cathares
Montségur
Elaine était impatiente, de connaître au plus près, les témoignages architecturaux, et historiques de cette croisade contre les albigeois. Elle préparait son séjour, en le centrant sur Montségur, et en collectant les renseignements sur les sources disponibles concernant l'hérésie au Moyen-âge, dans le Languedoc en particulier.
Lancelot, plus qu’intéressé, et d'autant plus motivé après les deux épisodes de '' la Caméra explore le temps'' sur les Cathares, trie sa documentation sur les alentours du mythe, en particulier quand il touche au Graal; et décide de l'accompagner malgré ses douleurs chroniques dans les jambes.
/image%2F0551881%2F20241027%2Fob_3099d5_la-4l-dans-les-annees-60.jpeg)
Elaine insiste pour prendre sa toute neuve 4L Renault qu'elle conduit, plutôt que la Traction, et ils choisissent l'hôtel avec une possibilité de camping, avec deux tentes canadiennes et tout le matériel de cuisine pour être autonomes.
Lancelot et Elaine passent par Toulouse, afin d'y rencontrer Sylvain Stym-Popper (1906-1969), architecte en chef des Monuments historiques, en charge de la supervision des fouilles et dans l'étude d'une restauration éventuelle... Il les prévient que les ruines actuelles, sont celles d'une place forte de la seigneurie de Mirepoix que Guy II de Lévis reçut en récompense, de Simon de Montfort, pour sa participation active à la croisade contre les albigeois. C'est à dire que la forteresse actuelle est postérieure à celle occupée par les cathares. Elle date des seigneurs français vainqueurs..! Un peu décevant....
Le château sera abandonné à la fin du XVIIe siècle, avant d’être classée monument historique en 1875, ainsi que le promontoire rocheux, nommé « pog » qui l’accueille.
/image%2F0551881%2F20241027%2Fob_65044f_michel-roquebert-carcassonne-1977.jpg)
L'architecte invite Elaine et Lancelot à rencontrer Michel Roquebert, qui dédicace son livre ''Citadelles du vertige '' , qui leur sera très utile pour une visite des forteresses assiégées, entre 1209 et 1240.
Michel Roquebert (1928-2020) est journaliste à La Dépêche du Midi, il est l'un des passionné de l'épopée cathare.
En 1961, dit-il « Je suis allé en reportage à Montségur, pour rendre compte de fouilles archéologiques dans l'ancien village. À l'époque, personne ne s'intéressait aux châteaux cathares. Je me souviens que j'avais demandé mon chemin à un paysan, « Qu'est-ce que tu veux faire là-haut, m'a-t-il demandé, il n'y a que des cailloux ! »
C'est la rencontre d’historiens tels que Jean Duvernoy et René Nelli qui l'ont sensibilisé à l’histoire du Pays d'Oc et à sa culture, tout particulièrement à la civilisation des troubadours et au grand drame occitan du XIIIe siècle : l'hérésie cathare, la croisade albigeoise, l'Inquisition. Il entreprend alors des études d'histoire médiévale et publie en 1966, avec le photographe Christian Soula, son premier ouvrage, Citadelles du vertige, sur les vestiges des châteaux forts du pays cathare.
/image%2F0551881%2F20241027%2Fob_32d0f6_citadelles-du-vertige-de-michel-roqueb.jpg)
Roquebert confirme: La forteresse que l’on voit aujourd’hui a, en effet, été édifiée après la reddition de la population hérétique en 1244. Auparavant il s'agissait d'un petit village fortifié accroché au rocher.
Une importante communauté hérétique ''cathare'', occupait le site à partir de 1232 avec une population ''laïque'', protégée par une garnison.
