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pluralisme religieux

Suis-je plus Humain, par ma raison ou mes émotions?

Publié le par Perceval

-       Le neurologue Antonio Damasio a démontré le caractère arbitraire de cette distinction… livre damasio erreur descartes Il a entre autres mené une observation auprès d’un homme (Elliott) qui, suite à une opération au cerveau pour enlever une tumeur, a perdu la majeure partie de sa sensibilité émotionnelle.

 Et, le plus intéressant dans ce cas c’est que le sujet - bien qu’il ait conservé toutes ses fonctions intellectuelles - n’était plus en mesure de prendre des décisions rationnelles; notamment en ce qui concerne sa vie sentimentale et professionnelle.

 Damasio tirera la conclusion que la capacité à ressentir et à exprimer des émotions fait directement partie des «rouages de la raison». Par conséquent, l’émotion semble bien indispensable à l’adoption d’un comportement rationnel.

 

Le songe de la raison- Nos émotions sont au cœur du fonctionnement de notre système cognitif. Les chercheurs admettent qu’elles font partie intégrante de nos idées, croyances, valeurs et qu’elles déterminent la plupart de nos comportements. De fait, elles façonnent nombre de nos prises de décision, de nos apprentissages et de nos souvenirs, qu’elles colorent parfois en rose ou en noir. Aujourd’hui, cela paraît évident, notre cognition utilise l’émotion. Il en va de même de notre sens moral, qui serait le fruit de la rencontre entre une logique froide, implacable, calculée et une expérience émotionnelle. Dans les années 1980, on commence d’ailleurs à parler d’« intelligence émotionnelle » (IE), terme popularisé ensuite par l’ouvrage de Daniel Goleman...

 

- Une étude Collective de chercheurs du MIT et Carnegie Mellon U. shiva-shaktihttp://www.sciencemag.org/content/330/6004/686.abstract montre que la sensibilité sociale des membres d’un groupe favorise l’intelligence collective de celui-ci. S’ajoutent également 2 autres critères la présence des femmes et le fait que chacun prenne la parole de manière équitable.
Cette sensibilité sociale est en fait l’intelligence émotionnelle puisqu’elle consiste à éprouver des émotions et à reconnaître les émotions des autres.
Les femmes sont particulièrement douées pour cela. .. !

 

femme prêtre

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Chrétien ou bouddhiste ?

Publié le par Perceval

Question posèe à John Shelby Spong (né le 16 Juin 1931 à Charlotte, Caroline du Nord) est l'ancien évêque anglican du diocèse de Newark, New Jersey. C'est un chrétien libéral, théologien, universitaire, critique religieux et écrivain.

Permettez-moi de dire en commençant que si je me considère encore comme chrétien, c'est grâce à vous et à vos écrits. Je suis un ancien catholique et votre message du Dieu d'amour contraste avec le Dieu du jugement qu'on transmis pratiquement tous les papes à l'exception (miraculeuse ?) de Jean XXIII.

Pourtant je me demande parfois pourquoi ne pas être tout simplement bouddhiste ? Le Bouddha n'est pas Dieu, il est simplement un être humain qui, comme Jésus, indique aux hommes comment se libérer de la souffrance et trouver la paix.

Des théologiens comme Marcus Borg ont étudié les ressemblances de Jésus avec le Bouddha, ainsi que des hommes remarquablement inspirants comme Thich Nhat Hahn.

 Jésus et le Bouddha soulignent tous deux l'importance transformatrice de la force d'amour-compassion qui existe en chacun de nous. Il me semble que leurs deux traditions convergent sur un même mythe décrivant la réalité qui nous dépasse : Jésus assis à la droite de Dieu et le Bouddha devenant un en fusion avec l'univers.

(De même d'ailleurs, j'ai été frappé lors d'un récent voyage au Vietnam du rôle que joue dans le bouddhisme le bodhisattva de compassion Quan Am qui m'a semblé analogue à celui de la vierge Marie dans le catholicisme).

T N Hanh Bouddha et JésusJe me dis parfois que si des penseurs comme vous ou Thich Nhat Hahn ne nous proposent JAMAIS de devenir nous aussi bouddhistes, c'est parce que les racines de notre ouverture interreligieuse sont chrétiennes.

