legende arthurienne
L'entrée en Brocéliande....
Avant de continuer la vie légendaire de Roger de Laron ( chevalier limousin...) . Je reprends la route de la Légende des légendes : la légende arthurienne...

''Brocéliande'' n'existe pas ! Ou Brocéliande est une sorte de … '' Sidh ''.
Ou, plus simplement Brocéliande commence par une '' estoire '' ?

Pour notre connaissance cette ''estoire'' nous est donnée par Geoffroy de Monmouth, comme celle du Roi Arthur ; mais auparavant, il s'agit de l'histoire de Conan Meriadec.
En 386 après J.C., Maxime traverse la Manche, accompagné de son cousin Mériadec. Ils conquièrent entre autres l’Armorique, dont Conan Mériadec devient le premier roi. On peut nommer aussi Ursule, première reine des Bretons...
L'histoire de l'Armorique (la Bretagne actuelle), est liée à celle de la Bretagne (la Grande-Bretagne actuelle) entre la fin du IVe siècle et tout le long du Ve et VIe siècle....

Sur le plan littéraire, Geoffroy de Monmouth est le premier à mettre en scène Arthur – guerrier et roi de Bretagne - et Merlin – prophète et ''homme sauvage'' -. Deux personnages qui vont ensuite être repris et donner naissance à une abondante littérature ( fondatrice ) entre le 12e et le 15esiècle.
Sa famille, probablement originaire des environs de Dol (de Bretagne) se serait implantée à Monmouth lors d’une redistribution des terres anglaises en 1075 par Guillaume le Conquérant.
Geoffroy (+ 1155), est né au Pays de Galles, Geoffroy, il fait partie des clercs.
Geoffroy de Monmouth fait un éloge démesuré des Bretons du continent : il va jusqu’à faire du roi Arthur un descendant de Conan Meriadec qu’il considère comme le premier roi d’Armorique.
Geoffroy écrit donc '' L’Histoire des rois de Bretagne '' : une grande fresque historique, qui relate l’arrivée de Brutus, petit-fils d’Enée, sur l’île d’Albion, après la chute de Troie, à laquelle il donne le nom de « Bretagne ». Elle va connaître une diffusion exceptionnelle, sera transcrite en langue vernaculaire romane par Wace, en 1155. Il apporte quelques modifications, et évoque pour la première fois la Table Ronde.
Geoffroy fait entrer dans l’histoire Arthur, Merlin, Gauvain, Conan Meriadec, Utherpendragon, des personnages mythiques que l’on retrouve aux côtés de personnages historiques.
L'historicité de Conan Meriadec est revendiqué par la noblesse féodale, vers les XIe-XIIe siècles, comme le fondateur du premier royaume breton armoricain. Il l'aurait constitué avec la volonté politique de créer "une seconde Bretagne" et "de la peupler uniquement de Bretons." Conan Mériadec fut d'autant plus pris au sérieux que la puissante famille de Rohan le considérait comme son ancêtre direct... !

Nous rejoignons, Brocéliande avec le temps du roi Juthaël, dixième descendant du roi Conan Mériadec.
À cette même époque, vit dans la province armoricaine de Léon ( la pointe nord-ouest du Finistère ) un roi nommé Ausochus, dont la fille Pritelle est d'une rare beauté.
La princesse refuse tous ses prétendants. C'est, qu'au fond d'elle-même, son cœur est réservé à celui dont elle a eu la vision surnaturelle... Elle attend, celui qu'elle '' a vu venir..''
Un jour en l'absence du roi, Juthaël arrive en son château. Il s'est égaré au cours d'une chasse. Ou plutôt, une force invisible , l'a conduit jusqu’auprès de la princesse.
Dès l'instant où elle le découvre, elle reconnaît celui qui lui est apparu lors de sa vision. Elle l'accueille donc en son château, lui offre une chambre pour la nuit. Et c'est alors au tour de JuthaëI, pendant son sommeil, de faire un songe énigmatique. Il y découvre une colonne. Elle est d’acier poli dans sa partie basse, d'or dans sa seconde moitié.
