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xixe

Au XIXe s. : Une vie intellectuelle et mondaine...

Publié le par Perceval

Pour se rendre compte que , dans le cours de ce XIXe siècle, le fil suivi – dans cette histoire - s'attache à un personnage ; je me permets de revenir sur quelques faits de l'histoire de Charles-Louis de Chateauneuf, né en 1816 à Limoges...

Au Collège Royal, son professeur de mathématiques, Monsieur Gouré, l'avait initié à ce qui pourrait être à la source d'immenses progrès, l'appréhension de l'infiniment petit, pour de grandioses calculs ...!!! M. Gouré nomme cela: les "Mathématiques transcendantes", c'est à dire le calcul différentiel et intégral...

Dandy sur un sofa

 

Charles-Louis fait partie de cette génération, aux prises avec la mélancolie propre à la Restauration. En 1832, il soutient la rébellion légitimiste, de la duchesse de Berry... Et à Paris, tout en préparant le concours d'entrée au concours de l'École polytechnique, il rejoint les errements des ''enfants du siècle; puis derrière Victor Hugo et les habitués du ''Cénacle'' , il découvre la fièvre romantique...

 

La route de Ch.-L. De Chateauneuf, est bordée d'étonnants personnages qui vont le conduire dans sa Quête : des femmes d'abord qui lui ouvrent des espaces du possible : la sensibilité, avec ce que l'on nomme à l'époque par ''les sentiments'' et un chemin de connaissance avec toujours les mathématiques ( Wronski, Sarrazin de Montferrier) et l'ésotérisme ( en opposition parfois à la doctrine catholique de ce XIXe siècle) avec A. Constant ( le futur Eliphas Lévi) et la résurgence templière …

Entre 1836 ( Ch. L. a 20ans) et 1848 ( 32ans ); Chales-Louis de Chateauneuf; tout en fréquentant les salons, et continuant ses recherches, s'est engagé dans une carrière scientifique qui aurait pu être édifiante s'il ne s'était pas ''dispersé''...

Son intérêt pour l'astronomie initiée par les cours public d’« astronomie populaire », qui remporte un immense succès, de François Arago (1786-1853)...

Charles-Louis – en suivant les méthodes mathématiques développées par Legendre - va travailler au sein d'équipes de l'observatoire de Paris... Un travail fastidieux, pas très valorisant; sur lequel il va peu s'investir, et lui permettre de pouvoir continuer ses propres recherches ...

Lors de rencontres plus mondaines, et aussi par intérêt pour l'art, Charles-Louis rencontre le fils d'Arago, Alfred Arago (1815-1892) peintre et l'un des plus joyeux compagnons du cénacle de la rue Grange-Batelière...

 

Ses recherches, en Loge, lui permettent de croiser et même de se lier avec des personnalités comme Edgar Quinet (1803-1875), Augustin Thierry (1795-1856) ou le philosophe Victor Cousin (1792-1867), le peintre Horace Vernet (1789-1863); reconnus ...

 

Accompagné de Charles de L'Escalopier, conservateur de la Bibliothèque de l'Arsenal, et les ami(e)s de Madame d'A. qui tient un salon du faubourg Saint-Germain.. Ch.-L. De Chateauneuf ne délaisse rien de ce qui – de près ou de loin – s'attache à la connaissance du Graal...

L'idéal féminin romantique

Le vent nouveau, littéraire et scientifique, agite les proches et Madame d'A. ils ne craignent pas certaines excentricités ; ainsi elle attire autour d'elle quelques romantiques : Sainte-Beuve, Eugène Sue, Liszt, etc. et aussi des artistes de la Bohème...

Elle met à la mode la fiction de l’amour platonique ( l'amour courtois...) , qui accommode agréablement les plaisirs de la coquetterie avec les avantages de la vertu. Des étrangères viennent beaucoup chez elle, la comtesse Delphine Potocka, la baronne de Meyendorff, madame Apponyi …

La coquetterie et la galanterie y règnent dans les relations des deux sexes... En amour comme en amitié, les liens sont souples, légers et durables …

 

L'esprit de Charles-Louis était – depuis un certain temps déjà - occupé par une femme qu'il avait rencontré dans le salon de la duchesse d'A.... Mme J. est belle, fine ; et il la tient pour délicate, vertueuse ; et considère que son amour naissant est sans espoir, puisqu'elle est mariée.. ! Tout juste se convainc t-il de lui faire une cour digne d'un chevalier qui aime sa Dame d'un amour courtois...

Cette Dame, germanophile et dans la lignée de Madame de Staël, pratique la conversation en petit cercle d'intimes...

Et, également, dans un cadre beaucoup plus discret, voire secret, une sorte de société secrète comme l'on disait ; où hommes et femmes se réunissaient en ''cour d'amour'' sur des sujets littéraires, philosophiques et même théologiques...

On peut y croiser des femmes comme Cristina de Belgiojoso ( 1808-1871); ou, Olympe Audouard (1830-1890) qui fut interdite de présentation de conférences par le ministre de l'intérieur considérant que «  ces conférences ne sont qu'un prétexte pour un rassemblement de femmes surémancipées. Les théories de Mme Olympe Audouard sont subversives, dangereuses et immorales. »

Ces ''sociétés'' ou ''académies'' fonctionnent pour la plupart encore jusqu’à la fin du XIXe siècle, sur le modèle maçonnique, avec ses rituels stricts, et des valeurs qui s'appuient sur un déisme de plus en plus en rejet explicite de la « religion révélée », en particulier du catholicisme.

 

Cette pratique en ''sociétés'' n'est pas nouvelle... Je rappelle, l'Ordre des Fidèles d'Amour, était une société secrète de gens de lettres à laquelle appartenait Dante, et qui aimait se référer à la longue lignée des troubadours et trouvères...

La ''Société Angélique'' était un groupe d’écrivains et d’érudits formée autour de l’imprimeur éditeur Sebastian Gryphius, puis de Nicolas de Langes, à Lyon au milieu du XVIe siècle...

Plus anecdotique, et relevant d'une tradition qui remonte au XVIIIe siècle, l'Ordre de la Félicité, regroupait hommes et femmes, dans un cadre libertin ...

 

Il semble, selon les documents laissés par Ch.-L. De Chateauneuf, que la ''société'' ou ''l'académie'' qu'il évoque, se considère avec moins de sérieux dans la forme ; mais avec le réel intérêt pour tout ce qui aliment les passions des humains : l'amour, et les questions existentielles, bien sûr ; et ceci en marge de la société bourgeoise et religieuse de l'époque …

 

Je rappelle que Balzac lui-même créa une ''société secrète'' appelée '' Le Cheval Rouge'' … Voici ce qu'en dit Théophile Gautier : « L’association, qui comptait parmi ses membres, G. de C, L. G., L. D., J. S., Merle, qu’on appelait le beau Merle, nous et quelques autres qu’il est inutile de désigner, s’appelait le Cheval rouge. Lorsqu’il fallait concerter quelque projet, convenir de certaines démarches, Balzac, élu par acclamation grand maître de l’ordre, envoyait par un affidé à chaque cheval (c’était le nom argotique que prenaient les membres entre eux) une lettre dans laquelle était dessiné un petit cheval rouge avec ces mots ; «  Écurie, tel jour, tel endroit ; » le lieu changeait chaque fois, de peur d’éveiller la curiosité ou le soupçon. Dans le monde, quoique nous nous connussions tous et de longue main pour la plupart, nous devions éviter de nous parler ou ne nous aborder que froidement, pour écarter toute idée de connivence.

