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Voyage en Allemagne – Heidelberg, 1

Publié le par Perceval

Pendant ce voyage en Allemagne, Anne-Laure de Sallembier souhaitait absolument passer à Heidelberg; et pour plusieurs raisons...

L'une concerne l'attachement de son grand-père à Edgar Quinet, qui lui a donné l'occasion d'entendre souvent parler de cette ville...

Et surtout, les documents de travail laissés par Jean-Léonard de la Bermondie, et son grand-père Charles-Louis de Chateauneuf, étaient particulièrement pénétrés de la période romantique allemande...

* Charles-Louis de Chateauneuf a reçu comme un immense privilège l'attachement du professeur Edgar Quinet (1803-1875) à son égard... Beaucoup de choses les rapprochent : le goût pour le Moyen-âge, pour les philosophes allemands et pour Madame de Staël...

Edgar Quinet 1833

Je rappelle qu'en 1827, Edgar Quinet arrive à Heidelberg et y reste deux ans : ce sera un moment capital de sa vie. Il souhaitait se confronter à la lumineuse Allemagne ''staëlienne'' ( Germaine de Staël)... Il est suffisamment enthousiaste dans sa correspondance, que Michelet vient le rejoindre en août et septembre 1828.

La découverte d’Heidelberg – et la place centrale de son université - est pour Quinet la découverte d’un ''pays d’université''. Il arrive au moment où l’université de Heidelberg s’érige en mythe, en s’appuyant sur une ancienne tradition...

Au cours d'un spectacle, parmi les chanteuses, une jeune fille en bleu le frappe et le jeune homme, déjà amoureux de la ville et de la musique, va tomber amoureux d'une jeune allemande de Grünstadt, et quand il quittera le pays, il sera fiancé à Minna Moré qu’il épousera ensuite.

« Pas une vallée, pas un recoin de ces bois, pas un détour du Neckar, ne me plaît autant que ma douce Heidelberg.

« Jamais, quoi qu’il arrive, je ne penserai à ces montagnes, à cette ruine, à ce fleuve qu’avec regret et le désir de m’y retrouver encore »

A lire ICI à propos de E. Quinet: LA RENCONTRE AVEC E. QUINET

Le romantisme allemand contraste avec ''Les Lumières'' (l'Aufklärung) parce qu'elles ''dépoétisent'' l'univers ; mais il n'est pas ''irrationnel''...

Le premier cénacle romantique part de Iéna, avec Fichte, Schlegel, Schelling, Novalis … dont nous avons déjà beaucoup parlé ; parce qu'il avait beaucoup intéressé à la suite de Germaine de Staël, Jean-Léonard de la Bermondie, émigré alors, et de passage à Coppet, et séjournant en Suisse et en Allemagne...

Ensuite, une autre génération de romantiques sort de Heidelberg : Clemens Brentano (1778-1842), sa sœur Bettina (1785-1859) impulsive et excentrique, épouse le prussien Achim von Arnim (1781-1831), auteur de contes fantastiques ; et les frères Grimm Jakob (1785-1863) et Wilhelm (1786-1859) qui voient dans les contes et les traditions populaires ''le génie'' du peuple... .

Joseph von Görres (1776-1848), qui, après avoir été révolutionnaire et républicain « cisrhénan », puis champion de la résistance à Napoléon ; était devenu professeur à Heidelberg, où il a, le premier, rassemblé et publié les récits de la mythologie germanique.

Heidelberger Liederhandschrift

 

L'autre raison qui incite Anne-Laure de Sallembier à s'arrêter à Heidelberg est son intérêt pour des enluminures ; qu'elle a souvent admirées dans un ouvrage auquel elle tient : un Fac-similé d'un extrait du Manessischen Handschrift, manuscrit Manesse (Insel-Bücherei 1900)

 

** Vous connaissez sans-doute – du moins quelques images de la série des illustrations qui le compose – le Codex Manesse. Le manuscrit compte 137 miniatures en pleine page, réalisées - à la demande de la famille Manesse - entre 1310 et 1340, avec des textes de chansons d'amour courtois composées en allemand médiéval par près de 140 Minnesänger ( troubadours)...


A lire ICI: à propos du Codex Manesse:

En cette fin du XIXe siècle, et suite à un vol massif de manuscrits extrêmement précieux par le Comte Guillaume Libri (1803 -1869), la Bnf va récupérer nombre d'entre eux, grâce entre autres...- à la restitution à Heidelberg, du Codex Manesse : il faisait partie en effet de la célèbre collection de livres du palatinat du Rhin à Heidelberg, la Bibliotheca Palatina (1607).

le Codex Manesse

Anne-Laure de Sallembier est une amatrice de ces manuscrits. Elle connaît Léopold Delisle (1826-1910) un ami de son mari, administrateur de la Bibliothèque nationale , qui va répertorier et tenter de récupérer beaucoup des trésors volés...

Donc, le Codex Manesse vient de retourner à la bibliothèque de l'université de Heidelberg... Et, Anne-Laure profite de ce voyage pour s'y rendre et tenter d'admirer l'original, avec une lettre d'introduction de Léopold Delisle...

A la fin du XVIe siècle, le Codex Manesse, est en possession de la cour palatine de Heidelberg.

En 1622, pendant la Guerre de Trente Ans (1618-1648), le manuscrit est sauvé lors de la prise de Heidelberg par les troupes de la Ligue catholique... Le prince Frédéric V du Palatinat, et sa femme Élisabeth Stuart emportent le document, avec les trésors familiaux les plus précieux, dans leur exil à La Haye. Plus tard, Élisabeth ayant des besoins d'argent de plus en plus importants après la mort de son mari en 1632, est contrainte de vendre le précieux codex ; qui rejoint, peu après, la bibliothèque personnelle de l'érudit français Jacques Dupuy qui, à sa mort en 1656, lègue sa collection au roi de France.

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La vie mondaine -3- Judith Gautier - L'occultisme

Publié le par Perceval

Théophile Gautier, le père de Julie, est l'auteur d'Avatar, de Jettatura et d'autres contes fantastiques ; il a entretenu des rapports avec les milieux spirites.

Honorine Huet (1840-1915) est l' institutrice de Judith, et sans-doute la maîtresse de Théophile Gautier; il parle d’Honorine en ces termes: : « Elle était affiliée à toutes sortes de sociétés singulières, à des êtres inspirés, qui fréquentaient chez les esprits, et ne voyaient que le monde invisible. » 

Judith Gautier - 1885 - Sargent

 

Edmond de Goncourt, dans son Journal, dimanche 28 décembre 1873, note :

«Au convoi de François Hugo, nous sommes accostés, Flaubert et moi, à la sortie du Père-Lachaise, par Judith. Dans une fourrure de plumes, la fille de Théo est belle, d'une beauté étrange, presque effrayante. Son teint est d'une blancheur à peine rosée, sa bouche découpée comme une bouche de primitif sur l'ivoire de larges dents, ses traits purs et comme sommeillants, ses grands yeux, où des cils d'animal, des cils durs et semblables à de petites épingles noires, n'adoucissent pas d'une pénombre le regard, donnent à la léthargique créature l'indéfinissable et le mystérieux d'une femme-sphinx, d'une chair, d'une matière dans laquelle il n'y aurait pas de nerfs modernes. (…) Puis, afin que tout fût bizarre, excentrique, fantastique dans la rencontre, Judith s'excusa auprès de Flaubert de l'avoir manqué la veille: elle était sortie pour prendre sa leçon de magie - oui, pour prendre sa leçon de magie!»