Juthaël se met à prier. C'est alors que le ciel s'ouvre et que lui apparaît Pritelle. Elle lui affirme qu'elle doit lui rendre cette colonne dont la garde lui avait été confiée. A son réveil, frappé par cette vision nocturne, Juthaël envoie un de ses serviteurs consulter un ermite nommé Talosémius - lequel passait pour avoir la faculté de prédire l'avenir. L'ermite déchiffre le songe merveilleux. Explique qu'il signifie que Pretelle donnera à Juthaël un fils « plus illustre que lui sur la terre et dans le ciel. »

Effectivement, l'aîné des enfants du couple royal, Judicaël, couronné en 590 ( roi de Domnonée) et régnant jusqu'en 660, fonda l'abbaye de Paimpont, et, dans les dernières années de sa vie, quitta les ors de la royauté, déposa sa couronne, et s'enferma dans la vie de cloître, ayant pour maître spirituel saint Méen.
Si cette ''estoire'' est ''légende'', et non une quelconque fiction ; c'est qu'elle parle, et oriente des esprits... Ainsi, à Brocéliande, une jeune fille a écouté cette histoire, racontée par le prêtre, près de cette grotte où dit-on, la Vierge s'est manifestée à lui. Elle lui a demandé que l'on creuse à l'endroit par elle désigné, et une source en jaillira...
Cette jeune fille reçoit tout cela comme une invitation à pénétrer la dimension surnaturelle du monde qui l'entoure. « J'étais, je l'avoue, émerveillée de ce conte du passé, tout éclairé d'une vie surnaturelle » , dira-t-elle. Se retrouvant seule dans les bois à regagner l'antique manoir, elle ne peut s'empêcher, à l'évocation de ces songes prophétiques mentionnés par le prêtre, de penser au rêve qu'elle-même a fait plusieurs années plus tôt - ce songe « qui hantait encore [s]on cœur à plusieurs années de distance. »
Celle qui parle ici, s'appelle Geneviève ( Lefeuvre) Zaepffel (née à Paimpont en 1892 )...
Elle écrit avoir eu sa première vision à l’âge de sept ans. Un vénérable druide lui serait apparu dans l’escalier du Manoir du Tertre : « Il était assis vers le milieu, il m’apparut majestueux, enveloppé d’une cape blanche. Au col brillaient des reflets dessinant la faucille d’or et le gui, symbole des Druides.[...] Le vieillard revint en effet pendant mon sommeil pour me dicter dans ses moindres détails ma ligne de conduite et mon destin. Maintenant que des cheveux argentés auréolent mon front, je puis certifier qu’il n’avait, en effet, rien omis. » Zaepffel, Geneviève (1938) op. cit., p. 24-25
À l’âge de seize ans, elle prétend que saint Judicaël, au cours d’un songe, lui révèle les mystères de la vie et de la mort...
Brocéliande est pour elle, son '' Sidh ''
« Loin du monde, dans le silence de cette forêt, ma géante amie, où j’admirais l’œuvre de Dieu, mon âme s’épanouissait parmi les arbres, leurs branches, leurs feuilles. J’y retrouvais la force de vivre, j’y acquérais cette connaissance psychique que m’insufflaient les générations passées qui y avaient vécu et souffert. Mon initiation progressait. » Zaepffel, Geneviève (1938) op. cit., p.30-31

« Le lieu de ma naissance cadrait admirablement avec ma mission. Coin sauvage, propice à l’initiation, à la méditation, terre des Druides, dont les cendres émettent encore des radiations de foi vive, terre qui recueillit les protections occultes de Viviane, la fée bienfaisante annonçant la venue de Jeanne d’Arc plusieurs siècles avant sa naissance. Sans s’en douter, Viviane prophétisait peut-être sa propre renaissance dans la personne de Jeanne d’Arc qui fut Celte...» ZAEPFFEL, Geneviève, Mon combat psychique
Je ne veux pas discuter des errements occultistes et surtout politiques, qui l'ont entraîné - elle et son mari – lors de la seconde guerre mondiale... Ils nous montrent les limites de toute idéologie, soutenue par une croyance religieuse …
Je retiens seulement la force de l'esprit de Brocéliande... Pour elle, et pour beaucoup d'autres comme le père Gillard...
Sources : le site de '' l'encyclopédie de Brocéliande '' : http://broceliande.brecilien.org
Le Chevalier à l'épée – 3/ -

Résumé : Gauvain se trouve à la cour du Roi Arthur. Il décide de partir à l'aventure et fait seller son cheval et préparer ses armes. Il a une envie de plaisir et de divertissement. Il part ainsi au hasard et perdu dans ses pensées, il s'égare. Il rencontre un chevalier a qui il demande son chemin pour rentrer à la cour. Le chevalier veut bien l'aider à condition qu'il passe la nuit avec lui et ensuite qu'il l'accompagne chez lui. Gauvain accepte ces contraintes.

