Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

litterature

L'Histoire d'Ivanhoé – selon Walter Scott ( Résumé) – 3/.-

Publié le par Perceval

L'Histoire d'Ivanhoé – selon Walter Scott ( Résumé) – 3/.-

*   Notes : Après le première partie centrée sur le tournoi d'Ashby-de-la-Zouche, la seconde le sera sur la captivité à Torquilstone ; et la troisième sur le procès de Rebecca à Templestowe, le fief des Chevaliers-Templiers...

Rappel : de Bracy à l'aide de faux '' hors-la-loi'' ont emprisonné le parti saxon, dans une forteresse ( saxonne) contrôlée à présent par le normand Front-de-Boeuf. Cela pourrait être à l'image de l'Angleterre dans son ensemble …

Les deux seules personnes à s'être échappées sont Gurth et Wamba. Ils se sont précipités dans la forêt et retrouvent Robert Locksley (l'archer du tournoi). Il va rassembler ses forces... Le Chevalier noir accepte de le rejoindre.

Cedric est un personnage intéressant dans Ivanhoé; passionné et imparfait, il souhaite désespérément rétablir le pouvoir des Saxons en Angleterre... Et Scott décrit son inquiétude pour son fils '' déshérité'', mais blessé...

Nous commençons à présent le Chapitre 23 :

L'action des chapitres suivants a lieu à Torquilstone, le château de Reginald Front-de-Boeuf.

Cédric , Isaac, Lady Rowena et Rebecca sont conduits au château de Front de bœuf , ils sont séparés, les femmes sont conduites dans des appartements, Cédric dans une vaste salle et Isaac dans un cachot.

Front de bœuf menace le vieux juif d’être torturé, s’il ne lui donne pas mille livres d’argents.

Isaac plaide pour que Rebecca soit autorisée à se rendre à York afin d'obtenir l'argent, mais on lui dit de façon inquiétante que Rebecca appartient maintenant au templier, Sir Brian de Bois-Guilbert !

Le templier Bois-Guilbert tente de convaincre Rebecca d'accepter d'être sa maitresse … Rebeca courageuse, envisage plutôt de se jeter par la fenêtre. Devant tant de courage Bois-Guilbert renonce et prend l’engagement de ne pas lui faire d’outrage , et d’attendre qu’elle lui appartienne de son plein gré...

De Bracy demande à Lady Rowena sa main en mariage, Elle refuse. Si elle ne consent pas, il menace de tuer à la fois Cédric et Ivanhoé. Elle en est tellement éplorée, qu'il en est presque ému ... L’alarme l’interrompt.


 

En dehors du château, les hors-la-loi ont planifié leur attaque. Ils ont échangé des lettres de menaces avec les Normands. Les Normands répondent que les Saxons ne quitteront jamais le château en vie... et qu'ils feraient mieux d'envoyer un prêtre entrer dans le château pour donner les derniers sacrements aux prisonniers saxons... , et ces derniers décident de tirer parti de l'offre. Ils envoient le bouffon Wamba dans le château habillé en frère pour qu'il puisse informer Cedric des projets des hors-la-loi. Les Normands amènent "le frère" dans la cellule de Cedric et Athelstane.


 

Wamba habille rapidement Cédric de son déguisement et le fait sortir du château. Auparavant, déguisé en prêtre, Cédric parcourt des salles du château en espérant que personne ne lui demandera de parler latin. Il croise Rebecca, qui a soigné Ivanhoé, et Ulrica, qui lui raconte sa vie : après que les Normands eurent pris le château à ses ancêtres saxons, elle est devenue courtisane des saxons pour sauver sa vie. Maintenant qu'elle est vieille et laide, elle est frappée et insultée....

Note : Alors que Bois-Guilbert et de Bracy font pression sur les femmes pour qu'elles se soumettent … La détermination de Rowena et Rebecca les fait fléchir … La passion qui les anime, au risque de leur vie, les rend plus humains …

Cedric rejoint le Black Knight et Robert Locksley devant les portes du château et ils commencent leur attaque contre Torquilstone. À l'intérieur du château, Rebecca a convaincu une vieille femme emprisonnée dans le château de l'emmener aux côtés d'Ivanhoé ; experte en médecine, elle s'occupe d'Ivanhoé, blessé. ( le corps inconscient d'Ivanhoé était caché et emmené avec eux à York..).

Ulrica, la vieille femme, se moque de Front-de-Boeuf et le nargue, lui rappelant qu'il est coupable du meurtre de son propre père. Pendant le tumulte, elle met le feu à Torquilstone. 

Les Normands continuent à se défendre alors même que leur château brûle autour d'eux. Rebecca est enlevée par Bois-Guilbert alors qu'Ivanhoé est trop faible pour l'en empêcher.

Le ''Chevalier Noir'' se bat vaillamment et sauve Ivanhoé des flammes. Les autres prisonniers parviennent à s'échapper par leurs propres moyens. 

Athelstane semble être tué lorsqu'il tente de bloquer l'évasion de Bois-Guilbert et est frappé à la tête avec l'épée de Bois-Guilbert. De Bracy, le normand est fait prisonnier par le chevalier noir. Le Chevalier noir murmure quelque chose à l'oreille de De Bracy, qui se rend.... Torquilstone brûle... Ulrica chante une chanson de mort inquiétante.

Dans la forêt, les hors-la-loi se félicitent d'avoir triomphé des tyrans normands. Cédric dit au Chevalier noir qu'il lui doit un service, il peut tout lui demander …

Locksley est reconnaissant au ''Black Knight'' de les avoir aidé. Le Chevalier noir demande à ce que Locksley laisse De Bracy partir en liberté. De Bracy s'en va bouleversé par certaines informations secrètes que le ''Chevalier Noir '' lui a communiquées à Torquilstone....

L'un des hors-la-loi apprend au pauvre Isaac qu'il a vu Rebecca se faire enlever par Bois-Guilbert. Isaac quitte la forêt en panique pour sa fille. Le Chevalier noir se prépare également à quitter les hors-la-loi. Il dit à Cedric qu'ils devraient se retrouver au château d'Athelstane, pour assister à ses funérailles. Wamba accompagne le chevalier noir comme guide dans la forêt.

Pendant ce temps, le prince Jean attend à York ses fidèles chevaliers, Front-de-Boeuf, Bois-Guilbert et De Bracy. De Bracy arrive en sang et sale. Il explique ce qui s'est passé à Torquilstone et confirme ce que nous pouvions soupçonner: le ''Black Knight'' est le roi Richard 1er. Le Prince Jean envoie un groupe d'hommes le tuer puisque, il serait seul sur la route...

Isaac se précipite chez la communauté des Templiers de Templestowe pour tenter de négocier avec Bois-Guilbert la liberté de sa fille Rebecca. Malheureusement pour Isaac, il tombe sur Lucas Beaumanoir, le Maître des Templiers. Ce Beaumanoir est un homme sévère et inflexible. Il déteste les juifs et les femmes...

Lorsqu'il apprend que Bois-Guilbert a capturé une femme et de plus juive, il blâme immédiatement Rebecca au lieu de Bois-Guilbert. Beaumanoir affirme que c'est la sorcellerie de Rebecca et non la faiblesse de Bois-Guilbert qui est à l'origine de sa présence à Templestowe.... Mais, Bois-Guilbert se trouve de plus en plus amoureux de l’indomptable Rebecca, qui continue de rejeter ses avances.

Beaumanoir décide d'organiser un procès pour sorcellerie contre Rebecca.

Bien sûr, Rebecca est condamnée à mort pour crime de sorcellerie. Avant son exécution, Beaumanoir accepte de lui faire subir le jugement de Dieu avec un combat. Il nomme Bois-Guilbert en tant que représentant des Templiers. Si un champion accepte de se battre pour Rebecca, ils se battront en duel. Si le templier gagne, Rebecca sera tuée et s'il perd, il mourra lui-même... !  Rebecca donne à son père une note lui demandant de faire venir Ivanhoé. Même s'il est blessé, elle pense qu'il est le seul homme susceptible de la défendre lors d'un procès au combat.

Nous avons coupé au chevalier noir à travers la forêt avec Wamba. Le Roi Richard est pris en embuscade par un groupe d'assassins ( mené par Waldemar Fitzurse ) envoyés par le prince Jean. Il appelle au secours les hors-la-loi et ils arrivent pour l'aider. Une fois que les hors-la-loi voient que le chevalier noir n’est autre que le roi Richard Ier, ils lui rendent hommage.... Le roi Richard leur pardonne actions passées et promet d'aider à réparer les torts qui les ont menés dans la forêt. Robert Locksley, le capitaine hors-la-loi, se présente sous son vrai nom: Robin Hood ( Robin des Bois) … Chacun connaît à présent la véritable identité de chacun...

Ivanhoe et Gurth les rejoignent, et tous se rendent au château d'Athelstane pour son inhumation …

Au château d'Athelstane, le roi Richard fait promettre à Cedric de pardonner à son fils , Cédric accepte de se réconcilier avec Ivanhoé... Soudain, Athelstane semble revenir des enfers des morts... Il n'avait été que blessé... ! Il raconte comment il a pu se délivrer de son propre cercueil et exhorte Cedric à accorder Rowena à Ivanhoé, affirmant qu'il est indigne d'elle.  Un messager arrive avec le message d'Isaac pour Ivanhoé. Ivanhoé s'en va immédiatement pour aider Rebecca, suivi de près par le roi Richard.

Le lendemain, les Templiers se rendent sur le terrain de duel. Un bûcher est déjà mis en place pour brûler Rebecca si son champion perd ou ne se montre pas. Juste à temps, un chevalier arrive: c'est Ivanhoé... . Même s'il est toujours blessé, il ne laissera pas Rebecca brûler sans défense. Ivanhoé et Bois-Guilbert préparent leurs lances et montent l'un contre l'autre. Lors de la joute, Ivanhoé est tellement épuisé et faible qu'il tombe de son cheval au tout premier passage. Mais de Bois-Guilbert tombe également sur le sol : il est mort, tué par l'intensité de ses passions contradictoires... Beaumanoir prend cela comme preuve que Dieu est du côté de Rebecca et la libère.

