

Dans les chroniques des croisades, la référence à l’Ancien et au Nouveau Testament est constante et prend un sens particulier : celui de faire coexister deux temporalités dans le récit. Les Francs sont bien entendu le peuple élu et la croisade devient ainsi une épopée de l’histoire sainte.

Le premier souci de tout historien au Moyen Âge est de situer les événements dans un temps, bien entendu un temps chrétien, en conformité avec la vision de Saint Augustin.

La généalogie des rois de France s'arrange avec le moine Primat ( le Roman des Rois, écrit en 1274) pour faire descendre les Capétiens de la « noble lignée de Troie » , et de Charlemagne.

Mais, petit à petit le temps de l’Église se confronte au temps des artisans, des marchands, des villes...

 

Les écrits ( les Confessions, la Cité de Dieu, ses sermons, ses lettres...) de Saint-Augustin (354-430) ont posé les bases, après Saint-Paul, de la philosophie occidentale. Les théologiens médiévaux ont adopté et développé des points comme le péché originel, ou la prédestination. Augustin est déclaré docteur de l'Eglise en 1295 par le pape Boniface VIII.

Augustin défend l'idée d'un commencement de l'Univers, et argumente qu'avant la création il n'y avait pas de temps. Le temps est une propriété de l'Univers, et Dieu, dans son éternité, en est exempt. Si l'éternité est continue, d'un bloc; le temps est lui une suite de passages d'un état à un autre.

Dans "Les Confessions", en particulier dans le Livre XI, Augustin médite sur la nature du Temps. Plutôt que de rechercher un phénomène extérieur, le temps existe à l'intérieur de notre conscience; et là, se compose de trois dimensions. Le "présent du passé" est notre mémoire des événements passés, le "présent du futur" est notre anticipation ou attente des événements à venir, et le "présent du maintenant" est notre perception actuelle du moment présent.

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