Ce qui nous maintient dans le marigot chrétien est, sans doute, pour les catholiques comme moi la protection dont les prêtres pédophiles jouissent de la part de leurs évêques, ou le coût exorbitant que représente l'encyclique de Paul VI sur le contrôle des naissances. Peut-être est-ce la résistance des évêques à admettre les filles comme enfants de choeur. Ou bien la hiérarchie a-t-elle utilisé toute son énergie pour résister aux télévangélistes évangéliques Pat Robertson et Jerry Falwell qu'elle ne se rend plus compte que la puissance de Dieu brille désormais à travers les ministères de Martin Luther King, de William Sloane Coffin, de John Dear, de Daniel Berrigan, de soeur Joan Chittester et de vous-même ?

Y a-t-il du vrai dans tout ceci ? Finalement, l'Église a tellement besoin de réforme, les forces conservatrices sont si puissantes que je me dis que nous ferions mieux de devenir bouddhistes. Et pourquoi pas ?


Réponse de John Shelby SpongJohn Shelby Spong

Vous soulevez une question passionnante. J'aime beaucoup Thich Nhat Hahn et j'estime beaucoup le bouddhisme. Un de mes amis anglais, qui est toujours prêtre anglican, se dt chrétien bouddhiste athée. Je ne suis pas sûr de comprendre ce que signifie cette associations de mots qui ne vont ordinairement pas ensemble.

J'ai eu, en Chine, le privilège d'une conversation d'un après-midi entier avec un moine bouddhiste et j'ai passé un jour entier, en Inde, en compagnie de trois théologiens hindous.

J'y ai pris conscience que les questions auxquelles réfléchissent les grandes religions sont toujours les mêmes ; ce sont évidemment les questions les plus fondamentales de la vie humains. Les réponses que les religions apportent sont différentes, dans la mesure où elles dépendent de la culture, de l'environnement, des circonstances et du lieu où elles sont apportées. Il n'y a rien d'étonnant à cela. Leur langage n'est évidemment pas celui de Dieu mais celui de la tribu, de la culture, de l'histoire des hommes qui s'expriment.

priereJe n'attache guère d'importance à la conversion que font certains d'une religion à l'autre, à moins évidemment, qu'ils ne changent en même temps de culture. Je ne crois pas qu'un occidental puisse réellement pénétrer toute la profondeur d'une religion orientale, bien que certains s'y efforcent pourtant. Je trouve plus important que chacun approfondisse sa propre religion, en corrige les déviations, évite tout fondamentalisme et se garde des compromis politiques auxquels toutes les religions se sont livrés au cours des siècles.

Je trouve l'essence du christianisme au delà des Écritures qui ont été rédigées longtemps après l'époque de Jésus, au delà des credo des 3e et 4e siècles et même au delà des mots de nos liturgies anglicanes qui sont nées au 13e siècle.

Il est indispensable que notre quête de la vérité dépasse ces traditions religieuses, si nous ne voulons pas en être réduits à identifier « le sacré » avec les formulations de ce qui n'est qu'un système religieux à l'ancienneté relative.

Je ne crois pas que Dieu soit ni chrétien ni bouddhiste et pourtant le christianisme et le bouddhisme ont amené des centaines de millions d'hommes à connaître le mystère de Dieu.

 C'est avec joie et espérance que je marche sur le chemin du Christ, j'ai l'impression que je commence à peine à le découvrir et je ne suis pas disposé à le quitter pour en suivre un autre.

 Traduction Gilles Castelnau

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Le Bhoutan : loi anti-conversion et respect de la Vérité …

Publié le par Perceval

Le Bhoutan, qui institue le bouddhisme tantrique vajrayana comme religion d’état, finalise sa constitution ( 2008 )  en mettant en place une politique de contrôle religieux afin de « préserver la cohésion nationale ».  Roi bhoutan« Après le vote d’une loi anti-conversion il y a quelques jours, il envisage d’accorder un statut légal aux organisations chrétiennes, ouvrant la voie à une reconnaissance officielle mais aussi à une surveillance des communautés de religion non bouddhistes. »

Une attitude protectionniste résumée par le quotidien Bhutan Observer, rapportant les propos du ministre de l’Intérieur bhoutanais Lyonpo Minjur Dorji : « Il n’y a absolument aucun problème si vous naissez chrétiens… La Constitution vous protège. Mais il est tout à fait illégal de chercher à convertir (…). Si nous avons des preuves de prosélytisme dans notre pays, nous nous devons de prendre des mesures immédiates » (3).