Le Roi Richard renvoient Beaumanoir et les Templiers d' Angleterre … Il arrête ou exile les chevaliers normands qui ont rejoint la rébellion de son frère... Cédric abandonne enfin le rêve de voir un roi saxon sur le trône d’Angleterre. Il voit à présent tous les avantages à ce que son fils Ivanhoé à épouse Rowena.

Peu de temps après leur mariage, Rowena reçoit un visiteur surprise: Rebecca. Elle veut la voir avant de quitter le pays. L'Angleterre a trop de préjugés contre les juifs pour que Rebecca et Isaac se sentent à l'aise ici. Ils ont décidé de rejoindre l'Espagne, où ils ont de la famille. Cependant, Rebecca souhaite laisser une boîte à bijoux à Ivanhoé et à sa famille. …

Ivanhoé poursuit une carrière héroïque sous le roi Richard, jusqu'à ce que la mort prématurée du Roi – à Châlus près de Limoges - mette fin à tous ses projets mondains.

 

 

Ivanhoé a été blessé pendant plus du tiers du livre... Son seul acte héroïque a été de remporter le tournoi, et il l'a fait non pas en tant que Ivanhoé mais en tant que ''The Disinherited Knight''.

Ivanhoé représente la plus haute fleur de la chevalerie, et nous ne voyons presque jamais les événements de son point de vue. Son histoire d'amour avec Rowena est un thème secondaire de l'intrigue. L'important, ici, c'est le rôle d'Ivanhoé comme représentant les tensions entre les Saxons et les Normands

Ivanhoé est un Saxon qui entretient des relations étroites avec un roi normand. Il suggère un modèle de comportement différent de celui proposé par Cédric, férocement anti-normand. L'intérêt de Walter Scott pour l'Histoire l'amène à proposer avec Ivanhoé un exemple dans l'orientation prise par l'histoire anglaise ; lors du retour de Richard des Croisades, le temps de l'unification … Remarquons, qu'au moment où Scott écrit son roman, rien ne distingue l’Angleterre normande de l’Angleterre saxonne. Cependant, en 1194, Richard fut contraint de reprendre le pouvoir à Jean et à la noblesse; il fut en fait re-couronné en avril 1194...

Le procès de Rebecca, ternit l'image des Templiers, il souligne l'horrible injustice de la procédure. W. Scott s'engage ainsi contre les préjugés médiévaux ( et de son époque …) envers les juifs. Rebecca, belle, admirable et impuissante, est menacée de toutes parts par d’énormes guerriers immoraux.

Le début de la scène du jugement de Dieu par le combat, crée une tension très particulière, alors que la foule attend de voir si un héros arrivera pour la sauver et que De Bois-Guilbert commence à désespérer. Enfin, un chevalier héroïque arrive sur les lieux pour sauver Rebecca. 

Un chevalier chrétien, qui accepte de se battre contre un chrétien, pour une juive … !

Mais le héros est tellement fatigué, déjà pour s'être précipité sur les lieux qu'il perd ses forces le combat, et pour se retrouver soudainement victorieux puisque son adversaire meurt subitement ! Cette fin, est acceptable à la période romantique où se roman est écrit.  Ivanhoé est plus un produit du temps pendant lequel il a été écrit (1819) que du temps pendant lequel il se passe (1194).

Ivanhoé est avant tout un roman d'aventures. Sa popularité et sa longévité lui valent une place parmi les grands romans historiques de tous les temps.

Walter Scott met en lumière un des épisodes critiques concernant un moment important de l’histoire anglaise, le retour du roi Richard Cœur de Lion en Angleterre après quatre années passées à se battre dans les croisades et à croupir dans les prisons autrichiennes et allemandes.

La narration est très rythmée,  passant d’un tournoi à un enlèvement, d’un siège à un procès de sorcellerie. L’intrigue se clôt sur le mariage d’Ivanhoé et de Rowena, symbole de la fusion entre Normands et Saxons, et prémisse de la nation anglaise.

 

*   Note : Il paraît que le siège du château de Châlus en Limousin, où est mort en 1199 Richard Cœur de Lion, a fourni à Walter Scott le canevas du siège du château de Front-de-Bœuf.

« Scott est certainement l’écrivain le plus étonnant d’aujourd’hui... Je ne connais pas de lecture où je me plonge avec autant de plaisir » William BYRON

« Le vrai délice des romans de Walter Scott vient de ce que nous y prenons connaissance du temps passé, non à travers le style ampoulé des tragédies françaises... mais comme s’il s’agissait de la vie quotidienne ». Alexandre Serguéievitch POUCHKINE

« Quel est donc le prestige employé par Sir Walter Scott pour nous tenir attachés à la lecture de ses romans comme l’avare couve des yeux un trésor qu’il craint de voir diminuer ? Ce prestige, ce talent, consiste dans l’art d’exciter la curiosité(...) de soutenir l’attention par des incidents inattendus, d’alimenter l’intérêt par des situations qui aggravent sans cesse l’embarras des personnages... » HOFFMANN

Lecteur admiratif de Walter Scott, DELACROIX a exécuté de nombreuses toiles inspirées par la lecture de ses œuvres...

Un jugement négatif cependant, celui de CHATEAUBRIAND :
« L’illustre peintre de l’Ecosse me semble avoir créé un genre faux ; il a selon moi perverti le roman et l’histoire : le romancier s’est mis à faire des romans historiques, et l’historien des histoires romanesques ». 

Voir les commentaires

L'Histoire d'Ivanhoé – selon Walter Scott ( Résumé) – 1/.-

Publié le par Perceval

L'Histoire d'Ivanhoé – selon Walter Scott ( Résumé) – 1/.-

Wamba ( fou ou bouffon de Cédric) et Gurth (serf de ''Cedric le saxon'' et gardien de troupeau de porcs) sont dans la forêt. Ils rencontrent une cavalcade composée d’ecclésiastiques ( dont le prieur Aymer de l'abbaye de Jorvaulx) et de chevaliers dont un templier (hautain et violent, «  à la tête de Sarrasin... ») , qui demandent le chemin pour aller chez Cédric le saxon. Wamba leur indique une fausse route ...

Ivanhoé - Conisbrough Castle, home of Cedric the Saxon (1871 edition)

Les cavaliers, finalement conduits par un pèlerin, arrivent dans la demeure de Cédric... Le prieur Aymer de Jorvaulx et le chevalier templier Brian de Bois-Guilbert avec leur escorte demandent l'hospitalité pour une nuit. Cédric le saxon les accueille, bien que ''normands'', avec hospitalité et politesse et les convie à dîner à sa table... Le pèlerin, lui aussi prend place près d'une cheminée. Lady Rowena arrive avec majesté … De Bois-Guilbert est frappé par sa beauté: il la regarde avec audace, au grand dam de Cédric.

Rowena demande des nouvelles de la Palestine...

( Chap 5) Alors que les convives se régalent l’intendant les informe qu’un juif qui se nomme Isaac d'York est devant le porche, et qu’il demande asile. Cédric accepte et dit qu’il ouvre sa table à tout le monde. Mais le juif ne semble pas le bienvenu, seul le pèlerin lui offre une place ...

Durant le repas, les personnes autour de la table évoquent la Palestine et les templiers ce qui mènent à parler d’Ivanhoé, un personnage inconnu de tous.

Le pèlerin prend la parole pour défendre l'honneur des chevaliers anglais ; et de celui d'Ivanhoé que le templier dit souhaiter le provoquer en tournoi.

Le pèlerin est appelé par Lady Rowena qui espère des nouvelles de la santé d’Ivanhoé. Il ne sait que des ouï-dires, et qu'il devrait revenir... .

Le pèlerin entend les esclaves sarrasins de Bois-Guilbert en conversation; il parle leur langue et découvre que le templier a l'intention de dépouiller le juif de ses biens. Le pèlerin sauve le juif, avec la complicité de Gurth à qui le pèlerin a confié quelques mots cachés ... Le juif qui a reconnu chez le pèlerin les éperons d'or d'un chevalier, pour le remercier lui offre le moyen de récupérer un cheval et une armure pour le tournoi.

 

Bien que le Roi Richard soit absent et prisonnier du perfide duc d'Autriche. Bien que le prince Jean, ligué avec Philippe de France, use de tous les moyens pour prolonger la captivité de son frère …

C’est la journée de tournoi d'Ashby de la Zouche et un jour de fête. Cette passe d’armes attire des personnes de tous les rangs...

Le juif Isaac, vêtu avec richesse, est là avec sa fille, la belle Rebecca. Prince Jean, qui est en train de demander un prêt important à des Juifs, ne s'y oppose pas , alors que les Saxons, en particulier Cedric et Athelstane, insistent sur le fait que les incroyants ne devraient pas être autorisés à occuper les sièges, et que les Normands les narguent. Le Prince Jean est frappé de la beauté de Rebecca... et vexe le saxon Athelstane de Coningsburgh, le tout au détriment du juif Isaac... Le bouffon Wamba sauve la situation...

Dans une tribune est placé un trône réservé à la future ''reine d'Amour et de Beauté'' que le vainqueur du tournoi désignera...

Le prince Jean fait signe de commencer et ses chevaliers s’avancent lentement dans l’arène.