 

(…) Quelques jours auparavant, le 4 décembre, Victor Hugo avait noté dans ses carnets: « Mme Mendès ( Julie est alors mariée à Catulle-Mendès) m'a amené son sorcier, qui n'est autre que l'abbé Constant, jadis mari de la belle Claude Vignon, aujourd'hui occupé de Kabbale sous le pseudonyme d'Éliphas Lévi, petit homme à barbe blanche. »

Eliphas Levi

 

Éliphas Lévi (1810-1875) - De 1857 à 1864, il tient boutique de magie 19, avenue du Maine. Il s'installe ensuite au 155, rue de Sèvres, d'où il ne bougera plus jusqu'à sa mort, le 31 mai 1875, des suites d'une maladie de cœur.

Le 29 juin 1874, il écrit à Judith cette lettre si tendrement fleurie où l'on voit qu'il s'inquiète de ses chagrins: « Que devient ma belle déesse antique? Que fait ma ravissante jeune amie? Son autel domestique est-il encore debout? a-t-il été brisé par la foudre? S'il était en marbre comme son cœur ou divisé par un trait de scie, s'il était en bois comme les arbres qui donnent les rosiers et les roses? oh la scie conjugale! je la connais... bref donnez-moi de vos nouvelles, je vous ai dit qu'autrefois j'avais peur de vous regarder c'est-à-dire de vous aimer. Maintenant le mal est fait; je vous ai regardée et vous m'oubliez! je ne vous dis pas que je voudrais en faire autant, mes souvenirs y perdraient trop: faites donc l'aumône de quelques lignes (je n'ose pas dire d'une visite) au vieux sorcier qui vous adore. Je baise respectueusement vos belles mains. »

Par Judith, Éliphas Lévi (1810-1875) connut Mendès, par Mendès connut Villiers de l'Isle-Adam, etc. De proche en proche, il étendait ainsi le cercle de ses relations mondaines, ce qui lui permettait de sélectionner ses élèves en sciences ésotériques, Mme Veuve Balzac, par exemple.

 

Durant l'été de 1869, Judith rencontra à Munich, Édouard Schuré (1841-1929), écrivain, philosophe et musicologue français, le jour même où elle fit la connaissance de Liszt, chez une amie très chère de Cosima von Bülow, la gracieuse comtesse Schleinitz, femme du ministre de la Maison royale de Prusse et célèbre salonnière allemande.

Richard Wagner in Bayreuth [de gauche à droite, au premier rang : Siegfried et Cosima Wagner, Amalie Materna, Richard Wagner. Derrière eux : Franz von Lenbach, Emile Scaria, Fr. Fischer, Fritz Brand, Herman Lévi. Puis Franz Liszt, Han Richter, Franz Betz, Albert Niemann, la comtesse Schleinitz ( assise), la comtesse Usedom et Paul Joukowsky / [reprod. photomécanique d'une peinture à l'huile de G. Papperitz] – 15 mars 1884 -Bnf-Gallica

Edouard Schuré, alors, lui loue une autre femme : la comtesse Keller, polonaise de grande allure, née Marie-Victoire de Risnitch, nièce d'Éveline Hanska ( l'épouse de Balzac) par sa mère Rzewuska... Il évoque son « esprit supérieur », et n'hésite pas à l'inscrire dans la valeureuse cohorte des Femmes Inspiratrices ; qui elle aussi serait en recherche du ''Grand-secret''. Elle est riche, et appartient au cercle des intimes de l'impératrice Eugénie....

<- La Comtesse De Keller (marquise de Saint Yves d'Alveydre) 1873 - (Alexandre_Cabanel)

Et précisément, à Paris en 1876, Alexandre Saint-Yves d'Alveydre (1842-1909) - théosophe et occultiste, fait sa connaissance ; c'est le tournant de sa vie... D'Alveydre est un rebelle, qui enfant déjà est contraint à la ''colonie pénitentiaire'' ; puis l'armée et l'école de médecine navale … A Jersey, il rencontre Victor-Hugo ; et en Angleterre, Sir Edward Bulwer Lytton, grand maître de la société rosicrucienne et auteur d'un livre ''Zanoni'' ( publié la première fois en 1842, Zanoni préfére perdre son immortalité, que de sacrifier son amour...) qui sous le couvert d'une histoire 'fantastique' raconte les différentes étapes d'un développement spirituel... Edward fut un écrivain favori de Mary Shelley...

Edward Bulwer Lytton, va publier en 1871, '' The Coming race'' où il met en scène la mystérieuse société secrète du '' Vril '', composée d'une race d'hommes souterraine qui disposent d'immenses pouvoirs psychiques d'origine divine et d'une connaissance approfondie des secrets de la nature d'où découle le suprême bonheur... ( A lire dans de prochains articles...)

Saint-Yves d’Alveydre, le théoricien de la Synarchie

En 1895, Alexandre Saint-Yves d'Alveydre perd son épouse; inconsolable, il quitte Paris ( pour Versailles..) , et ses relations... et se consacre dans la solitude à l’élaboration de "l’Archéomètre"...

Le Musée d'Orsay possède ce très beau portrait (1873) de la comtesse Keller, devenue plus tard, après son divorce, marquise de Saint-Yves d'Alveydre...

 

C'est Judith Gautier qui a introduit Joséphin de Péladan (1858-1918) au wagnérisme et à Bayreuth. Du fait de ses tenues excentriques, Cosima Wagner, ne voudra pas le recevoir...

En 1890, il fonde l'Ordre de la Rose-Croix du Temple et du Graal... En 1892, il lance une exposition d'art annuelle intitulée Le Salon de la Rose + Croix, qui englobe le mouvement symboliste, et touche des milliers de visiteurs...

Sâr Peladan 1892

Joséphin de Péladan publie le résumé des opéras de Wagner en français accompagné de ses notes dans un ouvrage intitulé Le Théâtre complet de Wagner en 1894. Il dédie cet ouvrage à Judith Gautier :

« Combien d'heures wagnériennes j'ai passées auprès de Vous en ce Pré des Oiseaux, nid de verdure et de pensée où vous accueillez vos amis, l'été ! 

Parmi ces heures très nobles, je veux en célébrer une. Il y a cinq ans de cela, j'habitais plutôt la mer de Bretagne que la terre de Bretagne, sur ce fin voilier le Mage (capitaine Poirel), qui a cassé son amarre une nuit et s'est brisé sur les cailloux, malgré les pentacles qui l'étoilaient, C'était un soir de Vaisseau Fantôme, nous avions dansé singulièrement au passage du Décollé; et à grand' peine, par un vent debout, nous avions jeté l'ancre à Dinard : tandis que mon ami Poirel, suffète de la Rose-Croix, mettait des béquilles à la nef des initiés, dans la nuit tempétueuse, je cherchai le Pré des Oiseaux : je parvins à la grève et non à la porte, et ce fut par la porte-fenêtre du salon que j'entrai couvert d'embrun, avec un coup de vent à éteindre tous les cierges de la piété espagnole. 

     C'était, pour qui connaît Votre glorieux esprit, la meilleure façon d'être le bienvenu : il y avait là Benedictus le maestro de Turandot et de la Sonate du Clair de Lune, et Fournier, l'auteur de Stratonice : on parlait de Wagner, je fis ma partie en ce quatuor d'enthousiasme ; mais quelles basses formidables l'océan pédalait ce soir-là, couvrant nos voix, faisant craquer les vitraux en leur liséré de plomb ! 

