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Cazotte et le Diable Amoureux - Des Secrets d'Initié... - 2/,-

Publié le par Perceval

En 1772, la publication du Diable amoureux, fait de Jacques Cazotte ( 1719 -1792) un auteur à la mode.

Dans son roman, Cazotte s'amuse à faire étalage de pratiques magiques... Il décrit comment les forces du Bien, peuvent triompher du Mal.

C’est à cette même date qu’il fait la connaissance de la marquise de Coislin (1732-1817) qui, après avoir été maîtresse royale de Louis XV (1757), quitte alors la Cour poussée par Mme de Pompadour et entreprend un voyage à travers l'Europe, durant lequel elle devient, entre autres, la maîtresse du roi Gustave III de Suède (francophile, adepte de la philosophie des Lumières) , ainsi que du tsar Pierre III de Russie.

Marie-Anne de Mailly-Rubempré, marquise de Coislin

En 1771, elle perd son mari, le marquis de Coislin, maréchal de camp. Elle est devenue aussi une disciple de Louis-Claude de Saint Martin. Saint-Martin (1743-1803), appelé le '' Philosophe Inconnu '' est de petite noblesse, après un essai dans la magistrature, il choisit la carrière militaire pour avoir le temps de poursuivre ses études ésotériques...

Par l’entremise d’un de ses amis du cercle des officiers, le capitaine de Grainville, Saint-Martin est admis en Franc-maçonnerie et dès 1765 dans '' l'Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coëns ''…

Lors de son séjour à Strasbourg (1788-1791), il y fait la rencontre primordiale de Mme de Boecklin (ou Böcklin) qui lui révèle la philosophie de Jacob Boehme... On voit la place des femmes dans cette aventure théosophique … ! Entre eux naquit d’ailleurs une précieuse relation, où était constamment présente la pensée et les idées de Jacob Boehme. Pendant toute la durée de son séjour à Strasbourg, Saint-Martin ne passera quasiment pas une journée sans s'entretenir avec sa « chère B. » à propos des thèses théosophiques enseignées par leur maître.

C'est donc vers la fin des années 70, que Jacques Cazotte approfondit les idées de Saint-Martin, grâce à une femme encore : Madame de la Croix, jeune épouse du Marquis de La Croix, puis jeune veuve...

Madame la marquise de la Croix, née mlle de Jarente, 1768

 

Madame de la Croix ( Félicité-Geneviève-Elisabeth de Jarente ) a, comme il est coutume de le dire, un '' certain vécu ''. Elle possède une ''beauté romaine'', née en 1720 et fille du marquis de Sénas , et mariée très jeune au marquis de la Croix, en place à Madrid comme officier général qui la laisse, on ne sait pourquoi à Avignon, où elle devient la maîtresse de monseigneur Acquaviva, vice-légat, par lequel elle gouverne et est reconnue comme ''la despote d’Avignon'', alors enclave pontificale. Comme elle aime à gouverner, elle rejoint son mari, lorsqu’il est nommé Vice-roi en Gallice. Après la mort de son mari, elle vient s’établir à Lyon où elle tombe gravement malade. Elle est finalement sauvée – dit-elle, par les '' opérations magiques'' des disciples de Martinez de Pasqually. Après sa guérison, elle s’installe à Paris, place du Carrousel, où elle ne vit plus, désormais, qu’entourée de magiciens, d’alchimistes et d'aussi autres charlatans… Elle s’exerce également à pratiquer la magie l'occultisme, et des exorcismes....

Joachim Martinès de Pasqually (1727-1774)

Madame de la Croix accueille chez elle le Philosophe Inconnu, qui cependant lui refuse l'admission dans l'Ordre ; et lui présente Cazotte...

« Une femme âgée, grande et majestueuse, la marquise de la Croix, veuve d’un grand seigneur espagnol, faisait partie de la famille et y exerçait une influence due au rapport de ses idées et de ses convictions avec celles de Cazotte. C’était depuis de longues années l’une des adeptes de Saint-Martin, et l’illuminisme l’unissait aussi à Cazotte de ces liens tout intellectuels que la doctrine regardait comme une sorte d’anticipation de la vie future. Ce second mariage mystique, dont l’âge de ces deux personnes écartait toute idée d’inconvenance, était moins pour Mme Cazotte un sujet de chagrin, que d’inquiétude conçue au point de vue d’une raison tout humaine, touchant l’agitation de ces nobles esprits. Les trois enfants, au contraire, partageaient sincèrement les idées de leur père et de sa vieille amie. » de Gérard de Nerval '' les Illuminés'' 1852

 

Ce serait vers 1775, que Cazotte, ses deux fils et sa fille devinrent membres de l'ordre martiniste...

Au bout de trois ans, il donna sa démission et poursuivit sa recherche spirituelle personnelle ; plus soucieux de prières et de réflexions personnelles que de rites magiques, dit-on. De plus il ne partageait pas la sympathie de Claude de Saint-Martin pour le courant révolutionnaire.