Sur la route du château du chevalier, il est prévenu que beaucoup de braves chevaliers sont passés avant lui et ne sont jamais reparus. Gauvain ne renonce pas; il poursuit sa route. Il est bien accueilli par le chevalier qui lui présente sa fille qui est d'une beauté parfaite et qui l'invite à en prendre ''possession''.
A souper recommencèrent les mêmes importunités que le matin. Mais ce fut bien un autre étonnement, quand on se leva de table, et que le père, donnant ordre qu'on lui dressât un lit dans la salle, et destina le sien pour sa fille et pour l'étranger. A ce discours, Gauvain ouvre de grands yeux : il craint d'être tué s'il refuse, d'être tué s'il accepte, et n'a pas la force de répondre. Sans attendre son aveu, on le conduit dans la chambre avec la pucelle. Douze bougies y sont allumées; et pour qu'il puisse jouir toute la nuit des charmes de la compagne qu'on lui destine , il lui est expressément défendu de les éteindre. On l'enferme après cela, et la clé est emportée. La demoiselle se couche donc , et Gauvain se place auprès d'elle.

Quelques dangers qu'on lui eût annoncés jusqu'alors, le péril s'oublie aisément en pareille circonstance. Il allait manquer de mémoire, et la demoiselle l'arrête : « je ne suis pas ici sans garde » lui dit-elle. Ce mot de garde l'étonne, il promène ses yeux dans la chambre et ne voit rien ; mais elle lui fait remarquer près de la fenêtre une épée suspendue. « Cette épée est enchantée, dit la demoiselle; elle me garde et veille sur moi; et c'est la dernière épreuve que réserve mon père à ceux qui ont eu le bonheur d'échapper aux autres. A l'instant même qu'on s'oublie, elle sort du fourreau et vient percer le coupable. Plus de vingt chevaliers qui, comme vous, sont entrés dans ce lit, aucun n'en est sorti vivant. O mon bel ami, de grâce, ne vous exposez pas à leur sort, et n'allez pas me coûter des larmes qui ne finiraient qu'avec ma vie. ».
A ce discours s'augmenta encore la surprise de Gauvain. Jamais il n’avait entendu parler de pareille aventure: elle lui paraissait si étrange qu'il ne pouvait y croire, et qu'il alla même jusqu'à la regarder comme une ruse adroite de la pudeur aux abois. Déjà il s’apprêtait à en faire l'épreuve..
Soudain la fille jette un cri; et l'épée , tombant comme la foudre, vient blesser le prince, et retourne à sa place. Il reste éperdu et presque interdit. Sa compagne lui fait un tendre reproche sur le danger auquel il s'est exposé: elle le félicite de n'avoir mérité au moins qu'une légère blessure, et l'exhorte à se livrer comme elle au sommeil.

Mais les bougies brûlaient toujours, et l'épée enchantée ne punissait pas les regards. Cette clarté cruelle faisait le supplice de Gauvain; bientôt il ne fut plus le maître de commander à sa contrainte. Eh! que dirait-on d'ailleurs à la cour d'Artus, d'un chevalier à qui fut offerte la plus douce des aventures, et que la crainte du danger arrêta? Qu'y penserait-on de cette épée incroyable que personne ne conduisait? Que de railleries! que de reproches.... !
C'en est fait, il aime mieux mourir. Mais déjà l'épée vole, elle fend l'air, et le sang coule de nouveau.
Après cette seconde leçon, vous devinez aisément que le prince ne se plaignit plus de la clarté des bougies, et que, pendant toute la nuit, quelque longue qu'elle lui parût, les railleries de la cour d'Artus ne furent pas ce qui l'occupa davantage.
Le père, quoique par un autre motif, n’avait pas dormi plus que lui. Il était inquiet du succès de sa cruelle épreuve, et n’attendait que le jour pour s'en éclaircir. Quelle fut sa surprise quand il vit l'étranger vivant !
« Par ma foi, répond Gauvain, sachez que je n'ai chose fet quoi mis Par coi je doie estre à mort tret.

La couverture sanglante et percée le trahissait cependant ; et, malgré la prétendue sagesse dont il se vantait, il se vit obligé d'avouer la vérité. On lui demanda son nom, ce nom si célèbre et illustré déjà par tant d'exploits. Le châtelain alors parut saisi de respect, et il avoua , malgré lui, à son tour, que l'enchantement de l'épée venait de finir.