     Soudain, vous vous levez disant, très grave : "Je vais chercher les reliques." Revenue avec une sorte de reliquaire, en effet; après avoir étendu une nappe blanche, vous exposiez à notre dévotion : des cheveux blancs, du pain séché et une liasse de lettres. Ces cheveux avaient couvert la tête sublime qui conçut la Tétralogie; ce morceau de pain, le maître l'avait porté à sa bouche, au banquet de Parsifal; ces lettres en français étaient toutes de la main qui écrivit Tristan.  

     A haute voix, dans une émotion incessée, je lus ces pages évocatrices de la plus belle réalité qu'une femme ait jamais rêvée; et ce fut là vraiment une belle nécromancie, une inoubliable nuit, car l'aube posait sa face livide aux fenêtres avant que nous fussions revenus de notre extase. Fille de Théophile Gautier, amie de Wagner, après ces honneurs, y a-t-il place pour louer Vos visions d'Orient : Dragon impérial et Conquête du Paradis, Vieux de la Montagne et Iskender? Tout pâlit devant Votre naissance et la tendresse de Wagner pour Vous, Oublieux des beaux loisirs de Saint-Enogat, de l'intellectuelle hospitalité, je ne commémore ici que cette insomnie wagnérienne où j'ai senti le frisson même déjà vibré à Bayreuth.

     Que ce livre de prosélytisme soit pour Vous le souvenir de mon amitié et de ma gratitude. » Péladan

Judith est intéressée par la Rose + Croix Catholique du Sâr Péladan... Malgré les outrances de celui-ci, elle reçoit son initiation ésotérique, et écrit en 1900 le ''Livre de la Foi nouvelle'' publié anonymement, sorte de testament métaphysique …

Aussi, quand en ce début du siècle, j’imagine la rencontre entre la jeune Anne-Laure et Judith, qui a passé cinquante-cinq ans : la discussion pourrait être celle ci ( reprenant les termes de ce que Judith dit dans son livre...) :

- La gnose établit-elle que la matière, serait tournée vers le mal... Et, l’esprit vers le bien... ?

- Pourquoi, le Bien et le Mal … ? Effectivement, à la création, la nature se présente sous deux pôles, l'esprit et la matière, qui s'interpénètrent... Nous développons alors une image : celle de L'esprit, qui en descendant dans la matière, se ''sacrifie''... La bonne nouvelle, c'est que de ce sacrifice naît la conscience de l' homme.

- Justement, si par sa conscience l'humain se libère de la matière... en quoi a t-il besoin du Divin ?

- C'est vrai, l'homme peut par sa conscience et sa volonté obtenir la délivrance... Ce serait un peu, comme si en possession de la Pierre, tu aurais la possibilité d'en faire un diamant...

- Ce serait quoi, cette Pierre ?

- C'est ton âme … ! «  la fine pointe de l’esprit... » Nous avons notre vie, pour arriver à parvenir à ce travail alchimique … Pour qu'au moment de la mort, notre âme autonome, puisse ainsi se dégager de la matière ...

Anne-Laure, qui a reçu une éducation catholique, demanderait alors, en insistant : - par notre seule volonté … ?

- Notre volonté, c'est vrai nous permet d'accéder à une Connaissance, à un savoir … mais les mystiques nous enseignent que le savoir n'est pas une possession, mais seulement le ticket d'entrée vers une contemplation d'un mystère. ..

Notre volonté nous permet plus ici d'accéder à une forme de patience, que d'une force ou d'un pouvoir...

- Cette patience, ce pourrait être de l'amour... ?

- Exactement... !

 

Finalement, Anne-Laure, dans le Livre de la foi nouvelle, trouve un écho aux grands romantiques allemands ; comme Schelling que lui a transmis sa tradition familiale...

 

Sources : de Agnès de Noblet : ''UN UNIVERS D'ARTISTES Autour de Théophile et de Judith Gautier'' - dictionnaire – L'Harmattan 2003

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L'Histoire de Lanzelet -2-

Publié le par Perceval

Lanzelet est un roman du cycle arthurien en moyen haut-allemand écrit vers 1200 par l'auteur de langue allemande Ulrich von Zatzikhoven. Il est une adaptation d’un « livre français » aujourd’hui perdu ...


 

Suite....

Lanzelet n'a aucune expérience, Il rencontre sur son chemin un nain qui l'humilie et le fouette. Heureusement il rencontre un chevalier, Johfrit de Liez, qui s'intéresse à lui , et lui apprend les premiers rudiments de chevalerie

Lanzelet rencontre les chevaliers Kuraus et Orphilet avec lesquels il entre dans la maison du forestier Galagandreiz. Pendant la nuit qui suit, Lanzelet répond aux avances de la fille de Galagandreiz. Ce dernier découvrant sa fille dans le lit de Lanzelet est pris de rage. Il s'ensuit un combat où Galagandreiz trouve la mort. Lanzelet épouse la fille du forestier, qui trouve que son père ne peut avoir un meilleur successeur... Après un temps de bonheur conjugal, Lanzelet retrouve l'aventure...

Il arrive dans la ville de Limors, où règne une coutume inflexible: aucun étranger ne doit traverser la ville en armes. Lanzelet, qui l'ignore, y entre armé. Aussitôt les habitants se jettent sur lui et l'emprisonnent. Grâce à l'amour qu'il inspire à la belle Ade, nièce de Linier, seigneur de Limors, il est sauvé de la mort qui l'attendait et délivré de prison; mais il doit répondre au défi du seigneur... Lanzelet se lance dans l'aventure en le défiant. Il doit combattre un géant, puis deux lions, et enfin, le seigneur Linier de Limors lui-même, qu'il tue. Ade lui abandonne sans rancune son cœur et ses terres.

Lanzelet apprend que le roi Arthur donne un grand tournoi, il s'y rend avec sa nouvelle amie, et il triomphe dans la joute avec tous les chevaliers fameux qui se mesurent avec lui... Il ne lève pas la visière de son heaume, et reste le chevalier inconnu; puis, il part comme il était venu.

Sur le chemin du retour vers ses terres, Lanzelet se rend à Schatel-le-Mort, le château de Mabuz, le fils de la Reine des Fées. Mais, il subit un terrible enchantement: - Pour préserver son fils des atteintes de son ennemi Iweret, la fée a fait en sorte que tout chevalier qui en franchit la porte devient aussitôt le plus couard des hommes, fût-il le plus preux de tous. Lanzelet subit le charme...! Alors Ade, qui est restée en dehors, voit son ami se laisser saisir, insulter, désarmer et mener en prison sans opposer la moindre résistance...! Désolée, et ne pouvant rien faire; elle s'en va, et renonce à un ami si peu digne d'elle...!

Cependant Mabuz, est attaqué par son dangereux voisin Iweret, qui fait le siège de son château ( sans y entrer ...!)... Mabuz a l'idée de se servir de la prouesse de son prisonnier. Lanzelet refuse absolument tout combat ; il faut l'armer de force et le traîner hors de la porte; et à peine est-il à cheval qu'il redevient lui-même, il va provoquer Iweret, le tue, et, encore une fois, gagne l'amour de sa fille. Lanzelet avec la main d'Iblis, reçoit le riche patrimoine de son père.

Apparaît alors, une messagère de la reine des fées qui révèle à Lanzelet ses origines ( l'héritier du royaume de Genewis...) et son nom. Lanzelet apprend aussi qu'il est le neveu du Roi Arthur, qu'il veut rencontrer ….