A suivre ...

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Cazotte et le Diable Amoureux - Des Secrets d'Initié... -1/,-

Publié le par Perceval

A présent, sur 3 ou 4 article, je vais vous raconter une réalité du XVIIIe siècle, vécue au travers des expérience de Cazotte, écrivain. En effet, s'y mêlent, autobiographie, rêves, imaginaire... Le surnaturel traverse la vie de Cazotte, et de ceux dont il se rapproche... Il se trouve, que Jean-Léonard de la Bermondie, va croiser ces mêmes personnages et l'accompagner un temps dans sa Quête...

 

Jacques Cazotte ( 1719 -1792) fut entre autres fonctions: conseiller du roi en ses conseils, commissaire général de la marine (1760), membre de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Dijon (1763) et l'auteur du '' Diable Amoureux '' (1772).

Le Diable Amoureux est un conte allégorique.

La tentation diabolique est celle prônée par la philosophie des Lumières : elle consiste à vouloir atteindre la vérité, non par la foi, mais par la raison.

A l'innocence de l'homme ( Rousseau), Cazotte croit lui, au ''péché originel''. Qu'en est-il du progrès dans les sciences, peut-il s'appliquer à l'art, à la morale, au gouvernement des hommes...?

 

Biondetta incarne la philosophie; Dona Mencia représente la Tradition, et la famille ; alors que pour les Lumières l'Espagne est le pays du fanatisme religieux, et de l'Inquisition...

Magnetisme- Le baquet de Mesmer - Selon Mesmer ( 1734-1815) et sa théorie du magnétisme, un fluide physique subtil emplit l'univers, servant d'intermédiaire entre l'homme, la terre et les corps célestes, et entre les hommes eux-mêmes ; la maladie résulte d'une mauvaise répartition de ce fluide dans le corps humain et la guérison revient à restaurer cet équilibre perdu; grâce à des techniques, ce fluide est susceptible d'être canalisé, emmagasiné et transmis à d'autres personnes, provoquant des « crises » chez les malades pour les guérir... Il introduit un moyen de traitement collectif , dit du baquet : les patients, reliés entre eux par des cordes, sont assis autour du baquet d’où sortent des baguettes de fer. Au fond du baquet, du verre pilé ou de la limaille de fer et des bouteilles disposées, les unes vers le centre, les autres vers l’extérieur. Mesmer et ses aides touchent avec les baguettes de fer les parties malades des patients, déclenchant hystérie, convulsions et... guérisons ...

En parallèle du rationalisme qui nourrit les Lumières, la fascination de l'irrationnel prend aussi de l’ampleur ( Le Comte de Saint-Germain, Cagliostro, Mesmer..etc.). Le problème du Mal, n'est pas résolu par les philosophes.

 

Et si le Mal, c'était ''Quelqu'un'' ? Cette question rejoint bien sûr la question sur Dieu ; mais aussi celle du Réel.

Si chaque homme possède sa propre lumière et ses propres ténèbres. Il existerait une correspondance entre le monde matériel et le monde spirituel. Le monde spirituel serait le seul réel, et le monde matériel serait privé d'existence propre, ou aux mains du Mal... !

D'autres diraient que ce monde matériel est impermanent, voire illusoire ; ce qui serait la caractéristique de la réalité du Diable … !!

 

Heureusement, l'homme trouve en soi la source divine qui lui permet de parvenir à la connaissance... Et pour parvenir à cette vision spirituelle, il lui faut la Lumière ( non celle des ''Lumières'', mais celle de l'Esprit...

Au XVIIIe siècle, ce raisonnement est élaboré dans des cercles ''ésotériques'' qui s'intéressent à l'alchimie spirituelle, et même à l'occultisme... On les appelle ''Illuministes'' et certains demeurent fidèles à l'enseignement des Eglises, mais d'autres s'en détachent …

 

Sociétés secrètes, loges et confréries vont se multiplier dans toute l'Europe, et en France en particulier. Elles vont précipiter certains lettrés dans la Révolution française, et vont inspirer de grand écrivains ( Schiller, Goethe, Nerval, Baudelaire, Balzac...) qui illustreront l’irruption de l'irrationnel dans un monde apparemment bien ordonné.

 

A l'époque de Jean-Léonard de la Bermontie, c'est Cazotte qui joue et convoque le Diable.

Jacques Cazotte par Jean-baptiste Perronneau

Jacques Cazotte est né en 1719, en Bourgogne : élèves chez les jésuites, il retient le ''merveilleux'' de la Bible... Il découvre la liberté d'expression dans les salons parisiens... Sans naissance, sans fortune, il entre au Ministère de la Marine et commence à écrire … Il ira jusqu'en Martinique, découvre les rites du Vaudou cherchant à dominer les forces bénéfiques et maléfiques … On dit qu'une vieille sorcière antillaise l'a conduit à révéler son don de clairvoyance...

