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pluralisme religieux

Jésus, le désir et le bouddhisme

Publié le par Perceval

Eloi Leclerc ( franciscain ) dans son livre «  Le maître du désir », note: P152 «  A la différence de certaines sagesses qui voient dans le désir l’origine de tous nos maux et qui recherchent le salut dans son extinction, le Verbe fait chair rejoint l’homme au plus profond de son désir… »

 

Précisément, lors d’une émission TV Sagesses Bouddhistes,  Jean Pierre Faure chercheur et enseignant zen nous en parlait :

Quand notre vie est soutendue par le désir d’appropriation, alors nous récoltons la les-ailes-du-desirsouffrance. Le désir étymologiquement est le fait de cesser de contempler pour désirer s’approprier… d’où la notion  du manque…. Car le problème est qui est celui qui pense s’approprier ? Un Moi illusoire, qui ne s’accomplira jamais car on ne peut jamais rien s’approprier véritablement …

Dans la palette de nos désirs, nous ne pouvons être qu’insatisfait, si nous désirons échapper à la vieillesse et la mort…

Le Bouddhisme nous rappelle notre ignorance de la réalité et propose d’expérimenter, dans la méditation, notre nature profonde et l’expérience du contentement qui ne dépend de rien.

 

L’expérience mystique, silencieuse nous fait devenir un avec la réalité, plus de Moi pour saisir, plus de saisie.

Il ne s’agit pas de fuir le monde des formes mais au contraire de les habiter en profondeur, de les visiter au cœur même de leur essence pour s’éveiller à chaque instant. Laisser les choses apparaitre et disparaitre, faire face aux situations et aux autres tels qu’ils se présentent, les comprendre pour ce qu’ils sont …etc

 

Je pense qu’Eloi Leclerc, dont l’enseignement par les Evangiles est si riche ; et de moins bon conseil pour ce qui est des ‘ sagesses d’orient ‘. Ainsi, en est-il souvent de l’avis de nombreux chrétiens sur les autres religions … Alors, et l’exemple ici me semble parlant, que ces spiritualités nous retrouvent souvent dans notre profondeur chrétienne et mystique. Quel est donc ce ‘ moi ‘ qui s’imaginerait saisir ‘ Le Verbe ‘.. ? Eventuellement se laisser saisir… !

 

"Mais quand Dieu est devenu aussi plein de signification que le trésor pour l'avare, se répéter fortement qu'il n'existe pas. Éprouver qu'on l'aime, même s'il n'existe pas."

"C'est lui qui, par l'opération de la nuit obscure, se retire afin de ne pas être aimé comme un trésor par un avare."

Simone Weil, La Pesanteur et la grâce.

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Paroles fortes ...

Publié le par Perceval

« Découvrir l’autre, vivre avec l’autre, entendre l’autre, se laisser aussi façonner par l’autre,
cela ne veut pas dire perdre son identité, rejeter ses valeurs,
cela veut dire concevoir une humanité plurielle, non exclusive…pierre-claverie-1938-1996

Il n’y a d’humanité que plurielle, et dès que nous prétendons posséder la vérité ou parler au nom de l’humanité,

nous tombons dans le totalitarisme et dans l’exclusion.
Nul ne possède la vérité,
Chacun la recherche…
Je suis croyant,
Je crois qu’il y a un Dieu,
Mais je n’ai pas la prétention de posséder ce Dieu-là,
Ni par le Jésus qui me le révèle,
Ni par les dogmes de ma foi.
On ne possède pas Dieu.

On ne possède pas la vérité et J’ai besoin de la vérité des autres. »

(Pierre CLAVERIE, évêque d’Oran, janvier 1996)

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Attention : dérives sectaires… !

Publié le par Perceval

Aujourd’hui, notre raison dualiste, nous entraine parfois vers des excès de tout sens… Ainsi, la mésaventure (voir 1) qui touche l’association « Terre du Ciel », association qui organise des stages très divers, reliés à la spiritualité chrétienne ou orientale …

J’y ai moi-même suivi deux stages, et je n’ai rien vécu qui puisse faire penser qu'il s'agit d'une secte…

 

J’ai également vécu plusieurs retraites dans des Foyers de charité ; quelques séjours au «  Verbe de Vie », et là mes soupçons seraient plus réels, sans toutefois que j’aille me plaindre de quoi que ce soit… Cependant, je tiens à revenir sur cette approche qui fait qu’aujourd’hui, nous sommes confrontés régulièrement à des doutes sur la manipulation mentale de tel ou tel groupe… secte2Cette suspicion n’exclut aucune église, qu’elle soit chrétienne ou orientale … ! Alors, parlons-en … !