Entre la ‘propagande évangéliste’, et une ‘ loi anti-conversion ‘ ; il y a la place pour un respect complet de la religion de l’autre.

Pour l’autre, sa meilleure protection, est de ne pas être diaboliser… Le respecter, c’est ne pas vouloir ( même pour son bien ) le persuader qu’il est dans l’erreur . jesus nicodemeJésus, juif, ne s’en est pris qu’à l’attitude hypocrite de ne pas être en accord avec «  ce que je dis, et ce que je fais … ». Jésus, ne parle pas ‘doctrine’, avec la samaritaine, Nicodème ou le centurion… Il parle ‘vrai’, il parle ‘spiritualité’ ; sans renier pour autant la religion de ses pères …

Aujourd’hui, catholique nous devons témoigner de notre universalité au travers les yeux de l’Esprit … Elle nous engage à conduire chacun, en vérité de son chemin.

Parmi les témoins, les saints, qui – en notre temps – nous indiquent la route ; sont : les moines de Tibhirinebeauvois , et le message : celui du TESTAMENT DE DOM CHRISTIAN DE CHERGÉ.

 

Finalement, je pense que le principe de la conversion en une autre religion, une autre tradition, n’est pas un acte ‘ juste ‘ et respectueux de sa personne … Seule, la ‘ conversion ‘ intérieure, la ‘ renaissance ‘ dont parle Jésus, représente la véritable adéquation entre ce que je suis, et Qui est Dieu en moi … C’est à ce propos que Jésus, peut dire «  Je suis ».

L’évangélisation à la «  Bonne Nouvelle » est profondément là … Dieu s’incarne, aujourd’hui. Il est présent en chaque homme qui Le reconnaît en lui-même, quelque soit la montagne où il a bâti son temple : « Crois moi, le moment vient où vous n’adorerez le Père ni sur cette montagne, ni à Jérusalem. ( … ). Mais le moment vient, et il est même déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en étant guidés par son Esprit et selon sa vérité; car tels sont les adorateurs que veut le Père. » (Jean IV, 21, 24)samaritaine

 

Certains bouddhistes, et non des moindres ( le dalaï-lama ), ont déjà fait le pas … Voici l’observation que fait Fréderic Lenoir (1)  : « « La dernière grande divergence concerne la manière dont bouddhisme et christianisme se situent par rapport aux autres religions et le prosélytisme qui en découle. Le Lama insiste sur le fait que chaque religion ou voie spirituelle de l’humanité est égale en dignité - même si les moyens divergent - chacune pouvant conduire les hommes à l’Eveil. A l’inverse le Moine a sans cesse rappelé la position catholique qui pose la prééminence du christianisme sur les autres religions, même si l’Eglise reconnaît des parcelles ou des germes de vérité ailleurs. Si le ton  et les formes ont évolué,  la position actuelle de l’Eglise vis à vis des religions en général et du bouddhisme en particulier reste fondamentalement la même que celle du pape Clément XII qui écrivait en 1738 au Dalaï-Lama : « Nous avons l’espérance motivée que, par la miséricorde du Dieu infini, vous en arriverez à voir clairement que seule la pratique de la doctrine de l’Evangile, dont votre religion se rapproche beaucoup, peut conduire au bonheur d’une vie éternelle. »  
On touche en fait ici à la question cruciale du statut de la vérité. Car si bouddhisme et christianisme insistent fortement l’un et l’autre sur la nécessité de « chercher la vérité », comme un nécessaire discernement à opérer entre ce qui est vrai et ce qui est faux, les chrétiens se sentent dépositaires de la vérité ultime. Ils donnent à la vérité de leur message un  caractère absolu, trans-historique et immuable. A l’inverse, les bouddhistes ne prétendent pas être les dépositaires d’une vérité divine et établissent une subtile distinction entre vérité absolue et vérité relative. Ils admettent que si la vérité absolue existe bien, elle n’est pas accessible en concepts ou en mots. Autrement dit, tant que nous n’avons pas atteint l’Eveil, tant que nous sommes limités par nos catégories mentales, on ne peut professer que des vérités relatives - conception qui rejoint celle de Kant et qui apparaît aujourd’hui comme un des postulats majeur de la modernité. Une telle conception, qui fait aussi paradoxalement le lit du succès du bouddhisme en Occident, conduit nécessairement à une attitude missionnaire beaucoup plus pacifique et finalement à une certaine compréhension pluraliste des religions qui se distingue de la compréhension exclusiviste ou inclusiviste du christianisme. Au delà d’un discours de politesse, c’est la raison pour laquelle le Dalaï-Lama ne cesse de dire aux Occidentaux qu’ils ne doivent pas chercher à changer de religion et à se convertir au bouddhisme. A l’inverse, on considère du catholique que l’Eglise est dépositaire de la vérité universelle ultime, révélée par Jésus-Christ, et qu’elle se doit, comme le Christ l’y a engagé, de transmettre cette vérité à tous les hommes. C’est la raison pour laquelle le pape tient le discours exactement inverse du Dalaï-Lama et encourage fortement les missions en terres bouddhistes ou autres. »  (1 ) F. Lenoir dans un article sur: «  des rencontres inédites entre un lama tibétain et un père abbé bénédictin, qui a donné lieu à un livre à deux voix sur  le chemin spirituel dans le bouddhisme et dans le christianisme. »