Après quatre ou cinq réunions, le Cheval rouge cessa d’exister, la plupart des chevaux n’avaient pas de quoi payer leur avoine à la mangeoire symbolique ; et l’association qui devait s’emparer de tout fut dissoute, parce que ses membres manquaient souvent de quinze francs, prix de l’écot.... »

A suivre ....

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La Quête, et l'Amour courtois au XIXe siècle

Publié le par Perceval

La Quête, et l'Amour courtois au XIXe siècle

Après une métaphore pour dire la Quête du Graal, et ''le secret'' à travers l'image de l'amour adultère... En voici une autre, avec la 'fin amor' ( la fine , la subtile …) et référence au Moyen-âge redécouvert en ce XIXe siècle … Au cœur toujours de la Quête : l'analogie à la relation ''homme-femme''...

 

Il n'est pas anodin, de relever le retour au Moyen Age ( du XIXe s.) , à travers les romans de chevalerie et la fin’amor et qui témoigne finalement du sens du mot ''Romantique '' défini par Madame de Staël dans De L’Allemagne :

« Le nom de romantique a été introduit nouvellement en Allemagne pour désigner la poésie dont les chants des troubadours ont été l’origine, celle qui est née de la chevalerie et du Christianisme. »

Ensuite, il faut bien remarquer avec Balzac que :

« Le système de lois et de moeurs qui régit aujourd’hui les femmes et le mariage en France est le fruit d’anciennes croyances et de traditions qui ne sont plus en rapport avec les principes éternels de raison et de justice développés par l’immortelle révolution de 1789. » - Honoré de Balzac : Physiologie du mariage ou méditations de philosophie éclectique, sur le bonheur et le malheur conjugal...

 

La ''Fin'amor'' s'oppose au contrat de mariage, un mariage arrangé, de raison ( convenance) et sans amour … Et où la femme a pour rôle de faire des enfants, tout en restant fidèle, bien sûr...

« Les Lenoncourt avaient perdu leurs immenses biens. Par le nom, monsieur de Mortsauf était un parti sortable pour leur fille. Loin de s’opposer à son mariage avec un homme âgé de trente cinq ans, maladif et vieilli, mademoiselle de Lenconcourt en parut heureuse. » Honoré de Balzac : Le Lys dans la vallée.

Sir William Quiller Orchardson, Mariage de Convenance, 1883

« Nos femmes légitimes nous doivent des enfants et de la vertu, mais elles ne nous doivent pas l’amour. » Honoré de Balzac : Le Contrat de mariage dans La Comédie humaine,

 

Bref ! Les enjeux sociaux qui cadrent le mariage de raison au XIXe siècle n’ont pas beaucoup changé depuis le Moyen Age... ! Laissons là, le mari....

Félix, Henriette et le comte de Mortsauf dans le salon de Clochegourde

Félix baisant la main d'Henriette de Mortsauf

L’amant, lui, se transforme en effet en un chevalier dont l’amour et la passion sont les seules devises. Il est au service d’une dame qu’il courtise et vénère. Cette image est clairement et volontairement mise en avant par Balzac dans Le Lys dans la vallée à travers l’exemple du Chevalier de la triste figure auquel Félix se compare et se réfère pour décrire sa passion et son attachement à sa propre Dulcinée...

 

Ce qui fait en outre de l’amour de Félix et d’Henriette un amour courtois, c’est que les deux protagonistes se sont promis de s’aimer d’un amour platonique, sincère, pur et qui refuse de se rabaisser pour exiger une quelconque récompense. C’est l’amour qu’Henriette exige en tout cas de Félix.

Oui, l’amour conjugal est radicalement exclu de l’amour courtois... André Le Chapelain s’appuie sur l’autorité de la comtesse de Champagne (Lettre de la comtesse de Champagne, Traité de l’amour courtois) : « Nous affirmons comme pleinement établi que l’amour ne peut étendre ses droits entre deux époux ». Les amants, en effet, s’accordent mutuellement toute chose gratuitement, sans qu’aucune obligation les pousse. Les époux, au contraire, sont tenus par devoir d’obéir réciproquement à leurs volontés et ne peuvent en aucune façon se refuser l’un à l’autre ». Une autre raison avancée par la comtesse, est que l’amour conjugal ne connaît pas la véritable jalousie. » Introduction de Charles Buridant au Traité de l'amour courtois d'André le Chapelain.

 

Une autre attitude moins ''chevaleresque '' dans Le Rouge et le noir ; déçu par les sentiments confus de Mademoiselle de La Mole à son égard, peu de temps après leur entrevue nocturne, Julien, désespéré, tente de tuer Mathilde avec une vieille épée du Moyen Âge qui était conservée à la bibliothèque :

« - J’ai horreur de m’être livrée au premier venu, dit Mathilde en pleurant de rage contre elle-même.

- Au premier venu ! s’écria Julien, et il s’élança sur une vielle épée du moyen âge qui était conservée dans la bibliothèque comme une curiosité… »

Il hésite, il se ravise … (...)

« Mlle de La Mole le regardait étonnée. J'ai donc été sur le point d'être tuée par mon amant ! se disait-elle.

Cette idée la transportait dans les plus beaux temps du siècle de Charles IX et de Henri III. »

Stendhal, Le Rouge et le noir.

 

On a dit que ''L'Amour courtois'', a été découvert ''découvert'' par Gaston Paris (1839-1903) ... Il relève l'idée de l'exaltation : ce plaisir venu de l’attente et de la non satisfaction du désir qui excite et agite l’imagination. Il note aussi que la gente féminine alliée au pouvoir est - dans ce cadre - souvent de condition supérieure à celui qui la convoite... L'homme cherche à devenir, à tout prix, le favori de la dame,  au risque de se perdre dans ce jeu littéraire d’un désir à jamais inassouvi, ou même de se faire chasser de la cour par le seigneur en cas de dépassement des bornes...

 

Dans la chevalerie initiatique, l'image du chevalier et de sa dame, est couramment utilisée pour signifier le rapport entre moi ( armuré de mes certitudes...) et de mon âme...

La fin a-mor, est aussi une confrontation à la mort... Dans le désir d'amour, tout à la volonté de la Dame, le moi s'abandonne.

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Le Secret

Publié le par Perceval

Jan Brueghel 1618. - Allégorie de la vue - détail

Jan Brueghel 1618. - Allégorie de la vue - détail

La Quête du Graal côtoie le ''secret'', parce qu'il s'agit d'un chemin vers un mystère ; et donc d'une expérience très personnelle... La Quête n'est pas réservée à quelques élus ; elle est pour tous ; mais il s'agit principalement d'un chemin solitaire...

Le secret correspond à ce qui est caché … Où ? Sans doute à l'intérieur de soi.... mais, ce n'est RIEN de le dire.... C'est si mystérieux, qu'il est nécessaire d'en reconnaître un peu dans les mythes, la littérature.... Et aussi dans la rencontre de l'étrangeté, de l'autre, du féminin ( pour le masculin, et vice-versa...)...

''La Quête'' se retrouve dans deux métaphores : le Secret, l'Amour Courtois... ( et d'autres, bien sûr...). Rappel : nous sommes au XIXe siècle ...

 

Le secret

Au XIXe siècle, le secret tient une grande place... il s'agit bien souvent – gouvernement ou opposition – d'échapper au regard de l'opinion... Peut-être aussi d'échapper à la loi, mais aussi affirmer une cohésion, une identité … Également : secret d'état, complot ...etc. Les sociétés secrètes sont légions...