« Elle devait épargner, dit-il, le meilleur et le plus preux de tous les chevaliers: c’était là l'époux que je destinais à ma fille, et il en a coûté, pour le rencontrer, la vie à plusieurs braves; mais, puisqu'elle l'a trouvé enfin , acceptez sa main avec ma terre et mon château.»
Le père dit à Gauvain que, puisqu'il a mis à fin l'aventure, son château, sa fille et l'épée lui appartiennent. Telles étaient alors les lois des combats. Tout ce qui faisait l'objet ou le prix d'une entreprise appartenait de droit au vainqueur; les poésies du temps en offrent mille preuves. C’était la faute du chevalier d'avoir risqué sa fille...
Parzival: Wolfram von Eschenbach
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« Parzival » est une œuvre qui comprend 25000 vers, alors que le Conte du Graal de Chrétien de Troyes, n'en compte que 9000. Il en reprend l'agencement, et quelques épisodes. Mais il s'en détache, et reproche – dans son prologue - à Chrétien de ne pas avoir connu « le Conte authentique » repris dans un manuscrit arabe et que Kyot le Provençal avait vu à Tolède. Il semble que utilisation d'une source exceptionnelle, ne soit qu'un artifice, pour susciter la curiosité du lecteur. ( L'exotisme ésotérique, faisait déjà quelques émules …).
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Par contre nous connaissons le « vrai » auteur de Parzival ; il s'agit de Wolfram von Eschenbach, un chevalier franconien peu fortuné de l'entourage d'Hermann 1er ( 1190-1217), landgrave de Thuringe et conte palatin de saxe. Il rédige son « Parzival » vers 1204, années du siège d'Erfurt et du sac de Constantinople, auxquels le roman fait allusion. L'ouvrage connaît un succès considérable, comme le prouvent ses quatre-vingt six manuscrits médiévaux conservés à ce jour. Wolfram commence par l'histoire de Gamuret, fils cadet du roi d'Anjou, qui doit chercher fortune par ses propres moyens. Il part donc pour l'Orient … " De là, il se rendit au royaume de Zazamanc. Il y entendit tous les habitants pleurer la mort d’Isenhart, qui avait péri en combattant pour l’amour d’une dame. C’est Bélacane, la douce et loyale dame, qui avait été la source de son tourment." Cette reine Bélacane, est assiégée au milieu de sa cité circulaire par huit armées noires et huit armées blanches... Ainsi commencent les aventures de Gamuret en orient (Parzival, livre I ).
Après maintes aventures, il épouse Bélacâne, une reine noire et païenne... Qu'il quitte pour vivre en chevalier errant. Revenu en Occident en passant par l'Espagne, Gamuret gagne, dans un tournoi, la main de la reine Herzloïde, qui lui apporte le Pays de Galles. Selon son habitude, il abandonne sa nouvelle femme. Il retourne en Orient, où il est tué au service du baruc. Il laisse deux fils : Feirefiz, du prmeir lit, et Perceval, du second. Dans les chapitres suivants, on retrouve la trame et l'action du Conte du Graal.
- - Isolement de la forêt avec sa mère -
- - Le chevalier vermeil
- - Délivre Condwiramour, une reine, l'épouse, puis l'abandonne...
- - Arrive au château de Munsalvaesche, qui appartient à Anfortas, le Roi Pêcheur infirme.
- - Le Cortège du Graal … ( la lance, l'épée, le silence de Perceval …)
- Rencontre et rejet de sa cousine, et - « Les trois gouttes de sang », - la demoiselle hideuse à la cour d'Arthur...
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![]() Parzival - 1884, par Edward Jakob von Steinle (1810-1886) |
![]() 1884, par Edward Jakob von Steinle (1810-1886) |
![]() Parzival quitte le Château du Graal. Aquarelle,
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![]() Pénitence de Parzival par Edward Jakob von Steinle (1810-1886) |
Comme avec Chrétien, le roman se centre désormais sur les aventures de Gauvain. Perceval – en révolte contre Dieu - rencontre des pénitents. Il rencontre son oncle, l'ermite, qui lui apprend que le Graal est une pierre que des anges ont apporté du ciel, d'où ils ont été bannis en punition de leur neutralité lors de la révolte de Lucifer.