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La liberté religieuse ( Benoît XVI ) et la Laïcité.

Publié le par Perceval

Je viens de lire le Message de Benoît XVI pour la Journée Mondiale de la Paix Benoit-islam.jpgqui sera célébrée le 1° janvier 2011 sur le sujet: "Liberté religieuse, chemin vers la paix". Je rapporte ci-dessous des phrases, dont je partage complètement le contenu.


« Le droit à la liberté religieuse s’enracine dans la dignité même de la personne humaine[2], dont la nature transcendante ne doit être ni ignorée ni négligée » Benoît XVI

« La liberté religieuse est à l’origine de la liberté morale. » Benoît XVI

Au risque de faire de l’angélisme, ( ce que fait rarement l’Eglise …) il ne suffit pas d’affirmer une liberté. Cela n’a pas de sens, si cette «  liberté »  n’est pas soumise au bien commun… Il ne peut exister de liberté sans limites, et ces limites sont fixées par la Loi. En France, la loi : c’est la Laïcité !


Laicite-copie-1.jpg« Quand la liberté religieuse est reconnue, la dignité de la personne humaine est respectée à sa racine même, et l’ethos et les institutions des peuples se consolident. » Benoît XVI

« toute personne doit pouvoir exercer librement le droit de professer et de manifester individuellement ou de manière communautaire, sa religion ou sa foi, aussi bien en public qu’en privé, dans l’enseignement et dans la pratique, dans les publications, dans le culte et dans l’observance des rites. » Benoît XVI

« Une liberté sans relations n’est pas une liberté achevée. La liberté religieuse ne s’épuise pas non plus dans la seule dimension individuelle, mais elle se met en œuvre dans la communauté dont elle fait partie et dans la société, ceci en cohérence avec l’être relationnel de la personne et avec la nature publique de la religion. » Benoît XVI

Il arrive souvent que, sous couvert de laïcité, l’intolérant impose une « neutralité » de l’espace public, au point d’interdire l’expression collective d’une identité religieuse dans la société ! ( Qu’en serait-il, en généralisant, de l’expression artistique … ? )


« la liberté religieuse est une condition de la recherche de la vérité et que la vérité ne s’impose pas par la violence mais par « la force de la vérité elle-même »[10]. » Benoît XVI

« Au sein des cultures religieuses variées, s’il faut rejeter tout ce qui est contraire à la dignité de l’homme et de la femme, il est nécessaire, à l’inverse, d’accueillir comme un trésor tout ce qui s’avère positif pour la convivialité civile. » Benoît XVI