 

Si nous parlons du secret, en évoquant quelque société secrète, nous signifions un mystère à découvrir … Nous pourrions parler aussi de ''clandestinité'' en pensant une activité qui a lieu secrètement ; puis d'intimité pour signifier une relation inter-personnelle...

Ferragus de Balzac

 

La bonne métaphore pour développer ce que j'aimerais faire ressentir, m’apparaît en ces temps romantiques, se présenter sous la forme d'un couple ( homme et femme ), un couple adultère, donc clandestin, intime et amoureux...

Comment découvrir ce secret,  ? Par la correspondance : le secret de la correspondance amoureuse... précisément...

Il s'agit d'une longue correspondance croisée de deux amants, Adèle Schunck et Aimé Guyet de Fernex, ayant entretenu - dans le secret pendant une vingtaine d’années (1824-1849) - une liaison adultère... Cette correspondance a été mise à jour par Paula Cossart, qui a retrouvé 1500 de leurs lettres...

 

L'adultère est scandale... ! Il s'apparente au rapt de séduction... Au moyen-âge, l'enlèvement, le rapt de séduction enlève au mari sa femme... Ce rapt trouble la société civile et viole les lois humaines … Juridiquement, ce comportement appartient aux délits « qu'on appelle occultes et de difficile preuve... ». La preuve objective, reste le flagrant délit de « soudure » charnelle ; juridiquement : « lorsque la femme est trouvée seule, avec un autre que son mari, l'un et l'autre étant nus et couchés dans le même lit »...

 

La clandestinité amoureuse soude deux êtres épris dans l'amour passion, au mépris de la réprobation morale et sociale...

 

Adèle est mariée depuis 1812 à Philippe Henri Schunk, âgé d'une trentaine d'années de plus qu'elle. Ce n'est pas un mariage d'amour... Adèle est mère d'une petit garçon, Charles, qui a douze ans lorsque débute la liaison de sa mère. De plus ; il semble que le fils d'Adèle ne soit pas de son mari ; sa naissance semble avoir suivi de près leur mariage. Adèle est ''tombée enceinte'' et ses parents l'ont alors mariée par convenance avec Philippe Henri Schunk...

Portrait d’Adèle, peint en 1832 par Pierre Daubigny

Aimé lui est veuf, et père de trois petites filles... En 1824, lorsque leur liaison débute, Adèle et Aimé ont tous les deux un peu plus de trente ans...

 

En cette première moitié du XIXe s. le mariage est avant tout un ''établissement'' ; il assure à la femme une position dans le monde... aussi Adèle ne demande pas la séparation de corps, et le divorce est impossible ; elle tien à garder l'estime sociale... Le code l'honneur est alors un code des apparences et repose sur une culture du secret... Si l'infidélité masculine est tolérée, ce n'est pas le cas pour la femme, dont la sexualité est sous surveillance...

 

Le secret engendre un sentiment d'exceptionnalité, une valorisation du sentiment... Les amants sont seuls au monde, contre tous... Et, l’ardeur sans cesse relancée par l’obstacle, le risque, les plaisirs de la transgression et le souci constant d’une absolue clandestinité.

Prudence, crainte d'être découvert... Torture de ne point se voir … Rendez-vous furtifs ; et rencontre avec ses risques... Les promenades avenue de Breteuil ou dans le parc de Saint-Cloud... Se cacher dans la ville : le mystérieux appartement du n˚ 115, dont il importe de ne pas égarer la précieuse cle... Se promener en fiacre à l'abri des regards... Devenir anonyme …

La sphère du secret dépasse les amants... Le mari, a de forts soupçons, mais pour la défense de l'honneur se tait...

Pierre Auguste Renoir
Pierre Auguste Renoir

Pierre Auguste Renoir

Présence, absence... Des lieux divers portent la mémoire de leurs amours : maisons, chambres, jardins … La ville ( la société) est le lieu du mensonge, où l'on joue son rôle : épouse... La campagne ( la nature ) est le lieu où l'on peut être soi-même, le lieu de longues promenades... La nature est une amie pour les amants, elle entretient des rapports avec l'âme humaine : variations du temps, et sentiments de l'âme...

Apparaît un endroit intermédiaire : les bois, et les parcs, où l'on peut se cacher... Les bois sont un lieu essentiel de clandestinité... C'est dans un bois, qu'Adèle « s'est donnée » à Aimé la première fois... Rendez-vous nocturnes …

Dans cette image de l'adultère, le ''chercheur'' exprime la condamnation ressentie, de la part de l'Eglise, de sa voie ''sur les marges'' et solitaire...

 

On peut passer à présent du ''Secret'' à l'amour courtois, à la manière ''romantique'', XIXe s. oblige …. A suivre …

 

Sources :

Paula Cossart : les papiers d’Adèle Schunck - la correspondance réciproque que cette femme a entretenu avec son amant, Aimé Pierre Marie Guyet de Fernex, entre 1824 et 1849 : 1500 lettres retrouvées... Aussi : Clandestinités urbaines: Les citadins et les territoires du secret (xvie-xxe) De Emmanuelle Retaillaud-Bajac

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Résumé de '' Notre Dame de Paris '' de Victor Hugo – 1831 - 2

Publié le par Perceval

Résumé de '' Notre Dame de Paris '' de Victor Hugo – 1831 - 2
Résumé de '' Notre Dame de Paris '' de Victor Hugo – 1831 - 2
Résumé de '' Notre Dame de Paris '' de Victor Hugo – 1831 - 2
Résumé de '' Notre Dame de Paris '' de Victor Hugo – 1831 - 2

Livre IVVictor Hugo revient sur l'histoire de l'enfant Quasimodo, adopté à 4 ans par Frollo, enfant trouvé dans la cathédrale … Frollo est le seul à savoir communiquer avec lui, par signes.

Esmeralda pense au beau capitaine de la garde, Phœbus de Châteaupers, qui l'a sauvée... Elle ne se connaît que deux ennemis, l'archidiacre ( Claude Frollo) et la recluse d'une des logettes de la place de Grève, odieuse vieille à qui autrefois son enfant a été volé par des bohémiennes et qui voudrait dévorer, déchirer de ses griffes toutes les bohémiennes.

Livre V – Il s'agit ici d'alchimie ; et de l'invention de l'imprimerie, le livre va provoquer le déclin de l'architecture, soutient Frollo...

Livre VI : Quasimodo est jugé, puis condamné à deux heures de pilori en place de Grève... Esmeralda qui lui donne à boire.

Livre VII : Esmeralda danse sur le parvis de Notre-Dame, tandis que Gringoire, qui s'est fait truand, est à présent jongleur. Esmeralda est regardée par la foule, mais aussi par Frollo, du haut des tours, et par Phœbus de Châteaupers.

Esméralda retrouve Phoebus et tombe amoureuse de lui. Mais Phoebus est fiancé à la jeune Fleur-de-Lys... Malgré cela, séduit par la jeune gitane, il donne rendez-vous à Esméralda dans une maison 'mal famée' . Au moment où celui-ci tente de l'étreindre et de triompher de ses résistances, Frollo embusqué ( en payant Phoebus, pour assister caché à ses ébats avec la bohémienne..), surgit et le poignarde.

 

Livre VIII : Esmeralda est accusée de ce meurtre et soupçonnée de sorcellerie; elle ne veut pas, pour être sauvée du supplice, se donner à Claude Frollo... - En réalité, Phœbus a survécu, mais elle le croit mort - Esmeralda est condamnée à être pendue. Quand on l’amène devant la cathédrale pour subir son sort, Quasimodo, qui lui aussi l’aime, s’empare de la belle et l’emmène à l’église, où le droit d’asile est un rempart contre la mort. Quasimodo veille sur elle en espérant obtenir son cœur mais il n’y parvient pas.