 

Ci-dessous, je reprends souvent les mots de Pascal Michelena ( Les marchands d'âmes: Enquête au coeur des Béatitudes: ... ) parce que je les reprends à mon compte …

 

Je pense que la plupart d’entre nous avons été séduits dans le renouveau charismatique, par:  "la beauté de la liturgie, la chaleur de la fraternité, la force du témoignage, la ferveur émotionnelle, la séduction de la spiritualité ouvertement mystique. Il y a un désir de sacralisation par la beauté : la liturgie n’est pas un spectacle mais un effort particulier est fait pour « esthétiser la prière » et cela touche particulièrement les personnes habituées à la « tiédeur » de la vie paroissiale classique. "Verbe de vie 2

L’accueil chaleureux, le témoignage sont des éléments incontournables et légitimes… peut-on le reprocher ? Sauf, s’il s’agit d’une stratégie délibérée, avec un vocabulaire formaté : «  Dieu t’aime.. Tu Le cherches, Jésus sauve, tu peux être guéri. On peut même découvrir à cette occasion quelque blessure….

De plus, à l’occasion de temps particulier, le ‘ grand rassemblement ‘ peut permettre au novice de profiter d’une ‘ expérience ‘ spirituelle et pseudo-mystique… qu’il ne peut revivre que là .. ! la communauté devient nécessaire, il n’est de voie possible que radicale. En dehors de l’Eglise( ou de la communauté ) , point de salut !

 

 

Dans ce cas, l’Eglise ( la communauté ) se bat contre l’esprit du monde, le diable et nos passions …. Le monde extérieur est le lieu de décadence. Un chrétien qui y est seul est un chrétien perdu… Il faut s’unir en communauté, lieu unique où s’exerce l’Amour de Dieu.

 

A ce propos,  également sur : « l’injonction à aimer », les problèmes de l’homme étant obligatoirement liés à un manque d’amour…  Je ne sais pas aimer ; et si ça ne marche pas, c’est de ma faute, je n’en fait pas assez ! Si je souffre, c’est positif : le mal est dans mon cœur, il ne peut pas y avoir d’erreur dans le contenu professé! L’orgueil et la culpabilité, dont nous ne sommes hélas pas exempts, risquent sérieusement de brouiller les pistes… Nous courrons le risque de ne pas être ‘digne ‘ ; et finalement .. de déserter une spiritualité, qui s’est désincarnée, radicalisée en exigeant une adhésion absolue et incontestable …

 

 

(1) Publié dans " la Vie ":

Des accusations que rejettent de nombreuses personnalités. Comme Joshin Luce Bachoux, nonne boudhiste, qui tient une chronique dans Les Essentiels de La Vie et anime La Demeure sans limites, à la fois un temple zen et un lieu de retraite à Saint-Agrève, en Ardèche : « Je connais Terre du ciel depuis au moins une quinzaine d'année, confie-t-elle à La Vie, et je n'ai jamais eu l'ombre d'un soupçon sur des malversations possibles. Je trouve au contraire qu'en France il y a une méfiance un peu exagérée vis-à-vis de tout ce qui touche au développement personnel et à la spiritualité. Il est logique que les pouvoirs publics soient attentifs à des dérives sectaires, mais de là à entretenir une suspicion systématique... ».

Jean-Marie Pelt, naturaliste et fondateur de l'Institut européen d'écologie à Metz, et qui doit animer à la Pentecôte 2010 les Journées mondiales de la spiritualité, à Chardenoux, avoue, lui, « tomber des nues » : « J'y suis allé plusieurs fois et je n'ai rencontré que des gens très bien, témoigne-t-il à La Vie. Les fondateurs de ce lieu sont très ouverts sur toutes les religions et l'écologie. Je ne vois vraiment pas ce qu'on peut leur reprocher. » Christian Delorme, l'ancien curé des Minguettes, prêtre du diocèse de Lyon, ne cache pas non plus son indignation dans un message envoyé sur le site de Terre du ciel : « Je ne sais pas qui a pu commanditer une telle opération militaire contre vous et sur quelles bases, écrit-il. (...) Votre souci de faire se croiser des personnes appartenant à des traditions spirituelles différentes contribue à faire grandir la tolérance et le respect dans notre société. »

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L'humilité de Dieu .... et des religions!