Et pourtant … ! Il serait temps, que l’Eglise reconnaisse enfin ses erreurs… Au nom, de tous les chrétiens qui aujourd’hui ne se reconnaissent plus : - dans les protestations du pape Pie X et de nombre d’évêques qui ont vigoureusement protesté lors de la « séparation de l’Eglise et de l’Etat.. ! – dans les « erreurs » condamnées ( Syllabus ) : Syllabus.jpg« XXIV. L’Église n’a pas le droit d’employer la force ; elle n’a aucun pouvoir temporel direct ou indirect . » et « LV. L’Église doit être séparée de l’État, et l’État séparé de l’Église. » Attention : lisez-bien, ces propositions étaient condamnées comme ‘erreurs du temps’ .

Si aujourd’hui benoit XVI, défend la liberté religieuse, et c’est tant mieux ;  Pie IX, lui condamnait la liberté de culte pour les immigrés de confession non chrétienne… ( Syllabus )… !


« L’Eglise elle-même ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans les diverses religions. » Benoît XVI

« saint Thomas d’Aquin, « toute vérité, qui que ce soit qui la dise, vient de l’Esprit Saint »[15] » Benoît XVI

D’ailleurs, il faudrait le reconnaître : «  la laïcité »  est une idée catholique… Sous son influence, le peuple était séparé entre deux catégories : les clercs et les laïcs. « La laïcité » a repris cette séparation, professée dans les Evangiles, mais profanée par les pouvoirs ( civils et religieux .. ).

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Merci d'être là, à côté et différent. Laïcité et pluralisme.

Publié le par Perceval

Nous pensons toujours perdre, lorsque nous donnons… ! Je parle ici de nos convictions, de nos espérances…

 

pluralisme-diversité-laïcité- Ainsi la Laïcité : régulièrement les ‘ laïques ‘ se mobilisent, serrent les rangs et fraternisent facilement sur le dos de ceux, qui ‘ à côté ‘ proposent une alternative au ‘ public ‘. Je suis chef d’établissement d’un lycée et d’un collège publics, et je suis riche et fier d’être en mission d’un service public… Seulement, je ne comprends pas pourquoi je devrais me mobiliser contre un système qui a ses valeurs, et qui ne demande qu’à co-exister. Plus..! je revendiquerais bien  pour qu’ils aient le moyens d’ être là, différents … En totale équité, ce qui devrait d’ailleurs être force de proposition et nous permettre de faire évoluer nos deux systèmes …

 

- Ainsi, le pluralisme religieux, est plus qu’une légitimité sociale… C’est également une réalité théologique. Je suis riche d’être chrétien et catholique, ce qui ne signifie en rien qu’un bouddhiste soit pauvre d’être différent de moi ; ni à un protestant d’être pauvre de ne pas être catholique … ! Ce n’est en rien du «  relativisme » ! C’est une Foi, en totale espérance d’une divinité qui ne se limite pas à ma subjectivité, à ma personne, à ma culture ... Ce qui n’empêche en rien ma personne d’être en pleine vérité avec ma foi catholique, en m'enrichissant de l'autre qui est à côté... ( merci à lui d'être là, et qu'il ne change rien à ce qu'il est !)

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Science et religion - Ce que la science me dit : …

Publié le par Perceval

J’ai une formation scientifique, et je ne ressens pas dans ma manière de raisonner des oppositions selon qu’il s’agit de théologie, de philosophie ou de science … Il me semble qu’aujourd’hui, science et religion fonctionnent de manière similaire : l’une et l’autre s’appuient sur une ‘ Foi ‘ , par exemple - « croire qu’il existe un ordre dans l’univers et que l’esprit humain est capable de comprendre cet ordre » Charles Townes ( Prix Nobel de Physique ) . - L’une et l’autre opèrent par ‘ intuitions ‘ ou même ‘ révélations ‘… Elles représentent toutes deux les efforts de l’homme à comprendre son univers … sodebateComprendre un théorème mathématique ou un raisonnement philosophique ou théologique, conduit à la même liberté d’être …

«  Ce qui fait l’homme de science et l’homme de foi, ce n’est pas la possession d’irréfutables vérités, mais la quête obstinée de la vérité et d’une origine qui toujours nous échappe » Thierry Magnin, prêtre, Docteur et professeur en physique des matériaux.