Le village était dominé par une maison '' maîtresse '' ( caput castri). La vie s’organisait autour des maisons, individuelles ou collectives, des parfaits et croyants. Un bâtiment commun remplissait plusieurs fonctions : le transit des quelques visiteurs, dans un premier temps avant d’être orientés chez un résidant, et des prêches collectifs s’y tenaient. On estime à environ 500 âmes la population blottie dans ce village à l’aube du grand siège de 1243-1244.
Très impatients, Elaine et Lancelot prennent la route pour Lavelanet.
Nous sommes en pays d'Olmes, à l'est du département de l'Ariège; à 120 km de Toulouse. C'est le territoire de la laine et de la filature, du tissage et de l'apprêt (opérations finales). Il est devenu le premier centre cardé français. Le cardé constitue une catégorie de textiles réalisés par le tissage de fibres courtes, imparfaitement démêlées, donnant au fil et à l'étoffe un aspect grossier. Il y a 102 entreprises en pays d'Olmes occupant 3 500 ouvriers et 500 artisans.
Ils se rendent à l'Hôtel du Parc de Lavelanet.
/image%2F0551881%2F20241027%2Fob_93c8c9_ariege-vallee-et-chateau-de-monts.jpg)
Venant de Lavelanet, le château de Montségur semble reculé et inaccessible, c'est qu'il culmine à 1208 mètres d'altitude!
En contrebas, un village sur les bords du Lasset. Une série de maisons à l'apparence très anciennes, certaines construites avec les pierres du château. Il y a des traces de moulins à grains le long du Lasset. Le village s'est vidé avec l'industrialisation de la vallée de Lavelanet.
A l'auberge, on leur indique la pente sud-ouest qui porte le chemin d’accès.
De la route, à 100 mètres sur le sentier, on trouve la stèle commémorant le bûcher du 16 mars 1244.
On la doit à Déodat Roché (1877-1978) et à la Société du Souvenir et des Etudes Cathares. On y distingue, d'un côté une croix discoïdale pattée, cerclée, en dessous plus la croix occitane avec ses 12 perles; sur l'autre côté qui veut ressembler à un cathare avec sa capuche, on une navette de métier à tisser, représentant l'activité des cathares.
/image%2F0551881%2F20241027%2Fob_117740_ariege-chateau-de-montsegur-cou.jpg)
Le long d'un petit sentier escarpé et rocailleux, il faut grimper encore 500 mètres, pour atteindre la forteresse.
« Montségur ! le rocher d’Ariège qui tend vers le ciel sa forteresse couleur de cendre, n’est peut-être pas le site le plus grandiose des guerres albigeoises ; mais c’est le plus captivant, celui où le visiteur se fait spontanément pèlerin. On inspecte les murs nus, la cour vide ; on reconstruit en imagination la voûte du donjon, le faîte crénelé des remparts ; mais devant une certaine archère par où, au matin du solstice d’été, passe le premier rayon du soleil levant, on fait plus que guetter un point de l’horizon ; on attend une de ces réponses que les mots ne pourront jamais formuler. (...) On cherche un château, on trouve un tombeau construit à la mesure d’une épopée… » Michel Roquebert (1966)
22 mars 1966 – Les Cathares à la télévision
Les Cathares gagnèrent leur célébrité au cours du mois de mars 1966.
Nous les connaissions au travers des romans de Zoé Oldenbourg (1916-2002), avec Les brûlés, Les cités charnelles, et pour notre part '' Le bûcher de Montségur ''.
Cet ouvrage dense raconte la fin du catharisme dans le midi de notre France, et ''la fin de l'indépendance relative de la civilisation des pays d'Oc.'' comme les gens de là aiment à dire. L'analyse de l'auteur sur la religion cathare écarte quelques outrances ésotériques ( comme les théories de F. Niel). L’enchevêtrement du politique et du religieux, permet à Madame Oldenbourg de dénoncer la théocratie pontificale et le nationalisme monarchique.