Il épouse Elisabeth Roignan, fille du premier juge de la Martinique; il a 40 ans, elle en a 30. Ils auront trois enfants.

A Paris, il fait du négoce, exploite du vin de Champagne, continue à écrire, et s'en prend aux philosophes des Lumières...

En 1772, la publication du Diable amoureux, fait de lui un auteur à la mode. Son aventure ne fait que commencer ...

A suivre ...

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Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...

Publié le par Perceval

Charles-Antoine Coypel, La destruction du palais d'Armide

Charles-Antoine Coypel, La destruction du palais d'Armide

A partir du XVIe siècle, la fiction chevaleresque est dévalorisée... Rabelais place parmi les damnés qui peuplent l'enfer : « Alexandre, Xerxès et Darius ; Hector, Achille et Priam ; Scipion l’Africain, Pompée et César ; ainsi que Lancelot et les chevaliers de la Table ronde, Charlemagne et les douze pairs de France, ou encore Fierabras, Morgant le géant, Ogier le Dannois et Galien Restauré...»

On dénonce l’incohérence des croyances des contemporains, pour qui tous ces personnages constituent le panthéon héroïque de la chevalerie...

Les ''humanistes'' y dénoncent ces narrations qui se parent du lustre de l’histoire sans répondre aux règles antiques de la poésie. L'idée chevaleresque devient l’objet d’un débat qui traverse les siècles suivants... On y aborde les problèmes de l’authenticité et du caractère subversif du récit...

Au XVIIe, on parle de ''roman de chevalerie'' et on dénonce leur influence...

Étienne Jodelle ( poète né en  1532 à Paris où il est mort en juillet 1573) reproche aux romans de promouvoir sciemment l’image mensongère d’une vie parfaite, inspirée de celle des chevaliers errants afin de soustraire la noblesse à la crainte de Dieu, à l’étude et aux conditions utiles...

Don Quichotte conduit par la Folie et Embrase de l'amour extravagant de Dulcinee sort de chez luy pour estre Chevalier Errant

L’idéal chevaleresque et l’humanisme s’attachent à deux conceptions différentes de la « vérité » :

L’une héritée du Moyen Âge, privilégiant un ordre de vérité spirituel, universel et supérieur à la réalité matérielle,

l’autre, nouvelle, même si elle fonctionne par allégorie, privilégie la raison...

- « C'est l'idéal qui est la vérité ». Au Moyen-âge, le fait pour être '' vrai '' ne doit pas être nécessairement authentique ; il lui suffit d'être ''reconnu'' approuvé par une autorité dont on ne mat pas en doute la valeur.

Depuis le XIIe s. ''roman'' et ''histoire'' ont fait cause commune, et en ce début du XVIe siècle, l’histoire comme le roman relèvent de la poésie.

 

 

Portrait de Erasme de Rotterdam par Hans Holbein le jeune (1497-1543).

De la Recherche de la vérité... Par Nicolas Malebranche - 4e édition,  -- 1678

 

Les humanistes vont tenter d'extraire l'histoire de la poésie et du dogme religieux.

- La vérité est d'abord celle des faits .

C’est cette confrontation des ordres de réalité que Cervantès met en scène dans son Don Quichotte à la fin du XVIe siècle où s’affrontent l'idéal chevaleresque et réalité du quotidien...
 

Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...
Les Romans de la Chevalerie, et La vérité...

Au XVIIe siècle, l'histoire commencera à être reconnue comme art et différenciée de la fiction poétique. Mais l'histoire reste encore illustrative, et rejoint le roman... L'histoire reste une école de formation morale et spirituelle, et on va accorder à la culture chevaleresque qu'elle conserve une conception vraisemblable et exemplaire de la vérité...

L’exclusion définitive de la fiction du champ de l’histoire ne pourra se faire qu’à partir de la fin du XVIIe siècle avec la diffusion de la philosophie cartésienne.

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Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-

Publié le par Perceval

Pour Roger de Laron, cet héritage antique ( culture essentielle...) nous est parvenu par la médiation des arabes, qui affectionnent les énigmes chiffrées, tout comme la kabbale juive... On retrouve un carré SATOR dans la Chapelle Saint-Michel d'Aiguilhe ( de style mauresque) au Puy en Velay.

Temple de Diane

Carré magique

Le Puy en Velay

 

De même, la pierre visible aujourd'hui dans la crypte Saint-Dagobert II de Stenay, est reconstituée ; mais elle donne un exemple de l'esprit qui entoure ce genre d'Ecriture : elle aurait été découverte dans les fondations de la basilique St-Rémi, antérieure à l'église St-Dagobert qui l'a remplacée au IXème siècle.

Ces pierres, réemployées dans les fondations, étaient des stèles funéraires... A noter que Stenay appartenait à la maison d'Ardenne; elle devint ensuite la possession des ducs de Bouillon. En partant pour la Croisade, Godefroy de Bouillon vendit la ville avec le château qu'il avait fait construire en 1077 à l'évêque de Verdun qui l'engagea au comte de Luxembourg en 1110.