La science restreint elle même son champ de connaissances…  Nous savons aujourd’hui, avec la physique quantique, qu’il n’est pas raisonnable de penser la réalité en soi par une description scientifique… En effet, rien ne peut être observé, en soi, séparé l’un de l’autre… On ne peut émettre que des ‘ prédictions ‘… Et la réalité ne nous apparaît que par l’intermédiaire d’une ‘ image ‘ que l’esprit humain se forme … Le ‘ global ‘ nous est caché, ou nous résiste … La science ne nous donne accès qu’aux ‘ phénomènes ‘, à une sorte de « réel voilé » Bernard d’Espagnat ( Physicien ).

J’hésite à admettre le principe anthropique ( fort ), qui dit que l’évolution de l’univers mène inévitablement à une forme de vie et de conscience ( qui peut être différent de l’homme… dans d’autres galaxies ..). ciel2Certes, il semble que l’univers soit ordonné par des ‘ constantes physiques‘, mais dire que l’univers tend vers la conscience, ne dit rien sur ‘ la conscience ‘. Pourquoi pas le chaos, plutôt que l’unité ( organisation des lois … ) qui semble régir la nature ?

Tout dans l’univers est interdépendant. A tel point que des paléontologues notent l’existence de convergences dans l’évolution : «  ainsi l’oeil des vertébrés apparaît indépendamment dans plusieurs branches de l’arbre de la vie, y compris chez une méduse. » ( Simon Conway-Morris )… Et, l’intelligence - serait-elle un phénomène convergent ?... Tout ceci ne signifie en rien, que l’évolution corresponde à un plan divin !

Mario Beauregard (neuropsychologue ), corrige une certaine idée qui ferait du cerveau l’organe de la pensée : « C’est l’être humain qui a des pensées, des désirs, ce n’est pas le cerveau seul… ». Dans les travaux qui relient, par imagerie médicale, - région du cerveau et - activité : «  on ne mesure que des corrélations : la région cérébrale ne créée pas la fonction.. ».

 

Ma conviction est qu’aucun raisonnement, aucune découverte ne peut ‘ prouver ‘ l’existence de Dieu . En effet, cette Réalité ultime est, elle même, au-delà de l’existence, ce qui ne signifie pas que tout en étant distincte , elle ne l’englobe pas … ! Ma liberté ( irréductible .. ) s’exprime au travers de ma Foi. La raison n’est pas l’apanage de la science, elle régit la pensée toute entière …

 

«  Ce qui n’est pas entouré d’incertitude ne peut être la vérité » Richard Feynman ( Nobel )

Chacun de nous est plus que ce que nous pouvons en mesurer… Réduire ce  ‘principe d’incertitude ‘ risque de creuser le fossé entre « l’un et l’autre » ! L’un serait dans la lumière, et l’autre dans la nuit... La science et la religion devraient s’unir pour fonder l’égalité de tous et la liberté de chacun, de penser, raisonner, et proposer des théories comme des défis à l'intelligence humaine …   

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La non-dualité

Publié le par Perceval

PrajnanpadLa non-dualité (*): La ‘connaissance’ culmine quand on accepte qu’il n’y a pas dualité mais unité.

Svâmi Prajnânpad enseigne : «  Vous êtes la dualité ici et maintenant. Voyez cette dualité, connaissez cette dualité, accomplissez cette dualité et laissez cette dualité dépérir. »

Ce que la dualité me dit, à moi catholique, c’est qu’au travers du message de Jésus, je retrouve cette compréhension d’un état au-delà du « j’aime ou je n’aime pas », du « bon ou mauvais », du « pur ou de l’impur » , de « la maladie ou de la bonne santé »… Cet au-delà de ma demande, de ma prière, de ma plainte … Au risque du mal-entendu… !