/image%2F0551881%2F20241027%2Fob_c49904_la-camera-explore-le-temps-1.jpg)
Je ne vais pas évoquer un livre, mais une série télévisée diffusée sur la première chaîne de l'ORTF ( en noir et blanc). L'ORTF était supervisé par le ministre de l'Information, Alain Peyrefitte de 1962 à 1966. Également porte-parole du gouvernement il avait un contrôle significatif sur les informations diffusées au public. Il veillait à ce que les médias reflètent les politiques et les messages du gouvernement gaulliste.
L'une des émissions vedettes de la Télévision française se trouve être ''La caméra explore le temps'' écrite par Alain Decaux et d’André Castelot, accompagnés du réalisateur Stellio Lorenzi. Il s'agit d’une trentaine d’émissions d’une durée moyenne de deux heures par sujet, réalisées entre 1957 et 1966.
Dans Le Figaro, du 17 mars1966, André Brincourt écrit: « Cette émission est attendue comme un événement… parce qu’il s’agit de la dernière ''Caméra explore le temps''.» !
A la demande du pouvoir politique, l'ORTF, met fin, à cette série de neuf ans d'émissions. Stellio Lorenzi est secrétaire général du Syndicat CGT des réalisateurs. De nombreux réalisateurs à la télévision française sont également engagés politiquement et affiliés au Parti communiste.
L’annonce de la fin de La Caméra explore le Temps à l’apogée de sa popularité suscita une vague d’indignation, aussi bien dans la presse que parmi le public.
/image%2F0551881%2F20241027%2Fob_cfb235_0-les-cathares-7.jpg)
Le soir de l’ultime diffusion, Télé 7 jours consacrait une double page à l’événement, intitulée « Vingt millions de téléspectateurs brimés disent ce soir adieu à La Caméra explore le Temps ».
La dernière diffusion de la série, concerne l’inquisition médiévale et le combat contre l’hérésie cathare en Languedoc. Elle est diffusée en deux fois, le 22 et 29 Mars 1966. Le premier épisode s’intitule La croisade et le second a pour titre L’Inquisition.
Les auteurs se sont inspirés du livre de Zoé Oldenbourg le Bûcher de Montségur, qui leur paraît offrir toutes les garanties d'objectivité. Ils n'ont pas négligé cependant des écrits prenant parti comme la Croisade des Albigeois, de Pierre Belperron (1893-1949) qui défendait les actions de l'Église et justifiait la croisade ou des études spécialisées de MM. Nelli, Niel, Duvernois, Roger.
Il s'agit à la télévision d' «.une véritable fresque historique, d’autant que les décors et costumes médiévaux rajoutent encore au spectaculaire. »
/image%2F0551881%2F20241027%2Fob_78c9d5_0-les-cathares-4.jpg)
Le résumé présenté est ainsi: '' Au début du XIIIe siècle, en Occitanie, les efforts de Dominique pour réduire l’hérésie cathare (ou albigeoise) par le prêche échouent. Le Pape déclare la Croisade quand son Légat est assassiné, en 1208. Le Roi de France s’y rallie, voyant l’occasion d‘agréger le riche et quasi indépendant domaine des Comtes de Toulouse au sien. La direction militaire de la Croisade est confiée à Simon de Montfort, qui ravage le Languedoc et s’empare de Toulouse. Mais les Comtes (Raymond VI, puis son fils), résistent malgré l’excommunication, soutenus par un sursaut nationaliste du peuple et par l’aide anglaise. Saint-Louis intervient directement après que Toulouse soit reprise par Raymond VII et triomphe définitivement à la Bataille de Taillebourg, en 1242. L’ultime forteresse cathare, Montségur, est prise en 1244 et ceux refusant de se convertir sont brûlés vifs.''