Livre IX : Esmeralda est toujours amoureuse de Phœbus et croit encore aveuglément que le capitaine l'aime également. L'amour de Quasimodo commence à prendre le dessus sur sa loyauté envers Frollo, au point que, lorsque Frollo tente d'abuser de la bohémienne, Quasimodo lui fait barrage.

Livre X : Les truands avec lesquels vivait la jeune fille viennent la délivrer. Ils assiègent la cathédrale, défendue par les soldats du Roi Louis XI

Livre XI : Frollo - ne pouvant des faire aimer - furieux profite du tumulte pour emmener Esmeralda avec lui et la livre aux griffes d'une vieille recluse, du ''Trou-aux-rats'', en attendant l'arrivée en force de la Justice. Elle reconnaît en 'l'Égyptienne' sa propre fille, Agnès, volée par des gitans quinze ans auparavant.

Du haut de Notre-Dame, Quasimodo et Frollo assistent à l'exécution, par pendaison, d'Esmeralda. Quasimodo comprend que Frollo a livré Esmeralda ; furieux et désespéré il pousse le prêtre du haut de la tour, et va lui-même se laisser mourir dans la cave de Montfaucon, tenant embrassé le cadavre d'Esmeralda, enfin uni à elle pour l'éternité.

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Résumé de '' Notre Dame de Paris '' de Victor Hugo – 1831 - 1

Publié le par Perceval

15 avril 2019 - Notre Dame de Paris en feu ...

15 avril 2019 - Notre Dame de Paris en feu ...

"Et la cathédrale ne lui était pas seulement la société, mais encore l'univers, mais encore toute la nature. Il ne rêvait pas d'autres espaliers que les vitraux toujours en fleur, d'autre ombrage que celui de ces feuillages de pierre qui s'épanouissent chargés d'oiseaux dans la touffe des chapiteaux saxons, d'autres montagnes que les tours colossales de l'église, d'autre océan que Paris qui bruissait à leurs pieds."
Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, t. II => https://c.bnf.fr/BBm 

Victor Hugo 1802-1885

Victor Hugo apprécie beaucoup Walter Scott, très à la mode en ces années 1820-1830.

Il affirme aussi : « j'aime mieux croire au roman qu'à l'histoire, parce que je préfère la vérité morale à la vérité historique ».

Victor Hugo signe un contrat avec Gosselin, et s'engage à lui livrer « un roman à la mode de Walter Scott ».

 

Hugo évoque l'inscription « ἈΝΑΓΚΗ » ( Ananké: « Fatalité ») qu'il aurait vue « dans un recoin obscur de l'une des tours » de Notre Dame de Paris, et qui lui aurait inspiré le roman...

Le roman – qui gravite autour de la cathédrale - se compose de 59 chapitres répartis en onze livres

Notre Dame de paris - Gravure originale par Arnoux, retouchée par Wilmann, 1860

Paris -1482 -

Livre I et II – Nous suivons Pierre Gringoire, poète sans le sou. Gringoire est l'auteur d'un mystère représenté le 6 janvier 1482 au Palais de justice en l'honneur d'une ambassade flamande.

Pierre Gringoire

La cohue populaire encombre la grand'salle du palais de justice. Dans cette cohue, on fait connaissance avec quelques personnages du drame :

Jehan Frollo l'écolier, un étudiant dissipé qui fréquente les truands de la Cour des miracles, mais compte aussi Phœbus de Châteaupers parmi ses connaissances de taverne. Il est le jeune frère de Claude Frollo, archidiacre de Notre-Dame, mû par sa foi et son appétit de savoir.

Trouillefou, roi de Thunes, chef des truands. Il occupe une place importante à la Cour des miracles.

 

Malheureusement, l'attention de la foule est vite distraite, d'abord par le mendiant Clopin Trouillefou, puis par les ambassadeurs eux-mêmes, et enfin par l'organisation improvisée d'une élection du Pape des fous à l'occasion de la Fête des Fous qui a lieu ce jour-là, à Notre-Dame...

Le sonneur de cloches de Notre-Dame, Quasimodo - la plus abominable personnification de la laideur physique - est élu Pape des Fous.

Voici la bohémienne Esmeralda, qui danse, au milieu d'un cercle de badauds, sur le parvis de Notre-Dame.

Le mystère finit par s'arrêter, faute de public. Gringoire, à cette occasion, entend parler de la danseuse bohémienne, Esmeralda qui passe pour égyptienne. L'ayant aperçue, il la suit dans les rues de Paris à la tombée de la nuit.

Esmeralda manque d'être enlevée par Quasimodo accompagné d'un mystérieux homme vêtu de noir, mais elle est sauvée par l'intervention d'un superbe gentilhomme, capitaine de la garde, Phœbus de Châteaupers et son escouade d'archers.

Le poète Gringoire, qui a été renversé lors de l'intervention, reprend ses esprits un peu plus tard et erre dans les rues... Il se retrouve sans le vouloir au cœur de la Cour des miracles, le quartier hanté par les pires truands de la capitale. Il manque d'y être pendu, et doit la vie à l'intervention d'Esmeralda qui pour le sauver de la pendaison, accepte de se marier avec lui, alors qu'elle n'éprouve aucun sentiment à son égard. Gringoire se fait alors truand.

Claude Frollo, perdu dans sa science, qui apercevant la jeune fille - ne sachant ce que c'est que la femme et l'amour – a senti se réveiller en lui des passions féroces. C'est lui qui a tenté de faire enlever Esmeralda par son sonneur, Quasimodo....

Paris-quartier-de-notre-dame- Jean-Claude Golvin, architecte, archéologue français

Livre III – Victor Hugo évoque Notre-Dame de Paris, son histoire et ses restaurations mal pensées, puis donne une vision d'ensemble de la ville de Paris telle qu'elle apparaissait à un spectateur médiéval regardant la capitale du haut des tours de la cathédrale.

Paris-quartier-de-notre-dame- Jean-Claude Golvin, architecte, archéologue français

 

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Des muses, de l'astronomie et des poètes.... 2

Publié le par Perceval

Caspar David Friedrich -Deux hommes contemplant la lune (1819)

Caspar David Friedrich -Deux hommes contemplant la lune (1819)

 

''La Ballade à la lune'' de Musset.

 

« C'était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune,
Comme un point sur un i.

(...)

Es-tu l'œil du ciel borgne?
Quel chérubin cafard
Nous lorgne
Sous ton masque blafard?

(...)

''La lune offensée'' de Charles Baudelaire.

 

Ô Lune qu'adoraient discrètement nos pères, 
Du haut des pays bleus où, radieux sérail, 
Les astres vont se suivre en pimpant attirail, 
Ma vieille Cynthia, lampe de nos repaires,

Vois-tu les amoureux, sur leurs grabats prospères, 
De leur bouche en dormant montrer le frais émail ? 
Le poète buter du front sur son travail ? 
Ou sous les gazons secs s'accoupler les vipères ?

(...)

 

Dans la mythologie grecque, Érato est une des neuf Muses, elle est la patronne de la poésie lyrique et érotique. 

 

Lors de rencontres plus mondaines, et par intérêt pour l'art, Charles-Louis rencontre le fils d'Arago, Alfred Arago (1815-1892) peintre et l'un des plus joyeux compagnons du cénacle de la rue Grange-Batelière...