Publié le par Perceval

Il est de bon ton, même chez les cathos, aujourd’hui de se référer à la ‘ faiblesse ‘ plus qu’à la ‘ force ‘ ; et j’espère participer moi-même à cette prise de conscience ; déjà de part le mouvement divin appelé : la ‘kénose’ de Dieu, mais aussi par des valeurs humaines comme la tolérance, l’accueil, l’écoute, le respect ..etc

Aussi, quand on se place dans une telle perspective ; il convient - dans un dialogue interreligieux, ou dans une réflexion sur une ‘ théologie des religions ‘, de rester humble, de continuer à entendre l’expérience religieuse de ‘ l’autre ‘ et de chercher ensemble des liens, des similitudes…

Et je relève, dans leTexte adopté par la 9ème Assemblée du Conseil œcuménique des Eglises en février 2006 à Porte Allegre, Brésil -( COE: Conseil œcuménique des Eglises : auquel ne fait pas partie l’Eglise catholique romaine …! ?) des propositions qui expriment bien cet ‘ Esprit ‘ d’ouverture :

 

Par exemple :

« toutes les religions sont appelées à contribuer àOlympe l’instauration d’une communauté mondiale qui vivrait dans la paix et le respect mutuels. Ce qui est en jeu, c’est la crédibilité des traditions religieuses en tant que forces capables d’apporter justice, paix et guérison à un monde brisé. »

A mon avis, aujourd’hui n’est plus le temps de l’opposition entre les ‘ dieux ‘, ceux qui s’affrontent se détruisent. Il n’y a qu’un Dieu…

 

« C’est pourquoi le mystère de la relation entre Dieu et tout le peuple de Dieu ainsi que les multiples attitudes différentes adoptées face à ce mystère nous invitent à explorer plus en profondeur la réalité d’autres traditions religieuses ainsi que notre propre identité de chrétiens vivant dans un monde religieusement pluriel. »

A mon avis, un véritable dialogue n’est possible qu’à la condition de pouvoir ‘ changer ‘ à l’écoute de l’autre …

 

« Nous ne pouvons concevoir une autre voie de salut que Jésus Christ ; en même temps, nous ne pouvons fixer de limites à la puissance salvatrice de Dieu. » « Reconnaissant la tension entre une telle déclaration et l’affirmation de la présence et de l’action de Dieu dans la vie des personnes appartenant à d’autres traditions religieuses,...: « Nous prenons acte de cette tension, nous n’essayons pas de la résoudre ».

A mon avis, cette reconnaissance est importante… C’est seulement ainsi, dans cette ouverture que j’accueillerai les réponses de l’Esprit …

 

 

« Nous avons la conviction que Dieu, en tant que créateur de toutes choses, est présent et actif dans la pluralité des religions et, de ce fait, nous ne pouvons pas imaginer que l’action salvatrice de Dieu puisse se limiter à un seul continent, à un seul type culturel ou à un seul groupe de personnes. Refuser de prendre au sérieux les multiples et divers témoignages religieux qu’on trouve parmi les nations et les peuples du monde entier, c’est nier le témoignage de la Bible, qui affirme que Dieu est le créateur de toutes choses et le Père de toute l’humanité. »

 

 

« Si les chrétiens ont appris à coexister avec des adeptes d’autres religions, ils ont aussi été transformés par leurs rencontres. Nous avons découvert des aspects inconnus de la présence de Dieu dans le monde, et nous avons retrouvé des éléments de nos propres traditions chrétiennes que nous avions négligés.

« Au travers de la vision que Pierre a eue et de sa rencontre avec Corneille, l’Esprit Saint a modifié la conception qu’il se faisait de lui-même, au point qu’il en est venu à confesser : « Je me rends compte en vérité que Dieu est impartial, et qu’en toute nation, quiconque le craint et pratique la justice trouve accueil auprès de lui » (10,34-35). Dans ce cas, l’« étranger » qu’est Corneille devient un instrument de la transformation de Pierre en même temps que Pierre devient un instrument de la transformation de Corneille et de sa maisonnée

« C’est cette humilité qui nous permet de dire que le salut appartient à Dieu, et à Dieu seul. Nous ne possédons pas le salut : nous y participons. Nous n’offrons pas le salut : nous en témoignons. Ce n’est pas nous qui décidons qui sera sauvé : nous nous en remettons à la providence de Dieu. »

 

A mon avis, au-delà du dialogue, nous sommes au cœur du Credo ,véritablement chrétien … Non ?