Lanzelet apprend que le roi Valerin est venu à la cour d'Arthur revendiquer la possession de Ginover ( la femme du roi ), qui - prétend-il- lui était promise avant d'épouser Arthur. L'affaire doit se décider par un combat singulier que personne n'ose soutenir, tant Valerin passe pour redoutable. Lanzelet arrive à Caradigan, livre le combat... Il est vainqueur, et il se fait connaître comme neveu d'Arthur... Lanzelet est alors admis parmi les chevaliers de la Table Ronde; Iblis est reçue à la cour avec grand honneur ; et les chevaliers d'Arthur fêtent cet heureux dénouement.

Lanzelet se souvient de l'affront subi, en la personne du nain au fouet, devant la forteresse de Pluris, il s'y dépêche pour se venger.... Il apprend qu'on ne peux épouser la reine de Pluris que si on défait les cent chevaliers qui l'entourent... Personne n'a réussi, et on ne tente plus cette épreuve impossible ! Lanzelet ne peut résister au désir de l'affronter, bien qu'il n'ait pas le dessein de profiter de sa victoire....

Il combat et vainc les cent chevaliers. Mais la reine, s'éprend de lui et ne le laisse pas sortir de son château....

A la cour d'Arthur, sa disparition étonne, puis inquiète, surtout Iblis.

A suivre...

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Anne Laure de Sallembier (1875-1951)

Publié le par Perceval

Fille de Charles. L. de Chateauneuf... et de Mme J. , reconnue par son père adoptif, époux de sa mère... Cécile-Joséphine J. est née en 1851... Elle vécut enfant avec sa mère, mais connut semble t-il assez bien son vrai père.

Elle épousera l'héritier d'une famille de commerçants, Louis-Ferdinand Vétillard, qui est donc le père d'Anne-Laure ( fille unique), un notable commerçant de Paris...

 

La lignée dans laquelle s'inserre Charles-Louis de Chateauneuf, est occultée assez souvent par une naissance non légitime... C'est le cas, pour ce qui le concerne, puisque né en 1816 à Limoges - enfant adultérin - il serait le fils ou neveu : de M. Joseph Châteauneuf ( né en 1759) et de Marie-Catherine-Louise de la Bermondie d'Auberoche ( née en 1780) , mariés en 1803.

Marie Catherine de La Bermondie, née vers 1780, a pour parents: Jean Léonard de La Bermondie né le 16 avril 1739 et Jeanne de VILLOUTREYS née vers 1740 ou 1750... J'ai évoqué sa vie, et son parcours sur la Quête du Graal, dans des articles précédents ...

Charles-Louis a été placé en nourrice dans la campagne limousine environnante, et a grandit ainsi, avant d'intégrer le collège royal de Limoges, en qualité d'interne...

Les documents qui nous servent de fil rouge sur cette Quête, s'enrichissent dans le temps, mais ignorent parfois une ou deux générations...

Il semble que ce soit Anne Laure de Sallembier (1875-1951), la petite-fille de Charles Louis de Chateauneuf, qui ai pris la suite de la Quête...

Anne-Laure, unique héritière d'une riche famille de négociants qui a fait fortune dans le commerce des tissus au long du XIXe siècle, épouse donc le Comte de Sallembier, aristocrate – de trente ans de plus qu'elle - qui après une vie de célibataire longue et épicurienne, a su (?) monnayer son titre...

La généalogie indiquerait en amont de ces négociants en toile une Mlle Adélaïde Haton de la Goupillière devenue Mme Vétillard, morte à Pontlieue le 30 décembre 1800 ; et dont le mari faisait commerce de toiles....

* A noter: un peu plus tard, nous retrouverons Julien Napoléon Haton de La Goupillière (1833-1927) qui est un savant français, directeur de l'École des mines de Paris de 1887 à 1900, président de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale de 1888 à 1892 et de la Société mathématique de France en 1890, et vice-président du conseil général des mines de 1900 à 1903. Il était doyen de l'Académie des sciences.

Toile Mayenne

La première génération – en Mayenne - négocie la toile de lin.. Puis, le coton va se substituer au lin. La famille ne s'occupe pas à cette époque de tissage mais seulement de négoce et de finition des tissus. Une autre génération ajoute la fabrication de coutils et calicots, puis intervient en tissant et assurant sa totale finition. Le négoce est ainsi doublé d'une réelle activité industrielle.

Autour de 1850, le grand-père est membre de la Chambre consultative, lieutenant de la Garde Nationale. Un peu plus tard juge de commerce... Avant, enfin, de monter à Paris...

Louis-Ferdinand Vétillard, devient un notable commerçant de Paris. Il fut juge du Tribunal de commerce de Paris et membre de la Légion d'Honneur...

Il est propriétaire de biens immobiliers ( la moitié de son patrimoine...) , et d'une propriété à Villeneuve le Roi. Ce domaine a environ 110 ha, comporte une belle demeure et divers bâtiments d'habitation et d'exploitation, ainsi qu'un parc composé de bois et faisanderie. La succession montre également qu'elle est composée de rentes 3 et 4,5 % et divers chemins de fer ; elle est située dans les 1 % des plus grosses successions parisiennes.

Louis-Ferdinand Vétillard, le père d'Anne-Laure, va épouser Cécile-Joséphine J. (la fille de Charles-Louis de Chateauneuf et de Mme J. .. Ils auront donc une fille : Anne Laure ....

 

En cette fin du XIXe siècle, Anna Laure a su rénover et moderniser le château de Fléchigné, propriété de sa mère…..

A suivre ....

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Balzac et Swedenborg (philosophe et mystique suédois, 1688-1772)

Publié le par Perceval

Alkis Boutlis. Le rêve de Louis Lambert ( Balzac ).2017.

Balzac s’intéressait à la mystique, en 1830 il avait déjà lu sainte Thérèse d’Ávila, Antoinette Bourignon, Mme Guyon, Jacob Boehme, Swedenborg et Saint-Martin. Dans Seraphita il condense l’essence de la pensée de ces auteurs mystiques, surtout de Swedenborg.

 

« le swedenborgisme, qui n’est qu’une répétition dans le sens chrétien d’anciennes idées, est ma religion, avec l’augmentation que j’y fais de l’incompréhensibilité de Dieu » Une lettre de Balzac datée du 31 mai 1837.

Balzac pense pouvoir faire confiance à Swedenborg, parce que celui-ci n’est pas seulement un ''voyant'', mais un homme de science et de raison qui sait adopter un système mathématique et philosophique dans toute sa doctrine.

Emmanuel Swedenborg, né le 29 janvier 1688 à Stockholm en Suède, est très célèbre dans son pays et de son vivant... Sorte de '' Léonard de Vinci'', il est un inventeur et savant ; En 1719, le roi l'anoblit ; il siège ainsi à la chambre haute du Parlement suédois.

Emanuel Swedenborg

Swedenborg introduit en Suède le calcul différentiel et intégral mais refuse la chaire de mathématiques de l’Université d’Uppsala en 1725, préférant consacrer les douze années suivantes à son oeuvre monumentale, les Principia. Il y élabore une théorie de l’atome, une théorie de l’origine solaire de la terre et des autres planètes, une théorie ondulatoire de la lumière, une théorie nébulaire de l’origine du système solaire (chapitre 4 des Principia), et une théorie cinétique de la chaleur. Il publie une méthode pour calculer les longitudes d’après l’observation de la lune ; il se passionne pour la formation des sols et le phénomène des marées ; il contribue aux sciences naissantes de la cristallographie et de la métallurgie. Il identifie, dix-neuf ans avant Franklin, la nature des phénomènes électriques et s’intéresse bien avant Faraday au magnétisme. Il découvre que la position de l’équateur magnétique est différente de l’équateur géographique, et que le pôle magnétique Sud a un axe plus distant de l’équateur magnétique que le pôle Nord....etc

Il voyage beaucoup ; il se forme en Angleterre, en Hollande, en France...