Après plusieurs combats, il semble que Brian de Bois-Guilbert puisse remporter le prix... Mais... Un chevalier inconnu provoque le templier ; sur son bouclier, un jeune chêne déraciné et un seul mot: '' Déshérité'' et gagne le tournoi. Il refuse d'enlever son casque et de montrer à tous son identité, et il choque les Normands assemblés en choisissant Lady Rowena, une Saxonne comme reine des Amours, qui ainsi doit présider la fête de demain... ( Chap 9)

 

Le chevalier inconnu refuse tous les honneurs et le festin du aux vainqueurs. L’écuyer de Bois-Guilbert vient lui donner de l’argent, une rançon et une armure telle la loi des armes. Il refuse mais prend la moitié de la rançon pour payer au juif son armure emprunté.

Il envoie Gurth, devenu l'écuyer du '' Déshérité'' , payer Isaac. Mais sa fille Rebecca rembourse tout en cachette. Gurth est heureux, il a bien gagné sa journée.... !

Si le chevalier refuse de dire son nom ; Prince Jean craint qu’il ne s’agisse de Richard, son frère, dont il a volé le royaume.

 

Le lendemain: la deuxième partie du tournoi a lieu. La foule acclame la Reine de Beauté...

Le Déshérité en difficulté, finalement gagne grâce à un chevalier Noir.... Et le Prince Jean décide de désigner le chevalier noir comme celui qui s'est le mieux conduit... Mais la foule et les hérauts le forcent à désigner le chevalier ''Deshérité''... Après ce combat ; faible, le chevalier ne peut empêcher qu'on lui enlève son casque : Rowena pousse un cri, elle reconnaît le chevalier Ivanhoé, il baise la main de la Reine de Beauté, et tombe évanoui... ( Fin du Chap 12)

A suivre ....

Sources des images: The Project Gutenberg EBook of Ivanhoe, by Walter Scott

Voir les commentaires

Ivanhoé de Walter Scott – Le Contexte et les personnages.

Publié le par Perceval

Ivanhoé de Walter Scott – Le Contexte et les personnages.

En l’an 1194 durant le règne de Richard 1er. (cœur de Lion) ; non loin de Sheffield....

Walter Scott ( ) décrit une période sombre de l'histoire anglaise... Quatre générations après la conquête normande de l'île, les tensions entre Saxons et Normands sont à leur comble. Les deux ''peuples'' refusent d'utiliser la langue l'un de l'autre. Le Roi Richard est dans une prison autrichienne, capturé alors qu'il rentrait chez lui après les croisades. Son frère, le prince John, s'est assis sur le trône et, laissent les nobles normands abuser de leur pouvoir. Les terres saxonnes sont récupérées de manière frauduleuse et de nombreux propriétaires saxons sont transformés en serfs. Ces pratiques ont enragé la noblesse saxonne, en particulier le fougueux Cédric de Rotherwood. Cédric est tellement fidèle à la cause saxonne qu'il a déshérité son fils...

Wilfrid a été renié et déshérité par son père, pour s'être mis au service de Richard Cœur de Lion, qui lui a accordé en fief le manoir d'Ivanhoé, et Wilfrid l'a accompagné en Terre sainte, pour participer à la croisade.

En outre, Ivanhoé et Rowena sont amoureux l'un de l'autre...

Cédric de Rotherwood, dit le Saxon est connu comme quelqu’un de fier et de susceptible, il est nostalgique de l'Angleterre saxonne vaincue en 1066, rêve de rétablir sur le trône de l'Angleterre un monarque autochtone en la personne d'Athelstane de Coningsburgh, un voisin, descendant des derniers rois saxons. Dans ce but, il envisage de l'unir avec sa pupille, Lady Rowena de Hargottstandstede ( de grande beauté ...), princesse saxonne descendant du roi Alfred.

 

Les personnages :

Wilfrid d’Ivanhoé

Wilfrid d'Ivanhoé, le chevalier dit ''Déshérité''. Il est le fils de Cédric le Saxon, mais déshérité par son père pour avoir suivi le Roi Richard aux Croisades, il a gagné une grande gloire dans les combats... Il représente la quintessence du code chevaleresque de la chevalerie, de l'héroïsme et de l'honneur.

Richard Cœur de Lion : il est de la lignée ''normande'' des Plantagenêts. Il était parti en croisade. C'est un aventurier, ce qu'Ivanhoé lui reproche … Cependant ici, il est de grande valeur, courageux au combat, et se souciant pour son peuple … Je n'en dit pas plus sur son apparition dans le cours de cette histoire …. A lire dans la suite …

Prince Jean : le frère de Richard, avide de pouvoir, qui occupe le trône d'Angleterre en l'absence de Richard. Jean (John) est un dirigeant faible qui se laisse influencer par ses puissants nobles normands. Son désir tenace de garder le trône cause beaucoup de problèmes à l'Angleterre; il aggrave les tensions entre les Saxons et les Normands et fait tout ce qui est en son pouvoir pour maintenir Richard dans sa prison autrichienne. Son conseiller principal est Waldemar Fitzurse, et ses alliés sont Maurice de Bracy et Reginald Front-de-Boeuf.

Ivanhoé - Lady Rowena.

 

Lady Rowena : La pupille de Cédric le Saxon, une belle dame saxonne amoureuse d’Ivanhoé. Mais, Cédric préfère que Rowena soit mariée à Athelstane, afin de réveiller et honorer la lignée royale saxonne... Rowena représente l'idéal chevaleresque de la féminité: elle est la ''Dame'' juste, chaste, vertueuse, loyale et douce ; avec un grand courage, celui de défier son tuteur en refusant d'épouser Athelstane. « Douée des plus belles proportions de son sexe, Rowena avait une teint éblouissant de pureté, et la noblesse de  ses traits la préservait de la fadeur.» ( …) « Ses yeux bleus, grands et clair, enchâssés sous d'élégants sourcils d'un châtain assez prononcé pour faire valoir son front, pouvaient enflammer et attendrir, pour commander et supplier tour à tour. »

Cédric de Rotherwood : saxon et père d'Ivanhoé. Il est un puissant seigneur saxon qui a déshérité son fils pour avoir suivi Richard aux Croisades. Cédric est extrêmement fier de son héritage saxon et sa priorité est l’avenir de son peuple - d’où son désir de marier Rowena à Athelstane plutôt qu’à Ivanhoe. Les rudes manières de Cédric font de lui un sujet de plaisanteries parmi ses supérieurs normands, …

Athelstane de Coningsburgh

 

Athelstane de Coringsburg : un noble saxon que Cédric espère voir marié à Rowena, pensant que leur union pourrait rétablir la lignée royale saxonne.

Gurth : serf et gardien de porcs, il désire reprendre sa liberté . Il devient de facto, l’écuyer d’Ivanhoé. 

Wamba est le bouffon de Cédric, un clown saxon plein d’esprit et incisif, dont les commentaires acerbes masquent souvent des pépites de sagesse...

Oswald : serviteur valorisé par Cédric.

Reginald Front-de-Boeuf.

Reginald Front de Bœuf : personnage négatif, laid et brutal... Front-de-Boeuf est un chevalier normand allié au prince Jean. Il dirige la forteresse de Torquilstone, où de Bracy emmène ses prisonniers saxons....

Maurice De Bracy : Un chevalier normand allié au prince Jean. Jean envisage de marier de Bracy à Rowena, mais de Bracy s'impatiente... Il va enlever la jeune fille sur le chemin du retour d'Ashby, qu'il emprisonne dans le fief de Torquilstone...

Brian De Bois-Guilbert : Un chevalier de l'ordre des Templiers... Brian de Bois-Guilbert est un combattant redoutable, mais de peu de morale. Lui, le moine templier, se laisse submerger par ses tentations … Il est l'un des personnages complexes du roman : de Bois-Guilbert commence le roman comme un méchant conventionnel - lui et Ivanhoé sont des ennemis mortels - mais à mesure que le roman progresse, son amour pour Rebecca fait ressortir ses qualités …

Maurice de Bracy

 

Briand de Bois-Guilbert.

 

Rebecca est une belle jeune fille juive, la fille d'Isaac d'York. Rebecca ( formée comme guérisseuse) soigne Ivanhoé - blessé dans le tournoi à Ashby - et tombe amoureuse de lui malgré elle. L’amour de Rebecca pour Ivanhoé est en conflit avec son bon sens; elle sait qu'ils ne peuvent pas se marier (il est chrétien et elle est juive), mais elle reste attirée par lui. Pourtant, elle retient ses sentiments. Rebecca est une femme volontaire dotée d'une forte maîtrise de soi. Kidnappée par l’amoureux chevalier templier Bois-Guilbert, Rebecca doit se battre pour son honneur, puis pour sa vie. Elle est une sorte d'héroïne tragique, et compte parmi les personnages les plus sympathiques du livre.

Isaac d'York

 

Isaac d'York  - Le père de Rebecca, un riche Juif. Isaac représente ici le ''Juif littéraire'' profondément stéréotypé ( correspondant hélas à l'époque...!) , inspiré du modèle de Shylock dans Le marchand de Venise de Shakespeare ; un personnage avare, quelque peu chahuteur, mais au grand cœur, qui aime l'argent plus que tout au monde, à l'exception de sa fille. « Un air craintif et hésitant avec de profonds saluts, un vieillard maigre et de grande taille. »

Locksley, Robin Hood : Le chef d'une bande de hors-la-loi de la forêt qui volent les riches et donnent aux pauvres... Locksley se révèle n'être autre que Robin des Bois. Robin et ses hommes vont aider Richard à libérer les prisonniers saxons de Torquilstone et, plus tard, à sauver le roi de l'attaque perfide de Waldemar Fitzurse. Voleur galant, spirituel et héroïque, Robin Hood ajoute une touche supplémentaire d'aventure, d'enthousiasme et de familiarité à l'histoire d' Ivanhoé. Après tout, le personnage de Robin Hood était profondément enchâssé dans la légende anglaise bien avant que Scott écrive son roman.

Locksley.