Alfred Arago est de toutes les fêtes, et proche de plusieurs membres de la famille Bonaparte; cela le conduira à devenir en 1851, lors du coup d'état, un fonctionnaire du nouveau gouvernement, et en 1851 inspecteur général des Beaux-Arts...

 

A cette époque Arago était l'ami d'Alfred de Musset: la princesse Mathilde brûlait de rencontrer Musset. Arago s'y entreprit, mais au jour convenu, Musset était à moitié gris, et à table s'arrange pour en sortir ivre... Finalement il vomit, s'endort sur une chaise longue; puis revient au salon, où il réussit à tenir tout le monde sous son charme ... Musset ne revint plus chez la princesse ...

Dessin représentant le « fieux » présentant ses hommages à Caroline Jaubert, sa « très petite marraine », au bas d’une lettre autographe de Musset (11 août 1835). -  Caroline l’appelle son « fieux » ou son « Prince phosphore de cœur-volant » car l’homme et l’œuvre incarnent à ses yeux la fantaisie et l’aristocratie des lettres. 

Delphine Marquet, actrice.

Ce groupe que forme cette jeunesse dorée, comprend Edmond d'Alton-Shée ( républicain socialiste), qui présentera sa soeur Caroline Jaubert, à Musset et deviendra '' vingt jours sa maîtresse et, vingt ans sa "marraine".'' ...; Alfred Mosselmann (homme d'affaires): sa soeur Fanny, comtesse Le Hon est la maitresse de Charles de Morny , Horace de Viel-Castel, le baron Loève-Veimars ( critique du Temps, et traducteur d'Hoffmann), Jules de Saint-Félix neveu par alliance de Marie d'Agoult qui avec Ch.-L.  s'est interessé au personnage de Cagliostro et en a écrit une biographie amusée ... , Nestor Roqueplan, qui s'occupe de théâtre est un dandy et amant de la comédienne Joséphine-Victoire-Delphine Marquet -, Félix Arvers et bien sûr Alfred de Musset...

E.-Louis-Lami - Alfred-de-Musset et Rachel

Charles-Louis se souvient d'une anecdote sur Musset: «Un soir, en 1846, dans un souper dont il était, on admirait une jolie bague que Rachel avait au doigt. « Puisqu’elle vous plaît, dit-elle, je la mets aux enchères ». Chacun aussitôt de surenchérir, et la bague en un instant est poussée à 3.000 fr. – « Et vous, mon poète, dit-elle à Musset, que me donnez-vous ? – Je vous donne mon cœur. – La bague est à vous » dit Rachel en la lui jetant gracieusement. »

Alfred ne consentit à la prendre qu’à titre de gage pour le rôle que Rachel lui demandait d’écrire pour elle. Il commença deux pièces à son intention : Faustine et la Servante du Roi, mais elles ne furent pas achevées ; ils se brouillèrent et Alfred rendit la bague à Rachel qui la reprit sans hésiter ( sources : Etude et Récits sur Alfred de Musset, Alix de Janzé, Paris, Librairie Plon, 1891. )

Apollonie Sabatier, pseudonyme de Joséphine-Aglaé Sabatier (1822-1890)
Apollonie Sabatier, pseudonyme de Joséphine-Aglaé Sabatier (1822-1890)
Apollonie Sabatier, pseudonyme de Joséphine-Aglaé Sabatier (1822-1890)
Apollonie Sabatier, pseudonyme de Joséphine-Aglaé Sabatier (1822-1890)
Apollonie Sabatier, pseudonyme de Joséphine-Aglaé Sabatier (1822-1890)
Apollonie Sabatier, pseudonyme de Joséphine-Aglaé Sabatier (1822-1890)
Apollonie Sabatier, pseudonyme de Joséphine-Aglaé Sabatier (1822-1890)

Apollonie Sabatier, pseudonyme de Joséphine-Aglaé Sabatier (1822-1890)

Auguste Clésinger, Femme piquée par un serpent, Orsay.

Un autre point commun à ce groupe d'amis, est la belle et célébrée Aglaé Sabatier (1822-1890), qui devient Apollonie à la faveur des charmes qu'elle offre à Alfred Mosselman... Aglaé rencontra toute l'équipe qui prenait l’air au balcon de Beauvoir (l’hôtel Pimodan), alors qu'elle s'en revenait de l'école de natation aux bains Lambert avec deux amies … Le peintre Boissard, ami d'Alfred Mosselman (qui était marié) va jouer l'amant en titre ; son atelier tient portes ouvertes et Mme Sabatier rencontre tout un peuple d'artistes ... Entre1840 et 1850, elle est l'égérie des artistes et poètes modernes sous le surnom de « la Présidente » ( présidente de la réunion des artistes...)...

Alfred Mosselman désire que ses amis mesurent son bonheur, tant sa muse est séduisante ; il la fait mouler sur nature, puis sculpter par Auguste Clésinger, qui crée sa célèbre statue, objet de scandale au Salon de 1847... L'oeuvre, ne pouvait se nommer 'corps de femme saisi en plein orgasme', est appelée'' La femme piquée par un serpent '' ...

Entre le 9 décembre 1852 et le 8 mai 1854, Baudelaire écrit sept poèmes qu’il lui envoie de façon anonyme. .. Baudelaire la célèbre en silence cinq ans durant, il l'idéalise... Elle est l'inspiratrice d'un certain nombre de poèmes des Fleurs du Mal ...

Ce n’est que le 18 août 1857 qu’il lui avouera qu’il en était l’auteur, pour lui demander d’intervenir auprès des juges dans le procès intenté contre Les Fleurs du Mal.

BAUDELAIRE Charles (1821-1867).  Autoportrait et croquis, entre 1844.. -->

Après le procès, Madame Sabatier, se donne charnellement à l’auteur du recueil maudit... Pourtant, Baudelaire, va se détourner de son « ange plein de gaîté » : «  Il y a quelques jours, tu étais une divinité, ce qui est si commode, ce qui est si beau, si inviolable. Te voilà femme maintenant... », lui écrira t-il dans une lettre de rupture...!

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Des muses, de l'astronomie et des poètes.... 1

Publié le par Perceval

Je reviens dans le temps... de la biographie de Charles-Louis de Chateauneuf...

Au moment où, à Limoges – au Collège Royal, son professeur de mathématiques, Monsieur Gouré, l'avait initié à ce qui pourrait être à la source d'immenses progrès, l'appréhension de l'infiniment petit, pour de grandioses calculs ...!!!

M. Gouré nomme cela: les "Mathématiques transcendantes", c'est à dire le calcul différentiel et intégral...

M. Gouré assurait au jeune homme que Paris lui ouvrirait les bras, et en particulier ceux de l'un des maîtres du professeur limougeaud : Augustin Cauchy (1789-1857)

 

<-- : de Paul Baudry - Uranie, muse de l'astrologie et des calculs mathématiques - 1866 Paris opéra Garnier

 

Charles-Louis, ayant passé le bac. ès-lettres, puis le bac. ès-sciences... Il suit les classes de Mathématiques élémentaires, puis la classe de Mathématiques spéciales... Enfin, il se prépare au concours d'entrée au concours de l'École polytechnique, il a vingt ans et sera refusé pour la session de l'été 1834...

Il est alors à Paris et externe à l'institution Mayer - près du Val-de-Grâce - qui travaille en collaboration avec des professeurs des classes préparatoires de lycée. L'institution envoie ses élèves au collège Louis-le-Grand.