En 1743, suite à plusieurs expériences mystiques, il abandonne ses recherches scientifiques pour se consacrer entièrement à la recherche théologique et philosophique...

Il demande à être relevé de toutes ses fonctions...

Swedenborg rédige une nouvelle œuvre colossale dont la pièce maîtresse est le Arcana Celestia, en douze gros volumes...

Le 19 juillet 1759, Emmanuel Swedenborg voit de Göteborg un incendie à Stockholm. Ce phénomène de vision à distance, ses entretiens avec les esprits, la tranquille assurance avec laquelle il se meut dans le merveilleux, le rendent bientôt célèbre dans toute l'Europe.

Il meurt à Londres le 29 mars 1772, à la date exacte qu’il avait lui-même prédite...

Sa pensée va influencer fortement la seconde moitié du XVIIIe siècle et tout le début du XIXe siècle.

Swedenborg's place of birth is commemorated at Hornsgatan 43, in Stockholm, Sweden.

Emanuel Swedenborg’s Tomb in the Uppsala Cathedral, Sweden.

Jorge Luis Borges (1899, 1996), admire Swedenborg et affirme qu'il est « l’homme le plus extraordinaire qu’ait mentionné l’Histoire […] est peut-être le plus mystérieux de ses sujets : Emmanuel Swedenborg ».

Paul Valéry, écrit : « Comment un Swedenborg est-il possible ? Que faut-il supposer pour considérer la coexistence des qualités d’un savant ingénieur, d’un fonctionnaire éminent, d’un homme à la fois si sage dans la pratique et si instruit de toute choses, avec les caractéristiques d’un illuminé qui n’hésite pas à rédiger, à publier ses visions, à se laisser passer pour visité par les habitants d’un autre monde, pour informé par eux et vivant une part de sa vie dans leur mystérieuse compagnie ? »

Balzac à sa table de travail

Balzac fut aussi passionné de sciences, attiré en particulier par la chimie dont il se fit expliquer par son ami François Arago les bases. Il lut avec passion les Éléments de philosophie chimique d’Humphrey Davy (1812) et les huit volumes du Traité de chimie de Berzélius (1829) pour pouvoir écrire un roman qui mettrait en scène un chimiste : La Recherche de l’Absolu (1834). Balzac était mu par la conviction qu’il devait exister derrière l’éclatement en divers éléments officiellement prêché, une chimie capable de tout expliquer par monisme.

Balzac a assisté aux cours du philosophe Victor Cousin; et en matière de philosophie, c'est Leibniz avec qui il a semblé partager quelque affinité : la constitution de la monade, avec ses plis multiples, les rapports corps-âme, etc… ( nous en reparlerons ...)

En ce XIXe siècle, Balzac juge que les systèmes philosophiques, en cours sont trop théoriques et rationnels, le mysticisme proprement dit ne l’est en revanche pas assez....

 

Mme de Staël, dans De l’Allemagne (1810), distingue les « théosophes » et les « simples mystiques ». Selon elle, les « théosophes » sont « ceux qui s’occupent de la théologie philosophique, tels que Jacob Boehme, Saint-Martin », avec l’ambition de « pénétrer le secret de la création », et les « simples mystiques » sont ceux qui « s’en tiennent à leur propre coeur », tels « plusieurs pères de l’Église, Thomas A-Kempis, Fénelon, saint François de Sales ». dans De l’Allemagne, 4e partie, chap. V : « De la disposition religieuse appelée mysticité »..

 

A suivre : … Lire Swedenborg, au XIXe siècle...

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Le Secret

Publié le par Perceval

Jan Brueghel 1618. - Allégorie de la vue - détail

Jan Brueghel 1618. - Allégorie de la vue - détail

La Quête du Graal côtoie le ''secret'', parce qu'il s'agit d'un chemin vers un mystère ; et donc d'une expérience très personnelle... La Quête n'est pas réservée à quelques élus ; elle est pour tous ; mais il s'agit principalement d'un chemin solitaire...

Le secret correspond à ce qui est caché … Où ? Sans doute à l'intérieur de soi.... mais, ce n'est RIEN de le dire.... C'est si mystérieux, qu'il est nécessaire d'en reconnaître un peu dans les mythes, la littérature.... Et aussi dans la rencontre de l'étrangeté, de l'autre, du féminin ( pour le masculin, et vice-versa...)...

''La Quête'' se retrouve dans deux métaphores : le Secret, l'Amour Courtois... ( et d'autres, bien sûr...). Rappel : nous sommes au XIXe siècle ...

 

Le secret

Au XIXe siècle, le secret tient une grande place... il s'agit bien souvent – gouvernement ou opposition – d'échapper au regard de l'opinion... Peut-être aussi d'échapper à la loi, mais aussi affirmer une cohésion, une identité … Également : secret d'état, complot ...etc. Les sociétés secrètes sont légions...

 

Si nous parlons du secret, en évoquant quelque société secrète, nous signifions un mystère à découvrir … Nous pourrions parler aussi de ''clandestinité'' en pensant une activité qui a lieu secrètement ; puis d'intimité pour signifier une relation inter-personnelle...

Ferragus de Balzac

 

La bonne métaphore pour développer ce que j'aimerais faire ressentir, m’apparaît en ces temps romantiques, se présenter sous la forme d'un couple ( homme et femme ), un couple adultère, donc clandestin, intime et amoureux...

Comment découvrir ce secret,  ? Par la correspondance : le secret de la correspondance amoureuse... précisément...

Il s'agit d'une longue correspondance croisée de deux amants, Adèle Schunck et Aimé Guyet de Fernex, ayant entretenu - dans le secret pendant une vingtaine d’années (1824-1849) - une liaison adultère... Cette correspondance a été mise à jour par Paula Cossart, qui a retrouvé 1500 de leurs lettres...

 

L'adultère est scandale... ! Il s'apparente au rapt de séduction... Au moyen-âge, l'enlèvement, le rapt de séduction enlève au mari sa femme... Ce rapt trouble la société civile et viole les lois humaines … Juridiquement, ce comportement appartient aux délits « qu'on appelle occultes et de difficile preuve... ». La preuve objective, reste le flagrant délit de « soudure » charnelle ; juridiquement : « lorsque la femme est trouvée seule, avec un autre que son mari, l'un et l'autre étant nus et couchés dans le même lit »...

 

La clandestinité amoureuse soude deux êtres épris dans l'amour passion, au mépris de la réprobation morale et sociale...

 

Adèle est mariée depuis 1812 à Philippe Henri Schunk, âgé d'une trentaine d'années de plus qu'elle. Ce n'est pas un mariage d'amour... Adèle est mère d'une petit garçon, Charles, qui a douze ans lorsque débute la liaison de sa mère. De plus ; il semble que le fils d'Adèle ne soit pas de son mari ; sa naissance semble avoir suivi de près leur mariage. Adèle est ''tombée enceinte'' et ses parents l'ont alors mariée par convenance avec Philippe Henri Schunk...

Portrait d’Adèle, peint en 1832 par Pierre Daubigny

Aimé lui est veuf, et père de trois petites filles... En 1824, lorsque leur liaison débute, Adèle et Aimé ont tous les deux un peu plus de trente ans...