« Justice et Droit sont l’assise de son trône » ( Ps. 96, 2). Et, « Dieu n’a pas envoyé le Fils dans le monde pour juger le monde , mais pour que le monde soit sauvé » ( Jean 3, 17). Non.. pas de contradiction ; mais «  en la bonne nouvelle, la justice de Dieu se révèle » ( Rom. 1, 17). Le non-jugement, la non-dualité, sont les attributs de Royaume…

 

(*) Dans le cadre de la tradition religieuse indienne la plus ancienne : l’Advaita Vedânta, Svâmi Prajnânpad, est un sage accompli. Il mène une vie simple et frugale… Son rayonnement a touché Arnaud Desjardin, André Comte-Sponville…

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L’Islam.

Publié le par Perceval

pierre-claverie-1938-1996L’Islam. Deuxième religion de l’humanité, et deuxième religion de France.

« Nous avons en commun un seul Dieu ( le même ?) et pourtant nous ne nous connaissons pas ! »

Avant l’an mil, les sarrasins ne sont pas identifiés, comme d’une autre foi : point de reconnaissance du monothéisme, mais perception d’une non-foi, ou d’une idolâtrie. Avec les croisades, le monde chrétien s’identifie petit à petit comme « chrétienté ». Le musulman est perçu comme l’ « autre », il fascine et révulse … ( la « mahométan » est violent, fanatique et perfide .. !). Pourtant, si on ne reconnaît pas au musulman , la dignité du croyant, on peut se nourrir des sciences arabes…  Il peut susciter la curiosité et l’intérêt de Montaigne, Montesquieu, et Molière. Au XVIII ème siècle, la mode est aux « Mille et une nuits » …

Pendant la colonisation, les musulmans n’ont pas accès à la nationalité française. L’islam peut être un facteur d’opposition, voire de rebellion…

 

Aujourd’hui, nous n’avons pas encore décolonisé nos imaginaires !

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Faire Eglise : - des ' groupes de maison '.

Publié le par Perceval

Faire Eglise : oui, mais comment … ?

Une initiative interconfessionnelle me paraît du plus grand intérêt : il s’agit des ‘ groupes de maison ‘.

cercle-maconUn groupe local ouvre sur des moments de carrefour, de tensions aussi parfois entre le « moi » et l’église, le « chez soi » et le « chez l’autre », l’organisé et le spontané, l’établi et l’innovant, l’intérieur et l’extérieur, les affinités et la diversité…

Une petite communauté ,ne doit pas nous conforter dans nos certitudes mais pour nous ouvrir à différentes pratiques et pour être stimulés. « Comment puis-je revoir ce que je fais à la lumière de l’expérience de l’autre ? »

-      Au commencement les croyants se réunissent dans le temple car il n’y a pas plus grand, mais également dans les maisons pour la prière, le partage du pain etc. ... Dans les années 150 on voit de plus en plus d’églises maisons et on assiste aussi à une certaine formalisation du rôle du clergé face aux laïcs. Vers 250 des édifices sont réservés aux rassemblements des chrétiens mais sur le modèle des basiliques qui, à l’époque, étaient des bâtiments civils. Vers 400 des bâtiments religieux remplacent les temples païens et l’on assiste progressivement à une transition des petits groupes aux groupes plus larges. 

-      En France, dans les 50 dernières années ont aussi émergé en milieu catholique les grands mouvements : JOC, JAC, JEC, « Vie nouvelle » où des gens se réunissaient en petits groupes. Depuis 1970, sur un autre registre, le renouveau charismatique a également engendré de nombreux petits groupes.

Peut-on faire un lien entre groupe de maison et l’église émergente ? 

On y affirme ne pas vouloir de hiérarchie mais les relations de pouvoir sont bien réelles. Plusieurs questions se posent : dans un petit groupe, comment s’exprime l’autorité ? Comment les groupes inter-agissent-ils ensemble ? Où est la notion d’église ? L’église est-elle le petit groupe ou la mise en réseau de plusieurs petits groupes ? Pour les protestants, l’église est là où des personnes se réunissent au nom du Seigneur, mais structurellement, comment cela s’articule t-il ? 
Pour l’église émergente ces questions d’autorité et de structure sont particulièrement importantes. Presque par principe un petit groupe innovant accordera peu de place à l’autorité. Il privilégiera la souplesse mais, avec le temps, des questions d’organisation s’imposeront. Or, un groupe qui se dévelo
maitre discipleppe a besoin d’être structuré, non dans une structuration qui fige, mais dans une structuration qui permet la croissance et donne des repères. Cette articulation là n’est pas évidente à concrétiser.