- Combat entre Gauvain et Perceval : le combat est interrompu. Ils se reconnaissent …
- Perceval affronte son demi-frère Feirefiz, l'épée de Perceval se brise... Ils se reconnaissent … et se réconcilient
- Retour au Château du Graal. Perceval devient roi et gardien du Graal. Sa femme Condwiramour le rejoint avec ses fils, Kardeis, roi du Pays de Galles, et Loherangrin. Ce dernier est le chevalier au cygne, qui se marie avec la princesse de Brabant ; il succédera un jour à son père. Feirefiz se convertit et se marie avec la Porteuse du Graal, sœur d'Anfortas, avec laquelle il engendre le Prêtre Jean. Ils s'installent en Inde qu'ils évangélisent.
Le roi Arthur et les géants. -2/2-
Le roi Arthur et les géants. -1/2-
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La forêt est un monde sans loi, peuplé d'êtres malfaisants : si les monstres, dragons ou géants sont des adversaires sans équivoque, parfois ce sont des fées qui, sous les traits de demoiselles en détresse, éprouvent les chevaliers. Car entrer dans la forêt, c'est pénétrer dans un monde où les forces du mal sont à l'action : le chevalier y fait dans la solitude l'épreuve de sa propre valeur. Une fois qu'il aura triomphé, il pourra revenir dans le monde des hommes et prendre place dans la société courtoise dont il aura contribué par sa prouesse à affirmer la dignité. |
La « Vulgate » du cycle arthurien
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| Aliénor et Henri II écoutent l'histoire de Lancelot du Lac. Manuscrit fr. 123 fol. 229 2 |
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| Le Roman de Lancelot du lac |
L'ensemble donne ainsi un tableau extensif et chronologique de l'histoire du Graal et de sa translation d'Orient en Occident, depuis les temps christiques jusqu'à la fin du royaume arthurien, en particulier dans l'Histoire, qui raconte les origines du Graal, et dans la Quête qui raconte les aventures des chevaliers arthuriens partis à la recherche de cet objet saint. » Bnf : Irène Fabry
Le cycle du « Lancelot-Graal », reprend les textes de la Vulgate ( début XIIIe s.) et de la Post-Vulgate (mi-XIIIe s.). Ce sont ces textes qui ont influencé Thomas Malory ( mi XVe s.) pour écrire le Morte d'Arthur
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Lancelot tue le chevalier félon Sir Tarquin (Sir Tericam) par John Cadogan Cowper |
Il y a aussi de nouveaux personnages qui ne figurent pas dans les légendes anciennes, tandis que des personnages comme Arthur et Gauvain sont modifiés de façon importante pour permettre à des héros tels que Lancelot, Galahad et Tristan de venir au centre de la scène.
Les aventures de Lancelot du Lac, sont détaillées jusque dans les histoires d’amour successives, principalement celle avec la reine Guenièvre (l'épouse du roi Arthur), mais aussi: celle avec la Dame de Malehaut, celle avec la fille du roi Pellès (qui lui donnera son fils unique, Galaad), etc., et aussi, en parallèle, celle avec le roi Galehaut, seigneur des Îles lointaines, avec lequel Lancelot choisira d'aller reposer pour l'éternité, dans la tombe de la Joyeuse-Garde.
Mais le cycle raconte aussi des aventures d'ordre plus spirituel, voire religieux : celles du Saint Graal, la coupe ayant reçu le sang du Christ, en quête duquel tous les chevaliers de la Table ronde partiront à un moment ou à un autre, le vainqueur de cette compétition sacrée n'étant autre que le fils de Lancelot : Galaad.
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La Quête du Saint-Graal: manuscrit - Lancelot endormi à la chapelle du Graal. |
Après les cinq livres de la Vulgate, nommés plus haut, on reconnaît quatre récits : Histoire du Saint-Graal, Merlin, et la Queste del Saint-Graal et La Mort Artu ; écrits entre 1230 et 1240 ( post-Vulgate ). Ici, c'est la question spirituelle qui est privilégiée, au détriment des histoires sentimentales. Des éléments du Tristan en prose, y sont intégrés.
Robert de Boron: Le Graal, et Merlin
Robert de Boron ( fin du XIIe siècle - début du XIIIe siècle) est un clerc ou un chevalier de Franche-Comté. C’est un écrivain français du XIIe siècle, auteur d’un roman en vers sur le Graal.
Détail de Merlin dictant ses prophéties à son scribe, Blaise; français miniature du 13e siècle de Merlin de Robert de Boron en prose (ca écrite 1200). (Manuscrit illustration, c.1300.).