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Henri le Saux, moine - au coeur du pluralisme religieux.

Publié le par Perceval

Notre religion, quelle qu’elle soit, devra répondre au défi du ‘ pluralisme religieux ‘.

 

L’avenir ne fera plus de la religion l'élément principal de l’identité d’un peuple. La diversité des religions participera à la construction identitaire des personnes, au point même qu’il est déjà nécessaire de parler de pluralisme au sein même de chaque religion. La Foi, ne se laisse plus enfermer par un système théologique, et dans une institution.

Ce pluralisme religieux n’est plus à redouter, il est là, et le défi du christianisme est de s’y inscrire ou de se ‘ fondamentaliser ‘.. !

Evoquer, une pluralité de « vérités » religieuses, ne signifie en rien d’abandonner la sienne ou de la ' bricoler ' :( le relativisme ).  A chacun, également, de veiller aux dangers historiquement bien connus, comme ceux du ' syncrétisme '...

Et, je vais vite ... La question du ‘ salut ‘ est d’un autre niveau que celui qui nous contraindrait à un quelconque consumérisme…


Sur cette voie, j’apprécie particulièrement, l’approche du « Dialogue interreligieux monastique »:

 

Dernièrement un colloque réunit 40 participants indiens pour moitié, et de tous continents pour les autres. Tous  étaient convaincus de la fécondité de la vie de swami Abhishiktananda (Henri le Saux, moine, mystique, bâtisseur de ponts ) :Le saux abhishiktananda

 

« Parti en Inde pour y apporter le Christ, en vivant la dimension spirituelle et mystique du christianisme, il découvrit très vite qu’il était précédé par Lui au cœur même de l’hindouisme, en des formes inattendues. Son exil volontaire et sa quête, (thèmes développés par Fabrice Blé), ont été pour lui un retour à soi, un exil du déchirement intérieur qui l’a néanmoins taraudé jusqu’à la fin, le poussant d’exil en exil, intérieur et extérieur. Le père Monchanin disait de lui : « Le Saux est allé plus loin que moi ; je suis resté trop grec pour ma part ». Swamiji, (diminutif employé par ses proches), est allé au plus loin dans « l’hospitalité sacrée » qui caractérise la rencontre des religions. Il souhaitait être reçu au cœur de l’hindouisme, qu’il identifiait à la non-dualité (advaïta) et décrivait comme le joyau de l’Inde. Cette voie qui demande un engagement toujours plus radical n’est pas plus exclusive que inclusive. Elle est une visée de l’au-delà des formes et des concepts, où l’unité indistincte de Dieu et du vivant se révèle. Entre doute et dénuement, le Saux s’est avancé profondément dans cette expérience, jusqu'à être déstabilisé dans ses fondements. « J’ai trop goûté à l’advaïta pour pouvoir goûter à la paix « grégorienne » d’un moine chrétien. J’ai trop goûté jadis à cette paix « grégorienne » pour ne pas être angoissé au sein de mon advaïta ». Cette angoisse, qui le poussera à écrire : « …et si dans l’Advaïta c’était moi seul que je trouvais, et non Dieu?» l’accompagnera jusqu’aux dernières années de sa vie, où une éclaircie se manifestera enfin, grâce à la présence de son disciple Marc, grâce aussi aux fruits de son ascèse de dépouillement, dans la foi qui ne l’a jamais quitté, grâce aussi à sa fidélité à la célébration eucharistique jusqu’à son dernier jour. Dans cette dernière, il entendait toutes les résonances  cosmiques dont l’Inde est familière, et célébrait le « passage à l’être », très longuement, avec de grands silences, ponctués de OM, dans une liturgie très dépouillée lorsqu’il célébrait seul ou en présence de rares hôtes. Ses notes sur  l’eucharistie (étudiées par P. Fausto Gianfreda sj) témoignent de son attachement profond à ce sacrement.