Il est vrai, cependant, que la Quête qui anime Ch.-L. De Chateauneuf, est aussi ailleurs ... Ainsi sa route est bordée d'étonnants personnages qui vont l'accompagner : des femmes d'abord qui lui ouvrent des espaces du possible : la sensibilité, avec ce que l'on nomme à l'époque par ''les sentiments''... Et, un chemin de connaissance avec toujours les mathématiques ( Wronski, Sarrazin de Montferrier) et l'ésotérisme ( en opposition parfois à la doctrine catholique de ce XIXe siècle) avec A. Constant ( le futur Eliphas Lévi), et d'autres; puis ce comte de l'X, qui l'accompagne sur la piste du Graal ...

Charles-Louis de Chateauneuf; tout en fréquentant les salons, et continuant sa quête ... part à la rencontre de l'astronomie, par sa spécialité: les mathématiques...

Son intérêt pour l'astronomie a commencé avec les cours public d’« astronomie populaire », de François Arago (1786-1853) qui remporte d'ailleurs un immense succès, ...

Scène d'ASTRONOMIE animée - 1864 au Théâtre Robin

A l'observatoire de Paris, les chercheurs constatent qu’il est impossible de représenter correctement par le calcul le mouvement d'Uranus. On a l’idée que ce mouvement peut être perturbé par l’attraction d’une autre planète inconnue.

Le Verrier découvrant la planète Neptune

Arago demande à un jeune astronome qui était alors assistant à l’École polytechnique, Urbain Le Verrier (1811-1877) de s’occuper du problème. Le Verrier va le résoudre en 1846 grâce à de lourds calculs, et prédit la position de la nouvelle planète, qui fut trouvée presque immédiatement à l’observatoire de Berlin. C’est Neptune, la plus lointaine des 8 planètes du Système solaire.

C'est ainsi, qu'on a pu découvrir une planète, par les seuls calculs ....!

A l'avantage des mathématiques, de plus, la photographie va permettre une analyse spectrale du ciel ...

- John Draper (1811-1882) est le premier à obtenir un daguerréotype de la Lune en 1840. -

On peut ainsi classer les étoiles selon leur spectre transcrit sur des plaques photographiques. Il est possible en une seule pose d’avoir le spectre de plusieurs centaines d’étoiles à la fois; et accumuler des données qu'il faut traiter ..

 

Ch.-L. De Chateauneuf s'est précisément intéressé à '' la méthode des moindres carrés '' que le mathématicien Adrien-Marie Legendre (1752 -1833), en 1805-1811 puis Gauss en 1809 ont introduite sur des problèmes d'astronomie. Cette méthode permet de comparer un grand nombre de données expérimentales, généralement entachées d’erreurs de mesure, à un modèle mathématique censé décrire ces données.

Ainsi, Charles-Louis, va travailler au sein d'équipes de l'observatoire de Paris... Un travail fastidieux, pas très valorisant; sur lequel il va peu s'investir, et lui permettre de pouvoir continuer ses propres recherches ...

Charles-Louis rencontre à cette occasion, Théodore Despeyrous, mathématicien originaire de la région de Toulouse qui arrive à Paris en 1842 afin de poursuivre ses études à la Faculté des Sciences. Despeyroux réussit à mettre en équations exactes les éclipses de lune et de soleil...

Théodore va se laisser séduire par les idées de Charles Fourier et Saint-Simon et collaborer au journal La Phalange, fondé par Fourier. ..

Le Verrier en figure symbolique montrant Neptune, tandis que la gloire lui apporte une couronne de laurier. Esquisse peinte par Edmond-Louis Dupain pour un projet de plafond

Le Verrier en figure symbolique montrant Neptune, tandis que la gloire lui apporte une couronne de laurier. Esquisse peinte par Edmond-Louis Dupain pour un projet de plafond

LA VOIE LACTÉE ( de Victor Hugo)

Millions, millions, et millions d’étoiles !
Je suis, dans l’ombre affreuse et sous les sacrés voiles,
La splendide forêt des constellations.
C’est moi qui suis l’amas des yeux et des rayons,
L’épaisseur inouïe et morne des lumières.

Encor tout débordant des effluves premières,
Mon éclatant abîme est votre source à tous. (...)

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La rencontre avec E. Quinet – le Graal et le mythe.

Publié le par Perceval

Charles-Louis de Chateauneuf reçoit comme un immense privilège l'attachement du professeur Edgar Quinet (1803-1875) à son égard...

E. Quinet

Beaucoup de choses les rapprochent : le goût pour le Moyen-âge, pour les philosophes allemands et pour Madame de Staël... E. Quinet est franc-maçon. Loin d'être athée ; s'il est anti-clérical, il reste attaché à la foi chrétienne... On lui reproche d'ailleurs, à lui, et à beaucoup de maçons, un certain ''illuminisme'' ( nous sommes encore au milieu du XIXe siècle...)

Nous reviendrons plus tard sur ''la religion d'Edgar Quinet'' ...

 

Pour l'heure, Charles-Louis, parle à l'historien; pour lui faire état du parcours des ses aïeux : Roger Laron, J.- L.de la Bermondie... etc … et lui explique sa quête autour du Graal, et des templiers...

 

Edgar Quinet, connaît bien Heidelberg, c'est au cours d'un de ses séjours, qu'il a rencontré son épouse Minna... Minna qui tente de décrire à Charles-Louis, les paysages qui entourent Ansbach, et tout à côté Eschenbach... Malheureusement, elle ne peux rien dire du château de Montsalvage, cité par Wolfram von Eschenbach, dans son Parsival... Edgar et Minna sont beaucoup plus prolixes sur le beau château de Heildelberg...

Heidelberger Schloss von Carl Rottmann 1815 - Détail

Le couple Quinet, écoute avec beaucoup de plaisir, les explications sur la signification, pour Charles-Louis de ce que peut signifier cette Quête : « La recherche du 'Graal', c'est la recherche de la 'Présence' du Christ... » explique le jeune homme...

De même que le Graal peut se matérialiser par une Coupe, ou par une Pierre; la Présence se comprend et se représente selon diverses formes...

 

Parler de Présence de Jésus, alors que - personnage historique - il est mort ; c'est exprimer par la foi : qu'il est ''vivant''... Aussi, sa Présence est bien autant mystérieuse que cette du Graal ; à la différence près que la ''relique'' que représente la Coupe n'est qu'un objet ; on ne prie pas le Graal … !

Également, ''la Parole'', contenue dans la Bible, et en particulier les Quatre Evangiles, ne se modifient pas ; pourtant, la Quête du Graal, bien qu'utilisée sous les mêmes mots, est bien différente selon les époques ( comme nous l'observons ici sur ce site depuis l'époque médiévale, jusqu'à aujourd'hui), selon les cultures, et même selon les personnes....

 

Le Mythe est le seul mode adéquat de la connaissance religieuse.

En ce XIXe siècle, il faut rendre compte de la réflexion de nombreux théologiens allemands :

W. M. L. de Wette (1780-1849)

Wilheim Martin Leberecht de Wette (1780-1849), professeur à Berlin, puis à Bâle... Elève en sa jeunesse de Jakob Friedrich Fries (1773-1843), professeur à Heidelberg, libre philosophe kantien, de Wette avait beaucoup réfléchi au rôle de symbole dans la connaissance religieuse. Comme il n'est pas possible au croyant de parvenir à une connaissance de Dieu déterminée, en usant des concepts dogmatiques, inadéquats à la réalité de l 'Absolu, comme le pur sentiment l'abîme dans une sorte de vénération aveugle, seule l'organisation des symboles par le récit mythique lui permet une entrée en communication avec l'Infini.