Au point de départ, il y a le développement au XIIIe siècle dans le pays d'Oc d'une secte nouvelle dont les thèses furent taxées d'hérétiques par la papauté, parce que, dans son dualisme de type manichéen, elle prétendait que tout ce qui était charnel tenait du principe du mal; elle rejetait donc la divinité du Christ. Cette doctrine, qui allait dans le sens d'une recherche de la pureté pour échapper au mal, eut d'autant plus d'adeptes, on le sait, que le clergé romain donnait souvent l'exemple de mœurs dépravées.
/image%2F0551881%2F20241027%2Fob_210a58_la-camera-explore-le-temps-les-cath.jpg)
Le film commence par une séquence de la fin de la croisade et de la prise du château de Montségur. L'évêque cathare Bertrand Marti accorde le consolamentum aux cathares qui préfèrent être brûlés vifs plutôt que de renoncer à leur religion. Il leur rappelle que selon la doctrine cathare, le monde réel en proie au mal a été créé par le Diable et non pas par Dieu....
Et, pour la Fin: Le roi de France met le siège autour du château de Montségur où sont réfugiés beaucoup de cathares. Le siège est très difficile du fait des capacités naturelles de défense du site. Les assiégés finissent par se rendre en 1244. Les catholiques peuvent quitter le château. Les cathares qui refusent d'abjurer sont brûlés vifs dans un bûcher collectif, mais trois d'entre eux évacuent un trésor des cathares dont on ne sait s'il est matériel, spirituel ou imaginaire.
La série se terminait par les interventions de Castelot et Decaux. Pour la plupart des téléspectateurs ce sujet était inconnu, et cette émission fut un révélateur pour le grand public.
Michel Roquebert, écrira que « Cette émission fut "une bombe" dans le Sud de la France : en 1966, des millions de téléspectateurs apprenaient que pour que le Languedoc soit français il avait fallu une horrible guerre. » Des téléspectateurs, réunis en télé -clubs dans des salles municipales, allaient découvrir une partie de leur histoire, sanglante et oubliée.
Ce téléfilm souleva un intérêt pour l'histoire des cathares et le régionalisme occitan, dans un contexte de violents débats politiques et de critique du régime gaulliste.
L'histoire des cathares - vaincus par les croisés venus du nord - devient un récit populaire en Occitanie. Le Midi aurait perdu son âme et son indépendance au profit des rois français.
« L’histoire des cathares devient le symbole de la destruction d’une civilisation qui aurait été autonome » souligne Julien Théry.
La presse salue les deux émissions:
« Plusieurs scènes restent inoubliables, comme le bûcher de Montségur. Les superbes performances des acteurs parachèvent le spectacle, on appréciera en particulier les prestations de Jean Topart en Raymond VI, celle de Denis Manuel en Raymond VII ou encore de Denis Manuel en évêque cathare, mais toute la distribution est digne d’éloges. »
/image%2F0551881%2F20241027%2Fob_2d6d48_la-television-en-1966-netbl.jpg)
« Dix millions de Français ont trouvé un sujet de conversation : les Cathares… C’est que notre histoire a ses prudences… Or, n’est-ce pas le rôle de la télévision d’ouvrir les dossiers et n’est-il pas significatif, en cette période d’œcuménisme et de tolérance religieuse, de montrer l’évolution de l’Église ? C’est le miracle de la télévision : la France entière met en question un moment de son histoire » ( Le Figaro, 28 Mars 1966)
Un homme de 38 ans, agent PTT explique : « En toute honnêteté, j’ai presque honte d’être chrétien, de voir comment le peuple à une époque traitait les gens. Ça rappelle même un peu la Gestapo (…). L’arrestation de ce pauvre type, ça rappelle la Gestapo. Contre la force, y’a pas beaucoup de résistance.(…) L’église, c’était la dictature de l’époque ».
