chevalier
Gauvain et le Chevalier Vert -1/2-
Gauvain, est le fils du roi Lot d'Orcanie et de la reine Morgause son épouse, il est aussi le neveu du roi Arthur et malgré la rudesse de son caractère, il est l'un des plus fidèles compagnons d'Arthur. Dans les romans français il n'occupe pas une place prépondérante, il laisse le premier rôle à Perceval ou à Lancelot alors que dans la tradition anglaise il très souvent le héros principal comme dans "Sire Gauvain et le chevalier vert".
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Dans ce récit, les chevaliers de la Table Ronde célèbrent Noël ( ou le solstice d'hiver) en compagnie du roi Arthur et de la reine Guenièvre; un chevalier vert s'annonce et porte insulte au roi Arthur.
Ce chevalier vert pourrait rappeler la figure rituelle du Feuillu lié au folklore saisonnier, et dont le sapin de Noël est l'emblème. Cet homme ''à moitié ogre'' arrive tout de vert vêtu... Il brandit une branche de houx...
Gauvain s'offre à laver l'offense et le chevalier vert lui propose un défi: le décapiter lui, ce chevalier inconnu et à accepter que ce dernier vienne lui réclamer sa tête au bout d’un an, jour pour jour…
Gauvain décapite le chevalier vert qui se relève et, sa tête sous le bras, lui rappelle de ne pas manquer à sa promesse. (à noter la scène de décapitation identique dans la légende celtique d' Uath et dans le Livre de Caradoc )
Dix mois plus tard, Gauvain, monté sur son fidèle destrier Gringalet,se met en quête du chevalier décapité. C'est alors que commence une aventure extraordinaire où son courage et sa loyauté seront mis à l'épreuve.
A quelques jours de Noël, alors qu'il erre dans une forêt...
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Comme par enchantement, un château apparaît à la lisière de la forêt. Il se nomme le château de Hautdésert, et appartient au seigneur Bertilak qui accueille Gauvain avec chaleur et joie. Étant donnée la fatigue du chevalier, le seigneur lui propose de rester et de se reposer quelques jours avant de repartir. Gauvain décline l'offre, car il doit avant tout retrouver la Chapelle verte et le chevalier vert. Bertilak le rassure aussitôt et lui apprend qu'elle n'est située qu'à quelques milles de là.
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Gauvain accepte donc de rester durant trois jours. Ils s'en vont à la messe de Noël où Gauvain rencontre la femme du seigneur, jeune et d'une grande beauté...
Du fait des festivités, Bertilak propose un jeu à Gauvain, connu sous le nom d'« échange des gains » : ce que, durant trois matins, Bertilak gagnera dans une chasse à coure, Gauvain l'aura en échange de ce que lui, resté à se reposer au château, aura gagné dans sa journée. Bertilak ordonne à son épouse de le divertir, en fait de le séduire.
Tous les matins, tandis que le seigneur Bertilak quitte le château de bon matin avec ses chiens et s’en va chasser, elle rend visite à Gauvain dans sa chambre. Gauvain ne veut accepter d'elle que des baisers, le chevalier refuse tout autre chose, à la fois il ne veut pas l'insulter en refusant ses avances et ne veut pas trahir la l'hospitalité de son mari. Tous les soirs, le seigneur et le chevalier annoncent ce qu’ils ont obtenu de la journée. Sincère, Gauvain rend ce que la jeune femme lui a offert dans la journée, pas plus qu'un baiser ...
Conter l'aventure
Avec le romancier Chrétien de Troyes, l'aventure s’enrichit d'un personnage : le "chevalier errant".
Au début du Chevalier au Lion, Calogrenant part « en quête d’aventure, seul, armé de pied en cap, comme un chevalier doit l’être » [vv. 174-5]. Au paysan qui lui demande qui il est, il répond : « Je suis un chevalier qui cherche l’introuvable. Ma quête a duré longtemps et pourtant elle est restée vaine. »[vv. 356-8] …
L'aventure, du latin advenire, désigne ce qui est destiné à "advenir", à "survenir". Jean Markale, dans son Lancelot, précise le sens du préfixe ad, "vers, en direction de, contre" : vivre l'aventure, "c'est aller vers ce qui arrive et lutter contre ce qui arrive".