Son œuvre, s'appuie sur celle de Chrétien de Troyes, il fait évoluer le mythe arthurien par sa christianisation.
C'est lui qui fait du Graal une relique chrétienne: le Saint Calice avec lequel Joseph d'Arimathie aurait recueilli le sang de Jésus sur la croix.
Son œuvre est composée d'une trilogie en prose : Joseph d’Arimathie, Merlin et Perceval. Également, un roman en vers : Estoire dou Graal ( 1190), et des fragments d'un récit sur Merlin.
À la fin de son poème, Robert de Boron indique qu'il est au service de Gautier de «Mont Belyal», que l'on identifie avec Gautier de Montbéliard, seigneur de Monfaucon, mort croisé en Terre Sainte vers 1212.
Le Perceval de Chrétien de Troyes, est resté inachevé. L'épisode du Château et du Roi Pêcheur - blessé et se nourrissant de la seule hostie qu'on lui apportait quotidiennement dans un Graal - a enflammé les imaginations. On ne compte pas moins de quatre Continuations du Perceval. /http%3A%2F%2Fwww.quetedugraal.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F03%2Fboron-graal-300x228.jpg)
A travers, Merlin ( personnage négligé par Chrétien de Troyes ), Arthur, et Joseph d'Arimathie, Robert de Boron raconte l'histoire du Graal, vase sacré transmis du Christ – par Perceval – à toute la chevalerie, en lui donnant une mission sacrée. L'éthique chevaleresque et courtoise devient à la fois, chez les auteurs qui suivront, l'antichambre d'une véritable mystique...
Ainsi, si l'amour courtois calquait en partie la relation du chevalier à sa dame sur celui du vassal à son seigneur ou du croyant à son dieu, les auteurs du XIIIe s. utilisent à leur tour ce code élaboré au siècle précédent pour en faire l'image visible et codifiée de cette réalité invisible ei indicible qu'est une authentique vie de foi …
Merlin : La version de Robert de Boron, sur l'origine de Merlin, est originale : il le fait naître d'une jeune nonne vierge que le Diable aurait séduite. Le personnage peut-être aussi fou que sage./http%3A%2F%2Fwww.quetedugraal.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F03%2FConception-de-merlin-300x276.jpg)
D’après Robert de Boron, la table ronde est une création de Merlin pour Uther Pendragon, en souvenir de la Table de la Cène...
À la mort d’Uther, la Bretagne plonge dans le chaos et la table est donnée au roi Léodagan. Lorsque Arthur arrive sur le trône et se marie à Guenièvre, fille de Léodagan, la table est donnée comme dot au nouveau roi qui installe cette table à sa cour.
Dans cette version, la table accueille 150 chevaliers. Les différents chevaliers appelés à s’installer autour de cette table ont leur nom inscrit sur le siège. Seul un siège ne porte aucune inscription et reste vacant en souvenir de Judas. C’est le « siège périlleux » sur lequel seul pourra s’asseoir le meilleur chevalier, celui qui trouvera le Graal et aura le cœur le plus pur. Ceux qui tentent leur chance mais qui ne remplissent pas ces conditions sont engloutis par la terre.
Son neveu ( plutôt un compagnon de Robert) "Hélie de Boron", serait le second auteur du Tristan en prose. La légende dit qu'il aurait eu une liaison avec Marie de France, la poétesse (1160-1210) et ils auraient eu trois enfants !
A lire aussi:
Un film: Excalibur
Film de john Boorman sorti en 1981, avec Nigel Terry.
Uter Pendragon reçoit de Merlin l’Enchanteur l’épée mythique Excalibur. A la mort d’Uter, l’épée reste figée dans une stèle de granit. Seul le jeune Arthur, fils illégitime d’Uter parvient à brandir l’épée Excalibur et devient par ce geste le roi d’Angleterre. Quelques années plus tard, il épouse Guenièvre et réunit les Chevaliers de la Table Ronde. Mais sa demi-soeur, la méchante Morgane, parvient à avoir un fils d’Arthur qui va le pousser à sa perte…
La scène suivante évoque la fin de la quête du Graal par Perceval, et la remise sur pied du roi Arthur, qui rassemble ce qui lui reste de troupe et de chevaliers afin d’aller combattre Mordred, son fils, lors de la bataille finale de Salesbières pour le trône d’Albion. Mise en musique par Carl Orff ( « O Fortuna » de Carmina Burana ) , la scène est là encore, magique !