Dans le Nouveau Testament, il est incontestable qu’église veut aussi dire communauté locale. Quand Paul parle du corps il pense à une communauté locale, la question n’est pas seulement fonctionnelle, l’idée de l’église en découle. Quand on parle de petit groupe, on parle de modèles différents: est-il au service de l’église, c'est-à-dire d’une identité plus grande, ou bien est-il l’église ? S’il est perçu comme étant l’église on ne va pas le concevoir comme éphémère alors que s’il est un moyen pour faciliter et dynamiser les relations à l’intérieur d’une communauté plus large, pour aider les gens à approfondir leur foi, on ne va pas souhaiter que les personnes s’y éternisent mais qu’elles s’y investissent un temps puis s’investissent ailleurs. Notre conception de l’église aura donc une importance dans la mise en place d’une petite structure. Il est par ailleurs évident qu’appartenir à Christ c’est appartenir à l’église universelle. »  

Dans l’esprit de réseau vers lequel s’orientent les églises, il sera important de savoir, par rapport à chaque groupe, quels services, pas trop lourds, pourraient lui être demandé afin qu’un lien authentiquement chrétien se développe entre tous ». 

Saint François d’Assise : « Témoigne en tout temps et, si nécessaire, utilise les mots »

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L’Eglise doit-elle, peut-elle, se transformer …?

Publié le par Perceval

Partons d’une évidence :  « les gens ne supportent plus la structure pyramidale de l’église. Elle n’est d’ailleurs pas conforme à l’esprit du Christ. »

Super-march-.jpgPourtant l’Eglise reste une «  originalité » dans ce monde : ». « Il y a l’étrangeté du Christ qui nous différencie. Le jour où l’on ne voit plus la différence entre un chrétien et le reste du monde, il y a forcément problème. »

 

Pourquoi la transformation de l’Eglise ?
D’abord parce que la société change. On peut se demander si l’Eglise doit être en réaction ou en proaction dans cette évolution de la société. Les modes de fonctionnement en réseaux sont une réalité de notre époque . L’Eglise en tant que corpspentecote.jpg est un organisme vivant… et donc appelée  vivre et à évoluer, à croître et s’adapter. Le Dieu créateur continue sa création entre autre par et pour l’Eglise qui donc se transforme sans cesse. Elle est une communauté vivante – relationnelle -, à l’exemple de la trinité…

Quand l’Eglise se transforme-t-elle ?

Tout le temps… La notion d’émergence n’est finalement pas nouvelle. Parce qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil, et que l’émergence de l’Eglise a toujours eu lieu et doit continuer à s’écrire, il faut prendre en compte le passé pour penser l’avenir, et finalement s’ancrer plus fort dans ses racines pour élargir l’espace de nos tentes (Esaïe 54.2).

Qu’est-ce qui se transforme dans l’Eglise ?

Les domaines de la transformation dans l’Eglise touchent principalement à trois champs : les formes des cultes, la relation entre chrétiens, la présence au monde.

 

« Notre société est marquée par l’individualisme, il y a néanmoins un désir de communication et de convivialité. La transformation de l’Eglise implique aussi d’évoluer dans le rapport d’appartenance à la communauté. S’il semble que beaucoup croient sans appartenir, il s’agit d’engager les gens à appartenir à des communautés de vie ouvertes même souffle_esprit.jpgsans croire au départ afin de développer un chemin de découverte spirituelle. Un moyen fondamental de la transformation de l’Eglise consiste en à la reconnaissance et la mise en valeur d’un réseau d’expériences novatrices, dans lesquelles il faut accepter une part d’échec. C’est en quittant le rivage que la découverte de nouveaux horizons est possible. L’Eglise, pour être pertinente, se doit de garder une part de la radicalité du message de Jésus et de son impertinence. Et bien sûr, pour ne pas que l’Eglise se meure, nous avons besoin de semeurs ! »

http://www.temoins.com/etudes/tout-le-compte-rendu-de-la-rencontre-du-4-octobre-2008.-une-eglise-en-transformation/toutes-les-pages.html

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