 

En cette première moitié du XIXe s. le mariage est avant tout un ''établissement'' ; il assure à la femme une position dans le monde... aussi Adèle ne demande pas la séparation de corps, et le divorce est impossible ; elle tien à garder l'estime sociale... Le code l'honneur est alors un code des apparences et repose sur une culture du secret... Si l'infidélité masculine est tolérée, ce n'est pas le cas pour la femme, dont la sexualité est sous surveillance...

 

Le secret engendre un sentiment d'exceptionnalité, une valorisation du sentiment... Les amants sont seuls au monde, contre tous... Et, l’ardeur sans cesse relancée par l’obstacle, le risque, les plaisirs de la transgression et le souci constant d’une absolue clandestinité.

Prudence, crainte d'être découvert... Torture de ne point se voir … Rendez-vous furtifs ; et rencontre avec ses risques... Les promenades avenue de Breteuil ou dans le parc de Saint-Cloud... Se cacher dans la ville : le mystérieux appartement du n˚ 115, dont il importe de ne pas égarer la précieuse cle... Se promener en fiacre à l'abri des regards... Devenir anonyme …

La sphère du secret dépasse les amants... Le mari, a de forts soupçons, mais pour la défense de l'honneur se tait...

Pierre Auguste Renoir
Pierre Auguste Renoir

Pierre Auguste Renoir

Présence, absence... Des lieux divers portent la mémoire de leurs amours : maisons, chambres, jardins … La ville ( la société) est le lieu du mensonge, où l'on joue son rôle : épouse... La campagne ( la nature ) est le lieu où l'on peut être soi-même, le lieu de longues promenades... La nature est une amie pour les amants, elle entretient des rapports avec l'âme humaine : variations du temps, et sentiments de l'âme...

Apparaît un endroit intermédiaire : les bois, et les parcs, où l'on peut se cacher... Les bois sont un lieu essentiel de clandestinité... C'est dans un bois, qu'Adèle « s'est donnée » à Aimé la première fois... Rendez-vous nocturnes …

Dans cette image de l'adultère, le ''chercheur'' exprime la condamnation ressentie, de la part de l'Eglise, de sa voie ''sur les marges'' et solitaire...

 

On peut passer à présent du ''Secret'' à l'amour courtois, à la manière ''romantique'', XIXe s. oblige …. A suivre …

 

Sources :

Paula Cossart : les papiers d’Adèle Schunck - la correspondance réciproque que cette femme a entretenu avec son amant, Aimé Pierre Marie Guyet de Fernex, entre 1824 et 1849 : 1500 lettres retrouvées... Aussi : Clandestinités urbaines: Les citadins et les territoires du secret (xvie-xxe) De Emmanuelle Retaillaud-Bajac

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Des muses, de l'astronomie et des poètes.... 1

Publié le par Perceval

Je reviens dans le temps... de la biographie de Charles-Louis de Chateauneuf...

Au moment où, à Limoges – au Collège Royal, son professeur de mathématiques, Monsieur Gouré, l'avait initié à ce qui pourrait être à la source d'immenses progrès, l'appréhension de l'infiniment petit, pour de grandioses calculs ...!!!

M. Gouré nomme cela: les "Mathématiques transcendantes", c'est à dire le calcul différentiel et intégral...

M. Gouré assurait au jeune homme que Paris lui ouvrirait les bras, et en particulier ceux de l'un des maîtres du professeur limougeaud : Augustin Cauchy (1789-1857)

 

<-- : de Paul Baudry - Uranie, muse de l'astrologie et des calculs mathématiques - 1866 Paris opéra Garnier

 

Charles-Louis, ayant passé le bac. ès-lettres, puis le bac. ès-sciences... Il suit les classes de Mathématiques élémentaires, puis la classe de Mathématiques spéciales... Enfin, il se prépare au concours d'entrée au concours de l'École polytechnique, il a vingt ans et sera refusé pour la session de l'été 1834...

Il est alors à Paris et externe à l'institution Mayer - près du Val-de-Grâce - qui travaille en collaboration avec des professeurs des classes préparatoires de lycée. L'institution envoie ses élèves au collège Louis-le-Grand.

Il est vrai, cependant, que la Quête qui anime Ch.-L. De Chateauneuf, est aussi ailleurs ... Ainsi sa route est bordée d'étonnants personnages qui vont l'accompagner : des femmes d'abord qui lui ouvrent des espaces du possible : la sensibilité, avec ce que l'on nomme à l'époque par ''les sentiments''... Et, un chemin de connaissance avec toujours les mathématiques ( Wronski, Sarrazin de Montferrier) et l'ésotérisme ( en opposition parfois à la doctrine catholique de ce XIXe siècle) avec A. Constant ( le futur Eliphas Lévi), et d'autres; puis ce comte de l'X, qui l'accompagne sur la piste du Graal ...

Charles-Louis de Chateauneuf; tout en fréquentant les salons, et continuant sa quête ... part à la rencontre de l'astronomie, par sa spécialité: les mathématiques...

Son intérêt pour l'astronomie a commencé avec les cours public d’« astronomie populaire », de François Arago (1786-1853) qui remporte d'ailleurs un immense succès, ...

Scène d'ASTRONOMIE animée - 1864 au Théâtre Robin

A l'observatoire de Paris, les chercheurs constatent qu’il est impossible de représenter correctement par le calcul le mouvement d'Uranus. On a l’idée que ce mouvement peut être perturbé par l’attraction d’une autre planète inconnue.

Le Verrier découvrant la planète Neptune

Arago demande à un jeune astronome qui était alors assistant à l’École polytechnique, Urbain Le Verrier (1811-1877) de s’occuper du problème. Le Verrier va le résoudre en 1846 grâce à de lourds calculs, et prédit la position de la nouvelle planète, qui fut trouvée presque immédiatement à l’observatoire de Berlin. C’est Neptune, la plus lointaine des 8 planètes du Système solaire.

C'est ainsi, qu'on a pu découvrir une planète, par les seuls calculs ....!

A l'avantage des mathématiques, de plus, la photographie va permettre une analyse spectrale du ciel ...

- John Draper (1811-1882) est le premier à obtenir un daguerréotype de la Lune en 1840. -

On peut ainsi classer les étoiles selon leur spectre transcrit sur des plaques photographiques. Il est possible en une seule pose d’avoir le spectre de plusieurs centaines d’étoiles à la fois; et accumuler des données qu'il faut traiter ..

 

Ch.-L. De Chateauneuf s'est précisément intéressé à '' la méthode des moindres carrés '' que le mathématicien Adrien-Marie Legendre (1752 -1833), en 1805-1811 puis Gauss en 1809 ont introduite sur des problèmes d'astronomie. Cette méthode permet de comparer un grand nombre de données expérimentales, généralement entachées d’erreurs de mesure, à un modèle mathématique censé décrire ces données.

Ainsi, Charles-Louis, va travailler au sein d'équipes de l'observatoire de Paris... Un travail fastidieux, pas très valorisant; sur lequel il va peu s'investir, et lui permettre de pouvoir continuer ses propres recherches ...

Charles-Louis rencontre à cette occasion, Théodore Despeyrous, mathématicien originaire de la région de Toulouse qui arrive à Paris en 1842 afin de poursuivre ses études à la Faculté des Sciences. Despeyroux réussit à mettre en équations exactes les éclipses de lune et de soleil...

Théodore va se laisser séduire par les idées de Charles Fourier et Saint-Simon et collaborer au journal La Phalange, fondé par Fourier. ..

