pluralisme religieux
L'Absolu et le relatif ...
J’ai gardé en souvenir, ce matin lors de l’émission sur le bouddhisme, cette remarque que je reformule : « Si tu distingues l’absolu et le
relatif, c’est que tu es dans le relatif
… ».
Cette formule résonne en moi …
J’ai le souvenir d’un stage, où l’on s’entretenait avec Daniel Maurin sur « le Soi »… Mes camarades étaient insatiables pour tout savoir du Soi, de l’Eveil … J’étais mal à l’aise, car
il me semblait vain de discuter d’un tel état, alors que j’en étais si loin .. !
Mon chemin avec le Christ, ne m’engage pas vers une destination inconnue, parce que Jésus-Dieu est le chemin, et le but. Cette distinction est reconnue, et l’altérité divine est une invitation
amoureuse à la rejoindre dans une unité à venir… Lors d’une re-naissance…
L'Unique et le pluralisme
Pour lui, les religions appartiennent toutes à un ensemble ouvert sur le message primordial, l'Unité qui n'a
pas de nom, la religion sans nom... Chaque messager vient apporter une révélation afin que l'homme puisse trouver ( dans sa culture ) et retrouver en lui, l'universalisme.La réalité d'aujourd'hui change sans cesse ...
Chaque être humain est unique, chaque fleur, chaque goutte d'eau, chaque graine a sa spécificité... C'est cela, le mystère de l'immense puissance divine, qui crée à chaque fois une unité à son image, donc unique!
La multiplicité des croyances est voulue par Dieu.
Dieu se révèle... partout
Michel Durand ( prêtre) est le maitre d’œuvre d’une exposition d’ « art actuel » sacré à Lyon. De son interview sur « La Vie », je
reprends des extraits que, pour ma part, je transpose aux spiritualités non-chrétiennes…
« Quand je flashe devant une œuvre et que, grâce à elle, je plonge au fond de mes émotions, de mon âme et mon esprit, si j’y consens, j’ouvre la porte du spirituel et de ce qui est, pour moi, la révélation chrétienne. …. Comme le souligne Vatican II : l’homme qui suit sa conscience atteint le Royaume. Qu’il soit chrétien ou non, l’artiste qui va au fond de lui-même peut donner à voir quelque chose de cette nature….
Il y a des œuvres profanes qui vont me conduire à Dieu, et d’autres où il y a Dieu partout qui vont m’en éloigner car elles ne transpirent rien de spirituel.
… l’artiste interprète la création qu’il va faire avec sa propre sagesse, sa propre conscience, avec ce qu’il a de plus intime dans son intériorité. Et, à travers lui, Dieu peut être en dialogue avec nous.
… Je suis persuadé que ce que l’homme découvre par lui-même dans la sincérité ne peut s’opposer avec ce que Dieu dit de l’homme dans la révélation. C’est tout le thème de la sagesse et de l’universalité de Dieu. Et qui ouvre sur des questions abyssales. »
Ce que l’on admet de l’Art, je ne comprendrai pas qu’on le refuse des autres religions… Religions à aborder avec le même esprit d’ouverture du cœur … Evident, non ?
Une seule Foi...?
Que d'apparentes contradictions, que de malentendus ...!
Pourquoi limiter les dons de l'Esprit...?
J'écoute ce matin, le témoignage deJetsunma Tenzin Palmo, dans l'émission dominicale ' Sagesses Bouddhistes ', cette femme a rencontré le bouddhisme à la fin de l'adolescence à une époque où cette religion était peu répandue et exotique ... Il lui est apparu avec évidence qu'elle avait toujours été bouddhiste. Elle est partie en Inde, trouvé le maître qu'elle ' attendait ' et a vécu 12 ans, seule, dans un ermitage à 4000m d'altitude ... Ensuite, elle a consacré sa vie aux nonnes tibétaines exilées en Inde...

Pour quelle raison, cette femme devrait-elle se ' convertir ' au Christianisme...?
Pour quelles raisons, les grands maîtres reconnus, de différentes traditions, devraient-ils abandonner leur chemin et se tourner vers le christianisme...?
Qui peut oser leur demander cela ..?
Parabole
Au cours d’une retraite , à caractère interreligieux : un
lama tibétain, un iman musulman, et un prêtre catholique, mangent chacun de leur côté.
C’est vendredi, et l’hôtellerie a préparé un plat de viande et
de légumes.
Lorsque l’iman s’aperçoit qu’il s’agit de porc ; il se lève et trouve son hôte pour lui demander, avec grande amabilité, s’il peut lui échanger cette viande. Le prêtre catholique, se permet de laisser la viande, et s’en excuse. Le lama tibétain, végétarien, finit son assiette : viande et légumes compris.
L’après-midi, la discussion s’intéresse à cet incident ; et l’on interroge le lama sur son comportement... Lui, répond qu’il mange simplement ce que son hôte lui a servi.