Les lettres exposées à Stenay sont : '' SRNPR '', à côté un signe '' > '' et une croix

Si nous reprenons le carré SATOR : ces lettres SRNPR, dessinent dans le carré exactement le chevron gravé sur la pierre... Cette stèle aurait exprimé une conviction chrétienne, à une époque ( Ve ou VI e s.) où ce n'était pas facile …

Pourtant, nous savons aujourd'hui que ce carré SATOR, n'est pas exclusivement chrétien …

Sa signification peut parler différemment selon la personne qui le reçoit... L'interprétation varie nécessairement, selon l'époque, la culture et les croyances du lecteur ...

Comment Roger de Laron, féru de sciences ( donc d'alchimie), reçoit, lui, ce message... ?

Un premier niveau de lecture, donne SATOR AREPO TENET OPERA ROTAS.

« Le semeur (SATOR) -Arepo ( ? ) - conduit (TENET) - par son œuvre (OPERA) - les roues (ROTAS). »

Une deuxième lecture, remarque la croix formée par TENET, cette croix évoque pour Roger, celle des croisés et du Royaume perdu de Jérusalem...

SATOR, pourrait faire référence à Saturne, ou au Créateur ( Dieu ...)

AREPO, un ''instrument aratoire'', comme une charrue, un soc...

TENET : conduire, maintenir... Forme une croix au milieu de ce carré...

OPERA : le travail, l'oeuvre ; et par extension, la Création

ROTAS : signifie ''tourner'' donc la roue... On peut y voir aussi les Astres...

 

Le Carré SATOR à l'ermitage Saint-Antoine de Galamus

Un troisième niveau de lecture part de la croix TENET, et la rapporte – non plus – à cette vaine croisade – mais à une quête plus personnelle – Le Grand-Oeuvre... La Quête, le Graal …

SATOR, est le le jardinier, le laboureur... : l'Alchimiste. Celui qui œuvre lentement ( donc, modestement) par la voie humide, dépendant des saisons … En parallèle ( et en complément …) du Créateur.

AREPO : évoque en une racine celtique, l'outil du laboureur … pour travailler la terre, ou la '' Matière ''…

TENET : reste la Croix, tenue, comme en architecture, elle dessine et soutient l'Edifice... La croix, pourrait signifier aussi le ''creuset''

OPERA, c'est le travail du Maçon, l'oeuvre, la Pierre à tailler …

ROTAS, évoque la notion de cycles … On pense aussi à l'Athanor ...

A suivre …

Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
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Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-
Le carré Magique de Rochemaure. -2/.-

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Sur la route à Brocéliande. L'Eglise du Graal de Tréhorenteuc. -2-

Publié le par Perceval

Le choeur est éclairé par 3 vitraux, qui présentent le Graal sous chacune des fameuses ''Tables du Graal ''.

Et mur nord, la Table de la Cène...

Mur sud : La Table Ronde autour de laquelle sont rassemblés le Roi Arthur et les chevaliers, lors de l’apparition du Saint Graal.

Il faudrait parler de tous les détails qui se répondent d'un vitrail à l'autre …

 

 

Le Graal est représenté au centre de la Table autour de laquelle se sont réunis le Christ et ses disciples, une place reste vide, celle de Judas...

Le Graal est de couleur verte, l'abbé Gillard le situe dans la tradition d'une coupe taillée dans une émeraude, tombée du front de Lucifer...

Le Graal apparaît aux chevaliers de la Table Ronde. Le siège périlleux (vide) est occupé. La Quête du Graal est ici achevée, avec Galaad...

 

Enfin, le vitrail central, un chef d'oeuvre des ateliers parisiens Grubeër, qui a coûté au prêtre le prix d'une ferme ( un héritage..). Là, il faut prendre le temps de scruter cette forêt de symboles...

 

Comme au Moyen-âge, sont représentés deux donateurs ( Louis Thétiot et sa mère : cousins de l'abbé Gillard)

Au centre du vitrail, le Christ ressuscité, debout et à ses pieds Joseph d'Arimathie. Selon les évangiles, il a récupéré le corps du Christ et l'a enseveli dans son propre tombeau.

On dit qu'il a recueilli le sang du Christ, dans une coupe ( Le Graal ). Il est l'un des gardiens du Graal ; jusqu'à Galaad...

Ici, est représentée la scène où emprisonné, Joseph d'Arimathie, put se nourrir et survivre grâce au Christ Ressuscité et au Graal …

On note à gauche, l'emblème du Royaume de Jérusalem, qui évoque l'Ordre du temple, et qui est associé à la garde du Graal, par Wolfram von Eschenbach, dans son Parzifal ( 1210).

Bien d'autres symboles sont dissimulés, dans ce vitrail... Peut-être le chemin à trouver qui conduit au Graal …

Voir les deux lapins à gauche …; le phénix...