(...)

Le mythe est  « le libre jeu de l'Esprit » et que, originairement ( le mot est important) il n'est objet ni de foi ni de vénération.

La foi crée et se nourrit de mythes et de récits qui expriment comment l'humain se tient devant son Dieu, mais qui n'ont ni visée historique ni prétention dogmatique.

(…)

Si le temps des mythes est par excellence celui d'une littérature collective et orale, quoi d'étonnant à ce que la Bible ait partagé le sort commun ?

 

David Strauss( 1808-1874) , élève à Tübingen de Ferdinand Christian Baur, devient répétiteur au séminaire protestant de la ville, mais doit abandonner son poste après la publication du Das Leben Jesu ( la Vie de Jésus) … (  traduit en français par Émile Littré entre 1839 (tome 1) et 1853 (tome 2). ) - Ce livre a scandalisé son époque en montrant un Jésus historique et non divin et par sa vision des évangiles comme récit inconscient des premières communautés chrétiennes.

L'histoire évangélique semble fondre sous la plume de Strauss. Après tous ces déblaiements, il n'est guère possible de voir dans la Bible un autre paysage qu'un « champ de ruines », selon l'expression de Quinet...

Purger tout récit des interventions divines, miracles... c'est monter qu'on ne prend pas ces textes au sérieux, avec leur poids de foi. Le Mythe souffre de dédain dans la pensée occidentale... Heyne, Schelling et leurs disciples allemands y virent au contraire la porte d'entrée dans les cultures du passé ; mieux, le chemin d’accès à une réalité que seuls les poètes et les ''croyants'' connaissent. En admettant la dimension mythique de la Bible, les théologiens allemands mirent en meilleur jour la dimension symbolique de toute connaissance religieuse.

 

Les bouillonnements culturels qui se produisent outre-Rhin intriguent les français. Victor Cousin (1792-1867) décide d'aller sur place, entreprend plusieurs voyages en Allemagne de 1817 à 1824, rencontre Schleiermacher, Goethe, Creuzer et surtout Hegel, avec qui il se lie durablement. Dans ce courant de sympathie pour la culture allemande, il entraîne bientôt Michelet, puis Edgar Quinet.

Minna Quinet en 1841

Ce denier surtout fait de très longs séjours en Allemagne où il réside de décembre 1826 à 1838. Il épouse Minna la fille d'une pasteur du Palatinat. En 1827, il fait paraître la traduction de l'ouvrage de Herder : Idées sur la philosophie de l'Histoire de l'humanité (1784-1791).

(...)

Cousin et le courant spiritualiste dont il est le chef de file sont soucieux à la fois de garder à la religion son rôle dans la société et de ne pas redonner au catholicisme la situation qu'il occupait sous l'Ancien Régime. Ils le souhaitent plus ouvert et déplorent l'inertie de la théologie française devant les innovations allemandes. Le grief devient public grâce aux articles publiés par Quinet dans la Revue des deux mondes en 1838 et 1842.

 

Sources : La Bible en France: Entre mythe et critique, XVIe-XIXe siècle, de François Laplanche (1928-2009) : historien français, spécialiste de la pensée religieuse en France.

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Le juif errant - Ahasvérus et Rachel -

Publié le par Perceval

Minna à Grünstadt

Edgar Quinet - 1833 -

A Heidelberg, en ce printemps 1827, Edgar Quinet rencontre Minna, il découvre la femme idéale, avec ses qualités particulières : « la sérénité, la douce et profonde paix d'une âme allemande, la fraîcheur, la sympathie, la résignation et les courage, la foi »... Il croit respirer en sa présence « le souffle même de l'Allemagne.... »... La réalité est plus tourmentée, et -en 1831 - les fiancés se séparent... Pour elle l'amour conjugal ne consiste point en un feu dévorant (Eros), mais dans le rayonnement d'une chaleur bienfaisante ( Agapé..) ; Minna cherche à préserver sa féminité, sa pudeur... Croyant le libérer, elle congédie Edgar ; mais elle se sent indissolublement liée à lui, elle l'aime dit-elle, plus qu'elle ne croit qu'il l'aime ...

Minna Quinet en 1841

Ils se réconcilient, en décembre 1833... Pourtant, Quinet s'est laissé accrocher par Miss Mary Clarke, son aînée de dix ans, sorte de pythie de salon de laquelle peut dépendre le succès social...

 

En 1834, il épouse Minna... Elle décédera en mars 1851... En 1852 à Bruxelles il se mariera avec Hermione Ghikère Asaky (1821-1900)

« C'est avec la présence de Minna que Quinet pourra atteindre sa vocation spirituelle ; Minna est la sibylle qui l'a délivré du grotesque et élevé au sublime. Elle lui a montré la vertu de la simplicité.. » C'est ce qu'en dit Willy Aeschimann, dans son ouvrage majeur sur Quinet : La pensée d'Edgar Quinet...

 

M. Chagall - Le juif errant

Dans Ahasvérus le personnage principal tombe amoureux de Rachel, jeune femme qu'il rencontre en Allemagne au cours de son éternel périple. Il ignore que Rachel, humble servante de Mob, est en vérité l'ange qui pleura au ciel lorsque le Christ lança sa malédiction contre lui.

 

Au fond d'une maison noire, à l'angle d'un carrefour, une vieille femme se chauffe dans les cendres. Près d'elle est assise une jeune fille, Rachel... La femme qui passe pour être sa mère n'est autre que Mob...

Si la politique ne vous convient plus, jetez-vous dans la religion, conseille Mob à Ahasvérus: « où la vie se passe à vivoter. »...Mais, l'Amour a éveillé en lui le désir de l'infini …

 

Chagall, - Les Amoureux -

 « (…) Mob, la vieille, c’est la matière qui a vécu autant que le Juif errant, et qui vieillira comme lui ; tous les mauvais instincts, tous les appétits déréglés, les inclinations matérielles, Mob les résume et les représente. La jeune Rachel représente le contraire : c’est la spiritualité, l’âme, le dévouement confiant, l’amour inépuisable, l’espérance céleste. Rachel est la servante de Mob, comme l’esprit est soumis à la matière, comme l’âme obéit au corps. Sans ces deux femmes, Ahasvérus n’est rien, avec elles il est tout : un mélange de foi et de doute, de résignation et de colère, d’amour et de haine ; c’est le véritable homme moderne, tel qu’une civilisation en marche a dû le constituer. » P. A. E. Girault de Saint-Fargeau (1839)

 

Ahasvérus éprouve pour Rachel de la passion : « Oui, tout est attaché pour moi à la possession de cet être délicieux ;le reste du monde est vide. Je le sais, je le connais ; les mers, les lacs, les forêts, je les ai visités ; mais il me manquait une place dans ce cœur, et c'est là qu'est l'univers ».

 

Rachel incarne le pardon qui est seul capable de racheter le Juif errant. C'est elle qui en partageant la douleur de son amant lui apporte compassion et consolation. « Le paradis, c'est toi », déclare Ahasvérus ; Rachel lui répond qu'elle l'aime autant que Dieu. Dans la femme l'homme découvre la possibilité de recréer l'unité perdue. « Tu es toute chose », dit Ahasvérus à Rachel, « et tout ce qui n'est pas toi n'est rien ».