Les grands sages qu’il a rencontrés, témoins éminents incarnant la voie de l’Avaïta, ont fasciné le Saux et l’ont attiré, par la seule force de leur rayonnement, et par le témoignage que leur rendaient la multitude de leurs disciples, sans aucune forme de prosélytisme. Ramana Maharshi l’a beaucoup impressionné, au point de lui faire désirer être lui aussi un « Ramana chrétien ». Mais c’est surtout swami Gnanananda qu’il a pu longtemps fréquenter, et qu’il appelait aussi son gourou, qui l’a le plus interpellé en l’invitant à faire le grand saut et aller au delà de toute forme d’appartenance religieuse, saut qu’il n’a jamais complètement réalisé, pour autant que l’on puisse en juger à distance.

« Certains plongent directement du rocher dans la mer profonde ; d’autres descendent lentement de la grève et n’avancent qu’à pas mesurés dans l’eau qui les appelle…Bienheureux sont ils quand la vague survient et les engouffre »! Ses longs séjours en ermite dans les grottes de la montagne sainte d’Arunâchala, puis aux sources du Gange, l’ont marqué durablement. Sa lecture assidue des textes sacrés, les Upanishads, recueil des écrits des grands rishis, maîtres de l’Inde ancienne, a façonnée sa pensée et sa trajectoire spirituelle sur la voie de l’Avaïta, jusqu’à écrire dans son journal : « l’expérience des Upanishads est vraie, je le sais » !

...

Pour lire la suite (et d'autres articles ), cliquez ci-dessous sur le site du DIM

 

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Communiqué au sujet d'un acte inacceptable...

Publié le par Perceval

A Notre-Dame de Paris, un acte inacceptable lors de la Conférence de Carême du Rabbin Rivon Krygier, le dimanche 21 mars 2010

 

 

            L’attitude violente d’un petit groupe de Catholiques intégristes, qui voulait empêcher l’audition de la Conférence de Carême de Monsieur le Rabbin Rivon Krygier à Notre-Dame de Paris, nous accable. Nous partageons sa souffrance et celle de la communauté juive. Nous avons honte devant cette attitude scandaleuse. frères ainés

 

            Le fait que le Cardinal Vingt-Trois, donnant suite aux orientations du Concile Vatican II, ait invité un rabbin à exprimer devant des Chrétiens la pensée juive sur le dialogue entre Juifs et Chrétiens, signifie pour nous un pas considérable dans l’évolution du dialogue. Ce qui s’est passé dimanche est, hélas, révélateur des résistances et de l’opposition des milieux catholiques intégristes devant ce renouveau.

 

            Plus que jamais les Chrétiens sont appelés à promouvoir ce « lien  unique qu’ils n’ont avec aucune autre religion ». Et, pour reprendre encore les propos du Pape Jean-Paul II à la synagogue de Rome le 13 avril 1986, les Juifs sont « nos frères préférés et dans un certain sens, on pourrait dire nos frères aînés ».

 

            Il nous faut être vigilants, fermes et poursuivre notre travail dans l’amitié entre Juifs et Chrétiens.

 

            Paris, le 23 mars 2010

 

            Le Comité Directeur de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France

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Pluralisme religieux

Publié le par Perceval

Ce matin, beau témoignage d’un moine de la forêt ( bouddhiste )ajahn-chah-sumedho-2 qui vit tel François d’Assise, comptant sur la providence. Encore, sans doute, un maître qui serait incongru de vouloir ‘ convertir ‘ ! ( cela est déjà fait ! )… 

Réflexion qui m’amène à Nicodème, et à sa réponse où il fait part - à son âge, et dans sa situation, de la difficulté de tout recommencer… D’ailleurs cette semaine, j’ai entendu sur RCF, lors d’une émission qui organisait un échange entre croyants et agnostique, sur le hasard : un prêtre expliquer qu’à son âge : « tout était joué », - il croyait, - il était prêtre : cela il ne le mettait plus en question … Et j’ai pensé à Nicodème …

maitre disciple
Ce matin, j’ai entendu ce moine, et j’ai retenu, également, cette réflexion sur le rôle du ‘ maître ‘ : le maître symbolise pendant les cinq premières années du disciple, «  le maître qui est en soi » ; aussi, ensuite, même si l’on garde vénération et lien avec son maître, on tente de s’en passer… J’ai pensé à Jésus, expliquant à ses disciples, qu’il faudra qu’il disparaisse, pour être en Esprit avec chacun d’eux.

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La place de la spiritualité: Bouddhisme et christianisme

Publié le par Perceval

Je viens d’entendre, grâce à l’émission « Sagesses Bouddhistes », le docteur Daniel Chevassut. chevassutIl  est médecin à l'hôpital Nord de Marseille où il a ouvert  une consultation de la Souffrance. Il est aussi le représentant de la Tradition bouddhiste au niveau des hôpitaux de l’Assistance Publique de Marseille.