Dans La Croix, du 24 Mars 1966, Jean Vigneron écrit « J’ignore si les auteurs savaient, quand ils l’entreprirent, que ce grand dessein serait aussi le dernier. En tout cas, ils n’ont rien négligé pour qu’on parle beaucoup de leur Drame cathare. Et la vision du bûcher de Montségur sur lequel s’ouvre et se ferme leur évocation, me paraît, en l’occurrence, exemplaire. (…) Aux yeux et aux oreilles de beaucoup – de trop de téléspectateurs – le Drame cathare ne peut manquer d’apparaître comme l’un des visages… de l’Église d’aujourd’hui. Ce serait monstrueux. Mais à qui la faute ? ».
Montsalvat - le Graal sur fond de Croisade
Je ne peux m'éloigner des années 60, sans évoquer le thème des ''Cathares '' qui fut l'occasion d'un voyage mémorable de Lancelot et d'Elaine sur les terres de l'hérésie albigeoise, en 1967, je crois, avec en main le livre de Michel Roquebert, ''Citadelles du vertige ''.
Anne-Laure, la mère de Lancelot, vouait à Pierre Benoît (1886-1962), une admiration littéraire sans bornes. Bien qu'elle lusse tous ses ouvrages, bien qu'il eut affiché des convictions royalistes (mais pas orléanistes comme la comtesse de Sallembier), et bien qu'elle eut à le croiser souvent, elle s'en était tenue éloignée du fait d'une certaine mauvaise réputation.
Lancelot, grand lecteur de ses œuvres également - au point que ma sœur Axelle se nomma comme l'une de ses héroïnes ( toutes ''en A'' ) – observa pendant l'Occupation, sa présence régulière aux dîners de l'ambassade d'Allemagne pendant la guerre, et son appartenance au comité d'honneur du '' Groupe Collaboration'' alors qu'il refusait, il est vrai, bien d'autres compromissions avec le régime de Vichy...
Pierre Benoît fut un grand écrivain, au succès considérable, avec des titres comme, Kœnigsmark qui fut choisi, en 1953, pour être le N°1, à la création du Livre de poche.
/image%2F0551881%2F20241027%2Fob_6a777d_couv-montsalvat-de-pierre-benoit.jpg)
En 1957, à l'occasion de son 40ème roman, Montsalvat, Pierre Benoît fête son cinq millionième livre vendu.
Montsalvat, de par son thème fit partie de l'immense collection de livres que nous entretenons autour du Graal. Pour ma part, sa lecture suivait celle d'un autre roman, de Zoé Oldenbourg, La pierre angulaire, chronique de trois générations à l'époque médiévale dont une partie emprunte les routes du Languedoc dévasté par la Croisade des Albigeois... Nous étions alors, juste avant la vague qui allait promouvoir les cathares comme les héros d'une grande cause occitane.
Le roman de Pierre Benoît se déroule pendant l'Occupation allemande en France en 1943.
Dans un train pour Montpellier, à côté d'un compartiment '' réservé aux officiers de la Wehrmacht '', se rencontrent un homme et une femme qui lisent le même ouvrage: un ouvrage allemand d'Otto Rahn ( Kreuzag Gegen Gral), dans une traduction française au titre '' Croisade contre le Graal''.
Ils se sont sans-doute déjà rencontrés à la faculté de Lettres, car elle le reconnaît. François Sevestre achève une thèse sur les Albigeois, et la jeune femme se nomme Alcyone de Pérella, Alcyone, du nom d'une jeune fille transformée par Junon en colombe, et de Pérella, pour le seigneur cathare de Montségur, condamné et exécuté comme hérétique au XIIIe siècle, dont elle est une descendante.
* N'existe t-il pas, selon un vers wagnérien, « une colombe … vient tous les ans lui rendre sa splendeur. C'est le Saint-Graal... » ?
* Je rappelle que ''Perceval ou le conte du Graal '' de Chrétien de Troyes date de 1183, avec ses continuations à partir de 1210.
La relique si mystérieuse est évoquée à travers le récit de la croisade contre les albigeois, de l'histoire de châteaux ou refuges pouvant Le cacher. Et donc aussi, à la recherche de Montsalvat...