Il s'agit là d'un moteur essentiel, et présenté comme tel, dans les romans relevant de la Matière de Bretagne. Bien des récits s'ouvrent en effet en rappelant cette coutume exigeant que, spécialement en certains jours festifs, le roi Arthur ne passât pas à table avant qu'on ne lui ait rapporté une belle aventure, ou que ne soit advenu quelque fait merveilleux:
- Jamais il ne m'est arrivé de manger ni d'ouvrir la fête avant d'avoir vu un prodige ou quelque aventure. Et s'il plaît à Dieu, cela n'arrivera pas aujourd'hui !, déclare-il à la fin de Caradoc
Et ce récit, cette merveille arrachait les chevaliers à l'inactivité, leur indiquait une mission, et justifiait ainsi leur raison d'être : " Plus grande est la merveille et plus pénible est l'aventure, plus il la convoite, plus il s'en met en peine. " (Erec et Enide).
L'aventure répond à un défi représenté par l'intrusion du monde extérieur, pour ne pas dire de l'autre monde, dans le cadre bien policé de la société de la cour du roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde : un défi outrepassant apparemment l'humaine compétence, mais que le héros s'attachera à relever, en choisissant de surcroît les chemins les plus difficiles, les plus périlleux et surtout les plus tortueux. Car le but n'est jamais bien défini ni localisé, et sur l'Aventure ne manquent pas de toujours se greffer d'autres aventures.
Le chevalier y erre dans un univers à la fois réel et féerique, où rien n'est prévisible et où tout peut arriver. Il doit y faire son chemin et répondre au mieux aux sollicitations du hasard ou du destin qui ne peuvent manquer de se dresser en travers de sa route. Telle est son devoir, et tel est son désir, sa plus intime attente.
Mais l'aventure est autant spirituelle que matérielle. Car, si elle est générée par l'autre monde, elle y appelle inévitablement le chevalier qui s'y engage. C'est vers cet au-delà qu'il se dirige lorsqu'il s'arrache au château et s'engage dans la forêt profonde, à la suite du blanc cerf ou à l'appel de quelque mystérieuse dame. Cela devient encore plus vrai avec le développement de la Quête du Graal. C'est alors à une véritable quête intérieure, à un parcours initiatique vers la pureté, la connaissance et la révélation du divin qu'il se trouve convié.

Sources: www.mythofrancaise.asso.fr
Balade contée au Moyen-âge -3/.-
Guillaume décide lui de relever le défi lancé par son ami troubadour...
A suivre ....
La dame, le chevalier et l'amour courtois. -2/2-
Les principes de la courtoisie :
Dans la relation amoureuse, c'est la dame qui est en position de maîtrise et c'est l'amant qui, entièrement soumis, la supplie de lui accorder ses faveurs. La mysogynie du temps, saura jouer de cette règle...
Il est admis que si le véritable amour doit rester platonique, une relation de ce genre peut comporter un certains nombre de faveurs sexuelles …
Les troubadours chantaient l’échelle progressive des faveurs de la dame, du regard au « don de merci », en passant par le baiser et, juste avant le stade ultime, l'asag ( ou essai) , au cours duquel l'ami devait passer une nuit avec sa dame, « nu à nue », sans pour autant aller plus loin, afin de manifester sa maîtrise sur son désir …
La cour imaginaire du roi Arthur dans les romans de la Table Ronde devient le modèle idéal des cours réelles : non seulement le chevalier est brave, mais il a en plus le désir de plaire ; parce que les femmes sont présentes, le chevalier doit avoir des attitudes élégantes, des propos délicats. Dans le service d’amour, pour plaire à sa dame, le chevalier essaie de porter à leur perfection les qualités chevaleresques et courtoises : il doit maîtriser ses désirs, mériter à travers une dure discipline l’amour de sa dame. Cet idéal est bien celui des gens de cour.
Ballade contée au Moyen-âge -2/.-
Ensuite, ...Quand le père voit les visites du chevalier devenir trop fréquentes, il défend à sa fille de lui parler et le reçoit lui-même avec une froideur si marquée, que le favori de la demoiselle n’ose plus revenir.
