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Les légendes du Graal

Le Miroir du Graal – 1

5 Décembre 2025 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Markale

Elaine revoyait régulièrement à Paris, Jean Bertrand ( pseudonyme : Jean Markale) professeur de lettres à Paris, notamment à l'école Massillon située quai des Célestins dans le 4ᵉ arrondissement. Il donnait des cours sur la littérature médiévale et captivait ses élèves avec les récits de Chrétien de Troyes et les mystères de Brocéliande. Ils s'étaient croisés la première fois au VIIIe Congrès arthurien international qui se tenait cette année de 1966 à Caen. M. J. Frappier, en était le président.

L’abbé Gillard et Jean Markale à Tréhorenteuc

Elle l'avait revu, avec Lancelot, à Tréhorenteuc en visite à son église dédiée au Graal.

Jean Markale (1928-2008) commençait à se faire connaître en tant qu’animateur radio et conférencier, partageant ses recherches sur la civilisation celtique et le cycle arthurien avec un public plus large. Il souhaitait quitter l'enseignement pour se consacrer entièrement à l’écriture et s’installer en Bretagne.

 

Elaine lui propose d'écrire un livre à deux mains, en lien avec son projet, et la Légende du Graal.

Cet ouvrage grand public explorerait en profondeur le mythe du Graal, en le considérant non seulement comme une légende médiévale, mais aussi comme un symbole intemporel de la quête spirituelle et initiatique. Voici les principaux aspects développés dans le livre :

Markale retracerait l'origine du mythe en le reliant aux traditions celtiques et druidiques. Il montrerait comment ces croyances ancestrales ont façonné le récit du Graal, qui sera ensuite intégré et transformé par la littérature arthurienne médiévale, notamment à travers des textes comme le Conte du Graal.

Elaine proposerait une interprétation symbolique du Graal. Plutôt que de le voir uniquement comme un objet légendaire, elle le présenterait comme un reflet des aspirations humaines profondes : la quête de sens, l’illumination et la transformation intérieure. Le mythe du Graal serait abordé comme un voyage intérieur ( ? à l'aide du Tarot ?), où chaque étape symbolise une phase de la recherche spirituelle menant à la connaissance de soi et à une vérité universelle.

Markale combinerait l’analyse des textes médiévaux avec des éléments issus des traditions orales et mythologiques. Cette approche permettrait de mettre en lumière la complexité du mythe, qui se nourrit de multiples influences culturelles et historiques.

Elaine explorerait l’influence durable du mythe du Graal sur la culture occidentale. En mettant en avant son caractère universel, elle illustrerait comment ce symbole a su traverser les époques et s’adapter aux besoins spirituels et culturels de chaque période.

 

Après avoir raconté à Jean, l'anecdote du miroir qui lui fit rencontrer Yvain; Elaine propose un titre à ce livre: '' Le Miroir du Graal ''. Ce titre signifie que le Graal, plutôt que d'être simplement un objet mythique ou une relique matérielle, est avant tout un symbole qui reflète l'intériorité humaine. Pour les auteurs, ce mythe sert de miroir : il permet d’interroger notre quête de sens, notre recherche spirituelle et même notre rapport à la vérité. En d'autres termes, le Graal incarne une image – un reflet – de la nature profonde de l'être, de ses aspirations et de ses questionnements existentiels.

 

Elaine et Jean devaient s’appuyer sur des textes fondateurs comme Le Conte du Graal de Chrétien de Troyes, La Queste del Saint Graal, ainsi que sur des traditions plus anciennes issues des légendes celtiques et druidiques. Finalement, ce livre ne sera jamais édité; même si Markale écrira, lui, de nombreux ouvrages sur ces thèmes. Il était un passionné, et aimait s'identifier à la figure de Merlin.

Peut-être Elaine et Jean, n'avaient-ils pas véritablement, les mêmes objectifs à partit d'un thème commun, le Graal ?

Elaine, tout en lui conservant son attachement, nous avouera que les universitaires et spécialistes ont souvent reproché, à Markale, des simplifications, un manque de rigueur méthodologique et une approche amalgamatrice des sources médiévales.

 

Elaine nous explique qu'en signant un tel livre avec Jean Markale, elle se permettait de sortir du champ de compétence universitaire.

Présentant le Graal comme le symbole d’un parcours initiatique visant à révéler la nature profonde de l’être et à renouer avec son origine divine, elle restait dans la tradition néoplatonicienne, dans laquelle le voyage de l’âme vers la contemplation du divin est central.

Le néoplatonisme postule que le monde sensible n’est qu’une ombre d’une réalité supérieure. Le Graal, en tant que miroir, illustre cette idée : il renvoie l’image d’une vérité plus haute, accessible par la méditation et l’intuition, et non par une lecture littérale ou historique des faits.

Dans la philosophie néoplatonicienne, l’âme cherche constamment à s’élever vers le principe premier, vers la lumière de l’Intelligible.

Jean Markale, propose une interprétation du Graal profondément enracinée dans la mythologie celtique. Cette vision s'appuie sur des éléments préchrétiens, notamment le chaudron ou la corne d'abondance des mythes celtiques, qui étaient des symboles de prospérité et de renaissance.

Elaine se reconnaît mieux au travers des influences chrétiennes médiévales.

Le Graal mystique - Rogelio de Egusquiza 1893

Elaine peut faire référence, par exemple, au Pseudo-Denys l'Aréopagite, auteur mystique du VIᵉ siècle, qui a exercé une influence notable sur la théologie chrétienne médiévale, notamment à travers ses œuvres telles que "La Hiérarchie céleste" et "La Théologie mystique".

Bien que ces écrits ne traitent pas directement du Graal, leurs concepts ont imprégné la pensée médiévale et ont été intégrés dans diverses œuvres littéraires et théologiques de l'époque.

Par exemple, Hugues de Saint-Victor, théologien du XIIᵉ siècle, a rédigé un commentaire approfondi sur "La Hiérarchie céleste" de Denys. Dans son "Commentariorum in Hierarchiam cælestem S. Dionysii Areopagitæ libri X", il explore les structures hiérarchiques célestes décrites par Denys et les applique à la compréhension des mystères chrétiens. Cette approche a contribué à façonner la perception des quêtes spirituelles, telles que celle du Graal, en les présentant comme des ascensions mystiques à travers des degrés de perfection spirituelle.

De même, Hugues de Balma, moine chartreux du XIIIᵉ siècle, a écrit le traité "Viae Sion lugent", également connu sous le nom de "Théologie mystique". Son objectif était d'exposer la théologie mystique du Pseudo-Denys, en mettant l'accent sur l'union mystique avec Dieu au-delà des connaissances intellectuelles. Cette perspective a influencé la manière dont la quête du Graal est perçue, non seulement comme une recherche d'un objet sacré, mais aussi comme une quête intérieure menant à une union mystique avec le divin.

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