* Dans le ''Lohengrin'' (1850) : Lohengrin révèle à Elsa qu’il vient d’un château nommé Montsalvat où se trouve le Saint Graal dont son père, le roi Parsifal, est le gardien.
Montsalvat, ne serait-ce pas : Montserrat, Montségur, ou simplement Montsalvy ?
Le nœud de l'intrigue se situe ici, à Montsalvy, « chef lieu de canton de 800 habitants, qui domine la vallée de la Truyère, au-dessus d'Entraygues, à une quarantaine de kilomètres d'Aurillac. », où se rend chaque semaine Alcyone.
Fin décembre; ils se rendent tous deux à Montsalvy - de Montpellier, après « le terrible plateau de La Cavalerie », Millau, Estaing - au seuil de l'Auvergne. C'est là, dans ce château où Alcyone a grandi, que vit encore sa mère, et pour l'heure, une garnison de soldats allemands.
Deux officiers sont à la recherche du Graal : le major Cassius, un antiquaire dans le civil, et le lieutenant Karlenheim, un ancien moine visiblement amoureux d'Alcyone. Ils prennent chaque jour de mystérieuses mesures dans une des salles du château, en suivant l'évolution du soleil.
Je passe sur le contexte familial de François, qui lui permet avec Alcyone, de faire équipe, autour de l'histoire du Graal, et de la recherche de ses refuges successifs.
Le lieutenant Karlenheim est tué par des maquisards. Il laisse des papiers personnels pour Alcyone, fruits de ses recherches sur le Graal.
Après leur retour à Montpellier, François et Alcyone se retrouvent pour un départ de Lavelanet, traversée de Villeneuve-d'Olmes, puis Montferrier; et dans la nuit, sous la neige, la montée vers une forteresse appelée le Temple de la Lumière, Montségur. Dans la salle d'honneur, ils attendent un mince rayon d'or du soleil levant, qui apparaît jusqu'à désigner, gravé sur la muraille, '' une roue dentée d'un pouce de diamètre''...
Après Tarascon sur Ariège, ils passent à Lombrives dans une grotte ''macabre'', toujours pour remémorer l'itinéraire qu'a emprunté la Sainte relique, après son arrivée en Gaule apportée de Césarée de Palestine par Joseph d'Arimathie. Avant Montserrat, ils font halte à Queribus... A Granollers, ils apprennent l'accident de voiture subi par l'officier allemand Cassius sur la route de Montserrat. A l'hôpital de Sabadell, le major confie à Alcyone qu'il sait où se trouve le Graal, et avant de mourir, lui révèle « l'endroit exact qui recèle la coupe d'émeraude de Joseph d'Arimathie. »
Je ne vais pas révéler la fin de cette Quête, qui ne s'achève pas en Espagne....
Je vais juste reprendre les lieux du Graal – selon Pierre Benoît - qu'évoque Alcyone en commençant par Montsalvy, fief des Pérella comme gardiens du Graal, de la fin du VIIIe s. à 1204. De 1204 à 1244, Il sera à Montségur, d'où « le Graal s'en va chercher refuge à la cathédrale souterraine de Lombrives. Lombrives, où il demeurera jusqu'en 1328, date de la défaite définitive de l'Hérésie et de la victoire de l'inquisition. »
« A partir de cette date, ce ne sont plus les Sectateurs de l'Emeraude palestinienne chez qui elle trouve son plus sûr asile, mais bel et bien l'Eglise Catholique.... » avec Montserrat, et '' peut-être '' le monastère de San Juan de la Pena, puis la cathédrale de Valence, possibilités que semble ne pas approuver Alcyone.
Pierre Benoît n'a pas craint d'ajouter ses propres inventions à la légende des lieux qui auraient abrité le Graal... Je regrette, dans ma lecture, que le romanesque ait pris le pas sur l'Histoire, en particulier celle des Cathares...