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Les légendes du Graal

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Mila Kundera et Jacques Monod

22 Février 2025 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Kundera, #Monod, #1968

Milan Kundera

Lancelot et Morin, sont d'accord: 1968, c'est aussi l'année de parution de '' La Plaisanterie '' de Mila Kundera. '' Une simple plaisanterie déclenche une série d’événements aux conséquences graves.'' Kundera utilise l'ironie, pour une tragédie. Que peut représenter le printemps français de ''Mai 68'', en face le ''printemps de Prague'' ? Ce roman illustre la fragilité des relations humaines et les absurdités du régime totalitaire.

Lancelot partage l'idée selon laquelle « Le mai parisien mettait en cause ce qu’on appelle la culture européenne et ses valeurs traditionnelles, alors que le Printemps de Prague était une défense passionnée de la tradition culturelle dans le sens le plus large et le plus tolérant du terme, défense autant du christianisme que de l’art moderne, tous deux pareillement niés par le pouvoir. » ( Alain Finkielkraut ).

 

Dans L’Art du roman ( 1986), Kundera écrit: « Au Moyen Âge, l’unité européenne reposait sur la religion commune; à l’époque des temps modernes, elle céda la place à la culture (art, littérature, philosophie). Or, aujourd’hui, la culture cède à son tour la place. Mais à quoi et à qui ? Quel est le domaine où se réaliseront des valeurs suprêmes susceptibles d’unir l’Europe ? Les exploits techniques ? Le marché ? La politique avec l’idéal de démocratie, avec le principe de tolérance? Mais cette tolérance, si elle ne protège plus aucune création riche ni aucune pensée forte, ne devient-elle pas vide et inutile? L’image de l’identité européenne s’éloigne dans le passé. Européen: celui qui a la nostalgie de l’Europe. »

 

Edgar Morin, dit préférer la Renaissance, une époque où la science et la philosophie étaient étroitement liées, et la curiosité intellectuelle encouragée.

Aujourd'hui, la spécialisation fragmente la connaissance, rendant plus difficile une compréhension globale des phénomènes complexes.

« De nos jours, on assiste à un appauvrissement de la culture scientifique et des humanités. Jacques Monod, François Jacob font exception. Il est décisif de préserver la réflexivité. Pensez à Popper, à Bachelard, à Kuhn, à Holton… Les scientifiques ne réfléchissent pas assez sur les gens qui réfléchissent aux sciences. Je ne suis pas contre la spécialisation ; en effet, si je puis me dire transdisciplinaire, c’est que j’ai besoin des disciplines, mais de disciplines qui communiquent pour traiter des grands problèmes. Sinon, on n’a que des rapports d’experts : bien souvent, les experts s’enferment dans leur limitation bureautico-technique. » ( E. Morin)

Alors parlons de ce livre, “Le Hasard et la Nécessité” de Jacques Monod, publié en 1970. Jacques Monod (1910-1976), prix Nobel de Médecine 1965, fait partie de ses rares scientifique à se faire connaître du grand public, il a suscité un large intérêt et des débats jusque dans des émissions télévisées qui lui permettent de vulgariser ses concepts et de partager ses réflexions . Résistant, il avait échappé à la Gestapo venu l'arrêter à la Sorbonne, dans son labo, en les effrayant avec la radioactivité et les microbes... Musicien violoncelliste, il est aussi chef de choeur.

Son livre réjouit Lancelot, du fait qu'un biologiste y mêle concepts philosophiques et scientifiques. Ses conclusions s'opposent à la théorie traditionnelle de la force vitale, ou à celle de la finalité. Monod soutient que la vie est le résultat du hasard (mutations génétiques) et de la nécessité (sélection naturelle). Il introduit des processus biologiques dirigés par des programmes génétiques. Et surtout, Monod discute des implications de la biologie moderne pour la philosophie et l’éthique.

A la suite de la parution de ce livre, les débats sont intenses, les réactions sont passionnées.

La biologie moléculaire devient une discipline centrale. Monod souligne l'importance du hasard et défend l'idée que l’évolution par sélection naturelle dépend des variations aléatoires (ou mutations) qui se produisent dans les organismes. La sélection naturelle agit sur ces variations ( d'origine aléatoire) pour favoriser celles qui sont avantageuses pour la survie et la reproduction.

Lancelot, après la lecture du Hasard et la Nécessité, s'est réjoui qu'un scientifique s'essaie à réfléchir sur les implications philosophiques de ses recherches, même s'il est gêné par la position matérialiste de l'auteur.

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