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Les légendes du Graal

Années 70 – Souvenirs... 1

17 Juillet 2025 , Rédigé par Régis Vétillard Publié dans #Luminy, #Istambul

Mes deux années de préparatoire à Marseille, me permettent d'approfondir mon intérêt pour les mathématiques et la physique théorique. Je découvre la Relativité d'Einstein, et lis avec ferveur son petit livre très accessible, je continue avec '' La nature dans la physique contemporaine "d'Heisenberg... Je suis des cours à Luminy à Marseille, et l'école d'ingénieurs de Marseille. Malheureusement, je ne suis pas encore, mentalement, assez autonome pour décider que mes préférences intimes et intellectuelles me portent vers les sciences théoriques et leurs applications philosophiques. La pression parentale, me convainc qu'il n'est point de vie professionnelle, sans le passage par l'industrie, l’ingénierie. Je suis incapable alors de discerner; et je continue à poursuivre à Clermont-Ferrand une maîtrise de sciences et techniques, en génie-civil. Ma seule victoire consiste à décider de quitter Marseille.

Pendant deux ans, en compagnie de mon ami et complice J. M., je découvre sur le campus de Luminy, la politique et l'affrontement des extrêmes gauche et droite, l'hindouisme et ses annexes que sont quelques sectes ; nous visitons ensemble le mouvement Hare Krishna, la secte du Guru Maharaji, et nous nous intéressons et préférons la '' Méditation transcendantale '' du fait de son approche scientifique. En effet, de nombreuses études ont confirmé les bienfaits de la Méditation Transcendantale sur la santé, la psychologie et la société. Le guru '' Maharishi Mahesh Yogi '' nous dit par vidéos que le but de l'organisation est « d'ouvrir les portes de l’illumination à chaque individu et amener l’invincibilité, la paix, la prospérité et le bonheur, et l’absence de négativité et de souffrance à tous les pays. »

Nous sommes initiés tous les deux, moyennant rétribution, achat de gants blancs, pour recevoir chacun notre ''mantra'' tout personnel et secret... Je continuerai les stages, les formations ( onéreuses...) à Clermont, pour devenir ''instructeur'' ….

Je loge avec Jacques à la Cité U. Ensemble, nous tentons quelques sorties en ''stop''. Nous allons à Lyon, à Bordeaux ( chez mon oncle et ma tante), à Nîmes pour la Féria; nous avons notre duvet, et dormons n'importe où.

 

1973 - Ce dernier été, avant de quitter Marseille, nous prévoyons un grand voyage, direction Kaboul -Katmandou, on ne savait pas bien... Nous avons en main le premier guide du Routard. Nous suivons les conseils: propres sur nous, tee-shirt blanc, petit bob, nous levons le pouce, l'air le plus sympathique possible, nous nous lançons dans ce voyage ''sac au dos''à la sortie de Nice. Premier coup de chance, la voiture nous fait traverser le nord de l'Italie en une seule prise... Ensuite tout s’enchaîne facilement, nous sommes tout étonnés de nous retrouver à Zagreb. Ensuite ce sera Belgrade avant de gagner la Turquie.

Nous voyageons sur la route principale des camions vers l’est et à travers une plaine apparemment sans fin. Des champs, et des hommes labourant avec des bœufs et des chevaux, nous apercevons quelques petites fermes composées de minuscules maisons en pierre ou en bois délabrées, mais pas vraiment de villes. Nous trouvons de petits hôtels miteux.

Le paysage est de plus en plus vallonné, avant d'arriver à Skopje ( une ville détruite par un tremblement de terre, il y a dix ans) , l’ancienne capitale de la Macédoine. L'arrivée à Istambul s'accompagne de la pollution et de la cacophonie des klaxons.

 

A Istambul, l'endroit incontournable, pour les voyageurs, est le café '' Pudding shop '', avant tout pour trouver notre prochain moyens de transport. On croise toutes sortes de gens; ceux qui reviennent changent les billets qui leur restent dans les différentes devises, on se raconte des histoires, s'échange des conseils, on rachète des médicaments ou toute sorte d'objets utiles. Un mur est couvert de petites annonces, on y donne des rendez-vous, on y cherche des compagnons de voyage, on échange des renseignements sur les lieux et les gens. On nous demandes de visiter des gars en prison, pris avec de la drogue... Nous trouvons l'annonce d'un bus qui roule vers Kaboul, et rencontrons une individu qui peut nous fournir des visas... Il suffit de lui laisser nos passeports. On le fait !

Nous sommes installés dans un hôtel pour petits budgets. Nous sommes réveillés par l’appel à la prière du muezzin. Nous nous promenons dans les rues, en prenant d’énormes précautions pour traverser, nous nous sentons en Orient. La Mosquée Bleue et Aya Sofia, les vendeurs de rue puis nous arrivons dans le labyrinthe du Grand Bazar d’Istanbul, le Kapali Carsi.

Comme convenu, deux jours plus tard, l'homme est là avec nos passeports (ouf!) et nous réservons nos places dans le bus.

Nous voyageons avec des traveller’s-chèque de l'American Express, ce qui nous permet d'accéder aux comptoirs d'une banque bien représentée, de changer nos dollars contre des devises du pays, et de s'y reposer, d'accéder aux toilettes...

Le bus, un vieux modèle peu confortable, n'est occupé que par des jeunes étrangers en route vers l'Inde ou le Népal, une sorte de ''Magic-bus'' comme ils disent. Nous sommes effrayés par l'utilisation de haschisch que fait tout un groupe de hippies; alors que nous savons que la police traque et enferme ceux qui sont pris avec de la marchandise.

Je n'ai pris qu'un seul livre, que je parcours pendant les trajets: '' Les Nourritures terrestres '' d'André Gide : comment alors, ne pouvais-je pas lire un livre qui commence par: «  Ne souhaite pas, Nathanaël, trouver Dieu ailleurs que partout. » ? (…) «  Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur... ».

Je regrette aujourd'hui de n'avoir pas pris de notes, trop peu de photos, qui pourraient réactiver ma mémoire. Je me souviens de si peu de choses. Je me souviens en Turquie avoir échangé nos adresses avec une jeune fille, je me souviens d'hôtels aux toilettes et douches collectives abominables. Je me souviens avoir mangé pour très peu cher.

Nous passons à Ankara - dont j'ai le souvenir des lumières de la ville et des bâtiments modernes- et filons vers Téhéran.... parcours sans interruption, assez monotone, sans souvenirs réels... Des paysages arides, assez accidentés.

Dans les restaurants, il suffisait de montrer avec le doigt ce que l'on choisissait, et le plat était servi dans une grande crêpe...

Au loin le mont Ararat ( la montagne du déluge) , la plus haute montagne de Turquie, partiellement enveloppée de nuages.

Je ne me souviens pas de complications particulières à la frontière, sinon un panneau en plusieurs langues signifiant que le port de drogue était sévèrement puni; ce qui était loin de nous tranquilliser, compte tenu de l'odeur de hasch qui régnait dans notre bus...

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