 

Waldemar Fitzurse : le conseiller principal du prince Jean, qui n'a pas un grand amour pour le prince, mais qui a lié ses aspirations politiques au succès de Jean. Fitzurse est calculateur et perfide, qui sait réagir calmement aux nouvelles qui paniquent Jean. 

Le prieur Aymer : L'abbé d'un monastère, le prieur est néanmoins enclin à la bonne nourriture et au plaisir. Ici, il représente les hypocrisies de l'église médiévale, le prieur Aymer est un compagnon de Brian de Bois-Guilbert.

L’ermite de Copmanhurst  (The Friar ) : Un joyeux moine qui se lie d'amitié avec le roi Richard dans la forêt de Robin Hood. Il est en fait le légendaire Friar Tuck, membre du groupe des joyeux hommes de Robin Hood.

Dame Ulrique : Une vieille femme saxonne qui a souvent des mots odieux, mais se montre généreuse … Elle semble mépriser Rebecca, mais l'aide … À la fin de la bataille pour le château, elle le brûle, raillant Front-de-Boeuf et chantant un étrange chant de mort alors que les flammes l'engloutissent lentement.

Lucas de Beaumanoir est le Grand Maître, moraliste et sévère, des Chevaliers-Templiers.

Albert de Malvoisin est le chef de la forteresse des Templiers de Templestowe. Malvoisin exhorte Brian de Bois-Guilbert à mettre de côté son amour pour Rebecca et à rester fidèle à la règle des Templiers.

Le Pèlerin : un pèlerin religieux qui revient de pèlerinage en Terre sainte....

Le chevalier '' Deshérité'' : Le nom sous lequel Ivanhoé se bat lors du grand tournoi à Ashby...

Le chevalier noir ( et fainéant) : mystérieux Black Knight, qui combat avec Ivanhoé lors du tournoi, sauve les prisonniers saxons de Torquilstone et rencontre Robin Hood et ses hommes.

De Bigot est le sénéchal du prince Jean.

Le comte d'Essex est l'un des loyaux seigneurs du roi Richard Ier. Il arrive avec Richard pour chasser les Templiers d'Angleterre et pour réprimer officiellement la rébellion du prince Jean. 

Hugh de Grantmesnil est l’un des Normands locaux, hôte du tournoi Ashby-de-la-Zouche. Ivanhoé élimine Grantmesnil le premier jour du tournoi. Grantmesnil revient également combattre aux côtés de Bois-Guilbert et Front-de-Boeuf dans les batailles rangées de la deuxième journée du tournoi.

Herman de Goodalricke, est l'un des quatre dirigeants templiers présents au procès de Rebecca; les trois autres sont Albert Malvoisin, Conrade Mont-Fitchet et, bien sûr, Lucas Beaumanoir. Damian est un écuyer servant les Templiers à Templestowe.

Anwold est l'un des serviteurs de Cédric, son porteur de flambeau... Irritable, antisémite … Il y a également , Hugo le gardien et sa lance …

Seth, est un serviteur d'Isaac. Et Zareth est un des membres de la famille d'Isaac dans la ville voisine de Sheffield. Il aide à constituer l'équipement qu'Isaac prête à Ivanhoé pour son tournoi à Ashby.

Elgitha est l'une des femmes d'honneur de Rowena. Elle semble être la femme la plus digne de confiance de Rowena.

Balder est l'un des chiens préférés de Cedric, un lévrier âgé. Balder est le fils d'Odin, le chef des dieux. Le fait que Cédric ait nommé son chien préféré après lui témoigne à quel point il valorise son héritage germanique et saxon.

Fangs est le grand chien de Gurth.

A suivre: L'histoire ....

Voir les commentaires

De Limoges à Paris : les Catacombes au XIXe s... -1/2-

Publié le par Perceval

Au Collège Royal de Limoges, Charles-Louis de Chateauneuf a rencontré un camarade de son âge avec qui il peut partager l'une des ses passions: la découverte du Moyen-âge, et de plus :sur la trace de l'un de ses ancêtres : Roger de Laron, chevalier templier... Il se nomme Elie Berthet. Le jeune Elie a, de plus, le goût de l'écriture et tous deux notent sur des cahiers, des récits qui serviront de thèmes au futur romancier...

Elie Berthet

Et c'est précisément le cas, pour ce qui est des Catacombes...

En effet, à 16 ans, Elie Berthet monte à Paris soi-disant pour étudier le droit, mais en réalité pour se vouer à l'écriture. En 1835 il trouve un éditeur:''le Siècle'' qui publie ses premiers récits ''La Veilleuse'', sous le pseudonyme Élie Raymond.

Et précisément, il publie très tôt, un texte écrit au Collège de Limoges : c'est la première version de « Les Catacombes de Paris », un roman d’Élie Berthet, dans une première version de 1832 (in folio imp. L. Grimaux) qui ne comprend que 20 pages. (1)

 

Les souterrains urbains sont fascinants, et les histoires s'y rapportant, légion.

La cathédrale de Limoges, vue prise du clos Sainte-Marie, vue d'ensemble. XIXe s

Revenons à Limoges, avant 1832... Chaque maison de centre ville est reliée par des souterrains, même s'y certains s'en sont appropriés une partie en les cloisonnant; tous les jeunes gens y ont connu diverses aventures ou des soirées ''endiablées'' … !

On dit qu'ils existent depuis l'époque gallo-romaine. Caves creusées ou caves bâties ( façonnées) … Caves à plusieurs niveaux, puits, aqueducs, silos ont été construits au cours des siècles... Dès le Moyen Age, en ville, on recherche à étendre son domaine (commerces, stockage...) En tout, on estime entre 40 et 80 kilomètres la superficie des galeries qui parcourent le sous-sol de la ville.

A l'époque, le grand défi était de trouver le circuit qui permettait par les souterrains de traverser la Vienne ; ou selon Elie Berthet lui-même de joindre Limoges au château de Chalucet …

Elie Berthet et Charles-Louis de Chateauneuf racontent, qu'un moine aurait été enterré vivant et qu'il aurait réussi à traverser la ville par les souterrains. Avec ce moine errant dans les galeries, certains assurent avoir aussi reconnu le fantôme de Sainte Valérie - portant sa tête coupée - qui hanteraient encore les souterrains de Limoges...

Souterrains de Limoges

 

 

Lorsque ce sous-sol est voûté d'ogive, la croyance populaire y voit des lieux de culte : chapelles, églises ou même restes d'abbaye... ou encore Temple maçonnique.

Pour ce qui est du Temple : voici une autre histoire bien étrange...

Le grand-père de Charles-Louis de Chateauneuf, était sans-doute franc-maçon à l'Orient de Limoges... C'est lui qui avait remis à son petit-fils un ensemble de documents ( médiévaux précisait-il ! ) qu'il disait avoir reçu de Jean-Léonard de la Bermondie. Ces documents étaient composés de dossiers sur la philosophie, l'alchimie..., et divers témoignages ; et également quelques objets dont une croix métallique et une bague templière … ! Et il lui avait fait comprendre qu'à partir de ce ''trésor'' ; il devait accomplir sa propre quête et transmettre le ''Tout'' à un descendant qu'il aurait choisi …

Aussi, tout ce qui pouvait avoir un lien avec la Chevalerie, intéressait au plus haut point Charles-Louis...

Initiation maçonnique. XIXe

Précisément, au Collège Royal de Limoges un jeune garçon, dont il s'est fait un ami, lui a laissé entendre que son grand-père est franc-maçon... Il se nomme Félix-Joseph de Verneilh (1820-1864), lui aussi, né au château de Puyraseau près de Nontron, fera carrière à Paris. Il deviendra historien et archéologue. Son grand-père – âgé à présent, ami de Maine de Biran, a rencontré des personnages comme le pape Pie VII, Napoléon... Il a raconté tout cela dans ses mémoires. Pour l'heure, il échange beaucoup avec son petit-fils... Et Félix de Verneilh assure Charles-Louis, qu'il existe dans les souterrains de Limoges, un Temple maçonnique là-même où existait au Moyen-age un sanctuaire templier. !

Temple dans souterrain à Limoges ( Le Populaire)

Bien sûr, Charles Louis et Elie vont se passionner pour toutes ces histoires autour des souterrains de Limoges ; et s'ils n'ont rien découvert de plus …. Sachez que :

En 2016, on vient de mettre à jour, une sorte de cathédrale cachée dans les sous-sols de l'ancienne bibliothèque municipale de Limoges. Ce serait le premier véritable temple maçonnique de la ville. Je lis dans le quotidien ''le Populaire du Centre'' une explication...

Les francs-maçons se seraient réunis à partir de 1750, rue Pisse-Vache dans le centre-ville de Limoges au sein de la loge Harmonie. Leur nombre grandissant, ils auraient déménagé en 1806 dans cet endroit en prenant le nom des ''Amis réunis''....

Effectivement, des embryons de loges sont connus dès 1750. Puis se constitue la loge « Harmonie » dont le vénérable maître est un fonctionnaire de préfecture nommé Jacquet. Les frères se réunissaient à la tour Pisse-Vache, au carrefour du boulevard Gambetta, de la rue Vigne-de-Fer et de la rue Dupuytren. Peu importante, placée sous la juridiction de la Grande Loge du Royaume de France, cette loge prend de l’ampleur à partir de 1767 sous un autre nom : elle est rebaptisée '' Les Frères unis ''. La loge reprend force et vigueur en 1806, et prend le nom d'Amis réunis.

 

Régulièrement, ces galeries se rappellent à nous, quand par exemple : en novembre 1649, l'écroulement de quatre maisons rue ''Elie Berthet'' (2) fit deux morts. En août 1860, l'effondrement de trois immeubles place du Poids Public provoqua le décès d'une femme de 55 ans.