Guillaume s'en ouvre à son ami, Bertran, compagnon de ripailles, et expert dans l'art de séduire les plus belles dames … Pour cela Bertran trouve les mots et la musique, et se fait donc appeler ''trobador''. Il se vante d'affoler les amants, les femmes et les époux et va, disant que si les maris deviennent jaloux et que les dames sont dans l'angoisse, c'est que l'amour va de travers... Et le mieux à faire, c'est de l'écouter et l'entendre.
Aussi, fort de son expérience, Bertran, déconseille à Guillaume de poursuivre cette aventure.
Car enfin … ! Pour un chevalier, la belle aventure, le haut fait dont aujourd'hui on peut se vanter, c'est : - plus que d'avoir remporté le prix d'un tournoi – plus que d'encliner ( fotre) une demoiselle.. C'est … C'est attirer dans ses bras... une fée !
Une fée ? Oui, le haut fait : c'est de s'emparer de la femme, de toutes la plus sévèrement interdite, c'était bravant les terribles châtiments promis à l’adultère et au félon, ravir la dame, l'épouse du seigneur. Double forfait certes. Mais éclatante démonstration de hardiesse, le plus envié des titres de gloire... !
Lui-même Bertran, a rencontré récemment, le bel écrivain chargé d'écrire l'éloge du fameux Guillaume le Maréchal ( 1145-1219) , et ce lettré rapporte que les rivaux de son héros l'ont accusé d'avoir séduit l'épouse de leur commun seigneur, Henri de Plantagenêt, le roi.
Cette épouse n'est rien de moins que la belle Aliénor. L'auteur de la chanson ne cherche pas à disculper Guillaume, il ne confirme pas non plus le fait. Mais ce que Bertran a retenu c'est que Le Maréchal, ce parfait chevalier, alors célibataire, a laissé lui-même planer le doute, fier que cette insigne prouesse ait pu lui être attribuée.
Guillaume n'en croit pas ses oreilles... Il doute encore.
Bertran lui fait entendre, que la dame est l'honneur de son seigneur. Elle fait sa gloire. C'est pourquoi il la couvre d'ornements et l'expose.
Dans le lai de Graelent, que Bertran se promet de lui conter ce soir même ; le grand roi Arthur, chaque année, le jour de la Pentecôte, fête du printemps et de la chevalerie, avait établi une coutume bien singulière. Il faisait monter la reine sur une estrade; puis on lui ôtait son manteau, afin de pouvoir admirer à son aise l'élégance de sa taille et de ses formes. Le monarque s'adressant ensuite à l'assemblée, leur disait : Seigneurs barons, que vous en semble? Avez -vous jamais vu sur terre une aussi belle reine?
La beauté de la reine, la séduction qu’elle peut exercer sur les vassaux, est simplement l’un des attributs, l’un des modes d’exercice de la puissance royale.
«Ne crains pas Guillaume, Le désir et le service d'amour ne viennent-ils pas ricocher sur la personne de la dame pour se porter sur celle du seigneur. ?
Je sais, mon ami, combien grande est la reconnaissance que tu dois au seigneur de Hauterive... Aussi, mon conseil serait de garder tes passions, pour les tourner vers sa dame, Emma de Hauterive … On la dit belle, gentille, gaie, plaisante et très désireuse de prix et d'honneur ; elle n'a pas grandi dans la cour d'Aliénor pour rien … !
Crois-moi, mon ami, il vaut mieux traiter avec un mari même jaloux, qu'avec un père gardien de sa fille … ! Ensuite quand tu auras fait tes armes, et gagné le cœur de celle dont tu auras fait ta reine. C'est elle qui portera jusqu'au grincheux seigneur de Laron, ta demande pour marier Ermengarde. Et lui, sera tout honoré de te prier d'accepter la main de sa fille …
Guillaume est convaincu par ce dernier argument, et le passage par la quête de la dame de Hauterive, ne lui déplairait pas s'il ne connaissait pas l'histoire que l'on raconte à son propos … C'était l'année passée, alors qu'il venait d'être adoubé chevalier par Guy de Hauterive, et qu'il le servait encore...
Vous ne connaissez pas l’histoire du coffre de Dame Emma ?
A suivre ...
La dame, le chevalier et l'amour courtois.-1/2-
Avant toute incursion dans le Roman, la féerie, l'amour courtois...
- Il faut reconnaître la place de la femme dans la société féodale.