Le Verrier en figure symbolique montrant Neptune, tandis que la gloire lui apporte une couronne de laurier. Esquisse peinte par Edmond-Louis Dupain pour un projet de plafond

Le Verrier en figure symbolique montrant Neptune, tandis que la gloire lui apporte une couronne de laurier. Esquisse peinte par Edmond-Louis Dupain pour un projet de plafond

LA VOIE LACTÉE ( de Victor Hugo)

Millions, millions, et millions d’étoiles !
Je suis, dans l’ombre affreuse et sous les sacrés voiles,
La splendide forêt des constellations.
C’est moi qui suis l’amas des yeux et des rayons,
L’épaisseur inouïe et morne des lumières.

Encor tout débordant des effluves premières,
Mon éclatant abîme est votre source à tous. (...)

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La Quête de Charles-Louis de Chateauneuf, né en 1816 à Limoges...

Publié le par Perceval

Résumé et rappels...

En cette nouvelle année 2019, je rappelle mon propos :

Blason: R. de Laron

Il s'agit d'une quête, commencée - en des temps immémoriaux, mais néanmoins transcrits dans la mythologie Arthurienne – et continuée au XIVe siècle par Roger de Laron, puis au XVIIIe siècle par Jean-Léonard de la Bermondie, et au XIXe, par Charles-Louis de Chateauneuf... Tous trois originaires du Limousin, près de Limoges...

Leur quête personnelle, recoupe – immergée dans la culture de l'époque – la '' Quête du Graal '' contée dans la légende arthurienne ...

Jean-Léonard de la Bermondie, naît en 1739, en Limousin... Ancien page du Roi, officier dans les Gardes Françaises ; il y rencontre le marquis de Lusignan, avec qui il emprunte le chemin de la Franc-maçonnerie... Fort de l'héritage de son ancêtre Roger de Laron, templier...; il découvre diverses routes qui conduiraient au Graal; et comme émigré (pendant la révolution ), la pilosophie... Avant de tourner cette page, il laisse à sa descendance les traces de ce chemin de vie. Le relais va être assuré par Charles-Louis de Chateauneuf, né en 1816 à Limoges... ( Voir note en fin d'article ...)

 

Le grand-père de Charles-Louis de Chateauneuf, était sans-doute franc-maçon à l'Orient de Limoges... C'est lui qui avait remis à son petit-fils un ensemble de documents ( médiévaux précisait-il ! ) qu'il disait avoir reçu de Jean-Léonard de la Bermondie. Ces documents étaient composés de dossiers sur la philosophie, l'alchimie..., et divers témoignages ; et également quelques objets dont une croix métallique et une bague templière … ! Et il lui avait fait comprendre qu'à partir de ce ''trésor'' ; il devait accomplir sa propre quête et transmettre le ''Tout'' à un descendant qu'il aurait choisi …

 

Le chemin emprunté par C.-L. de Chateauneuf, lui permet de faire des rencontres décisives... Je les résume, en citant quelques-une de ces personnes... ( Ces rencontres sont détaillées dans les articles précédents ...)

- Elie Berthet (1815-1891) , originaire de Limoges, est romancier. Il publie très tôt, un texte écrit au Collège de Limoges : c'est la première version de '' Les Catacombes de Paris ''...

- Charles de la Pomélie ( de sa famille...)

- Louis Richard (1795-1849), professeur de Mathématiques

- Walter Scott, auteur d'Ivanhoé, que Charles-Louis n'a pas vu; mais – comme beaucoup – s'est passionné pour l'Histoire à la lecture de ses récits ... On peut citer encore, pour ce qui est des lectures, celles de Germaine de Staël, Benjamin Constant, E.P. De Senancour et Alfred de Musset ...

- par ses frères de loge, il remonte jusqu'aux templiers, par Emmanuel Swedenborg (1688-1772), Cagliostro, et Wolfram von Eschenbach avec son '' Parzival''...

- des légitimistes, et en particulier: Félicie de La Rochejaquelein (1798-1883), et Félicie de Fauveau (1799-1886)

- Charles Nodier ( 1780-1844) et tous ceux qui fréquentent son salon, et le Cénacle...

- Prosper Mérimée

- Victor Hugo (1802-1885)

- Les ami(e)s de Madame d'A. qui tient un salon du faubourg Saint-Germain...

- Delphine de Girardin (1804-1855)

- L'historien Augustin Thierry, Jules de Rovère (1797-1864), puis Alphonse-Louis Constant (1810-1875).

- ''L'abbé'' Alphonse-Louis Constant (1810-1875)

Et, ....

Quel rapport entretenez-vous avec votre ombre... ?

Je parle de l'ombre que vous traînez sur le sol... Et, dont on se soucie peu... Quelle valeur lui donnez-vous … ?

Pour vous aider à y réfléchir ; je vous parlerai après-demain d'un livre qui, dès sa parution eut un succès immédiat... On ne compte pas moins de 80 éditions allemandes entre 1814 et 1919... !

Le livre fut aussitôt publié en France... La première édition française fut suivie de 33 rééditions …

Il faut dire que l'auteur est français...

Adalbert Chamisso est né au château de Boncourt en Champagne, le 30 janvier 1781....

 

Il a écrit l'un des récits les plus étranges que le romantisme allemand ait engendré : l'histoire étrange de Peter Schlemilh : l'homme qui a perdu son ombre...

Et, d'autant plus étrange : Peter Schlemilh ressemble comme son double, à Adalbert von Chamisso (1781-1838) … !

Je tiens à vous en parler …. C'est un livre contemporain et fétiche de Charles-Louis de Chateauneuf

A suivre ….

 

Note en fin d'article ...

Roger de Laron, Jean-Léonard de la Bermondie, Charles-Louis de Chateauneuf; sont des personnages – en partie - fictifs; mais qui se rattachent à des témoignages qui ont la grande valeur de ces histoires que l'on se racontait autrefois à la veillée ... Par contre, les personnalités rencontrées, les oeuvres culturelles analysées, ont bien participé à cette réalité historique qui ne décrit qu'une partie de la vérité...

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Charles-Louis de Chateauneuf – Un enfant du siècle : le XIXe

Publié le par Perceval

Jean-Léonard de la Bermondie, naît en 1739, en Limousin... Ancien page du Roi, officier dans les Gardes Françaises ; il y rencontre le marquis de Lusignan, avec qui il emprunte le chemin de la Franc-maçonnerie... Fort de l'héritage de son ancêtre Roger de Laron, templier...; il découvre diverses routes qui conduiraient au Graal; et comme émigré (pendant la révolution ), la pilosophie...

Avant de tourner cette page, il laisse à sa descendance les traces de ce chemin de vie. Le relais va être assuré par Charles-Louis de Chateauneuf, né en 1816 à Limoges...

 

Il y a tout juste 200 ans, naissait une génération qui s'est fait appeler ''enfant du siècle''...

 

L'une des meilleures illustration de ce type d'homme et de femme, est le roman d'Alfred de Musset (1810-1857): '' La Confession d'un Enfant du Siècle '', roman autobiographique publié en 1936...

En 1833, Musset rencontre George Sand...

Cette histoire est inspirée de la passion réelle vécue par Alfred de Musset et George Sand entre juillet 1833 et Mars 1835. Ces amours cohabitent avec la vie de débauche dont Musset ne parvient pas à se défaire et avec la liaison que Sand a avec le docteur Pietro Piagello à Venise. Dans le roman, tout y est romancé et rien ne s'est réellement passé comme le décrit Musset. Le procédé sera repris par George Sand (1804-1876) elle-même dans son texte '' Elle et Lui'' (en 1859), où tout et rien ne sont vrais … !