Les deux personnages, nouvel Adam et nouvelle  Ève, sont recueillis autour d’un arbre arborant un unique fruit, une mystérieuse pomme bleue. Ce fruit de la Connaissance du bien et du mal ne semble pas être mangé !... ; Les quatre symboles des évangélistes... les quatre signes du zodiaque … Le bouquet de chardons ...Etc ...

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Les neuf Preuses, ou chevaleresses -1/2-

Publié le par Perceval

Dans le premier livre de La morte d'Arthur de sir Thomas Malory, le roi fait prêter un serment solennel le jour de la Pentecôte à ses chevaliers de la Table Ronde.

Gauvain vole au secours de la demoiselle à la ceinture d'or Manuscrit en quatre volumes réalisés pour Jacques d'Armagnac, duc de Nemours. Atelier d'Evrard d'Espinques. Centre de la France (Ahun), vers 1475
Gauvain vole au secours de la demoiselle à la ceinture d'or Manuscrit en quatre volumes réalisés pour Jacques d'Armagnac, duc de Nemours. Atelier d'Evrard d'Espinques. Centre de la France (Ahun), vers 1475

Ce serment, qui entend résumer toute l'éthique chevaleresque, comprend la ladies clause: chaque chevalier s'engage à porter secours aux gentes dames, demoiselles et veuves et à défendre leurs droits et à ne jamais les violenter sous peine de mort. La communauté chevaleresque dépeinte par Malory, se construit donc sur une nette distinction des sexes. Pour devenir un homme, le chevalier a littéralement besoin d'une femme en détresse.

 

Les neuf Preux - Cologne - 

Le thème littéraire des « neuf Preux » connut pendant les XIVe s. et XVe siècles, un grand succès. Le Preux, - incarnant les valeurs chevaleresques, comme la prouesse et l'honneur - est une idée qui remonte au XIe siècle .

 Elle trouve une forme quasi définitive au début du XIVe siècle, sous la plume d'un poète lorrain, Jacques de Longuyon, dans les Vœux du Paon vers 1310-1312. La notoriété du roi Arthur, lui vaut d'être compté parmi les Neuf Preux aux côtés de Josué, David, Judas,Macchabée, Hector, Jules César, Alexandre, Charlemagne et Godefroy de Bouillon. C'est dire surtout, l’extraordinaire diffusion et faveur dont jouissent les textes relatifs à la matière de Bretagne tout au long du Moyen Âge …

les-neuf-preuses 2 mini
Les neuf Preuses au château de Pierrefonds

C'est à la fin du XIV° siècle, sous la plume du procureur au parlement de Paris, Jean Le Fèvre, qu'apparaissent les Neuf Preuses, dans son ouvrage "Le Livre de Lëesce" (1385) , véritable défense et illustration des femmes, modèles de vertu, de vaillance et de courage. Toutes sont issues de la mythologie de l'Antiquité païenne. Elles sont reines.

Penthésilée, reine des Amazones, et Preuse

Penthésilée, reine des Amazones,

 et Preuse

 

Sémiranis, reine de Babylone. Sinope, Hippolyte sa sœur ; Ménalippe, Lampeto et Penthésilée souveraines des Amazones. Tomirys, qui a vaincu l’empereur perse Cyrus. Teuca reine d’Illyrie. Déiphyle, femme de Tydée roi d’Argos, qui a vaincu Thèbes. Dans les pays germaniques, on substitue aux Amazones et reines de l’Antiquité une triade juive avec Esther, Judith et Yael, une triade païenne avec Lucrèce, Veturia et Virginie, et une triade chrétienne avec Sainte Hélène, Sainte Brigitte, et Sainte Elisabeth.

Portrait de Jeanne d'Arc, selon une miniature du XV° siècle, musée de Rouen

Portrait de Jeanne d'Arc, selon une miniature du XV° siècle, musée de Rouen

Au début du XVème siècle, Christine de Pizan évoque les Preuses dans son Livre de la Cité des Dames.

La facilité étonnante de l’accueil fait à la pucelle de Donrémy à la cour de France avait été préparée par les décennies de succès du thème des Preuses et la mode de la ' egregia bellarix ' . De son vivant, Jeanne d’Arc est qualifiée de "dixième Preuse".    

 

Sources : articles de Sophie Cassagnes-Brouquet, professeure d’histoire médiévale à l’Université de Limoges  

Voir aussi: LE ROI ARTHUR, L'UN DES NEUF PREUX.

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Thomas Malory

Publié le par Perceval

 

Pour le monde anglo-saxon, la saga arthurienne est ce qu'elle est grâce à Thomas Malory (1405-1471).

C'est encore aujourd'hui la référence incontournable...

Alfred Tennyson (1809-1892), T.H. White (1906-1964) qui reprend la légende pour en faire un texte plaisant, chevaleresque, iconoclaste et foisonnant qui inspirera Walt Disney, John Boorman ( le film Excalibur ), se sont tous inspirés prioritairement de sa version de la matière de Bretagne. Sa grande fresque arthurienne est achevée en 1470 : la neuvième année du règne d'Edouard IV( 1442-1483) ( en France Louis XI (1423-1483)).