La seule manière pour elle d'échapper à ce sort est de se faire nonne dans un couvent, mais, même si les abbesses ( bien dotées …) disposent d'une certaine indépendance, elles sont sous l'étroit contrôle d'ordres masculins.
La femme n'a à peu près aucun droit sur le plan juridique, mais on la considère comme une créature dangereuse, qu'il faut surveiller de près pour l'empêcher de succomber à la tentation, ou d'induire des hommes innocents en tentation …

Les femmes de la noblesse aspirent à plus de liberté, elles l'expriment ou le font exprimer au travers des romans courtois.
Dans les fabliaux, les farces ; la femme y apparaît plus négativement ( la vilain de Bailleul de Jean Bodel, ou la farce nouvelle de Garin …), avec la crainte d'une revendication féministe …
On y décrit aussi une vie « ménagère » moins réjouissante … On pourrait également évoquer le thème de la mal-mariée ...
- D'autre part, la société est fondée sur des qualités guerrières ( et donc la force …) et la féodalité sur sur une pyramide, avec au sommet le roi. Le seigneur protège les populations qui dépendent de lui, et sert son « suzerain ». La condition économique de simple chevalier est parfois difficile.
Un seul fils hérite de son père, et pour éviter qu'un fief soit partagé, seuls le fils aîné est autorisé à se marier.
Beaucoup de chevaliers sont entretenus par le seigneur, et n'ont que peu d'espoir d'acquérir un jour un fief et une épouse … !
- Tout naturellement, ces chevaliers rêvent de la seule femme noble qui se trouve dans leur entourage, la « dame » de la cour, à laquelle ils doivent respect et obéissance … Avec la dame , le rapport féodal s'exprime à travers le code amoureux, et vice versa, : l'amour que l'on dit courtois reprend les formes et le vocabulaire de la féodalité.

Si servantes et vilaines ( paysannes) sont des proies faciles ; dames et demoiselles sont inaccessibles : objets de l'adoration la plus fervente, mais intouchables....
Eglise et suzerains, veillent aux principes de la religion ; l'éventuelle naissance de bâtards renforcent l'interdit ...
Le chevalier « non fieffé », célibataire, est donc soumis à une tension qu'il va sublimer dans la notion de fin'amor, selon laquelle la degré le plus extrême de raffinement de l'amour est le contrôle du désir et le report constant de la satisfaction...
Sources : « Le roman courtois » d'Anne Berthelot.
Walter Crane - Les chevaliers du Roi Arthur
Walter Crane (1845-1915) était un artiste anglais et illustrateur de livres.
Avec Randolph Caldecott et Kate Greenaway, il est considéré comme un des plus forts contributeurs à l’illustration de la littérature enfantine du 19ème siècle.
Né à Liverpool, il a fait partie du mouvement Arts and Crafts. Il a produit des peintures, des illustrations, des livres pour enfants, des décors pour la céramique et autres arts décoratifs.
Gauvain, le chevalier qui séduit les femmes.
Gauvain est le fils du roi Lot d’Orcanie et de Morgause, la sœur d’Arthur. Neveu du roi Arthur, auréolé dès les premiers témoignages littéraires d’une réputation de prouesse, de générosité et de gloire, il incarne dans les romans de Chrétien de Troyes, et dans la plupart des continuations composées au XIIIe siècle, l’idéal de la chevalerie.
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| Gauvain et la damoiselle à la ceinture d'or | Messire Gauvain est la fleur de la chevalerie ... |
Avant l’arrivée de Lancelot du Lac, Gauvain était considéré comme le meilleur des chevaliers, un chevalier d’exception. La magie l’a imprégné dès son plus jeune âge, il se rendit vite compte que ses forces évoluaient en fonction du soleil. Ses forces étaient à leur maximum lorsque l’astre était à son zénith, et diminuaient de façon significative à la tombée de la nuit. Gauvain fut le premier à réussir à battre Arthur en combat singulier, à l’entrainement, ce qui renforça considérablement le lien qui les unissait déjà./http%3A%2F%2Fwww.quetedugraal.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2014%2F02%2Fgawain-and-wounded-knight-chevalier-bless%C3%A9-236x300.jpg)
Gauvain est un chevalier séduisant et disponible, animé par le goût du risque et par une prouesse sans faille. Chrétien de Troyes, dans Le Chevalier au lion, le désigne comme "celui qui était la fleur de chevalerie et dont la renommée l'emportait sur tout autre mérite " : il est l’un des chevaliers destinés à affronter avec succès les plus grandes aventures. C’est lui qui relève le défi lancé par la Demoiselle Hideuse à la cour arthurienne consistant à aller délivrer une jeune fille assiégée dans le château de Montesclaire; c’est lui qui part après Lancelot à la recherche de la reine Guenièvre.