 

''Enfant du Siècle '': désigne les temps nouveaux, placés sous le signe du héros fondateur ( « Ce siècle avait deux ans. Rome remplaçait Sparte »), à présent déchu ; mais signifie encore : gloire, énergie, espoir, avenir, jeunesse.

P.-N. Guerin - Rochejaquelin (1817)

« C'est à nous jeunes gens, enfants du siècle et de la Liberté, à favoriser l'aurore du bonheur des nations, à faire accorder la sûreté des trônes avec la liberté des peuple... » écrit le jeune Balzac (1799-1850) (Sténie : roman inachevé commencé en 1819) ).

 

Victor Hugo (1802-0885) , se reconnaît lui-même dans ''Feuilles d'automne '' : « Je suis fils de ce siècle !... »

 

E. P. de Senancour (1770 - 1846), écrivain du premier romantisme français. Dans ses Rêveries, il décrits les enfants du siècle, comme des « esprits légers et insouciants, enivrés d'esprit et privés d'âme, qui voient dans le monde comme il va, le monde comme il doit aller.»

Ce siècle est nourrit des nostalgies de la noblesse mais aussi des mécomptes de la liberté puis des humiliations de la défaite. On y retrouve mêlés : vocabulaire passéiste, et attitude aristocratique, avec une inquiétude métaphysique ou sa crispation en révolte.

Benjamin Constant dans son roman autobiographique paru en 1817 : ''Adolphe'', met en scène les relations amoureuses entre Adolphe, un jeune homme de bonne famille, et Ellénore ( inspirée de plusieurs femmes, mais surtout de Germaine de Staël )... cette œuvre exprime ce mal du siècle; l'auteur affirme en effet : « J'ai voulu peindre dans Adolphe une des principales maladies morales de notre siècle : cette fatigue, cette incertitude, cette absence de force, cette analyse perpétuelle, qui place une arrière-pensée de tous les sentiments, et qui les corrompt dès leur naissance ». 

 

Je reviens à la Confession d'un enfant du siècle (1836), ; avec le film de Diane Kurys, on entend Musset prononcer ces paroles ( et qui est en fait un résumé du Chap II de la Confession.):

« Le monde était en ruines, et nous venions au monde. La guerre était finie, nous arrivions après la gloire, après l’idéal, il nous restait le désespoir pour seule religion et pour toutes passions et mépris.  Les femmes s’habillaient de blanc comme les fiancées, et nous les enfants du siècle, vêtus de noir comme les orphelins, nous les regardions, blasphème à la bouche et le cœur vide. J’allais dans ce désert, serré dans le manteau des égoïstes… quand soudain, je la rencontrai… »

Voilà ce qui en est de cette génération : '' Enfant du Siècle''.

 

Charles-Louis de Chateauneuf, né en 1816 à Limoges, tentera lui, de se défaire de cet atavisme, en retrouvant des racines bien plus anciennes...

A suivre ...

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Le carré Magique - SATOR et GRAAL -3/.-

Publié le par Perceval

Dans le ''Conte du Graal '', livre fétiche de Roger de Laron, Chrétien de Troyes se nomme et se compare à un cultivateur : « Chrétien sème, et sa semence, c’est un roman qu’il commence et qu’il sème en un si bon lieu qu’il ne peut être sans grand profit. Chrétien  n’aura pas perdu sa peine, puisqu’il emploie toute sa peine à mettre en vers sur l’ordre du conte le meilleur conte. »

La page blanche est comparée à un champ qui n’a pas encore subi le soc de la charrue.

L’anagramme de SATOR est TROAS, et signifie « de Troie » : le nom même donc de l’auteur du Conte du Graal...

Il n'est pas absurde, de par l'histoire du carré ''SATOR'' de le rapprocher du Graal lui-même... Graal ou Grail, se rapporte aussi à Grille du fameux carré... A l'image de Perceval, il tient à nous, que nous ne laissions pas ce carré muet... La modernité du Conte du Graal réside dans le fait capital que c’est le questionnement du monde qui produit du sens.

Ainsi, à la lumière du Graal : SATOR, c'est en latin le cultivateur, le ''semeur'' ( Jésus …),c'est aussi l'anagramme de artos : pain en grec, qui donne en latin artona le pain sans levain qui constitue l'hostie, présente dans le graal chrétien... AREPO serait un nom propre, ou viendrait du celte 'arepennis' qui signifie le bout du sillon TENET mot central signifie '' habite, occupe '' la ''Présence'' au cœur … OPERA ( = travail) peut signifier ''peine'', celle dont parle Chrétien « Chrétien  n’aura pas perdu sa peine, puisqu’il emploie toute sa peine ... » et ROTAS fait référence aux rouleaux, au livre écrit …

 

Pour ce qui est du pays de Roger de Laron, - La Marche du Limousin - ; on parle d'un ''conte'' ( attention, ce mot n'a pas même valeur qu'aujourd'hui...) qui concerne les templiers de la commanderie de Paulhac ( en Creuse aujourd'hui) et fait état d'une croix forgée par un frère ( cent ans plus tôt que lorsque Roger l'eut en main …), qui permettait de faire parler le carré SATOR...

Le carré SATOR (ou ROTAS) est une grille carrée de ''cinq'' de côté ( cinq sens, les cinq doigts de la main, avec lesquels l'homme construit. …) cinq représente l'Humain inscrit dans l'étoile flamboyante ( l'homme de Vitruve), il représente l'harmonie du pentagone, reproduite dans l'architecture avec le Nombre d'or... Dans un pentagone de côté =1, la diagonale est le Nombre d'Or ( = φ =1,618033...). Et, cette croix forgée ( découverte, parait-il à Paulhac) serait la "clé" permettant "d'ouvrir" le SATOR. Comment … ? Je ne sais pas . ( à suivre …)

Le carré SATOR, renvoie aux ''Carrés Magiques'' très prisés chez les chercheurs lettrés du XIVe siècle... Nous allons en parler spécifiquement après...

Ces carrés peuvent superposer des tracés de cercles... N'oublions pas qu'à cette époque, les constructeurs des cathédrales valorisent un langage numérique et graphique qui reproduit l'ordre de la nature …. Comme si le divin s'était exprimé par les nombres … !

Une lecture peut se faire sur la ''forme'' de ce carré ''magique'' de base 5... Ainsi, on remarque que les consonnes structurent l'espace, par les diagonales majeures et les points clés qu'elles occupent, à chaque rangée. Les voyelles sont disposées sur les diagonales secondaires. Les consonnes seraient l'ossature et les voyelles l'âme... Cinq consonnes et trois voyelles : soit le chiffre 8, qui renvoie à l'infini...

Manuel Moschopoulos (~ 1275 - 1328), contemporain de Roger de Laron, est un érudit grec byzantin. Il écrit sur la grammaire et a édité un traité sur les carrés magiques ( premier du genre en Occident).

A cette époque apparaissent des compilations 
de
 carrés
 magiques
 d’ordres
 3
 à
 9
 associés
 aux
 sept
 corps
 célestes
 alors
 connus
 (Lune,
 Mercure,
 Vénus,
Soleil,
Mars,
Jupiter,
Saturne). 
Ces 
carrés 
sont censés
 jouir
 des 
vertus,
 propriétés
 positives
 ou
 négatives
 des
 corps
 célestes
 en
 question...

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