J’ai envie de m’interroger à propos de 2 points :

  • - le langage utilisé par ce médecin bouddhiste sans être laïque, se situe à un niveau que peut entendre toute personne capable d’échanger sur la ‘ spiritualité ‘ ; au point qu’une patiente musulmane, le remercie de l’avoir réconciliée avec sa propre spiritualité. Cela questionne, le catholique que je suis, qui avance souvent précédé de son crédo : ‘ Jésus ‘, seul et unique médiateur …etc. J’ai même rencontré des prêtres qui ont des difficultés de parler de ‘spiritualité’, autrement qu’en évoquant l’Esprit Saint…
  • Pourtant, « La voie spirituelle que l’on suit a son importance, mais plus que la voie elle-même, c’est le résultat qui découle de la pratique spirituelle. Suis-je plus serein, plus heureux, plus humble, plus aimant et compatissant ? » ( D. Chevassus ).
  • De même, je dois pouvoir parler « d’un éveil à une Réalité plus profonde. », pour être entendu de quelqu’un ( que je comprends bien ) qui est gêné par les mots ‘ rencontrer Dieu ‘.

 

  • - la laïcité, à laquelle je suis attaché, impliquerait de bien séparer ‘ l’espace privé ‘, de ‘l’espace collectif ’. A ce propos, admettons d’abord que la ‘laïcité’ n’est pas une option spirituelle parmi d’autres. C’est un principe fondateur du projet républicain, permettant à tous les citoyens de vivre pacifiquement leurs différences. Et bien évidemment, il faut veiller sans cesse à ce qu’il n’y ait pas une influence des normes religieuses sur les lois civiles. Et si on constate, c’est vrai, que des croyances religieuses se muent en identités, et peuvent s’affronter, fortes de leur emprise sociale ; il faut le regretter et il est légitime, que nous en appelions alors à l’état, pour faire respecter la laïcité..
  • Cependant, La laïcité ne saurait réduire la ‘spiritualité’ à une « offre privée » , - d’abord parce que : « On ne peut, au nom de la laïcité, accuser d'intolérance toute expression d'une conviction. Au contraire, l'expression publique des convictions, y compris éthiques et spirituelles, constitue un élément vital du débat démocratique pour une société en quête de sens. La laïcité ne saurait donc mettre les croyants en congé de l'histoire ». (Michel Bertrand)  - Ensuite, parce que la spiritualité a une dimension collective, qui la met au cœur de nos relations, privées bien sûr, mais aussi professionnelles, et sociales : il en est ainsi à l’école lors de l’échange éducatif, mais aussi à l’hôpital, lors de notre confrontation à la ‘ souffrance ‘…

Je reprends ainsi quelques propos de D. Chevassus : « la pratique de la méditation aide à mieux percevoir la priorité des besoins chez le patient. »

« la dimension spirituelle peut venir renforcer la qualité du soin. », « elle fait partie intégrante de l'être humain »

« Lorsque la  dimension spirituelle d'un être humain se développe, les qualités, telles que l'amour, la compassion, la tolérance, le respect, la patience, etc... ont tendance à s'exprimer spontanément. »

« Enfin, l'éveil de la conscience a des répercussions sur le plan physique, physiologique, biologique et psychologique. »

 

Je cite encore Daniel Chevassus :

« Ces trois domaines, le corps (soma - corpus), la psyché (psukhê - anima) et la conscience (pneuma -spiritus), correspondent non seulement à une réalité objective, mais ils sont aussi interdépendants et interactifs. Fréquemment, me semble-t-il, cette dimension est assimilée au psychisme, ce qui pose un véritable problème : d'une part, si on nie cette dimension spirituelle, on ne peut pas en prendre soin, comme on le ferait normalement pour son corps, son intellect, son affect, etc. Les nourritures du corps, du mental et de la conscience ne sont, en effet, pas les mêmes, ceci n'étant pas sans conséquences sur l'équilibre psychologique et physique de la personne, à plus où moins long terme. Des émotions telles que la colère, l'orgueil ou la jalousie ont ainsi, dans leur genèse, une part non négligeable de souffrance spirituelle. En outre, dans l'optique d'une prise en charge sensée de la douleur, un même message douloureux sera interprété différemment en fonction de l'intégration de la douleur, propre à chaque patient. Or, ce processus d'intégration dépend non seulement de la dimension mentale, mais aussi du niveau de conscience et de perception de la personne. Ce dernier point est souvent occulté.