Modèle de courtoisie, il sait respecter la rêverie de Perceval, accueillir les nouveaux arrivants à la cour ou se faire le champion des demoiselles. Gauvain est sensible à la beauté des jeunes femmes par exemple à celle de la porteuse du Graal ; il parle d’amour avec la jeune suivante de Laudine, Lunete, mais ne s’attache à aucune femme.
Gauvain n’arrive pas vraiment à comprendre l’amour qui peut lier un homme et une femme, comme Yvain – son ami - et Laudine. Il fera tout pour que Yvain n’ait pas l’occasion de retourner auprès de sa femme, l’entraînant aventure après aventure, quête après quête.
Avec la christianisation du mythe, sa figure devient moins glorieuse...
Dans la Quête du Saint Graal, il est exclu de la quête parce qu’il est trop attaché aux valeurs "terriennes". Ainsi Gauvain passe-t-il toujours à côté de la quête, mais – ce qui est plus grave – de récit en récit, il devient l’un de ceux par qui la quête se dégrade et par qui est provoquée la ruine du royaume arthurien. Enfermé dans sa mondanité et sa démesure, sourd à l’esprit de l’aventure du Graal, Gauvain, dans La Mort le roi Artu, est définitivement exclu de cette quête.
Perceval: Le chevalier Vermeil et la chevalerie. 2
( suite de l'artcle: Le chevalier vermeil, et Perceval 1 ) - - Notes de lecture de l'étude " LA LEGENDE DU GRAAL " de Emma Jung et Marie Louise von Frans.
Les contes, de toute part, nous fournissent des « chevaliers rouges », en général en relation avec l’autre monde… Le chevalier vermeil renvoie à sa composante d’ombre dangereuse (la virilité arrogante pour Perceval) … Mais …méfions nous de trop simplifier : « La mythologie associe souvent la couleur rouge, d’une part, au sang, au feu, à l’amour et à la vie, et d’autre part, à la guerre et à la mort. Cette double signification montre que la figure d’ombre n’est pas seulement destructrice, mais également capable de promouvoir les forces de vie si elle est intégrée par le conscient. »
Voilà pourquoi le Chevalier Rouge est, dans une certaine mesure, une expression de la future totalité intérieure de Perceval… Malheureusement, Perceval l’abat avec une brutalité inconsidérée que rien ne justifie. … D’un point de vue psychologique, le meurtre du Chevalier Rouge (l’ombre) traduit une répression brutale des émotions et des affects et correspond à la première étape de la construction d’une personnalité consciente. Tout jeune être qui grandit en société et qui aspire à devenir un individu responsable, doit traverser cette phase de lutte impitoyable contre ses pulsions primitives avant de s’épanouir plus pleinement. Dans notre histoire, le processus se déroule sans aucune réflexion et résulte du désir que nourrit Perceval de devenir chevalier et d’être reçu à la cour d’Arthur.
Après avoir retiré l’armure à son adversaire et l’avoir revêtue, Perceval est appelé, à son tour, le « Chevalier Rouge ». En réussissant à maîtriser les émotions intérieures qui l’assaillaient, il permet à la vitalité et à l’énergie qu’elles contenaient de se mettre au service de la conscience qui gagne ainsi en force et en signification.
Remarquons à la lecture que :
- Perceval, tue le chevalier pour prendre son armure, plus que pour lui reprendre la coupe
d’or… II la renvoie à Arthur en la confiant à l’un de ses valets, sans se donner la peine de se placer lui-même, et sans se douter qu’il y a là, par hasard, une première allusion à l’objet qui sera plus tard au centre de la quête – le vase, le Graal….
- A ce stade de son développement, Perceval n’est pas conscient de la signification de la coupe.