 

 

Morte d'Arthur - Illustrator Aubrey Beardsley Sir Lancelot et la sorcière Hellawes - Aubrey Beardsley

On ne connait pas bien la biographie de Thomas Malory. Il a été soldat ( chevalier) et a combattu avec Richard Beauchamp, comte de Warwick, à Calais. Il aurait été 'lancastrien' pendant la Guerre des Deux-Roses... Il se pourrait aussi qu'il ait été prêtre... Il aurait été anobli en 1142 et élu au Parlement. Dans les années 1450, il aurait été accusé de viol, meurtre, vol et braconnage mais il est possible que ces faits ne soient que des calomnies. Evadé à plusieurs reprises... Il aurait écrit son roman pendant qu’il était emprisonné à Londres ( 1470), mais son œuvre n’a pu être publiée qu’après sa mort, en 1485, sous le titre :  The Morte D'Arthur .

 

 

Arthur-and-the-strange-mantle - 

Aubrey Beardsley
The Lady of the Lake Telleth Arthur of the Sword Excalibur - Aubrey Beardsley

"Le Morte Darthur" a été écrit en anglais et se compose de huit contes en 507 chapitres de 21 livres. Son texte comprend beaucoup de mots français, dont le titre... L'auteur s'est inspire des récits réunis dans « La Vulgate » datant des années 1230-1240... A la différence de ses prédécesseurs, au lieu de développer, Malory résume, élague... Sa version est cohérente et très aboutie.

 Voir ici: LA LÉGENDE DU ROI ARTHUR SELON THOMAS MALORY, MANUSCRIT DE 1469

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La Mort d'Arthur – La fin du Mythe...

Publié le par Perceval

La ''mort d'Arthur'' frappe les esprits ; la scène qui l'oppose dans un combat final à son fils Mordred est édifiante...

Le départ d’une nef vers l’ouest signifie la fin des Jours Anciens ; la fin de la beauté, de la magie, et du sacré présent sur terre. Cette fin de règne marquée par la ''mort'' du roi et son départ pour l’île d’Avalon : un ailleurs inaccessible, cette fin, donc, représente donc plus que jamais la fin des temps mythiques, le définitif désenchantement du monde.

Est-ce que, le Graal une fois trouvé, la Table Ronde a accompli sa mission terrestre et n’a plus qu’à disparaître... ?

Est-ce la découverte, de l’adultère de la reine et de Lancelot, comme si il y avait depuis le début quelque chose de pourri dans le royaume de Bretagne, ou encore de la liaison incestueuse du roi qui engendre Mordred, celui qui causera sa perte ?

De Lancelot, ou de Mordred : qui est le coupable ?

Je défendrai l'idée que celui qui a détruit le royaume et avec lui l’idéal de la Table ronde n’est pas le héros adultère mais le bâtard intransigeant, trop soucieux de faire régner l’ordre, qui dénonce les amants à la vindicte publique...

Il est certain que :l’inceste engendrant Mordred, la passion coupable de Lancelot et de Guenièvre, l’achèvement de la quête du Graal et la disparition de Merlin sont fortement reliés par des liens de cause à effet, et contribuent tous à provoquer la fin du règne d’Arthur

Je rappelle l'histoire ( cette version plus détaillée est absente des romans français, elle se lit dans la compilation anglaise de Malory) : Si Lancelot et Guenièvre cèdent à leur passion et ''trahissent'' le Roi ; Morgane dénonce et prouve à Arthur la liaison de Guenièvre, elle vole les pouvoirs de Merlin.

Morgane profite de ses nouveaux pouvoirs pour prendre l’apparence de Guenièvre auprès d’Arthur désespéré par la trahison de sa femme : c’est l’inceste qui fait naître Mordred. Le péché d’Arthur, ou peut-être son désespoir, font de lui un Roi Pêcheur paralysé, d’où la Quête du Graal seul capable de le guérir. L’achèvement de la Quête fait qu’Arthur retrouve la plénitude de lui-même, et peut-être davantage, ce qui le rend capable d’affronter Mordred dans la dernière bataille.

Il faut rappeler, qu'une génération plus tôt : Merlin avait accepté de réaliser le désir d’Uther Pendragon ( le père d'Arthur) ; en effet Merlin se rendait compte que ce dernier n’était pas destiné à être lui-même le roi ''attendu'', mais à engendrer ce roi. Il lui a donc conféré l’apparence du duc de Cornouailles ; Uther peut ainsi retrouver Ygraine, la femme de celui-ci dont il est épris, la nuit même où le vrai duc meurt dans une embuscade. Morgane – fille du duc de Cornouailles - apparaît alors comme une petite fille qui se réveille en pleurant d’un cauchemar, disant « mon père est mort » ( film ''Excalibur ''). Voyant entrer Uther sous l’apparence du duc, qui appelle à lui Ygraine et lui fait l’amour sauvagement presque sous les yeux de l’enfant, on sent qu’elle devine l’imposture. Plus tard, en volant ses pouvoirs à Merlin, Morgane lui rappelle qu’il a trahi sa mère !