Cette histoire reprend une anecdote vraie , qui relate la réponse du Dalai-lama à quelqu’un qui s’étonne de le voir manger de la viande.
Cette parabole me semble très évangélique, et chacun sait quel religieux ressemble le plus au Christ. Il me semble aussi, que cette histoire situe bien ce qui est de l’ordre du religieux et de la spiritualité…
La spiritualité de l'autre est toujours suspecte !
L'apologétique, au XXI ème siècle, ne peut s'élaborer hors du dialogue interreligieux...
La définition de l'Encyclopédia Universalis, me semble l'admettre ..

Je cite " "Considérée comme discipline autonome, l'apologétique est de date récente ; mais l'apologie, qu'elle soit juive, catholique, orthodoxe ou protestante, est aussi ancienne que le judaïsme ou le christianisme. Bien qu'elle ait conduit souvent à la controverse, l'apologétique ne doit pas être identifiée avec elle. La controverse accuse les différences et les oppositions ; elle entraîne plutôt une attitude de fermeture aux idées d'autrui. L'apologétique, au contraire, peut et doit garder une attitude d'ouverture. Ses « raisons » sont celles du dialogue, et d'un dialogue non seulement extérieur mais intérieur au croyant : elle cherche à établir les motifs qu'à chaque époque le fidèle reconnaît à sa croyance, en face de sa propre incroyance, et à les communiquer à autrui."
Exemple: pris sur le forum http://www.cite-catholique.org/
1-Un extrait de réponse à ma question:
"...lorsque nous trouvons Dieu (celui de Jésus-Christ), nous "nous trouvons". Qui se perd en Lui finalement se trouve... c'est ce que nous appelons l'extase (sortie de soi) au sens chrétien du terme contrairement à l'enstase (le replis sur soi des spiritualités orientales/naturalistes)."
Bien sûr je partage et apprécie cette réflexion... sauf les derniers mots entre-parenthèses..!
Pourquoi cette ' caricature ' du "repli sur soi ", qui distinguerait l'hindouisme ou le bouddhisme...?
Idée fausse qui se vérifie dans n'importe quel livre d'un maître spirituel oriental...
2- "La meilleure image de
l'extase est celle du Christ en Croix, livré les bras ouverts dans une étreinte universelle : "venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau et moi je vous procurerai le repos car je
suis doux et humble de coeur". Oser la relation à l'autre coûte que coûte... même si c'est crucifiant. Ça contraste du Bouddha dans sa position du lotus, les énergies concentrées sur son
nombril..."Oui... Je me reconnais, dans ce que je peux comprendre du mystère de la croix, de l'Amour de Dieu ... Enfin, - je veux dire : dans le meilleur de ce qui est en moi et qui aspire à partager la vie du Christ... car si je communiais réellement avec cet Amour, je ne serais pas là, limité dans mes résistances ...!
Par contre : ce qui est dit du Bouddha, pourrait me mettre en colère... Bon.. disons que cla m'attriste réellement... Ce
n'est pas vrai ... ! Et j'ai mal pour mes amis bouddhistes, si des catholiques propageaient cette idée ... Enfin ! Là n'est pas ce qu'ils vivent et ce qu'ils témoignent... et attention
le faux témoignage n'est pas loin du péché contre l'Esprit ... ( pardon ...!)
Enfin, je commence le débat en citant un article de la revue " La Vie ".. et,
X me réponds:
"Et le problème de La Vie c'est que ce
n'est plus un journal très catholique" !
Dès le départ de la discussion, une bonne majorité de catholiques de France, est
exclue !
Incendier le paradis ...!
Un musulman soufi, pourrait parler du christianisme à
un autre musulman, et lui faire remarquer à quel point cette religion manque de subtilité: " Les chrétiens sont incités à faire le bien, par la peur de l'enfer; et on leur promet
le paradis s'ils se comportent bien ...!"
Cela me rappelle bien quelque chose...!
Je sais aussi, que seuls les maitres spirituels de nos religions respectives, parlent ' en vérité '... Aussi, je souffre souvent d'entendre des jugements chrétiens caricaturaux, sur le
bouddhisme, l'islam... ou pire sur le ' new-âge ', l'ésotérisme ...!
Je viens de lire dans " La Vie ", ( un journal qui évite ce genre de piège..! ), une magnifique histoire... qui corrige bien l'idée reçue précédente .... même si elle est musulmane.
" Un jour, raconte-t-on, des soufis croisèrent la poétesse Rabia, qui, d'une
main, brandissait un flambeau, de l'autre, tenait une cruche d'eau. « Où cours-tu ainsi ? interrogèrent-ils. - Je vais inonder l'enfer et incendier le paradis, pour que l'espoir et
la crainte n'existent plus, et que l'on adore Allah pour lui-même. » Osons l'anachronisme : Rabia, la femme la plus remarquable que l'immense culture persane ait donné à
l'humanité, n'aurait guère goûté la république islamique, ce complexe militaro-affairiste recouvert d'un turban. « Tout ce que tu me destines des biens de ce monde, donne-le à
tes ennemis, et tout ce que tu me réserves dans le paradis, distribue-le à tes fidèles, car c'est toi seul que je cherche ! », disait-elle à son amoureux, le tout-puissant et le
miséricordieux. Le Dieu de Rabia pourrait être le nôtre, celui de Thérèse d'Avila....