 

L'intérêt d'Elie Berthet pour les souterrains, s'est déplacé sur Paris (3). Leur vogue dans la capitale, au XIXe siècle, crée des abus au point d'entraîner une fermeture de la visite publique en 1830... Si certains s'y égarent, d'autres y font la noce...

 

 

Note (1) : puis existent une édition en 4 volumes in 8° (éditions L. de Potter) en 1854, une édition in 8° de 140 pages (aux Bureaux du siècle) et une édition en 2 volumes in 16 (chez Hachette) en 1863. L’édition de 1856 va connaître 22 réimpressions entre sa première parution et 1877 !

Note (2) : … Oui, il s'agit du nom actuel de la rue … Bizarre.. ! précisément elle se nomme bien à propos... Dans les années 60, les fêtards se donnent rendez-vous dans des boîtes de nuit en sous-sol, rue Elie-Berthet, rue Rafilhoux ou sinon à la « Cave des templiers » rue du Temple. En 1996, la bijouterie Philipparie est victime d'un vol de bijoux. Les auteurs ont utilisé les cavités souterraines pour s'emparer de 2 millions de francs.

Note (3) : A lire chez les Ardents Editeurs : Les Souterrains de Limoges de Aug. M. ( roman ''gothique'' écrit sans doute par Auguste Maquet ( (1813-1888) et nègre d'Alex. Dumas)

Voir les commentaires

Charles-Louis de Chateauneuf – Un enfant du siècle : le XIXe

Publié le par Perceval

Jean-Léonard de la Bermondie, naît en 1739, en Limousin... Ancien page du Roi, officier dans les Gardes Françaises ; il y rencontre le marquis de Lusignan, avec qui il emprunte le chemin de la Franc-maçonnerie... Fort de l'héritage de son ancêtre Roger de Laron, templier...; il découvre diverses routes qui conduiraient au Graal; et comme émigré (pendant la révolution ), la pilosophie...

Avant de tourner cette page, il laisse à sa descendance les traces de ce chemin de vie. Le relais va être assuré par Charles-Louis de Chateauneuf, né en 1816 à Limoges...

 

Il y a tout juste 200 ans, naissait une génération qui s'est fait appeler ''enfant du siècle''...

 

L'une des meilleures illustration de ce type d'homme et de femme, est le roman d'Alfred de Musset (1810-1857): '' La Confession d'un Enfant du Siècle '', roman autobiographique publié en 1936...

En 1833, Musset rencontre George Sand...

Cette histoire est inspirée de la passion réelle vécue par Alfred de Musset et George Sand entre juillet 1833 et Mars 1835. Ces amours cohabitent avec la vie de débauche dont Musset ne parvient pas à se défaire et avec la liaison que Sand a avec le docteur Pietro Piagello à Venise. Dans le roman, tout y est romancé et rien ne s'est réellement passé comme le décrit Musset. Le procédé sera repris par George Sand (1804-1876) elle-même dans son texte '' Elle et Lui'' (en 1859), où tout et rien ne sont vrais … !

 

''Enfant du Siècle '': désigne les temps nouveaux, placés sous le signe du héros fondateur ( « Ce siècle avait deux ans. Rome remplaçait Sparte »), à présent déchu ; mais signifie encore : gloire, énergie, espoir, avenir, jeunesse.

P.-N. Guerin - Rochejaquelin (1817)

« C'est à nous jeunes gens, enfants du siècle et de la Liberté, à favoriser l'aurore du bonheur des nations, à faire accorder la sûreté des trônes avec la liberté des peuple... » écrit le jeune Balzac (1799-1850) (Sténie : roman inachevé commencé en 1819) ).

 

Victor Hugo (1802-0885) , se reconnaît lui-même dans ''Feuilles d'automne '' : « Je suis fils de ce siècle !... »

 

E. P. de Senancour (1770 - 1846), écrivain du premier romantisme français. Dans ses Rêveries, il décrits les enfants du siècle, comme des « esprits légers et insouciants, enivrés d'esprit et privés d'âme, qui voient dans le monde comme il va, le monde comme il doit aller.»

Ce siècle est nourrit des nostalgies de la noblesse mais aussi des mécomptes de la liberté puis des humiliations de la défaite. On y retrouve mêlés : vocabulaire passéiste, et attitude aristocratique, avec une inquiétude métaphysique ou sa crispation en révolte.

Benjamin Constant dans son roman autobiographique paru en 1817 : ''Adolphe'', met en scène les relations amoureuses entre Adolphe, un jeune homme de bonne famille, et Ellénore ( inspirée de plusieurs femmes, mais surtout de Germaine de Staël )... cette œuvre exprime ce mal du siècle; l'auteur affirme en effet : « J'ai voulu peindre dans Adolphe une des principales maladies morales de notre siècle : cette fatigue, cette incertitude, cette absence de force, cette analyse perpétuelle, qui place une arrière-pensée de tous les sentiments, et qui les corrompt dès leur naissance ». 

 

Je reviens à la Confession d'un enfant du siècle (1836), ; avec le film de Diane Kurys, on entend Musset prononcer ces paroles ( et qui est en fait un résumé du Chap II de la Confession.):

« Le monde était en ruines, et nous venions au monde. La guerre était finie, nous arrivions après la gloire, après l’idéal, il nous restait le désespoir pour seule religion et pour toutes passions et mépris.  Les femmes s’habillaient de blanc comme les fiancées, et nous les enfants du siècle, vêtus de noir comme les orphelins, nous les regardions, blasphème à la bouche et le cœur vide. J’allais dans ce désert, serré dans le manteau des égoïstes… quand soudain, je la rencontrai… »

Voilà ce qui en est de cette génération : '' Enfant du Siècle''.

 

Charles-Louis de Chateauneuf, né en 1816 à Limoges, tentera lui, de se défaire de cet atavisme, en retrouvant des racines bien plus anciennes...

A suivre ...

Voir les commentaires

L'émigration – le Romantisme et Germaine de Staël.

Publié le par Perceval

Weimar_1803 - Le peintre Otto Knille a réuni dans sa fresque Weimar 1803 les romantiques allemands des deux premières générations, le Sturm und Drang et le Cercle d'Iéna.

Weimar_1803 - Le peintre Otto Knille a réuni dans sa fresque Weimar 1803 les romantiques allemands des deux premières générations, le Sturm und Drang et le Cercle d'Iéna.

'' De L’Allemagne''

Les émigrés vont introduire le Romantisme dans la littérature française. Le rationalisme ( façon ''Lumières'' à la française) devient suspect...

''De l’Allemagne'' de Germaine de Staël grand succès après 1815 – au moment où les émigrés rentrent en France - est un livre qui va assurer la diffusion de ces idées...

En 1810, la police impériale avait saisi en France les 2000 exemplaires imprimés et seront pilonnés.

Napoléon lui fait rapporter :« Nous n’en sommes pas encore réduits à chercher des modèles dans les peuples que vous admirez.. Votre dernier ouvrage n’est point français. »

L’ouvrage paraîtra à Londres en 1813 et à Paris en 1814.

Qu’y a t-il donc de si terrible dans ce gros traité en deux volumes?

Gérard peint Mme de Staël, en son personnage: Corrine, à titre posthume.


Madame de Staël dénonçait déjà la stérilité, ou plutôt l’épuisement, du classicisme français.

Elle attendait la régénération par les auteurs du Nord, qui ont rejeté ce carcan de règles. C'est Germaine de Staël - fille des Lumières, attirée par la rêverie poétique et sensible à la relativité de choses – qui popularise le mot ''  romantisme '' : Déjà Delphine et Corinne ont fait souffler des ouragans sentimentaux.., assez proches de ceux rencontrés dans sa vie privée …

Romantiques à Iéna

« Le nom de romantique a été introduit nouvellement en Allemagne pour désigner la poésie dont les chants des troubadours ont été l'origine, celle qui est née de la chevalerie et du christianisme. » (…) « ... en considérant la poésie classique comme celle des anciens, et la poésie romantique comme celle qui tient de quelque manière aux traditions chevaleresques. Cette division se rapporte également aux deux ères du monde: celle qui a précédé l'établissement du christianisme, et celle qui l'a suivi. » G d St ( Chap XI De la poésie ...)

En 1803-1804, Germaine de Staël séjourne à Berlin, Francfort et surtout Weimar. Cette dernière ville lui semble une nouvelle Athènes, en moins classique. Schiller, et même Goethe, prennent peur devant cette femme qui raisonne tant et si vite...

Elle semble n'avoir peu de goût pour la philosophie idéaliste qui conduit – affirme t-elle – au mysticisme et à la superstition... Germaine de Staël, aura besoin d'être initiée au kantisme : un jeune anglais Henry Crabb Robinson (un puits de science..) va s'en charger... Puis, elle réussira à s'attacher Auguste Schlegel, avec le prétexte qu'il soit le précepteur de son fils Augustin.

Johan Christian Dahl, Dresde en 1839

En 1811, un second voyage en Allemagne va compléter ce panorama, une vision de l'Allemagne, contrastée avec un Sud presque latin et un Nord brumeux à souhait... Une Allemagne négligée : jusque-là, l’Europe attendait la lumière du Sud... Il existe, au-delà du Rhin, des écrivains, des philosophes, des peintres aussi, qui innovent, alors que la France impériale stagne. Paris doit cesser de se regarder le nombril...

Une Allemagne en pleine mutation. Politique aussi, puisque Napoléon a supprimé en 1806 le Saint Empire romain-germanique, mais aussi morale et intellectuelle. Les Français ont l’habitude d’une Allemagne faible et morcelée (elle compte environ 400 états !).. Par ses guerres, Napoléon accélère son unité comme sa «germanicité»...

 

Au contact des penseurs allemands, Mme de Staël, va accepter l'idée d'une double nature chez l’humain : d'une part l’empire des sens, auquel est abandonné le monde visible ; et le monde invisible de la pensée, du sentiment, de l’âme, donc immatériel.