Le Tarot, le Graal et la Chevalerie
En dehors de l'art divinatoire ( que j'ignore complètement...!) , le Tarot offre un outil de développement personnel et de connaissance de soi.
En effet, chaque lame représente un archétype universel. Et avec 22 lames majeures et 56 mineures, l'immense diversité du monde peut s'y retrouver. Chaque lame est bourrée de symboles. On peut ainsi établir une véritable communication avec son inconscient...
Le Tarot arthurien, décrit - des personnages ou des thèmes majeurs - des légendes arthuriennes. Les archétypes puissants qui sous-tendent cette tradition recèlent encore une profonde sagesse qui nous instruit et nous encourage, si nous y avons recours. Ainsi, au-dessus de la création littéraire qui a médiatisé ces personnages, ils sont en nous tous...
La nature de leur vie et de leurs aventures est telle qu'ils accomplissent toujours des actions archétypales... Elles sont comme codifiées et alignées sur des modèles du monde naturel et intérieur...
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Les histoires au sujet du Roi Arthur et de sa cour proviennent de modèles bien antérieurs au Moyen-âge, de traditions orales et mythiques celtes en particulier, puis chrétiennes ensuite … On pourrait même y ajouter les contributions de Tennyson, T.H. White, Charles Williams et de nombreux romancier(e)s modernes...
L'universalité du Tarot n'a pas besoin de preuves, non plus que le pouvoir des histoires arthuriennes d'émouvoir, et d'illuminer ceux qui en ont la connaissance... /http%3A%2F%2Fwww.quetedugraal.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2015%2F03%2FXVII.-Grail-Star-Perceval-Matthews-Caselli-Tarot-191x300.jpg)
Le symbolisme qui gouverne ce jeu est celui des '' objets sacrés '' même : l'Epée, la Lance, le Graal et la Pierre, qui sont emblématiques des éléments Air, Feu, Eau et Terre ; et qui sont les objets de cette Quête... La Quête du Sacré...
Recevoir ces ''insignes de souveraineté'', c'est ne plus nous reconnaître ''blessé'' comme le Roi du Graal de la légende, mais réalisé, restauré par le pouvoir des éléments...
Le Tarot Arthurien ( c'est à dire : le mythe), remonte plus loin que son épanouissement médiéval et littéraire plus élaboré ; aussi, les images ne représentent pas directement les personnages de la saga littéraire...
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Le Tarot du Graal, associe l'objet légendaire et sacré du christianisme qu'est le Graal, et la chevalerie, avec sa composante ''légendaire'' que sont les Templiers...
Nul ne sait comment naissent les légendes... C'est un peu comme si elles avaient toujours été présente dans les recoins les plus profond de la psyché ( l'âme) humaine, et ce qui explique la grande fascination sur tous ceux qui s'y intéressent...
Le Graal est l'objet d'une Quête, il représente un lien entre le sacré et le profane.. Il est un objet pourvoyeur d'interrogations sur le monde dans lequel nous vivons, donc un outil de quête personnelle en vue d'un développement personnel, voire d'un rétablissement spirituel...
Le poète médiéval Wolfram von Eschenbach, dans son poème Parzival ( v 1220) donne à ceux choisis pour garder le Graal le nom de Templeisen ( Templiers(*) )
Je rappelle, que pour le Graal, on peut le rattacher - au chaudron que le roi Arthur et ses guerriers doivent ramener de l'autre monde et cité dans un poème gallois du IXe s. le Preiddeu Annwn, attribué au barde Taliesin ; puis, ensuite – à l'objet mystérieux cité par le français Chrétien de Troyes au début du XII e s. dans son poème inachevé Perceval ou le Conte du Graal …
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Le Graal a subi, au cours des continuations de la légende, toute une série de transformations, - du paganisme celte au cœur de la foi chrétienne - preuve que l'on ne peut codifier l'objet à une image ou une idée …
Le lien des Templiers et du Graal, est faite par Bernard de Clairvaux, dans sa règle du Temple où il parle de l'ordre en termes similaires aux descriptions des chevaliers du Graal des romans médiévaux de l'époque...
Peu après que Bernard eut rédigé ce texte, l’Église avait commandité sa propre variante très christianisée de la légende arthurienne, avec l'histoire du Graal depuis l'époque du Christ à la fin du règne du roi Arthur – le Cycle Vugate ou Lancelot-Graal -
La Mort d'Arthur – La fin du Mythe...