Pour en revenir à la ''Mort d'Arthur'' : Arthur blessé à mort, charge Bedivere ( ou Girflet) de jeter à l’eau l’épée Excalibur... ainsi née la prophétie qu'un jour un roi reviendra et l’épée ressurgira...

Malgré cette espérance, Avalon est présenté depuis le commencement de la légende comme un monde païen qui s’éloigne ; un monde en perte de vitesse, qui s’enfonce dans ses brumes et se coupe de plus en plus de l’évolution historique d’une Bretagne virile et chrétienne. Une telle mort est inéluctable : il a bien fallu que tout cela disparaisse pour en arriver au monde désenchanté dans lequel nous vivons. L’opposition entre temps mythique et temps profane est radicale... A la fin du Moyen-âge, peut-être pouvait-on penser que la sortie du temps mythique s’opérait vers la simplification et le manichéisme, aux dépens de la complexité du monde... ?!

Sources : Isabelle Cani, « « Le roi qui ne peut pas mourir » -  et le film Excalibur

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Satan, Lucifer... Le Diable. Qu'en penser ?

Publié le par Perceval

Le sujet est intéressant... Les jeunes adorent … !

Ici, ce que je recherche et qui m'interroge, c'est le mythe, avant les légendes, les contes... Donc, les images... et moins le sens spirituel et théologique … Même si un sens peut s'y faire jour... C'est le propre du symbole...

Nous pourrions commencer par le jardin d'Eden ; sauf qu'on ne parle pas alors de Satan, mais de serpent : « Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs ... » etc …

Dans les cultes anciens, le serpent a un pouvoir guérisseur ( il rajeunit perpétuellement en muant …), il peut être en contact avec le monde divin ; dans la Genèse, il promet à Eve une connaissance supérieure … Pour lutter contre l'attirance des cultes magiques, on en fait une bête maudite ...

* Satan : on en parle dans Job 1 : « 6 : Or, les fils de Dieu vinrent un jour se présenter devant l'Éternel, et Satan vint aussi au milieu d'eux. 7 : L'Éternel dit à Satan: D'où viens-tu? Et Satan répondit à l'Éternel: De parcourir la terre et de m'y promener. »

Dans Zacharie 3, 1 : « Puis, YHVH me fit voir Josué, le grand prêtre, debout devant le messager (ange) de YHVH. Satân se dresse à sa droite pour l’accuser. »

Satân, s'il est 'ange', est messager ...

 

 Satân est le terme hébreu, qui signifie : "l'adversaire, l'ennemi, l'accusateur". En grec, on obtient anti-keimenos : "celui qui est situé en face de, l'opposé". Et on peut y déduire tout l'implicite qui se cache derrière : l'arrogance de celui qui se tient en face de YHVH !

L'Adversaire ( Satân ) est supposé être à l'origine de l'arrestation de Jésus, puisqu'il serait "entré" en Judas l'Iscariote (Lc 22,3). Le prince des démons a-t-il pris possession d’un des proches de Jésus ? Jean n'exploite pas le filon de la possession, mais dit plutôt que l'Adversaire a jeté l'idée dans le coeur de Judas (Jn 13,2).

Judas n’est pas le seul disciple ainsi pointé. Jésus ne dit-il pas à Pierre : « Retire-toi ! Derrière-moi, Satân ! Tu es pour moi une occasion de chute, car tes vues ne sont pas celles d’Elohîms, mais celles des hommes. » (Mt 16,23) Pierre était-il véritablement un « démon » ? Nous lisons simplement ici que Pierre s’opposait, à cet instant précis, aux ''desseins'' de Dieu…

* Le mot "diable" provient du grec ''diabolos'': "le calomniateur" et traduit souvent le terme hébreu Satân . Alors, la question à se poser est sans doute celle-ci : "peut-on dire que Satân est un calomniateur ?" Si on s'en tient à son passage dans Job, non. Il ne porte pas de fausses accusations. Cependant, il demande à YHVH de mettre Job à l'épreuve (comme Jésus a été mis à l'épreuve). Job supporta ses tourments sans perdre sa foi, clamant son innocence alors que ses amis le pressaient de se repentir, d'après la croyance traditionnelle selon laquelle tous les malheurs sont la punition des péchés.

Ensuite, l'Apocalypse de Jean, propose des images qui feront recette : « Il fut précipité, le grand dragon, l’antique serpent, celui qu’on nomme Diable et Satân, le séducteur du monde entier, il fut précipité sur la terre et ses anges aussi. » (Ap 12,9)

On ne parle pas de ''Lucifer''...