 

« Le jour où l’on a dit qu’il n’existait pas de mystères dans ce monde, ou du moins qu’il ne fallait pas s’en occuper, que toutes les idées venaient par les yeux et par les oreilles, et qu’il n’y avait de vrai que le palpable, les individus qui jouissent en parfaite santé de tous leurs sens se sont crus les véritables philosophes. Faut-il donc appeler du nom de folie tout ce qui n’est pas soumis à l’évidence matérielle ? » ( G de St. De L'Allemagne )

 

Si Mme de Staël s’accorde à accepter, qu'il y a des phénomènes dont on ne peut pas saisir l’essence car l’individu ne perçoit que sa manifestation extérieure. Pour Friedrich Schlegel ( le frère d'August...), cependant, l’individu peut, à travers l’esprit poétique, percevoir dans la réalité des fragments de l’essence divine des choses...

PÉREZ VILLAAMIL Y DUGUET, Genaro (El Ferrol, La Coruña, 1807 – Madrid, 1854). San Juan de los Reyes, Toledo

Madame de Staël s’intéresse à la façon dont la religion se rattache, en Allemagne, à tout un système littéraire et philosophique basé sur un sentiment de l’infini, «positif et créateur», et sur une absence de limites, auxquels la plupart des écrivains allemands rapportent leurs idées religieuses.

Hermann Corrodi

Le sentiment religieux de l’infini, que la nature a revêtu de divers symboles, étant le véritable attribut de l’âme. Elle se rattache de nouveau aux théories des romantiques allemands sur la capacité de l’esprit poétique de percevoir des fragments de l’essence divine des choses par le biais des combinaisons - chimiques - des différents éléments qui composent la nature.

Ce sentiment religieux permet donc de lier les méditations philosophiques aux plaisirs de l’imagination et aide l’esprit poétique à souligner les contrastes dans la nature et dans l’âme. Ainsi, les poètes mystiques allemands se rattachent au sentiment d’une religion qui est loin du protestantisme ou du catholicisme.

 

Germaine de Staël se méfie de la tendance mystique de la religion... Elle va aussi évoluer sous l'influence de A. Schlegel, et de Charles de Villers, Elzéar de Sabran... N'oublions pas alors la tendance ''illuministe'' de mouvements religieux et théosophiques en Allemagne ...

Dans De l’Allemagne, Mme de Staël note aussi que les grands intellectuels allemands s’occupent d’occultisme et d’alchimie... mais, elle, ne peut pas tout accepter...

Germaine de Staël reste sceptique : « tout ce qui n’est pas susceptible de preuves peut être un amusement de l’esprit, mais ne conduit jamais à des progrès solides ». ( G de St. De L'Allemagne )

Voir les commentaires

L'émigration – L’Allemagne, Kant : Charles de Villers et Germaine de Staël

Publié le par Perceval

Dans les années 80, J. L. de La Bermondie, le répète : « Tout semblait possible, sauf l’exécution du Roi, sauf cette révolution-là !»

Les '' Lumières'' qui enchantaient les intellectuels, les lettrés, espéraient et soutenaient une monarchie qui s'adapterait aux transformations économique, politique et sociales inévitables... D'ailleurs cela se vérifiait dans les états des Habsbourg, et surtout en Angleterre où le roi n'exerce pas par la grâce de Dieu, mais par le libre consentement de ses sujets par le biais du parlement …

 

Je ne sais rien de ces années d'émigration concernant J. L. de la Bermondie ; mais j'imagine qu'elles sont proches de celles qu'ont vécu des personnages qui à cette même époque se sont croisés avec les même intérêts. A la croisée de ces chemins, il y a Madame de Staël (1766-1817), et en lieu et place de J. L. de la Bermondie : je vois Charles de Villers ( 1765-1815), François de Pange (1764-1796), Benjamin Constant (1767-1830), des personnages du ''groupe de Coppet'' comme Auguste Schlegel, (1767-1845), Mathieu Jean Félicité, duc de Montmorency-Laval,(1766 -1826), Prosper de Barante (1782-1866), et aussi Juliette Récamier...

 

Charles de Villers (1765-1815) a consacré sa vie à faire connaître en France les richesses de la pensée et de la culture allemandes. Il fut dans ce domaine un précurseur de Madame de Staël.

Officier d'artillerie, Villers s’intéresse au ''magnétisme animal'' d'où, sa foi en la ''force vitale '' et dans la vertu thérapeutique de la nature..

Le marquis de Puységur, major du régiment et mentor de Villers ; est l'élève de Franz-Anton Mesmer. Villers est admis dans la Société de l'Harmonie... Il compose même un Manuel du magnétiseur qu'on s'arrache et qui attire à son auteur éloges et critiques. Le magnétisme prend pour lui un attrait supplémentaire lorsqu'il fait la connaissance (1783) d'un de ses partisans les plus célèbres, le comte de Cagliostro qui préside alors la loge maçonnique de Strasbourg, et de sa jeune et charmante compagne, Lorenza Feliciani, qui devient la maîtresse du jeune officier jusqu'au départ de celui-ci pour Besançon. Dès lors, dit-on, Villers partage ses loisirs entre le mesmérisme et l'amour...

Dorothea Schlözer

En 1792, il émigre, et s'établit en Allemagne où il restera jusqu'à sa mort.

En 1796 il est inscrit comme étudiant à l'université de Göttingen où il est en contact avec les professeurs les plus illustres. Il y fait la connaissance de Dorothea Schlözer, fille de l'historien August Ludwig Schlözer, première femme docteur en philosophie de cette université et épouse d'un riche marchand lübeckois Matthäus von Rodde, plus âgé.

C'est dans la maison du couple à Lübeck qu'il séjourne ensuite de 1797 à 1811, formant un ''ménage à trois'' .Villers publie en 1801 son grand ouvrage Philosophie de Kant qui suscite des critiques diverses en France et est sollicité par Napoléon pour un exposé sur cette philosophie... Suit un ouvrage consacré à Luther.

En 1803, il se rend, avec Dorothea, à Paris pour y recevoir un prix. Puis, il rencontre Mme de Staël. Exilée par le Premier Consul, elle est en route pour l’Allemagne, où elle doit rencontrer tout ce qui compte de poètes et de savants. Ils passent douze jours ensemble, partageant la même fièvre et le même enthousiasme. En bien des points le “De l’Allemagne” de G. de Staël, paru dix ans plus tard, porte la marque de la pensée de Villers.

Villers fait donc découvrir la philosophie de Kant à Mme de Staël, qu'elle approfondit par la suite grâce à A. Schlegel, mais aussi grâce au jeune anglais Henry Crabb Robinson, qu'elle reçoit à Coppet ( Janv. 1804). Ce dernier présente en effet à Mme de Staël et Benjamin Constant l’esthétique kantienne, en se concentrant sur trois thèmes fondamentaux : l’autonomie de l’art, le problème de l’évaluation critique des objets esthétiques et de l’universalité du jugement de goût et, enfin, la question du sublime. Cela alimentera dans De l’Allemagne, plusieurs chapitres consacrés à la philosophie de Kant et son impact sur la littérature et les arts .

Emmanuel Kant et ses invités

Kant (1724-1804)... La philosophie va nourrir la réflexion sur l'art.

En effet, la philosophie de Kant ouvre une brèche au discours romantique sur l’art … En Allemagne, certains se disent que tout miser sur la Raison ( avec ''les Lumières''), est trop austère : si on laissait faire l’imagination ; le sentiment … ? Un vraie question philosophique.. !

 

Kant avance que '' la chose en soi '' dont le monde est au-delà de toute connaissance sensible. est à distinguer du '' phénomène '' : '' la chose pour moi''. Si la « chose-en-soi » est inatteignable, le « moi » ne serait-il pas plus excitant.. ? L'art n'est-il pas aussi moyen de connaissance ? Et pourquoi pas une expérience subjective de « la chose-en-soi ».. ?

 

Les romantiques, défendent que l’imagination est une dimension spontanée et dynamique de la raison...

L’imagination humaine apparaît comme un pouvoir constitutif de la connaissance. Kant note dans la première Critique, que l’imagination est « un art caché dans les profondeurs de l’esprit humain ».

Ary Scheffer - Faust dans son cabinet, Méphisto

Jusqu'à présent, l'artiste était censé travailler ( et non créer) en l'honneur de Dieu et d'après des règles souvent assez strictes. Comme le disait Saint-Augustin, « creatura non potest creare » : la créature (l’homme) ne peut pas créer, l’homme peut seulement imiter ce que le créateur a crée, il est voué à se rapporter à un modèle extérieur.

Kant, lui, dit que l'imagination est un levier extraordinaire qui trouve sa source – non pas dans un modèle extérieur – mais dans l’esprit humain, dans la racine cachée de l’esprit humain.

Du coup, pour les romantiques précisément, l’artiste devient une sorte de démiurge, quasi-divin, qui peut créer grâce à son imagination. Il se met souvent en rivalité au sein du romantisme avec Dieu. C’est la thèse faustienne de la création.

Caspar David Friedrich, 'Man and Woman Contemplating the Moon', 1824

On parlera aussi d'une esthétique du sublime, dont on peut trouver la source chez Kant, dans la Critique de la faculté de juger ; voici en effet comment Kant définit le sublime par opposition au beau : « Le beau de la nature concerne la forme de l’objet, qui consiste dans la limitation ; en revanche, le sublime pourra être trouvé aussi en un objet informe, pour autant que l’illimité sera représenté en lui ou grâce à lui et que néanmoins s’y ajoutera par la pensée la notion de sa totalité ; ainsi le beau semble convenir à la présentation d’un concept indéterminé de l’entendement, et le sublime à celle d’un concept indéterminé de la raison » ( Kant : Critique de la faculté de juger ). Le sublime est ainsi lié aux notions d’illimité, d’infini, voire d’informe, alors que le beau est marqué par la limitation. ( le Rococo et le néo-classicisme sont à ranger dans le ''Beau'')...

