jansenisme
Léonard de la Breuille, choisit Pascal
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Léonard, au désespoir de Mersenne, choisit résolument le parti de Pascal. Ce débat renforce son admiration, et se rapprochant de sa famille, il va le suivre dans son cheminement spirituel.
Pascal vivait avec sa famille à Paris. Leur quartier était probablement proche du Palais de Justice, sur l'Île de la Cité, ou sur la Rive Droite (comme le Marais), correspondant à leur statut de noblesse de robe. Leur demeure à Paris n'était pas seulement un lieu de vie familiale, mais aussi un véritable laboratoire pour Blaise, où il menait ses expériences scientifiques (sur le vide, la pression atmosphérique) et un lieu de discussions intellectuelles et scientifiques. Étienne Pascal, le père, était lui-même un mathématicien et un magistrat très instruit, ayant personnellement éduqué Blaise et influençant sa vocation scientifique.
En 1646, toute la famille Pascal a connu une première conversion, adoptant une spiritualité exigeante inspirée par Saint-Cyran et le jansénisme. La vie quotidienne est imprégnée d'une piété profonde, avec une certaine sobriété et des prières régulières. Jacqueline Pascal, la jeune sœur de Blaise, est une figure de conviction et de dévotion, dont l'exemple a sans-doute influencé Léonard en quête spirituelle.
La famille Pascal est très unie et extrêmement instruite. Les membres du foyer, notamment Étienne, Gilberte (la sœur aînée et biographe de Blaise), et Jacqueline (qui devient religieuse à Port-Royal en 1652), sont tous des esprits vifs et très engagés tant intellectuellement que spirituellement. Cette unité contribue à créer un environnement stimulant et favorable à la réflexion. Léonard découvre un milieu où la recherche de la vérité est menée avec une passion égale dans les domaines scientifique et religieux, un lieu où l'exigence intellectuelle et la ferveur spirituelle se nourrissent mutuellement, le tout dans le cadre d'une famille unie et dévouée à ces quêtes.
En 1654, alors que les trois amis, Blaise, Léonard et Artus de Roannez, sont accaparés dans une discussion, dans leur carrosse ; ils subissent un accident de la circulation sur le pont de Neuilly, et se découvrent soudain sur le « bord du précipice ». Ils se croient proches de la mort ; mais le carrosse s’arrête in extremis au bord du précipice. Ils sont tous les trois sauvés, et voient dans leur sauvetage un véritable signe que Dieu leur a accordé.
Chacun se verra transformé. Artus, en 1667, cédera son duché à son beau-frère. Il se retirera dans une institution religieuse sans toutefois entrer officiellement en religion. Il mourra dans sa retraite, le 4 octobre 1696, sans postérité.
Ce 23 novembre 1654, Blaise Pascal, alors âgé de 31 ans, part ce soir-là se coucher sur les coups de 22 h 30. Il va vivre, dans le silence, pendant une heure et demie, sa ''nuit de feu ''. Elle est qualifiée de seconde conversion, et elle fut définitive. Elle transforme sa perception de Dieu, faisant de Lui un "Dieu sensible au cœur". Le Mémorial mentionne les mots "Joie, joie, joie, pleurs de joie,…". Cette nuit est un moment de "rupture avec le rationalisme pur" et l'affirmation d'une "foi existentielle"
Pascal en consigne immédiatement le souvenir pour lui-même dans une note brève, connue sous le nom de « Mémorial » : « ✝ L’an de grâce 1654. Lundi 23 novembre, jour de saint Clément, pape et martyr […] Depuis environ dix heures et demie du soir jusqu'à environ minuit et demi, feu. Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob, non des philosophes et des savants. Certitude, certitude. Sentiment. Joie. Paix […] » ; le manuscrit s’achève sur cette décision : « Renonciation totale et douce. Soumission totale à Jésus-Christ et à mon directeur », avec cette citation du Psaume 119, 16 : « Non obliviscar sermones tuos. Amen »[f]. Il coud soigneusement ce document dans son manteau et le transfère toujours quand il change de vêtement ; un serviteur le découvrira par hasard après sa mort.