- L’armure subtilisée à son adversaire et qu’il porte désormais constitue un autre élément important … Le mode d’appropriation est loin d’être chevaleresque, de telle sorte qu’une certaine culpabilité y est attachée. Il y a lieu de souligner que Perceval revêt l’armure par-dessus son habit gallois dont il ne veut pas se séparer. Si l’armure représente une part essentielle de lui-même, cela signifie qu’il n’est pas encore le chevalier qu’il souhaiterait être, mais qu’il n’en possède que l’apparence extérieure. Celle-ci correspond à ce que la psychologie analytique nomme la
persona (masque).
Le terme « masque » indique qu’il ne s’agit pas de la véritable nature d’un individu, mais d’une enveloppe destinée à produire un effet sur autrui. La persona forme en quelque sorte une façade et elle est généralement construite pour faciliter l’adaptation sociale de l’individu ; c’est pourquoi Jung la considère comme un élément constitutif de la psyché collective.
Il est significatif que Perceval ignore son nom et se reconnaît uniquement comme « cher fils », « beau fils » et « beau sire », les mots que la mère utilisait pour s’adresser à lui.
Ne simplifions pas… , la « persona » ne doit pas être considérée uniquement comme un masque destiné à tromper les autres, mais aussi comme un moyen d’adaptation essentiel et indispensable. La vie en société est impossible sans le respect de certaines formes
Parallèlement, la persona offre, tout comme les vêtements, une protection contre le monde, sans laquelle l’homme serait trop vulnérable. Il arrive aussi qu’elle constitue une sorte de modèle ou d’idéal que l’on espère réaliser. Dans ce cas, elle sert de ligne directrice de grande valeur pour l’individu, mais si l’idéal est mal choisi, s’il est trop ambitieux ou mal adapté, il peut conduire à des impasses.
La chevalerie représente pour Perceval un idéal de cette nature. Cependant, il n’est pas encore chevalier, il n’en possède que l’armure, c’est-à-dire l’apparence extérieure, dont il lui faudra prendre la mesure. …
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Grégoire le Grand lorsqu’il chargea Augustin d’une mission auprès des Anglo-Saxons. Il lui recommanda de ne pas agir avec brutalité et de ne pas détruire les anciens sanctuaires, mais, au contraire, de les bénir afin que le peuple se réunisse en des lieux familiers, désormais au service du vrai Dieu. « Car, disait-il, il est clair qu’il n’est pas possible qu’un esprit fruste et inculte fasse brusquement table rase du passé, tout comme celui qui se prépare à gravir le sommet le plus élevé doit le faire pas à pas, ou étape par étape, et non en quelques sauts. » |
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Saint Grégoire le Grand envoyant saint Augustin évangéliser les Angles et les Saxons. Legenda aurea. Bx J. de Voragine.
R. de Montbaston. XIVe. |
De ce point de vue, la chevalerie chrétienne eut pour mission de participer à la réalisation de l’idéal chrétien. |
2 * La " Quête " du Graal ...
Perceval, devant le fameux cortège, est incapable de poser la question libératrice. c'est plus tard sa cousine, puis son oncle l'ermite, qui lui donnent l'explication de son manquement : Perceval a tué sa mère en partant...
La malédiction se prolonge d'ailleurs avec Perceval lui-même : en lui offrant une épée qui se brise quand on veut s'en servir, symbole évident d'impuissance sexuelle, le Roi Pêcheur lui transmet sa stérilité . La faute concerne le lignage ......
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Le " silence " de Perceval est une des clés de compréhension ...
La quête du Graal est celle de la Parole perdue, un trésor que révèle Jésus...
Ce graal , que l'on porte en soi, et qui nous est obscur, est l'objet d'une quête qui , loin d'être une tranquille balade, est une chevauchée fantastique sur la Voie du dépassement de soi, pour y découvrir le Soi, ou pour « naitre à nouveau », selon les mots de Jésus...
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Quête aux multiples épreuves, au travers de la "forêt périlleuse" que le chevalier doit traverser pour arriver au château (l'esprit).
La coupe passe comme une tempête, nous dépouille du vieil homme que nous étions , et file vers l'être que nous n'aurions jamais du cesser d'être...
Le chevalier est en recherche de ''gloire'' et, dans la tradition chrétienne, la « gloire » (du latin gloria, du grec doxa) renvoie à la manifestation éclatante d’une présence, notamment la présence divine.

































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Yvain et Laudine