Alors... est-ce du Christianisme ? de l'islamisme ? de l'ésotérisme..? Pour moi, cest de la spiritualité... Amen.
4- Le Karma... Zundel
"Ce qu'un homme aura semé, il le moissonnera aussi. Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l'Esprit
moissonnera de l'Esprit la vie éternelle" (Galates 6, 7-9)
« Ne jugez pas, et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas, et vous ne serez pas condamnés ; remettez, et il vous sera remis » (Luc 6, 37).
Cet enseignement bouddhiste attire mon attention, sur la responsabilité de mes actes...
Le ' Karma ' étymologiquement se rapproche de Création et d'action ... Il ne s'agit pas
seulement de faire le bien, il s'agit d'être , hors de ' soi ', en ' silence ', tout en
agissant...
Je retrouve ce sens de vivre dans les mots de ZUNDEL...
"Nous sommes au commencement du monde, toujours au commencement de la création. Chaque battement de notre coeur peut susciter une étoile; chaque battement de coeur peut susciter une liberté encore endormie; chaque battement de notre coeur peut rayonner sur toute l'histoire et sur toutes les galaxies...pourvu justement que nous entrions dans ce silence infini où l'on n'est plus qu'à l'écoute du silence éternel, où l'on s'échange avec ce Dieu caché en nous qui est la respiration de notre liberté, pour devenir avec Lui une Présence. Cette Présence cachée, Présence diaphane, est une Présence réelle qui ne s'impose jamais mais qui est offerte à tous comme une invitation à découvrir cet immense secret d'amour caché au fond de toute conscience humaine."
"L'emerveillement
c'est le moment privilégié
où nous sommes soudain guéris
pour un instant de nous-mêmes."
M. Zundel.
Père ARRUPE s.j., en prière
3- Le Karma : Méditation et Prière
Méditer, c'est revenir à soi.. épuiser
le mouvement de fuite... Méditer, c'est ne pas chercher à atteindre quelque chose... C'est s'ouvrir au présent, éprouver la liberté... regarder les choses telles qu'elles sont ...Je voudrais changer les choses à ma façon, Mais la pratique de la méditation c'est changer mon rapport à tout ce qui est... C'est une telle confiance ! Prier c'est être dans cette attitude, l'attitude de me mettre selon Sa volonté, sans crainte parce qu'Il est Amour... Me faire vide , pour que mon esprit se mette en concordance avec l'Esprit...
Attention : Le danger c'est le rêve , dans le sens de - ne pas vouloir se confronter à la réalité... Fab. MIDAL, insiste sur la nécessité d'agir: espace de liberté et de
confrontation...
La méditation est le chemin qui met en évidence mes crispations... Ce qui ne me console pas, certes... mais rend plus aigu l'existence. Le vrai apaisement, c'est de devenir familier avec ce que
je suis.. Gouter ce que je suis, sans peur, c'est çà la confiance.. Au présent, et en qualité d'être...
Le karma, n'est pas un destin personnel ... Il nous serait demandé de nous soumettre à notre karma ?... ! Au contraire, il s'agit de trouver le point
de liberté à chaque moment... Rien n'est jamais fichu !
Le danger est d'avoir une identité de bouddhiste, de catholique, avec une théorie d'explication des choses...
La 1ère noble vérité c'est la souffrance, La souffrance nous force à questionner... Sans cela nous croyons avancer, en collectionnant les degrés, les étoiles , sans plus savoir se
poser de question ... ( Perceval )
L'idéal serait à chaque instant, de laisser tomber toutes mes conceptions... C'est le rôle du maître de changer le cadre... d'ouvrir le point que l'on ne veut pas ... Ce n'est pas confortable, mais c'est vivant...
A chaque moment choisir la liberté, avant que l'ignorance prenne le dessus...
Face à quelqu'un en colère, je ne peux connaître toutes les causes ... Alors je laisse.. Je reviens au présent, pour trouver le geste juste : Le geste juste vient du non-égo ;
Comment moment après moment puis-je agir... ? Etre présent au réel et présent à soi...
Oui, je suis vulnérable, humain... mais rien ne me manque, et rien, si je renonce à l'espace conditionnel, si je m'ouvre à la réalité du Royaume, si je renais au présent ... rien ne m'empêche d'appréhender la beauté du monde..
J'ai le droit, et la chance d'être,' humain ' et rien ne me manque..
Cet enseignement bouddhiste, me montre à quel point la Présence de Jésus, marque mon présent, en chaque instant, si - attentif à La Parole -, je sais reconnaître la réalité présente du Royaume ...