Après cela, Pascal effectue une retraite à Port-Royal des Champs. Dès lors la vie de Pascal change du tout au tout - bien qu'il ne soit jamais devenu un "solitaire de Port-Royal" - il consacre ses dernières forces au service de Jésus-Christ. Il cherchera, en particulier, à écrire une Défense du Christianisme dont les pensées éparses, sont aujourd’hui rassemblées dans '' Les Pensées de Pascal '''.
Malgré son engagement spirituel et ses séjours à Port-Royal, Pascal est resté impliqué dans des activités qui le liaient à Paris. Il a notamment organisé en 1658 le concours de la cycloïde (qu'il appelait la "roulette") et a fondé avec le duc de Roannez l'entreprise des "carrosses à 5 sols", précurseur des transports publics urbains. Ses œuvres majeures, Les Provinciales (1656-1657) et la plupart de ses Pensées (rédigées entre 1657 et 1658), ont été écrites durant cette période.
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Charlotte de Roannez, sœur de son ami Artus, est proche de Blaise Pascal. Elle se tourne vers le jansénisme et souhaite se faire religieuse à Port-Royal. Elle visite Port-Royal de Paris le 4 août 1656 et exprime son désir d'entrer dans cette maison. Elle a été fortement influencée par le "miracle de la Sainte Épine" qui a guéri sa nièce, Marguerite Périer, en 1656. Sa volonté de devenir religieuse à Port-Royal des Champs se heurte à une forte opposition familiale. Elle entre à Port-Royal de Paris où elle est reçue comme postulante sous le nom de Charlotte de la Passion.
La relation entre Charlotte de Roannez et Blaise Pascal est celle d'une amitié spirituelle profonde. Pascal a été un conseiller spirituel pour la famille et l'a aidée dans son cheminement vers la conversion. Ils ont eu une correspondance intense entre septembre 1656 et mars 1657, pendant la période où Charlotte souhaitait se retirer à Port-Royal. Les lettres de Pascal l'ont aidée à comprendre la signification théologique de ses tourments intérieurs et témoignent de la joie de Pascal face à son évolution spirituelle. Certaines légendes attribuent une histoire d'amour impossible de Pascal avec Charlotte, mais cette idée est rejetée par les chercheurs sérieux.
A partir de 1659, les maladies de Pascal s'aggravent. Il est en proie à des maux de tête, de violentes coliques et des douleurs intolérables. Il vend tout son mobilier pour en distribuer l’argent aux pauvres; il leur abandonne même sa maison où il héberge une famille d’ouvriers. Il écrit la Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies. Le douzième paragraphe de cette prière s’ouvre sur l’agonie actuelle de Jésus ; car c’est bien aujourd’hui, et « jusqu’à la fin du monde », que se produit cette agonie ; Pascal juge en effet honteuse l’indifférence présente des chrétiens qui, « tandis que vous suez le sang pour l’expiation de nos offenses, vivent dans les délices. »
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À Paris, dans l’appartement de sa sœur Gilberte au no 8 de la rue Neuve-Saint-Étienne-du-Mont. Le 17 août 1662, Pascal a des convulsions et reçoit l’extrême-onction. Gilberte l'accompagne jusqu'à la fin. Il meurt à 39 ans, le 19 août. Ses dernières paroles sont: « Puisse Dieu ne jamais m'abandonner ».
Il est enterré dans l’église Saint-Étienne-du-Mont (il y a une plaque à son nom au fond du chœur). L’église accueille également les restes de Jean Racine (l’auteur d’Athalie et d’Esther) et d'Isaac Lemaistre de Sacy, le célèbre traducteur de la Bible de Sacy.