 

 

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"La joie": Lucrèce, Eckhart TOLLE et JESUS...

Publié le par Perceval

Plutôt que célébrer le bonheur, ou le plaisir ; je préfère la Joie. Je pense même que la Joie, peut faire l’unanimité parmi les religions et les philosophies… jhr4qyam

Déjà Lucrèce,  enseigne que le bien suprême est la joie inébranlable des dieux. Cette joie ne peut pas être définie par son objet, elle appartient à l’être même. Cette joie n’est plus un plaisir ou une joie accidentelle, elle est une « joie essentielle ».

Jésus:
« Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. » (Jn 15, 11.)

 

Jésus était un homme heureux, nous mettre à son école serait de goûter cette joie et de l’offrir.

 

  • Si tu as définitivement pris parti pour le Royaume en ne misant plus que sur lui, tu ne méprise pas les joies humaines, tu les vis, tu les assumes, mais pour les élever à la hauteur même de ta joie surnaturelle. Et c'est là seulement que les joies humaines ont la possibilités de donner toute leur mesure. Et lorsqu'elles viennent à te manquer, tu demeures imperturbable, nourri que tu es de la joie essentielle qui, elle, ne saurait jamais te faire défaut.
    Extrait de Aubes et lumières de Maurice Zundel

  • «Il n'est au pouvoir d'aucune peine ni d'aucune humiliation humaine d'éteindre la joie essentielle qui est en nous» (Paul Claudel, in Cahiers Paul Claudel, 1 «Tête d'Or» et les débuts littéraires, Paris, NRF, Gallimard, 1959, p. 83).

 

la joie jean KleinAujourd’hui, le ‘développement personnel’ définit cet état. La «  joie essentielle » reste la quête de beaucoup d’entre nous. Le discours est différent : je synthétiserai en écrivant que l’homme exprime son «  être » au travers de certaines qualités que sont la force, la volonté, la joie et la compassion. Après la naissance, en grandissant, nous développons une personnalité en masquant notre véritable ‘ être ‘ par diverses identifications.

La joie, apparait déjà lorsque nous exprimons ce désir profond de chercher la vérité, c’est à dire : savoir  qui je suis vraiment.

Nous retrouvons ce principe dans les écrits d’Eckhart TOLLE, à propos de la joie :


  • Demandez-vous s'il y a de la joie, de l'aisance et de la légèreté dans ce que vous entreprenez. S'il n'y en a pas, c'est que le temps a pris le dessus, que le moment présent est passé à l'arrière-plan et la vie est perçue comme un fardeau ou un combat.

    Quand vous agissez en fonction de la conscience que vous avez dans le moment présent, tout ce que vous faites est imprégné d'une certaine qualité, d'un certain soin et d'un certain amour, même le plus simple des gestes.

    Lorsque la compulsion à fuir le présent cesse, la joie de l'Être afflue dans tout ce que vous entreprenez. Dès l'instant où votre attention se tourne vers le présent, vous sentez une présence, un calme, une paix en vous. Vous ne dépendez plus de l'avenir pour vous sentir satisfait ou comblé, vous n'attendez plus de lui le salut.

    Par conséquent, le besoin psychologique de devenir quelqu'un d'autre que ce que vous êtes déjà n'existe plus.

    Cependant, à un niveau plus profond, vous êtes déjà complet et une fois que vous réalisez cela, il émane de la joie et de la lucidité dans tout ce que vous entreprenez.

    Lorsque tel est votre mode d'être, comment pouvez-vous ne pas réussir ? Vous avez déjà réussi.

 

 

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Mon maître: Jésus.

Publié le par Perceval

le buffle et l'homme ont disparuDe nombreux maîtres hindoux, mettent en garde contre l'attachement à une connaissance ou à un message qui s'imposerait de l'extérieur...
J'ai retenu cette phrase de Nisargadatta Maharaj:

" Votre propre Soi est votre maître ultime. Le maître extérieur n'est qu'un jalon. Seul, votre maître intérieur vous accompagnera jusqu'au but, car il est le but" .


Pour moi, chrétien, je considère que mon maître extérieur et intérieur est le même: - Jésus, Le Vivant.

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