Conversation de J. Sablet (1749-1803)

Pour Kant le sublime artistique n’est pas grec, mais il peut être égyptien ( les pyramides) ou chrétien...

 

Kant va se situer dans une position délicate, car il reconnaît à l'imagination, source des Idées esthétiques, la capacité d’usurper la place de l'entendement dans un processus qui ne relève pas à proprement parler d'un processus de connaissance, mais qui permet d'entrevoir – sous une forme sensible – une réponse aux questions fondamentales qui se posent à l'homme... Hegel remettra de l'ordre … !

 

Le ''Romantisme'' voit dans ce qui paraît ''obscur'' une expérience de ce qui est caché... Il met en avant la nuit, les légendes, le Moyen-âge, le rêve …

Schelling

 

L'esprit du monde se reconnaît dans la nature... Et d'ailleurs, y a t-il vraiment une distinction à faire entre esprit et matière ? Schelling voit en la nature : l'esprit du monde ; et il voit aussi cet esprit à l’œuvre dans la conscience de l'homme...

 

Friedrich Wilhelm Josef Schelling (1775-1854), a cinq ans de moins que Hölderlin ou Hegel ( trois camarades d'études au séminaire de Tübingen (Stift), tous trois destinés à devenir pasteur...) Cependant, Schelling semble par sa précocité les avoir dépassé... En 1794, il entend parler de Fichte (1762-1814) et le rencontre. Schelling se convertit alors à la philosophie.

à Iena...

Pour se faire une idée du climat intellectuel dans ces années, il faut se rendre à Iéna, qui vit sous sous le règne éclairé de Charles-Auguste (de 1775 à 1828) et de son ministre Goethe (1749-1832). La ville reçoit les Lumières de l'École de Weimar, ce qui suscite la renaissance de l'université. Goethe y consacre tout son zèle, pédagogique et administratif. C’est là qu'en 1794 il se lie d'amitié avec Friedrich Schiller, qui depuis 1789 était professeur et vit jusqu'en 1799 à Iéna.

L'université va recruter une pléiade de talents, avec notamment Johann Gottlieb Fichte (1794), Schelling (1798), Hegel (1801-07), faisant de la ville le centre de l'idéalisme allemand, mais aussi du premier mouvement romantique, avec August Wilhelm Schlegel, sa femme Caroline, Friedrich Schlegel, Ludwig Tieck, Clemens Brentano et Novalis.

Voir les commentaires

Conte : Le monstre aristocrate '' Iscariotte''

Publié le par Perceval

Face au conte précédent populaire et rural; il est intéressant d'y adjoindre un conte parisien et orléaniste : ''Le Dernier cri du monstre'' (1789). Il exalte les exploits du preux Sanelor (duc d’Orléans) face aux intrigues de la Cour et aux manœuvres de la fée Cangilope (Polignac)...

C'est l'histoire d'un monstre : le géant aristocrate '' Iscariotte''.

Ce monstre est d'abord une gravure : « Ses couleurs vives impressionnent, le corps fait d'écaillés vertes recouvertes en partie par un « Corselet brassard » et un « Cuissard » de fer, une chevelure mêlant des serpents verts et leur gueule rouge sang, du même rouge que la pointe du poignard ou que les taches de « rousseur » qui troublent le visage rose pâle. Des parements d'or sur le corselet, or que l'on retrouve sur la « couronne de piques », l'épée et les griffes. » On voit ( et on comprend) également : Une Bastille en arrière-plan; les emblèmes de la tyrannie dans la main de la créature, sur sa tête et à son côté. Voici le « monstre du despotisme », rôdant autour de la forteresse qu'il veut défendre..

Le géant Iscariotte, aristocrate, slnd, BN : Cabinet des estampes, coll. de Vinck 3659. (Cette gravure est commentée dans A. de Baecque, La caricature révolutionnaire, Paris, Presses du CNRS, 1988, pp. 138-139)

Le géant Iscariotte, aristocrate, slnd, BN : Cabinet des estampes, coll. de Vinck 3659. (Cette gravure est commentée dans A. de Baecque, La caricature révolutionnaire, Paris, Presses du CNRS, 1988, pp. 138-139)

La gravure est commentée ainsi :

« Ce monstre représente la Figure d'un Enfant furieux ayant une chevelure de Serpents surmontée d'une Couronne de piques. Il tient un poignard prêt à frapper ceux qui s'opposent à sa tirannie. Il est vêtu d'un Corselet brassard et Cuissard de Fer. Il a les pieds et les mains Armés de Griffes de Tigre. »

 

Ce conte se passe dans un royaume imaginaire, la ''Gallie '' ( la France en juillet 1789). Les Gallins, gouvernés par un sultan pourtant sans reproche, ''Civis-King '' ( Louis XVI), sont divisés : les uns sont orgueilleux, « grandissant démesurément », les autres sont des goinfres paillards dont « le ventre s'enfle et se tend comme un tambour » et les derniers, trop timorés « restent noués et rachitiques »...

Le sultan appelle « Kernec » (Necker) pour résoudre ces problèmes. Celui-ci trouve la source du mal : un « arbre d'airain » qui fait ombrage au royaume, arbre maléfique, protégé par un monstre redoutable, « Iscariotte » ( aristocrate) , habité par des magiciens, la fée « Cangilop » (Polignac), l'enchanteur « Umaïr » (Maury) et le sorcier « Vadul » (Duval d'Epréménil).

La Grande Peur 1789

Une expédition se monte, animée par Kernec et « Sanelor » (le duc d'Orléans), dont le but est de chasser ces êtres de l'ombre, de déraciner l'arbre d'airain, pour permettre aux «  1 200 constructeurs » de bâtir un nouveau temple sur l'emplacement de l'arbre maléfique.

Finalement, au sommet du récit, c'est le combat entre le chevalier Sanelor et le monstre Iscariotte : « Le prince se précipite sur le monstre qui, de son côté, défend sa vie et son asyle avec une fureur égale à la vigueur de l'attaque. [...] Trois fois, le héros ramasse ses forces pour frapper un coup décisif, et trois fois l'écaillé qui enveloppe le monstre repousse le terrible acier. Il le force enfin de quitter son obscur repaire. Alors, jetant au loin ses armes, il le saisit et l'étouffé comme Hercule étouffa Antée. Le monstre en expirant poussa un cri formidable, et le souffle de son esprit démoniaque s'échappa de son fondement, vautour noir s'en allant rejoindre ses compères dans l'antre de Lucifer. L'arbre d'airain tombant de lui-même fit retentir les échos du bruit de sa chute. La horde impure des fées, des enchanteurs et des magiciens courut cacher dans l'ombre la honte de sa défaite; et le grand Civis-King, le valeureux Sanelor et le sage Kernec, s'empressèrent avec les bons architectes de jeter les premiers fondements du temple de la félicité publique. »

Iscariotte est l'incarnation « terrifiante » mais complaisante (donc rassurante) du despotisme que terrassent les patriotes et leurs héros.

C'est la prise de la Bastille, qui s’effondre avec le despotisme, et la fuite des aristocrates ; peut s'élever la nouvelle Assemblée, dont les députés, sous l'égide du bon roi, sous la protection du prince et sous la conduite de ministre éclairé, vont enfin donner une constitution à la France.

Voir les commentaires

Le Voyage de La Fontaine, en 1663, en Limousin...

Publié le par Perceval

La vie de La Fontaine (1621-1695) ne fut marquée que par deux voyages. En 1678 il se rend à Lyon chez un banquier de ses amis. Et, auparavant en 1663, il part vers Limoges.

 

Nous pouvons lire un recueil des lettres adressées à sa femme lors de ce voyage, passant par Etampes, Orléans, Richelieu, Châtellerault, Poitiers, Chauvigny et Bellac. Écrites dans un style agréable où la prose et les vers s’entre-mêlent, elles permettent de découvrir l’itinéraire de La Fontaine, jalonné des rencontres qu’il fait et d’anecdotes. Il décrit les villes et les campagnes, et s’émerveille devant une statue ou un château…. Ce voyage s’achève à Limoges, dont il ne dit pas beaucoup de bien et où il séjournera de septembre 1663 à janvier 1664.

 

La Fontaine semble avoir été contraint à l'exil, avec son oncle Jannart, tous deux victimes de la disgrâce de Fouquet. C'est Jacques Jannart, conseiller du roi et substitut du procureur général au Parlement de Paris, qui avait épousé Marie Héricart, une tante de sa femme, qui – en 1654 - avait présenté la Fontaine à Fouquet. Il plaida, ensuite, en vers la cause de ce protecteur...

 

Fouquet est Arrêté le 5 septembre 1661 puis condamné le 4 décembre 1664 à Paris. Il est emprisonné au château d'Angers, et son épouse est '' limogée '' ! Avant même, en 1914, le maréchal Joffre qui place, ici, en résidence une centaine d'officiers qu'il juge incapables de faire face aux exigences de l'heure.

Madame Fouquet est connue pour sa vanité... Elle prend la route de l'exil à contrecœur. Tout au long du parcours, elle fera en sorte que les chevaux de son équipage freinent des quatre fers, comme l'explique l'Intendant du Limousin, Claude Pellot, venu lui présenter ses hommages à Fontenay : « Elle fait fort petites journées et va lentement, dans quelque espérance où elle est que l'on pourra changer son ordre pour aller à Limoges ». De fait, il lui faudra un mois pour rallier Limoges.