Lors de la ''troisième journée '' Les scènes à Heidelberg – entre Rachel et Ahasvérus sont la transposition de ce qui s'est passé entre Minna ( la fiancée ) et Edgar : la mort de cet amour ; et avec Mob, la mort d'un certain esprit catholique. Ensuite, lors des scènes à Strasbourg, la cathédrale représente la mort du christianisme médiéval...

Dans la quatrième « journée », Quinet met en scène un monde qui est en train de mourir, l'amour qui tarit, représente la condition spirituelle de l'homme moderne...

Ahasvérus se rend compte que l'amour d'une femme ne lui suffît plus .. !

Finalement, il n'y aurait que Dieu qui pourrait remplir le vide infini de l'âme : « Pour me rendre le repos, c'est une religion nouvelle qu'il me faudrait, où personne n'aurait encore puisé. C'est elle que je cherche. C'est là seulement que je pourrai abreuver la soif infinie qui me dévore »

A son amant Rachel répond que c'est dans le Christ qu'ils pourront se perdre tous deux.

 

Puis, la Femme affirme que son amour est plus fort que la mort : « Avec toi », dit-elle à son amant, « sans Dieu, sans Christ, sans soleil, je te jure que je n'ai besoin de rien ».

 

Au jour du Jugement Dernier Ahasvérus refuse le repos que le Christ veut lui accorder ; il préfère, au contraire, repartir à la recherche d'un dieu inconnu...

 

A la fin de cette quatrième journée du poème, Ahasvérus et Rachel, terre et ciel, ne forment plus qu'un seul être, « archange infini », sorte d'androgyne collectif parti à la conquête de l'avenir...

Ahasvérus, homme éternel est transfiguré sous la conduite de la femme, symbole de l'esprit, de la foi, de l'espoir, selon la mystique du couple...

 

Sources : Willy Aeschimann: La pensée d'Edgar Quinet...

 

A suivre : l'histoire de Viviane, Merlin de Edgar Quinet.

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Le juif errant: Ahasvérus d'Edgar Quinet

Publié le par Perceval

Les positivistes tiennent Quinet pour un idéaliste embrumé et mystique ; et, la critique catholique fait de ce pourfendeur des jésuites, un athée … ! En fait, Quinet a une pensée religieuse libre, ennemie du cléricalisme... Il se veut le prophète d'une religion affranchie de l'intolérance et du parti-pris, qui associerait les « cultes frères...dans la Cité promise »

La Compagnie de Jésus

 

Avec Michelet, il dénonce publiquement en 1843 « l’esprit de mort » de la compagnie de Jésus et prêche pour une Révolution, faisant naître des mobilisations de leurs étudiants au Collège de France. Ils sont dès lors tous deux suspendus du Collège de France. La Révolution de 1848 leur rouvre les portes du Collège de France. Mais Edgar Quinet préfère se faire élire député de l’Ain à la Constituante, puis à la Législative. Il s’oppose aux décisions visant à protéger le pape face aux troupes patriotes de Garibaldi, et en tant que républicain, il s’exile après le coup d’Etat de Napoléon III et la proclamation du Troisième Empire le 2 décembre 1852.

Edgar Quinet (1803-1875)

Commence alors la période de l’exil en Belgique, puis en Suisse, pendant laquelle il produit alors de nombreux ouvrages politiques, critiquant l’héritage de la Révolution responsable des échecs des Ière et IIème Républiques. A la proclamation de la Troisième République, en 1870, il se fait élire représentant de Paris en février 1871. Il rédige en 1872 La République et en 1874 L’Esprit nouveau. Jusqu’à sa mort le 27 mars 1875, il s'oppose au projet de Thiers d’une « République sans républicains ».

 

Auparavant, c'est la figure du '' juif errant '' qui a retenu son attention, avec une épopée en prose '' Ahasvérus'' (1833)

« chaque lieu de la nature, chaque moment de la durée ayant son génie propre, représente la Divinité sous une face particulière ; […] il n’est pas un point égaré dans l’espace ou le temps, qui ne figure pour quelque chose dans la révélation toujours croissante de l’Éternel. […] La terre enfante véritablement son dieu dans le travail des âges. » ( E. Quinet - Du Génie des religions, 1842 )

 

Ahasvérus

Wilhelm August Lebrecht Amberg

Cette œuvre, se présente comme un « mystère » (médiéval), avec une succession de tableaux, une succession chronologique d'épisodes majeurs qui ponctuent les rapports de Dieu et des hommes. Le prologue et l'épilogue se situent hors des temps historiques, et encadrent quatre journées qui correspondent chacune à une période ou un événement clef.

 

Dans le prologue, 3500 ans après le Jugement dernier ( la fin du monde) – la création (mauvaise) a été détruite et avant d'en créer une autre..., les archanges jouent, devant Dieu et ses saints, une pièce qui représente l’histoire du monde passé.

Le héros sera le Juif Errant et, après un rappel de l’aventure humaine depuis les origines, sur l’Himalaya, on suit les pérégrinations d’Ahasvérus, condamné à ne jamais mourir...

 

La première journée «  La Création » s’étend de la Genèse à la Nativité et s’attarde longuement au début sur la relation qui unit à Dieu les êtres primitifs, monstres : dialogue de quatre monstres de l’Orient : le Serpent, Léviathan, le Poisson Macar et l’Oiseau Vinateyna ; puis, on entend le chœur des Géants et des Titans , et l’Océan qui renâcle à l’idée d’être chargé d’anéantir la terre par le déluge.

La deuxième journée, « La Passion », introduit la légende du Juif errant : Jésus gravit l'âpre sentier qui mène au Golgotha, et, chancelant sous sa croix, il implore l'assistance d'Ahascerus, qui le repousse. Le Christ le maudit, et le condamne à marcher toujours plus avant. Il commence alors son errance jusqu’à assister à l’invasion des Barbares du Nord.

<-- Chacun meurt à son tour. Et moi je vis toujours. Le Juif errant G. Doré -1862

La troisième journée, « La Mort », se déroule au Moyen-Age et confronte Ahasvérus à deux personnages féminins antithétiques : Mob, figure cynique de la mort qui raille tout amour et toute croyance, et Rachel, ange banni du Ciel pour avoir éprouvé de la compassion pour Ahasvérus : changé en femme, il est condamné à devenir sa compagne à jamais... C’est elle qui aide le Juif errant à comprendre le sens de sa mission et le prépare à affronter « le Jugement dernier ». Rachel fait monter jusqu'au ciel un cri de miséricorde... Nous sommes arrivés à la dernière limite du temps présent.

La quatrième journée, « le jugement dernier », s’ouvre sur le jugement de l’Océan et se clôt sur celui d’Ahasvérus, consacrant par cet encadrement la superposition de ces deux figures dans l’affirmation d’un perpétuel dépassement de soi.

L'amour entre Rachel et Ahasvérus, vaut au maudit son pardon, et le couple s’élance alors à la conquête d’« étoiles inconnues », symbole de l’humanité qui progresse sans fin

L’épilogue enfin annonce la mort de Dieu, et du Christ : pour donner naissance à « un nouvel Adam ».

Le juif errant traverse les mers, les rivières, les ruisseaux - G. Doré

Dans la perspective de la conversion finale de Satan, image de la fin de l’histoire, Merlin l’Enchanteur récapitulera semblablement les temps et les dieux ; à l’occasion, on rencontre même : Ossian ; Psyché converse avec le roi Artus, Merlin et la fée Viviane consolent « le bon Encelade » enseveli sous l’Etna… Avec Ahasvérus et Merlin, Quinet nous donne une sorte de mythologie de l’histoire universelle. 

A suivre : avec l'histoire d' Ahasvérus et Rachel

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