La ''mort d'Arthur'' frappe les esprits ; la scène qui l'oppose dans un combat final à son fils Mordred est édifiante...

Le départ d’une nef vers l’ouest signifie la fin des Jours Anciens ; la fin de la beauté, de la magie, et du sacré présent sur terre. Cette fin de règne marquée par la ''mort'' du roi et son départ pour l’île d’Avalon : un ailleurs inaccessible, cette fin, donc, représente donc plus que jamais la fin des temps mythiques, le définitif désenchantement du monde.

Est-ce que, le Graal une fois trouvé, la Table Ronde a accompli sa mission terrestre et n’a plus qu’à disparaître... ?
Est-ce la découverte, de l’adultère de la reine et de Lancelot, comme si il y avait depuis le début quelque chose de pourri dans le royaume de Bretagne, ou encore de la liaison incestueuse du roi qui engendre Mordred, celui qui causera sa perte ?
De Lancelot, ou de Mordred : qui est le coupable ?
Je défendrai l'idée que celui qui a détruit le royaume et avec lui l’idéal de la Table ronde n’est pas le héros adultère mais le bâtard intransigeant, trop soucieux de faire régner l’ordre, qui dénonce les amants à la vindicte publique...
Il est certain que :l’inceste engendrant Mordred, la passion coupable de Lancelot et de Guenièvre, l’achèvement de la quête du Graal et la disparition de Merlin sont fortement reliés par des liens de cause à effet, et contribuent tous à provoquer la fin du règne d’Arthur
Je rappelle l'histoire ( cette version plus détaillée est absente des romans français, elle se lit dans la compilation anglaise de Malory) : Si Lancelot et Guenièvre cèdent à leur passion et ''trahissent'' le Roi ; Morgane dénonce et prouve à Arthur la liaison de Guenièvre, elle vole les pouvoirs de Merlin.
Morgane profite de ses nouveaux pouvoirs pour prendre l’apparence de Guenièvre auprès d’Arthur désespéré par la trahison de sa femme : c’est l’inceste qui fait naître Mordred. Le péché d’Arthur, ou peut-être son désespoir, font de lui un Roi Pêcheur paralysé, d’où la Quête du Graal seul capable de le guérir. L’achèvement de la Quête fait qu’Arthur retrouve la plénitude de lui-même, et peut-être davantage, ce qui le rend capable d’affronter Mordred dans la dernière bataille.
Il faut rappeler, qu'une génération plus tôt : Merlin avait accepté de réaliser le désir d’Uther Pendragon ( le père d'Arthur) ; en effet Merlin se rendait compte que ce dernier n’était pas destiné à être lui-même le roi ''attendu'', mais à engendrer ce roi. Il lui a donc conféré l’apparence du duc de Cornouailles ; Uther peut ainsi retrouver Ygraine, la femme de celui-ci dont il est épris, la nuit même où le vrai duc meurt dans une embuscade. Morgane – fille du duc de Cornouailles - apparaît alors comme une petite fille qui se réveille en pleurant d’un cauchemar, disant « mon père est mort » ( film ''Excalibur ''). Voyant entrer Uther sous l’apparence du duc, qui appelle à lui Ygraine et lui fait l’amour sauvagement presque sous les yeux de l’enfant, on sent qu’elle devine l’imposture. Plus tard, en volant ses pouvoirs à Merlin, Morgane lui rappelle qu’il a trahi sa mère !
Pour en revenir à la ''Mort d'Arthur'' : Arthur blessé à mort, charge Bedivere ( ou Girflet) de jeter à l’eau l’épée Excalibur... ainsi née la prophétie qu'un jour un roi reviendra et l’épée ressurgira...
Malgré cette espérance, Avalon est présenté depuis le commencement de la légende comme un monde païen qui s’éloigne ; un monde en perte de vitesse, qui s’enfonce dans ses brumes et se coupe de plus en plus de l’évolution historique d’une Bretagne virile et chrétienne. Une telle mort est inéluctable : il a bien fallu que tout cela disparaisse pour en arriver au monde désenchanté dans lequel nous vivons. L’opposition entre temps mythique et temps profane est radicale... A la fin du Moyen-âge, peut-être pouvait-on penser que la sortie du temps mythique s’opérait vers la simplification et le manichéisme, aux dépens de la complexité du monde... ?!
Sources : Isabelle Cani, « « Le roi qui ne peut pas mourir » - et le film Excalibur

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