Ce seraient, Origène (185-254) et Augustin (354-430) qui développeraient l’idée que Satân a été créé bon, mais s’est détourné de Dieu. C'est donc selon, cette proposition, que Lucifer est décrit par certains, comme un ange brillant avant sa chute, et qui devient Satân lors de sa chute.

 

* Lucifer signifie en latin « porteur de lumière (lux) ». Ce nom a pour origine la traduction latine, dans la Vulgate, du Livre d'Isaïe 14;12 par Saint Jérôme, qui traduisit le nom Heylel (nom de la planète Vénus en hébreu) par Lucifer...

« Comment es-tu tombé des cieux, astre brillant ( Vénus, ou Lucifer) , fils de l’aurore ? Tu es abattu jusqu’à terre, toi qui subjuguais les nations ! »

Il est facile ensuite de faire un amalgame entre Satan et Lucifer. Il n’y a dans la bible aucun texte qui laisse à penser que Lucifer soit la diable, la tradition judaïque considère que Heylel est un démon (et pas un gentil), c’est ce démon que St-Jérôme traduit par Lucifer.

 

Lucifer est devenu par syncrétisme, la personnification de Kali, le Dieu du Mal ( gnostique), ou l'une des anciennes déités mésopotamienne, grecque ou celte... Tous ces parallèles ou analogies étant intéressants

La mythologie païenne et celtique, évoquent Cernunnos, le ''dieu cornu''... Il est à rapprocher de Diane, comme lui, déesse de la chasse. Il est un dieu de la fertilité... Les histoires de sorcières, évoquent souvent Lucifer, les sabbats ...etc. Le diable a des cornes dans l’imagerie traditionnelle... L'inquisition maintiendra le mythe...

 

** Sur le plan religieux... On peut s'interroger : le Bien absolu est-il capable d'engendrer le Mal ? Pourquoi ce dieu créateur de toutes choses, tout puissant et aimant, avait-il besoin de créer le mal ? Si non, quel est l'origine du mal ?

Sources: abrasax.chez.tiscali.fr

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La rencontre du mythe et de l'histoire des hommes... -4/4-

Publié le par Perceval

La rencontre du mythe et de l'histoire des hommes... -4/4-

Au cours des Xe et XIe siècles se fait sentir une évolution qui préfigure la grande renaissance du merveilleux au XIIe siècle. La légende d'Alexandre le Grand se répand comme une traînée de poudre. La légende du Prêtre Jean connaît une large diffusion ...

Yvain combat le dragon

Le merveilleux de la Matière de Bretagne, déjà présent chez les écrivains de langue latine (Geoffroy de Monmouth, Giraud de Barri), envahit la littérature vernaculaire, alimentant les œuvres de Marie de France et de Chrétien de Troyes. L'Antiquité et sa mythologie revivent … !

Les VIIIe et IX e siècles marquent la fin d'une période de répression ; les Xe et XI e siècles forment une période transitoire : là se mettent en place des structures, des thèmes et des motifs, là se forme un patrimoine de merveilleux, qui, dès le XIIe siècle imprime fortement sa marque à la littérature de divertissement.

Le cerf blanc était the symbol of England's King Richard II
as shown in this picture of his heraldry painted in 1396

A partir du XIIe s l'Eglise cesse de régir le domaine des lettres, parce que les traditions populaires et orales prennent une place de plus en plus importante, et que l'imaginaire s'affranchit des entraves qui bridaient ses mouvements, s'alliant avec bonheur aux éléments venus de l'Antiquité par le canal de la littérature savante. De nouveaux éléments de merveilleux apparaissent par le travail des école de traduction...

 

 
 
Chaman - cerf

 
Merlin, changé en cerf au pied blanc, rencontre l'empereur ...  Manuscrit anonyme du cycle Lancelot-Graal, 1286

 
Saint-Hubert enluminure - La légende du cerf

 
cerf-ailé-royal - Symbole royal des Valois

 

Voilà ce que dit Jacques Le Goff, sur cette perception de la ''religion populaire''
« Les grands ennemis ou concurrents du catholicisme n’ont été ni le paganisme officiel antique qui s’est effondré rapidement, ni le christianisme grec cantonné dans l’ancienne partie orientale de l’empire romain, ni l’Islam contenu puis refoulé, ni même les hérésies ou les religions comme le catharisme qui, avant d’être vaincues par le catholicisme, n’avaient en définitive pu se définir que négativement, par rapport à lui. Le véritable ennemi du catholicisme, ce fut bien l’antique serpent qu’il conjura sans l’anéantir, le vieux fond de croyances traditionnelles, ressurgies sur les ruines du paganisme romain qui tantôt s’enfoncèrent sans disparaître dans le sous-sol du psychisme collectif, tantôt survécurent en s’incorporant au christianisme et en le déformant, en le folklorisant » (1972 : Histoire des religions, II, Paris, Gallimard, coll. « Encyclopédie de la Pléiade », pp. 749-868 ).

 

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