Madame l'ex-Surintendante loge dans l'abbaye de la Règle. Cette très puissante abbaye, toute proche de la cathédrale, est brillamment réformée par l'abbesse Jeanne de Verthamon au XVIIe siècle après une période de décadence. C'est elle qui accueille Madame Fouquet …  

 

Le départ de La Fontaine a lieu le 23 août 1663.
Marie Héricart
La Fontaine écrit à sa femme, restée à Château-Thierry. En 1647, il est marié avec Marie Héricart (elle a alors 14 ans), un mariage de complaisance... Dès la première lettre, il la raille avec une grâce taquine et un malicieux bon sens où se marque suffisamment leur incompatibilité. 
« Vous n’avez jamais voulu lire d’autres voyages que ceux des Chevaliers de la Table Ronde ; mais le nôtre mérite bien que vous le lisiez. Il s’y rencontrera pourtant des matières peu convenable à votre goût ; c’est à moi de les assaisonner, si je puis, en telle sortes qu’elles vous plaisent ; et c’est à vous de louer en cela mon intention, quand elle ne seroit pas suivie du succès. Il pourra même arrivé, si vous goûtez ce récit que vous en gouterez après de plus sérieux. Vous ne joüez, ni ne travaillez, ni ne vous souciez du ménage ; et hors le temps que vos bonnes amies vous donnent par charité, il n’y a que les romans qui vous divertissent. C’est un fonds bientôt épuisé : vous avez lu tant de fois les vieux que vous les savez ; il s’en fait peu de nouveaux, et parmi ce peu, tous ne sont pas bons : ainsi vous demeurez souvent à sec. Considérez, je vous prie, l’utilité que vous seroit, si en badinant je vous avois accoutumée à l’Histoire, soit des lieux, soit des personnes : vous auriez de quoi vous desennuyer toute votre vie, pourvû que ce soit dans l’intention de ne rien retenir, moins encore de ne rien citer : ce n’est pas une bonne qualité pour une femme d’être savante, et s’en est une très mauvaise d’affecter de paroître telle. »
Dans ses lettres plusieurs passages tendent à confirmer que La Fontaine n'a plus à craindre ou qu’il s’amuse à exciter la jalousie de sa femme. Mais, la relation du couple n’a jamais été bonne, les infidélités réciproques faisant le reste....

 

A Bourg-la-Reine, La Fontaine et son ami, prennent un carrosse de Poitiers :
« (...) en récompense trois femmes, un Marchand qui ne disoit mot, et un Notaire qui chantoit très-mal ; il reportoit en son pays quatre volumes de chansons. Parmi les trois femmes, il y avoit une Poitevine qui se qualifioit contesse ; elle paroissait assez jeune et de taille raisonnable, témoignioit avoir de l’esprit, déguisoit son nom, et venoit de plaider en séparation contre son mari ; toutes qualitez de bonnes augures, et j’y eusse trouvé matière de cajolerie si la beauté ne s’y fut rencontrée, mais sans elle rien ne me touche, c’est à mon avis le principale point. Je vous défie de m’y faire trouver un grain de sel dans une personne à qui elle manque. »
La Fontaine, semble, malgré lui, contraint de se presser :
« Je remets la description du château à une autre fois, afin d’avoir plus souvent l’occasion de vous demander de vos nouvelles, et pour ménager un amusement qui vous doit faire passer notre exil avec moins d’ennui. » (lettre de La Fontaine, 5 septembre 1663)

M. de Châteauneuf, est chargé de s'assurer que le déplacement est rapide...

« Je n’eus pas assez de temps pour voir le rempart […]. (30 août 1663 ( …) Nous n’eûmes pas le loisir de voir le dedans [château de Blois] »
« De Cléry à Saint-Dié, qui est le gîte ordinaire, il n’y a que quatre lieues, chemin agréable et bordé de haies ... »

A suivre ....

Voir les commentaires

Le Mythe arthurien du Graal -1/.-

Publié le par Perceval

Le Graal procède du Mythe Littéraire, même si l'objet de ce mythe est bien antérieur, à l'oeuvre littéraire … Le mythe du Graal se rattache à l'histoire du Christianisme, sachant qu'il est aussi une transformation, dans le sens chrétien, du Mythe breton, celte... Revoyons ce que l'on peut dire de son histoire, puisque cela en assoit - en quelque sorte - sa légitimité

A l'origine de cette histoire un peuple breton qui ne peut oublier qu'il a été dépouillé par les saxons ; et sans doute l'espoir du retour d'un chef prestigieux, le Roi Arthur : le seul qui ait infligé aux saxons des défaites... On se raconte une légende selon laquelle Arthur, après avoir été grièvement blessé, avait été emmené dans l'île d' Avalon où il était soigné par des fées. William de Malmesbury ( moine bénédictin (vers 1090/1095 – vers 1143)) le rapporte dans ses Gesta Regum Anglorum en 1125

Malmesbury Abbey en 1792

Après la bataille d'Hastings, Guillaume le Conquérant et ses barons deviennent les maîtres de l'île de Bretagne ; les normands considèrent les croyances ( redevenues) païennes des bretons comme des superstitions dangereuses théologiquement et politiquement …

 

Dans les quelques vies de saints gallois : saint Cadoc, saint Patern, saint Carantoc, que l'on estime avoir été écrites peu de temps après l'arrivée des Normands. On remarque qu'Arthur n'y est pas toujours présenté sous un jour favorable. Le moine normand William de Malmesbury reconnaît certes qu'Arthur a été un grand chef mais il ne cache pas son dédain pour les ''fables'' dont il est l'objet …

 

 

Geoffroy de Montmouth ( évêque et historien anglo-normand ( 1100-1155) au service du roi Henri Iᵉʳ d'Angleterre) , breton d'origine, écrit l'Historia Regum Britanniae, qui est dédiée à Robert comte de Gloucester.

Le roi Arthur In Geoffroy de Monmouth Prophetia ...

Dans son récit Arthur est un roi magnifique et un grand conquérant. Après la grandiose épopée arthurienne, il dépeint la Bretagne conformément à la tradition populaire dans un état de profonde déchéance. Les Saxons triomphent et toutes sortes de calamités : peste, famine, etc... s'abattent sur le pays. Cadwallader, son dernier roi, se réfugie en Bretagne armoricaine;. là un ange lui annonce que son peuple renaîtra un jour « par le mérite de sa foi », mais ces temps ne sont pas encore venus. Il ordonne à Cadwallader de se rendre à Rome auprès du pape Sergius et c'est là-bas, ajoute le messager, qu'il mourra en état de sainteté. Le jour où ses reliques seront rapportées en Bretagne verra la résurection de son pays

 

Dans la Vita Merlini qui date de 1148 environ, le rôle de messie est également refusé à Arthur par Merlin dans un colloque où Taliessin conseille d'envoyer des messagers vers l'île d'Avalon afin de ramener le grand roi pour chasser les Saxons. C'est Cadwallader ainsi que Conan qui, selon les prophéties de Merlin, doivent être plus tard les libérateurs du pays. Du retour d'Arthur, il n'en est pas question....

Bouclier Epée Plantagenets

 

L'année 1154 qui voit arriver les Plantagenets en Angleterre est aussi celle de la mort de Geoffroy de Monmouth. Dès 1155 paraît le Brut de Wace, première adaptation en français de L'Historia. Puis à partir de 1162 environ s'échelonnent les oeuvres arthuriennes de Chrétien de Troyes.

 

Enfin, pour en finir avec cette croyance au retour d'Arthur, c'est la prétendue découverte qui eut lieu en 1191 de la tombe du grand roi à Glastonbury. Dans ses Gesta Regum Anglorum William de Malmesbury raconte que l'on avait trouvé dans le Sud du Pays de Galles la tombe de Walwen ou Gauvain, neveu d'Arthur « Mais, ajoute-t-il, le tombeau d'Arthur ne se voit nulle part et c'est pourquoi de vieilles fables racontent qu'il reviendra ».

Pour mettre fin de manière définitive à ces croyances qui étaient un reste évident de paganisme, il n'y avait donc pas de meilleur moyen, semblait-il, que d'annoncer qu'on avait découvert les restes d'Arthur.

Glastonbury Abbey

On sait que Glastonbury, qui est situé entre la Cornouailles et le Pays de Galles et qui, de ce fait, se trouvait au moyen âge à proximité immédiate des populations celtiques, est considéré comme ayant été un foyer très ancien de christianisme en Angleterre. Primitivement, c'était un sanctuaire druidique important et il semble que dans les récits gallois et irlandais sa colline entourée de marais soit identifiée à l'île d'Avalon, le séjour d'Arthur.

C'est là que se seraient établis les premiers apôtres qui vinrent évangéliser le pays, c'est-à-dire selon la légende, Joseph d'Arimathie et ses compagnons apportant le Graal. Ils y fondèrent l'église appelée par la suite « Vetusta Ecclesia » qui fut intégrée dans la célèbre abbaye. A l'arrivée des normands celle-ci tomba sous leur influence et lors de la découverte de la tombe d'Arthur en 1191 son abbé était Henri de Sully apparenté de fort près au roi Henri II Plantagenet . Il y a là, il faut l'avouer, un ensemble de faits, qui, s'il ne suffit pas encore à établir un rapport entre le mythe arthurien et le thème du Graal, n'en n'est pas moins à remarquer.

 

D'autre part, au XIIe siècle, les Croisades vont modifier les conceptions religieuses chrétiennes...

Rappelons que la première croisade débuta en 1096, soit trente ans après l'arrivée des normands en Bretagne tandis que la seconde est de 1147 et la troisième de 1186. La fondation des grands ordres de chevalerie prend place entre la première et la seconde Croisade.

Sources : Daniel de Séchelles L'évolution et la transformation du mythe arthurien dans le thème du Graal.

L'HISTOIRE DU MYTHE DU ROI ARTHUR -1/4 -

SUR LES PAS DU ROI ARTHUR -6/.- GLASTONBURY

SUR LES PAS DU ROI ARTHUR -7/.- GLASTONBURY TOR

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 > >>